La vérité sur les violences conjugales : des femmes violentes, des hommes victimes, des manipulations, un féminisme de combat sexiste ...
La mise en place d'un ministère du "droit des femmes" entre une nouvelle fois en contradiction avec le principe égalitariste de notre république. Cet intitulé est en soit une discrimination puisqu'il repose sur l’idée qu’une catégorie de la population, définie par son sexe, mérite de la part de l’Etat, une attention et des services spécifiques, que ne mérite pas l’autre catégorie.
Or cette vision cache un grand nombre de faits qui tendent à être mis en lumière par des femmes et des hommes pionniers. L'une des thématiques oblitérée par cet intitulé est la violence conjugale subie par les hommes. Cet article se propose de donner la vision la plus proche de la réalité en ce qui concerne les violences conjugales.
1 - Vrai et faux chiffres sur la violence conjugale
L'enquête la plus citée et servant de référence pour les médias est celle de l'ENVEFF (Enquête Nationale sur les Violences Faites aux Femmes) de 2001. Cette enquête qui n'interroge que les femmes annonce 4 millions de femmes françaises âgées de 20 à 59 ans victimes de pressions psychologiques au sein de leur couple et que les agressions physiques s’élèvent à 2,5% au sein des couples. Cette enquête sert de référence aux media qui s'appuyant sur elle affirment qu'il y a en France 10% de femmes qui sont victimes de violences conjugales ou "battues". Ces 10% se composent d'environ 2% de femmes victimes de violences physiques et 8% de femmes victimes de pressions psychologiques allant de la remarque désagréable jusqu'au harcèlement.
- Brouillage de la frontière entre le sens juridique et le sens commun
- La méthode de classement des victimes de harcèlement moral est arbitraire
- Pas d'enquête similaire concernant les hommes permettant de conclure.
- Les refus de répondre à l'enquête (de l’ordre de 8 coups de téléphone refusés pour un accepté) pose la question du profil de la personne ayant répondu.
L'ENVEFF n'est donc pas une enquête fiable dans ses résultats et ne permet pas de conclure sur ce sujet. Cette enquête est un des exemples à ne pas suivre pour la collecte d'information sur les violences et est riche d'enseignements sur les méthodes mises en place pour travestir le réel (*).
Enquête ENVEFF 2001
Des chiffres plus fiables sont publiés par l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). Dans sa publication "Repères" n°15 de juillet 2011 réalisée avec l’INSEE, l'ONDRP estime qu'il y a 663 000 femmes et 280 000 hommes victimes de violence physique ou sexuelle au sein du ménage. Cet article se centre sur la problématique des violences conjugales soient les violences perpétrées par le ou la conjoint-e. Les chiffres de l'ONDRP sont :
* 296 000 femmes (soit une part relative de femme victime de 71 %)
* 117 000 hommes (soit une part relative d'homme victime de 29 %)
de 18 à 75 ans se déclarent victimes de violences physiques au sein de leur couple sur deux ans.
ONDRP 2011
Ces chiffres sont très rarement évoqués et pourtant ils donnent une vision réaliste de la violence conjugale loin de l'image relatée par les homicides conjugaux (En 2010, 146 femmes et 28 hommes ont été tué(e)s par leur conjoint(e) ou ex-conjoint(e)) qui tendent à libeller les violences conjugales "violences faites aux femmes". Ces cas dramatiques représentent 0.084% du volume total et ne permettent pas de conclure sur les autres situations ni d'en faire un étendard.
2 - Typologie des violences et méthodologie : une complexité peu mise en relief
Typologie des violences :
Il existe plusieurs types de violences : la violence physique, la violence sexuelle, la violence verbale et psychologique, la violence économique.
L'un des pionniers de la recherche sur la violence domestique, Murray Strauss, a développé une méthode de classification des violences : les "tactiques d'agressions" (Conflicts Tactics Scales). Cette méthode distingue les violences mineures comme les menaces de coup, le jet d’un objet potentiellement blessant, le fait de bousculer d’une façon qui aurait pu blesser des violences majeures les coups portés, les tentatives d’étranglement, l’utilisation d’une arme, les violences sexuelles.
Le chercheur Michael Johnson a complété cette approche en considérant des situations de couple. Il distingue la violence situationnelle liée à des conflits ponctuels du terrorisme conjugal qui est une relation d'emprise avec la volonté de détruire ou de dominer l'autre. Cela prend plusieurs formes : tentative de restreindre les contacts avec la famille ou les amis, propos blessants et rabaissement, jalousie, secret gardé sur le revenu familial ...
Méthodologies comparées :
Les données françaises présentent (au moins) un biais grave concernant les violences conjugales : l’appréciation de la violence des actes est laissée en partie aux personnes enquêtées au travers de la question : « Est-il arrivé (…) qu’une personne qui vit actuellement avec vous, vous gifle, vous frappe, vous donne des coups ou vous fasse subir toute autre violence physique ? ».
Les chiffres français sont aussi partiels puisque les méthodes de comptabilisation ne sont pas exemptes d’idéologies ni de carence dans la prise d’information. La plupart des chiffres sont extrapolés de statistique de terrain. Les chiffres de la police ne font pas de distinction sexuée ni sur le milieu (intra / extra familial) du délit. Ceux de la gendarmerie font une distinction sexuée mais se contentent de prendre en compte le sexe de la victime seulement si c’est une femme. L’ONDRP considère depuis 2009 les faits de violence constatés sur une année ce qui explique la différence de volume avec les autres enquêtes.
Afin de mesurer cette violence, les anglo-saxons utilisent des questions fermées qui s'intéressent à des situations de violence : être menacé(e) de violence, se faire pousser, empoigner, bousculer, gifler, donner des coups de pied, mordre, frapper, battre ou étrangler, être menacé(e) à l’aide d’une arme à feu ou d’un couteau, ou être forcé(e) à se livrer à une activité sexuelle.
La méthodologie française a donc encore à apprendre de ce qui se fait à l'étranger. Dans la troisième partie de ce paragraphe, deux enquêtes québécoises sont prises en référence. Une telle approche n'est pas choquante puisque la France et le Québec sont très proche sur le plan culturel et sociétal. Logiquement, les volumes de victimes au Québec devraient être à peu près les mêmes qu'en France. Les enquêtes canadienne utilisent les "Conflicts Tactics Scales".
Données québécoises :
1 - Le document "Prévalence et conséquences de la violence conjugale envers les hommes et les femmes" publié en 2005 analyse des données de 1999 et rapporte que :
* 6,1% des hommes (soit une part relative d'homme victime de 44 %)
* 7% des femmes (soit une part relative de femme victime de 56 %)
affirment avoir subi au moins un acte de violence conjugale (par leur conjoint(e) ou ex-conjoint(e)) dans les cinq années précédant l’enquête.
2 - En 2011, avec des données de 2009, le Centre canadien de la statistique juridique a publié son rapport "La violence familiale au Canada : un profil statistique", qui comprend une partie consacrée aux violences conjugales :
* 155 000 hommes (soit une part relative d'homme victime de 46 %)
* 178 000 femmes (soit une part relative de femme victime de 54 %)
se sont déclarés victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint(e) ou ex-conjoint(e) à partir des mêmes questions fermées que précédemment. Grâce à cette étude nous savons que sur cinq ans, 324 000 hommes et 280 000 femmes ont été victimes de violences situationnelles et 413 000 femmes et 228 000 hommes ont été victimes de terrorisme conjugal. Les hommes représentent 54% des victimes de violences situationnelles et 35% des victimes de terrorisme conjugal.
Les données québécoises donnent un volume sur 5 ans là où les données françaises s'intéressent sur 2 ans. Cela n'est pas un problème puisque nous nous intéressons au volume relatif des victimes suivant le sexe. Il est important de retenir que les données québécoises montrent un score d'environ 50/50 en terme de perpétration de violence conjugale. Il n'y a pas de spécificité française dans ce domaine mais un problème de mesure de la violence.
En effet, la perception de la violence suivant les hommes et les femmes est différent comme le note Denis Laroche, statisticien québécois : "le seuil à partir duquel certains actes tendent à être dentifiés spontanément par les femmes comme de la violence commence à un niveau de sévérité significativement moins élevé que ce n’est le cas chez les hommes. [...] Si le concept de « violence physique » est défini de manière plus large pour les femmes, il ne faut pas s’étonner qu’on observe dans leur cas des taux de prévalence plus élevés."
Conclusion :
En conclusion, l'appellation "violence faites aux femmes" attribuée aux violences conjugales est complètement abusive et infondéepuisqu'en France comme au Québec, les enquêtes statistiques évaluent le nombre de victimes masculines à plusieurs dizaines de milliers par année.
Il est nécessaire de faire des enquêtes générales sur les violences en interrogeant le même nombre d'hommes et de femmes avec une méthodologie inspiré des "Conflicts Tactics Scales". Cette étude devra être basé sur une très rigoureuse classification des actes et s'élargir à la problématique des fausses accusations, la violence judiciaire aidé par la complicité passive de l'état et des suicides induit par la violence situationnelle et le terrorisme conjugal (ces trois points sont actuellement dans un angle mort sociologique). Cette étude devra considérer les situations de violence mutuelle et s'intéresser à l'"ovni" sociologique de la femme violente dans le couple.
La considération de la répartition démographique est capitale de la même façon que la prise en compte des facteurs socioprofessionnels, économiques, ethniques et du passif de l'interrogé-e. Ce dernier point pourra être développé au travers d'entretiens d'une heure réservé en seconde phase à 15% du volume des intérrogé-es.
Enfin, il est capital de se défaire de la dérive féministe idéologique qui veut confondre violence conjugales et violence faites aux femmes et ouvre à la binarité homme bourreau / femme victime. Ce discours imprègne jusqu'au législateur et aux médias alors qu'il va à l'encontre de la réalité sociologique. Ceci se traduit dans le réel par aucune prise en charge par les pouvoirs publics des hommes battus : pas de foyer d'hébergement, pas de sensibilisation de la gendarmerie et de la police à ce problème (beaucoup d'hommes voient leurs plaintes refusées) et une suspicion de culpabilité à l'encontre des hommes par les forces de l'ordre et la justice. A ce jour, il existe une seule association s'occupant des hommes victimes de violences conjugales : SOS Hommes Battus dirigée par Sylvianne Spitzer.
Le dernier mot est laissé à Marcela Iacub et à Hervé Lebras : "Depuis quelques années, les politiques féministes en France ont pris la seconde voie. Il en résulte une victimisation des femmes ou plutôt une présentation victimiste. On observe ainsi un infléchissement des politiques victimistes, depuis quelques années, dans un sens répressif, on pourrait même dire "pan-répressif".
La situation particulière des hommes victimes :
Le grand physicien spécialiste de physique quantique John Wheeler a dit « Aucun phénomène n’est réel tant qu’il n’est pas un phénomène observé ». Cette maxime s'applique parfaitement à la situation des hommes victimes qui tant qu'il ne seront pas reconnus comme objet d'étude sociologique à part entière seront déniés par le législateur. Cette tendance tend à s'inverser dans d'autres pays comme l'Allemagne et les Etats - Unis depuis plusieurs années.
En 2004, le "Federal Ministry for Family Affairs, Senior Citizens, Women and Youth" allemand a commandé une étude intitulé "La violence faites aux hommes" commençant par "L'étude pilote "la violence faite aux hommes" est la première à étudier l'ensemble du spectre des violences interpersonnelles faites aux hommes. Les études s'intéressant aux hommes auteurs de violences et aux femmes victimes existent depuis plusieurs années. A ce jour, aucune étude générale sur les hommes victimes n'a été publiée" et conclu sur trois axes :
Violence contre les hommes
Rapport allemand de 2004 sur le sujet des hommes victimes
1 - Il est d'une importante capitale d'élargir les connaissances sur les violences vécues par les hommes. Dans une perspective d'exploration, il y a un besoin d'intégrer une dimension de genre dans la recherche sur les violences actant que les hommes sont aussi des êtres sexuels et vulnérables.
2 - Il est vital d'avertir le public sur ces problèmes
3 - Troisièmement, un système de soutien performant est nécessaire pour aider les hommes et les garçons ayant subis de la violence
La France a encore beaucoup de retard et bien que la chasse aux stéréotypes soit ouverte grâce à nos spécialistes des études de genre, ils tardent à déconstruire les mythes qui entourent les violences interpersonnelles.
Ce déni de la violence faite aux hommes au travers du discours "femmes victimes / hommes agresseurs" est sexiste et constitue une grave violence faite aux hommes de nature systémique et une atteinte a leurs droits humains fondamentaux.
Notes :
(*) Ces méthodes pour travestir le réel ont été listé par l'association "RADAR" dans un document intitulé Fifty Domestic Violence Myths. Une liste similaire a été dressé par Murray Strauss dans son article : Processes Explaining the Concealment and Distortion of Evidence on Gender Symmetry in Partner Violence. En voici des exemples :
50 idées recues à propes de la violence domestique
Document qui démonte preuves à l’appui les mythes régulièrement diffusé à propos de la violence domestique
Comment cacher la symmétrie dans les violences conjugales
2 - Utiliser des ruses sémantiques
Certains chercheurs et chercheuses classent en violence physique les remarques désobligeantes et les disputes verbales. En général, le mot "battues" est utilisé sans distinction entre la violence physique et psychologique venant donner de fausses impressions au public.
5 - Collecter des informations uniquement sur les violences des hommes envers les femmes
C'est une stratégie éprouvée que l'ENVEFF a utilisée. De même, l'OMS a fait une étude internationale sur la violence domestique sans interroger les hommes et sans enquêter sur la violence venant des femmes.
6 - Ne pas publier les données sur la violence féminine
Un certain nombre d'enquêtes collectent des informations sur la violence perpétrée par les femmes mais ne les publient pas. Un exemple : une enquête de la "The Kentucky Commission on the Status of Women" a collectée les informations sur les violences hommes -> femmes et femmes -> hommes mais n'a publié que les données concernant les hommes comme auteurs.
7 - Déformer les conclusions des recherches brutes - Exemples :
7 - a. Le rapport de l'OMS sur la violence et la santé affirme “Where violence by women occurs, it is more likely to be in the form of self-defense.” (Trad. : Là où la violence féminine a lieu, c'est principalement sous la forme de légitime défense). Néanmoins, les trois études citées montrent l'auto-défense comme peu fréquente.
7 - b. Un article affirme “Males and females were found to differ in their motivations for using violence in relationships.” (Trad. : Hommes et femmes diffèrent dans leurs motivations d'employer la violence dans leurs relations) mais les données brutes montrent des motivations similaires.
9 - Refuser le financement de recherche sur la victimisation des hommes
12 - Employer l'intimidation
Des chercheurs et chercheuses sur le sujet de la violence familiale ont été soumis à des campagnes de diffamation, empêchés de publier et de présenter leurs études sur les femmes violentes. Erin Pizzey décrit des menaces subies suite à la parution "Prone to violence", ouvrage à propos de la violence féminine : "Appels téléphoniques abusifs à son domicile, menaces de mort et d'attentats à la bombe [...] [obligeant] l'équipe de déminage [...] à faire suivre tout [son] courrier à leur quartier général."
De telles techniques d'intimidation ont empêché des chercheuses et chercheurs de publier dans ce champ de recherche capital.
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Les réactions les plus appréciées
Par Georges Yang(---.---.---.204)6 juin 2012 11:59
Le couple et la famille sont bien plus dangereux que les voisins, la rue et la route dans les pays occidentaux
Je profite d’être le premier à poster pour vous donner ce conseil : allez donc faire un tour sur les forums de femmes battues avant de poster !
C’est bien beau d’avoir de bonnes intentions et d’être bien pensant mais sur ce genre de sujet, il veut mieux s’exprimer en connaissance de cause. J’y ai été stupéfait par le fossé (le jour et la nuit !) entre l’ampleur des souffrances et le peu de rancœur qu’on y trouve ; fossé que l’on retrouve entre la dignité de ces Dames et ( l’absence de) celle de leurs « conjoints ».
« C’est bien beau d’avoir de bonnes intentions et d’être bien pensant mais sur ce genre de sujet, il veut mieux s’exprimer en connaissance de cause. »
Quelle condescendance ! Euh, t’es qui pour me donner des conseils mon gars ?
La bien penseance c’est de dire qu’il y a 10% de femmes battues et rien d’autre ... Mon article n’est pas bien penseant (relisez ...) puisqu’il va a contre courant des discours admis.
Par ailleurs, si vous avez des désaccords merci d’argumenter et non d’utiliser un ton supérieur. Ici il s’agit d’un article de fond pas pour les explosions d’émotions ou de colère.
Nash ... Ne le prend pas mal mais tu fais un total contre-sens !
Pour avoir déjà débattu plusieurs fois de ce sujet, notamment sur ce site, je peux te garantir qu’il sent le souffre, dérange beaucoup de monde et est souvent traité par le déni, la minimisation et même parfois par des arguments abjectes (J’ai même entendu « qu’elles le cherchaient ! »). C’est pour cela que je conseille à tous de regarder les choses en face avant de dire des conneries du genre de ce que je viens d’évoquer.
Deux fois je vais dans ton sens, deux fois tu me rentre dedans en apportant de l’eau à notre moulin ! Exemple : Le yeti : « Et oui, l’inverse (hommes battus) existe tout autant ... »
Nash : « Tenez un forum d’hommes battus, l’un des seuls ... http://92274.forums.motigo.com/ » Ben oui ... On est bien d’accord !
Mon avatar justement ... Il est choisi, assumé et revendiqué. Je l’ai créé à occasion de mon inscription sur un forum de ... femmes battues ! (Sur lequelle j’ai passé un an et que je n’arrive malheureusement plus à retrouver la trace.)
Quant au ton que j’emploie, d’une part il convient de ne pas le confondre avec la façon dont on le perçoit, et d’autre par il n’est « supérieur » que pour les alligators qui souvent parlent avec véhémence mais sans savoir (lorsque que c’est pas carrément hypocrite ; si tu reçoit toi aussi des commentaires du genre « C’est un faux problème. », tu comprendras ce que je veux dire.). (Tu es en dessous de la vérité en parlant de « condescendance », c’est plutôt de la hargne envers les négationnistes de ce sujet, aussi bien au féminin qu’au masculin !)
Enfin, il me serait impossible de te jeter la moindre la pierre car tu as un mérite (grand à mes yeux) : celui d’avoir abordé honnêtement et de manière assez complète et circonstanciée un sujet insuffisamment soulevé.
En espérant avoir éclairci ce que je pense être un malentendu ...
Je suis également allé un peu vite en besogne ... A mes yeux hommes ou femmes battus : même combat, c’est de violence conjugale dont il s’agit. J’ai ainsi zappé que tu parlait principalement des hommes et que de ce fait, le contre-sens est quasi-inévitable sur mon premier commentaire. Mea culpa.
Je le reprend donc et le complète : allez faire un tour sur les forums d’homme battus puis sur des forums de femmes battues (idéalement, comparez les deux ...), vous risquez d’être surpris.
Derrière l’arbre qu’est le drame de l’affaire Marie Trintignant se cache une forêt masquant elle-même une autre forêt toute aussi sombre.
Et personnellement, préférant traiter un seul problème à la fois, je mets de côté la question du féminisme car encore une fois son pendant masculin (sic !) existe et que dans les deux cas les situations sont trop complexes pour pouvoir être tranchées. Il y a par exemples de femmes anti-féministes tout comme il y des hommes anti-machistes ...
Même à l’époque où la torture était admise et ordinaire, on ne la voyait généralement pas. On n’en percevait que les cas d’exposition très publique. Ca fait que même sur ce sujet dont on est certain qu’il a existé, on ne dispose pas d’arguments quantitatifs sûrs.
Alors quelle était la violence subie par les esclaves d’Amérique ? Y avait-il de grands écarts de niveaux de violence ? Des régions plus marquées ? Quelle était la nature et le niveau des violences subies par les colonisés de la France ? Des régions plus marquées ?
On n’en sait rien de manière scientifique.
Ainsi, en dehors des violences très banalisées et se produisant toujours devant du monde, comme par exemple les violences à l’école infligées par les maîtres (en France mais aussi au Sénégal) où là on a des arguments sûrs, le reste n’est qu’incertitudes.
Or de cette incertitude, chacun sait en tirer profit à l’occasion, tant en temps que bourreau qu’en tant que victime.
Quand bien même nous aurions sous les yeux 20 femmes éborgnées par leur compagnon et 20 hommes émasculés par leur compagne, ça nous prouvera certes que la violence conjugale existe, ce dont chacun se serait douté, mais ça ne nous donnera aucune idée objective sur le niveau moyen de cette violence conjugale.
Si nous tenons à éviter de nous hystériser à partir de seules rumeurs, nous n’avons qu’une seule solution et elle consiste à nous cramponner à l’examen des seuls cas patents. Sans tirer la moindre conclusion d’ordre général ou moyen. On a un cas patent sous les yeux, alors on l’examine et on en juge. A part ce cas, on n’a rien d’autre alors on n’en parle pas.
D’aucun diraient alors que ne débattre que des cas patents reviendrait à dénier une problématique générale et à rater l’opportunité d’une prophylaxie ou prévention.
Je leur répondrais que non. Il suffit, dans une société donnée, qu’un cas patent soit examiné et débattu pour que chacun intègre la leçon qu’il doit en retenir en ce qui le concerne. Il suffit, quand on a chopé un voleur, de débattre amplement de son cas pour que chacun comprenne le problème du vol et qu’il en tire les conséquences. Il ne sert à rien d’intéressant de partir de ce cas patent pour tirer des estimations moyennes et dire alors que la moyenne des gens est moyennement voleuse.
Ainsi, tous ceux qui triturent des cas épars pour systématiser à une moyenne ou règle générale procèdent à mes yeux d’une manipulation sectariste de l’opinion.
Sectariste car au lieu de laisser chacun penser ou juger ab nihilo et au cas par cas, ces manipulateurs cherchent à prédisposer les esprits, à les conditionner afin qu’ils aillent à des réponses formatées par eux, les manipulateurs.
Dans une configuration de l’ordre de celle du Sofitel de New York, il pourrait se passer bien des choses différentes. Si demain nous nous retrouvons face à une autre scandale né dans un hôtel et où serait impliqué un haut personnage, nous devrions nous interdire de penser au cas précédent et tout examiner ab nihilo. Alors seulement nous aurons un jugement frais et dédié au cas examiné. Bien sûr que ce serait très difficile de chasser de notre esprit le célèbre cas précédent. Mais si nous n’entreprenons pas cette difficulté, si nous nous abandonnons à la paresse pour virer au simple C/C, quelle serait la valeur de notre jugement ?
Il semble exister des mécaniques intellectuelles universelles. Mais on est toujours surpris de constater dans les faits que ces mécaniques ne sont pas si universelles que ça.
Par exemple : il peut être considéré que toute personne agressée répond par de l’agressivité. Or c’est loin d’être vrai pour tout le monde. Il existe des gens qui, en raison de leur passé comme toujours, peuvent effectivement devenir agressifs face à une agression de quidam mais devenir repliés face à une agression de quidam habillé en vert et roulant les r.
Il existe beaucoup de gens qui sont révoltés si on leur dit qu’on va les fusiller pour désertion, mais il existe aussi des gens qui sans en être absolument ravis, seront vraiment empressés de quitter un monde aussi dur. Il y a donc eu des gens qui dès un jugement dur contre eux, ont souhaité la mort (C’est surtout vrai s’ils étaient disons sans charge de famille ou abandonnés de tous)
Ici et là, il y a des conducteurs qui prennent l’autoroute à contresens. Nous devons considérer ces cas isolément en nous attendant chaque fois à toutes sortes de raisons (fanfaronnade, suicide, agression, fuite, égarement, ivresse, mauvaise signalisation telle celle du métro-parking Lafayette, etc ). Nous ne devrions pas partir de ces cas et hystériser en généralisations. Il existe un code de la route, qui est précis mais silencieux (nous ne sommes pas à nous le réciter mutuellement à tout instant) et il suffit largement pour que chacun sache qu’il ne faut pas rouler à contresens sur l’autoroute.
Ici et là il y a des cas de cannibalisme. Nous devons les considérer pour des cas et les examiner ainsi, un à un. Ici et là il y a des cas de violence conjugale. Nous devons les considérer pour des cas et les examiner un à un sans tirer des plans sur la comète.
Un homme ou une femme qui fait violence verbale, psychologique ou physique, sait que ce n’est pas correct et devrait s’attendre à en être jugé ab nihilo, pour son cas d’espèce. Aucun des deux membres de ce couple ne devrait se voir l’opportunité de surfer sur un courant d’opinions hystérisées qui lui serait acquis d’avance.
Tant les victimes que les bourreaux, pour autant qu’il soit possible de les distinguer d’avance et aussi nettement, devraient savoir qu’ils seront toujours jugés ab nihilo, non préjugés.
Excellent article monsieur Nash et j’en profite pour crier haut et fort que y’en a marre de la « victimisation » à sens unique ! Si on dénie aux femmes l’exclusivité de leur souffrance, c’est être machiste et légitimer la violence. De même que si on dénie aux « minorités » l’exclusivité du racisme qu’elles subissent, c’est être fasciste, raciste et surtout « antisémite, c’est plus grave » (Olivier Jay, directeur de la rédaction du JDD, à Soir 3 en mars 2011 : http://www.dailymotion.com/video/xh...) Dans tous les cas, soit on la ferme et on reste bien à plat ventre avec la « majorité silencieuse » qui ne revendique RIEN (sauf peut-être quelques euros pour bouffer à la fin du mois) et on souffre en silence, soit on est vite taxé de « gros con de français » !
Plutôt un bon article ma foi, c’est rare sur Agoravox.
Je crois que la différence de traitement entre homme et femme vient bêtement de ’idée qu’un homme peut physiquement se défendre et donc « c’est un peu sa faute ». le poids culturel est énorme.
Très bon article. E Badinter a soulevé aussi les ambiguités de l’enquête Enveff. Bien sur il existe des femmes victimes de violences graves et des hommes aussi.Mais personnellement j’en ai marre que l’on fasse passer les femmes pour des victimes e/ou des saintes nitouches. Je pense qu’en matière de pressions psychologiques les femmes ne doivent être pas mal non plus. Et puis cette avalanche de bons sentiments sur les « femmes battues », ça évite de se demander pourquoi certains hommes sont violents. La violence chez l’homme est éventuellement un symptôme de dépression. Cela ne l’excuse pas, mais devrait amener à réfléchir sur les causes sociales de la violences qu’elle soit feminine ou masculine... Faire jouer les émotions c’est une bonne technique pour empêcher la réflexion. Bravo à l’auteur pour sa contribution
Merci de me rappeler les causes sociales de la violence, je me suis un peu laissé aller dans mon post précédent... Je me recentre sur le sujet ! Il est évident pour moi que les causes ET les remèdes aux violences, dans l’écrasante majorité des cas, ne peuvent être que sociales, et que cette violence n’est nullement prédéterminée par les genres « mâle » et « femelle ». La lecture de deux, trois bons bouquins d’ethnologie suffit pour s’en convaincre. Sauf qu’aujourd’hui mon bon monsieur le social ça coute cher à l’état tandis que la psychanalyse ne coute qu’à celui qui en a les moyens. Le psychanalyste qui te parle de « papa et maman » au lieu de te dire que tu vis dans une société inhumaine de merde... charlatan ! (Pas grand-chose à voir avec le sujet le « psy », quoique en y pensant bien..., mais ça me soulage !)
Lalita :.bin voilà que ces pooovres hommes fracasseurs sont des dépréssifs maintenant j’y avais pas pensé.....
« on se demande pourquoi certains hommes sont vilolents »en gros elles le chechent bien , ou encore « si tu ne sais pas pourquoi tu bats ta femme , elle, elle le sait »y en a marre d’entendre des conneries pareilles
ça me fait penser à l’autre obsédé du sofitel qui « aime les femmes », ou encore à ceux qui prennent 5 ans pour avoir abbatu à bout portant leur épouse pour « crime passionnel », c’est beau la passion.....
Vous n’avez pas bien compris visiblement, ou alors vous vous arrêtez aux apparences, torgnole = coupable. Si vous voulez vous atteler à ce problème de société va falloir creuser un peu...
Par nemotyrannus(---.---.---.123)7 juin 2012 09:31
Ces conneries de dicton viennent du maghreb , du moyen orient et tout ces coins ultra machistes e fiers de l’être où la religion est encore trop présente .
Et arrêtez avec vos pooovres hommes , je pourrais dire la même chose de vous , poooovres femmes , tellement mal aimées , pas privilégiées du tout et qui font des caprices parce que c’est pas 50-50 ici ou là. Quant à la dureté des peines selon le sexe vous vous abstiendrez de faire la cynique ou alors vous vous renseignerez parce que c’est pas vous les plus mal loties.
Vous dites défendre les femmes ; libre à vous , c’est bien même, mais si vous voulez nous empêcher de défendre les hommes parce que c’est contraire à votre idéologie c’est que vous avez un problème avec la notion d’égalité et de respect vous aussi .
Ca en dit beaucoup sur les gens en fait:C’est pas la recherche de la vérité qui les anime.
-Defendez nous,nous et seulement nous,au nom de l’égalité et de la lutte contre le sexisme.
-Hein ? En face ? ON S’EN FOUT ! Y’a que nous qui devons l’être parce que nos grandes gouroux nous l’ont dit et nous on doit tout répéter en choeur.
On défend les deux,nous,et on fait pas comme si l’un était indigne de l’être avec des phrases remplies d’ironie et de sous entendus.
ma première femme à essayer de me tuer en voiture, elle roulait à 120 km direction une pile d’un pont, j’ai tiré le frein à main pris le volant de l’autre et ensuite ouvert la portière prêtce à sauter. La bougresse a repris le contrôle du véhicule, mais j’avais toujours la porte ouverte. J’ai eu chaud . Une autre fois elle a essayé de me donner un coup de hache, mais j’ai été plus rapide qu’elle et lui est planté une fourchette dans le bras la jalousie c’est terrible.
C’est le sujet de mon livre : « Antoine et les affranchies ». Maltraitance spychologique voire physique avec un homme qui se tait.
Le phénomène des pervers narcissiques (au masculin et au féminin) s’amplifie. Constat est fait qu’il y a égalité dans ce domaine.
Egalité aussi en entreprise lorsque le harcèlement moral sévit sur le lieu de travail.
En tant que féministe, je défends les droits des femmes pour une équité.
Je suis par conséquent partiellement d’accord avec cet article. Partiellement dis-je car vous omettez que dans le registre des violences faites aux femmes, il y a les coups physiques souvent durs et jusqu’à meurtriers. (je ne vous rappelerai pas les chiffres)
Il y a ensuite pour certaines pratiques religieuses la soumission de la femme à l’homme.
N’omettons pas les différences de salaires constatés et le nombre de femmes en situation de précarité ( emplois précaires)
Enfin et c’est le cadeau pour la fin : le viol, le harcèlement sexuel et la prostitution . Je ne pense pas que la gent masculine ait à se plaindre au quotidien de tels faits. Ce n’est pas le cas des femmes.
Cet article a pour but d’attirer l’attention sur la victimologie masculine et sur les discriminations dont sont victimes les hommes. Cet article se concentre uniquement sur les violences conjugales et ne dérive pas sur d’autres sujets.
Vous le dites vous même, vous défendez le droit des femmes pour une équité alors que cet article montre que le droit des hommes en matière de traitement des violences est bafoué.
La vraie équité n’est pas défendre le droit des femmes mais le droit de n’importe quel humain à être aidé.
Rappellez quand même les chifres. C’est toujours interessent de comparer les sources. D’après SCanada, nous avons 33% des victimes de violences conjugales qui se révèlent être des violences physique avec une forte prééminence de femme de l’ordre de 2 femmes pour un homme avec une prévalence de blessure grave plus important chez les femmes mais malheureusement ; c’est la donné biologique de base.
Enfin les différences de salaire à poste et à travail égal ne sont que de 5% qui reste inexpliqué.
Vous êtes féministe donc incapable de penser l’égalité. Si vous voulez vraiment l’égalité éviter de troller ce genre d’article pour sortir le discours habituel, battez vous pour cesser la diffusion de statistique bidon, pour la déséxualisation des politiques contre les violences etc ... et surtout pensez le système d’intéraction séxué.
D’ailleurs, dans votre profil vous êtes contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Les hommes (et vous sous entendez qu’ils sont les seuls auteurs) vous n’en avez que faire y compris si ces hommes violents ne font que reproduire la violence qu’ils ont intégré durant leurs enfances ...
Vous commencez bien et vous finissez par le discours habituel ...
Je ne suis pas féministe ni masculiniste mais je me bats pour la libre possibilité de chacun de choisir sa route, auto détermination mais aussi la lutte contre toutes les formes de violences et d’oppression.
Je pense en système et par empathie. Pour le moment mon empathie va aux hommes et il y a quelques temps elle allait aux femmes victimes de violence jusqu’à ce que je découvre le poteau rose ... Pour l’avenir, on verra en fonction de ce que je vois.
Etre féministe c’est déjà être sexiste. Penser le système et la compléxité c’est être ouvert à l’autre dans sa souffrance et sa différence. Et pour ca, pas besoin de discours moralisateur !