Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Le capitalisme n’est pas mort (et vous pas encore), il est temps de (...)

Le capitalisme n’est pas mort (et vous pas encore), il est temps de le transformer avant que…

 Le capitalisme a transformé les sociétés occidentales, puis l’ensemble de la planète. Derrière ce constat évident, le spectre des tragédies et des injustices se dessine mais bien imprudent celui qui s’aventurerait dans une voie manichéenne faisant du capitalisme l’origine du mal. Bien avant la révolution industrielle, la Renaissance et même la démocratie athénienne, le monde a connu des tragédies, des massacres, des injustices. Le capitalisme est à visage humain, il apporte des bienfaits à travers la production et diffusion de biens matériels mais il occasionne des souffrances, ne serait-ce qu’au travail, sans parler des dommages à l’écosystème. Depuis 500 ans, le monde occidental a vu se dessiner une accélération des transformations. Le développement et le fonctionnement des sociétés a complètement changé, comme d’ailleurs la condition humaine. 

« Si tu ne transformes pas le capitalisme, c’est le capitalisme qui te transforme ! » Cette devise devrait être celle de tout honnête homme du 21ème siècle. Osons un clin d’œil historique afin de saisir quelques traits saillants du lien étroit entre développement industriel et société. 

--------------

 La révolution industrielle a engendré une transformation sociale radicale avec la création des grandes zones urbaines et l’enrôlement des masses paysannes pour les productions de masse. Des villes usines ont surgi près des centres de production, notamment dans les bassins houillers et plus tard, chez Michelin par exemple, ville au sein de la grande ville de Clermont-Ferrand. Une date, 1871, la Commune de Paris, emblématique, symbole des anciens temps avec les conquêtes territoriales et la piteuse aventure de Napoléon III face à la Prusse mais aussi la misère sociale et la famine. Mais on ne peut pas parler de crise du capitalisme comme ressort important. De 1870 à 1930, l’aventure industrielle se précise et cette fois, on peut évoquer une crise économique, une crise de production liée à la crise financière. La classe ouvrière est touchée de plein fouet. Les travailleurs que l’on avait fait venir des campagnes pour participer au miracle (mirage) fordien se sont retrouvés à la rue et sur la route. Faisant la queue pour quémander un travail ou bien recevoir un bol de soupe populaire. Le capitalisme exploite l’homme mais l’exploitation est un trait essentiel des sociétés depuis des millénaires. Le capitalisme a transformé le mode d’exploitation. En fait, le capitalisme étant évolutif et instable, l’homme est devenu un outil d’ajustement pour le système, livré aux fluctuations des flux marchands. Quand il y a un besoin productif, les entreprises embauchent, puis elles mettent les travailleurs dehors.

 A partir de 1950, le capitalisme prend un visage nouveau ou du moins, il s’insère dans une transformation sociale dont il est l’un des puissants ressorts. Dans les années 1970, la déruralisation est presque achevée. L’agriculture n’emploie qu’une partie réduite de la population. Le reste étant réparti entre deux classes, l’ouvrière et la moyenne qui constitua le phénomène marquant de cette époque. Les cols bleus à l’usine, les cols blancs dans les bureaux. Les loisirs et les vacances. Une société où il fait bon vivre, malgré quelques tensions ; une société qui tendait à s’homogénéiser, avec des mixités sociales et un avenir pour la plupart.

 Dans les années 1990, le capitalisme s’est transformé. Les gènes de cette nouvelle spéciation industrielle ont été façonnés à la fin des années 1980. En 2011, le système est devenu non pas post mais hyper industriel. Le capitalisme est devenu intempestif, propulsant en quelques années des nouvelles entreprises, mais laissant en d’autres lieux des paysages de désolation. Nous sommes entrés dans la troisième phase de restructuration critique. Après la transhumance du monde paysan vers l’industrie, après l’ascension sociale des classes moyennes, on assiste au délitement progressif de la société centrale, avec la désindustrialisation mais aussi l’affaiblissement de l’Etat providence. Le capitalisme a forcé le déclin des paysans, puis des ouvriers et enfin, c’est la société moyenne qui devient la cible d’un délitement généralisé. Le système a suffisamment d’individus pour fonctionner et la rationalisation va provoquer le rétrécissement des classes moyennes jusqu’au point d’équilibre où il devient impossible de s’en passer. Un peu à l’image de l’agriculture qui, en France, ne peut pas chuter très en dessous du million de travailleurs. Le déclin médiatisé des classes moyennes est donc une fable sociologique. Il n’y a pas plus de déclin des classes moyennes que des prolétaires ou des paysans il y a quelques décennies. C’est simplement que le nombre de gens employés dans des tâches moyennement rémunérées diminue.

 Nous voyons ainsi se dessiner le démantèlement de la société, ou plutôt le lent délitement qui s’accélère maintenant avec la crise financière. En Grèce, le pays semble gagné par une maladie sociale mais aussi des maux plus grave affectant des individus. Le nombre de suicides et de pathologies a augmenté depuis le déclenchement de la crise et le pays va perdre sa plus importante richesse, l’homme. Evidemment, personne ne comprend pourquoi le gouvernement persiste à exonérer les armateurs grecs de la fiscalité. Le monde entier se délite, sauf les pays émergents dont le motif évolutif est différent puisque le niveau de vie s’accroît, avec les classes moyennes qui augmentent, ce qui est très logique puisque ces pays comme le Brésil, la Turquie, l’Inde ou la Chine sont dans une « dynamique de Trente glorieuses ». Alors que l’Occident est entré depuis quelque temps (trois ans, dix ans ?) dans d’improbables Trente piteuses.

 --------------

 Il donc faut transformer ce système. Le problème, ce n’est pas tant les endettés que les entêtés. Les gouvernants s’obstinent à croire qu’ils peuvent créer de la croissance par le volontarisme politique. On voit bien où mènent les protocoles de Bologne et Lisbonne. Et maintenant, le couple infernal Sarko-Merkel veut imposer un gouvernement économique au service d’un pacte de stabilité et de convergence de la croissance. C’est une erreur dramatique. Le temps n’est plus à la croissance économique mais à l’invention sociale et au développement équitable des existences. Ce qui passe par une politique redistributive et si convergence européenne il doit y avoir, c’est au niveau fiscal.

 Faute de transformation, le capitalisme va probablement enter dans une phase dure. J’ai longtemps cherché le mot mais cette fois, je crois qu’on peut parler de « nazisme (hyper) industriel », par opposition au « nazisme germanique » d’essence nationaliste et raciale, avec l’industrie comme ressort commun aux deux systèmes. Si l’homme ne transforme pas le système, c’est le capitalisme hyper industriel qui le fera en façonnant une société formatée pour ses besoins, avec ses travailleurs et ses dispositifs de contrôle qui sont déjà en place et ne demandent qu’à s’étendre. L’industrie de la santé contrôle nos corps défaillants, en fait des statistiques, nous perfuse de traitements anesthésiants ou dopants mais tout à fait légaux. L’industrie de la sécurité contrôle nos faits et gestes. L’industrie médiatique prend le contrôle de nos cerveaux. L’industrie éducative s’occupe de former nos progénitures pour devenir les pièces productives dont la technologie a besoin.

 Finalement c’est cela, le nazisme industriel, un système qui prend le contrôle progressifs de nos existence, industries de la natalité, industries de l’éducation, industries du contrôle sécuritaire et médiatique, gestion de la production, pour finir par les maisons médicalisées risquant de s’infléchir telles des industries de la mort au service du capital. Bref, une sorte cauchemar pour les âmes libres. Mais au fait, n’avez-vous rien remarqué ? J’ai occulté une autre industrie, celle de la finance, qui irrigue de fluide monétaire le marché et la société (Mais l’argent, c’est comme l’oxygène, dont un cinquième est consommé par le cerveau qui représente environ 2% de la masse corporelle. La société, c’est aussi les classes supérieures, 2 % du corps social qui absorbe 20% du revenu disponible).


Moyenne des avis sur cet article :  4.08/5   (26 votes)




Réagissez à l'article

17 réactions à cet article    


  • gaijin gaijin 11 octobre 2011 09:29

    plutôt d’accord
    mais le terme nazisme fait également référence a des contenus idéologiques précis
    dictature industrielle serait pour moi plus cohérent où utiliser« industrialisme » par exemple
    c’est quoi qu’il en soit le même esprit issu des délires techno scientistes du 19 ème siècle qui anime les deux


    • Kalki Kalki 11 octobre 2011 10:37

      non nazisme, on vous a lobotomisé à l’école sur le méchant nazisme anti juif : le nazisme déjà une société industrielle oligarchique contre l’homme


    • babadjinew babadjinew 11 octobre 2011 12:17

      Si simple, et pourtant si lointain...... 


      On a déjà choisi de sauver les banques plutôt que l’Être humain....

      C’est pas du nazisme c’est une suicide collectif ! Stopez donc cette machine infernal qui d’une manière ou d’une autre nous lamine tous.... 

      Bon article, et solution de bon sens dans le commentaire. 



       

    • Slipen’Feu 11 octobre 2011 10:47

      C’est pas loin du nazisme
      poussez les gens au suicide plutôt que de les exterminer
      c’est plus propre et c’est la famille qui paye le gaz pour la
      crémation.


      • Kalki Kalki 11 octobre 2011 10:55

        vous croyez que vous allez aller jusqu’à la retraite ? Et bien non

        qui c’est le con, qui c’est le con : c’est vous youpie

        c’est prouvé


      • Kalki Kalki 11 octobre 2011 11:20

        Au fait c’est bien de garder espoir, mais ne vous en faites pas le primaire, secondaire, tertiaire, gestion ou flic à deux balle de ce que vous appellez industrie securitaire : ca disparait, ca se fait remplacer : le but est de remplacer et de virer la variable humaine ( le risque est trop grand d’avoir des humains comme subalternes : tout nazi devrait le savoir :) ), VOUS VOULEZ LES CHIFFRES :)


      • Kalki Kalki 11 octobre 2011 11:22

        l’argent n’achète pas tout, surtout dans une pyramide de pouvoir

        surtout à la fin


      • SALOMON2345 11 octobre 2011 11:49

        Le terme CAPITALISTE est lu souvent de façon équivoque. Hier, il était le financement d’une idée laquelle alimentait, en cas de succès, une industrie qui ensuite se développait.
        Bien que la répartition de ses fruits pose toujours problème, aujourd’hui comme alors, déjà on ne pouvait échapper au triptyque suivant associant le génie (invention et ou progrès) puis l’argent (pour développer l’idée) et enfin le travail (pour faire) ! Si l’on supprimait un seul de ces trois éléments, rien n’était possible : le travail sans moyen, le génie sans travail ou l’argent sans ces deux précédents !
        Les bénéfices engrangés n’apportant jamais la satiété aux « capitaines d’industries », ces derniers, devenus plus cupides que génies et industriels et, dès la chute du mur de Berlin libérant tous les instincts et « complexes », se mirent à faire de l’argent avec de l’argent, les seuls entrepreneurs restants transportant par ailleurs usines, brevets et encadrements, vers des pays d’esclaves, ces nouveaux « patrons » ramenant par cargo et containers (qui repartent à vide vers la Chine, vu émission FR2) les produits « made in ailleurs »...
        On ne peut plus raisonner avec les paramètres d’hier car le résumé pourrait-être :
        - sans opposition au renard libre dans le poulailler, tous les codes du travail, du commerce ou des impôts, sont obsolètes car sans force !
        - ce n’est pas l’argent qui n’a pas d’odeur mais ceux qui le tripotent qui n’ont plus d’odorat alors même si « l’entreprise citoyenne » est hélas une vue pour crédule, avec les Etats qui ne peuvent plus battre monnaie et contre eux ceux qui la fabrique « hors sol » si la Politique ne sort pas son sifflet pour annoncer avec rigueur et vigueur la fin de la partie... on coule... normal c’est une question de liquide surabondant dont les digues vont faire tout écrouler...
        Les « Popofs » (et autre chinois ou du même genre) étaient certes à la fois cons et salauds, mais je dirais aujourd’hui que ceux de l’école de Chicago (la bande à Friedman) c’est le contraire : ils sont d’abord des salauds...puis des cons, la nuance n’est pas mince, réfléchissez !!!


        • Robert GIL ROBERT GIL 11 octobre 2011 14:07

          Les trois dogmes du capitalisme sont privatisation, dérèglementation et réduction des systèmes de protection sociale. Cela se traduit par une exploitation toujours plus grande des salariés et un accroissement de la pauvreté. Il faut remettre l’homme au centre de la vie. Le capitalisme ne sert que des intérêts privés, c’est à l’Etat, donc à nous, de veiller sur les intérêts collectifs.Lire :
          http://2ccr.unblog.fr/2011/10/07/un-travail-decent-pour-tous-partout/


          • Kalki Kalki 11 octobre 2011 14:48

            il faut remplacer tous les travail,

            tous , sans exceptions

            aucunes

            FIN DE l’histoire

            a vous de comprendre quel sera votre sort :)


          • herbe herbe 11 octobre 2011 18:52

            Bon article.
            Vous dites « une sorte cauchemar pour les âmes libres ».
            En fait j’ai l’impression que certains ne le vivent pas comme cauchemar, croyant occuper une place enviable.
            Mais il s’agit d’une illusion très semblable à celle mise en scène dans le film Matrix.

            En principe quand tous auront ouvert les yeux, l’évidence pourra s’imposer d’elle même et sans même le recours à la coercition et à la violence (toujours à craindre quand il y a de l’impatience...).
            Tous, je dis bien tous (même ceux qui ne le ressentent pas encore), ont intérêt à changer de civilisation ... (pas besoin d’attendre l’hypothétique fessée d’ET smiley)


              • lloreen 11 octobre 2011 19:28


                C’est l’arnaque « légalisée » (loi de Pompidou 1973) du système de l’argent-dette qui est l’escroquerie dont nous devons imposer l’arrêt.
                Ce doit être ce qu’il faut revendiquer tout de suite et plus encore le 15 octobre, journée mondiale du rassemblement citoyen contre cette escroquerie.

                Puis il faut revendiquer la démosophie, qui est le seul système où nous pourrons décider NOUS-MEMES, de ce qui est bien pour nous, et mettre fin à l’esclavagisme que nous subissons depuis des millénaires.PERSONNE n’a la légitimité de décider à notre place.
                Nous sommes des êtres humains et avons droit à l’existence.
                La nature donne ; c’est notre mère nourricière.

                Les escrocs comme Goldman Sachs et les quelques autres oligarches et ceux qui les servent en nous maintenant en esclalavge doivent se retrouver devant les tribunaux pour crimes contre l’humanité.
                Nous n’avons plus à nous soumettre à des CRIMINELS.

                Ils doivent être arrêtés et déférées devant les tribunaux.Et s’il le faut constituer des tribunaux populaires si les autres ne s’estiment pas « compétents ».

                On ne plus plus continuer à les laisser massacrer les humains de cette planète et détruire la terre par leurs pollutions.
                Il faut mettre un terme à leur instinct de prédation .

                Nous sommes des milliards ;ils sont tout au plus quelques millions.
                Tous ceux qui sont leurs complices doivent également être arrêtés pour qu’ils cessent de nuire.

                Goldman Sachs, d’autres et leurs commanditaires doivent être arrêtés pour l’escroquerie de la Grèce : falsification des bilans par Goldman Sachs et complicité du gouvernement grec.
                Chez nous en France c’est pareil.Quant aux tyrans illégitimes co-optés de Bruxelles, ils sont à mettre dans le même sac.Ils sont illégitimes, de même que leurs lois, qui sont illégales, car contraires à la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen.

                S’ils ne le comprennent pas, nous devrons le leur expliquer jusqu’à ce qu’ils dégagent de là où ils sont.
                Tous ces gens ne doivent plus toucher le moindre centime.


                • lloreen 11 octobre 2011 19:33

                  Nous devrons aussi imposer un autre système financier.
                  Si eux-mêmes se sont octroyé le droit de créer de l’argent (à partir de la dette...) à partir de rien, nous pouvons faire exactement la même chose.

                  Il y a assez de solutions sur le net.

                   http://unricpouruneac.unblog.fr/


                    • BA 11 octobre 2011 21:34
                      Mardi 11 octobre 2011 :

                      Jean-Claude Trichet parle de crise systémique et urgente.

                      La crise de la dette dans la zone euro a atteint une dimension systémique, les risques de répercussions sur l’économie augmentent rapidement, et les banques sont entrées dans une zone de danger, a déclaré mardi Jean-Claude Trichet, qui s’exprimait en qualité de président du Comité européen du risque systémique (CERS).

                      « Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) doit être le plus souple possible », a-t-il ajouté devant la commission des Affaires économiques et financières du Parlement européen, tout en excluant que la Banque centrale européenne (BCE), qu’il préside jusqu’à la fin du mois, prenne part à sa démultiplication.

                      « Au cours des trois dernières semaines, la situation est restée très difficile. La crise est systémique et elle doit être combattue avec la plus grande détermination », a-t-il dit.

                      « Le haut niveau d’interconnexion du système financier de l’Union européenne a provoqué une hausse rapide du risque de contagion. Cela menace la stabilité financière dans l’Union prise dans son ensemble et affecte de manière négative l’économie réelle en Europe et au-delà. »

                      Jean-Claude Trichet a plaidé pour que les gouvernements et les autorités européennes agissent de concert pour résoudre la crise, ajoutant que tout retard aurait des conséquences désastreuses.

                      « Il faut que toutes les autorités agissent à l’unisson le plus rapidement, avec le plus grand dévouement pour préserver la stabilité financière », a-t-il lancé.

                      Mis sur pied fin 2010, le Comité Européen du Risque Systémique fait partie du système européen de surveillance financière (SESF), dont l’objectif est d’assurer la surveillance du système financier de l’Union.

                      S’il ne dispose pas de pouvoirs réels, il peut toutefois prendre le parti de faire état publiquement de ses interrogations.

                      Sur le dossier des banques, Jean-Claude Trichet a réclamé des décisions claires sur la question de la recapitalisation, soulignant qu’il n’y avait plus de temps à perdre.

                      La montée des inquiétudes dissuade de plus en plus les banques de se prêter les unes aux autres, comme en témoigne le recul des volumes des prêts interbancaires et le recours de plus en plus fréquent aux financements offerts par la BCE.

                      Les dépôts au jour le jour des banques commerciales auprès de la Banque centrale européenne ont ainsi atteint 213 milliards d’euros la semaine dernière, un volume sans précédent depuis juillet 2010.

                      Un vent d’espoir s’est levé dimanche soir après les annonces de Paris et Berlin, qui ont pris l’engagement de proposer au plus vite un plan de recapitalisation des banques. Mais l’absence de détails incite les investisseurs à rester prudents, d’autant que la Slovaquie n’a pas encore validé le renforcement du FESF.

                      « Le secteur bancaire européen a besoin d’une recapitalisation », a jugé Jean-Claude Trichet. « Les décisions doivent être prises très rapidement. »


                      • Mor Aucon Mor Aucon 11 octobre 2011 22:21

                        À l’auteur,

                        Vous nous donnez-là un excellent aphorisme « Si tu ne transformes pas le capitalisme, c’est le capitalisme qui te transforme ! », que je partage complètement.

                        Par contre, l’expression « nazisme industriel » me parait forcée ainsi que celle de « hyper-industrialisation ». À mon avis, la phase où se trouve le capitalisme actuel serait mieux qualifiée par l’expression « hypertrophie financière », c’est-à-dire que les marchés financiers, grâce au système du marché continu totalement numérisé et pratiquement sans aucun contrôle effectif du fait de sa complexité et vitesse d’exécution unies aux dérégulations des échanges, ont formé une immense bulle dont n’est destiné qu’un infime pourcentage au financement de l’industrie. Nous sommes passés, en très peu de temps, du classique jeu boursier, marginal au début, à une véritable industrie financière puis l’abandon progressif par ces marchés de leur objectif principal et naturel, le financement des activités productives, a provoqué la situation actuelle où l’argent gagne de l’argent sans avoir besoin d’assumer le risque que représente l’investissement productif. On parle beaucoup, et avec raison, du problème du roulement de la dette, mais on oublie un peu, à mon avis, le point de vue symétrique que l’ont pourrait appeler roulement des bénéfices. Sans contraintes, le capital tend naturellement à se concentrer là où le ratio risque / bénéfice lui est le plus favorable. Cet endroit n’est plus la provision de liquidités afin de produire ( activité financière au profit de l’économie réelle ) sinon la spéculation pure et simple sur le marché financier. Peu à peu, tout le monde devient un peu spéculateur par le jeu des assurances, fonds de retraites, etc... Les bénéfices ne sont jamais réellement pris puisque la plus grande part est réintroduite dans le système. Cette immense bulle spéculative est, à mon avis, la principale responsable de la transformation des politiques sociales de maints états, en redistribution des miettes qui retombent de la bulle.

                        Pour reprendre votre métaphore de l’argent / oxygène, s’il est vrai que le cerveau consomme une part disproportionnée d’oxygène, par rapport à sa masse, il n’en est pas moins vrai qu’il utilise la majeure partie de cette consommation afin de contrôler et faire fonctionner l’ensemble du corps, ce que ne fait plus la finance depuis longtemps. Ce serait un peu comme si le cerveau se refusait à débourser l’oxygène que requiert sa fonction naturelle, en préférant s’employer à former un stock gigantesque mais inutile.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès