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Accueil du site > Actualités > Société > Le 4ème âge et la dépendance sur la sellette

Le 4ème âge et la dépendance sur la sellette

70% des français se disent dans l’attente de la mise en place d’un nouveau système d’assurance de la dépendance, prêt à mettre la main au porte monnaie s’il le fallait. Chirac l’avait promis, avant d’y renoncer pour des raisons budgétaires. Sarkozy avait repris la promesse à son compte avant d’y renoncer à son tour ; Le renoncement est visiblement un sport national que pratiquent les présidents français.

Cette fois, c’est sûr nous dit-on. C’est Michèle Delaunay, ministre délégué aux personnes âgées et à l’autonomie qui l’annonce. La réforme serait sur les rails…Il a fallu pas moins de trois rapports mis en chantier par le gouvernement sur la dépendance et la perte d’autonomie pour avancer. Ils sont sur le point d’être remis officiellement au 1er Ministre. La ministre en tire satisfaction pour prendre l’engagement que "La loi sera prête fin 2013, et nous utiliserons ces rapports pour bâtir notre réforme".

Espérons que cette annonce sera cette fois la bonne, car le sujet est brûlant et urgent. Les données sont connues depuis un bon moment, ce sont les solutions qui posent problème dans un contexte de rigueur générale. Mais les français sont déjà confrontés directement au problème ou sur le point de l’être. Les retraites actuelles, et ne parlons pas des futures visiblement menacées, ne suffissent pas pour faire face aux dépenses liées à la perte d’autonomie. Certaines aides existent déjà pour le maintien à domicile où la participation au frais des maisons d’accueil. On estime de 350 à 500 euros par mois la différence que doivent assumer les familles (selon la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques - Drees)..Certaines le font en se privant sur leur propres revenus (les enfants uniques sont lourdement pénalisés au regard des familles nombreuses), d’autres vendent le patrimoine de leurs parents.

On ne peut pas dire que rien n’est fait, mais ce n’est visiblement pas assez. Aujourd’hui l’ensemble de ces dépenses représentent 24 milliards à la charge de l’état (dont 15 milliards pour la Sécurité Sociale), 5,3 milliards pour les collectivités locales, 10 milliards pour les particuliers. En projection on estime que les besoins à venir sont de 10 milliards d’euros en plus par an.

Dans la population 4,3 millions de personnes sont concernés directement et confrontés à l’aide vis-à-vis d’un parent devenu dépendant. Les statistiques indiquent qu’ils consacrent 6 heures en moyenne par jour à cette tâche. Et… la même étude indique que 40 % d’entre eux se déclarent dépressifs. Une étude de la Haute Autorité de santé nous dit que 60% d’entre eux décèdent dans les 3 années qui suivent le début de la prise en charge de leur parent.

Le coût moyen du placement dans une maison de retraite est de 1 857 euros (c’est une moyenne qui ne reflète pas tout à fait la diversité des cas) – étude KPMG. C’est deux fois plus que la pension moyenne d’une femme… cela donne une idée de l’urgence à traiter la situation.

Quelles sont les pistes à ce jour ? On ne peut se référer qu’aux déclarations de la ministre. Celle-ci a promis que le gouvernement prendrait les mesures afin d’encadrer les loyers actuels des maisons de retraites. Comment, on n’en sait rien.

De son côté Malakoff Médéric pointe le fait que 18 % des salaries de plus de 40 ans sont dans la situation de porter un parent dépendant. La ministre a là une piste de travail sur les aménagements de travail que l’on pourrait organiser pour les aider à faire face. De Quelles ordres seront les propositions, là aussi mystère.

L’urgence presse, aujourd’hui on a un peu moins de 1 millions de personnes dépendantes, ce chiffre va doubler dans les 30 ans.

Les pistes : 1 point de CSG supplémentaire cela rapporte 10 milliards d’euros, en même temps cette idée est déjà préemptée pour d’autres besoins. Une nouvelle cotisation sur les salaires, avec le débat sur la compétitivité cela ne va pas être facile à faire passer. Du côté des successions on peut envisager un prélèvement spécifique.

La ministre a fait valoir pour positiver ce dossier que la dépendance était aussi un chantier économique en devenir. La foule des futurs retraités dépendants représente un marché lucratif pour toutes les sociétés spécialisées dans la domotique et la robotique, convoquées spécialement pour trouver des solutions sur l’option privilégiée par tous : le maintien à domicile. Oui le vieillissement s’il est une charge montante est aussi une filière industrielle à lui tout seul. Ce sont pas moins de 350 000 postes d’aides à domicile ou aides soignants qui devront être créés. Par anticipation, il faut songer à leur formation et à leur statut.

En tout cas, sur ce dossier, comme bien d’autres, hélas pour lui, le gouvernement est très attendu.


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6 réactions à cet article    


  • Hervé Hum Hervé Hum 28 février 2013 12:24

    Comme toujours, on commence par s’apitoyer sur le sort des personnes dépendantes pour ensuite en venir et se bloquer sur le coût financier toujours plus important et ou finalement la seule solution envisagé est d’augmenter les prélèvements obligatoires. Car finalement, le modèle économique ne laisse qu’une seule option, celle de marchandiser toujours plus la prise en charge des personnes agées, contribuant toujours plus à la déshumanisation des relations sociales.

    Bref, dans tous les domaines de l’activité sociale, tout finit par se réduite à son coût financier, mettant en concurrence ce qui tient de l’émulation et de la solidarité sociale. Divisant toujours plus au lieu d’unir, ce qu’on appelle la cohésion sociale. Celle ci ne pouvant se réduire au seul critère de l’argent. En effet, le « travail » social ne peut se calculer en coût quantitatif comme une marchandise, car portant sur le lien social entre les êtres humains, la valeur des soins apportés ne peut se calculer qu’en terme qualitatif.

    Que faire alors ? Cher monsieur Pelletier, auriez vous l’amabilité de lire cet article http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/les-bal-citoyens-126665 et de me donner votre opinion ?


    • Pelletier Jean Pelletier Jean 28 février 2013 15:04

      @Hervé.


      je vous répond un peu tard, mais j’avais des cours ce matin.

      J’ai lu votre article, sur le fond l’idée est séduisante, mais elle révolutionne tellement la notion même du travail dans nos sociétés que cela me parait impossible à mettre en oeuvre, car pour cela il faut un consensus que vous n’aurez pas sur ces bases
      En même temps je pense que la réforme cela passe aussi sur le renversement à opérer de certaines valeurs.


    • Hervé Hum Hervé Hum 28 février 2013 16:36

      Merci Jean d’avoir pris le temps de lire l’article et d’y répondre, même succinctement.

      Mon petit sondage personnel relatif à cette proposition fait ressortir la même remarque que la votre. Idée séduisante, très intéressante... Mais utopique ou irréaliste.

      Je ne le pense pas, car elle s’inscrit résolument dans le sens de l’histoire qui pousse à un allègement de la charge de travail pour donner plus de poids à l’activité sociale et créatrice. C’est d’ailleurs le souhait manifesté par une majorité des français.

      L’inquiétude se situe au niveau de la fameuse compétitivité salariale, de la motivation entrepreneuriale, de la créativité technologique, du « travailler plus pour gagner plus ».

      en fait, tout cela est de la pure propagande et totalement faux...

      Pour rester sur le sujet de votre article, vous aurez notez que cette réforme aurait pour conséquence de dégager les moyens humains et financier nécessaires à la prise en charge intégrale du 4ème âge en y ajoutant l’humanité, qui fait la dignité d’une société.

      En fait, cette approche du travail permet de résoudre tous les problèmes actuels, tant social, économique, chômage et de la fameuse dette... Mais pour le voir il faut s’y intéresser vraiment.


    • foufouille foufouille 28 février 2013 13:21

      il fera une bonne euthanasie forcee pour les vieux
      ca coutera moins cher


      • Pelletier Jean Pelletier Jean 28 février 2013 15:05

        il, il ? c’est qui ?.... ; vous êtes sûr que vous vous sentez bien ?


      • Pelletier Jean Pelletier Jean 28 février 2013 15:04

        @Hervé.


        je vous répond un peu tard, mais j’avais des cours ce matin.

        J’ai lu votre article, sur le fond l’idée est séduisante, mais elle révolutionne tellement la notion même du travail dans nos sociétés que cela me parait impossible à mettre en oeuvre, car pour cela il faut un consensus que vous n’aurez pas sur ces bases
        En même temps je pense que la réforme cela passe aussi sur le renversement à opérer de certaines valeurs.

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