Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > La société humaine est-elle réellement en crise ?

La société humaine est-elle réellement en crise ?

L’avènement de la crise a beaucoup surpris. Pourtant, elle résulte de transformations sous-jacentes que nous n’avons pas su voir parce qu’elles sont invisibles. Les Chinois, au contraire, observent ces transformations que l’on ne voit pas, pour mieux les utiliser et s’y adapter.

Dans un article du Monde du 22 juillet, François Jullien conteste l’utilisation du mot “CRISE” pour désigner l’ensemble des événements que l’humanité traverse en ce moment. Il suggère plutôt d’utiliser son concept de “transformations silencieuses”, dont il a développé si brillamment la thèse dans son dernier ouvrage : “Les transformations silencieuses – Grasset – 2009”, que je suggère à tous et à chacun de lire.
Dans cet ouvrage, François Jullien oppose l’idée de transformation continue du monde, caractéristique de la pensée et de la langue chinoises, à celle de l’identification prédicative d’un sujet, concept d’origine grecque sous lequel le monde occidental continue aujourd’hui de voir le monde.
L’occidental cherche toujours à définir a posteriori les caractéristiques de tout sujet qui lui apparaît nouveau, comme celui qu’il nomme aujourd’hui “la crise”, ce phénomène émergent sans identité véritable, dont il ne soupçonnait pas le processus sous-jacent. Cette “nécessité” héritée des Grecs le conduit à rechercher des “causes immédiates” à toute crise, alors que les racines effectives de celle-ci peuvent plonger en réalité dans un passé fort lointain, et qu’une transition lente mais non perceptible (silencieuse) portait le changement qu’il découvre comme un événement subit, seulement au moment où il éclate à sa perception.
De là ce concept ou ce mot de “crise”, qui nous pousse à reconstruire tel quelle la situation que nous connaissions avant son apparition, alors que nous nous trouvons tout au contraire face à un changement définitif résultant d’une transformation silencieuse que nous avons été incapables de détecter à mesure qu’elle se produisait. Cette manière toute occidentale de penser conduit à une progression de l’histoire par sauts successifs que nous appellons des “crises”, faute d’avoir perçu à temps les processus qui nous y ont conduits, lentement et silencieusement.
C’est ce qui se passe en ce moment. Lorsque la crise financière est apparue, l’occident l’a considérée comme un accident dont il fallait réparer les outrages, par rapport à une situation antérieure qu’il fallait rétablir. D’où la méthode choisie, consistant à alimenter les banques de liquidités artificielles, de manière à leur donner les moyens de distribuer largement un crédit qui faisait brusquement défaut aux consommateurs, et à rétablir “la croissance” antérieure. D’où également la surprise de voir que cette méthode ne fonctionne pas puisque les ex-consommateurs étasuniens se sont mis à épargner tout aussi brusquement, leur taux d’épargne passant en 18 mois, de décembre 2007 à juin 2009, de 3% à 7%. Significatif pourtant !
Que s’est-il donc passé pour que nous nous révélions incapables d’effectuer cette “sortie de crise” par un retour à “l’éternel présent”, car c’est bien de cela dont il s’agit ?
La réponse à cette question est pourtant simple. Un changement progressif s’est produit depuis la fin de la guerre mondiale (dite “seconde” selon l’approche occidentale) jusqu’à nos jours. En 1945 apparaissait un premier changement, produit lui aussi par une transformation silencieuse (de 1918 à 1945), qui plaçait les États-Unis dans une position impériale par rapport à la planète, même si la “guerre froide” ait pu nous faire penser le contraire jusqu’en 1989.
Mais une position impériale, c’est l’espace d’un instant à l’échelle historique. Ça n’existe tout simplement pas, sauf de façon fugitive. Or l’esprit occidental rejette la mort. Il lutte pour l’occulter et ne l’accepte pas. Pour lui, qui croit au paradis dans une si large mesure, le présent DOIT être éternel. D’ailleurs, c’est là sans doute que se trouve l’origine des religions monothéistes – toutes perpétuant le présent dans un temps ultérieur où l’on retrouvera tous les morts du passé dans un espace transcendant. RIEN ne doit changer. Commode !
Comme nous le montre tout au long de son œuvre François Jullien, la pensée chinoise est toute autre. Nulle possibilité de religion n’y ait présente. Le monde constitue une matrice de changements continus qui s’imposent à l’Homme, et dont il lui appartient de déceler les processus souterrains (silencieux) de manière à pouvoir y faire face autant que de possible.
Dans la perspective occidentale, les seuls changements visibles résultent des décisions prises par les autorités dans le but de conserver la situation apparente du présent, avec les privilèges, les situations acquises, la propriété, les hiérarchies, etc . Aveuglé par la certitude d’avoir choisi la bonne décision, l’occidental se trouve alors incapable de percevoir les innombrables fissures qui naissent silencieusement au sein de ce fameux “présent éternel” et qui le fragilisent lentement jusqu’à l’émergence de la “crise” suivante. N’ayant pas été complètement résolue, elle se reproduist ensuite par spasmes successifs de plus en plus rapprochés, et cette enchaînement de crises conduit irrémédiablement à une révolution qui révèle dans la violence la transformation sous-jacente, devenue désormais parfaitement perceptible.
Donc, en 1945, par les hasards de l’histoire, les États-Unis se trouvent en position impériale, laquelle commencera immédiatement à se fissurer. Pour un observateur attentif à l’histoire, il serait assez facile de poser le doigt sur chacune de ces fissures, lesquelles ont conduit progressivement ce grand pays à une position qui n’est absolument plus impériale aujourd’hui.
Mais, tous les efforts étasuniens sont tendus vers une renaissance de leur passé. Tranquillisons-nous, ce passé est mort et bien mort. Nous gagnerions du temps en le reconnaissant avec humilité et en adaptant nos attitudes à la nature du changement produit par l’histoire en une transition qui aura duré 60 ans.
Revenons à aujourd’hui.
En dépit des apparences, les É-U ont repris potentiellement la place d’une nation ordinaire :

- une puissance militaire qui ressemble à s’y méprendre à celle de l’armée romaine des derniers siècles, censée assurer l’imperium sur la romanité, mais incapable de dominer le terrain,

- une doctrine politique organisée autour de valeurs démocratiques, mais en constante contradiction avec la réalité,

- un catéchisme plaidant la liberté partout dans le monde, mais acceptant chez elle une inégalité croissante,

- une réputation d’invincibilité économique, mais impuissante à faire face à la destruction des emplois, avec un chômage officiel à 9,5%, mais à 15% selon les normes européennes,

- un tiers des États fédéraux potentiellement en faillite, avec la Californie en tête, qui survit en créant de la fausse monnaie qui ne dit pas son nom.
L’état de faillite des É-U est l’illustration d’une transformation intervenue en silence, et pour laquelle aucune adaptation n’a été envisagée.
Enfin, le président, par delà ses discours brillants, poursuit l’ancienne politique extérieure de grande puissance, en Afghanistan et au Pakistan, parade encore dans les assemblées internationales, conserve Guantanamo et s’agenouille devant Israël, sauf en paroles.
Sans doute ne peut-il faire davantage, car son opinion publique a été maintenue par les médias dans une mentalité et une illusion de grandeur périmée aujourd’hui. Cette opinion publique attend patiemment que l’ancien “éternel présent américain”, composé du “rêve américain” et de la “destinée manifeste”, émerge à nouveau de l’actuel présent.
Alors que dans le monde entier des manifestations des peuples se déroulent sans discontinuer pour réclamer le changement, souvent dans des violences extrêmes, le “peuple américain” fait sagement la queue devant les bureaux de placement, et va à la pêche.
“Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Danemark !” (Hamlet)

© André Serra      http://andreserra.blogauteurs.net/blog/
 

Moyenne des avis sur cet article :  4.69/5   (13 votes)




Réagissez à l'article

26 réactions à cet article    


  • Vilain petit canard Vilain petit canard 23 juillet 2009 10:14

    Intéressant. Visiblement, le nouvel Empire à venir est la Chine, qui en effet fonctionne avec d’autres bases que nos sociétés post-coloniales et post-industrielles. Mais d’ici à ce qu’ils nous placent un président pro-chinois, comme le nôtre est pro-américain (« américanolâtre bêlant » serait plus juste), il y aura de l’eau qui coulera sous les ponts...

    Ceci dit, l’écroulement des US peut prendre du temps, après tout, la « décadence » romaine (en fait, la chute de leur force militaire) a pris quelques centaines d’années, et les romains continuaient néanmoins à se comporter comme des seigneurs au milieu des barbares.


    • mallory9 23 juillet 2009 11:59

      Historiquement, pas vraiment, en dehors des 2 derniers siècles la Chine a toujours dominé le monde, mais jamais en tant qu’empire au sens occidental du terme, c’est à dire, empire qui s’étend sur le reste du monde. La chine est toujours resté « chez elle »...


    • Mercure Mercure 28 juillet 2009 18:01

      J’ai déjà songé au fait que la décadence romaine prit pas mal de temps, mais nous ne sommes plus à cet époque-là. Aujourd’hui les choses vont à une vitesse insoutenable, et la moindre erreur en économie ou en politique se paie cash !
      Or les É-U en ont fait pas mal depuis le début de ce siècle (avant aussi), et toutes ces erreurs se capitalisent. Cependant, je pense que la messe sera dite seulement le jour où on pourra considérer que les mythes de la puissance « américaine », du dollar, du « rêve américain » et de la « destinée manifeste » auront disparu - ce sont les seules armes véritables qui restent encore à « l’Amérique ». Mais elles aussi vont fondre rapidement à présent.


    • Vilain petit canard Vilain petit canard 29 juillet 2009 09:20

      Oui aux deux commentaires. Ce qu eje veux dire, c’est qu’il faudra du temps pour que l’empire s’effondre, mais encore plus pour qu’on s’en rende compte, et encore encore plus pour qu’on l’accepte. Voyez l’exemple romain : vers 475, Odoacre dépose Romulus Augsutule le dernier empereur (qui était lui-même d’ascendance germaine), l’empire est vraiement foutu. Mais le latin reste la langue des lettrés et des échanges diplomatiques. Et plus de 300 ans après, Charlemagne crée ce qui deviendra le Saint Empire Romain Germanique, qu’il re-nomme Empire d’Occident, et impose le latin dans les actes officiels (alors qu’il parle un dialecte germanique). Le mot caesar, patronyme de Jules, devient un terme générique pour désigner tous les empereurs, il donnera l’allemand Kaiser, le russe czar et tsar.

      Les USA seront redevenus une puissance secondaire, rurale et régionale qu’on continuera à se goberger, comme notre Président, de Ray-Ban, de mots américains (des challenges, des top ten, et des winners), et de productions hollywoodiennes à la gloire du passé. et on appelera nos chefs President of the United States of ... Western Europe ! Et on sera persuadé que les USA sont un modèle insurpassable, on enverra nos gosses étudier là-bas.

      Les Chinois seront alors la première puissance mondiale, ils nous esclavagiseront, ils imposeront leur desiderata commerciaux, scientifiques, politiques, on se courbera devant eux comme on ne l’a jamais fait, mais on sera tout content, ce soit y a un western à la télé.


    • Mercure Mercure 29 juillet 2009 18:13

      Vilain petit canard a tout à fait raison ! Il y aura sans doute rapidement des événements assez déterminants pour miner définitivement la position et l’influence impériale des È-U, par contre l’anglais restera en place un certain temps ainsi que certains réflexes d’occidentaux fidèles aux vieux monarques. Cependant la situation actuelle est bien différente de celle qui prévalait à l’époque de Rome, où il n’existait pas de structure politique ni de culture organisée susceptible de rivaliser avec elle.

      Aujourd’hui par contre, la Chine possède une telle structure, ce qui me fait penser que les choses iront considérablement plus vite, car il y a un prétendant à la succession.

      En revanche, je suis moins en accord avec votre dernier paragraphe. Si j’en crois la pensée chinoise que j’étudie passionnément (notamment dans l’œuvre de François Jullien), la domination de la Chine ne devrait pas avoir les mêmes caractéristiques que celle des È-U.

      Toutefois, les pays à dominante monothéiste seront certainement marginalisés, comme le sont les minorités chinoises correspondantes. Les religions sont en effet antinomiques de la pensée chinoise. Les minorités religieuses sont tolérées en Chine, seulement si elles ne se mêlent pas de politique et ne pratiquent pas de prosélitisme.
       J’avoue que cela ne me fait pas peur.
       Amicalement.


    • ZEN ZEN 29 juillet 2009 18:56

      Bonjour Mercure
      Quel meilleur maÎtre que François Jullien ?
      Pour mieux comprendre une pensée si différente ( ce qui n’est pas l’avis de Billeter...)
      J’ai terminé « Traité de l’efficacité » tout en relisant Tchouang-Tseu
      Mais je me demande si la pensée chinoise actuelle n’est pas en train de s’occidentaliser à grande vitesse , entrer dans nos propres catégories et perdre peu à peu sa spécificité
      Qu’en pensez-vous ?


    • Vilain petit canard Vilain petit canard 30 juillet 2009 13:40

      Oui, attention quand même à ne pas confondre culture chinoise et politique chinoise. Si la première est connue pour son ancienneté et sa finesse, la seconde est connue pour son centralisme pluri-millénaire, sa brutalité et son arrogance. Regardez comment sont traités le « problème » tibétain et le « problème » ouïghour. Demandez aux voisins vietnamiens, cambodgiens, coréens ou mongols comment se passent leur voisinage avec le Grand Frère chinois.

      Les allers-retours grotesques de Sarkozy pendant les Jeux Olympiques (j’y vais - j’y vais pas) nous ont fait perdre la face, mais surtout ils nous ont donné un avant-goût de ce que sera notre relation avec la Chine dans les années qui viennent : serviles comme des marchands de souk devant le gros client (potentiel), et plats comme des limandes devant une force militaire (régionale, j’en conviens) à faire pâlir les Russes. Demain, ils auront fini de tenir l’Afrique Noire (tiens, le Darfour, c’est de leur faute, au passage, et on continue à accuser les méchants de Khartoum) et ses matières premières (et leur agriculture), et on s’aplatira.

      Et en plus, on baissera les prix.


    • Mercure Mercure 31 juillet 2009 01:22

      Votre question sur l’occidentalisation des Chinois est fréquemment posée, mais je pense qu’elle est le plus souvent posée en souhaitant que la Chine s’en vienne à nous ressembler, surtout parce qu’on la craint.
      Une réponse juste et définitive est cependant impossible - on doit se contenter d’observer l’évolution de cette population.
      Je ne peux donc qu’exprimer un sentiment personnel. Tout d’abord, boire du coca-cola et créer une entreprise ne me paraît pas suffire à devenir occidental, l’habit ne faisant toujours pas le moine. D’autre part, les jeunes Chinois semblent revenir actuellement à leurs valeurs traditionnelles, après de longues années marquées par la révolution culturelle (qui se voulait précisément être une éradication de ces valeurs, avec, notamment, le rejet de l’enseignement de Confucius).
      La classe aisée montre, par de nombreuses initiatives privées, des sentiments vrais de solidarité avec le peuple. Faire rationnellement de l’économie moderne n’implique pas la nécessité d’être individualiste.
      L’individualisme a plus à voir avec les valeurs protestantes des É-U, notamment les valeurs d’origine calvinistes. Ces valeurs-là n’existent heureusement pas en Chine qui a toujours rejeté les religions occidentales pour des raisons liées précisément à leur pensée.
       Amisalement.


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 23 juillet 2009 11:01

      " qui plaçait les États-Unis dans une position impériale par rapport à la planète, même si la “guerre froide” ait pu nous faire penser le contraire jusqu’en 1989. " La guerre froide n’avait de but que de perpétrer l’anti-communisme que nous entretenions par soumission complice en écoutant Hallyday, Eddy mitchell et Elvice...

      C’est depuis la fin de l’URSS et l’avènement de l’Europe en cours que renait le communisme de droite des bobos qui roulent en Vélib ! Quel beau symbole n’est ce pas !

      La crise ne touche que ceux qui vivent à crédit sans emploi et fait partie de la campagne de la peur qui se résoudra avec la prochaine pandémie programmée en haut lieu.


      • Mercure Mercure 29 juillet 2009 18:24

        Vous avez raison, mais il est toujours déraisonnable et souvent dangereux d’adopter le contre-pied exact d’une idéologie stupide. Il y a des chances pour que ce contre-pied soit également stupide, et c’est ce à quoi nous assistons actuellement.

        La vérité est sans doute quelque part entre un capitalisme d’état (le communisme) et un capitalisme anarchique (le libéralisme), c’est à dire sous la forme d’un pragmatisme de bon aloi. On en est encore fort loin !

         « In medium stat virtu »


      • plancherDesVaches 23 juillet 2009 11:49

        Trés bon article.

        Et ceci dit, à moindre échelle, je n’ai jamais vu une entreprise monopolistique vivre plus de 2 générations.

        Maintenant, pour ce qui est de la philosophie chinoise... s’il s’agit des perles de sagesse style Dalaï-mama, un doute m’habite.
        En négociation, une des méthodes est appelée celle des « petits pas ». Et est calquée sur celle du voleur chinois....


        • Mercure Mercure 29 juillet 2009 18:42

          D’accord sur votre premier point. Par contre, tout parallélisme entre le bouddhisme tibétain et la pensée chinoise relève d’une méconnaissance de cette dernière. Il suffit de comparer leurs résultats respectifs pour s’en convaincre.

          En ce qui concerne la méthode des « petits pas », pensez-vous réellement qu’elle ait été suivie par la Chine depuis 20 ans ?

          Beaucoup d’âneries ont été dites sur la Chine. Surtout par des gens qui pensaient pouvoir la visiter et la comprendre en parlant anglais. J’ai partagé aussi ces âneries avant que je découvre l’œuvre de François Jullien et de quelques autres sinologues. J’ai été ébloui et me suis mis à l’étude de la langue chinoise. Je n’en suis pas très loin, car le temps me manque, mais rien que le contact avec la structure de cette langue m’a persuadé que l’occident avait encore beaucoup de progrès à faire pour arriver au niveau d’efficacité de la Chine, aussi bien dans la pratique que dans la pensée.

          Amicalement.


        • Walden Walden 23 juillet 2009 15:28

          Que voici encore une remarquable analyse de François Jullien, ici résumée avec finesse !

          En effet, qu’elle soit peut-être induite par la peur de la mort, voire le fantasme de l’éternel présent, la vision occidentale apparaît culturellement fixiste. Et ce n’est pas l’apanage des religions monothéïstes, qui envisagent plutôt d’ailleurs l’éternité dans le futur, comme dérivatif à la peur de la mort justement. On pourrait par exemple tout aussi bien faire remonter cette compréhension figée du monde à l’idéalisme platonicien.

          Quoiqu’il en soit, cela révèle la dimension profondément conservatrice de notre culture, caractère paradoxalement pourtant éminemment partagé par la culture chinoise imprégnée de confucianisme. Mais tandis que l’Occident croit devoir lutter pour résister au changement, l’antique pensée chinoise, par ses sources taoïstes, conçoit le monde comme un processus dynamique en constant devenir, et sa vertu consiste à accepter ce qui vient tout en s’en servant, pour dériver au mieux l’énergie à son avantage, tel le surfer sachant glisser sur la crête de la vague.
           
          Non pas croire que l’on puisse maîtriser la Nature pour s’en faire une esclave, mais comprendre qu’en tant que partie intégrante de l’Univers, l’on doit faire avec, afin de mener sa barque en s’adaptant aux circonstances. Et il y a sans doute de ça dans la stratégie de la Chine moderne d’investir le capitalisme mondialisé pour tenter de mieux l’orienter à son profit, et de s’être fait un débiteur de l’empire américain. 


          • Marc Bruxman 23 juillet 2009 18:28

            « un catéchisme plaidant la liberté partout dans le monde, mais acceptant chez elle une inégalité croissante, »

            Je ne lis pas plus loin. Liberté et Egalité économique ne sont pas compatible. L’Egalité dans notre devis Liberté Egalité Fraternité se base sur l’égalité devant la loi qui elle est respectée dans les pays démocratique.

            Maintenant qu’il y ait des très riches et des très pauvres est une conséquence de la liberté. Si vous êtes intelligent on ne vous mettra pas de barrières et donc vous deviendrez très riche. Comme les ressources sont finies, cela se fait au détriment d’autrui.


            • LeLionDeJudas LeLionDeJudas 24 juillet 2009 00:09

              Dire que la richesse est une conséquence de l’intelligence est totalement absurde.
              A la limite une certaine intelligence dans les affaires, l’affairisme et le relationnel. Mais la richesse est plus sûrement la conséquence d’un capital économique, culturel et relationnel bien fourni au départ.
              On vit dans un système qui ne reconnait qu’une seule forme d’intelligence, mais qu’en est-il des autres ? L’intelligence du coeur, l’intelligence manuelle, l’intelligence sensuelle... il y en a toute une ribambelle !


            • le naif le naif 25 juillet 2009 08:39

              L’égalité dans notre devise se base sur l’égalité devant la loi !!!

              Nous n’avons pas la même lecture, pour moi il s’agit de l’égalité des chances
              Ce qui implique un système éducatif de haut niveau, idem pour la santé et la justice.
              Un ascenseur social qui fonctionne et une juste répartition des richesses.

              Qu’il y ait des très riches et des très pauvres ne vous gène pas, moi si car lorsqu’une poignée de très très très riches, très très très intelligents selon vos critères se seront accaparés toutes les richesses au détriment de tous les autres, la démocratie aura disparu depuis longtemps.

              Rien de nouveau dans ce discours, un simple retour à une société féodale avec des seigneurs et des serfs.

               Vive le libéralisme !!!


            • Bois-Guisbert 25 juillet 2009 09:27

              « Qu’il y ait des très riches et des très pauvres ne vous gène pas, moi si car lorsqu’une poignée de très très très riches, très très très intelligents selon vos critères se seront accaparés toutes les richesses au détriment de tous les autres, la démocratie aura disparu depuis longtemps. »

              Puisque piquer le fric des pauvres est, selon vous et les vôtres, le seul but existentiel des riches, à votre avis que feront-ils lorsqu’ils « se seront accaparés toutes les richesses au détriment de tous les autres » ?

              Croyez-vous que, comme ils sont de toute manière les plus intelligents et les plus malins, ils redistribueront tous leurs avoirs aux pauvres, afin de recommencer à s’amuser en s’accaparant à nouveau « toutes les richesses au détriment de tous les autres » ?

              J’attends votre réponse avec curiosité et intérêt. Merci d’avance, donc...

              P.S. - Pour ce qui est de la disparition de la démocratie, elle est d’ores et déjà programmée pour des raisons autres que celles que vous donnez. Sur ce sujet, je vous recommande vivement l’article de Nicolas Bonnal de cette semaine, sur le site « les4verites.com », intitulé « Adolf, Bernie et la superclasse »

              Pour vous mettre en bouche, je vous en livre une phrase : « Ecclestone reproche à la démocratie son inefficacité totale et ses guerres ridicules en Irak, Afghanistan ou ailleurs. Il ne la voit pas gérer les problèmes du XXIe siècle. Il n’est pas le seul. »


            • Ecométa Ecométa 28 juillet 2009 08:22

              Qu’il y ait des gens plus ou moins riches dans une société, ceci ne pose pas de problème ; ce qui pose problème dans une société moderne c’est qu’un si grand nombre de gens vivent dans une misère économique et sociale de plus en plus grande. Il convient de faire un distinguo entre la liberté, celle individuelle, et le libéralisme, liberté systémique et non plus individuelle. La différence de richesse n’est pas une conséquence de la « Liberté » avec un grand « L », celle individuelle, qui, forcément n’est pas inconditionnelle dans une société, mais forcément conditionnelle. Sauf à vouloir dominer les autres, c’est une liberté toute « relative » en fait, non « absolue », car elle doit s’arrêter là ou elle gène celle des autres.

              Ce qui pose problème c’est le libéralisme (paroxysme de liberté : liberté inconditionnelle), ce libéralisme économique, théorie du XIX è siècle selon laquelle le système économique doit être considéré comme un système de nature essentiellement « physique » (science dure) fonctionnant en vertu de ses propres lois « naturelles » qui doivent être fondamentalement indépendantes de l’intervention de facteurs extérieurs, d’ordre social, institutionnel, politique, idéologique. Autrement dit : un libéralisme économique fonctionnant en dehors de toutes considérations simplement républicaines voire des principes mêmes de démocratie et d’humanité !

              Un peu de cohérence entre les différent systèmes qu’ils soient de nature politique, économique ou social ; pour tout dire, un peu de cohérence au sein même de notre « Savoir » ne nuirait pas à l’ensemble : bien au contraire ! C’est de plus en plus évident : les gens sont perdus, totalement perdus et on le serait même à moins ! Ainsi, comment peut-on, décemment, d’un côté prôner les valeurs de la République et de l’autre celles d’un libéralisme économiques libertaire et liberticide pour la société ? Elles sont antinomiques ces valeurs, voire totalement contradictoires. C’est ce qui fait que les gens sont perdus, totalement perdus et qu’ ils ne savent plus à quel « Saint » ou plutôt à quelle « Sainte » se vouer : la Sainte République, la Sainte démocratie, la Sainte politique, la Sainte économie, la Sainte Science, la Sainte religion ?

              Comment peut-on, comme le font les principaux partis politiques, ceux appeler à gouverner, pour prôner d’un côté les valeurs de la République, de Liberté, d’Egalité et de Fraternité, et de l’autre le libéralisme économique ? Comment sinon par un manque total de probité intellectuelle ! Mais il est vrai que la probité intellectuelle des hommes politiques laisse plutôt à désirer.

              Ainsi, on ne peut décemment pas d’un côté, celui de la République prôner une « Liberté » forcément conditionnelle car s’exerçant dans le cadre de la société, puis de l’autre, celui du libéralisme économique, prôner un « libéralisme systémique », essentiellement « systémique », qui se regarde le nombril, et, qui, du même coup nie et exploite la société. Un libéralisme économique refusant, par principe libertaire et forcément liberticide pour la société, toutes contraintes de nature politique, sociale, constitutionnel et institutionnel voire même, et c’est un comble, toutes contraintes économiques au sens collectif et sociétal. De la même façon, on ne peut pas en même temps prôner une « Egalité » en droits et en devoirs et de l’autre instaurer le darwinisme social, le dumping social et une classe, celle des laborieux au service d’une classe d’entrepreneurs affairistes libre-échangistes se cachant derrières des structures de plus en plus anonyme et gigantesques. Pareillement, on ne peut pas prôner en même temps une « Fraternité » forcément sociale et une « concurrence sauvage » entre tous les acteurs du système.

              L’histoire, tellement riche d’enseignements, nous apprend que se prétendre de certaines « valeurs », de certains « principes », comme ceux de la République ou encore ceux d’humanité et de démocratie qui les rejoignent et, ne pas les appliquer, voire leurs en substituer d’autre au titre d’un pragmatisme essentiellement fonctionnel, rationaliste : est humainement et sociétalement très dangereux ! Mais il est vrai que pour cette période de fuite en avant rationalo économico technoscientiste, persuadée que le savoir est devant nous et uniquement devant nous, pour cette période qui ne justifie le présent que par l’avenir : l’histoire n’a que peu de sens ! Pourtant, savoir où l’on va implique de savoir d’où l’on vient, et, la connaissance de l’histoire, du moins le fait de ne pas la nier, de la regarder en face nous permettrait, ceci, à la condition expresse d’intégrer l’introspection dans nos processus cognitifs, de ne pas répéter sans cesse les mêmes erreurs ! Entre le discours, entre les belles intentions, et les actes il y a toujours une différence, mais jamais cette différence n’a été aussi grande : on peut même parler de précipice et même de pure contradiction ! Qui peut encore croire aux différentes « chartes », celle onusienne, aux différentes constitutions qui placent les principes d’humanité au dessus de tout ? Personne n’y croit plus car elles sont, ces bonnes intentions, bafouées par tout les tenants et aboutissants d’un pragmatisme capitaliste essentiellement dogmatique, qui dominent le monde ! Un capitalisme dogmatique, réducteur, simplificateur au simplisme, comme tous les dogmatismes !


            • Mercure Mercure 31 juillet 2009 01:27

              Mise au point tout à fait pertinente !
              On prend trop souvent ce mot d’« égalité » dans son acception extensive, alors qu’en démocratie, elle se limite effectivement à l’égalité devant la loi, ce qui n’est déjà pas une mince chose !

              Amicalement.


            • manusan 23 juillet 2009 20:31

              François Jullien n’a jamais mis réellement les pied en Chine, il n’y fréquente que bibliothèque, université et forum. Sa vision est a des années lumières de la réalité. Je ne vous conseille pas de le lire. Le pays, ou plutôt la shangri-la, qu’il décrit ne ressemble pas au pays dans lequel je réside depuis 7 ans.

              Si je dois conseiller un livre, sur ce pays ce serait plutôt « l’empire de la poudre au yeux » de Jean leclerc du sablon.

              http://www.questionchine.net/IMG/_article_PDF/QuestionChine.net-article_593.pdf

              « Les Chinois, au contraire, observent ces transformations que l’on ne voit pas, pour mieux les utiliser et s’y adapter. »

              là on a quasiment affaire a des sur-hommes sauf que la réalité est moins belle, Le suicide est la première cause de mortalité des 15-34 ans, avec de 250.000 à 300.000 suicides par an.

              manusan, chine


              • Walden Walden 24 juillet 2009 11:52

                Dans une certaine mesure, vous avez raison, c’est un peu comme si l’on disait que les français ont l’esprit cartésien. Et c’est ce que semblent croire les chinois, qui dans leur langue principale (le mandarin), désignent la France comme « le pays de la méthode ».
                Alors que vu d’ici, nous savons bien que la plupart des français se montrent généralement plutôt irrationnels (sourire).

                « L’empire de la poudre au yeux », voilà un titre qui résumerait assez bien notre chère contrée, ces derniers temps - quoique Empire date un peu, historiquement. Dommage que votre lien ne renvoie en fait qu’à une présentation succinte sur deux pages.

                « Le suicide est la première cause de mortalité des 15-34 ans »
                Même observation ici. Nos 2 pays ont sans doute plus de points communs que ne le pensent leurs habitants respectifs...

                Walden, France


              • Mercure Mercure 31 juillet 2009 01:51

                Je peux vous fournir une autre information sur François Jullien - elle me semble plus vraisemblable que la vôtre - elle est tirée de Wikipedia - mais peut-être allez-vous aussi démolir Wikipedia ?
                Biographie de François Jullien
                Normalien et agrégé, il a étudié ensuite la langue et la pensée chinoises ; il a été étudiant aux universités de Pékin et de Shanghai, puis responsable de l’Antenne française de sinologie à Hong-Kong, puis pensionnaire de la Maison franco-japonaise à Tokyo.
                Docteur de troisième cycle, puis docteur d’État en études extrême-orientales.
                Il a été président de l’Association française des études chinoises (de 1988 à 1990), directeur de l’UFR Asie orientale de l’Université Paris VII (1990-2000) ainsi que président du Collège international de philosophie (1995-1998). Il est actuellement professeur à l’Université Paris Diderot et directeur de l’Institut de la pensée contemporaine ainsi que du Centre Marcel-Granet (sur la Chine) ; membre senior de l’Institut universitaire de France.
                Il dirige actuellement l’Agenda de la pensée contemporaine aux éditions Flammarion.
                Il joue également un rôle de conseiller auprès d’entreprises occidentales qui désirent s’implanter en Chine.
                http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Jullien#Biographie

                Ma tendance à la courtoisie m’interdit d’ajouter quoi que ce soit !


              • tunkan 24 juillet 2009 04:58

                si on elargit le sujet a ce point

                La société humaine
                de quelle societe humaine parlons nous ?

                de celle la aussi ?

                http://www.letransmuteur.net/l-histoire-de-l-humanite-selon-la-tradition-des-indiens-hopis/

                et la ya morice qui va rappliquer : ’’toi et tes hoppies’’


                • Ecométa Ecométa 27 juillet 2009 10:25

                  La société humaine est-elle en crise ? Bien sûr qu’elle est en crise cette société humaine ! Non seulement elle est en crise mais en plus elle est malade !

                  Inscrite dans une fuite en avant rationalo technoscientiste intenable, épiphénoménologique dans ses approches et, qui plus est paroxysmique dans ses applications ; spécialisé au spécieux ; manipulatrice, fallacieuse, factuelle, artificielle, voire de plus en plus virtuelle, surfaite au superfétatoire, hypocrite, sophiste, cynique, indifférente à l’humain, inconséquente, devenue totalement paranoïaque et schizophrénique : cette société humaine est savamment, délibérément, même académiquement malade ! Elle est malade, cette société humaine, de sa raison rationaliste... paroxysme de rationalité et plus simple rationalité. Elle est malade de sa logique dichotomique, sans nul doute vieille résurgence de l’antédiluvienne lutte entre le mal, voire du plus récent manichéisme. Elle est malade de son savoir exclusivement rationalo technoscientiste. Elle est malade de sa culture individualiste véritable négation du concept même de société.


                  « L’avènement de la crise a beaucoup surpris » ! Ce qui a surpris ce serait plutôt son retard car tout concourait à cela et depuis une bonne trentaine d’années : depuis le retour du capitalisme dit « financier » initialisé par les économiste américains monétariste comme Milton Friedman ! Et ce n’est pas fini, car nous sommes actuellement dans l’oeil du cyclone avec un calme tout relatif, car tout cela doit imploser et implosera ! Faites ce que je dis... mais ne faites pas ce que je fais ! Les banques font de la cavalerie financière entre elles, elles se financent sur des produits totalement fictifs, sur du « virtuel » ; ce sont là, et à juste titre,  des pratiques qu’elles interdisent entre entreprises pour trouver du financement !

                  « L’occidental cherche toujours à définir a posteriori les caractéristiques de tout sujet qui lui apparaît nouveau, comme celui qu’il nomme aujourd’hui “la crise”, ce phénomène émergent sans identité véritable, dont il ne soupçonnait pas le processus sous-jacent ». Pour qui a un minimum d’état de conscience, pour les « gens foutres », c’est sans aucun doute, mais pas pour les autres, car c’est une répétition de la crise de 1929 ; « Plus jamais ça... plus jamais ce capitalisme sauvage ! » ; c’est pourtant bien précisément ce qui avait été dit à cette époque ! Le problème est plutôt bien identifié, précisément identifié : c’est la cupidité qui mène les « grands de ce monde » et les gens humbles, les besogneux, pour ceux qui peuvent encore travailler, en pâtissent ! 

                  Crise ou transformation silencieuse ?

                  San aucun doute les deux : mais d’avantage crise !

                  Que certaines réalités de notre présent trouvent leurs racines effectives dans un passé fort lointain, voire existerons toujours du fait d’une nature humaine qui est ce qu’elle est, qui est telle qu’elle : ceci ne fait aucun doute ! Pour autant d’autres réalités présentes tiennent à des éléments de notre savoir bien plus récent. Ainsi l’école républicaine nous enseigne-t-elle l’« absolu », celui des mathématiques, celui de la raison rationaliste, de la vérité pure scientifique, tout ceci étant d’ailleurs lié à une approche essentiellement mathématique, plus précisément à la logique du tiers exclu sensée établir la vérité pure des mathématiques ; elle nous enseigne l’« absolu », cette école de la République, quand il n’y a pas d’absolu possible et que tout est « relatif » !Méthodologiquement, elle nous enseigne la simplification au simplisme quand tout est complexité. Elle nous enseigne la vitesse, cette école de la République, quand nous devrions prendre le temps de la réflexion !

                  Pas si silencieuse la transformation car il y a énormément de gens qui s’élèvent contre tout cela, qui manifestent bruyamment, ceci, depuis quelques décennies ; depuis le début de ce que l’on peut appeler les trente piteuses ! Tant que les décisions sociétales, celles politiques, économiques et sociales, dites « démocratiques », seront prises à la majorité absolue, mode de décision la plus crétine qui soit car elle revient pratiquement à lancer une pièce en l’air et de miser sur pile ou face pour prendre une décision ; tant qu’elle ne seront pas prises ces décision à une majorité « relative » et même « qualifiée », le processus démocratique de l’élection restera une véritable farce ! On peut même parler d’« attrape couillons » ; d’ailleurs, ceci, dans tous les pays modernes qui sont dits hypocritement « démocratiques », les gens ne s’y trompent pas, qui, de plus en plus, ne participent plus à ce processus démocratique !

                  La vraie crise, le vraie problème, c’est celle et celui de la « démocratie républicaine », celle de la vraie politique qui devrait en résulter qui se trouve dominée par l’économisme, l’économie pour l’économie, et surtout par uen économie exclusivement financière : le capitalisme financier !

                  En fait, le vrai problème c’est la démocratie ! Non pas qu’il faille s’en passer, bien au contraire, mais qu’il y a un principe démocratique qui veut que soit développé un savoir des plus pertinent ; un savoir accepté et partagé par tous, et non seulement par quelques uns désireux de dominer le monde en le manipulant en fonction de leurs seuls tenants et aboutissants !


                  • Mercure Mercure 31 juillet 2009 01:37

                    Merci pour ce long commentaire, auquel j’adhère assez largement. En particulier à votre conclusion.
                    Je me pose depuis longtemps ce problème de la justification de la démocratie. Je crains cependant que l’on éprouve des difficultés à trouver un régime politique intermédiaire qui nous protège de toute dictature tout en restant efficace dans la gestion du pays.
                    Cela n’empêche pas d’y réfléchir !


                  • mcm 28 juillet 2009 18:07

                    Pendant 800 aucun ennemi n’a pu mettre le pied à Rome, alors si le parallèle est correct, les Yankee ont encore pas mal de temps devant eux.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès