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Accueil du site > Actualités > Société > Le bracelet électronique : mieux punir et mieux surveiller

Le bracelet électronique : mieux punir et mieux surveiller

Le haut niveau d'incivilité et de violence existant actuellement dans la société française, joint à ses difficultés économiques, et à sa volonté de punir de manière plus douce que dans l'ancien temps, tout en préservant au mieux en elle un climat de respect des autres et des lois, sont un ensemble de contraintes qu'elle a de plus en plus de mal à affronter. Dans le sillage de Bentham, on pourrait envisager que, pour desserrer ces contraintes, elle ait recours à des innovations technologiques : plus précisément, qu'elle ait recours au bracelet électronique.

Les problèmes rencontrés par la France pour punir les coupables.

Comme cela est bien indiqué par Hobbes, si la société française veut établir en elle, autant que possible, des comportements respectueux des autres et des lois, alors il lui faut punir un minimum ceux qui ne respectent pas ces choses : afin de les neutraliser, et de dissuader les autres de faire comme eux. Comme Kant peut aider à le penser, la société française doit aussi faire cela, pour réparer l'injustice qui a voulu que tel faible se trouve à la merci de tel fort mal intentionné, et pour pouvoir légitimement demander aux forts de ne pas se faire justice eux-mêmes. Par ailleurs, la société française ne veut pas traiter trop durement les coupables : ne pas les punir de mort, ou par un châtiment corporel, ou par l'amputation d'un membre, ni les envoyer au bagne, aux galères, ou dans des prisons trop insalubres... Les punitions, plus douces, qu'elle veut infliger, lui coûteraient souvent plus cher. À cela s'ajoute le fait qu'actuellement, le climat de respect des autres et des lois, dans la société française, est en mauvaise santé : non seulement, donc, chaque punition qu'elle veut infliger coûte, par sa douceur, relativement cher, mais en plus, il y a en elle beaucoup de gens qui font des actes méritant d'être punis, si bien que, s'il faut punir tous les coupables comme prévu, cela reviendrait très cher. Or enfin, la société française est aujourd'hui dans une période de difficultés économiques, qui limitent fortement les moyens financiers de l'État.

La société française a de plus en plus de mal à affronter ces contraintes : la distance se creuse entre ce qu'elle dit qu'elle fait, et ce qu'elle fait réellement. Si elle faisait ce qu'elle dit, elle punirait tous les coupables, de manière assez rapide, et dans des prisons en bon état, et non surchargées. Mais ce qu'elle fait réellement est d'avoir des tribunaux en manque d'effectif, et par suite des punitions pas assez, ou pas assez vite appliquées, puis des prisons insalubres et surchargées. Par là, les coupables sont perdants, quand ils attendent trop longtemps leur punition, ou subissent, au cours de leur peine, d'autres choses non prévues par la loi, liées à la surpopulation et à l'insalubrité. Ils sont encore perdants quand à cause de cela, la prison renforce trop en eux de mauvaises dispositions. La société est elle aussi perdante, quand les peines ne sont pas assez, ou pas assez vite, appliquées, ou quand les coupables sortent de prison avec de mauvaises dispositions trop renforcées par elle.

Il est vrai que l'état de violence et d'injustice qui s'installerait dans la société, si elle cessait de punir un minimum les fautes, sera toujours bien pire que la dureté de ces punitions, quels que soient les moyens financiers qu'elle a pour infliger chaque punition. De plus, ceux qui ne commettent pas de fautes ne doivent pas payer, en vivant dans un tel état de violence et d'injustice, pour ceux qui par leurs fautes établiraient un tel état. Lorsqu'un homme commet une faute, au sein d'une société qui dispose de tels moyens financiers, et en laquelle la délinquance atteint tel niveau, il est donc nécessaire que la société punisse cet homme, quels que soient ces moyens financiers et ce niveau de délinquance. Autrement dit, le fait que cet homme soit puni, avec un niveau de douceur qui reste dans les limites des possibilités de la société, est une conséquence des actes de cet homme. La société ne doit donc pas avoir de scrupules, en punissant tous les coupables, avec un niveau de douceur qui reste dans les limites de ses possibilités : les coupables récoltent alors les conséquences de leurs actes, et ce n'est qu'à eux-mêmes qu'il faut qu'ils s'en prennent, si ces conséquences sont désagréables.

Cela étant dit, même quand c'est nécessaire et justifié, cela ne fait pas plaisir de condamner des coupables de manière très dure. Pour cette raison, on devrait trouver bienvenues toutes les innovations technologiques qui pourraient desserrer ces contraintes, par lesquelles s'élève la dureté nécessaire des peines.

La solution du bracelet électronique.

Une telle innovation pourrait être le bracelet électronique. Par exemple, on pourrait décider de continuer de punir comme aujourd'hui, fréquemment par de la prison, les actes les plus graves : parmi lesquels les violences contre les personnes, directes, c'est-à-dire agressions physiques, ou indirectes, c'est-à-dire vandalisme. Par contre, les actes les moins graves, plutôt malhonnêtes que vraiment méchants, tels les vols, les trafics, les fraudes..., pourraient parfois recevoir une punition autre que la prison, basée sur le bracelet électronique. Concrètement, ce genre de punition pourrait consister à accrocher, à la cheville du coupable, un petit bracelet doté d'un GPS : par lequel les autorités pourraient savoir à tout moment où il se trouve. La durée de port de bracelet pourrait être plus longue que pour la prison, par exemple, 1 an de bracelet au lieu d'1 mois de prison, 12 ans de bracelet au lieu d'1 an de prison... Le porteur du bracelet pourrait être soumis à des obligations, comme des travaux d'intérêt général, le respect d'un couvre-feu... Le porteur du bracelet ne pourrait commettre de nouvelles fautes sans que les autorités le sachent : s'il agresse quelqu'un, participe à une émeute, brule une voiture, cambriole une voiture ou une maison, passe une douane..., la police saura qu'il était sur les lieux de l'agression, de l'émeute, de l'incendie de la voiture, du cambriolage, au moment où cela a eu lieu, ou les douaniers sauront qu'il s'apprête à passer la douane... Les obligations auxquelles le porteur du bracelet serait soumis, pourraient s'alléger au fil du temps, par exemple, sur une période de 5 ans de bracelet, seulement la première année avec des travaux d'intérêt généraux, les deux premières années avec un couvre-feu tous les soirs, les quatre premières années avec un couvre-feu tous les soirs sauf le vendredi et le samedi...

Dans le cas où elle s'applique aux fautes les moins graves, la peine de bracelet ne serait pas une manière déguisée, pour l'État, de cesser de punir ces fautes. Dans ce cas, cette peine garde son côté dissuasif, et suffit pour faire justice, car elle reste assez lourde à côté d'une faute comme un vol, trafic, une fraude... Elle permet de neutraliser les porteurs de bracelets, par le couvre-feu, ou parce qu'ils savent qu'ils ne peuvent commettre une faute, ou même passer une douane..., sans que les autorités le sachent.

Par ailleurs, les avantages d'une telle punition, à la place de la prison, seraient considérables. Premièrement, la peine de bracelet ne coûte rien à la société, et même lui rapporte si elle s'accompagne de travaux d'intérêt général, tandis que la peine de prison coûte cher. Les prisons seraient ainsi désengorgées : il deviendrait à nouveau possible de punir comme il faut tous ceux qui commettent des fautes plus graves ; et comme les prisons où ils iraient seraient moins surpeuplées, elles renforceraient moins leur disposition à mal se comporter. Peut-être même que le dispositif carcéral français deviendrait trop gros, ce qui permettrait à l'État de faire des économies en le réduisant. Deuxièmement, le bracelet évite d'envoyer des coupables souvent moins méchants que ceux qui commettent des fautes graves, côtoyer ces derniers dans des prisons surpeuplées, et ressortir de prison bien plus disposés à mal se comporter. Troisièmement, le bracelet peut être appliqué à des coupables qui de toute façon n'auraient pas été punis à de la prison ferme : les petits actes de délinquance peuvent être plus punis, en ajoutant le bracelet à une peine de prison avec sursis ou à une peine de travaux d'intérêt général. Les peines sanctionnant ces petits actes de délinquance deviennent ainsi plus dissuasives. Quatrièmement, comme la peine de bracelet peut durer beaucoup plus longtemps qu'une peine de prison (1 an de bracelet au lieu d'1 mois de prison, etc...), elle permet de neutraliser les gens mal disposés à respecter les autres ou les lois, pendant beaucoup plus longtemps que ne le permet la prison. Cinquièmement, les porteurs de bracelets restent au sein de la société, tout en respectant mieux les autres et les lois, et même des obligations comme le couvre-feu : ils prennent de meilleures habitudes, peuvent plus difficilement se renvoyer à eux-mêmes, et à leur entourage, une image de "rebelles", ou de délinquants, donnent alors un meilleur exemple... Sixièmement, la société souligne mieux la gravité des fautes les plus graves, en leur donnant un statut particulier, leur réservant plus la prison : cela peut renforcer la dissuasion de faire ces fautes plus graves. Septièmement, la peine de bracelet peut sembler plus juste, car plus proportionnée que la prison à la faute commise, quand la faute en question n'est pas trop grave, comme un trafic, vol, une fraude...

Il est possible qu'au départ, les Français soient réticents face à une large utilisation du bracelet, parce qu'ils s'imagineraient que c'est une manière déguisée de cesser de punir certains coupables. Mais des hommes politiques courageux ont à leur disposition de nombreux arguments, pour les convaincre que loin d'être une telle chose, une plus grande utilisation de cette innovation pourrait, en vérité, résoudre certains problèmes graves rencontrés par le système judiciaire et carcéral, et renforcer la sécurité dans le pays.


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19 réactions à cet article    


  • caillou40 caillou40 16 août 2014 09:51

    D’un côté il y a les honnêtes gens et de l’autre les voyous...Sauvons les honnêtes gens et condamnons les voyous...pour cela construisons des prisons (ça relancera le bâtiment)..ou rouvrons le bagne tout simplement...

    Les voyous ne comptent pas dans la société...occupons nous des victimes.. !

    • caillou40 caillou40 16 août 2014 10:44

      Une personne qui défend les voyous...une.. !

      Y en aura d’autre...ne pas oublier que nous sommes en France.. !

    • Fergus Fergus 16 août 2014 16:46

      Bonjour, Caillou.

      A cet énorme détail près que là où, à population égale, les peines sont les plus nombreuses, et accomplies de surcroit dans des conditions humiliantes ou dégradantes, la criminalité et la délinquance restent à un niveau très haut (cf. par exemple les Etats-Unis) alors que dans les pays qui ont fait le choix de peines alternatives, la récidive baisse de manière sensible (cf. les pays scandinaves).

      Juger, c’est protéger la société, et cette protection ne passe pas par la vengeance, mais par une approche raisonnée du problème posé par chaque délinquant.


    • caillou40 caillou40 16 août 2014 17:06

      Fergus..un voyou reste un voyou (regardez Sarkozy)...Pas de pitié pour ces gens qui empoisonnent notre pays..Nous avons assez de problèmes à résoudre sans en plus s’occuper de voyous qui se marre de voir les bons samaritains leur apporter de la confiture...STOP
      Construisons des prisons...Mieux reouverture du bagne..


    • Fergus Fergus 16 août 2014 19:58

      @ Caillou.

      Désolé, mais vous laissez parler votre passion, pas votre raison. Ce faisant, vous ne servez pas votre quête de sécurité, toutes les études sérieuses ayant montré que le plus important facteur de récidive est précisément la prison. D’où la nécessité de trouver des solutions alternatives au tout-carcéral. Non par sympathie pour les voyous qui doivent être sanctionnés avec fermeté, mais par souci de préserver la sécurité des gens honnêtes. En Suède, où l’on a su dépasser ce regard passionnel, l’administration en est à fermer des lieux de détention !

      Bonne soirée.


    • Primum non nocere Primum non nocere 16 août 2014 20:58

      Vous avez parfaitement raison, Fergus, notre système carcéral et pénal a besoin d’un gros gros changement, mais n’oublions pas non plus que l’environnement social, culturel et éducatif de la Suède, bien en avance sur nous autres, européens, et à quelques années lumières du microcosme américain. Comme le fait remarquer foufouille, c’est la société en profondeur qu’il faut commencer par changer.


    • Fergus Fergus 17 août 2014 11:23

      Bonjour, Primum.

      Vous avez raison, il y a un très gros travail sociétal à fournir chez nous si l’on veut un jour pouvoir mettre en place des procédures dignes de ce que devrait être un pays civilisé du 21e siècle. Sur ce plan-là, les sociétés scandinaves ont à l’évidence une nette avance sur nous. 


    • Primum non nocere Primum non nocere 16 août 2014 10:36

      Le bracelet électronique existe depuis longtemps et est déjà utilisé activement. Il n’a jusqu’alors pas changé la face de la délinquance, de la criminalité ou quel que soit le nom usité. En fait son impact est plus que minime : Là où la prison veut dire « déplacé en milieu hostile » et induit un poids dans l’esprit du condamné (perte des repères, nouveaux codes, nouvel environnement, etc), le bracelet ne signifie rien, ou pas grand chose. On encourage le criminel à continuer sa vie comme si de rien n’était, tout juste 40g en plus à la cheville.

      Question impact, on a vu mieux.

      Qui plus est, on lui laisse toute latitude pour continuer ses trafics, faut juste prendre une variable supplémentaire en compte : en bref s’adapter, ce que nous faisons déjà tous chaque jour (Ooooh ben zut le VPN du boulot. Bon bah faut passer par un serveur dédié).

      Bravo, cacher le problème plutôt que le régler, ça tombe sous le sens.

      ’Pis tiens, ça laisse même toute latitude pour préparer, par exemple, une « évasion ». J’aurai quand même plus de mal à arracher le papier peint de ma cellule qu’à arracher un bout de plastique. Alors si on plus on m’autorise à papoter à qui je veux, faire jouer mes connexions pour me faire héberger au black bien planqué, c’est tout bénef’.

      C’est surtout et avant tout le système carcéral et/ou le code pénal qu’il faudrait réviser un brin, à mon avis.


      • sirocco sirocco 16 août 2014 20:27

        Comme l’auteur en plein délire, vous parlez de ce que vous ne connaissez pas.

        Il n’y a pas de papier peint dans les cellules. Arracher un bracelet électronique coûte très cher : retour en prison + infraction = incarcération plus longue.

        « On m’autorise à papoter à qui je veux » : je vois : vous aimeriez qu’on leur couse la langue ou qu’on leur supprime les cordes vocales... Allez exercer vos fantasmes en boucherie.

        « ...faire jouer mes connexions pour me faire héberger au black bien planqué... »
        voilà qui prouve que vous ne connaissez rien à rien. Les condamnés placés sous bracelet électronique sont assignés à résidence à une adresse agréée par les services pénitentiaires, et susceptibles de recevoir à tout moment la visite de ces services.

        Vous n’êtes qu’un crétin.


      • Primum non nocere Primum non nocere 16 août 2014 21:41

        Qu’il est tendre celui-ci, on en ferait un steak.

        Reprenons rapidement, pour votre gouverne : Il n’y a pas de papier peint dans les cellules, c’est tout à fait vrai, pas plus que de papier-bulle d’ailleurs, ils doivent s’emmerder... Mais je remercie sa Haute Autorité de me faire part de son omniscience. ’fin je tiens à faire remarquer à votre omniscience que le second degré est une chose vachement pratiquée, surtout sous mon toit. Passons ce point de détail, peut-être était-ce trop subtil. Je remarque d’ailleurs que vous n’avez rien relevé de la première partie de mon commentaire, qui est pourtant la partie sérieuse dudit commentaire.

        En second lieu : vous aimeriez qu’on leur couse la langue ou qu’on leur supprime les cordes vocales... Allez exercer vos fantasmes en boucherie.
        Vos extrapolations barbares ne me concernent en rien, car de nous deux vous êtes celui qui fantasmez mes intentions. Je réitère : l’exagération est chose courante dans l’usage du second degré que vous ne maîtrisez pas.

        Comme l’auteur en plein délire, vous parlez de ce que vous ne connaissez pas
        . Et son omniscience se fera un plaisir d’offrir à nos esprits si pauvres, et généraliser à tout ce qui l’entoure ce qui semble visiblement être une expérience personnelle.

        Quant à votre dernière remarque : 
        - http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Arras/actualite/Secteur_Arras/2011/07/02 /article_il-arrache-son-bracelet-electronique-et.shtml
        - http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/nancy-un-violeur-recidiviste-activement-recherche-apres-avoir-arrache-son-bracelet-electronique-7772571582
        - http://www.housearrestbracelets.com/remove-house-arrest-bracelet/
        - http://www.cbsnews.com/news/convicted-sex-offender-cuts-off-monitor-escapes-colo-group-home/
        Etc, etc, etc... J’en ai trouvé un bon paquet, ceux-ci suffiront (j’ose espérer).

        En conclusion, ne répondez pas trop rapidement, ou trop passionnément à ce que vous croyez comprendre, mais interrogez vous plutôt sur la pertinence de ce que vous écrivez.


      • sirocco sirocco 17 août 2014 01:39

        Vous racontez n’importe quoi pour essayer de vous rendre intéressant mais vous n’avez aucune idée sensée à nous communiquer. Après, quand on vous fait remarquer vos incongruités, vous avez beau jeu de dire que c’était du « second degré », autrement dit que vous vous amusez à « déconner » dans un sujet qui ne s’y prête pas vraiment.

        Je ne vois pas où vous voulez en venir avec vos liens dont plusieurs ne concernent pas la France. Vous voulez nous dire que tout ancien détenu muni d’un bracelet électronique peut s’en débarrasser facilement ? Tout le monde sait cela : il suffit d’avoir une simple pince coupante. De la même façon il est très facile pour un détenu sorti en permission de ne pas réintégrer la prison. Mais il a intérêt à ne pas se faire reprendre, parce qu’alors la facture sera salée. Je suppose que vous êtes aussi contre les permissions de sortir. Vous pourrez donc rajouter des liens, si ça vous fait plaisir, concernant des prisonniers qui n’ont pas réintégré la détention.

        J’ai « fantasmé vos intentions » en relevant cette incroyable phrase par laquelle vous regrettez que les condamnés placés sous bracelet aient le droit de parler librement ? Est-ce que vous vous rendez compte, au moins, de la monstruosité de vos propos ? Je ne le pense pas.

        Ne vous faites pas d’illusions, la première partie de votre commentaire ne valait pas mieux que le reste. Exemple :

        « On encourage le criminel à continuer sa vie comme si de rien n’était, tout juste 40g en plus à la cheville. »

        Vous ne connaissez décidément rien au sujet. Un condamné placé sous bracelet électronique est un prisonnier à qui l’institution judiciaire propose de terminer les derniers mois de sa peine à l’extérieur, pour lui permettre d’essayer de se réinsérer plus tôt, moyennant plusieurs contraintes qui sont : une assignation à résidence, un contrôle permanent, des horaires d’interdiction de sortie, l’obligation (souvent) d’effectuer ou de rechercher un travail avec obligation d’en rendre compte. La mesure est en passe d’être étendue pour remplacer la totalité de l’emprisonnement chez les condamnés à de courtes peines (mais pas pour une durée 12 fois plus longue comme l’auteur de l’article le suggérait dans son délire !) Il n’y a nul encouragement « à continuer sa vie comme si de rien n’était ».


      • Primum non nocere Primum non nocere 17 août 2014 19:54

        Bon, voilà qui est déjà un brin plus constructif, on va peut-être pouvoir débattre au final, peut-être même sur autre chose que des points d’incompréhension. Magique !

        En parlant d’incompréhension, pour clore le sujet : il serait faux et abusif de croire que je puisse « regrettez que les condamnés placés sous bracelet aient le droit de parler librement ». J’énonce le fait que celui qui porte un bracelet n’est par définition plus dans le système restrictif particulier d’une prison sordide, probablement surpeuplée, où les murs comme les co-détenus sont un danger potentiel, et où l’Autorité (omniprésente) est un danger réel. De facto, quiconque sous moniteur peut se déplacer librement dans la limite des contraintes que vous avez très justement souligné. Ce qui implique le facteur risque d’une prise de contact avec les « mauvaises personnes » afin de faire jouer de possibles réseaux. C’était le seul et unique sens de ma phrase, je tiens bien trop à ma propre liberté de m’exprimer où je veux, quand je le veux et avec qui je le veux pour l’interdire à autrui, quel que soit son crime. Voilà quelques précisions qui devraient, je l’espère, vous rassurer.

        Vous voulez nous dire que tout ancien détenu muni d’un bracelet électronique peut s’en débarrasser facilement ? Oui, bien sûr que oui, c’est une donnée qui n’est pas citée par l’auteur, et malgré le nombre infinitésimal de cas d’évasion, il faut le faire remarquer !

        Un condamné placé sous bracelet électronique est un prisonnier à qui l’institution judiciaire propose de terminer les derniers mois de sa peine à l’extérieur, pour lui permettre d’essayer de se réinsérer plus tôt. Exact, et de souvenir le principe de réinsertion signifie, en somme, permettre au dit prisonnier de reprendre un rythme de vie normal. Ré-intégrer correctement le système social, le cadre professionnel, etc... Donc raccourcis, par chez moi, ça donne On encourage le criminel à continuer sa vie comme si de rien n’était, tout juste 40g en plus à la cheville. Parce qu’en tous les cas, pour moi, encourager un détenu à se réinsérer, c’est l’encourager à reprendre une vie normale. Quitte à risquer, justement, qu’il reprenne de quelconques activités criminelles, ou tente une évasion. Je parle autant de risques statistiques que de ce que j’ai pu croiser de mon côté.

        Mon expérience ne prévaut pas, et le sachant, je me suis permis, comme chaque fois avant de commenter, de me renseigner sur lesdits risques, ne me faites donc pas passer pour plus ignorant que je ne le suis (Vous ne connaissez décidément rien au sujet). Mes connaissances sont ce qu’elles sont, mais évitez d’être inutilement désobligeant une fois le premier commentaire passé, c’est limite vexant.

        Mon avis, donc, est celui-là : Le système carcéral est déficient et incompétent, le système du bracelet est insuffisant (que ce soit en tant que solution réaliste ou dans les déliriums de l’auteur)
        Le problème qui se pose basiquement est que notre environnement social, notre système pénal, nos institutions éducatives ou intellectuelles et surtout nos politiques doivent être changés en profondeur.


      • foufouille foufouille 16 août 2014 11:27

        pour qu’il y ait moins de criminels, il faut changer la société. supprimer tous les passe droits, montrer l’exemple, etc


        • jef88 jef88 16 août 2014 12:42

          Article contradictoire !
          - il faut punir
          - il ne faut pas que la punition soit sensible !


          • sirocco sirocco 16 août 2014 12:56

            @ l’auteur

            "Quatrièmement, comme la peine de bracelet peut durer beaucoup plus longtemps qu’une peine de prison (1 an de bracelet au lieu d’1 mois de prison, etc...), elle permet de neutraliser les gens mal disposés à respecter les autres ou les lois, pendant beaucoup plus longtemps que ne le permet la prison.« 

             »... 1 an de bracelet au lieu d’1 mois de prison, 12 ans de bracelet au lieu d’1 an de prison...« 

             ».. par exemple, sur une période de 5 ans de bracelet, seulement la première année avec des travaux d’intérêt généraux."

            Mais bien sûr... c’est tellement sympa de porter un bracelet et d’être surveillé comme par une caméra !

            Vas-y donc, toi, servir de cobaye sous surveillance électronique pendant 12 ans (! !). 12 années à être épié jour et nuit, pour avoir simplement renvoyé - par exemple - une grenade lacrymogène en direction des CRS. Manifestement, tu ne sais pas de quoi tu parles.

            T’es un champion du contrôle total de la population au sein d’un Etat policier absolu (ce vers quoi la France tend à grande vitesse). Il ne te reste vraiment pas beaucoup d’humanité. Pauvre type.


            • christophe nicolas christophe nicolas 16 août 2014 13:35

              A quoi ça sert, vous avez déjà, un téléphone portable, un ordinateur, une carte de crédit, un GPS, etc... on ne compte plus les systèmes pouvant alimenter la « surveillance ». Le problème, c’est qu’on ne sait pas trop qui surveille ? Si, « ceux qui ont les moyens d’acheter l’information »... Comme c’est illégal, vous êtes surveillés par des délinquants... en costard, il ne faut pas déconner...


              • caillou40 caillou40 17 août 2014 07:59

                Occupons nous des victimes..pas des voyous !


                • zygzornifle zygzornifle 17 août 2014 09:22

                  Et pour tous les politiques corrompus en poste que pour magouiller et au dessus des lois écrites pour les protéger on fait quoi ?????


                  • ecolittoral ecolittoral 17 août 2014 14:44

                    « Le haut niveau d’incivilité et de violence existant actuellement dans la société française, joint à ses difficultés économiques... »

                    La phrase qui tue !

                    Les difficultés (destructions) économiques engendrent le non respect de la loi.

                    Quand on à pas ou peu de revenus, pas de projets, pas d’avenir et qu’en plus les lois vous imposent l’austérité que faites vous ?

                    Les tribunaux seraient en sous effectifs et les prisons surpeuplées !!!

                    Bizarre ! Je croyais que c’était les entreprises (encore existantes) qui étaient en sous effectifs et pole emploi et l’APEC qui étaient surpeuplés.

                    L’auteur de l’article nous sort la sempiternelle complainte du bourreau innocent et du coupable/responsable donc à punir...mais pas trop.

                    La mémé au minimum vieillesse qui récidive en volant un rôti.

                    Le père de famille au RSA qui va chercher le bolide et sa cargaison de hachich en Espagne pour toucher 3000 euros qui lui permettront de payer les factures et les médicaments non remboursés.

                    Le jeune qui à terminé ses six mois de stage en entreprise à 400 euros/mois et qui dévalise un conteneur pour pouvoir bouffer.

                    « Encore une minu...un bracelet monsieur le bourreau ».

                    Dans une société prospère, incivilités et vols ne sont pas rentables. On a peu de chance d’y trouver un travail ou d’y conserver son poste.

                    Dans une société prospère, les effectifs des tribunaux sont allégés, les prisons souvent à moitié vides et les bracelets inutiles.

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