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La violence féminine : les enjeux idéologiques ou le miroir enchanté des apparences

Comme montré dans nos deux articles précédents (1 et 2), contrairement au discours diffusé en France et en Europe, la violence conjugale, physique et psychologique, est un phénomène équitablement partagé entre hommes et femmes.

La disparition du champ social de la violence féminine est symptomatique d’une société où l’utopie se serait réfugiée dans le sein accueillant d’une féminité idéalisée. Par ailleurs, le refus d’envisager la violence féminine est le signe du succès définitif, dans les lois et les esprits, de l’idéologie initiée par un féminisme radical se présentant sous le terme générique et rassurant de féminisme. Une idéologie supposant le rejet d’une société qui aurait été fondée depuis la nuit des temps, sur le patriarcat, c’est à dire sur l’exploitation des femmes par les hommes. L’enjeu politique, plus ou moins conscient mais jamais exprimé est simple : la prise de pouvoir. Comme tout sophisme qui a réussi, le féminisme radical est, aujourd’hui, en situation d’imposer sa vision messianique du monde.

Un succès favorisé par le désarroi idéologique des sociétés occidentales et ce, au prix du retour d’un ordre moral puissant. Un ordre moral construit sur une féminité fantasmée dans lequel le masculin, dévalorisé jusqu’au plus profond de la construction de son désir, est sommé de faire allégeance sous peine d’excommunication pénale.

LE CLIMAT IDEOLOGIQUE

L’annonce d’un ordre nouveau au profit de quelques vétérantes éclairées et bien décidées, grâce aux nouvelles tables de la loi dont elles sont les seules dépositaires, à délivrer la femme opprimée et, par capillarité, l’humanité souffrante, ne pouvait que prospérer dans une société de contrition. Une contrition dont l’analyse de l’histoire et plus particulièrement de l’histoire des rapports entre les sexes se fonde, trop souvent, sur des anachronismes qui, par construction, ne peuvent qu’offrir une vision dévalorisante de nos ancêtres masculins et de la masculinité. Ce climat de repentance présente, par ailleurs, un double intérêt : une stigmatisation politiquement peu coûteuse car exclusivement orientée vers nos aïeux masculins et la quasi certitude de récupérer les intérêts composés, sous forme de discrimination positive, auprès de descendants marqués au fer rouge du gène de la dominance. Des héritiers masculins d’autant plus prompts à payer l’arriéré de dettes qu’on leur dit ancestrales, qu’aucun discours construit et cohérent ne vient les libérer de la honte.

Un désarroi idéologique favorable ...

Inspiré des théologies de libération marxistes de lutte des classes pour laquelle la lutte des genres est une déclinaison, nourri au terreau fertile d’une société occidentale culpabilisée et qui n’ose plus clamer frontalement la valeur messianique d’un progrès scientifique et technique séduisant mais aux nombreux effets pervers, le féminisme radical est une utopie qui présente un grand avantage sur les utopies concurrentes. Réfugiée dans la modernité de l’état libéral, n’ayant jamais affrontée, seule, le réel, l’utopie radicale n’a ni la couleur, ni la saveur, de ce qu’elle est pourtant, une idéologie en action1.

C’est qu’en ces temps de méfiance généralisée pour les grandes idées, qu’espérer de mieux qu’une idéologie au crédo simple parfaitement adaptée au catéchisme télévisuel et aux indignations politiques consensuelles ? Ici avec le féminisme radical, pas de pensée compliquée et artificielle. Retour au naturel et à la biodiversité grâce à une utopie déjà faite chair dans le corps de la femme par osmose avec l’amour maternel, et ce, depuis la nuit des temps, les temps d’avant l’affaire de la pomme. En prônant la supériorité émotionnelle de la femme sur l’homme, le féminisme radical s’inscrit dans la pensée Rousseauiste d’un paradis perdu. Un paradis biologique et génétique, version contemporaine, onirique et présentable du paradis racial fredonné sous le discours chatoyant de la modernité. C’est l’utopie de la contre société, de ce miroir enchanté des apparences, tel que déconstruit par Julia Kristeva : ’Plus radicaux, les courants féministes refusent le pouvoir existant et font du deuxième sexe une contre-société. Une société féminine se constitue, sorte d’alter ego de la société officielle, dans laquelle se réfugient les espoirs de plaisir. Contre le contrat socio-symbolique sacrificiel et frustrant : la contre-société imaginée harmonieuse, sans interdits, libre et jouissive’2.

La collaboration des institutions étatiques ...

Mais en attendant cette société idéale telle qu’annoncée par les intellectuels à têtes de mandolines, dans l’espérance de ce monde apaisé où le rayonnement de la sagesse féminine éclipsera définitivement la conception masculine et mortifère de la survivance du plus fort, il faut malheureusement en passer par la phase, pénible mais nécessaire, de dictature du matriarcat. Fort opportunément, le féminisme radical s’est trouvé un allié de poids. l’État libéral et ses institutions. Un État tout heureux d’encourager la focalisation de ses administrés sur cette culture de l’intime, de l’infime et du non dit d’une psychologie omnisciente qui a fort opportunément supplantée, depuis quelques décennies, les ennuyeuses et récalcitrantes questions sociales et politiques. Un État toujours prompt à activer, grâce à sa technique de captation des souverainetés individuelles initiée dès le moyen-âge, le transfert des instances privées de règlement des conflits au sein de ses propres institutions (police, justice, médiation pénale ...).

Le projet, déjà largement avancé depuis une trentaine d’année, est simple. Il s’agit d’accompagner le recalibrage des rapports sociaux au profit de la nouvelle donne économique. L’objectif est d’acter le décès de la famille clanique et patriarcale aux interactions fortes incompatibles à la nécessaire mobilité physique, émotionnelle et professionnelle des individus, à la famille à interactions et solidarités faibles. Une famille perméable et décomplexée, nucléaire si possible et encore mieux monoparentale, plus adaptée à la nécessaire fluidité des capitaux et des entreprises. D’où les appels incessants ; sous les motivations les plus nobles il va de soi ; à se réfugier dans les bras accueillants de structures ad hoc (associations agréées d’écoute, d’aide aux victime, centres médico-psychologiques, numéro d’appels multiples) financièrement dépendantes et idéologiquement aux ordres dans leur mission de reformatage des individus, des structures étatiques. Institutions où la femme et plus globalement l’individu peut désormais, en toute quiétude, préférer déléguer sa souveraineté et son libre arbitre à ce père symbolique, désincarné, asexué, donc parfait, que constitue l’État plutôt qu’à ce père de chair, de faiblesses et de pulsions qu’est la famille clanique. Une famille patriarcale et archaïque source potentielle, on nous le dit un peu plus chaque jour, de toutes les violences physiques, psychologiques et sexuelles.

La moulinette à réel ...

Mais, pour transformer définitivement la jacquerie en révolution, pour transmuter les quelques bonnes idées de départ en système cohérent et infaillible, encore faut-il se procurer une jolie ’moulinette à réel’.

Indispensable à tout faiseur de révolution, de velours fut-elle, la moulinette à réel est un fantastique gadget ’2 en 1’. Sa première utilité est de hacher menu toute complexité pour la transformer en une cause ultime et universelle d’explication du malheur de l’humanité. Par ailleurs, la répétition faisant plus surement l’opinion que la science, le discours ambiant sur la violence conjugale étant là pour nous le rappeler, la solution unique et répétée délivrée par la moulinette à toutes les questions, même les plus incongrues, assure la rythmique indispensable à la bonne mémorisation des comptines auprès du plus large public.

Si la moulinette à réel produisait infailliblement ’juif’ pour le nazi, ’lutte des classes’ pour le marxiste, ’main invisible’ pour le libéral et ’complexe d’œdipe’ pour le freudien, entre les mains de la féministe radicale, tous les rapports hommes/femmes, comme tous les rapports sociaux d’ailleurs, se résument, désormais, à la formule magique de ’dictature du patriarcat’. Ainsi, grâce aux matriarches de Sysiphe.org, de SOS femmes et des ’Chiennes de garde’, grâce aux doublement sexy pour l’État de ’Ni putes, ni soumises’ puisque doublement victimes, victimes des banlieues, victimes du machisme, toute l’histoire se décrypte désormais à l’aune de la domination patriarcale. La prostitution choisie ? Domination patriarcale3 : les prostituées, des victimes, n’ayant pas compris tout l’intérêt de percevoir, tel un smicard dominant de chez Renault, en un mois ce qu’elles gagnaient auparavant en quelques heures d’exploitation sexuelle. L’excision ? La moulinette est, ici aussi, formelle : ’domination masculine’. Les exciseuses, car il s’agit toujours de femmes4, ne sont que les bras aliénés du patriarcat5. Les insultes entre époux alors ? ’Domination masculine’ encore et toujours, car il est de notoriété publique qu’une épouse n’insulte jamais ... Idem pour la burqa ... Là, surprise... Contre toute attente, la moulinette reste muette, ou plutôt, horreur, les victimes refusent de comprendre. Re coup de moulinette alors ... Pas de chance, ça s’agite encore sous les burqas au désir librement consenti d’aliénation ... Mais comme l’amour a ses raisons que la raison n’a pas, la loi, on la votera quand même. Une bonne loi anti hommes6, par amour pour toutes ces femmes, pour toutes ces prostituées de chair ou d’esprit, que l’aliénation patriarcale a empêché de s’aimer ... Ainsi enfin, car c’est là l’origine du problème, de l’imprégnation religieuse de nos sociétés avec ce machiste de Christ : un Homme fait dieu, tout juste bon à marcher sur l’eau pour exhiber la supériorité de son phallus7 ... Alors oui, inutile de parler de la pénalisation des relations sexuelles entre époux. Naguère et encore élevé au rang d’obligation sacrée, le devoir conjugal est, grâce à la moulinette, désormais devenu légalement suspect d’être requalifié, sur simple déclaration sur l’honneur à effectuer dans un délai de dix ans par la grâce d’un tout nouvel article du code pénal, en viol conjugal aggravé8.

LE DOUBLE STANDART

Ce climat idéologique, dans lequel le radicalisme féministe a désormais gagné la bataille des chiffres et de la compassion, où l’homme, avec sa tête de crapaud, peut représenter 90 % des SDF décédant à l’âge moyen de 48 ans9 sans susciter l’émotion, ne peut que favoriser l’émergence d’un cadre législatif et judiciaire à deux vitesses. Un cadre légal où, si tous les conjoints sont égaux devant la loi, en pratique, les épouses semblent, désormais, plus égales que les hommes. Un double standard entrainant l’aggravation continue des mesures prises à l’encontre des hommes tandis qu’en parallèle, la société multiplie les causes d’exonération et de compassion pour les femmes.

La maltraitance législative et judiciaire ...

L’arsenal répressif mis en place depuis une quinzaine d’années10, est représentatif de ce double standard. Un arsenal ayant pour point d’orgue, l’instauration à demeure d’une véritable ’police de la pensée’ avec par la pénalisation récente des violences psychologiques entre adultes. Si officiellement les insultes entre conjoints sont visées, en réalité et à l’instar de toute la production législative sur le sujet, l’analyse des travaux parlementaires montre que, sous un habillage constitutionnellement correct, seules les insultes masculines sont réprimées, les conjointes ayant pour seul rôle d’assurer les dénonciations11.

Du coté des tribunaux, le double standard fait aussi ses ravages. Justice pénale et familiale ne cessant de s’influencer mutuellement pour favoriser le couple moderne à interactions évanescentes. Un couple où, malgré la fiction juridique de l’autorité parentale conjointe, le père divorcé voit son rôle se résumer à faire le Spoutnik et la planche à billets autour de ses enfants et de ses émotions paternelles.

La plaisanterie courre chez les avocats : en matière de violence conjugale, combien faut-il de soupçons à un policier où à un juge pour faire une preuve ? Réponse : aucun, les allégations suffisent, les dénégations du prévenu confirmant sa culpabilité. Dès lors, pas étonnant dans ces affaires de l’intime où la preuve se résume à des accusations, où, à l’inverse du droit coranique, la parole d’une femme compte désormais le double de celle d’un homme, que les instructions et les décisions judiciaires n’aient pas attendu le feu vert des comités d’éthique pour appliquer la discrimination positive. Ainsi de l’explosion des gardes à vue largement alimentées par la violence conjugale : un père de famille menotté devant ses enfants et vite expédié en comparution immédiate, c’est une affaire résolue à peu de frais, donc une aubaine pour les objectifs chiffrés du commissariat12 et de l’avancement en perspective. Tant pis pour les dégâts collatéraux.

Sous l’effet de la perpétuation de schémas inadaptés à la nouvelle donne de la famille nucléaire par l’attribution quasi systématique de la garde des enfants à l’épouse, le rôle du père séparé se voit réduit à la portion congrue par la justice civile. Une portion congrue qui ne peut que favoriser les causes de violence lors d’une séparation. Un père qui divorce ne perd pas seulement son foyer mais voit, en effet, sa relation émotionnelle et intellectuelle à l’enfant désormais conditionnées à sa capacité à entretenir une relation de bonne qualité avec son ex épouse. Une ex conjointe susceptible de faire fonctionner, à tout instant et entre autres, l’arme de destruction massive du déménagement lointain pour convenances personnelles.

Mais comme tout est dans tout, qu’il n’y a pas de fumée sans feu ..., les féministes radicales viennent de trouver les synergies parfaites entre justice pénale et justice civile pour faire rendre gorge à certains hommes des derniers résidus de leur paternité. En attendant l’estampille ’Vu à la télé’, c’est déjà dit dans l’Express : ’Un mari violent n’est jamais un bon père’. Bien que cela reste à démontrer, quid des épouses violentes ? Sont-elles toujours de bonnes mères ? Oui, sans nul doute, car, comme nous l’avons largement montré, en France, il n’existe pas d’épouse violente.

L’union des contraires étant source de relation équilibrée, à la maltraitance judiciaire subie par les hommes répond la forme opposée de bien traitance pénale pour les femmes.

La dépénalisation croissante des violences féminines ...

Sans parler de ’l’excuse pénale de féminité13 déjà abordée dans les articles précédents, aboutissant aux États-Unis à des peines de 10 ans inférieures pour les femmes pour des crimes similaires aux hommes, il existe toute une catégorie d’infractions plus spécifiquement féminines. Des délits, touchant souvent les plus vulnérables, que le climat ambiant de négation de la violence féminine permet d’occulter. Une situation dont un jour, trop tard, il faudra rendre des comptes.

Des violences à enfant sous estimées ...

L’Observatoire National de l’Enfance en Danger (ONED), à l’instar de nombreuses études internationales et comme constaté par la ministre norvégienne de l’égalité des genres, rappelle la nette sur représentation, probablement favorisée par la promiscuité certes, des femmes dans les actes de maltraitance aux enfants. Le rapport d’activité 2008 de l’ONED attribue, en effet, 53,9 %, des maltraitances aux femmes (mère + belle mère) contre 45,4 % aux hommes (pères + beau pères)14. Que penser aussi, chiffre probablement très inférieur à la réalité, des 50 agréments de nourrice retirés en 2007, pour le seul département du Rhône ? Sans évoquer les violences psychologiques exercées sur le disque tendre d’un enfant à qui il faudra souvent plusieurs vies pour se réparer et telles que romancées dans ’Vipère au Poing’, ces violences sont d’autant plus graves qu’elles contribuent largement aux comportements agressifs de l’adulte tant dénoncés par les féministes et les pouvoirs publics. Par ailleurs, la non reconnaissance de la violence féminine de couple, occulte dramatiquement toute la partie des traumatismes graves (assimilés aujourd’hui par les anglo-saxons aux violences sexuelles) subis par les enfants lorsqu’ils sont témoins de scènes de violence conjugale.

Mais tabou au cœur du tabou, la pédophilie féminine connait aujourd’hui la même situation d’omerta et de déni que celle qui prévalait dans l’église naguère. De son expérience de directrice d’un centre d’accueil parisien d’aide aux victimes, Martine NISSE a pu constater que les femmes initient, cautionnent et/ou participent dans 50 % des cas, aux nombreux actes de pédophilie dont elle a eu connaissance15. Et si par extraordinaire les filtres sociaux de l’excuse de féminité ne fonctionnaient pas, la femme pourra toujours invoquer devant le juge la très efficace ’excuse de dominance’ : ’vous comprenez, Votre Honneur, j’avais peur, si peur de mon mari ...’.

En cas d’échec improbable de ces deux puissants filtres, la société nous permet d’assister, dans cette nature sexiste qui a condamné la femme à la procréation subie, à l’émergence d’une nouvelle forme de circonstance atténuante, ’l’excuse de déni de grossesse’ ou ’excuse d’aliénation à l’ordre naturel’. Ainsi, sans parler des cas d’acquittement, de cette mère coupable de 6 infanticides et dont la peine s’est limitée à 15 ans de réclusion criminelle sans période de sureté ... Une sanction apparemment lourde mais, en tout cas, insignifiante au regard de ce qui aurait été infligé à un homme coupable de six assassinats d’enfants. Une clémence symptomatique du ’double standard’ culturel et judiciaire qui prospère à tous les niveau de la chaine de la violence.

Double standard. On ne peut, en effet, multiplier et alourdir les sanctions en direction des hommes pour cause d’incapacité à maitriser leurs pulsions agressives et sexuelles et, dans le même temps, à l’heure du contrôle des naissances libre et gratuit, minorer, dépénaliser les pulsions de maternité non assumées. Des pulsions d’autant plus graves chez les mères célibataires, dont on sait maintenant, qu’elles connaissent les taux de violence vis à vis des enfants les plus élevés16.

Une dépénalisation élargie à l’ensemble des violences ...

Double standard encore en matière de violences sexuelles. Là encore et sous l’impulsion de la pensée dominante, la salutaire meilleure prise en compte des violences sexuelles à l’égard des femmes a balayé une autre forme de violence très grave : la fausse dénonciation. Déjà légalisée dans le couple marié par la pénalisation du viol entre époux, la fausse dénonciation de vengeance, de justification de perte de virginité dans les banlieues, de mythomanie, ou de simple désir pathologique de domination, est un phénomène massif. Estimé à 10 % des plaintes en France (41 % aux États-Unis), ce chiffre, déjà considérable, est probablement très sous estimé. En effet, policiers et juges ont tendance à n’acquitter que sur des preuves indiscutables rendant matériellement impossibles le viol, le doute bénéficiant rarement à l’accusé. Où sont les procès ? Bien rares et en tout cas, pour cet acte de délinquance d’autant plus odieux qu’il est commis à froid et brise tout aussi surement la vie d’un homme et de sa famille qu’un viol avéré, les poursuites exceptionnellement engagées, n’aboutissent qu’à des peines symboliques17.

Si l’objet de cette série d’articles avait été de dresser le livre noir de la violence féminine tout comme les radicales ne cessent, avec la complicité du politique et des médias, d’alimenter celui de la violence masculine, il aurait aussi fallu évoquer, d’autres délits tels que la non représentation d’enfant ou les fausses accusations de pédophilie. Mais au delà de ces délits trop ’mineurs’ pour intéresser police et justice, il serait souhaitable d’évoquer une forme spécifique de délinquance qui explique, en partie, la sous représentation des femmes dans les prisons : le délit par procuration. Que penser, en effet, de toutes ces épouses ou petites amies qui profitent, en toute connaissance ou ignorance coupable, du fruit de la délinquance de leur conjoint et qui, excuse de féminité et de maternité oblige, ne sont que rarement sanctionnées ?

Mais comme le but de cette série d’article n’est pas, à la différence des féministes radicales, de proposer l’assimilation forcée pour les plus dociles ou l’apartheid pour les récalcitrants, nous terminerons par un hommage. Un hommage au féminisme tout court et non pas à cet ordre moral de contrefaçon en passe de réussir, sous le prétexte consensuel de la libération de la femme, la reprise en main des âmes et des culottes perdu en 1968 qui, parce qu’elles ne savent pas mentir, est le but ultime de tout pouvoir. Ordre moral de contrôle des culottes ou plutôt, modernité exige, ordre moral de contrôle des seuls pénis. De ces pénis, de ces érections que nos ancêtres, des arriérés, avaient la faiblesse de penser sublimes, solaires et subtiles et, que l’on sait maintenant tout justes bonnes, sauf cas d’autorisation expresse, circonstanciée et suspensive, à pourfendre, déchirer, envahir par contrainte, malice ou surprise, l’intime le plus vulnérable de la femme. Oui des seuls pénis, depuis que le féminisme radical et l’occident laïque ont, de concert, réussi à faire transférer discrètement tous les espoirs légitimes de sacré et de transcendance au cœur de ce temple de l’Amour, du Parfait et du Bien que constitue, désormais, le seul sexe féminin.

Un hommage. Un hommage, car à la différence des hommes, tout à leur somnolence satisfaite de princes consorts, le travail acharné du féminisme a permis aux femmes de réinventer un pacte identitaire compatible avec les mutations rapides de la société. Un pacte qui, comme dans toute prise de conscience, nécessitait préalablement la reconnaissance de leur souffrance notamment dans le domaine de la vie conjugale et par extrapolation, de leur souffrance sociale. Les féministes ont ainsi contribué à mettre à jour une réalité autrefois considérée comme relevant de l’intime et du non dit : le couple, la famille, est aussi un lieu de dangers puisqu’on y dénombre la moitié des violences que peuvent subir les individus au cours de leur vie. Une prise de conscience qui a contribué, dans les pays occidentaux, au reflux des violences conjugales, en tout cas pour les femmes.

Réinventer le pacte identitaire, c’est salutaire. Le redéfinir systématiquement contre un groupe d’individus, en l’espèce le genre masculin dont les souffrances sociales et existentielles sont tout aussi réelles, relève, par contre, d’une pensée magique, véritable insulte à la modernité que l’on prétend représenter. Si le bouc émissaire permet d’assurer la catharsis nécessaire à la cohésion d’un groupe en recherche d’identité, cette solution archaïque ne peut que favoriser une ’fracture des genres’ où les femmes se demandent ’où sont les hommes ?’ tandis que les hommes, sidérés par le risque social et juridique toujours plus prégnant, perdront de plus en plus leur temps à regarder ailleurs. Une fracture dont il serait temps de sortir pour construire, ensemble, une nouvelle forme de relation à la différence et à la citoyenneté.

 

Olivier MALVOLTI

 

1However, the ideology of legal feminism ... The new agenda is to redistribute power from the ‘dominant class’ (men) to the ’subordinate class’ (women), and such key concepts of Western jurisprudence as judicial neutrality and individual rights are declared to be patriarchal fictions designed to protect male privilege’. Erin PIZZEY, ’My vieuw on domestic violence’, 2008.

2 / Julia KRISTEVA, ’Les nouvelles maladies de l’âme’, Fayard, 1993, p. 319

3 D’après Annie Ferrand, les féministes libertaires défendant la prostitution choisie ’nient ... l’aliénation à l’identité de « femelle » de la domination patriarcale’ In Sisyphe.org ’le discours pro prostitution : une réthorique de dominant’.

6Cf projets récurrents de loi concernant la pénalisation des seuls clients de prostituées. Cf aussi projet de loi sur la burqa, ou la peine encourue la plus grave, ne concerne que les hommes obligeant ou incitant leur femme à la porter. Dans les deux cas, les femmes sont envisagées essentiellement comme victimes, leur ’libre arbitre’ étant considéré comme altéré.

7Lille.alternataire ’Contre le patriarcat sous toutes ses formes’, préc.

8Marcella IACUB montre que notamment, dans le climat de ’panique sexuelle’ que connait l’occident où le siège de l’âme aurait migré à l’intérieur du sexe, que les infractions sexuelles, désormais plus réprimées que les atteintes à la vie, n’ont plus de définition légale sérieuse. On laisse ainsi la porte ouverte à toutes les répressions et à tous les arbitraires idéologiques (Video 2). Ainsi, sans parler de l’élargissement du viol à la pénétration d’un doigt ou d’un objet quelconque dans la bouche, de l’introduction récente de la ’contrainte psychique’ pour qualifier le viol : la ’sidération amoureuse’ d’une jeune femme étant aujourd’hui susceptible de constituer un viol aggravé passible de 20 ans de réclusion ce qui oblige désormais tout homme à distinguer, en professionnel pointu de la psychologie et du droit, l’état amoureux ’consentant’ et l’état amoureux ’dépendant’. Voir notamment Marcella IACUB, ’La confusion du consentement’, Libération, 2004.

Par ailleurs, le viol conjugal, dont les dénonciations ont été multipliées par 2,5 entre 2002 et 2006, représentaient en 2006 environ 25 % des plaintes pour viol effectuées aux services de gendarmerie. In INHESJ, ’Eléments de mesure de violences entre conjoints’, 2007, p. 5.

9390 décès recensés notamment en 2007 par le collectif ’Les morts de la rue

10Dès 1994, création d’une circonstance aggravante en matière de violence conjugale. Loi n°2004-439 du 26 mai 2004 art. 221-1 du code civil : Éloignement du conjoint violent, loi n°2006-399 du 4 avril 2006 art. 11 : viol entre époux, loi n°2006-399 du 4 avril 2006, art. 7, extension de la notion de la violence conjugale aux pacsés. Ass. Nat. texte n° 428 du 25 fév. 2010 Proposition de loi renforçant ... la répression des violences faites aux femmes’. art. 3 bis. : pénalisation des violences psychologiques au sein du couple et mise en place de système de radio protection ...

11Ass. Nat. Texte n° 428 du 25 fév. 2010, art. 3 bis préc.

12In Ligue des droits de l’Homme Toulon, ’Explosion du nombre des gardes à vue’, § 2.

13Voir article 2, note 21.

14ONED, ’Rapport d’activité 2008’, tableau p. 47.

Voir aussi Radar.org, ’Norwegian Minister of Children ..., 2007.

National Clearinghouse on Child Abuse  : ’According to the U.S. Dept. of Health and Human Services, ... It is estimated that over 80 percent of all perpetrators (des violences à enfant) were under age 40 and that almost two-thirds (62%) were females’.

15Pédophilie, les femmes aussi’, L’Express, 2002.

Voir aussi, Erin PIZZEY, ’My vieuw on domestic violence’, 2008, préc. Art. 2 note 13 ’ ... I discovered that there were just as many women paedophiles as there were men’.

16’For example, the US Administration for Children and Families (Gaudioisi, 2006) reports that in 2005, ... When acting alone, mothers are twice as likely to abuse their children as are fathers. (seules, les mères sont deux fois plus susceptibles d’exercer des maltraitances sur les enfants ...). In Donald G. DUTTON, Tonia L. NICOLLS, ’The gender paradigm in domestic violence .... part II’ University of British Colombia, 2008, p. 34 col. 2. Voir aussi Us Dept. of Health ..., ’Child Maltreatment’ 2007, chap III, sous ’perpetratror relashionship’.

17Voir cette affaire, mais les cas sont multiples et peu médiatisés, de ces ’six jeunes de banlieue’, acquittés en appel en avril 2009 après plusieurs années de prison sur les accusations mensongères d’une jeune femme qui avait déjà été responsable de la mise en détention préventive d’un enseignant pendant deux ans. L’acquittement n’a pu être obtenu que contre la preuve matérielle et irréfutable du caractère mensonger de l’accusation. A défaut, ces jeunes seraient probablement toujours, et pour longtemps, derrière les barreaux. A notre connaissance, l’accusatrice n’a jamais été inquiétée par le parquet qui, fidèle à sa coutume, n’a pas jugé utile de se saisir de ces deux dénonciations mensongères très graves.

par rodier_a (son site) samedi 12 juin 2010 - 64 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Lucien Denfer (xxx.xxx.xxx.119) 12 juin 2010 15:33
    Lucien Denfer

    Non content d’admettre que votre intervention n’a d’autres buts que le mépris pur et simple de l’auteur et non la réfutation argumentée de ses propos, vous vous posez en analyste et décrétez qu’Agoravox se meurt puisque cet outil ne répond pas à vos frustrations et à vos dévoiements. Permettez cher corbeau, avec tout le mépris que l’on vous doit, mais on s’en titille l’iris avec un pédoncule de gastéropode de ce que vous pensez. Mais si vous préférez la formule chère à notre président, kastoipovcon...

  • Par rodier_a (xxx.xxx.xxx.183) 12 juin 2010 15:16
    rodier_a

    ’agora se meurt de 3 choses : le machisme de zozos frustrés qui pleurent sur leur virilité inexistante mais neanmoins perdue , le nazisionisme et le nazislamisme et enfin le soucoupisme !
    Sorti de ces 3 nevroses agora n existe meme plus.’

    Il ne tient qu’a vous de nous apporter vos lumières sur les sujets qui vous passionnent et sur lesquels vous ferez un effort d’enquête, d’analyse et de synthèse. Agora a besoin de vos articles. D’articles suffisamment puissant, documentés et forts pour combattre la clique de frustrés narcissiques que je symbolise à vos yeux.
    Voilà qui serait salutaire et qui participerait à la diversité de ce site. Toutefois, je remarque que depuis votre inscription, vous vous êtes contentés de poster 148 commentaires, ce qui a dû vous permettre de faire 148 fois ’croa croa’.
    Donc merci pour vos prochain articles pour défendre la condition féminine, je les lirai avec attention.

  • Par rodier_a (xxx.xxx.xxx.183) 12 juin 2010 15:43
    rodier_a

    ’Ce qui tue AV, c’est aussi cette inflation d’articles, de discours inutiles’.

    Moi j’aurai tendance à penser qu’Agoravox souffre de tous ces talents perdus, souffre de l’absence de votre talent de rédacteur. J’attends comme pour votre compère, des articles de votre part, sur les sujets qui vous intéressent, je les lirai avec plaisir. Mais n’ayant pu avoir aucune lumière de votre part je me suis permis d’écrire les articles que j’ai eu envie d’écrire. Faites de meme : publiez les articles que vous, vous avez envie d’écrire.

  • Par rodier_a (xxx.xxx.xxx.167) 12 juin 2010 17:19
    rodier_a

    à Nicolas

    Comme par hasard, vos articles ont disparus ... Je vous rappelle que c’est impossible de faire disparaitre des articles d’Agoravox. Par ailleurs, je vous informe, au cas ou vous ne seriez pas au courant, que tout l’internet est archivé, sur site google ce qui signifie que vos article, quand bien meme ils auraient été supprimés, sont consultables sur ce site (google archives) donc merci de me donner votre ancien pseudo pour je que puisse les lire et aussi de vérifier s’il s’agit bien de vos articles.
    A défaut, j’en concluerai, que ces articles n’ont jamais existés et que donc vous ne reculez devant aucun mensonge pour tenter de vous donner l’illusion d’une importance et pertinence quelconque.

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