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Le Dieu-marché est le maître du temps parce que vous le voulez bien. Ce Dieu dont la puissance repose sur votre impuissance

 L’époque des craintes est des paniques s’offre à nous, avec ce spectacle de gens qui courent après l’argent, la gloire, la jouissance et d’autres, gouvernants, politiciens et observateurs, qui s’agitent au lieu d’agir et quand ils agissent, c’est sans comprendre le monde. On le constate avec le mélodrame du triple A vécu passionnément en France. D’autres époques avaient plus de gueule. La passion du christ était à la hauteur d’une vie d’homme dotée d’une dimension tragique. La passion du triple A s’avère pathétique, tout comme le chemin de croix tracé pour la France, à porter le fardeau de la dette et inventer des plans de rigueurs successifs comme autant de stations. Méfiez-vous quand même, car au bout de ces stations, ce ne sera pas forcément la résurrection de la France mais peut-être le terminus. Tout ce monde frétille et s’agite sans pour autant avoir compris les ressorts de la société et ses tendances. La onzième thèse de Marx sur Feuerbach énonce que : « les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c’est de le transformer ». En la paraphrasant on peut traduire l’esprit de la classe gouvernante en ce début de 21ème siècle : quelques citoyens et philosophes essaient de donner du sens et de comprendre où va le monde mais on s’en fout, ce qui importe, c’est de corriger le monde. Et j’ajoute, d’évaluer si les corrections produisent des effets. Ce principe est partagé par des formations politiques de bords opposés qui n’ont pas forcément la même idée de ce qu’il faut corriger mais qui s’entendent sur le fait que le capitalisme doit être régulé, corrigé, ou mieux encore, moralisé. C’est un principe qui se généralise au monde entier et qui inscrit notre époque dans l’âge technologique. Nous ne sommes plus dans la société bourgeoise comme disait Marx, ni dans l’humanité socialisée comme l’espérait ce même Marx mais dans une société technicisée marquée par une hyper industrialisation ainsi que l’idéologie du calcul et des corrections. Qui sont en fait désignées comme solutions. Apportées aux problèmes des citoyens, français ou non, avec des ajustements si nécessaire et des arbitrages. Finalement, on peut se demander si le système capitaliste n’aurait pas trouvé son inspiration dans les thèses de Marx sur Feuerbach. Avec des sociétés ayant placé la vie technique, festive et collective comme substitut à l’utopie de la vie sociale pratique.

 La condition humaine ne se résume pas à la condition pratique. L’univers de la conscience transcende du point de vue formel la finitude des actions, objets et autres dispositions du monde matériel composé d’expressions finies se manifestant dans une succession de moments présents. La conscience a le choix entre deux processus, l’élargissement et le rétrécissement. Ces deux processus concernent les facultés cognitives qui chez l’homme, sont de loin plus puissantes que celles du règne animal. Des facultés qu’on ne confondra pas avec le système perceptif qui, chez l’animal, peut être supérieur à celui de l’homme. On pense à la vision de l’aigle, à la perception des ultrasons chez la chauve-souris ou à la finesse de l’olfaction chez le chien. L’évolution suit une ligne ascendante, celle du dispositif cognitif qui chez l’homme, traduit la faculté de vivre avec d’autres finalités que celle de perpétuer l’espèce en réalisant trois tâches nécessaires, se nourrir, se reproduire et échapper aux prédateurs ainsi qu’aux aléas climatiques. Peu à peu, l’homme trouve le sens de l’existence en dehors de la nature. La médiation de ce sens se construit progressivement et collectivement avec les arts, les techniques, la religion, le langage, l’éducation, le combat. La civilisation du 21ème siècle place l’homme dans un technocosme. L’animal ne vit pas dans l’histoire même s’il peut avoir une mémoire phénoménale. L’homme est un animal historique, vivant dans l’histoire et habité par le temps.

 Le dispositif théologal inscrit l’homme dans une histoire conditionnée par Dieu. La foi se porte sur la révélation, le passé, l’étude des livres sacrés. Le présent ordonne la charité. Le futur est marqué par une espérance. L’homme du 19ème siècle est bien plus encore un homme de l’histoire, la sienne, puis celle fictionnelle habilement narrée par les grands romanciers et enfin, la grande histoire, écrite comme roman national. L’histoire est même un prétexte à lier des amitiés épistolaires consignées dans des correspondances où leurs auteurs échangent leur vécu, sous forme d’anecdotes, événements, ressentis. Ce sont deux histoires qui se rencontrent. L’engouement pour le roman et le livre s’est légèrement étiolé dans les années 1960 avec le nouveau roman annonçant la fin de la graphosphère, remplacée par la vidéosphère. Fin du grand récit annonçait Lyotard en 1979.

 Le rapport au temps et à l’histoire est un marqueur de civilisation. Certaines activités se déroulent sur un temps long. La vie est longue. D’autres activités ne durent pas longtemps. La vitesse est arrivée avec les machines. L’homme se déplace plus rapidement. Le système industriel fournit en masse des objets nouveaux qui deviennent obsolètes aussi rapidement qu’ils ont été conçus et fabriqués. La vitesse fit l’objet d’un culte néopaïen, célébré par les futuristes. La technique modifie la perception du monde et la conscience du temps. Les gens aiment toujours se raconter leur vie. C’est très humain. Ils se prennent aussi au jeu et c’est le succès des séries télévisées qui elles aussi, racontent des fragments de vie. Regarder l’écran demande moins d’effort et d’imagination que de lire un roman. Le rapport au temps a également été changé dans le domaine des affaires économiques et politiques. L’investissement doit être rentable au bout de quelques années. Les politiques sont souvent faites de réformes et de correction dont les effets sont mesurés chaque année. C’est devenu un constat banal que celui du temps accéléré faisant que l’existence se conçoit et s’exécute dans une temporalité réduite, avec plus d’emprise sur l’instant, la prospective, le calcul, l’assurance et un relation plus déliée avec le passé. L’engagement sur le long terme est délaissé au profit de la succession de périodes d’expérience où l’on se dégage quand la relation est épuisée ou que l’on s’ennuie ou alors qu’on n’est plus satisfait et qu’on fait jouer la concurrence. Ces phénomènes sont constatés dans la vie professionnelle autant que dans les relations de couple. Un cadre supérieur ou un PDG est recruté dans une entreprise pour une mission de durée moyenne. Une fois la tâche accomplie, ce cadre peut choisir d’aller exercer ses talents ailleurs. Avant, dans les temps anciens, je parle des années 1960, les managers élaboraient des stratégies sur le long terme en se souciant du devenir de l’entreprise qu’ils dirigeaient.

 Les fins observateurs de la société l’ont compris, le rapport au temps s’est transformé et les actions s’inscrivent dans une perspective courte, que ce soit en politique, en recherche ou dans le système financier qui cherche le rendement rapide au lieu d’attendre patiemment les œuvres mûries dans le temps. Les comportements individuels épousent eux aussi cette tendance. L’époque ne cherche plus à se comprendre en se référant au passé, en imaginant des avenirs. Elle se donne comme tâche principale la correction des problèmes. En une formule, on dira que les équipes de technocrates cherchent les avaries du navire pour les réparer le plus vite possible sans essayer de comprendre si le navire va dans la bonne direction et si les avaries ne proviennent pas d’un cap erroné. On verra dans ce principe le pragmatisme politique en œuvre. Et qui ne manque pas de spécialistes, administrateurs, managers, conseillers et autres technocrates. Car le job paie bien son homme. Cette politique du court terme explique l’endettement progressif des pays européens. Tant que ça passe, on emprunte, jusqu’à ce que les agences de notation sonnent du tocsin en dégradant les notes des dettes souveraines.

Cette description du champ social et politique permet de configurer la place de l’homme. Les initiés à la philosophie ancienne verront sans doute quelque réminiscence de la pensée de Pic de la Mirandole, exemplifiée dans son traité sur la dignité de l’homme. Mais c’est surtout l’ombre de Nietzsche qui hante la nouvelle anthropologie que je tente d’esquisser dans cet essai. L’homme se singularise autant dans ses compétences pratiques (technique, gestion, résolution de problème, orientation, socialisation) que dans un rapport spécial au temps. Et c’est là toute la difficulté de cette approche qui différencie les types d’existence selon deux modalités, l’une tangible, offerte aux observations, visible comme toutes les objectivités et l’autre, invisible, logée dans le psychisme et le système cognitif, faite d’une inscription dans la temporalité et l’histoire, subtile mais pourtant bien plus fondamentale que la première. En suivant une piste nietzschéenne, je serais tenté de dire que ce qui fait la puissance d’exister d’un homme, sa grandeur, sa hauteur, c’est de s’inscrire dans une temporalité étendue, d’être constamment en chemin, certes, avec des stations, mais sur une route qu’il affronte, avec ténacité et persévérance, progressant telle une créature spinozienne mobilisant autant que faire se peut la puissance de son conatus. Une autre option consiste à suivre Pic et à tracer un portait de l’homme frappé de dignité lorsqu’il suit sa destinée. Certes, il n’est plus nécessaire de situer Dieu comme destination mais, en faisant de l’homme un être douée d’une destination, on l’inscrit dans une temporalité qui toujours le dépasse, incitant à attribuer une dignité à celui qui affronte un destin. Dans le schéma de Pic, l’autre voie, c’est celle de l’homme devenu bestial, possédant les facultés humaines mais les employant d’une manière tellement dégradée qu’il en devient inférieur en dignité à l’animal. Nietzsche a lui aussi dépeint un individu ayant perdu sa dimension humaine, c’est le dernier homme, créature dégradé qui n’a même plus le désir de vivre en poussant son chariot et qui en ce sens, en devient inférieur à l’animal qui lui, ne perd jamais son instinct. Ce qu’il faut constater, c’est l’inscription, dans une perspective temporelle atrophiée, de l’homme destitué de sa dignité ou de sa puissance d’exister. La dignité de l’homme se conçoit dans l’Histoire ou dans son histoire. Le jeu peut être un agréable divertissement ou servir l’errance.

 La technologie servirait-elle de prothèse existentielle ? Proposant un horizon d’attente limité au cadre du jeu et résolu dans ce même cadre. Attendre les derniers objets high-tech, les nouveaux jeux vidéo, les produits culturels de masse, les nouvelles des célébrités, les résultats sportifs, les catastrophes, les nouvelles du temps. Nous voyons une fois de plus se dessiner la frontière entre le secteur social des puissants, ceux qui usent des technologies et des réseaux en étant placés dans les endroits tactiques où l’on peut déclencher et recevoir la puissance. Les autres, ils attendent. Celui qui attend reste impuissant et dépendant du temps. Attention à ne pas confondre la simple attente avec la patience, qui est une vertu cardinale et avec l’espérance, qui est une vertu théologale. Et maintenant, entendons les, ces partis politiques qui la plupart, s’érigent en producteurs de solutions pour répondre, selon une formule consacrée, « à l’attente des Français ». Cette formule recèle sans doute un aveu sémantique qu’on peut traduire ainsi : ils sont les surpuissants et nous sommes les impuissants. Peut-être, la liberté a été oubliée entre temps. Puissance et voie, autre débat et pour ne rien conclure, un déplacement du regard offert par ce propos apparemment trivial mais recélant néanmoins une profonde sagesse philosophique :

 « Aristote dit cette chose étonnante, que le vrai musicien est celui qui se plaît à la musique, et le vrai politique celui qui se plaît à la politique. « Les plaisirs, dit-il, sont les signes des puissances. » Cette parole retentit par la perfection des termes qui nous emportent hors de la doctrine ; et si l'on veut comprendre cet étonnant génie, tant de fois et si vainement renié, c'est ici qu'il faut regarder. Le signe du progrès véritable en toute action est le plaisir qu'on y sait prendre. D'où l'on voit que le travail est la seule chose délicieuse, et qui suffit. J'entends travail libre, effet de puissance à la fois et source de puis­sance. Encore une fois, non point subir, mais agir. » (Alain, Propos sur le bonheur)


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17 réactions à cet article    


  • easy easy 10 février 2012 09:30

    Papier, moquette, passe, partout, tons, greige, motif, banal, suffisant, tapisser, chambre, bonne, fissures


    • ARTICLE SUPERBE

      résumons .messieurs les beauf francais...voyez vous vraiment la dérive a laquelle nous assistons actuellement./la gloire et le fric ont remplacé « liberté...égalité...fraternité »

      LA DROITE POPULAIRE VA FAIRE EXPLOSER LA COCOTTE MINUTE.CAR ILS NE SONT PLUS CAPABLES DE SE DEPETRER ETANT DES LOBBYSTES AU SERVICE DES GRANDS GROUPES INTERNATIONAUX BANKSTERS...MEDICAUX...PETROLIERS. ILS sont foutus...ils ont mis les mains dans l’engrenage DU TOUJOURS PLUS DE FRIC....Tant pis pour le peuple...qui n’est plus représenté................

      ls ne sont plus nos représentants mais ceux du DIEU FRIC..


      • JL JL1 10 février 2012 11:46

        Bonjour,

        le texte m’a surpris : avec un tel titre, je m’attendais à plus de factuel (1)

        Vous écrivez : « Cette politique du court terme explique l’endettement progressif des pays européens. Tant que ça passe, on emprunte, jusqu’à ce que les agences de notation sonnent du tocsin en dégradant les notes des dettes souveraines. » Oui, de fait, les marchés financiers sont irrationnels : tant qu’ils ont confiance, ils poussent au crime (2). Puis quand ils prennent peur, alors ils cherchent à récupérer leur capital : ça fait hausser les taux de crédit. Pourquoi changeraient-ils ? Si ça casse, ce n’est pas eux qui paient.

        Vous dites : « Dans le schéma de Pic, l’autre voie, c’est celle de l’homme devenu bestial, possédant les facultés humaines mais les employant d’une manière tellement dégradée qu’il en devient inférieur en dignité à l’animal. » A ce sujet, je citerai ça : « Il y a des choses si dégoûtantes que seul un homme blanc est disposé à les faire. »

        Enfin, j’aurais aimé dédier votre dernier §, ce propos d’Alain au sujet du travail, aux quémandeurs de RU et autres revenus de vie ou rentes universelles.

        (1) Par exemple, quelque chose comme ça : La devise du lobby bancaire c’est : « donne moi ta planche à billets, je te prêterai de l’argent ». Pourtant "c’est l’État qui confère sa valeur à la monnaie par le seul fait qu’il exige le paiement des taxes et impôt dans la devise de son choix" ! (Bernard Lietaer), et aussi : "L’argent est basé sur la capacité à produire de la population laquelle capacité appartient à la population. " (Louis Even) Les banquiers, par le crédit, l’endettement et l’usure nous volent les possibilités qu’offre cette capacité. Les banquier sensés être des passeurs d’avenir, sont en fait, des voleurs d’avenir puisqu’ils se l’aménagent pour eux et seulement eux.

        (2) « Trois ingrédients sont nécessaire pour que la société de consommation puisse poursuivre sa ronde diabolique : la publicité, qui crée le désir de consommer, le crédit, qui en donne les moyens, et l’obsolescence accélérée et programmée des produits qui en renouvelle la nécessité. Ces trois ressorts de la société de croissance sont de véritables pousse-au-crime ». (Petit traité de la décroissance sereine : Serge Latouche).


        • jpm jpm 10 février 2012 12:49

          Merci JL de cette dedicace... « Aristote dit cette chose étonnante, que le vrai musicien est celui qui se plaît à la musique, et le vrai politique celui qui se plaît à la politique. « Les plaisirs, dit-il, sont les signes des puissances. » Cette parole retentit par la perfection des termes qui nous emportent hors de la doctrine ; et si l’on veut comprendre cet étonnant génie, tant de fois et si vainement renié, c’est ici qu’il faut regarder. Le signe du progrès véritable en toute action est le plaisir qu’on y sait prendre. D’où l’on voit que le travail est la seule chose délicieuse, et qui suffit. J’entends travail libre, effet de puissance à la fois et source de puis­sance. Encore une fois, non point subir, mais agir. » (Alain, Propos sur le bonheur)

          Effectivement les partisans du Revenu Universel ne disent pas autre chose... ils sont pour le travail libre et non subi. Debarasse de l´oligation de travailler pour survivre grace a un revenu inconditionnel et garanti, chacun pourra oeuvrer dans un domaine qui lui plaira... ou du moins, il trouvera son compte (proximite geographique, possibilite de se former ou meme tout simplement horaires de travail interessants).

          Nous sommes sont donc tres loin de l´idee de referendum lancee par un president aux abois.


        • JL JL1 10 février 2012 13:24

          « Les partisans du RU sont pour le travail libre et non subi. » (jpm)

          Dans la nature, il y a deux sortes d’animaux : les sauvages et les domestique. Les sauvages sont voués au travail pour survivre.

          Les seconds aussi, sauf s’ils ne sont bons qu’à être des parasites, des toutous ou de la viande.

          il appartient à l’homme d’aménager son travail de la manière la plus intelligente qui soit, mais pas de le supprimer, sauf s’il accepte d’être un jouet ou de la bidoche ! Ne me parlez pas d’être payé à faire ce qui nous plait : ne vous faites pas plus bête que ce qui est raisonnable.

          Quand on vous contre un argument, vous en présentez un autre, puis encore un autre, et un autre et cela, ad nauseum, puisque ce sont toujours les mêmes qui repoussent à l’instar des têtes de l’hydre de Lerne.

          Ad nauseum, c’est l’expression qui vous va bien : vous nous donnez la nausée.Comme l’hydre hideuse.


        • jpm jpm 10 février 2012 13:35

          JL, vous semblez decouvrir les principes de la discussion, ou chacun avance ses arguments et ou tout le monde n´est pas du meme avis.

          Alors pour la Nieme fois, ma vision du Revenu Universel ne s´oppose pas a la valeur travail, car au contraire elle supprime toutes les trappes a inactivite qui aujourd´hui decouragent certains allocataires de l´aide sociale de reprendre une activite declaree.
           
          Maintenant je ne comprends pas vraiment votre exemple sur les animaux... moi je prefere parler de l´humain et de sa dignite, qui peut passer par le travail mais pas seulement.


        • JL JL1 10 février 2012 14:31

          « toutes les trappes a inactivité » ?

           ?? C’est quoi ça encore ? Qu’est-ce que ça vient faire là ?

          Vous avez l’occasion de développer une nouvelle piste, ne vous privez pas : définissez ce que vous entendez par là, et à qui ça profite !


        • jpm jpm 10 février 2012 14:52

          JL, je ne peux que vous conseiller la lecture de l´article de wikipedia sur le sujet : http://fr.wikipedia.org/wiki/Trappe_%C3%A0_inactivit%C3%A9

          Les trappes à inactivité désignent les désincitations que connaît une personne sans emploi à en trouver un, notamment en raison de la perte de revenus d’assistance qui résulterait de l’obtention d’un emploi.

          Cela peut aussi concerner les gens qui travaillent et qui craignent de devenir imposables de peur de perdre certaines aides ou certaines bourses pour leurs enfants.

          Cela peut etre aussi une jeune veuve avec une pension de reversion, ou une personne en invalidite qui verrait ses droits reduits... voir purement supprimes s´il reprenait une activite declaree.

          Les trappes a inactivite sont donc tout simplement ce qu´on appelle des effets de seuil. Notre systeme social ne fonctionne pratiquement que comme cela. Je suis sur que vous avez deja entendu des gens raler parce qu´ils n´ont droit a aucune aide... pour quelques euros de trop sur leur fiche de paye. C´est dailleurs tout l´objet de la polemique sur l´augmentation cachee des impots... qui se cache derriere la non indexation sur l´inflation des tranches d´imposition.


        • JL JL1 10 février 2012 15:06

          jpm,

          Je suis capable de trouver le sens des mots tout seul, merci. Ce n’est pas ça que je vous demandais.

          Vous êtes bavard quand il s’agit de répéter vos mantras, de lire votre lettre au Père Noël. Jamais quand il s’agit de répondre à une question précise : à qui ces trappes profitent-elles ?

          Développez, mon vieux, montrez que vous savez établir un raisonnement, aboutir à une conclusion circonstanciée et discutable. Allez jusqu’au bout, ne restez pas dans les bribes de phrases qui réclament plus de divination que de compréhension. Sortez de la pensée magique : essayez de dire des choses concrètes, étayées, intelligentes. Vous connaissez ces mots, non ?


        • jpm jpm 10 février 2012 15:40

          Par definition ces desincitations a travailler ne profittent a personne... Pour les effets de seuil on pourrait dire que cela profitte aux organismes payeurs... qui limitent ainsi le nombre de beneficiaires. Malgre tout, les plus malins qui ont compris le systeme prennent garde de ne jamais les depasser... et finalement tout le monde est perdant.

          Sur ce, JL, je dois vous laisser a vos raisonnements car j´ai un avion a prendre et surtout, je ne suis pas ici pour faire votre education smiley


        • JL JL1 10 février 2012 17:16

          Quel enfoiré, ce jpm !

          incapable de pousser un raisonnement jusqu’au bout, non seulement il fuit lâchement le débat, mais de plus, il insulte son interlocuteur.

          D’un coté il prétendent qu’on ne comprend rien à leur mirifique RU, mais mis au pied du mur par une question pertinente qui le coince, et à laquelle il ne peut pas répondre, il botte en touche en prétextant qu’il n’est pas là pour faire mon éducation.

          Ce type est une véritable anguille de la pire espèce - et je mesure mes mots -, je crois que c’est la conclusion qui s’impose.

          J’espère que tous ceux qui ont cru en ce beau parleur ont enfin compris.


        • jpm jpm 11 février 2012 09:46

          JL je n’insulte personne moi, et surtout j’ai la politesse de repondre a vos interrogations lorsque vous ne connaissez pas ou ne comprenez pas un concept. Je ne vois pas ce que je peux faire de plus.

          Alors effectivement , je redis qu’il existe actuellement une foule de trappes a inactivite, et de seuils sociaux en tout genre, qui decouragent les gens de reprendre une activite... ou tout simplement de chercher a gagner plus, car pour quelques euros de plus ils en perdront beaucoup plus. Cela ne profite malheureusement a personne... car souvent cela bloque les gens dans la pauvrete et les contraint a la debrouille et aux petits boulots au black, ce qui n’est pas bon pour la societe.

          Avec une allocation universelle et inconditionnelle, cumulable avec tous les autres revenus, cet inconvenient disparait. Tout le monde a interet a travailler car tout revenu s’ajoute a l’allocation. Bon en contrepartie, ce revenu est fortement taxe... car il faut bien financer le Revenu Universel. Ainsi les plus riches qui payeront plus d’impots que le montant de leur RU payeront pour ceux qui gagneront peu et donc payeront moins d’impots que leur RU.


        • JL JL1 11 février 2012 10:22

          jpm,

          vous m’insultez en disant que « vous n’êtes pas là pour faire mon éducation » (sic).

          Ne faites pas le naïf  : vous savez bien que dans une polémique, on pose des questions, non pas pour avoir une réponse encyclopédique (!), mais seulement le point de vue de son interlocuteur ; afin de le pousser dans ses retranchements, de faire apparaître ses contradictions, puisqu’il se cache derrière des mots et des mantras.

          Vous dites : "il existe actuellement une foule de trappes a inactivité, et de seuils sociaux en tout genre, qui découragent les gens de reprendre une activité... ou tout simplement de chercher a gagner plus, car pour quelques euros de plus ils en perdront beaucoup plus. Cela ne profite malheureusement a personne.« 

          Le crime n’est jamais gratuit quand il est commis par le pouvoir » : il ne vous est pas venu à l’idée que ces « trappes à inactivité » avaient précisément pour but de "bloquer les gens dans la pauvreté et les contraindre à la débrouille et aux petits boulots au black «  ? La »débrouille" comme vous dites, est une aubaine pour l’économie souterraine.

          Bon, finissons en avec cette polémique stérile : ce sont les mêmes qui font d’un coté miroiter la perspective d’un RU, et de l’autre œuvrent sournoisement à l’anéantissement de l’État providence.

          J’appelle ça les libéraux ! A bon entendeur.

          Ah ! Encore une chose : La différence entre une lettre au Père Noël et un cahier des charges est la même qu’entre un dogme et une théorie : on peut discuter d’un cahier des charges, pas d’une lettre au Père Noël : votre RU n’est rien d’autre qu’une lettre au Père fouettard déguisé en Père Noël.


        • jpm jpm 11 février 2012 11:12

          Desole JL, nous n’avons pas la meme conception du debat honnete. J’avance des arguments et des faits concrets et je reponds aux questions franchement. Je ne me fais donc pas tout un film sur les intentions cachees de mes interlocuteurs.

          Je ne crois pas non plus aux theories du complot... mais plus a la betise des systemes et a l’incompetence des decideurs. Je tiens dailleurs a preciser qu’un grande partie de ces seuils ont ete decide par des organismes sociaux ou des syndicats. Alors a chaque fois les decisions repondent a un besoin reel, mais il existe toujours des effets de seuils avec des gens qui sont a la limite de pouvoir beneficier ou pas de certains accompagnements. Je ne crois vraiment pas que cela soit organise pour maintenir les gens dans la misere... mais c’est malheureusement souvent un effet de bord. Je le deplore tout comme vous.


        • JL JL1 11 février 2012 11:22

          Oui oui,

          on connait la chanson des VO, la théorie du complot, tout ça !

          Sinon, à part le RU (pardon Dugué), le texte ici, ça vous inspire quelque chose ?


        • Jason Jason 10 février 2012 13:00

          @ JL1,

          Aux trois ressorts que vous citez et dont la pertinence est parfaite dans notre époque, j’ajouterais le mimétisme.

          Tout est comparé, depuis les individus entre eux, les fameuses classes, les découpages statistiques, et jusqu’aux Etats. On veut être comme...


          • loco 10 février 2012 15:45

             Bonsoir,

             Si on veut être honnête, il faut séparer travail et emploi. Se « réaliser » dans le travail n’est possible que dans certains caractères de ce travail, que ne présentent pas tous les emplois tenus.

             Quant au rapport au temps, le crédit est la destruction du temps futur (hors les cas d’investissement heureux, bien sûr), et l’obsolescence la destruction du temps passé. D’où on voit le sacre du présent, non comme une donnée choisie, mais comme le prix des erreurs.

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