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Accueil du site > Actualités > Société > La société du paraître (et du « par-être »)

La société du paraître (et du « par-être »)

Tout le monde le dénonce, et pourtant tout le monde suit la mouvance. Notre société trouve sa base dans le « paraître », ce jeu d’acteurs auquel nous nous prêtons tous à des degrés différents.

L’être n’aurait-il plus sa place en 2009 ?

A grand renfort de publicités pour des cosmétiques ou autres produits de beauté depuis des années mettant en scène des déesses au corps de rêves, les grandes entreprises de ce business ont peu à peu dressé un modèle unique de ce qui est devenu « la norme », c’est à dire l’absence de rondeurs, de rides (si quelqu’un veut bien m’expliquer pourquoi les pubs pour les « anti-rides » mettent en scène des jeunes de 25 ans maximum ?) ou encore de cellulite. Bref, il ne faut présenter aucun défaut. (ce qui fait évidemment les affaires du lobby cosmétique qui se frotte les mains). Ceci amène à une uniformisation des apparences (vestimentaires, des maquillages et j’en passe) ce qui fait qu’aujourd’hui, et pour moi c’est encore plus vrai pour la tranche d’âge 15-18 ans, on se croirait face à une armée de clones. Mêmes coupes de cheveux, mêmes vêtements … Les modes ont toujours existé mais j’ai le sentiment que depuis quelques temps déjà tout ceci est exacerbé (je parle évidemment en général, il y a heureusement toujours des exceptions, encore heureux !).

Suivre la tendance pour rentrer dans le moule et se sentir accepté. Voilà mon explication qui finalement ne me dérange pas (j’ai moi aussi évidemment eu les Nike à la mode ou le blouson qui fait fureur). Mais je m’interroge à propos de la valeur d’un tel comportement. A l’heure ou le paraître prime sur l’être, cela semble futile.

Facebook, Myspace, Tagged, Linkdl, Twitter. Ces noms, vous les connaissait tous pour la plupart. Et pourtant, la mise en place de ces réseaux sociaux et surtout leurs succès sont aussi récents que fulgurants. L’explication trouve sa place dans une seconde évolution de notre société, celle de la culture du « Moi ». Car au royaume du « m’as-tu vu ? », Internet est roi. L’internaute lambda crée sa page, poste ses photos persos, se lie « d’amitié » (quelle vaste blague cette appellation) avec des contacts à qui il ne parlera jamais face à face et qu’on zappe en un clic pour éviter tout conflit (et je parle pas de tous les rapaces en manque qui n’ajoutent que les blondes à moitié à poil sur leurs photos de profil).

« Mais ça permet de reprendre contact avec des gens qu’on a perdu de vue ! » Voilà l’argument que l’on me sort le plus souvent quand je demande aux gens l’intérêt de ces réseaux sociaux. Ce à quoi je réponds que d’une part que d’autres sites ont bien avant ceux là initié le concept, et que d’autres part si on a perdu les gens de vue c’est généralement pour une bonne raison … Du coup je passe pour le « faux rebelle qui veux pas s’inscrire sur Facebook », alors que j’ai plutôt l’impression que c’est eux les pigeons qui s’y sont inscrits pour suivre la tendance (enfin ceci est un autre débat).

Ce besoin de s’afficher, de se montrer dans sa vie parfois privée, je ne le comprends pas bien. Besoin de reconnaissance certainement, de se démarquer des autres (ce qui est paradoxal quand on s’y est inscrit pour suivre la tendance), besoin de compenser des manques dans la vie « réelle » ? Certainement un peu de tout ça. Mais cela démontre une certaine aspiration à parler de soi, se montrer. Ce « moi je moi je » je le constate également au cours de conversations, notamment sur MSN (y’aurait un bon pavé à écrire sur les comportements sur MSN …),. de plus en plus de mes contacts n’ont aucune discussion, à part parler d’eux-mêmes ou de s’épancher sur leur vie privée, sur leurs problèmes (ils sont souvent de bonne foi mais à la longue ça devient gonflant). On fait la part belle au nombrilisme à tel point qu’on a plus aucun avis sur d’autres sujets.

MSN comme thérapie, pourquoi pas ? Parler est toujours un bon moyen de combattre des démons, mais lorsque ça devient systématique, à quoi bon ?

L’individualisme, ou plutôt l’égoïsme est en train de s’imposer comme marque de fabrique de notre société. Chacun se fout de s’il dérange les autres par son comportement du moment que son plaisir et son bien-être sont satisfaits. Le « la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres » est un principe devenu archaïque, caduc. Maintenant c’est plus « Ma liberté, et j’emmerde la tienne ».

Uniformisation des comportements, besoin de reconnaissance, autant de comportements que je suis bien loin de comprendre. Mais plutôt que d’essayer de les comprendre (j’ai rien d’un penseur), peut-être devrais-je tout simplement m’y conformer ? Après tout je suis dans cette société ...


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21 réactions à cet article    


  • finael finael 5 septembre 2009 12:44

    Bon article.

    Vous n’êtes pas le premier, ni ici ni ailleurs, à vous poser la question du nombrilisme ambiant.

    E’d’mon temps c’était pas comme ça !

    C’est vrai, dans ma jeunesse on ne parlait que de communauté, de soutien à ci, de partage, d’altruisme ...

    Et j’ai pu voir, au fil des années, (presque) tous ces gens se transformer lentement en parfaits égoïstes. Comme si le refoulement de la part d’égoïsme en nous en avait provoqué un retour en force.

    Il y a aussi l’expérience de la vie dans une société aux valeurs de plus en plus égocentriques qui a contribué à ce changement.

    Je crois que ce n’est pas dû au hasard : l’action commune d’un grand nombre de personnes (communiste va !) peut mettre en péril la domination d’un petit nombre d’hommes - ou de femmes.

    Faire de l’égocentrisme une valeur fondamentale arrange bien les affaires d’une petite minorité dominante.


    • Frabri 5 septembre 2009 13:25

      « l’être n’aurait-il plus sa place en 2009 ? » Bien évidemment l’être a toujours sa place en 2009 Dieu merci.

      La preuve ? ? ? Il y a un retour du religieux. C’est pas évident sur agora vox mais sur internet il y a de nombreuses pages sur le « retour du religieux. »

      « les religions sont comme des routes différentes qui convergent vers un même point ». Gandhi

      http://www.le-monde-des-religions.fr/index.php


      • latinwarrior47 latinwarrior47 5 septembre 2009 14:42

        « La culture du moi. L’egologie » .
        Voici ce que j’avais vu dans une vidéo d’une conférence, je ne sais plus laquelle. En tout cas ça m’a marqué.

        Personnellement je n’ai jamais cédé - n’y eu les moyens - de devenir un clone. Se payer la même chose que tous les autres, se ruiner, pour que dans six mois ça soit fini ? 
        Et paradoxalement, en veut se faire remarquer, alors on a un blog voir plusieurs, 300 « amis » sur facebook" ( qui a pourtant son utilité j’avoue ).
         Ils se ressemblent tous, volontairement, mais cherchent à se faire remarquer. Parce qu’avec eux être sérieux à l’école est un signe de lâcheté et de ringardise, que être contre leur evis c’est faire faux rebelle.
        Jusqu’où ça ira ?

        Bon article.


        • Goodfella 5 septembre 2009 18:24

          Merci pour vos réactions. Je ne pensais même pas que mon article serait publié (excusez les quelques fautes d’orthographe que j’ai repéré après coup ...) étant donné que je donne mon point de vue purement subjectif.

          Je suis assez content de voir que je ne suis pas le seul à être étonné par cette évolution, d’autant que je ne suis pas si vieux (23 ans) mais j’ai l’impression d’être déjà « vieux jeu »...


          • EtreAvantToutMots 5 septembre 2009 21:20

            Vous êtes sur la bonne voie

            puisque vous avez compris que l’être et plus important que le paraître et que l’avoir car ils viennent de l’ego
            L’être est vrai et le paraître est faux
            mais pas de paraître sans être (l’être est donc supérieur)

            Vous regarder les autres avec leur comportement
            mais il ne faut pas confondre l’être et le faire car un être est égale a un autre être
            donc au lieu de regarder les erreurs des autres regarder les vôtres
            ce que je vous dire poliment c’est que vous reprocher aux autre c’est que vous même vous faite en partie

            si j’ai un conseil a vous donner c’est de vous concentrer sur votre être et non sur les autres êtres
            et je peux vous dire que lorsque vous serez entiez et aimerez sans condition 
            (sans juger autrui même ceux qui font plus d’erreurs que vous)
            vous ne serez pas déçu de vos efforts
            vous aurez des résultât immédiatement et d’autre plus tard
            d’abord vous améliorez votre état d’esprit, l’état de votre corps et des choses dite impossible

            bref il toujours plus efficace de se réunir de de s’éparpiller pour arriver a son but

            si vous faite des recherches et comprenez ce qui a été écris vous comprendrez qu’en faite c’est qu’a enseigner jésus de manière voilé.

            je vous souhaite de faire continuer votre chemin dans ce sens
            soyez entier et vrai et tout le reste viendra en supplément n’en douter pas

            bonne route a vous bien que je sache pas qui vous êtes LOL
            par contre je sais que vous êtes de plus en plus ce que vous êtes

            Vous êtes ce que vous êtes

            quant a l’âge me prenant pour exemple
            physiquement on me donner 18 ans et mentalement 25 quand j’en avait 23
            maintenant que j’en ai 25 combien on m’en donnerais
            bref l’âge c’est relatif

            si vous êtes vieux jeu alors moi je suis déjà mort
            vous constaterez que ce n’est pas le cas


            • Goodfella 5 septembre 2009 23:43

              Je respecte et comprends votre point de vue. Il est intéressant. Cela dit, vous encouragez à adhérer à une religion ou une croyance, ce à quoi j’ai renoncé il y a déjà une éternité. Toutefois, en effet nous devrions nous consacrer plutôt à nos propres erreurs et défauts en vue de nous améliorer plutôt que de dénoncer celles des autres ... Mais voir les erreurs des autres permet aussi de voir la voie à ne pas suivre.


              • LeLionDeJudas LeLionDeJudas 6 septembre 2009 00:07

                Bonjour.
                Je suis globalement d’accord avec l’article.
                Et de constater que les comportements évoluent vers le nombrilisme ; comme s’il ne suffisait plus de se regarder dans le miroir, à l’instar de la sorcière dans Blanche-Neige, il faut en plus qu’il nous réponde et nous approuve en direct-live.


                • Goodfella 6 septembre 2009 00:17

                  Haha excellente comparaison, LeLionDeJudas. Et tellement vraie ...


                  • Donnie Donnie 6 septembre 2009 09:35

                    Très bon article. En effet, les « djeunz » qui vomissent leur vie sur msn c’est presque une banalité maintenant. Les cabinets des thérapeutes doivent se vider.. En tout cas c’est la réflexion que je me suis faite il y a quelque temps, à propos des moyens de communication. Aujourd’hui il est presque impossible de ne pas être contacté. Quand c’est pas le téléphone fixe, c’est la boite mail. Quand c’est pas la boite mail, c’est le téléphone portable.. Et depuis quelques années c’est la boite mail SUR le téléphone portable.
                    A moins de choper le bon avion qui finit sur une île, style Lost, je crois qu’on viendra toujours nous bassiner. Reste plus qu’à réussir à ne pas finir comme ces gens qui pensent que les contacts ne se créent que virtuellement.


                    • Goodfella 6 septembre 2009 19:32

                      Donnie ! :D

                      C’est décidé, j’ai mon billet pour les îles Galapagos.


                      • Donnie Donnie 6 septembre 2009 20:53

                        Bah écoute, on prend le premier avion dont le pilote est myope et narcoleptique et nous voilà tranquilles ^^


                        • jps jps 7 septembre 2009 08:39

                          La responsabilité de cet état de fait n’est pas déterminée. Cette regrettable situation n’est-elle pas due aux générations qui nous ont précédé ? Elles n’ont pa su notamment inculquer à leur progéniture la valeur de l’altruisme. La génération actuelle ne s’en trouve pas pour autant dédouanée. Le pire est que beaucoup d’entre nous participent à ce mouvement égocentrique.


                          • iris 7 septembre 2009 10:15

                            ce n’est pas l’apanage de la jeunessede s’occuper du paraitre
                            le 3 eme age s’occupe aussi de son paraitre-et de se conformer au paraitre de sa tranche d’age-le 2 eme age aussi avec certains signes exterieurs de richesse
                            la jeunesse ressemble à ceux qui l’ont éduquée.


                            • Christian Delarue Christian Delarue 7 septembre 2009 13:03

                              Cet article évoque implicitement Eric Fromm et son « Etre ou avoir » mais aussi « la société unidimensionnelle » de Marcuse, deux auteurs qui ne sont guère lus par les nouvelles générations et que les anciennes ont oublié.

                              L’apparence peut être trompeuse car elle n’indique pas ce que fait l’individu réellement. Un « bien apparaitre » peut aller de pair avec une participation collective à la vie sociale comme avec une attitude de retrait du monde . L’apparence peut être à contre-mode du moment mais toujours sous emprise d’un certain paraitre. Le style « new age » est parfois (pas toujours) un paraitre différent qui promeut le retrait sous couvert de spiritualité. Ce qui manque au monde d’aujourd’hui c’est le sens de l’activité collective mais c’est normal au sein ou tout dans les logiques institutionnelles poussent à l’individualisation, à la spécialisation.

                              Apparaitre n’est pas nécessairement paraitre et gout du paraitre. Intervenir dans les questions de société peut se faire sous deux modes le collectif et l’individuel . Le mode individuel implique aujourd’hui une certaine présentation de soi - sauf à cultiver une image contraire - qui ne signifie pas gout exclusif du paraitre ni survalorisation de soi. Du moins pas nécessairement.

                              CD


                              • Goodfella 8 septembre 2009 00:47

                                Merci pour vos références, Christian. Je vais m’empresser de les lire.


                                • Lucien Denfer Lucien Denfer 8 septembre 2009 18:33

                                  Il faut peut-être faire la distinction entre plusieurs catégories de personnes qui n’apparaissent pas dans votre article. 

                                  Tout d’abord d’une manière générale je distinguerais les enfants des adultes majeurs qui sont sensés être responsables. La sollicitation publicitaire des enfants est tout bonnement dégueulasse (il n’y a pas d’autres mots) puisque ils sont en pleine phase de construction identitaire et par là même plus fragile que les adultes (pas tous) qui disposent déjà de repères solides pour émettre des jugements et prendre des décisions. Comme par hasard ils sont les plus ciblés par la machine à vendre. 

                                  Une autre distinction que je pourrais faire concerne cette fois ci ceux qui se font plaisir en soignant leur image, pleinement conscients de la superficialité de cette démarche, mais ça leur permet d’être « bien dans leur pompes », alors pourquoi pas. Bien sur c’est autre chose que la névrose de la mode à tout prix ou du dernier gadget rutilant acquis de manière compulsive et ne correspondant pas à un besoin réel. 

                                  La question est de savoir si l’on est conscient, capable de relativiser l’utilité du paraître, ou si l’on est déjà esclave de pulsions qui pourraient bien nous mener à dilapider nos deniers. 

                                  Quand aux beaux parleurs prétendant que l’habit ne fait pas le moine, je constate plusieurs fois par jour que c’est une sentence creuse et sans fondements. Nous savons que nous ne sommes pas ce que nous paraissons, pourtant dans la majorité des cas, la première impression (celle qui est tenace et que l’on du mal à faire mentir) est basée sur des préjugés liés à l’apparence. 

                                  • Goodfella 9 septembre 2009 00:41

                                     Bien sûr que
                                     l’habit fait en partie le moine, et malheureusement.
                                     Se faire plaisir en soignant son image, pourquoi pas ? Mais n’est-ce pas
                                     pire d’être conscient de la superficialité d’un tel comportement mais de le
                                     faire quand même, ou de ne pas en être conscient du tout ? Je ne saurais le
                                     dire.

                                     Ce que je constate à ma petite échelle, c’est simplement que l’on tombe de
                                     manière de plus en plus évidente dans une sorte d’hypocrisie collective. Ce
                                     qui arrange évidemment ceux qui en tirent les ficelles.
                                     Le problème de la « névrose » comme vous l’appelez vient d’une part d’un
                                     manque de discernement de notre part à vouloir suivre plus ou moins les
                                     modes, mais surtout de ceux qui les créent et qui créent les « gadgets »,
                                     répondant à des « besoins » qui n’ont rien de réels besoins, qui ont été
                                     crée de toute pièce. Pour moi cela à remettre en question la notion même de
                                     liberté. Mais je n’ai évidemment pas en main toutes les cartes en main et le
                                     recul nécessaire pour pouvoir comprendre ce système complexe.


                                    • Lucien Denfer Lucien Denfer 9 septembre 2009 13:21

                                      Je comprends vos interrogations. Pourquoi ne pas observer autour de vous tout simplement, vous pourriez trouver quelques réponses simples :

                                      Au delà de la symbolique véhiculée par les codes vestimentaires en entreprise et dans les groupes à forte identification ( musicale, religieuse, etc) vous pourrez remarquer aussi des tendances à soigner son apparence pour des motifs pour le moins ambigu mais que l’on peut comprendre. Je m’explique. 

                                      Dans la communauté black, certains ami(e)s auxquels je demandais pourquoi ils se sapaient toujours du mieux qu’ils pouvaient, je me suis vu répondre que c’est pour casser l’image du nègre qui est ancrée inconsciemment dans les esprits. D’autres m’on répondu qu’ils compensaient le fardeau d’une peau noire et de cheveux crépus (le regard des autres en fait) en adoptant un code vestimentaire impeccable. D’autre enfin m’ont avoué qu’ils voulaient ressembler au modèle des acteurs et artistes Afro-américains réputés pour lesquels ils ne trouvaient pas d’équivalent en France. 

                                      De nos jours ces tendances vestimentaires en réaction à des préjugés raciaux existent toujours mais sont moins affirmées, surtout depuis que la mode (encore elle) a fait découvrir la beauté des peaux noires et le naturel des tresses et des cheveux bouclés. 

                                      Donc, comme vous pouvez le constater par vous même (questionnez votre entourage) on peut être conscient de la futilité du paraître et adopter un code vestimentaire spécifique qui nous mettra à notre avantage. 

                                      C’est les préjugés et les idées toutes faites qu’il faut condamner, pas les réactions d’adaptation qu’ils génèrent. 

                                      Maintenant sur le deuxième point concernant l’hystérie collective dans une société de consommation on pourra prendre en compte une notion d’échelle dans les usages. Que ce soit pour le téléphone portable, la télévision, le GPS, l’accès à internet, le WIFI, etc, tant que ces appareils ne sont utilisés que par des personnes à l’avant garde, on peut bien évidemment s’en passer. Dès lors qu’ils sont l’objet d’un usage de masse il devient bien plus difficile de s’en passer. Des exemples ?

                                      Si le gouvernement transfère la totalité de ses services d’administration en ligne et supprime les alternatives pour des raisons d’économie, comment faire autrement que de se plier à cette contrainte et d’utiliser Internet ?

                                      Le téléphone portable lui aussi est devenu une quasi obligation dans le domaine professionnel. Pourtant il y a quelques années on vivait très bien sans. 

                                      On doit donc introduire la notion d’usage collectif et ne pas se borner à considérer uniquement l’usage individuel, à moins bien sur de décider de vivre les prochaines années en ermite dans une caverne. 

                                      Pour ce qui est de la liberté, rien ne vous empêche de respecter les contraintes (code vestimentaire professionnel, être joignable par sa hiérarchie pendant les heures de travail, etc) et dans le même temps d’opter pour une frugalité technologique et vestimentaire de votre cru, pendant votre temps libre. 

                                    • savouret 15 septembre 2009 22:18

                                      je félicite l’auteur pour la pertinence de sa reflexion en dépit de son jeune age(o)
                                      plus sérieusement, cet article met en exergue certaines dérives de notre société et notamment l ’exacerbation de l’individualisme.
                                      ce terme n ’est pourtant originellement pas empreint d ’une connotation négative , car il fut synonyme d ’emancipation de l’individu par rapport aux institutions qui lui déniaient toute autonomie et régissaient son existence de sa naissance à sa mort.
                                      ainsi, l’individualisme fut à l’origine de l’affirmation de certains droits inaliénables de l’etre humain , tels que la liberté ou le droit au bonheur et nul ne saurait contester qu’il eut donc certaines repércussions éminement positives sur la transformation de nos sociétés.
                                      toutefois, certaines des conséquences a priori favorables de l’avénement d ’une pensée individualiste se sont depuis avérées ambivalentes.en effet, l ’amelioration considérable de nos niveaux de vie ainsi que l elaboration de politiques sociales destinées à garantir un bien etre minimum pour chaque individu ont eu pour conséquence de rendre moins indispensable le recours à autrui dans nos vie quotidiennes.
                                      de plus, la démocratisation du système éducatif conditionnée en partie par l ’idée d ’accomplissement personnel de l’individu qui a permis théoriquement aux gens aux d ’elargir leur perspectives sociales et a diffusé dans l’ensemble des couches sociales le désir de réussite et de reconnaissance a favorisé le développement de l’égo ainsi que d ’un tendance au narcissisme , d ’ou l ’essor du nombrilisme qui est évoqué.
                                      les nouvelles technologies se sont greffées sur un substrat économique social et culturel propice à l ’amplification des égoismes et au déclin des solidarités et n ont fait qu ’accentuer les mutations structurelles que j ’ai évoquées.
                                      tout ceci est bien entendu à associer a l’essence de notre système capitaliste qui est fondé sur la réussite individuelle , et à la doctrine liberale puis néolibérale qui a régi son fonctionnement.
                                      dans un modéle économique et sociale qui fait l’apologie de la compétition, de la concurrence, il parait logique que chacun(ne) cherche à se distinguer et à affirmer son interet et ses qualités spécifiques, afin de se dissocier de la masse et donc d ’accroitre ses chances d ’améliorer sa position sociale.il en résulte donc cette tendance à parler sans cesse de soi, de sa vie, ainsi qu’une indiffférence plus ou moins prononcée vis à vis de ses interlocuteurs(trices).bien entendu cette volonté de valoriser au maximum ses différences va de pair avec un conformisme fort prégnant, à fortiori chez les jeunes.
                                      desole si ce message vous parait un peu trop long et alambiqué mais j ’espere qu’il pourra susciter des pistes de réflexion afin d ’approfondir cette discussion.


                                      • Goodfella 16 septembre 2009 11:51

                                        Trop long ou alambiqué ? vous voulez rire ? Tout ce que je voulais exprimer ici se résume par votre message ! Vos mots exrpiment en tout point ma pensée, et encore une fois, je suis content de voir que nous sommes plusieurs à penser ça !
                                        Je n’avais pas fait le lien entre ce constat et notre société capitaliste, mais ça paraît clair comme de l’eau de roche maintenant. Encore un « bienfait » apporté par notre cher capitalisme .... (enfin autre débat)

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