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La souffrance au travail scolaire, une bataille prioritaire pour la France ? (première partie)

Ces derniers mois, des incidents plus ou moins violents ont ponctué l’actualité des établissements scolaires et suscité des vives réactions tant du côté des responsables institutionnels que des citoyens. Alors que l’on sait qu’un état intérieur de souffrance peut pousser des individus, même juvéniles, à des actes inquiétants voire dramatiques, les élèves et les adultes qui les encadrent, ne sont-ils pas confrontés à cette problématique ? Cet article apporte des éléments de discussion sur « la souffrance au travail scolaire », qui mérite d’être pris au sérieux car c’est l’avenir de notre nation qui est concerné.

Au cours de l’année scolaire 2008/2009, les médias ont rapporté diverses agressions entre élèves ou entre ceux-ci et leurs enseignants. Ces évènements ont créé de l’émoi au sein de la communauté scolaire et suscité diverses réactions des responsables politiques ou institutionnels. Des petites violences verbales jusqu’à des agressions physiques avec ou sans armes, ces incidents sont devenus relativement fréquents. « Augmentation statistiquement concentrée sur les lieux d’exclusion sociale » nous dit Eric DEBARBIEUX[1], spécialiste de ce domaine.
 
En marge des discours tout sécuritaires de certains leaders, l’opinion a pu s’interroger sur les raisons de ces incidents et, par exemple, sur la santé mentale de leurs jeunes auteurs. En effet, on sait qu’un état intérieur de souffrance peut pousser des individus, même juvéniles, à des actes inquiétants voire dramatiques[2]. Mais, que savons-nous vraiment des élèves et de leur vécu scolaire, de celui des professionnels de l’Ecole[3] et de la souffrance que les uns et les autres peuvent ressentir dans leur établissement et dans le cadre de leur travail ?
 
  1. La souffrance comme violence faite à soi et aux autres et le pathologique
Notons d’abord qu’il y a quelques années les pouvoirs publics ont eu peur d’en saisir les données à propos des écoliers. En effet, en 2002, le ministère de la Santé[4] avait proposé de mettre en place, au sein des écoles, une large étude sur cette question. Cette démarche fut sans suite car le ministère de l’Education nationale la refusa, s’inquiétant d’éventuelles réactions négatives tant du côté des parents que des enseignants. Il est vrai qu’une telle enquête mal conçue ou mal comprise pouvait entraîner un risque de stigmatisation des élèves troublés.
 
Cependant en l’absence de telles études et de leur renouvèlement, un flou sur l’état de santé de la jeunesse demeure et ne favorise pas la prévention alors qu’elles auraient, par exemple, le mérite de mieux différencier les problèmes d’adaptation de ceux qui sont d’ordre pathologique. Une recherche a néanmoins été publiée en 2003 par treize chercheurs de l’INSERM qui ont travaillé sur les troubles mentaux des enfants et adolescents. D’après eux, un jeune sur huit en souffrirait : hyperactivité, troubles de l’humeur ou d’anxiété… Notre attention est donc attirée sur ces souffrances reconnues poly-factorielles dont « le gros problème est de faire la part entre le développemental et le pathologique »[5]. La compréhension des jeunes aux comportements inquiétants et des situations de souffrance qu’ils vivent ou qu’ils font vivre à leur entourage[6] ne peut se faire sans tenir compte d’un éventuel questionnement d’ordre médical car des comportements morbides ou irrationnels répétés, des tentatives de suicide ou des replis sur soi excessifs nécessitent de toute évidence des soins et des prises en charge spécialisées. Notons que les personnels sont tout autant concernés par de tels constats. Les services médicaux des rectorats ou de la Mutuelle Générale de l’Education Nationale sont là pour en témoigner. Nous devons toutefois nous démarquer d’une possible tendance à surmédicaliser les problèmes, à les attribuer systématiquement à l’individu et à un hypothétique trouble de sa santé car des facteurs environnementaux président largement aux difficultés et aux souffrances ressenties ou vécues.
 
Intéressons nous donc à ces facteurs d’ordre relationnel, organisationnel ou institutionnel qui impactent la jeunesse, les professionnels qui les encadrent et le devenir des uns et des autres. Alors que l’analyse de ces facteurs est complexe et que la maîtrise de leur modification relève d’un véritable projet politique au sens premier du terme (polis = vie de la cité), nous disposons d’outils d’étude et de propositions qui permettraient de concevoir et de porter un tel projet.
 
  1. La souffrance comme violence faite à soi et aux autres et le scolaire
Pour introduire cette nouvelle dimension, il est intéressant de questionner et de lier deux champs de réflexion :
- d’une part, celui de notre système scolaire, de son fonctionnement et de son efficience à travers l’analyse de certains de ses résultats et de ses difficultés,
- d’autre part, celui de la souffrance au travail qui est largement étudiée dans le monde de l’entreprise et dont les données sont transférables dans le champ de l’Ecole[7].
 
2-1 Les performances médiocres de notre système scolaire, ses raisons et ses conséquences
 
Le modèle français de formation initiale est en crise. Paré des vertus d’une égalité théorique, « il échoue à produire de l’égalité réelle et même plus modestement, à gérer de façon efficace et équitable les aspirations » écrit Olivier GALLAND. [8] Chaque année, de 120 000 à 150 000 jeunes quittent l’Ecole sans diplôme ni qualification, c’est-à-dire près d’un jeune sur cinq. Ce taux de sortants sans avenir reste scandaleusement élevé pour un pays comme la France, d’autant que notre jeunesse fréquente longtemps son Ecole. En fait, la fracture sociale démarrerait et se fortifierait grâce à notre système éducatif avec, d’un côté, des élèves qui bénéficient de son fonctionnement méritocratique et, de l’autre, ceux qui se trouvent disqualifiés ou exclus.
 
Corrélativement à ce constat, nous ne sommes pas étonnés des résultats d’une enquête internationale de l’OCDE parue en 2005[9] sur les ressentis des élèves pour leur scolarité. 41 pays, 275 000 élèves et plusieurs mois de recherche ont montré que l’Ecole française détient le record du mal-être avec seulement 45% des élèves se sentant à leur place en classe contre 81% en moyenne dans les autres pays. 55% de notre jeunesse vivrait donc sa scolarité dans le malaise, le rejet ou le trouble. Quand on sait l’importance du plaisir dans les apprentissages et le cercle vicieux de l’échec que peut générer des situations scolaires mal vécues et quand on connaît les meilleures performances des systèmes éducatifs[10] qui visent la coopération (plutôt que la compétition) et la réussite de tous les élèves, on comprend pourquoi l’Ecole française rencontre de plus en plus de difficultés !
 
La question est donc de savoir quand les décideurs politiques, les autorités hiérarchiques et les acteurs professionnels qui mettent en œuvre les décisions des premiers, bref quand ces différentes personnes accepteront de prendre en compte ces données afin de lutter contre la faillite scolaire d’une partie des élèves et, par la même, contre l’échec professionnel et social qu’ils ont de grande chance de connaître ? La crise financière et économique apparue récemment ne doit pas masquer la crise socio-éducative du monde de l’Ecole. Chaque citoyen doit aussi en être informé car il y va de notre avenir collectif. En effet, la qualité de vie de chacun, liée à notre vitalité économique collective, n’est-elle pas dépendante des compétences et du dynamisme de la jeunesse appelée à entrer dans le monde du travail ? Les versements de rémunérations satisfaisantes et de retraites décentes ne sont-il pas eux aussi liés à la qualité des performances de la relève juvénile ? Un jeune sur cinq en échec et une majorité des autres qui étudie sans allant et sans plaisir ne peuvent que nous faire réfléchir ! Les personnels scolaires sont les premières personnes concernées par cette réalité puisqu’ils sont à la fois les maîtres d’œuvre de la vie scolaire et des apprentissages et des fonctionnaires dépendants de la bonne santé de la Nation et de son Etat.
 
2-2 la souffrance au travail en général et scolaire en particulier
 
Christophe DEJOURS nous offre sa longue expérience de la souffrance au travail dans le monde des entreprises, souffrance qui prend sa source dans les mutations contemporaines de l’organisation du travail et de ses objectifs[11]. Il précise aussi que les suicides et la montée des pathologies mentales sont liés à des décisions managériales qui brisent les solidarités entre les salariés et déstructurent le « vivre-ensemble »[12]. Pour lui et d’autres experts en ce domaine (Marie PEZE médecin[13], Pascale MOLINIER chercheur et universitaire[14]), cette souffrance, les raisons de son existence et ses coûts humains et financiers non négligeables sont insuffisamment pris en compte, voire occultées par les politiques, les décideurs institutionnels et les équipes sur le terrain.
 
Dans quelle mesure, l’Ecole n’est-elle pas confrontée à une même dégradation des conditions de vie et de travail (en particulier dans les établissements sensibles) ? Notre système éducatif n’échappe pas aux contraintes de la globalisation. Ne parle-t-on d’une compétition scolaire implacable, d’une mise en place en son sein d’une culture du résultat et d’une individualisation des salaires au mérite alors que les réussites scolaires (comme celles des prix Nobel) sont celles d’équipes dont les membres apprennent à coopérer et travaillent à l’efficience de leur mission dans le respect de leur déontologie. La sélection scolaire qui sépare trop mécaniquement le bon grain de l’ivraie, la mise en avant de comportements ostentatoires basés sur le court terme, la facilité et le « bling-bling » et qui influencent fortement les jeunes et enfin la dépréciation des valeurs humanistes de solidarité et de dignité humaine, sont autant de raisons qui poussent une partie de cette jeunesse à chahuter leurs conditions de vie et de scolarité. Ces élèves en souffrent au point de s’opposer plus ou moins brutalement ou, tout au moins, d’exprimer leur malaise par des micro-incivilités ou micro-violences qui pourrissent le climat des établissements et le travail de leurs professionnels. Eirick PRAIRAT[15] ou Eric DEBARBIEUX[16] parlent clairement de ces faits. D’où aussi une souffrance au travail scolaire d’une partie des personnels qui ne savent plus comment gérer leurs classes et qui dépriment, démissionnent[17] ou encore « explosent » en s’en prenant à un élève, à un collègue ou aux parents. 
 
En miroir aux dires de Christophe DEJOURS sur le management de certaines entreprises : « il faut cesser de penser l’organisation du travail pour des êtres humains idéaux qui n’existent pas »[18], nous pensons qu’il faut cesser de concevoir l’organisation de l’Ecole pour des élèves idéaux qui n’existent que rarement en certains endroits. L’élitisme méritocratique de l’Ecole républicaine et « le formatage cognitif »[19] que cette dernière assure sont obsolètes. L’échec massif d’une partie des jeunes usagers du système scolaire ou, ces dernières années, les impasses politiques, économiques ou financières récemment portées par certaines élites issues des meilleures écoles, en témoignent.
 
A suivre dans un second article :
 
La souffrance comme violence faite à soi et aux autres et la soumission à l’autorité
 
La souffrance comme violence faite à soi et aux autres et l’avenir
 
 
Didier LESCAUDRON
 


[1] Eric DEBARBIEUX, voir son interview dans Violences scolaires : « il faut stabiliser les équipes »,Le Monde du 28 mai 2009
[2] Par exemple, suite à une enquête de l’INSERM en lien avec des infirmières scolaires, le psychiatre Xavier POMMEREAU indique que 10% des adolescents sont en situation de mal-être et pratiquent volontairement sur leur corps des scarifications en se brûlant ou coupant. Lire dans Le Monde du 12 août 2009.
[3] Nous entendons par « professionnels de l’Ecole » l’ensemble des personnels sur le terrain en contact direct avec les élèves, leur famille et les partenaires locaux des établissements primaires ou secondaires.
[4] Lire à ce propos Le Monde de l’Education de mai 2002
[5] Daniel BAILLY cité par Sandrine BLANCHARD, dans Un enfant ou adolescent sur huit souffre d’un trouble mental, selon une expertise de l’Inserm, Le Monde du 07 février 2003
[6] Eric DEBARBIEUX (déjà cité) fait état, à partir des statistiques ministérielles, d’une augmentation de 7% en un an des incidents touchant les enseignants et de 25% depuis 2003 des incidents touchant les personnels de surveillance et les conseillers principaux d’éducation
[7] Sous le vocable « Ecole », nous regroupons les écoles primaires (maternelles et élémentaires), les établissements du secondaire (collèges, lycées) ainsi que toutes les structures connexes qui font vivre l’Education nationale (IUFM, centres de documentation pédagogique, centres d’information et d’orientation, administrations académique, rectorale ou centrale, etc.)
[8] Lire à ce propos la synthèse d’Olivier GALLAND, Les jeunes français ont-ils raison d’avoir peur ? Armand Colin, mars 2009
[9] Lire l’interview de Bernard HUGONNIER, directeur de l’Education à l’OCDE dans le Nouvel Observateur du 12 mai 2005, ou sur le site http://ecolesdifferentes.info/45POURCENTj.htm
[10] Référence aux pays nordiques
[11] Christophe DEJOURS, Souffrance en France, Points, 3ème trimestre 2006 et lire son entretien dans Le Monde du 4 août 2009
[12] Lire son entretien sur l’évolution inquiétante du fonctionnement de France Télécom dans Le Monde du 14 août 2009
[13] Lire son portrait dans Le Monde du 16 septembre 2008
[14] Pascale MOLINIER, Les enjeux psychiques du travail, Petite Bibliothèque Payot, janvier 2008
[15]Voir les conférences d’Eirick PRAIRAT sur le site http://cpe.paris.iufm.fr/spip.php?r...
[16] Référence déjà citée
[17] Lire Kévin ANDRE, les désarrois d’un jeune instit, JC Lattès, septembre 2006
[18] Déjà cité
[19] Emmanuel DIET, Perspectives complémentaristes sur la souffrance au travail des enseignants, dans Le Journal des psychologues, juin 2009, p 47
par LESCAUDRON Didier vendredi 28 août 2009 - 10 réactions
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  • Par Bardamu (xxx.xxx.xxx.172) 28 août 2009 12:11

    D’abord, MERCI pour cet article !


    Nous avons construit une société ABERRANTE.
    En surface, nous SURFONS sur une étrange facilité de vivre, des vagues de confort et les déferlantes de nos désirs immédiatement satisfaits.
    Un clic... et c’est fait !

    Cependant, que de violence faite aux esprits devant en permanence se plier, s’adapter, se fondre parfois jusqu’à s’anéantir -ô schizophrénie !- pour accéder à cet éden.

    Pour cela, les entreprises et les écoles sont devenues des lieux de confrontation des ego.
    En leur sein, le cynisme l’emporte sur les sentiments d’honneur et de morale qui naguère avaient encore cours.
    Ici, le CALCUL n’a que faire de la solidarité.

    Lorsque j’en parle avec mon fils de seize ans, je suis stupéfait.
    Au lycée, me dit-il, prévaut d’abord l’ENNUI.
    Tout est à leur disposition et pourtant ils se morfondent nos loupiots.

    "Oui, l’humain ma bonne dame, il ne faut pas oublier l’humain"... ça compte que cela, non ?
    Et pourtant, il est heureux mon fils... parmi les "gagnants" !
    Cependant, parfois il ne comprend pas comment on en est arrvivés là.
    En ce système, nul ne veut faire le premier pas de peur de défaillir, de perdre un peu de son précieux pouvoir...

    Société de l’apparence, attisant la TOUTE-puissance... l’épuisement à paraître du contemporain, l’envahissant jusqu’à en recourir parfois à la mythomanie : le semblant au prix du mensonge !

    Bref, je pourrais disserter à l’infini de tout ceci ...

    Car c’est la société entière qu’il faudrait changer, réinventer, simplifier, "RéALISER" en la débarrassant de son vernis virtuel.
    Casser cette croûte -couche désormais solidifiée- qui l’enferme telle une coquille mortifère... un linceul où vient mourir le réel, toutes les réalités !

  • Par LE CHAT (xxx.xxx.xxx.148) 28 août 2009 10:15
    LE CHAT

    Beaucoup cirent les bancs des écoles pour maquiller les chiffres du chômage , d’autres ne pigent pas le français et il n’y a plus guère d’exemple d’ascension sociale via le chemin de l’école  ; de plus des enseignants multipliant les grêves corporatistes à tour de bras , ça ne motive pas !
    que les cancres se réjouissent , l’hystérie sur le H1N1 leur permetra de buller un peu plus à la rentrée

  • Par Halman (xxx.xxx.xxx.35) 28 août 2009 11:19
    Halman

    Encore ces fameuses statistiques.

    Pourtant dans les Lycée d’Enseignement Professionnel, dans les années 1970 déjà les actes de violence graves étaient le lot quotidien.

    Pas un trimestre sans qu’on nous annonce le suicide d’un professeur.

    Une jeune prof de français qui se suicide au gaz après seulement un mois de son tout premier poste de sa carrière.

    Un autre qui saute du 7ème.

    Un autre qui fait un infarctus.

    Deux autres en dépression quasi permanente.

    Un autre qui se précipite contre un platane.

    Un autre qui débarque avec son fusil de chasse, hystérique et menaçant, qui finit par se tirer une balle dans la tête devant tout le monde.

    Des femmes de service de la cantine qui se rebellent et qui foutent des baffes pour se faire respecter. Et les parents de porter plainte...

    Et oui, déjà à l’époque...

    Etc.

    Et pourquoi ?

    Et oui à cause des élèves.

    Bien sûr pas à cause de la conjoncture, du budget de l’Éducation Nationale et du Lycée.

    Parce qu’ils ont immédiatement compris que leur beau rêve de former la jeunesse pendant toute leur carrière s’effondre d’un seul coup.

    Ces ados dont on ne sait pas quoi faire et que l’on force à se scolariser dans des LEP parce que scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans.

    Qui agressent les autres élèvent, violent des nanas pendant les récréations dans une salle de classe vide (qui ne disent jamais rien tellement elles ont peur des représailles), soudent des bouteilles d’o2 et d’acétylène au risque de faire sauter l’établissement, font voler par la fenêtre tout ce qui leur tombe sous la main à tous les cours.

    Crachent partout.

    Déclenchent l’alarme incendie tous les jours.

    Qui hurlent sur les profs et les insultent.

    Qui, en bandes, circulent de classe en classe semant la destruction comme Attila.

    Qui crèvent les pneus des voitures des profs et de l’infirmière.

    Qui séquestrent le proviseur dans son bureau et lui font ingurgiter de force 4 litre de vin rouge.

    Qui sabotent les tours et les fraiseuses, les faisant voler en éclat, blessant les personnes qui ont la malchance de se trouver dans la salle à ce moment là.

    Et qui se marrent comme des baleines à la vue des dégâts.

    Qui organisent des règlements de comptes entre bandes pendant les cours, obligeant à l’évacuation du lycée et à l’intervention en force de la police. Plusieurs fois nous avons même entendu des coups de feu.

    J’ai un collègue qui a 45 ans et qui aujourd’hui encore se marre et est fier d’avoir été de ceux là.

    Et oui, cette violence des collégiens et lycéens n’est pas un phénomène récent, il y a 35 ans on en était déjà là.

    Ces sociologues, psychologues, spécialistes en ogues de tous poils qui se font des thèses stupéfiantes sur les causes sociales de la société à en arriver là. En écrivent des livres, en donnent des cours dans les universités, passent même sur Arte et France Culture.

    Mais n’est ce tout simplement pas les délires de la crise d’ados. Délires paranoïaques et mythomanes exacerbés à cet âge ?

    Ces ados qui se font des films délirants pour le moindre regard, le moindre geste, le moindre mot de l’adulte et qui s’en font des conclusions exagérées délirantes à l’extrême et s’en font une vérité définitive et impossible à mettre en doute.

    Il y a des siècles, n’étaient ils déjà pas comme cela ?

    La physiologie du cerveau de l’ado étaient elle différente il y a 500 ans, 1000 ans, 100 000 ans.

    Je suis bien certain que non.

    Et nous, les abrutis qui voulions apprendre les maths, la technologie, le dessin industriel, la micromécanique pour travailler dans l’aéronautique, on en dit quoi de notre souffrance ?

    Alors on se dit que le civil c’est de la merde immonde, qu’il est hors de question de passer sa vie à bosser avec des fous furieux dans des ateliers.

    Voilà l’image du monde que nous donnent les ados en crise quand on a leur âge.

    Et aujourd’hui ils n’ont pas changé.

    Seul leur style a changé. Quoi que. Sans le savoir ils reprennent le même vocabulaire et certains vetements de l’époque.

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