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Accueil du site > Actualités > Société > La tyrannie de la maternité : l’allaitement

La tyrannie de la maternité : l’allaitement

Allaiter oui, si je l’ai choisi !
Moi et personne d’autre ! On aura beau dire que c’est la plus belle chose au monde, et j’avoue que ce fut effectivement le cas pour moi, je reste persuadée qu’il vaut mieux ne pas allaiter si on n’est pas convaincue dès le départ d’y trouver un intérêt, pour le bébé bien sûr, mais aussi pour soi, et pour la relation mère-enfant.

Sur le site internet « Mangerbouger.fr » du PNNS (Programme National Nutrition Santé), les recommandations concernant l’allaitement sont rédigées de façon relativement simple et « objective » :

VOUS AIMERIEZ ALLAITER MAIS VOUS VOUS DEMANDER SI VOUS EN SEREZ CAPABLE ET SI C’EST LA MEILLEURE SOLUTION ?

Les bonnes raisons

 Votre lait est l’aliment le plus adapté pour votre enfant. Il contient tout ce dont il a besoin dès la naissance, et évolue constamment pour s’adapter à sa croissance au fil des semaines et même durant la tétée.
 Il réduit les risques d’infections, notamment gastro-intestinales.
 Il contribue à réduire les risques d’allergie chez l’enfant.
 Il pourrait contribuer à réduire les risques de diabète ou d’obésité.

La meilleure solution pour vous aussi

 L’allaitement favorise la réduction du volume de l’utérus après l’accouchement
 Il aurait un effet protecteur contre certains cancers, celui du sein notamment.
 L’allaitement est de loin la solution la plus pratique : vous n’avez rien à préparer, vous avez toujours tout sous la main.
 C’est aussi la solution la plus économique…

Combien de temps allaiter ?

Le lait maternel (ou infantile) est recommandé de façon exclusive jusqu’à 6 mois.

Il est recommandé d’allaiter, même pour une courte période : votre enfant bénéficiera déjà des bénéfices du lait maternel. L’effet protecteur de l’allaitement maternel dépend de sa durée et de son exclusivité, cependant, quelle que soit sa durée l’allaitement sera bénéfique. Les spécialistes recommandent un allaitement maternel exclusif pendant six mois révolus et une diversification alimentaire avec la poursuite de l’allaitement maternel jusqu’à deux ans ou plus selon le souhait de la mère et de l’enfant.

QUELLE PRESSION !!

En accouchant en cette fin d’année 2008, j’ai pu palper dans l’air cette « tendance » qui pousse les femmes à allaiter, cette « mode » qui revient. J’ai été plutôt chanceuse d’accoucher dans un établissement où le personnel ne mettait pas vraiment la pression aux jeunes mamans pour qu’elles nourrissent leur enfant (tout du moins de ce que j’en ai ressenti pendant une semaine). Personne, ni en salle d’accouchement, ni à mon retour en chambre, n’est venu me « faire la leçon » ou essayer de me convaincre de faire quoi que ce soit. On m’a simplement demandé si j’allaitais pour me prescrire des antidouleurs qui convenaient avec ma situation.

Mais j’avoue avoir été surprise par la remarque insidieuse d’une sage femme, lors de ma toute première nuit à la maternité. Bébé n’avait alors que quelques heures, et moi je me demandais comment j’allais survivre à cet accouchement tant la douleur et la fatigue étaient envahissants. A côté de mon lit, celui d’une maman qui venait d’accoucher par césarienne d’un énorme bébé de 5,6kg. Une maman fatiguée, allongée sur le dos, sous perfusion, qui ne devait pas manger ni boire avant plusieurs heures encore. Je ne parvenais pas à me lever seule, à cause de la douleur, et des nausées et vertiges qui me prenaient dès que je posais un pied au sol. Alors je me faisais aider pour aller aux toilettes. Un enfer : cinq minutes pour parcourir 3 mètres. Et idem au retour. Ce soir-là donc, la sage femme de l’équipe de nuit est entrée dans ma chambre et m’a dit : « On peut vous prendre le petit jusqu’à la prochaine tétée si vous vous voulez vous reposer un peu ! » Ah, bonté Divine, vous m‘avez entendue ! Oui je veux bien me reposer ! Voilà qu’elle me pique mon fils dans son « couffin roulant » transparent. J’essaye alors de fermer les yeux mais j’ai trop mal et ne pense qu’à ça. J’aurais deux mots à dire à M. Episiotomie ; on verra ça à la sortie ! Comme j’allaite, je ne peux prendre autre chose que du paracétamol, lequel n’a strictement aucun effet. Ce dont je rêve ? Avaler deux ou trois Stilnox d’un coup ou être assommée par un boxer pour dormir 48h d’affilée. Même pas le temps de terminer ce doux rêve, que la sage-femme revient avec bébé qui commence à crier : « C’est l’heure du néné ! » annonce telle gaiement en entrant dans la chambre. Et elle passe avec mon mini-Jules devant l’autre maman qui essaye d’attraper son gros bébé dans son couffin pour lui donner un biberon. Et tant dis que j’essaye tant bien que mal de m‘asseoir pour donner le sein à Jules, la sage-femme dit : « Le néné, y’a que ça de vrai ! » ou quelque chose qui ressemble à ça. Et bien j’ai trouvé ça vraiment nul. J’ai même été choquée.

Choquée aussi qu’on attende mon troisième jour d’hospitalisation et la dégradation de l’état de ma poitrine, pour m’apprendre qu’il existait des « embouts » de silicone à poser sur les mamelons pour éviter les crevasses dues à l’allaitement… Pourquoi diable m’a-t-on regardée souffrir durant trois jours, en prenant le risque que, comme beaucoup de jeunes mamans, la douleur ne me fasse cesser prématurément mon allaitement ? C’est en changeant de chambre, d’aile dans la maternité et donc d’équipe de soins, que j’ai appris l’existence de cet « ustensile » qui m’est rapidement devenu indispensable, même si pour aucune raison au monde j’aurais renoncé à allaiter mon fils. Seulement le sang provenant des crevasses sur mes seins n’était pas bon pour lui… 

UNE ETAPE DIFFICILE POUR LA MAMAN : TERMINER SON ALLAITEMENT. 

Je crois que la première étape importante dans la vie de mon bébé a été le fait de passer de l’allaitement maternel aux biberons de lait artificiel. Lui ne s’en souviendra pas, mais sa maman a assez mal vécu la fin de cette période intense et privilégiée.

Avec le recul, je me rends compte que cet allaitement me tenait particulièrement à cœur. Je ne pense pas avoir subi de « pression » en lisant articles ou essais divers et variés pendant ma grossesse. Très tôt je me suis même vue en rêve en train de donner le sein à mon bébé. Dès le 5e mois de grossesse, j’ai eu des pertes de colostrum. Nous étions en vacances à la mer, j’avais trouvé ça vraiment fascinant ! Pour moi il était évident, presque logique, que j’allaiterai mon enfant, mais je n’avais aucune certitude que tout se passerait bien. On entend ou lit tellement de bêtises parfois… « Grosses poitrines = plus de lait », « petits seins = difficultés à allaiter », « pas de lait à l’accouchement = pas de lait plus tard »… je crois qu’en matière d’allaitement, mieux vaut croire en ses convictions, faire ce dont on a envie, et surtout comme on peut.

J’ai très bien résisté aux difficultés des premiers jours (douleur, crevasses, énorme fatigue…) parce que la satisfaction et le bonheur de voir mon fils téter était plus puissante que tout le reste, et cela m’a permis d’allaiter mon fils presque quatre mois, dont trois exclusivement. Par contre je ne pouvais faire mieux à cause de la reprise du travail, et là oui, j’ai plutôt mal vécu le fait de ne pas avoir personnellement choisi de stopper mon allaitement.

Mais si moi je n’ai pas le sentiment d’avoir été « contrainte » d’allaiter quelque part, d’autres femmes se sentent « maltraitées », persévèrent tout de même et vivent assez mal ces instants. Plus incroyable encore, certaines mamans se sentent culpabilisées d’allaiter (trop longtemps souvent). Deux formes de détracteurs pour une pratique tellement… personnelle. De quoi se mêlent les gens qui ne sont pas concernés ?

L’ALLAITEMENT : UN CHOIX INTIME ET PERSONNEL.

L’idéal serait de respecter le choix d’autrui et essayer de ne pas juger ceux qui effectuent un choix différent du nôtre.

Les jeunes mamans sont souvent confrontées à la violence de certains mots sensés les encourager.

C’est très bien de vouloir donner des conseils ou accompagner les jeunes allaitantes, mais si vous êtes une jeune maman qui hésite, qui a mauvaise conscience de n’avoir pas le « courage » ni l’envie d’allaiter son enfant, et que vous tomber sur le site soi-disant « référence » de LA LECHE LEAGUE (1) ou LLL (www.lllfrance.org), avouez qu’il y a tout de même de quoi se sentir un peu mal à l’aise.

Prenons ces quelques phrases par exemple, extraites directement du site :

« Dans un rapport fait pour la Harvard Medical School, Silverman et Murrow ont conclu que la dynamique du groupe apporte un sentiment de compétence et de normalité qui contribue de façon importante au succès de l’allaitement. 

Enfin Sloper a montré que les femmes bénéficiant du soutien d’un groupe allaitaient plus longtemps.
Un autre intérêt des groupes de mères, c’est en effet l’augmentation de la confiance en soi qu’ils induisent chez les nouvelles mères.
Une nouvelle mère est souvent très vulnérable aux avis d’autrui. Et tout le monde se sent autorisé à lui donner son avis justement ! Fais ceci, ne fais pas cela... Avis souvent contradictoires qui plus est. Le groupe de mères au contraire ne donne pas d’avis, ne fait pas de prescription ; il donne des pistes possibles, des façons de faire qui ont marché pour telle ou telle. A la mère d’observer son bébé et de voir ce qui marche bien pour elle et lui. Le groupe de mères et son animatrice redonnent à la mère sa place d’expert en ce qui concerne son propre bébé ; c’est elle qui sait le mieux ce qui leur convient.
De plus, une mère qui revient régulièrement aux réunions mois après mois parce qu’elle continue à y trouver un bénéfice, finit sans s’en rendre compte par se trouver dans la position de celle qui aide les autres mères. Elle aussi se retrouve à faire de l’aide de mère à mère. Et cela aussi est très valorisant pour elle. »

A priori le discours dégagé paraît plutôt positif. Mais quand on s’y penche d’un peu plus près, j’y vois un contenu implicite qui me dérange. Personnellement je trouve ce court extrait :

- Très imprécis : « Dans un rapport fait pour la Harvard Medical School, Silverman et Murrow… » Quel rapport, qui sont ces gens, où peut-on se procurer ou lire le texte ? Cela manque de références précises et vérifiables.

- Assez réducteur vis-à-vis des jeunes mamans : « Une nouvelle mère est souvent très vulnérable aux avis d’autrui. » Certes elles sont avides de conseils mais loin d’être incapables de réfléchir toutes seules. Elles ne perdent pas tous leurs neurones en accouchant…

« De plus une mère :[…] finit sans s’en rendre compte par se trouver dans la position de celle qui aide les autres mères. » On peut tout aussi bien venir en aide à son entourage propre sans pour autant adhérer à un groupe… Il y a souvent bien assez à faire devant sa porte !

- De mauvaise foi, car il véhicule de bons vieux clichés : « Et tout le monde se sent autorisé à lui donner son avis justement ! Fais ceci, ne fais pas cela... Avis souvent contradictoires qui plus est. » Il faut différencier les conversations que les femmes ont entre elles, les questions que les femmes enceintes posent elles-mêmes à leurs amies déjà maman, et les femmes qui s’autorisent conseils et autres recommandations alors qu’elles n’y sont pas invitées (personnellement je n’ai jamais eu affaire à ce genre de femmes, et pourtant des conseils on m’en a donné ! Je pense qu’ils sont tous bons à prendre quand ils sont dits par des personnes ayant déjà vécu l’expérience de la maternité).

- Contradictoire : « Le groupe de mères et son animatrice redonnent à la mère sa place d’expert en ce qui concerne son propre bébé ; c’est elle qui sait le mieux ce qui leur convient. » Effectivement la maman observe, ressent, utilise son intuition, son instinct, et elle seule connaît son bébé. L’adhérence à un groupe n’est donc absolument pas obligatoire pour acquérir les bons réflexes…

DISCRIMINATION ET INJUSTICE DES LA MATERNITE : Quand je lis ceci, également extrait du même site sur la page « Promotion et protection de l’allaite-ment : actions et recommandations » du site de LA LECHE LEAGUE (www.lllfrance.org), je suis même choquée : « Recommandations sur les substituts du lait maternel. Commercialisation : pas de publicité avant 6 mois, pas de dons en maternité, étiquetage, information sur les conditions de préparation et de stockage »

 « Pas de don en maternité ! » Qu’est-ce que ça veut dire ?? QUI dit ça, où, comment, pourquoi ? Aucune référence, pas d’article de loi cité… Je suis stupéfaite d’apprendre que de LA LECHE LEAGUE s’affiche contre don de lait artificiel en maternité. Qu’elle soit pro-allaitement et qu’elle l’encourage sous de multiples formes soit. Mais pourquoi discriminer les mamans qui choisissent dès la naissance de leur enfant (et souvent bien avant) de ne pas le nourrir au sein ? Je ne comprends pas, il faut m’expliquer… C’est comme si on interdisait aux femmes blondes d’allaiter et qu’on encourageait les brunes. Cette « résolution » lâchée comme une bombe sans autre référence me fait froid dans le dos.

Ca me rappelle un peu ces actions violentes au service de grandes causes : AIDS contre le SIDA, les faucheurs volontaires contre la MALBOUFFE, ou GREENPEACE en faveur de l’environnement. Je ne suis pas une personne qu’on peut convaincre par la violence que je condamne systématique !

En complétant mes recherches, je suis tombée sur un article de l’EXPRESS.FR au sujet du dernier ouvrage écrit par Elisabeth BADINTER « Le conflit, la femme et la mère », chez Flammarion. Je livre ici un extrait de cet article très intéressant. Par la journaliste Claire CHARTIER, le 16 février 2010 :

« DANS SON LIVRE, ELISABETH BADINTER DEPEINT LA LECHE LEAGUE COMME UN LOBBY DES ADEPTES DU NATURALISME.

L’auteure évoque aussi un extrait d’une conférence de l’association, dans laquelle il est très clairement recommandé de "protéger le bébé contre les dangers du lait artificiel". Sachant que, d’après la même Leche League, toutes les femmes, sans exception, doivent pouvoir donner le sein aussi longtemps qu’elles le veulent – tout n’est qu’une question de patience et de volonté, affirme les bénévoles de sa plateforme téléphonique - celles qui échouent dans cette entreprise si chargée d’émotions, de sentiments mêlés et de grosse fatigue sont bonnes pour le pilori. Et on ne vous parle même pas des biberons au bisphénol A... »

Un peu violents à LLL, disais-je… Heureuse de savoir que je ne suis pas la seule à ressentir leurs propos comme des accusations ou des affirmations péremptoires.

L’ALLAITEMENT DOIT RESTER AVANT TOUT UNE CONVICTION PERSONNELLE.

Il y a des mamans qui ont de réelles difficultés physiques pour démarrer leur allaitement (problème de tétons enfoncés, de montée de lait qui tarde…), mais quoi qu’il en soit la volonté de nourrir son enfant doit impérativement venir dès le départ du plus profond de nous, et non d’un groupe de soutien, ni de l’entourage. Qu’on ait besoin d’un groupe par la suite, c’est autre chose. Que ce groupe existe afin de valoriser l’allaitement, ça c’est formidable. Mais attention de ne pas être trop violent dans sa façon d’aborder les jeunes mères… Il y a des propos qui me choquent un peu sur ce site.

J’adhère davantage avec le discours de LLL concernant la législation et le droit du travail pour les mamans qui travaillent et allaitent. Je ne connais pas d’autre organisme qui donne des informations récentes et précises à ce sujet, citant même la jurisprudence en la matière.

La journaliste Claire CHARTIER termine ainsi son article :

« Et si, loin de l’opposition entre crypto et les néo-féministes si pratique pour évacuer le sujet, les femmes d’aujourd’hui voulaient tout simplement choisir ? Pouvoir donner ou pas ce fichu biberon sans se sentir coupables ? »

Ne pas se sentir coupable ; et si c’était ça, le vrai féminisme ?

* * *

ANNEXE

UN GRAND BRAVO A CES MESSIEURS !

DEVENIR PAPA, DEVENIR MAMAN : MEME COMBAT.

Quand je dis à mon ami : « Bon, on se lance, on fait la petite sœur ! », il me répond : « Bah non, t’es pas réparée encore ! » C’est tellement mignon, j’adore cette réponse ! Et il a presque raison. J’ai accouché il y a 12 mois et je crois que mon corps se rétablit à peine des conséquences de ma grossesse et surtout, de mon accouchement (un peu éprouvant).

Mais l’un dans l’autre, je me demande lequel d’entre nous est le plus « cassé » par cette première expérience de maternité. N’oublions pas qu’un papa morfle sacrément à la naissance d’un enfant, et j’ajouterais « surtout pour un premier ». Il faut être bien accroché pour patienter 9 mois aux côtés d’une dulcinée qui se transforme de mois en mois, qui ne se sent d’ailleurs pas toujours bien dans sa peau au fur et à mesure que son corps change, dont l’humeur devient fragile, dont le ventre devient encombrant. Une fois cette première étape passée, il faut ensuite être fort pour encaisser la charge émotionnelle qu’implique un accouchement, lequel peut grandement perturber la maman, moralement et physiquement, et de fait également perturber la stabilité des nouveaux parents. Comment le papa ne serait-il pas atteint par tout ceci, même s’il vit ces événements de façon moins « intérieure » que la maman ?

Un long apprentissage, une aventure superbe, magique et effrayante à la fois.

Souvent je regarde mon petit bout, quand il est dans son bain, quand il joue dans son parc, quand il tourne les pages de ses livres, quand il se déplace sur les fesses pour aller attraper son ballon, quand il dévore son quignon de pain assis sur sa chaise haute, et je me surprends à penser : « Comment j’ai pu fabriquer ça ? Comment est-il possible d’avoir conçu la vie aussi facilement ? Comment a-t-on pu m’effrayer à ce point il y a quelques années au sujet de ma santé, alors que devenir maman a été une des choses les plus faciles à réaliser dans ma vie ? Comment vais-je faire pour ne pas m’inquiéter pour ce petit toute ma vie ? Comment vais-je pouvoir un jour le laisser partir de notre foyer ? »

Mais à chaque jour suffit sa peine ; on va d’abord lui apprendre à marcher, à parler, à ne pas tomber de vélo, et pour le reste on a encore un peu de répit pour y songer !...



[1] La Leche League : association américaine pro-allaitement présente dans près de 70 pays, fait l’objet d’un long développement critique et fort argumenté dans le dernier livre d’Elisabeth Badinter.


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20 réactions à cet article    


  • Raymond SAMUEL paconform 4 mars 2010 12:06

    Bonjour les jeunes parents,
    A mon avis, même si la vocation d’AV est l’actualité, ce serait très bien que plus d’articles sur la naissance soient publiés.
    C’est tout de même ce qu’il y a de plus important, pour l’humanité comme pour toutes les espèces vivantes. Si l’on ne se reproduit pas, plus rien d’autre n’existe !
    Ces moments peuvent dans certains cas se passer très simplement, très naturellement, mais la culture étant ce qu’elle est bien des difficultés surgissent souvent. S’attacher à les résoudre au mieux ou, plus encore, savoir en réduire le nombre serait une bonne chose.
    « N’oublions pas qu’un Papa morfle sacrément à la naissance d’un enfant » ?
    Comprends pas... j’ai pourtant été Papa cinq fois. J’ai pas « morflé ».
    Je n’en ai pas connu non plus qui aient avoué avoir morflé. Certains participent peu, ils sont d’ailleurs peu sollicités, mais la plupart sont sacrément heureux et pouponnent sans hésiter.
    La Maman, morfle elle, oui, elle prête son corps, elle subit la marée des hormones, la remontée de ses souffrances d’enfant (et même de fœtus), qui déferle sur elle, elle se sent démunie, en manque de compétence et en surcharge d’inquiétude, bébé tête mal, elle a des crevasses. Son corps souffre de déchirement et de fatigue, ses nuits ne sont plus des nuits, elle cherche de l’aide sans la trouver, ne sachant quel conseil accepter parmi les recommandations contradictoires.
    Et puis, comme le dit l’auteur, elle doit cesser d’allaiter de force.
    Dur pour la Maman et dur pour le bébé, qui en plus sera réveillé et trimballé alors qu’il ne faudrait jamais réveiller un bébé ou jeune enfant ni lui infliger ruptures et stress.
    Mais c’est là une autre histoire (qui demande un autre article).

    Bonne route. J’espère que vous échapperez le plus possible aux frustrations dans votre statut de parents.


    • Emma31 Emma31 4 mars 2010 12:14

      Oh zut, encore un papa qui se méprend ! ;)
      Je parlais bien entendu de « souffrance morale ». Je pense qu’une grossesse et un accouchement ne sont évidents pour personne. Voir sa femme se transformer pendant 9 mois, et terriblement souffrir le jour J (lorsque c’est le cas) et ne pouvoir rien faire ne doit pas être simple à gérer. C’est en ce sens que les papas peuvent souffrir. Je ne parle pas de l’après, une fois que le bébé est là.

      Merci de bien relire l’annexe car il n’y a aucun sous-entendu :

      UN GRAND BRAVO A CES MESSIEURS !

       

      DEVENIR PAPA, DEVENIR MAMAN : MEME COMBAT.

      Quand je dis à mon ami : « Bon, on se lance, on fait la petite sœur ! », il me répond : « Bah non, t’es pas réparée encore ! » C’est tellement mignon, j’adore cette réponse ! Et il a presque raison. J’ai accouché il y a 12 mois et je crois que mon corps se rétablit à peine des conséquences de ma grossesse et surtout, de mon accouchement (un peu éprouvant).

       

      Mais l’un dans l’autre, je me demande lequel d’entre nous est le plus « cassé » par cette première expérience de maternité. N’oublions pas qu’un papa morfle sacrément à la naissance d’un enfant, et j’ajouterais « surtout pour un premier ». Il faut être bien accroché pour patienter 9 mois aux côtés d’une dulcinée qui se transforme de mois en mois, qui ne se sent d’ailleurs pas toujours bien dans sa peau au fur et à mesure que son corps change, dont l’humeur devient fragile, dont le ventre devient encombrant. Une fois cette première étape passée, il faut ensuite être fort pour encaisser la charge émotionnelle qu’implique un accouchement, lequel peut grandement perturber la maman, moralement et physiquement, et de fait également perturber la stabilité des nouveaux parents. Comment le papa ne serait-il pas atteint par tout ceci, même s’il vit ces événements de façon moins « intérieure » que la maman ?

       

      Un long apprentissage, une aventure superbe, magique et effrayante à la fois.

      Souvent je regarde mon petit bout, quand il est dans son bain, quand il joue dans son parc, quand il tourne les pages de ses livres, quand il se déplace sur les fesses pour aller attraper son ballon, quand il dévore son quignon de pain assis sur sa chaise haute, et je me surprends à penser : « Comment j’ai pu fabriquer ça ? Comment est-il possible d’avoir conçu la vie aussi facilement ? Comment a-t-on pu m’effrayer à ce point il y a quelques années au sujet de ma santé, alors que devenir maman a été une des choses les plus faciles à réaliser dans ma vie ? Comment vais-je faire pour ne pas m’inquiéter pour ce petit toute ma vie ? Comment vais-je pouvoir un jour le laisser partir de notre foyer ? »

      Mais à chaque jour suffit sa peine ; on va d’abord lui apprendre à marcher, à parler, à ne pas tomber de vélo, et pour le reste on a encore un peu de répit pour y songer !...


      • Harfang Harfang 6 mars 2010 12:48

        Bravo !!! Un article magnifique qui, je l’espère, reflète la pensée de beaucoup de gens.
        On peut être favorable ou défavorable à l’allaitement maternel : l’important est de laissé chacun libre de ses choix.
        Comme dans beaucoup de domaines, c’est « l’intégrisme », d’un côté ou de l’autre, qui pose problème.


      • Fantômette Fantômette 4 mars 2010 14:06

        Un bel article, plein de vie, de saine colère, de santé, de questions !
        Effectivement, il y a beaucoup de domaines très personnels où tout le monde se croit autorisé à intervenir, y compris les grands « experts », mais on demande rarement leur avis aux premiers intéressés... l’allaitement fait partie de ces sujets « publics » !
        Bien d’accord avec vous, une femme réellement libre est une femme qui
        1) a le choix
        2) n’a pas à en concevoir de la culpabilité ni a se justifier.

        Cordialement.
        Et bravo aussi au papa courageux (sans ironie) smiley


        • saint_sebastien saint_sebastien 4 mars 2010 14:23

          Combien de femmes de part le monde ont vraiment le choix ? ne sont elles pas libre pour autant ? il faudrait arrêter de voir le monde uniquement à la lorgnette occidentale et relativiser ce genre de faux problème qui n’en ai pas un...


        • Emma31 Emma31 4 mars 2010 14:26

          Merci Fantômette, je suis ravie de lire que mes mots peuvent être interprétés simplement, tels qu’ils ont été écrits, ça me rassure ! :)

          Ce texte fait suite à un livre que j’ai fini en 2009 sur la maternité, visible ici : http://www.eg31.com/textes. Je n’arrive pas à le publier parce que la maternité reste un sujet taboo dans notre beau pays, et que si on ne s’appelle pas Elisabeth Badinter, on n’a pas vraiment le droit de dire qu’accoucher peut parfois être dur, voire horrible... Cela fait forcément de nous des « mères indignes » :)


        • Emma31 Emma31 4 mars 2010 14:30

          A mon humble niveau je ne parlais évidemment que des « femmes françaises », en tout cas celles que je côtoie.
          Mon débat ne vas pas plus loin que ça, mais c’est très bien en effet de poser cette question : « Combien de femmes ont réellement le choix ? »


        • emma plaf 4 mars 2010 17:43

          Merci pour l’article

          « Recommandations sur les substituts du lait maternel. Commercialisation : pas de publicité avant 6 mois, pas de dons en maternité, étiquetage, information sur les conditions de préparation et de stockage »

          Tu es sûre que c’est LLL qui dit ça ? Je crois que c’est OMS/ONICEF qui prend ça comme indicateur sur l’état de l’allaitement dans un pays donné.

          « Pas de don en maternité »

          je pense que, tu sais, avant je ne sais plus quelle date (1998 ?) les mères repartaient de la maternité avec des boites de lait maternisé offertes. Cela ne parle pas de lait fourni pendant le séjour, mais des stocks offerts. La législation a mis fin à ces pratiques. Enfin, c’est ce que j’en comprends.

          Sinon, pour ton accouchement (je suis allée voir ton projet de livre) je me demande si tu n’as pas été, disons, pas-bientraitéee.

          Et puis , j’aime bien quand les femmes allaitent comme toi, juste parce qu’elles veulent allatier et voilà c’est comme çe et pas d’autres raison

          http://www.slideshare.net/emmaplaf/show-allaiter-academie


          • jaja 4 mars 2010 18:47

            bonne réaction de Emma plaf lol
            question votre enfant bénéficie t’il de couches bios ou de pampers ?
            donner le sein est très naturel vous savez,
            cependant belle plume, article bien écrit


          • Romain Desbois 4 mars 2010 20:26

            Bravo pour cet article.

            Badinter ne publie ce livre que pour casser les écolos qui font de l’ombre au PS dont elle est le bras armé médiatique.

            Les femmes doivent être libre d’allaiter ou non (d’ailleurs certaines ne le peuvent tout simplement pas). Mais cela ne doit pas être au détriment de sa santé et de celle de l’enfant (je fais allusion aux petits pots plein de pesticides défendus par Badinter). Mais certaines personnes brouillent les choses en défendant tout et n’importe quoi au nom du féminisme. Elles finissent par confondre féminisme et anti-féminité.

            Je pense qu’elle se trompe d’ennemis mais peut-être pas innocemment.


            • viva 4 mars 2010 21:41

              Je vais choquer peut être, mais malheureusement, l’allaitement est tout de même largement plus bénéfique aux enfants que les laits maternisés.

              Certes la femme doit pouvoir choisir, tout le monde devrait s’abstenir de dire le contraire.

              Peut on assimiler a des pressions le faits de dire que l’allaitement est meilleur pour l’enfant ?

              Parler de la remise en cause de l’égalité homme femme si les femmes allaite leur enfant me trouble quelque peu et parler de sacrifice est aussi peu audible ...s’agissant du futur de l’humanité

              Parce que déjà tout n’est pas dit sur les bienfaits de l’allaitement et même sur les laits en poudre.

              Comment dire qu’un enfant qui n’est allaité aura statistiquement plus de chance d’avoir un QI un peu plus bas, un peu plus de problèmes de santé dans l’enfance et à l’age adulte sans mettre la pression sur les mamans ?

              C’est un vrai problème, il faut préserver les mères et leurs vies cela est indiscutable.
               Faut il pour autant nier que certains choix auront des conséquences sur la vie des enfants ?
              La consommation de tabac et d’alcool durant la grossesse c’est aussi un choix personnel, mais cela peut avoir aussi des conséquences parfois grave. Faut il ne pas en parler ?

              Je n’ai pas la réponse, c’est effectivement aux parents de prendre ce genre de décisions.

              Prendre une décision impose toutefois de connaitre les enjeux de ces choix, comment faire cela sans culpabiliser les parents et mettre mal à l’aise voir pire les mères ???

              A mon avis, Madame Badinter ce plante sur ce sujet.


              • Emma31 Emma31 5 mars 2010 08:03

                "Je vais choquer peut être, mais malheureusement, l’allaitement est tout de même largement plus bénéfique aux enfants que les laits maternisés.« 

                Je pense que tout le monde en est bien conscient !.... Mais nous, génération »biberons« (ma maman n’a allaité ni ma soeur ni moi) avons la chance d’avoir aujourd’hui des produits hyper contrôlés pour nourrir nos petits. Je ne pense pas que les petits pots soient »plein de pesticides«  ! Mon fils de 15 mois en mange le midi chez sa nounou, le soir c’est plutôt purée maison, et il va très bien :)

                 »La consommation de tabac et d’alcool durant la grossesse c’est aussi un choix personnel, mais cela peut avoir aussi des conséquences parfois grave. Faut il ne pas en parler ?« 

                Non il le faut... ça sera certainement le sujet de mon prochain article car je suis un peu choquée par ce que je vois autour de moi...

                Mon principe (très simple) de femme enceinte et de nouvelle maman, c’était : »Donner toutes les chances à mon enfant d’aller le mieux possible". Et malgré tout je ne suis jamais allée contre ma volonté. Donc allaiter c’était plus que normal, et ne pas boire un gramme d’alcool pendant ma grossesse également... j’ai au moins ma conscience pour moi !


              • Emma31 Emma31 5 mars 2010 10:18

                Exactement ! CHOISIR c’est bien :)


                • Colette Le Peutrec 5 mars 2010 11:44

                  bonjour,
                  j’ai 51 ans, 3 filles, allaitées chacune entre 18 mois et 2 ans (tout de suite je vous dis que c’est par pur plaisir perso que ça a duré si longtemps, mes filles auraient très bien supporté que je les sèvre plus tôt ... )
                  pour la première, c’était il y a 29 ans et la pression était encore dans le sens de donner le biberon. Faire un choix ou un autre demande de faire face aux oppositions qui viennent de l’entourage (le mari....la famille ....les autres...) ce que j’ai trouvé difficile c’est de supporter les commentaires : « oh quel courage ! » ou « oh mais tu l’allaites encore ! »
                   C’est comme si les autres donnaient des appréciations sur mes choix les plus intimes et c’était très désagréable !!
                  j’imagine qu’aujourd’hui les femmes qui décident de donner le biberon (pour une raison ou une autre) ou qui ne peuvent pas faire autrement ont affaire à des commentaires qu’elles doivent trouver très désagréables !
                  si une femme est encouragée quel que soit son choix, elle se sentira mieux et cela ne peut être que profitable à elle même et à son bébé.
                  Après.... aider « sociétalement » toutes les femmes qui veulent allaiter pour concilier allaitement et travail ....c’est à faire !
                   et il n’y a pas que ça, il y a aussi le poids de ce qui est véhiculé et qui a hélas beaucoup d’influence 
                   je me souviens très bien entendre « tes seins vont devenir comme des gants de toilette » ,
                  « tu vas grossir parce que tu vas devoir manger pour 2 », (je peux le dire c’est faux !!)....et je me souviens aussi de mon frère qui m’avait dit « ne fais pas ça là, va te cacher » bon c’est vrai que c’est vieux !! ceci dit je ne suis pas sûre qu’allaiter est le seul fait de nourrir son bébé, ça touche aussi à beaucoup plus profond : la femme qui possède son propre corps, qui montre qu’elle n’a pas besoin de l’industrie pour nourrir ses enfants, qui n’obéit pas aux injections juste pour être là où elle est attendue, qui réfléchit, 
                  bref ! c’est un acte très conséquent !
                  kénavo


                  • Emma31 Emma31 5 mars 2010 11:48

                    "J’imagine qu’aujourd’hui les femmes qui décident de donner le biberon (pour une raison ou une autre) ou qui ne peuvent pas faire autrement ont affaire à des commentaires qu’elles doivent trouver très désagréables !
                    si une femme est encouragée quel que soit son choix, elle se sentira mieux et cela ne peut être que profitable à elle même et à son bébé."

                    Je suis entièrement d’accord.
                    Mais il y a soutien et soutien. Ne trouvez-vous pas certains propos de LLL parfois un peu agressifs ?


                  • Colette Le Peutrec 5 mars 2010 14:31

                    qui est LLL ?
                    Je ne trouve aucune réaction de ce pseudo ?


                    • Fantômette Fantômette 5 mars 2010 16:19

                      La Leche League, ligue américainee pro-allaitement aux arguments... massue !


                    • Emma31 Emma31 5 mars 2010 17:44

                      Colette, relisez bien mon article je cite même leur site  ! :) La Leche League...


                    • Emma31 Emma31 5 mars 2010 17:41

                      « Contente » (rassurée plutôt) de ne pas être la seule à ressentir ça !....


                      • Raymond SAMUEL paconform 6 mars 2010 11:24

                        Bonjour ce samedi matin (j’espère qu’il y a encore des lecteurs de ce fil).

                        Il y a tout de même quelques réflexions qu’il faut faire :

                        - Emma dit que tout le monde est conscient que l’allaitement maternel est meilleur que le lait artificiel pour les bébésl.

                        On peut pourtant remarquer qu’il y a de grands écarts (d’une époque à l’autre, d’un pays à l’autre etc) dans la pratique. Est ce que ça ne tiendrait pas en partie au moins, au fait que l’information est insuffisante ou mensongère ?
                        J’ai lu bien souvent que le sein ou le biberon c’était aussi bien pour les bébés.
                        Je trouve excessif qu’on proteste si vigoureusement quand quelqu’un dit simplement la vérité. Les bébés ne peuvent pas la dire, si on met au pilori les adultes qui la disent, alors c’est pas normal.
                        Aucun de mes cinq enfants n’a été allaité au sein plus de deux ou trois jours parce que mes femmes (successives) n’ont pas pu (carence des soignantes ou antécédents maternels). Je suis donc bien placé pour comprendre.
                        Mais laissons parler ceux qui disent la vérité, tant qu’ils s’en tiennent là.

                        Je suis toujours aussi « touché » quand on oublie de prendre en considération l’intérêt de l’enfant.

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