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La violence, l’INED et la théorie du genre

Le 22 novembre dernier s’est tenu le colloque de l’INED (Institut National d’Etudes Démographiques) intitulé : « Connaissances statistiques sur les violences de genre : sources, approches théoriques et perspectives ». Ce colloque s’inscrit dans les différentes manifestations liées à la proximité de la journée des violences faites aux femmes. Cet article retient deux interventions majeures : la présentation des statistiques des appels au 3919 et l’enquête VIRAGE 2014 qui a pour nouveauté (enfin se propose d’avoir) la volonté d’inclure les hommes dans son champ d’investigation.

Un second colloque s’est tenu le 25 et 26 novembre et était intitulé « violences conjugales : pourquoi tant de résistances à en parler ». Mme Sylvianne Spitzer, présidente fondatrice de l’association SOS Hommes Battus était présente et relate l’expérience sur son site : violences conjugales, comment oublier une partie des victimes. L’association SOS Hommes Battus a tenu son colloque le 22 octobre dernier.

Les résultats du 39 19 Violences Conjugales Info :

A 9h45, Pascale Carayon (Observatoire de la Fédération Nationale Solidarité femmes) analyse les appels au 3919/violences conjugales info.

Depuis le 8 Mars 1986, date de la création du N° vert qui est gratuit car subventionné, le nombre d’appels par an a été multiplié par cent. Pour donner un ordre d’idée, nous sommes passés de 500 en 1986 à 50 396 en 2010

Depuis cette date de création, cinq pics de sollicitation ressortent :

Mai 1989 : débats publics très médiatisés (Brisons le silence) et loi aggravant les peines et allongeant les délais de prescriptions pour les Auteurs.

Septembre 1993 : « La Marche du Siècle » avec « 3919 » bien visible

Mai/ Juin 1995 : « Bas les Masques »

Octobre 2000 : « Envoyé Spécial » Le viol

Octobre / Novembre 2002 : « Vie Privée/ Vie Publique » (Mireille Dumas)

Toujours aux heures de grande écoute, dans des émissions à la mode, avec N° vert très visible, reprise assurée dans d’autres médias … et aux périodes qui sont des pics saisonniers (automne, printemps). A chaque fois, les appels doublent voire quadruplent.

Analyse des appels :

En 2010, 50 396 appels ont été traités soit 50,2% de plus qu’en 2009.

La majorité des appels à contenu, soit 19 707 appels, concernait les violences conjugales

● 1 873 appels concernaient d’autres violences (viols, mariages forcés, harcèlement au travail, etc.)

● 2 255 appels étaient relatifs à des informations/renseignements.

Les appels au 3919 pour violences conjugales concernent dans leur grande majorité des situations où une femme est victime d’un homme auteur (95% des situations). Seul 2,1% des appels concernent des situations « homme-victime/femme-auteure ».

Les campagnes médiatiques participent incontestablement à une meilleure connaissance du numéro d’écoute par les femmes. En 2010, le nombre d’appels par jour pour violences conjugales a été deux fois plus important en période de campagne médiatique.

Ces chiffres appellent quelques remarques :

1) Plusieurs questions viennent : Quel est la fiabilité des chiffres ? Comment comptabilise-t-on ces appels, anonymes ? Qui vérifie, certifie les comptes ?

Dans un article intitulé « Violences conjugales : l’hallucinantes explosion des chiffres », hommelibre fait une critique du sondage réalisé par l’Ifop et demandé par parole de femmes. Il montre clairement le biais obtenu lorsque la méthode se base uniquement sur la parole et le « ouï-dire » sans structure d’analyse de donnée comme le propose Murray A. Strauss au travers de ses « Conflict Tactics Scales ».

2) Les 61% de "déchets du 3919 VCI. En 2010 sur 50 396 appels, 19 707 concernant la violence conjugale soit 39% d'appels concernant la Violence Conjugale donc 61% des appels sont hors sujets. Les autres sujets des appels n’ont pas été communiqués…

3) Prévalence des victimes : 95% de femmes et 2,1% d’hommes

4) Sur les 1 873 appels ne concernant pas les violences conjugales, il y a un grave amalgame puisque ne sont pas comptabilisé de manière différente les viols, les mariages forcés, le harcèlement au travail, etc.

Dans ce nombre, les blagues sexistes (la notion de blague sexiste n’est pas définie) représentent 45% des harcèlements au travail, les attouchements corporels : 3% et les attouchements sexuels 1% (enquête dans le 93 en 2009 par Christelle Hamel).

5) Le faible nombre d’hommes appelant n’est pas lié à un faible taux de victimisation mais à la propagande autour de ce service subventionné par l’état ce qui au passage montre la doctrine sexiste et misandre de l’état français qui est présenté uniquement comme destiné aux femmes.

Pour l’année 2010, l’ONDRP donne les chiffres suivants sur la tranche 18/75 ans pour les violences physiques et sexuelles intra ménage :

Taux de victimisation Hommes : 1.3% ou 135 000 (0.6 % soit 60 000 par leur conjointe)

Femmes : 2.5 % ou 280 000 (1.2 % soit 130 000 par leur conjoint)

Nombres de dépôts de plaintes pour ces violences :

Hommes : 3.2 %

Femmes : 8.6 %

La conclusion sans appel de l’ONDRP : "Cette évolution récente peut, si elle se confirme lors de la prochaine enquête "cadre de vie et sécurité", modifier la perception qu'on pouvait avoir, au regard des résultats des enquêtes précédentes, de la fréquence des violences physiques ou sexuelles au sein du ménage subies par les hommes".

Source du passage.

Enquête Virage 2014 : un espoir ou un piège ?

A 14h, Catherine Cavalin du centre de l’étude de l’emploi (!) présente : « Interroger les hommes : les typologies de la violence conjugale dans les travaux de Michael Johnson et dans les enquêtes françaises » Lors de cette intervention, les études de référence publiées dans des journaux à comité de lecture de Suzanne Steinmetz, Murray Straus, Gelles ne sont pas abordées.

Maryse Jaspard « Responsable « scientifique » de l’Enveff ») intervient et affirme qu’il n’y a pas de symétrie des violences femmes/hommes, ni en gravité, ni en prévalence se basant sur la thèse à argument circulaire ou axiome suivante :

« La femme, est forcément victime de l’homme, puisque prisonnière d’une société dominée par les hommes (différences de salaires, double journée, plafond de verre …) »

L’intervenante propose d’enquêter sur 20 000 femmes et 20 000 hommes. Sur ce point, Mme Jaspard objecte qu’il n’y aura pas assez d’argent ce qui aura pour conséquence de réduire la portion des hommes interrogés puisque selon les « statistiques » du 39 19 VCI, la prévalence des hommes victimes est faible (voir mes remarques plus haut à ce sujet).

Deux questionnaires seront préparés et basés suivant le sexe de l’intérogé-e s’appuyant sur la typologie de Johnson.

Conclusion :

Il est très curieux de voir évoluer la dénomination « violences faites aux femmes » évoluée en « violence de genre », ceci est basé sur la théorie du même nom qui affirme que tout est une construction sociale et que dans un avenir proche, nous serons de genre indifférencié, tout en assistant à la mise en place de deux questionnaires séparés contredisant (puisque basé sur le sexe de l’intérogé-e) l’a sexualisation liée à la théorie du genre.

L’analyse critique de l’enquête ENVEFF pose un certain nombre de question quant à son impartialité (fondement de toute science analytique) lorsque Jaspard axiomatise « la femme est victime » mais aussi sur la réduction du nombre d’hommes interrogés : les statistiques du 39 19 VCI sont tout simplement pas fiable et non exploitable en l’état. Fonder une étude partant des données recueillit par ce service publique adressé aux femmes est intellectuellement malhonnête. Il est grand temps de mener une désexualisation des politiques de prévention en terme de violence conjugale comme le demande le GES dans sa plate forme de proposition.

Par ailleurs, Il existe à côté de la vieille garde féministe, une jeune équipe beaucoup plus ouverte, mieux formée et avide de nouveauté qui peuvent réellement apporter une expérience et de l’objectivité à l’ENVEFF qui deviendrait à ce moment là ENVIIG (Enquête Nationale sur les Violence Inter et Intra Genres).

Des associations comme « Sos hommes battus » ou « Sos Papas » ou le GES pour Groupe d’Etudes sur leS Sexismes peuvent demander à apporter leur expérience à VIRAGE voire à exiger d’être entendues. Des psychologues assistés de personnes compétentes en statistique pourraient créer un questionnaire pour mettre en lumière la spécificité des violences dont son victime les hommes (psychologique, physique, juridiques des divorces ... )

Il est aussi symptomatique de voir que les fausses accusations ou encore les allégations infondées ne sont toujours pas reconnu. La prévalence varie d’une région géographique à une autre mais l’est au minimum de 10% avec une moyenne toute région confondue sur l’occident de 20 %.

A ce titre, je salue l’initiative de John Goetelen : AIFA pour Allégation Infondées Fausses Accusations dont le but est d'étudier sur une période de trois ans (la durée d'une thèse de doctorat en France) l'ensemble des matériaux disponibles afin de quantifier ce phénomène puis d'éditer des recommandations. Ce document se limite à trois régions francophone : Québec, Suisse romande et France.

Un certain nombre de documents sont accessible via cet article.

Merci à Q. pour le retour d’information

 

Pour aller plus loin :

Cette partie recense des études accessibles à propos des violences intergenres. Il suffit de taper le titre dans la barre google pour obtenir le .pdf

Documents d’études sur les violences intergenres :

En Anglais (documents .pdf) :

RADAR – Fifty Domestic Violence Myths

RADAR / David N. Heleniak – Erring on the Side of Hidden Harm : The Granting of Domestic Violence Restraining Orders

Richard L. Davis – Domestic Violence Related Deaths

Donald Dutton – A Call to Revive Psychology and Science in Domestic Violence Research and Practice

Donald Dutton – The Gender Paradigm In Domestic Violence Research And Theory : Part I : The Conflict Of Theory And Data

Donald Dutton – The Gender Paradigm In Domestic Violence Research And Practice Part II : The Information Website Of The American Bar Association

David Fontes – Violent Touch : Breaking Through the Stereotype

Nicola Graham-Kevan – Distorting Intimate Violence Findings : Playing With Numbers

Renee McDonald – Estimating the Number of American Children Living in Partner-Violent Families

R.L. McNeely – A Few Counter-Intuitive Facts, Common Misconceptions And Ironies About Intimate Partner Violence Based On Social Science Research

Presentation to The State Bar of Wisconsin

R.L. McNeely – A Few Counter-Intuitive Facts, Common Misconceptions And Ironies About Intimate Partner Violence Based On Social Science Research

Handout Accompanying Presentation to The State Bar of Wisconsin

R.L. McNeely and J.B. Torres – Reflections on Racial Differences in Perceptions of Intimate Partner Violence, 2009, Social Justice in Context, Vol. 4(1) : 129-136.

R.L. McNeely and Philip W. Cook – Notes on Newspaper Accounts of Male Elder Abuse

2007, Journal of Elder Abuse and Neglect, Vol. 19, (1/2) : 99-108.

Murray Straus – Processes Explaining the Concealment and Distortion of Evidence on Gender Symmetry in Partner Violence

Murray Straus – Why the Overwhehning Evidence on Partner Physical Violence Has Not Been Perceived and Is Often Denied

Murray Straus – 32 Nation Study of Dating Violence Finds Female-Only Violence More Common than Male-Only

Murray Straus - Physical Assault by Wives - A major social problem

Murray Straus - Women's Violence Toward Men Is a Serious Social Problem

Murray Straus - The Revised Conflict Tactics Scales (CTS 2)

Murray Straus - A Short Form of the Revised Conflict Tactics Scales, and Typologies for Severity and Mutuality

Moraes - Comparison between the abuse assessment screen and the revised conflict tactics scales for measuring physical violence during pregnancy

John Archer - Sex Differences in Aggression Between Heterosexual Partners : A Meta-Analytic Review

Lesbian, Gay, Transgender and Bisexual Domestic Violence Report 2003/2004 – New York

En Français (.pdf) :

CERCLE DE RECHERCHE SUR LES DROITS ET LES DEVOIRS DE LA PERSONNE HUMAINE, Organisation dotée du statut consultatif spécial des Nations Unies. ETUDE SUR LES VIOLENCES FAITES AUX HOMMES PAR LES FEMMES AU CAMEROUN

Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales (ONDRP). Résultats sur les périodes 2007-2009, 2008-2010 et 2011

par Nash jeudi 8 décembre 2011 - 9 réactions
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  • Par Daniel Roux (xxx.xxx.xxx.223) 8 décembre 2011 12:08
    Daniel Roux

    Plusieurs sujets sont abordés dans l’article et tous sont difficiles à traiter sans tomber dans le déni, le sexisme ou la caricature.

    Il faut savoir faire la différence entre les faits de violence multiformes qui sont une réalité qui empoisonne la vie de nombreux citoyens et la récupération politique (et particulière) qui en est faite.

    Il serait vain de nier la réalité. Les agressions existent et sont traumatisantes. Des réponses doivent être apportées par l’Etat. Les victimes devraient pouvoir trouver tous les secours et recours dont elles ont besoin.Les citoyens attendent que la police et la justice fassent leur travail, que les délinquants soient justement sanctionnés.

    Les campagnes contre les violences faites aux femmes dans le cadre familial participent à la prise de conscience générale et particulière. Peu importe que ce soit pour récupérer le vote féminin, si cela permet la baisse des agressions.

    La conséquence néfaste est que, dans ces campagnes contre la violence, le masculin est représenté comme une brute sans frein, ni morale. Il en est de même dans les campagnes contre la maltraitance des enfants et la pédophilie.

    L’article évoque les fausses accusations. Elles existent aussi et devraient être sévèrement punies car leurs conséquences sont terribles sociétalement et psychologiquement, pour ceux qui en sont victimes.

    La société considère t-elle que tous les maris, pères, voisins sont des criminels en puissance qui n’attendent que le moment propice pour agir ? Les promoteurs de ces campagnes devraient réfléchir sur les moyens qu’ils emploient dans leur juste combat.

    Cette vision prédatrice du masculin est exploitée par des avocats sans scrupules. Ils utilisent cet a priori inconscient pour faire de l’argent. Ces salopards sans scrupule se sont fait une spécialité d’obtenir des avantages indus en menaçant ou en avançant de fausses accusations, pour contraindre le mari à céder lors des procédure de divorce ou de séparation. Le piège est ignoble et redoutable et les moyens de s’en défendre, bien aléatoires.

    Une fois de plus en France, l’insécurité juridique est la règle. La responsabilité des juges est aussi écrasante que leur charge de travail due au manque criant de moyens. Tous les magistrats ne sont pas à la hauteur de l’une et de l’autre. Trop nombreux sont les juges qui, sacrifiant à la facilité, condamne à la va-vite sans utiliser leurs moyens d’investigation.

    Ni ange, ni démon, masculin ou féminin, l’humain est capable du pire comme du meilleur. Faisons attention aux a priori sexistes, aux jugements hâtifs et bâclés et au déni stérile. C’est la vie d’êtres humains qui est en jeu.

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