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« Le Crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne » Elisabeth Roudinesco riposte !

A l’annonce de la parution du dernier ouvrage de Michel Onfray(M.O), " Le Crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne " Elisabeth Roudinesco (E.R) a eu un méchant coup de sang, et a dégainé avant même la parution de l’ouvrage. Elle y va au lance-flamme  !..(1)

 

Dans sa contre offensive, d’entrée de jeu l’objectif est de chercher à décrédibiliser a priori son adversaire : " Michel Onfray, qui n’est pas historien.. ", ce qu’il n’a d’ailleurs jamais prétendu être… Passons. Mais sur ce terrain, l’est-elle elle-même au sens strict du terme ? Diverses sources sur la toile indiquent simplement qu’elle a soutenu en 1991, son habilitation à diriger des recherches en histoire (HDR), ce qui ne l’avait pas empêchée en 1979 de s’orienter vers la rédaction d’une histoire de la psychanalyse en France. Démarche donc légitime chez l’une, et crime de lèse-majesté chez l’autre ? " Je propose ici une histoire nietzschéenne de Freud, du freudisme et de la psychanalyse : l’histoire du travestissement freudien de cet inconscient en doctrine " (P 32) Voilà toute l’entreprise de M.O. Et contrairement à l’affirmation d’E.R en conclusion de son article, ce ne sont pas des " considérations marchandes qui ont conduits à cette publication ", mais l’aboutissement logique du travail de M.O entreprit depuis la création l’université populaire (UP) de Caen en 2002. Ainsi, dans le cadre de sa contre-histoire de la philosophie, après avoir commencé avec les présocratiques, avant d’aborder le christianisme hédoniste, puis les libertins baroques, les ultra des Lumières, les radicalités existentielles du XIXe siècle, avec les figures centrales d’Henry David Thoreau, Schopenhauer et Stirner, la construction du surhomme enfin, avec Nietzsche, M.O arrivé XXe siècle se trouva confronté à la figure de Freud, pour laquelle, sur la foi de ses lectures passées, il avait un priori favorable : " je me proposais de le lire comme un philosophe vitaliste développant sa théorie dans le lignage de Schopenhauer et de Nietzsche " (P 31). Comme " il n’y a pas d’idées pures qui tombent d’un ciel des idées pures ", l’évidence s’impose : la biographie influe sur l’œuvre et réciproquement. D’où sa méthode de travail : " lecture de l’œuvre complète in extenso, car la plupart des cartes postales procèdent d’une certaine fainéantise intellectuelle. Pourquoi travailler l’œuvre intégrale si l’on peut se contenter (…) de répéter la vulgate à longueur de temps ? " (P31). Ainsi, outre l’édition des œuvres complètes de Freud, lues dans l’ordre chronologique, M.O a aussi exploré les correspondances et y a " ajouté les biographies utiles pour agencer et lier l’ensemble, puis contextualiser les productions intellectuelles dans la vie de l’être, de sa famille, de son époque, de son temps ". (P32)
 
Mais revenons à l’article : lorsque E.R écrit, " M.O ignore tout des travaux produits depuis quarante ans par les véritables historiens de Freud et de la psychanalyse les véritables historiens de Freud ", en plus d’être manifestement faux, il faut bien sûr entendre ici que les seuls historiens accrédités de Freud, ne peuvent être que les thuriféraires du maître viennois ; ceux adoubés sur l’autel du saint divan. Un peu plus loin, après quelques glissements sémantiques, survient l’inévitable diatribe où les gros mots attendus sont lâchés : M.O " réhabilite le discours de l’extrême-droite française avec lequel il entretient une réelle connivence " ; " …il y a dans un tel livre et dans les propos tenus par l’auteur une volonté de nuire qui ne pourra, à terme, que soulever l’indignation… ". Ainsi selon la papesse française de la psychanalyse, M.O est donc un nuisible qui tient un discours d’extrême droite suscitant l’indignation de tous les thérapeutes soignant les 8 millions de personnes " traitées par des thérapies qui dérivent de la psychanalyse ". Il faut admirer ce tour de passe-passe. Non seulement E.R dit à peu près le contraire de ce qu’elle disait en 2005, ou elle affirmait qu’il n’y avait en France que 5000 psychanalystes, et qu’il ne fallait surtout pas les amalgamer avec les thérapeutes d’orientation psychanalytique(2) , mais en outre l’argument est en soi fallacieux : en quoi en effet, par exemple, la critique de la culture OGM en plein champ soulèverait-elle l’indignation des 800 000 personnes employées en France à titre permanent par l’agriculture, voir tous ceux qui en dépendent, c’est à dire toute la population ? Mystère…
 
La suite est du même tonneau : " Onfray ne connaît rien à la vie de Josef Breuer, Wilhelm Fliess, Sandor Ferenczi, Otto Rank, Ernest Jones, Alfred Adler, Carl Gustav Jung, Melanie Klein, Marie Bonaparte, Lou Andreas-Salomé, Anna Freud… ". Cette liste, longue comme un drap de lit, vise sans doute à impressionner le lecteur candide. Hélas, c’est une affirmation gratuite qu’on pourrait tout aussi bien lui jeter à la face. Inutile de démontrer l’inanité d’une telle argumentation.
 
Autre crime impardonnable aux yeux de la madone de la psychanalyse : M.O " s’appuie sur (..) "Le Livre noir de la psychanalyse", qui réunit une quarantaine de contributions. Si Freud y est traité d’escroc et de menteur, avide d’argent et incestueux par le courant historiographique révisionniste américain… " Des révisionnistes donc ! Franchement, pour moi qui l’ai lu je n’y ai rien trouvé de tel ; tout au contraire un démontage argumenté d’une vaste entreprise de falsification opérée depuis plus d’un siècle par Freud et ses séides. Mais à défaut de pouvoir opérer une critique sur le fond, seule reste la vocifération et l’insulte. D’ailleurs, selon E.R que fait donc M.O à l’UP de Caen si ce n’est entreprendre " une révision de l’histoire des savoirs dits "officiels". ". A révisionniste, révisionniste et demi donc.
 
S’ajoute à la recette Roudinesco, une touche désopilante de psychanalyse gratuite (merci madame) : " Onfray se montre bien décidé à faire du pénis l’objet d’un culte phallique et volcanique " Ainsi voici démasqué un infâme phallocrate…. " Rebelle en émoi, hanté par le complot oedipien qui se serait abattu sur lui.. (…) Pour se venger de la haine que lui a inspiré sa mère, il a décidé d’attaquer celui qu’il considère comme le responsable de tous les complots contre le père : Sigmund Freud ". Phallocrate donc, et qui haïssait sa mère ! A pisser de rire, vraiment !
 
Puisqu’il faut bien s’essayer à quelques tentatives de critiques qui ont l’air un peu plus sérieuses, E.R, faute de mieux, ergote sur quelques dates. Et si elle reconnaît, ici ou là, les erreurs du maître, c’est pour mieux en atténuer la portée : " Quant à la collaboration des freudiens et de Jones à la politique d’"aryanisation" de la psychothérapie allemande orchestrée par Matthias Göring, elle est parfaitement connue des historiens : Freud a laissé faire ". Dont acte. Brouillons aussi les pistes : " Onfray attribue aux hagiographes d’avoir occulté la vérité concernant la sexualité de Freud. La réalité est toute différente : en 1923, Freud a en effet subi une opération de ligature dite "opération de Steinbach". Cet endocrinologue était l’un des premiers à avoir découvert la fonction des cellules interstitielles qui sécrètent les hormones mâles. En ligaturant les canaux, il pensait obtenir une relative hypertrophie des cellules et par conséquent un "rajeunissement" du sujet ". Encore une fois, quel rapport ? En quoi cela invalide t-il les thèse défendues par M.O ?
 
Pour dire vrai, il fastidieux à lire jusqu’au bout que cette caricature de pamphlet sinuant entre mauvaise foi et insulte… Car E.R, histoire sans doute de montrer à quel point M.O est un sinistre personnage, se répète, tourne en circuit fermé et enfonce le clou jusqu’à la nausée. Ainsi M.O défend un " …dieu solaire et volcanique, source de vie et antithèse absolue du judéo-christianisme créateur de guerre, de destruction et de pulsion de mort. Aussi bien Onfray fait-il alors de la psychanalyse le "produit d’une culture décadente fin de siècle qui a proliféré comme une plante vénéneuse" ("Le crépuscule", p. 566-567). Il reprend ainsi à son compte la grande thématique de l’extrême-droite française qui, depuis Léon Daudet, a toujours comparé la psychanalyse à une science étrangère ("boche" ou "juive") "… Allez, lisons entre les lignes, l’accusation vaut condamnation : M.O est antisémite aussi, même si ce n’est pas expressément dit. C’est exactement le type d’argument qu’avait asséné Gérard Mordillat à l’issu d’une conférence à propos de son dernier ouvrage en collaboration avec Jérôme Prieur, " Jésus sans Jésus ". Alors qui lui était posé la question : " Que pensez-vous de la thèse défendue par Michel Onfray a propos de la figure de Jésus comme personnage conceptuel ? ". Ca c’est limite de l’antisémitisme, avait répondu cassant le cinéaste, prompt à déceler le mal pensant et prêt à l’expédier illico au bûcher !
 
Revenons au réquisitoire de cette véritable cerbère de l’orthodoxie psychanalytique : " En 1933, Edoardo Weiss, disciple italien de Freud, présente à celui-ci, à Vienne, une patiente qu’il a en traitement. Le père de celle-ci, Gioacchino Forzano, auteur de comédies et ami de Mussolini, accompagne sa fille. Au terme de la consultation, il demande à Freud de dédicacer un de ses livres pour le Duce. Par égard pour Weiss, Freud y consent : "A Benito Mussolini, avec le salut respectueux d’un vieil homme qui reconnaît en la personne du dirigeant un héros de la culture." (…) " On ne peut pas dire la dédicace timorée. Cependant la terreur des enfers conclut : " Sans connaître les détails de cette affaire, à propos de laquelle il se trompe lourdement, Onfray en conclut que Freud est un fasciste ", chose qu’il n’affirme évidemment pas en l’état, ni sans de longs développements. Extrait : " En politique, les publications en témoignent, Freud campe sur des positions publiques anti-communistes, antibolcheviques, antisocialistes, anti-social-démocrates et puis, de manière exclusivement privée, les correspondances le prouvent, sur des thèses favorables à l’austro-fascisme de Dollfuss et au facisme de Mussolini " (P 532)
Ce qui apparaît final à la lecture du livre de M.O, et de la critique d’une violence extrême qu’en a fait E.R, c’est un contraste saisissant.
 
Coté M.O :
Sur la foi de ses lectures passées, et de la présentation en classe de terminale des thèse freudienne comme vérités scientifiques, il est parti d’un a priori favorable envers la psychanalyse, faveur manifeste lors de certaines de ses conférences – ce qui je l’avoue m’agaçait quelque peu alors. Et s’il a lu " les œuvres des historiens critiques ", c’était en prévoyant, lors de la session des questions des auditeurs à l’UP de Caen, des interventions d’opposants à la psychanalyse. " Je m’attelais à la tâche, dit-il, avec en tête des idées fausses issues de la lecture d’historiens de la psychanalyse prétendument honnêtes (…) Ces gardiens de la légendes écartaient toute la littérature critique d’un revers de la main en la considérant comme " révisionniste ", antisémite, réactionnaire (…) Or j’ai lu ces livres : ils disent vrai… Cette découverte suscita donc pour moi une sidération sans nom : d’abord, ces auteurs n’avaient rien d’antisémite, ils se trouvaient faussement qualifiés de " révisionnistes " " ( P 33-34) Ce qui en ressort, c’est une grande probité intellectuelle, une capacité de remise en question peu commune à saluer.
 
 
Coté E.R :
Tout au contraire, on trouve ici la prose vindicative d’une idéologue, prisonnière d’un dogmatisme sur lequel repose toute son existence. Son système de croyances, ses valeurs s’articulent autour de la psychanalyse ; véritable colonne vertébrale, garante de l’équilibre psychique. Aussi n’est-il pas étonnant qu’à mesure que l ‘édifice psychanalytique se fissure et branle de toutes parts, les replâtrages n’y suffisant plus, E.R active, pour sauvegarder sa croyance, " toute une série d’items ‘amortissant’ les contradictions afin de protéger et de faire durer, autant qu’il est possible pour l’équilibre cognitif, une certaine vision mentale "(3) de la psychanalyse. " Ces éléments périphériques servent de " zone tampon entre une réalité qui la met en cause et un noyau central qui ne doit pas changer facilement " (C.Flament). Ils ont une plasticité qui leur permet de rendre adaptable la représentation aux éventuels démentis des pratiques sociales ou des informations venues de l’extérieur " (4) N’en ajoutons pas davantage. Ainsi voici l’apôtre de Sigmund condamnée à toujours plus d’agressivité, davantage d’excommunications, toujours prête à sonner l’hallali pour tenter de sauver ce qui peu l’être d’un naufrage irrémédiable…Une vielle dame au fond, outragée jusqu’à l’apoplexie ; Sisyphe au féminin vouée à l’imprécation éternelle…
 
Mais laissons la conclure :
Au terme de son furieux réquisitoire, Michel Onfray souscrit à " une thèse qui s’inscrit (..) " dans la plus pure tradition de l’idéologie complotiste française (d’Augustin Barruel à Edouard Drumont) - la main, l’œil et le nez de Freud"
 
Et la réponse de Michel Onfray :
Je découvrais dès lors l’hystérique combattant l’historique dans une guerre où, à l’évidence, les armes rationnelles de l’historien pèsent peu face à foi déraisonnable de l’hystérique qui n’hésite pas à recourir aux pires insultes, pour discréditer l’adversaire, donc éviter un réel débat d’idée ". (P 34)
 
Pour l’anecdote, en guise d’aparté finale, et pour illustrer comment peuvent fonctionner les croyances collectives, cette citation de Freud " J’ai remarqué, en analysant plusieurs musiciens, un intérêt particulier, et qui remonte à leur enfance, pour les bruits que l’on produit avec les intestins (…) Une forte composante anale dans cette passion pour le monde sonore " (Lettre à Stefan Zweig). S’il apparaît hallucinant que des gens sérieux, cultivés, peuvent souscrire à de telles énormités, c’est que les mécanismes de la croyance collectives fonctionnent ici à plein. Le fait que la psychanalyse ait pu être présentée comme vérité académique n’est pas neutre. A l’instar de la croyance au Père Noël, pour un individu, la croyance dans la psychanalyse " peu être acceptée rationnellement s’il a de bonnes raisons d’avoir confiance dans leurs sources (par exemple, le parent, le professeur ou le savant) ". (5) " Les individus naissent et grandissent dans une société où ces mythes sont déjà présents (…) Ils les acceptent en vertu d’un ’argument d’autorité’ ".(6)
 
A noter enfin que lors de l’émission ".Du grain à moudre " du jeudi 22 avril sur France-Culture le débat portait sur : " La psychanalyse est-elle encore vivante ? " avec précisément Michel Onfray et l’anthropologue Samuel Lézé, auteur de " l’Autorité des psychanalystes " (PUF, 2010). Julie Kristeva, quant à elle, alors qu’elle avait été invitée, n’a pas souhaité débattre directement avec Michel Onfray, préférant le faire par voie de presse.(7)
 
 Notes :

(1)http://bibliobs.nouvelobs.com/20100416/18956/roudinesco-deboulonne-onfray

(2)http://squiggle.be/la-psychanalyse-dans-la-presse/droit-de-reponse.html

" Ce n’est pas parce que des psychiatres et des psychologues ont une orientation psychanalytique que l’on peut les comptabiliser comme des psychanalystes sauf à vouloir affirmer, de façon péjorative, que l’influence de la psychanalyse est excessive et donc néfaste, ce que dit Le livre noir La seule comptabilité correcte ne peut s’appuyer que sur le relevé des annuaires auquel on ajoute un correctif, ce que j’ai fait en chiffrant le nombre de psychanalystes à 5OOO à peu près". (Elisabeth Roudinesco, septembre 2005).

(3) Gérald Bronner, "Vie et mort des croyances collectives" (Hermann, collection société et pensée, 2006, p 105.

(4) Op citée, p 105.

(5) D. Speber, La contagion des idées, Odile Jacob, 1996, p 127.

(6) D. Speber, "Individualisme méthodologique et cognitivisme", in R.Boudon & F. Chazel (dir), Cognition et sciences sociales, PUF, 1997, P 132.

(7)http://bibliobs.nouvelobs.com/20100422/19093/freud-le-debat-onfray-kristeva

 
par Axel (son site) samedi 24 avril 2010 - 65 réactions
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  • Par Immyr (xxx.xxx.xxx.132) 24 avril 2010 23:44
    Immyr

     Je vais donner mon avis en tant que professionnel de santé smiley

     L’effet placebo existe pour les médicaments effectivement. Un peu plus de 20% comme le souligne Onfray. Il fait une petite erreur seulement dans son interprétation, mais au fond ça lui redonne raison et je m’explique. L’effet placebo existe aussi bien pour les médicaments actifs (on va dire pour fâcher les adeptes de l’homéopathie) les médicaments allopathiques et les médicaments inactifs soit les médicaments homéopathiques. L’efficacité d’un placebo (du latin placere : pour plaîre) est un effet qui se délite dans le temps. J’utilise comme tout médecin généraliste l’effet placebo pour des pathologies que je sais bénignes et où je sais qu’il faut primum non nocere (d’abord ne pas nuire). Par exemple, un enfant qui a du mal à s’endormir et dont les parents réclament à cor et à cri, un médicament pour l’aider. Je ne vais pas commencer à le droguer à son âge, en sachant que c’est peut être à cause de l’examen de math de la semaine d’après qu’il s’excite. Je lui donne alors un perlimpinpinus à 30 CH (soit de l’eau claire) et tout le monde est content. L’effet placebo n’est pas dans le médicament,, mais dans la confiance de ses parents envers moi, et la confiance du petit en moi et ses parents. Les médicaments n’ont AUCUN effet placebo. Le placebo n’est que la relation entre le médecin, les parents et l’enfant dans cet exemple. 
     De même que l’effet nocebo (se sentir mal après prise d’un médicament auquel on n’a point confiance). Tout médecin sait qu’à partir du moment où son patient commence à lire les effets secondaires du traitement prescrit, il risque plus d’en ressentir certains d’entre eux, et celà de façon plus important s’il n’a point confiance dans le médicament prescrit.

     L’effet placebo existe même avec les médicaments anti-cancéreux et pas seulement au point de vue subjectif mais tout à fait objectivement. Tout médicament inactif anti-cancéreux peut entraîner la mort des cellules cancéreuses IN VIVO (dans le corps du patient) pendant les tous premiers jours. Ce qui démontre bien le pouvoir de persuasion du système neurologique sur le système immunitaire. Nombre de neurotransmetteurs ressemblent physiquement à certains gammaglobulines (les anticorps nous servant à nous protéger contre les maladies).

     Tout celà montre effectivement l’efficacité des relations humaines et de la confiance mutuelle dans le bien être de la population => effet placebo qui n’est point donc un effet chimique direct du médicament en question. Donc sur ce point Onfray a raison.

     Bien que sachant que la psychanalyse n’est point efficace, je fais généralement confiance à mes collègues psychiatres qui en majorité sont formés aux théories psychanalytiques. Pourquoi ? Non pas seulement à cause de l’effet placebo de la parole. Mais surtout parce que leur expérience leur a appris quoi dire et quoi ne pas dire dans certaines situations afin de ne pas AGGRAVER le cas d’un patient qui lui a besoin de parler. Les patients ne viennent pas pour écouter (ou alors dans le cas des pathologies purement organiques ce qui ne constitue que 30% des cas dans la médecine générale) mais pour parler. Et savoir écouter et parfois faire préciser certains points importants, voilà le travail du médecin. Alors quand adresse-t’on un patient à un psychiatre (et je ne parle pas des cas de psychose mais les névroses ordinaires) ? Quand on sait qu’on est en train de faire des erreurs dans la qualité de notre écoute que ce soit par ignorance ou par manque de temps.

     C’est aussi pourquoi je respecte mes confrères homéopathes bien qu’étant purement allopathe moi-même. Ils ont une qualité d’écoute, pour la plupart supérieur à la mienne (donc pour 70% des consultations), bien que sur le plan technique (les 30% restant), ils me soient pour la plupart inférieurs.

     Freud and Co. ont fait entrer l’écoute dans la pratique médicale (en réactualisant des théories venant de l’antiquité).Que la théorie de l’architecture psychique selon Freud soit fausse, est aussi probablement une réalité. Que la psychanalyse dans le sens feudien ne soit pas une science est un fait. Qu’elle ait ouvert des portes vers une meilleure écoute des patients est un fait aussi (bénéfice collatérale on va dire). 

     La prise en charge globale d’un patient souffrant est la voie royale du futur. Meilleure écoute, raffinage des techniques de prise en charge non médicamenteux en s’appuyant sur les progrès techniques, une meilleure compréhension de la chimie du cerveau et on va dire... une philosophie existentielle.

     Je suis conscient d’être un peu flou dans mes propos mais je vous remercie quand même de votre attention smiley

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