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Accueil du site > Actualités > Société > Le déni de grossesse

Le déni de grossesse

J’ai eu récemment dans mon service de suites de couche une patiente dont on me dit qu’elle est arrivée en accouchant la veille, aux urgences, presque sur le palier.
L’équipe n’avait aucun dossier, rien sur elle ; en fait elle n’avait aucun suivi.

Elle nous a expliqué qu’elle avait découvert sa grossesse tardivement et pensait être à 4mois et demi quand elle a accouché.

Cependant le bébé faisait post terme (peau sèche, poids normal, etc).
Malgré cela, elle n’a fait aucune échographie ni aucune prise de sang.
 

Déni de grossesse.jpg


En suites de couche, la psychologue est passée la voir et semblait inquiète, pensant que la patiente avait fait un déni de grossesse.

Dans ces situations, l’équipe se doit d’observer le lien mère-enfant pour ne pas que l’enfant soit en danger.

En fait, le déni de grossesse peut être un refus inconscient de la grossesse, le ventre ne grossit pas trop, il y a pas/peu de symptômes de grossesse (nausées, tension mammaire..). Le refus inconscient peut demeurer en refus inconscient du bébé que l’on a mis au monde, et cela peut avoir des conséquences graves : absence de soins ou soins inadaptés, et cela peut aller jusqu’à l’infanticide (cf procès récents)

Mais il se trouve que notre patiente était assez entourée (mère, belle mère…) et s’occupait de son bébé de façon très adaptée. Je l’ai vu répondre à ses pleurs, lui nettoyer son cordon, changer ses couches, poser des questions.

Ce bébé était certes discret, comme dans le ventre, mais un contact réel s’est crée avec sa mère. On peut penser que le fait d’avoir découvert sa grossesse, même tardivement, a été positif pour ce lien mère-enfant.

Comme quoi tout n’est pas tout clair, je ne sais pas si l’on peut dire qu’elle avait fait un vrai déni de grossesse ?
 

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12 réactions à cet article    


  • Harfang Harfang 2 octobre 2010 11:57

    Très intéressant !
    Finalement, on presque l’impression qu’il y a autant de cas différents que de patientes... Par ailleurs, j’ai ouïe dire pas la sage-femme qui a suivi ma compagne que les découvertes tardives de grossesse n’étaient pas si rares, est-ce exact ?


    • zadig 2 octobre 2010 13:05

      A l’auteur,

      Merci pour cet article (très concis)

      Le sujet est passionnant et mériterait un article plus étoffé.

      Le développement du bébé est il conforme aux normes ?
      L’environnement familial est il la cause de cet aveuglement ?
      etc etc ?

      Cordialement


      • Spip Spip 2 octobre 2010 14:50

        Sur le déni de grossesse, voir la thèse du Dr GRANGAUD, pédopsychiatre « Déni de grossesse, essai de compréhension psychopathologique » qui semble faire autorité actuellement.

        Il y aurait deux sortes de dénis : total ou partiel, le premier pouvant aller jusqu’à l’infanticide : c’est lui qui, effectivement, fait la une des médias.

        Dans le cas évoqué, ça a plutôt l’air très partiel, la mère ayant établi le contact et se recalant dans la réalité qu’elle a devant elle (contrairement à une autre pathologie redoutable : la psychose puerpérale)

        Ces faits indiqueraient-ils qu’en plus de la possibilité physique d’être enceinte, il faudrait être aussi, pour certaines, « prête dans sa tête » ? (désirer)

        Après tout, c’est peut-être ce qui nous différencie des autres primates...


        • Clojea CLOJEA 2 octobre 2010 16:47

          Les pédo psychiatres élaborent des grands théories pour en fait quelque chose de simple : Le refus de prendre responsabilité pour ce qui arrive. C’est tout. Qu’une femme n’arrive pas, soi disant, à dicerner quelle est enceinte, j’y crois pas. Donc, elle refuse de prendre responsabilité pour le bébé à venir. Elle a juste besoin d’un sévère réajustement des valeurs de la vie et de son entourage.


        • Spip Spip 2 octobre 2010 17:18

          @ CLOJEA

          Jugement moral, yaka, faucon, ça n’explique pas grand chose...


        • Clojea CLOJEA 2 octobre 2010 18:51

          @ Spip : Ce n’est une histoire de jugement moral, du style yaka comme vous le dites, simplement une histoire de prise de responsabilité. Dans cette société, grâce aux psychs d’ailleurs, on assiste à une déresponsabilisation à l’extrême depuis 40 ans.
          - Le criminel n’était pas responsable aux moments des faits (experts psychiatriques auprès des tribunaux) . Résultat, il ne va pas en tôle mais en HP
          - Gertrude se tord le pied sur le trottoir, mais c’est la faute de la Mairie
          - Machin fume 5 paquets de clopes par jour, il meurt, mais sa famille attaque la Seita. « il ne savait pas que c’était dangereux.... »
          - Micheline est enceinte, mais elle ne le sait pas (?) ou bien elle le sait mais ne prend pas la responsabilité.
          C’est la même histoire. Juste prendre responsabilité pour sa vie et celle des autres.
          Je ne juge pas, je constate juste une déresponsabilisation qui commence à peser lourd sur le devenir de la société actuelle.


        • Spip Spip 3 octobre 2010 01:03

          @ CLOJEA

          Je peux être d’accord avec vous sur une certaine déresponsabilisation qui serait dans l’air du temps. En ce qui concerne les malades mentaux, la question posée aux experts est : était-il en état de conscience au moment des faits ? Et certains, revenus entre temps à la réalité (bouffée délirante transitoire, par exemple) auraient préféré de la prison plutôt qu’aller en HP...

          Mais, amalgamer tout ça avec ce qui relève d’un syndrome encore insuffisamment éclairci, c’est comme mélanger les torchons et les serviettes.

          Savez vous, par exemple, que dans un déni de grossesse une échographie peut montrer un fœtus en position debout dans un utérus resté vertical ? (ce qui explique l’absence de prise de ventre) Ce genre de constatation est pour le moins troublant et ne se résume pas à « prends tes responsabilités ». Quant à l’entourage, jca a bien donné une illustration du problème.

          Le déni de grossesse n’est pas refuser de se savoir enceinte, c’est ne pas le savoir, avec une liaison corps/conscience qui pose question. Dans l’affaire Courjaut, c’est plus compliqué, il semblerait qu’elle aie avoué un sentiment de puissance en brûlant un de ses bébés. Là, on est aux confins de la folie...


        • anty 2 octobre 2010 16:24

          Les derniers évènements (Courjaut ,Cottrez) révèlent une nouvelle mode chez les françaises
          le déni de grossesse derrière lequel se cache tout simplement le meurtre d’enfants pour être plus simple.

          Il faut juste savoir qu’il s’agit vraiment d’une mode car ce phénomène ne touche que des françaises de souche............
          On a jamais vu (en France je le précise ) par exemple une musulmane s’amusant au déni de grossesse et tuer son enfant après la naissance.


          • Spip Spip 2 octobre 2010 17:22

            Parler de mode pour ce genre problème me semble à côté de la plaque.

            L’ancien PDG de France-Télécom utilisait le même terme à propos des suicides dans son entreprise...


          • anty 2 octobre 2010 17:43

            Là il s’agit souvent de meurtre

            C’est une nuance que vous maitrisez mal


          • Spip Spip 3 octobre 2010 01:42

            @ anty

            L’utilisation du terme « mode » quant il s’agit de questions de vie ou de mort est assez insultante et me hérisse profondément.

            Il existe deux sortes de déni de grossesse, partiel (la personne réalise en cours et à l’accouchement se comporte comme n’importe quelle mère) et total (elle ne réalise pas du tout et c’est le coup de tonnerre à l’arrivée)

            En cas de déni total, s’il y a parfois meurtre, il y a surtout des accidents, des défauts de soins au bébé, tout ça de la part d’une femme complètement dépassé par ce qui lui arrive.

            S’agissant de maîtrise de la nuance, il semblerait que ce soit plutôt votre problème, par manque d’information.


          • jca jca 2 octobre 2010 20:48

            Ma fille se sentant mal est allée voir son médecin ; elle y était déjà allée deux ou trois fois les quelques mois précédents. 22/15 de tension ! Palpation du ventre et envoi en urgence pour « une grosseur qui pourrait être une tumeur ». En fait, l’écho a révélé un fœtus, à terme. Une césarienne a permis la naissance d’un beau bébé, accepté avec grande joie car vivement désiré et ma fille se lamentait de ne pas devenir enceinte... Aucun problème d’accueil de ce magnifique cadeau sinon qu’il a fallu rapidement préparer la layette, un dodo, ...
            Incroyable et pourtant vrai. Ma fille n’avait jamais eu aucun symptôme et son médecin na jamais pensé à une grossesse alors qu’elle était allée le consulter pour une sciatique (de graossesse) et il lui avait prescrit des médicaments forts et dangereux pour son petit, sans se soucier ... C’est grave, docteur ?

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