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Accueil du site > Actualités > Société > Lactalis : solution conjoncturelle à problème structurel

Lactalis : solution conjoncturelle à problème structurel

Comme on pouvait l’anticiper, un accord a été trouvé mardi entre Lactalis et les producteurs de lait. De 25,7 centimes le kilo, le groupe s’est engagé à payer 29 centimes en moyenne d’ici à la fin d’année. Mais si cela va justement soulager les éleveurs, cela ne règle rien dans la durée.

 
La barbarie du tout marchand
 
Cet accord est mieux que rien, c’est sûr. Mais comme avec toutes les crises agricoles, il s’agit d’un bricolage qui n’apporte qu’un petit répit temporaire, sans traiter les raisons pour lesquelles ces crises reviennent tout le temps. Ce qui se passe démontre toute la brutalité des marchés non régulés, où les rapports de force jouent à plein, jusqu’à pousser à la faillite et au suicide des personnes qui travaillent pourtant comme des damnés, sans parvenir à couvrir leurs frais. Ceci monte qu’entre des producteurs et des consommateurs atomisés, la position d’intermédiaire est la plus confortable, comme l’ont compris les sangsues de la nouvelle économie. Et l’absence de frontières ne permet pas aux citoyens de choisir démocratiquement leur modèle, agricole ou autre, puisque nous sommes affectés par les choix des autres.
Bien sûr, dans le grand roman des ultralibéraux, on ne peut pas faire autrement. Le monde est globalisé, les frontières ne seront plus fermées et il n’y a que la quête de compétitivité pour nous sauver, aussi illusoire soit-elle face à des pays où les salaires sont 10 à 30 fois plus bas. Pourtant, depuis trente ans, les modèles de développement que l’on nous a présenté sont le Japon, la Corée du Sud et la Chine. Certes, ils profitent de l’ouverture des autres. Mais on ne peut pas dire que leur formidable ascension économique a été ralentie par leur farouche protectionnisme agricole. En clair, il y a un autre modèle agricole, celui des débuts de la PAC, avec des quotas, des prix planchers, des frontières : ainsi, nous pourrions nous assurer que ceux qui nous nourrissent gagnent leur vie avec leur dur travail.
 
Malheureusement, depuis des années, nos politiques, de droite comme de gauche, ont tous démissionné face à la situation effarante du monde agricole, se contentant de commenter, parfois de manière choquante, la situation. Pourtant, l’Asie fait différemment, et les pays européens aussi, avant.
 

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13 réactions à cet article    


  • fred.foyn fred.foyn 3 septembre 09:54

    Comme tout ça est LAIT...


    • Plus robert que Redford 3 septembre 10:19

      Juste pour mémoire, le litre/kilo de lait est vendu 1,76€ à la supérette du coin !!!


      • CN46400 CN46400 3 septembre 18:02

        @Plus robert que Redford

        Et il est « demi-ecrémé » ce qui veut dire que le beurre est vendu à part...et en plus des 1,76€


      • hunter hunter 3 septembre 10:41

        Salut à tous ,

        Cette crise dans le milieu agricole (une de plus et pas la dernière...) illustre un truc simple : voilà ce qui se passe, quand on raisonne sur des bases d’infini dans un monde fini  !

        Croire qu’il y aura toujours des marchés, toujours de la CROASSANCE, toujours des ressources, donc qu’il faut toujours produire, produire plus........cette manière de raisonner atteint ses limites !

        Et pas seulement dans l’agriculture !
        Mais personne ne veut voir la finitude, personne ne veut l’admettre.....soit !

        Et les politicards le savent, les puissances de pognon aussi, mais faut surtout pas changer, surtout pas réfléchir, surtout pas essayer autre chose.......

        L’humanité est droguée au matérialisme, au consumérisme infinis, au pognon et au productivisme !

        La chute sera terrible, et elle a déjà commencé !

        Le processus de fin est inéluctable ! Ca sera saignant, mais bon......l’humanité n’est pas assez mure, il faut accepter la fin prochaine, et bonne chance aux survivants...s’il en reste !

        Adishatz

        H/


        • jmdest62 jmdest62 3 septembre 15:20

          @hunter

          Sur tous les fronts à ce que je vois .....

          juste pour info
          de rien !
          @+


        • cathy cathy 3 septembre 12:53

          Pourquoi ne pas aller aider les éleveurs (il y a plein de chômeurs) et agriculteurs pour ensuite se grouper en associations pour éviter les marchés ? Il en va de notre survie alimentaire. Nous allons finir comme le Venezuela. 


          • Croa Croa 3 septembre 15:17

            À cathy,
            Ceux qui font du fromage au lieu de vendre le lait s’en sortent bien. Ces gens sont souvent groupés en coopératives.


          • CN46400 CN46400 3 septembre 18:22

            @Croa
            Rassurez-vous, la surproduction, dans le fromage, çà existe aussi...


          • Croa Croa 3 septembre 15:22

            Bien sûr, la solution c’est le local. Il faut donc relocaliser l’économie et ce, pas seulement pour sauver la filière du lait. Problème : La FNSEA est pour la mondialisation !
            Ceci dit pendant ce temps les éleveurs suisses ne se plaignent pas. Il doit y avoir une raison !


            • CN46400 CN46400 3 septembre 18:29

              @Croa
              Et les italiens de la mosarella non plus, mais si tous le monde se lançait dans le lait de bufflonne, les tankers déborderaient aussi...


            • Sozenz 4 septembre 23:59

              @Croa
                ils ont tout fait pour délocaliser et les services afin que des monopoles puissent se faire ....
              il devient impossible pour beaucoup de passer autrement que par les grands groupes .
              on délocalise l ensemble , on vide les campagnes , comme cela hop ils font quoi les producteurs moyens en général ? ils vendent , et les gros restent , mais doivent passer par les grands groupes.

              il n y a que les petits qui peuvent résister , , s ils ne se sont pas endettés.

              mais un autre problème
              Mais alors comment vont manger ceux des villes ? s’ il n y a que les petits qui résistent et les moyens qui ne peuvent plus s en sortir et que les gros qui vont avoir le monopole , quel sera le prix de produits de bases ,et quel sera les moyens de se le procurer ?

              Donc oui ils faut tout relocaliser , pour que les petites villes et les campagnes puissent revivent, et que nous puissions tous Vivre correctement .

              La Mondialisation est le dernier pas pour les monopoles . elle n est pas la marche vers la concurrence des prix , mais l augmentation des prix , le contrôle des produits , et les effets spéculatifs sur les produits agricoles ( http://www.lexpress.fr/emploi/business-et-sens/matieres-premieres-agricoles-la-speculation-continue-malgre-les-belles-promesses_1654336.html&nbsp ; .)


            • Jean Pierre 3 septembre 15:37

              La pure logique néo-libérale, c’est le lait produit en Ukraine ou en Roumanie (par exemple) dans des exploitations énormes achetées à vil prix, et moyennant corruption des « élites » locales, par des spéculateurs à des milliers de petits paysans locaux ruinés, lait produit par des vaches quasiment clonées, dopées aux hormones laitières et qui mangent des maîs OGM complétés par des soja tout aussi OGM importés du Brésil sur des terres obtenues par la déforestation, terres les unes comme les autres gorgées de pesticides. Le tout avec du personnel payé 300€ par mois.

              Cela sera le résultat de la liberté en économie. L’absence de clauses sociales et environnementales dans les traités mondiaux de libre échange conduit mécaniquement à cette situation. C’est exactement ce contexte qui permet l’enrichissement vertigineux de la finance et des multi-nationales. 
              Est-ce vraiment ce monde là que nous voulons ? Est ce vraiment ce monde là que nous avons démocratiquement choisi ?

              • CN46400 CN46400 3 septembre 18:19

                L’auteur a raison de noter que l’Asie protège depuis longtemps ses cultures vivrières, sauf qu’il oublie de noter que désormais, les coûts de transports (qui ont se sont beaucoup perfectionnés) ont beaucoup baissés. Et que les techniques d’élevage (ferme à 1000 vaches), même sous protectionnisme strict, sont telles que si on reste dans le capitalisme sauvage, il faut envisager une nouvelle, et profonde, saignée dans la paysannerie française.

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