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Accueil du site > Actualités > Société > « La Stratégie du Choc » va encore frapper !

« La Stratégie du Choc » va encore frapper !

Depuis le succès de son livre No Logo, publié en 2000, Naomi klein est devenue une sorte d'icône de la lutte contre un « système mondialisé de prédation économique ». Elle décrit la mise en place méthodique et le fonctionnement brutal de ce système dans « La Stratégie du choc » (The Shock doctrine) paru en 2007.
Un documentaire basé sur le best-seller de Naomi Klein a depuis vu le jour sous la direction de Michael Winterbottom et Mat Whitecross. La Stratégie du choc sort au cinéma ce mercredi 3 mars.
 
 
Naomi Klein, son parcours et son livre à l'origine du documentaire
Naomi klein - La Stratégie du Choc
 
 
 Naomi Klein est née à Montréal en 1970, le Canada étant devenu la patrie d'adoption de ses parents, qui avaient fuit les Etats-Unis en signe de protestation contre la guerre du Viêt Nam. Elle est devenue journaliste, écrivain et cinéaste. Le succès mondial de son livre No Logo va lui donner le statut de figure de proue du militantisme altermondialiste.
 
 
 
 Dans No Logo, paru en 2000, elle dénonce le cynisme des multinationales qui sous-traitent la confection de leurs produits, essentiellement dans les pays du Sud, où la main d'oeuvre y est bon marché et la réglementation (en matière de sécurité, de droits des salariés, de conditions de travail, de protection de l'environnement,...) quasiment inexistante. De là naît un mécanisme de concentration de ces multinationales, qui imposent un modèle économique engendrant localement une recrudescence des emplois précaires, tout en aliénant les consommateurs à leurs marques. En effet, les gains engrangés par ces multinationales sont utilisés pour développer le marketing à outrance et organiser une véritable guerre pour installer leurs marques dans pratiquement chaque parcelle de la vie de tout un chacun (les écoles ne faisant pas exception).
Le livre aura un véritable succès et fera connaître Naomi Klein dans le monde entier.
 
En 2004 elle réalise The Take qui raconte le combat de trente ouvriers mis au chômage suite à la crise économique argentine de 2001. Un combat face à leurs anciens patrons et face aux banquiers, pour prendre le contrôle de leur usine et sauver leurs emplois...
 
La Stratégie du Choc paraît en 2007 et s'attaque à ce que Naomi Klein appelle le capitalisme du désastre. Pour elle il est évident que ce capitalisme dévoyé profite du moindre désastre naturel, attentat, coup d'état, bouleversement politique, économique ou social, pour imposer des réformes économiques radicales. L'état de stupeur généralisée qui suit ces désastres étant mis à profit, pour réduire drastiquement les prérogatives de l'Etat, faire des coupes sombres dans les dépenses sociales et laisser le champ libre aux multinationales dans leurs activités de captation des richesses, d'exploitation de la main d'oeuvre et d'aliénation du consommateur.
 
Elle explique ce processus dans cette interview vidéo en trois parties proposée par La Télé Libre en 2009, et dans cet entretien paru dans Les Inrockuptibles en 2008 :
 
 
 
 
 
 
Comment l’idée de travailler sur les chocs et désastres vous est-elle venue ?
Lors de mes recherches en Irak. L’invasion américaine a clairement permis la thérapie de choc économique menée par Paul Bremer (administrateur du pays de 2003 à 2005 - ndlr). C’est vrai aussi pour la Banque mondiale après le tsunami, ou l’administration Bush après l’ouragan Katrina. Le titre initial n’était pas The Shock Doctrine mais « Blank is beautiful » (« Le vide est magnifique »), un jeu de mots autour de l’idée qu’un désastre crée un retour à un état vierge qui permettrait la construction d’une nouvelle société.
 
Vous expliquez que le Chili a joué un rôle important pour la mise en place de ce capitalisme du désastre…
C’est le premier pays à avoir adopté une politique néolibérale. Dans les années 1970, au Chili comme en Argentine, le principal outil utilisé pour imposer une thérapie de choc fut la torture. Il y a un lien entre l’installation de régimes autoritaires de ces pays et la première étape du néolibéralisme. Les idéologues de l’université de Chicago, Milton Friedman et ses « Chicago boys », conseillaient Pinochet. Ils sont complices de la mise en place de la dictature, dont ils ont tiré profit pour tester leurs théories. Dans un premier temps, les seuls pays à les avoir acceptées furent des dictatures qui se faisaient appeler démocraties. Cette première étape a permis la transition de leurs théories en pays démocratiques. En 1985, la Bolivie fut le premier pays sud-américain à adopter la thérapie de choc économique sans être une dictature.
 
Quelle influence Milton Friedman garde-t-il dans les universités américaines ?
C’est une figure très respectée. En ce moment, ses fans sont soucieux de protéger son héritage. Un étudiant vient de me transférer un mail du président de l’université de Chicago dans lequel il annonçait la création de l’institut Milton Friedman. Il y a deux semaines, l’institut Cato, un think tank de Washington, a décerné le Milton Friedman Freedom Fighter Award,doté de 500 000 dollars, à un étudiant vénézuélien de 23 ans qui est un des principaux organisateurs de la campagne anti-Chavez.
 
Le capitalisme modéré est-il incapable de proposer des alternatives lors des crises ?
Dans ces moments-là, les propositions alternatives manquent de conviction. Le poète Yeats écrivait « the best lack all conviction, while the worst are full of passionnate intensity » (« les meilleurs manquent de toute conviction alors que les pires débordent d’intensité passionnée »). Ce fut le cas après l’ouragan Katrina. C’est tristement ironique car cette catastrophe est une conséquence du capitalisme : le réchauffement climatique augmente le nombre et l’intensité des ouragans ; les infrastructures de mauvaise qualité écroulées sont les résultats de trente ans de guerre contre la sphère publique. En Europe notamment, certains pensaient que cela allait réveiller la gauche américaine. Mais l’administration Bush et ses amis n’ont pas perdu une seconde pour se saisir de l’opportunité et finir le job : éliminer le secteur public de la Nouvelle-Orléans. Les progressistes ont bien tenté de dénoncer la relation entre l’ouragan et le réchauffement climatique mais ils se sont vu rétorquer : « Ne politisez pas la tragédie ! ». Alors les progressistes ont abandonné la ville. Barack Obama ne s'en est même pas approché.
 
Quels effets pourraient produire sur la Chine le récent tremblement de terre de la province du Sichuan ?
La Chine, c’est un peu comme le Chili. Ils n’ont pas besoin de crises car ils ont déjà la terreur. Dans le livre, je raconte que le massacre de Tiananmen a constitué un choc pour signifier à la population que les résistants à la dictature seraient écrasés. Le gouvernement a peur des désastres naturels car tout doit être sous contrôle, les désastres comme les manifestations. C’est pourquoi les autorités sont intervenues rapidement après le tremblement de terre. Aujourd’hui, la Chine est le plus grand marché de la surveillance.
 
Avez-vous l’impression, comme nombre d’observateurs, que le mouvement altermondialiste est en perte de vitesse ?
En 2000-2001, nous pouvions parler d’un mouvement global. Ce moment a changé les choses. En Amérique latine, il est plus fort que jamais. Aux Etats-Unis et au Canada, le mouvement dénonçait l’économie, il est aujourd’hui centré sur la guerre. C’est pour cela que je fais le lien entre les deux dans mon livre. En France, la résistance a toujours été spécifique, dans la continuité de mouvements antérieurs, alors qu’ailleurs le mouvement était mené par des plus jeunes. En même temps, il est vrai que vous avez des mouvements étudiants incroyables. Dans beaucoup de pays, la gauche est tellement faible que cela a permis la création de nouveaux mouvements, ce qui a moins été le cas de la France où la gauche reste forte.
 
Vos ouvrages font office de manifestes. Assumez-vous ce statut ?
Je ne sais pas où les gens vont chercher cette idée que j’écris des manifestes. [...]
La Stratégie du Choc s’attache à raconter l’histoire non officielle. No Logo n’a rien à voir avec un manifeste qui dirait : « Ceci est notre monde parfait ». Ma façon d’être une activiste est de faire du journalisme. Avec mon équipe de chercheurs, nous sommes particulièrement attentifs à ne pas faire d’erreur pour ne pas être poursuivis. Le plus dur n’est pas de dévoiler des documents secrets mais plutôt de passer du temps à lire des documents bancaires très ennuyeux (rires) ! Je fais du journalisme à l’ancienne et je suis plus pragmatique qu’utopiste. L’important est de protéger ce qui est bon - nos systèmes publics de santé, d’éducation, les médias indépendants - d’en agrandir les espaces et de faire une société plus humaine.
Aujourd’hui, dans le contexte de la crise alimentaire, il faut se battre contre les grosses compagnies agroalimentaires qui brevètent les semences de céréales adaptées au changement climatique. Sinon on se dirige vers une issue terrifiante : à l’identique de celle de l’épidémie du sida en Afrique, où les gens sont morts parce que les compagnies pharmaceutiques avaient breveté les médicaments. Ils les ont laissés mourir.
 
Cela vous inquiète-t-il que le réchauffement climatique soit source de profit ?
Il vient de se passer une chose importante en Equateur. Le président de gauche Rafael Correa réclamait une taxe sur les profits des pipelines qui traversent l’Amazonie afin de financer la santé et l’éducation. Or il s’est heurté à l’opposition d’un mouvement indigène très organisé qui réclame le départ des compagnies pétrolières et l’arrêt des extractions. Ce groupe refuse un modèle qui participe au réchauffement climatique, quitte à faire une croix sur une politique redistributive. Ce débat est excitant car il va à l’encontre des réponses actuelles au réchauffement climatique, comme la taxe carbone ou le marché de la pollution.
 
Vos détracteurs ont critiqué le lien fait entre torture, psychiatrie et économie ainsi qu’une vision complotiste.
Que répondez-vous à ces critiques ?
Je n’ai pas inventé ce lien. Ce sont les économistes qui appellent leurs travaux « traitement de choc », « thérapie de choc ». Cela fait enrager l’establishment économique que je confronte leurs métaphores à la réalité, mais je ne dis pas que ce sont des tortionnaires. Certains déforment mes déclarations dans le but de me discréditer. Je me suis contentée de mettre en lumière des similarités de pensée entre des stratégies économiques, médicales, psychiatriques et militaires. Sans cette partie, j’aurais subi moins de controverses, mais démystifier les économistes est un de mes buts. Dans mon essai, je cite un passage d’une lettre écrite du Chili à Friedman par l’économiste André Gunder Frank, un de ses étudiants : « Votre théorie, c’est un massacre ». Il l’a appelée « génocide économique » et ils l’ont viré. Ceux qui dénoncent la réalité sont traités avec dédain par les théoriciens. L’économiste Joseph Stiglitz, qui a aussi critiqué le lien avec la torture, m’a beaucoup soutenu en disant que mon livre est avant tout un texte journalistique et politique.
 
(…)
 
Propos recueillis par Jean-Marie Durand et Anne Laffeter
Extraits d’un entretien paru dans Les Inrockuptibles le 17 juin 2008
à l’occasion de la sortie du livre.
 
 

 
 
Le documentaire de Michael Winterbottom et Mat Whitecross
 
 
 
Michael Winterbottom est un réalisateur anglais né en 1961 à Blackburn. Il a réalisé, entre autres, Code 46 (thriller de science-fiction, 2003), In this world (Ours d'or au festival de Berlin) et Tournage dans un jardin anglais (en 2004).
 
Michael Winterbottom (Photo : Allocine.com)

 
Mat Whitecross est coréalisateur (avec Michael Winterbottom) de The road to Guantanomo, réalisateur de Sex & Drugs & Rock & Roll, et de Moving to mars.
 
Mat Whitecross (Photo : Getty Images)

 
 Présentation du documentaire La Stratégie du Choc par Michael Winterbottom :
 
« J’ai découvert La Stratégie du Choc grâce à Alan Hayling et Alex Cooke, mes producteurs. Ce livre a été un véritable choc pour moi ! Et j’ai eu envie d’en faire un film. J’ai proposé cette aventure à Mat Whitecross, avec qui j’ai coréalisé The Road to Guantanamo.
Avec Mat nous souhaitions respecter l’architecture du livre : en commençant par les recherches de Cameron et les théories de Friedman des années 50, puis en suivant les mises en oeuvre concrètes de cette pensée à travers l’Histoire. Les étapes du film étaient clairement définies dès le départ : le Chili de Pinochet, les politiques de Thatcher et Reagan, l’effondrement du bloc soviétique, le 11 septembre et l’essor de l’industrie sécuritaire, Guantanamo et la guerre en Irak. Nous avions également l’ambition de parler de la crise boursière asiatique et du chapitre de Naomi sur Israël mais nous avons dû faire des choix. Par ailleurs, il nous semblait essentiel de parler de Katrina et du Tsunami. Enfin, l’élection d’Obama comme la crise financière sont survenues pendant le montage du film. Nous les avons donc intégrées à notre travail. La crise financière est de toute évidence le résultat de la dérégulation des marchés.
Même les plus fervents défenseurs du libre échange ont commencé à se poser des questions. D’une certaine façon, l’élection d’Obama était une réponse à cela.
 
Ce qui nous a guidé tout au long du processus de création, c’est qu’avant tout, nous voulions réaliser un documentaire qui ait du sens pour la jeune génération. Ma fille vient d’avoir 18 ans et a donc désormais le droit de vote. En adoptant son regard, nous avons tenté de proposer un éclairage pertinent sur la situation actuelle. Le film dans sa forme et dans son rythme est le résultat d’un long processus de recherche d’archives d’une part et d’articulation entre une narration et les interventions publiques de Naomi d’autre part. Elle n’a pas hésité à réagir sur le matériel que nous lui soumettions. Bien qu’elle ait cautionné l’idée de départ, elle a cependant émis quelques réserves sur l’absence de témoignages d’experts. Mais comme le dit très justement Naomi, ce film n’est pas son livre mais l’adaptation que Mat et moi en avons fait. Nous voulions que le film s’achève sur l’encouragement de Naomi à ne pas laisser les politiques décider seuls des changements. Si vous voulez que quelque chose change, vous devez contribuer personnellement à ce changement. »
Michael Winterbottom
 
 
On ne peut trouver meilleure conclusion : « Si vous voulez que quelque chose change, vous devez contribuer personnellement à ce changement. »
Si les livres de Naomi Klein, ses interviews, conférences, articles, et ce documentaire, pouvaient contribuer à ce qu'un maximum de personnes prennent leur destin en main, le pari serait en passe d'être gagné...
 

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100 réactions à cet article    


  • le naif le naif 1er mars 2010 09:38

    @ Merci l’auteur pour cet article qui met un peu de baume au cœur

    Si les grands médias accordaient à Naomi Klein la même audience qu’à un BHL, ...... qui elle au moins à des choses à dire !!!!

    Le plus rageant étant qu’on continu à servir la soupe aux zélateurs du système qui s’effondre sous nos yeux et non à ceux qui le dénonce depuis longtemps et qui ont vu clairement sa vraie nature .....

    Pendant qu’on disserte sur Botul, on ne parle pas des vrais problèmes, l’important étant de faire diversion et d’occuper le terrain médiatique.

    Slts


    • Naominoam Naominoam 1er mars 2010 13:47

       
      Merci le naif,
      Je ne peux être qu’en parfait accord avec votre commentaire. Naomi fait un travail salutaire, ce qui n’est vraiment pas le cas des soi-disant têtes pensantes qui squattent les grands médias.
       


    • Atlantis Atlantis 1er mars 2010 21:47

      vouloir mettre naomi à la place de bhl, c’est faire exactement ce qu’einstein avait pointé : refaire les même erreurs, avec la même méthode de pensée.

      au passage, la miss qui mène autant d’investigation fait pourtant des grosses erreurs. par omission ? par intéret ? par ignorance ? si c’est le dernier, je pense que ce n’est que symptomatique.

      j’ai lu no logo et choc et l’impression que j’en ai retiré après décantation de l’info, mon intuition c’est qu’elle agit comme une soupape qui permet de relâcher de la pression, pas comme une vanne qui coupe le gaz sous la cocote. Pas la peine de tenter d’argumenter le contraire (perte de temps et d’énergie) : laisser le temps faire son oeuvre.
      Son travail permet de récolter des données supplémentaires, mais ne touche pas les fondations.


    • VivreDifferent VivreDifferent 2 mars 2010 19:49

      Que dites-vous ? BHL est un vrai philosophe : c’est écrit dans le Figaro.

      (Depuis que j’ai compris que le Figaro était en fait un journal humoristique, j’aime bien lire leurs articles de temps en temps. Bon, c’est un humour assez noir et grinçant, c’est vrai. Mais certains articles, comme celui cité ci-dessus, sont vraiment à se tordre de rire)


    • JL JL 1er mars 2010 09:54

      Bonjour Naominoam. Si vous êtes un nouveau rédacteur, soyez le bienvenu : quelqu’un qui se refère à Naomi Klein et Noam Chomsky, et qui commence si fort est forcément intéressant.

      Permettez moi de vous signaler une interview de Madame Klein diffusée par France culture il y a près de deux ans, et que j’avais retranscrite spécialement pour les lecteurs d’Agoravox :

      « Naomi Klein, de passage à Paris à l’occasion de la publication chez Actes Sud de son livre »La Stratégie du chaos« , était interviewée ce matin sur France Culture par Ali Baddou. Voici la retranscription aussi fidèle que possible de l’interview. Les propos de Naomi Klein étaient traduits en direct, par Michel Slotowski. Le scripteur a fait le choix de ne pas reformuler, afin de ne pas influencer les lecteurs par sa propre compréhension. »


      • Naominoam Naominoam 1er mars 2010 13:54

         Bonjour JL,
        Oui, je suis un nouveau rédacteur : premier article et premier commentaire juste au-dessus... Merci de votre accueil.
        Je lirai l’article que vous signalez ainsi que les nombreux commentaires, dès que possible.
         


      • nexus 1er mars 2010 23:38

        Merci à l’auteur pour cet article.

        Ce livre a été pour moi une claque. La claque qui a suivi la dévouverte du « monde selon monsanto » de Marie Monique Robin, mais aussi la claque qui a précédé la découverte du choc monté de toute pièce du 11 Septembre 2001.

        La stratégie du choc est un travail transversal. On peut utiliser cette grille d’analyse pour comprendre une grosse partie des mécanismes de notre monde moderne occidental. Il permet de mieux situer à quel point notre société est baignée dans une idéologie très très marquée, ancrée, même chez les politiques à priori opposés au libéralisme...

        Récemment La Grèce, Haïti, La fausse grippe, la crise des subprimes... inscrits à l’avance dans un agenda. Chacune de ces opérations a été préparée. (Pour Haïti, les USA préparaient une manoeuvre militaire ! et ils ont profité du carnage pour déployer des troupes et des bâtiments de marine dans le secteur, juste en face du Vénézuela).

        Toute personne normalement constituée se doit de lire « La stratégie du choc ». Le film permettra peut-être de toucher un plus large public. Espérons- le !

        Pour ceux qui hésitent, il est vraiment nécessaire de se plonger dans cette « merde infâme » pour grandir, prendre de nouveaux repères, se souvenir, comprendre, et avancer vers quelque chose de plus beau... Parce qu’il va être temps de construire autre chose.


      • JL JL 2 mars 2010 11:05

        J’entendais ce matin à la radio que le gouvernement allait aider les industries touchées par la tempête Xinthia. La liste des industries aidées était édifiante : des euros pour les petites, des millions pour les grosses.

        Au delà du capitalisme du désastre nous guette un grand danger :

        « L’objectif ultime des grandes sociétés qui forment le cœur du complexe (« complexe  du capitalisme du désastre »), c’est d’introduire le modèle de gouvernement à but lucratif – qui progresse rapidement dans des circonstances extraordinaires – dans le fonctionnement ordinaire, au jour le jour, de l’Etat. Autrement dit, il s’agit de privatiser le gouvernement. » (Naomi Klein, « La stratégie du choc »)

        Cela a été vérifié lors de l’épisode AH1N1 : je ne crois pas jouer les cassandres en prédisant que l’hiver prochain nous aurons droit à de nouveaux virus et les vaccins qui vont avec, ou le contraire, de nouveaux vaccins et les virus qui vont avec.


      • jondegre jondegre 1er mars 2010 09:59

        Un petit passage sur agoravox pour répéter une fois de plus que la stratégie du choc est une œuvre majeure (et modérée) à lire absolument.


        • le naif le naif 1er mars 2010 10:32

          alchimie 

          « L’ouragan Katrina est une conséquence qu capitalisme ?! »

          Naomi Klein ne dit ça, elle explique que tout le monde savait que les digues ne résisteraient pas à un cyclone, mais on a rien fait car la population de la Nouvelle Orléans était essentiellement noir et pauvre. « Grâce à Katrina » cette population par la force des chose à du partir et n’est jamais revenue, les promoteurs peuvent maintenant envisager de grands projets....... CQFD

          PS : Six mois avant Katrina j’avais vu sur ARTE une émission qui expliquait très bien ce qui se passerai en cas de cyclone, il n’y a pas eu d’effet de surprise, mais une politique délibérée de ne rien faire avant que ne survienne la catastrophe, depuis les digues ont été bien évidemment renforcées........


        • Dudule 1er mars 2010 14:45

          Simplement, comme on vient de vous l’expliquer, le credo depuis Reagan des politiques américaines est la baisse des dépenses publiques : « The governement is not the solution, the governement is the problem » dixit Reagan. Ce dogme ne concernant pas les budgets militaires, naturellement.

          Résultat : des digues qui n’étaient pas du tout entretenues depuis des années. C’était connu, on le savait comme il est mentionné ci-dessus. Mais on en avait rien à faire, car la Nouvelle Orléans était une ville de noirs pauvres. De plus, une catastrophe constituait une « magnifique opportunité de refonder la ville » (expression souvent utilisée par les « reshapeurs » dans ce genre de circonstances).

          Même les personnes dont les maisons n’avaient pas été détruites n’ont pas été autorisés à rentrer chez elles. Résultat : une ville touristique débarrassée de ces pauvres. Une réussite !

          Vous pouvez aussi lire le livre, très, très bien documenté, je pense qu’il est à votre porté...


        • Dudule 1er mars 2010 14:49

          J’ajoute que l’état général des infrastructures aux US est absolument déplorable ! De temps en temps, on entend parler d’un pont de chemin de fer qui s’écroule...


        • le naif le naif 1er mars 2010 15:03

          @ alchimie 

          « un »CQFD« un peu rapide ».

          Certes, mais je ne peux que vous encourager à lire son livre où elle développe sa théorie d’une façon bien plus convaincante que moi, ensuite libre à chacun de se faire son opinion.

          La formulation : «  L’ouragan Katrina est une conséquence du capitalisme ?! » est erronée et ne correspond nullement à ce qu’elle affirme, c’est tout ce que je voulais vous dire.


          Slts


        • Regine M Regine M 1er mars 2010 22:52

          Naomi Klein ne DIT PAS que la société actuelle crée des catastrophes (complot des umites, Harrap & co). Elle ne fait que constater que les catastrophes Naturelles (seismes, inondations, cyclones/tempêtes) ou géo-politiques (famines, guerres, crises) offrent à certains gouvernements ou aux « puissants » du moment, un Levier pour ... au choix : imposer leur point de vue, ou détourner les projecteurs vers ce qui les gènent le moins.

          Ce que constate N. Klein n’est en rien novateur (même les sociétés du passé l’utilisaient : les historiens d’agoravox sauront me compléter).
          L’innovation, si elle existe, vient peut-être de l’échelle (local vs mondial) et des moyens technologiques mis en œuvre => du ciné/chewing-gum made-in-US de l’après guerre à ... je vous laisse compléter pour le temps présent.


        • perditadeblanc perditadeblanc 2 mars 2010 09:09

          l’ouragan Katrina,le tremblement de terre du Sin kiang,le tremblement de terre de Bam en Iran,,la grande tempête du 31 décembre 1999 sur la France,le tremblement de terre à Haîti,,celui du Chili,,plus prés encore celui des phillipines et de l’indonésie,,mieux encore 12 secousses au japon depuis 5 jours de 7°sur l’échelle de Richter....Tout celà ne me laisse pas perplexe du tout,car toutes ces catastrophes sont réalisés par la main de l’homme .Elles font partie évidemment de la stratégie du choc....vous n’avez rien vu,attendez vous à voir Obama réduire sérieusement l’arsenal nucléaire américain,,car l’Amérique est en possession d’armes mille,voir 100 000 fois plus effroyables et elle est dans une situation financiére CATASTROPHIQUE.


        • PhilVite PhilVite 1er mars 2010 10:19

          Tu bouscules rudement une vieille dame dans le rue. Pendant qu’elle se remet de ses émotions tu en profites pour lui piquer son porte-monnaie. Voilà, c’est ça la stratégie du choc.

          Je trouve qu’en ce moment on nous bouscule très fort...


          • Naominoam Naominoam 1er mars 2010 17:20


            @PhilVite
            Si un politique opportuniste vient ensuite persuader la vieille dame que grâce à lui elle sera désormais en sécurité, on a même une stratégie du choc à double détente...
             


          • Regine M Regine M 1er mars 2010 23:01

            Bon exemple PhilVite !

            Sauf que ... discrétion oblige ... il n’est pas toujours nécessaire de bousculer mémé : Il suffit de construire un bel escalier entre son pavillon de banlieue et sa boulangerie :

            C’est un peu plu cher, demande une association, mais les résultats sont à la hauteur => Mémé et ses voisines du 3ème âges applaudiront devant tant d’attention, se casseront le fémur au premiers verglas, seront dépouillées jusqu’au « bip-bid » en bandoulière, et n’oseront pas porter plainte : le jackpot mon ami !


          • Regine M Regine M 1er mars 2010 23:03

            Oups ... Fôte :
            3c’est un peu plus cher "


          • Bardamu 1er mars 2010 10:54

            Livre essentiel !
            Comme le sont « 1984 », « Le Meilleur des mondes » !
            Voir aussi : « Le Crépuscule des élites ».

            La grippe A, pour exemple, était si récemment encore... une énième stratégie du choc !

            Elites contre peuples : le futur se joue en ce seul combat.
            Les prétendus grands, sentant monter le danger, assènent choc sur choc pour l’endiguer !


            • Naominoam Naominoam 1er mars 2010 17:24

               
              Un peu dans l’esprit de La stratégie du choc, on a aussi « De la propagande » de Noam Chomsky, ou « Les nouveaux maîtres du monde - et ceux qui leur résistent » de Jean Ziegler.
               


            • lord_volde lord_volde 2 mars 2010 04:12

              Bardamu c’est mon copain de maintenant et Razzara c’est mon alter égo matheux. Naomi m’a séduit tout autant que son livre visionnaire d’un passé et présent occultes que les médias prennent soin de secrètement dissimuler à l’opinion publique.
              Il faut plebisciter ce genre d’action citoyenne qui donne bcp de baume au coeur aux infortunés que nous sommes et ouvre des fenêtres d’espoir à ceux qui refusent de céder à la résignation et souhaitent s’insurger de toute leur force aux déferlements des forces infernales de l’empire ordo ab chaos qui, non content de détruire les structures solidaires de la société fondée sur des vaeurs séculaires, s’efforcent d’affaiblir plus que de raison les libertés et la vie humaine pour lui voir succéder un autre monde obscurci par le règne de la terreur, de l’avidité, de l’indifférence et du mépris les plus aboutis qui puissent-être. 


            • astus astus 1er mars 2010 11:06

              Merci à l’auteur pour cette utile petite piqûre de rappel, véritable vaccin contre l’indifférence.
              J’avais moi-même proposé en janvier 2009 un article sur ce même thème à :

              http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/la-democratie-du-desastre-50038


              • Naominoam Naominoam 1er mars 2010 14:04

                 Merci astus,
                Je lirai également votre article et les commentaires avec plaisir. D’autant plus qu’il semble avoir été très bien accueilli.
                 


              • ZEN ZEN 1er mars 2010 11:08

                Un livre majeur , en effet, qui met de la cohérence dans des événements apparemment sans rapports et qui ne sombre pas dans une quelconque théorie du complot
                Merci à l’auteur


                • gimo 1er mars 2010 17:44

                   

                  Par lâcheté ou Par peur idem d’une éventuelle (par sur) guerre sociale ou trouble

                  croire de faire une omelette sans casser les œufs est une illusion


                  nous sommes entrain de laisser s’installer inéluctablement

                  à nos dépends et contre nous

                  le chaos organisé par nos ennemis


                  nos attentes mesquines leur donnent ce temps nécessaire pour le réaliser


                  un lâche est deux fois punis pas lui même et par les autres(ennemi)

                  la lâcheté et sa peur est déjà en soi une capitulation avancée

                  pour une proche et pour notre propre défaite


                  le courage et plus sur et fils de la réussite

                  lâcheté est fille de la défaite


                  gimo



                • dom y loulou dom 2 mars 2010 02:36

                  @zen et chanteclerc

                  comprends ton adversaire

                  Il y a des raisons très précises aux agissements de ces gens et elles sont calculées depuis fort longtemps, les manivelles qu’ils actionnent sont toujours les mêmes.

                  Seuls sont urilisés de plus amples moyens technologiques à chaque génération de bons travailleurs vertueux.
                   
                  Et rien n’est laissé au hasard.

                  Un autre agenda, contraire à celui, évolutif, de l’humanité.

                  Tout le contraire de la vie, un culte de la mort, au nom des richesses et des pouvoirs temporels. Et dans leur construction, qui est en premier lieu mentale, toute leur logique se miroite dans les médias, les divertissements y entrainent le nombre.Un maître mot : tromper, mystifier.


                  il aura fallu descendre jusqu’aux sumeriens et la naissance de la babylone déchue pour comprendre le fin fond de l’histoire que nous vivons aujourd’hui. Tout cela ne s’est pas fait tout seul, chaque micro-parcelle de conscience qui nous habite fut une âpre lutte avant d’éclore tant la construction adverse est féroce.


                  et puis, zen, un cartel occulte de banquiers et de marchands d’armes qui visent la domination du monde contre chaque citoyen libre de sa pensée en ce monde... c’est quoi sinon un complot ?

                  vous avez un autre mot ?.

                  Et que sont d’autre les Bilderberg qui utilisent nos impôts pour se faire protéger par la police comme des empereurs en ce monde et déclarer dans les médias, leur propiété, qu’ils n’existent pas ? 

                  Des buveurs de thé ? Qui jouent au bridge en se racontant le bon temps où les orphelins étaient des chiens dans nos rues ? L’arme à l’oeil oui. Un club très select et très raffiné sans doute.

                  Innana était leur championne.

                  Où sont passées les tablettes de ME, du savoir, quelqu’un a une idée ?



                • Regine M Regine M 2 mars 2010 03:43

                  Bonsoir M. Zen et M. Chantecler,

                  ... ce soir, je suis « bavarde » (j’ai un peu de temps). smiley

                  Cette question : voulu ? pas voulu ? je me la pose souvent ... et passe d’un extrème à l’autre suivant l’« actualité » du jour et mon état de récepteur (fatiguée, remontée, indifférente, ... etc), comme nous tous, informés ou désinformés.

                  Le « Voulu » : cela touche trop à une « réaction viscérale » pour que mon analyse (si elle peut porter ce nom) soit acceptable => dire « C’n’est pas vrai ! ILS l’ont FAIT EXPRÈS !!!! » tient à un fil de colère qui se dissout dès les premiers contre-arguments ou une nuit au calme.

                  le « Pas voulu » ... oserais-je dire « l’Opportunisme » ou au mieux un « Aider-faire » lié à un petit « coup de pouce » placé là où il faut au moment où il faut ... mais si ce n’est « Voulu », ce scénario demande aussi notre assentiment.

                  Plus je me gratte le crâne, plus il me semble que c’est entre les 2 ... la faille, celle où le coin pénètre dans une fissure et fait se briser la pierre ... mais pour cela, il faut qu’il y ai une fissure. Ce n’est pas le « coin » qui crée la fissure, ni la pierre qui est responsable : le « gel » (aléa climatiques), les conditions géologiques (nature du sol), ou mécaniques (usures, pressions) la façonne autant que sa propre nature première. Mais cette faille elle-même n’est-elle pas ... une faille pour tous ?

                  Mon Grand-père paternel à l’origine était couvreur et travaillait l’Ardoise ... un jour je raconterai cet argile « feuilleté » ... des églises jusqu’à Jules Ferry.

                  Rien ne se fait sans l’accord des Peuples, ni leur Liberté, ni leur Esclavage ... même si la « nature » joue le maître d’œuvre.
                  Tendant la feuille de pierre bleue devant la lumière, le pépé qui ne tenait plus un outil depuis longtemps, clignait des yeux, soupesait, et parfois, rarement (!), me la tendait, déçu : « celle la n’obéira pas au curé (clocher), elle est pour toi ». Ce n’était pas qu’une histoire de pierre, c’était au delà, une histoire d’homme (humain) qui s’utilisait même l’échec : gribouiller, pierre blanche (craie) contre pierre bleue (ardoise) des têtes à toto, les mensualités du crédit en cours ou la théorie de la relativité.
                  Cette feuille de pierre est une métaphore ancrée dans le réel. L’ardoise n’était pas apte à participer à un œuvre « officielle » : un échec, un accident. Il m’appartenait de lui donner un sens : j’aurais pu y écrire « Mein Kampf » ou de rentabiliser l’ardoise perdue en « sauvant » les couvreurs de la ruine à l’aide d’une taxe sur les clochers.
                  Je me suis contentée d’écrire des « têtes-à-toto/poèmes/slogans anticléricaux » que la première pluie à effacé, d’autres ont su l’exploiter pour devenir « puissants » : cela s’appelle les « sub-prime » ou « crédits-à-la-consommation ».

                  Je continue : Ce grand-père si sage et humain adorait les catastrophes climatiques (normal) ... l’autre, le papi maternel (paysan-marin), les redoutaient. Je vous épargne le récit du 2eme : nous le connaissons tous, nous l’avons tous, quelque part dans nos familles.

                  Le « Pierreux/Ardoisier » n’est ni inférieur ni supérieur au « Marin/fermier » dans cette histoire personnelle. A la fin de la guerre 39/45, les reconstructions des villes rasées, puis le remembrement breton (60/80) à fait basculer leurs positions sociales. Si le premier se frottait les mains, l’autre, en silence, perdait son « orgueil ». Le « gagnant » (tout relatif) n’avait gagné qu’un peu de confort (perdu par l’autre) et le droit de me voir écrire sur une ardoise un avenir qui ne lui appartenais pas.

                  Voulu ? Pas voulu ? Est-ce même la bonne question ... ? Si le présent m’échappe ou si je le refuse, d’autres l’acceptent ... le prennent en main, pour le pire ou le meilleur.
                  En étendant un peu cette histoire familiale, en la plaçant là où il se doit (- de 100 ans) dans l’Histoire, la Grande (!), il me semble qu’une grande partie d’entre nous à accepté ou laissé faire, par intérêt ou confort. D’autres ont perdu ... dans l’indifférence générale.
                  A travers mes 2 grand-pères, c’est une Révolution sans doute plus importante que celle de 1789 qui est relatée : le passage d’un monde dont l’économie était basée sur la production réelle (agriculture/pêche/artisanat depuis la naissance des civilisations) à ... autre chose : le Besoin (vaste chose !). Les nouveaux seigneurs s’imposent d’autant plus facilement qu’ils répondent à nos réclamations dans un terrain vierge. Même les petits, à court terme, sortent leur épingle du jeu : accident => réparation (papi bosse comme un fou et se fait un joli matelas) ; plaisir => offre (papi couvre tout les pavillons « bretons » de belles « ardoises » jusqu’en Île de France). Mieux ... il resplendit comme un sauveur en récupérant des ardoises « ancestrales » de la ferme de son compère vouée à la démolition (située sur un trajet de voie auto-routière). Personne ne l’a insulté ni condamné : il aurait fallu se battre au delà de lui. Tous étaient déjà dans ’TINA", tous avaient renoncé. Et moi, fillette, je l’aimais autant que l’autre papi, partagée entre greniers et îles qui font rêver.

                  Me voilà grand-mère à mon tour. Je n’ai aucune carrière de feuille de pierre bleue à faire luire dans le soleil, ni petit « loup » pour pêcher l’araignée charnue, encore moins de choux dodus dans le l’île/champ devant laquelle se battaient les vénètes contre les armées romaines.
                  Je n’ai que des récits à offrir à une petite têtue de 5 années, cheveux de paille et pommettes hautes, jambes raides plantées dans des « nike » fluo (que j’ai refusée de lui acheter), qui me dit, serieux et agacée : « J’invente mami, j’invente ... laisse moi faire ! » avec la feuille bleue d’un écran d’ordinateur que je lui ai donné parce que trop dépassée.


                • lord_volde lord_volde 2 mars 2010 03:52

                  J’exorte le démon qui a pris possession du corps et de l’esprit vagabond de cette femme torturée au centuplede les quitter immédiatement au nom du grand veau d’or et des élites oligarchiques qui règnent sur le trône de l’indécence et du haut mépris.


                • simplesanstete 4 mars 2010 00:18

                  @Régine
                  C’est bien de prendre son temps, merci de ce beau post.
                  De le conspiration (respirer ensemble) au complot, ce n’est qu’une question de moyen disons a une plus large échelle, gouverner c’est prévoir et comme le disait Talleyrand « agiter le peuple avant de s’en servir »


                • TARTOQUETSCHES TARTOQUETSCHES 1er mars 2010 11:09

                  Ce grand livre offre une grille de lecture cynique mais tellement pertinente de la manière dont nous sommes gouverné.

                   Merci à l’auteur de promouvoir le film, en espérant qu’il ne soit pas cantonné à quelques salles et touche le plus de monde possible...

                  Puisse notre Carlita nationale y amener notre Grandeur à Talonnettes pour un déniaisement en règle de son état de libéral compulsif.

                  Heu, non finalement c’est pas une bonne idée, il va se prendre pour le nouveau Milton...


                  • AniKoreh AniKoreh 1er mars 2010 15:49

                    Avatar (avec de gros sabots parfois, j’en conviens) tente d’expliquer au citoyen lambda pourquoi les Na’vis (vos « primitifs »..) préfèrent en effet l’arrêt de de l’extraction minière...


                  • plancherDesVaches 1er mars 2010 11:40

                    Une Grande Dame. Surtout que dire la vérité est souvent risqué...

                    En principe, vu les chiffres qui, même s’ils sont truqués, reflète une situation catastrophique aux US, l’été devrait voir un autre choc au pays du hamburger.


                    • morice morice 1er mars 2010 11:49

                      indispensables lectures ! merci de le rappeler ici !! 


                      « dire la vérité est souvent risqué. »

                      je ne vous raconte pas la meute de trolls qu’elle se trimbale...

                      • Manu Manu 1er mars 2010 11:49

                        Je ne sais pas ce que vaut ce documentaire, mais le livre vaut le détour.

                        C’est la première fois que j’ai dû m’arrêter de lire pour « digérer » le flot d’information.

                        Pensez à le faire lire à votre entourage !

                        Quant au caractère « complotiste » — vocable décidément très à la mode, comme faciste, nazi et négationiste — c’est à mourir de rire : il suffit de regarder ce qui se passe avec la Grèce en ce moment, ou ce qui s’est passé en Italie suite au tremblement de terre (donc bien après la parution du livre) pour se rendre compte de la portée conceptuelle de « la stratégie du choc ».

                        D’ailleurs, bien que ça ne soit pas mentionné dans le livre, avez-vous jamais réfléchi à ceci : pourquoi les « grandes grèves » ont-elles eu lieu en 1995 ? Si vous ne savez pas, lisez quand même le livre ! (^_^)


                        • morice morice 1er mars 2010 11:50

                          le capitalisme est en lui-même une AGRESSION, ça c’est Marx qui l’avait dit bien avant tout le monde : des hommes n’ont pas fini d’en EXPLOITER d’autres, nous dit Klein...


                          • AniKoreh AniKoreh 1er mars 2010 16:12


                            L’analyse marxiste n’est pas réductible aux errements du communisme...


                            « (...) Notons au passage que nos critiques prétendent jeter aux orties le mot »communisme« sous prétexte qu’une expérience de communisme d’État, qui a duré soixante-dix ans, a tragiquement échoué. Quelle plaisanterie ! Quand il s’agit de renverser la domination des riches et l’hérédité de la puissance, qui durent depuis des millénaires, on vient nous objecter soixante-dix ans de tâtonnements, de violences et d’impasses ! En vérité, l’idée communiste n’a parcouru qu’une portion infime du temps de sa vérification, de son effectuation.

                            L’hypothèse communiste

                            Qu’est-ce que cette hypothèse ? Elle tient en trois axiomes. D’abord, l’idée égalitaire. L’idée pessimiste commune, qui domine à nouveau ces temps-ci, est que la nature humaine est vouée à l’inégalité, qu’il est d’ailleurs dommage qu’il en soit ainsi, mais qu’après avoir versé quelques larmes à ce propos, il est essentiel de s’en convaincre et de l’accepter. A cela, l’idée communiste répond, non pas exactement par la proposition de l’égalité comme programme - réalisons l’égalité foncière immanente à la nature humaine -, mais en déclarant que le principe égalitaire permet de distinguer, dans toute action collective, ce qui est homogène à l’hypothèse communiste, et donc a une réelle valeur, et ce qui la contredit, et donc nous ramène à une vision animale de l’humanité.

                            Vient ensuite la conviction que l’existence d’un Etat coercitif séparé n’est pas nécessaire. C’est la thèse, commune aux anarchistes et aux communistes, du dépérissement de l’Etat. Il y a eu des sociétés sans Etat, et il est rationnel de postuler qu’il peut y en avoir d’autres. Mais surtout, on peut organiser l’action politique populaire sans qu’elle soit soumise à l’idée du pouvoir, de la représentation dans l’Etat, des élections, etc.
                            La contrainte libératrice de l’action organisée peut s’exercer de l’extérieur de l’État. Nous en avons de nombreux exemples, y compris récents : la puissance inattendue du mouvement de décembre 1995 a retardé de plusieurs années les mesures antipopulaires concernant les retraites. L’action militante avec les ouvriers sans papiers n’a pas empêché nombre de lois scélérates, mais a permis qu’ils soient largement reconnus comme une composante de notre vie collective et politique.

                            Dernier axiome : l’organisation du travail n’implique pas sa division, la spécialisation des tâches, et en particulier la différenciation oppressive entre travail intellectuel et travail manuel. On doit viser, et on le peut, une essentielle polymorphie du travail humain. C’est la base matérielle de la disparition des classes et des hiérarchies sociales.
                            Ces trois principes ne constituent pas un programme, mais des maximes d’orientation, que n’importe qui peut investir comme opérateur pour évaluer ce qu’il dit et fait, personnellement ou collectivement, dans sa relation à l’hypothèse communiste.

                            Les étapes

                            L’hypothèse communiste a connu deux grandes étapes, et je propose de dire que nous entrons dans une troisième phase de son existence. L’hypothèse communiste s’installe à vaste échelle entre les révolutions de 1848 et la Commune de Paris (1871). Les thèmes dominants sont ceux du mouvement ouvrier et de l’insurrection. Puis il y a un long intervalle, de près de quarante années (entre 1871 et 1905), qui correspond à l’apogée de l’impérialisme européen et à la mise en coupe réglée de nombreuses régions du globe. La séquence qui va de 1905 à 1976 (Révolution culturelle en Chine) est la deuxième séquence d’effectuation de l’hypothèse communiste.

                            Son thème dominant est le thème du parti avec son slogan majeur (et indiscutable) : la discipline est la seule arme de ceux qui n’ont rien. De 1976 à aujourd’hui, prend place une deuxième période de stabilisation réactive, période dans laquelle nous sommes encore, et au cours de laquelle on a notamment vu l’effondrement des dictatures socialistes à parti unique créées dans la deuxième séquence.

                            Ma conviction est qu’inéluctablement une troisième séquence historique de l’hypothèse communiste va s’ouvrir, différente des deux précédentes, mais paradoxalement plus proche de la première que de la seconde. Cette séquence aura en effet en commun avec la séquence qui a prévalu au XIXe siècle d’avoir pour enjeu l’existence même de l’hypothèse communiste, aujourd’hui massivement déniée. On peut définir ce qu’avec d’autres je tente de faire comme des travaux préliminaires pour la réinstallation de l’hypothèse et le déploiement de sa troisième époque.

                            Nous avons besoin, dans ce tout début de la troisième séquence d’existence de l’hypothèse communiste, d’une morale provisoire pour temps désorienté. Il s’agit de tenir minimalement une figure subjective consistante, sans avoir pour cela l’appui de l’hypothèse communiste qui n’est pas encore réinstallée à grande échelle. Il importe de trouver un point réel sur lequel tenir coûte que coûte, un point »impossible« , ininscriptible dans la loi de la situation. Il faut tenir un point réel de ce type et en organiser les conséquences. (...) »

                            Alain Badiou 
                             
                            (extraits)

                            http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article12991

                             


                          • Nethan 1er mars 2010 20:01

                            L’homme normal pense d’abord à sa femelle et ses petits, mais il sait aussi s’unir à d’autres quand il y a des intêrets communs permettant de faciliter la vie de tous.

                            C’est pourquoi depuis la nuit des temps, les hommes ont formé des tribus, devant de plus en plus grandes jusqu’à passer à l’échelle des communautés puis des nations.

                            Même les autres mammifères forment des tribus. Les loups, etc...

                            Il est difficile d’affirmer que l’homme est avant tout individualiste, ou solidaire. Ce qui est sûr, c’est que c’est l’éducation qui définira sa priorité.


                          • sisyphe sisyphe 2 mars 2010 07:46

                            Exact.

                            Le débat ontologique est clos, depuis belle lurette.
                            L’homme n’est ni bon, ni méchant ; ce sont les conditions de son existence qui déterminent sa façon de réagir.

                            L’homme est un être SOCIAL ; c’est en cela que se traduit son évolution, le fondement même de la civilisation.

                            Et, de même que les animaux mêmes, se réunissent en clans, en troupeaux, pour protéger les plus faibles d’entre eux, et faire face à leurs prédateurs ; au« réflexe » de protéger d’abord sa propre cellule familiale (puis clanique, puis tribale), l’évolution a fait s’ajouter LE LIEN SOCIAL ; celui-là même que le pouvoir autocratique, financier, dictatorial, entreprend, par tous les moyens, de briser, pour une régression à l’individualisme, qui fait, évidemment, le jeu de ceux qui détiennent ce pouvoir.
                            Tous les moyens, oui, pour transformer le citoyen en consommateur, l’acteur de sa propre vie en élément passif, captif, en « cible » marchande, pour déliter les solidarités qui permettent, ensemble, d’agir sur les conditions qui déterminent sa possibilité de vivre et d’évoluer.

                            Formidable régression ; provoquée, voulue, décidée, organisée, pour ôter au peuple son pouvoir d’influer sur le cours des choses, pour séparer, diviser, isoler, et être ainsi les proies faciles des prédateurs, comme dans une chasse à courre, pour permettre aux dépeceurs de bénéficier de la loi du (petit) nombre, et vouer chacun à une curée, contre laquelle, seul, il ne peut lutter.

                            ENSEMBLE ; c’est le maître mot de la résistance, de la juste révolte, comme celle prônée par Camus, du POUVOIR de lutter contres les injustices, et améliorer sa condition.
                            « Je me révolte, donc nous sommes. »

                            L’individu isolé, recentré sur son seul intérêt (et celui de sa famille), est impuissant, sa liberté définitivement amputée : ce n’est que lié aux autres, à ses semblables, qu’il se donne le pouvoir d’influer sur son sort.

                            L’homme est un être SOCIAL.


                          • sylvain 2 mars 2010 09:33

                            attention , tu vas t’attirer les foudres de momo si tu critiques les criminels cocumunistes

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