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Accueil du site > Actualités > Société > Le droit, cet humanisme ?

Le droit, cet humanisme ?

Dans leur ouvrage Ubu loi, trop de lois tue la loi, Philippe Sassier et Dominique Lansoy estiment que 1500 lois et 7000 décrets supplémentaires sont entrés en vigueur entre les années 2000 et 2008. Sur la période un peu plus vaste qui s'étend de 1986 à 2006, le Journal Officiel, document d’État qui recense les textes juridiques, compte non plus 10000 mais 17000 pages. Sans compter que cette tendance à l'inflation législative ne fait que prendre de l'ampleur.

Quand le juriste Portalis prononce son Discours préliminaire au premier projet de Code civil, il ne manque pas de rappeler qu'il ne faut « point perdre de vue que les lois sont faites pour les hommes, et non les hommes pour les lois ». Au sens large, la loi est un texte posant une règle juridique, de caractères obligatoire et coercitif. La loi paraît évidemment nécessaire pour harmoniser une communauté construite par des Hommes à qui l'on prête volontiers un caractère égoïste. Mais parce-qu'elle est par définition un outil puissant, elle pourrait bien devenir la toxine de notre temps si elle s'étend à des domaines qui ne nécessitent pas d'intervention législative. Ces domaines sont bien-sûr ceux que la conscience humaine (la « morale », terme que je n'aime pas employer) peut à elle-seule modérer.

L'Homme veut une législation qui arbitre entre sécurité juridique et progrès social. La loi en tant que norme à caractères obligatoire et coercitif assure la sécurité juridique, mais il est évident qu'aujourd'hui la création de lois nouvelles et le principe codifié de non-rétroactivité de la loi ne parviennent pas à rétablir l'équilibre de la balance.

Le nombre exponentiel de textes législatifs amène à se demander si aujourd'hui, nous n'avons pas fait de la loi une fin-en-soi alors que les rédacteurs du Code Napoléon eux-mêmes rappellent que la loi est un moyen et ne doit être respectée qu'à ce titre, afin d'éviter tout despotisme législatif.

Il semblerait de plus qu'inverser moyen et fin-en-soi soit une sorte de prédisposition naturelle de l'Homme, qui déjà applique celle-ci à l'argent comme l'explique Weber dans son Éthique protestante et l'esprit du capitalisme. Pour poursuivre dans notre comparaison avec l'argent, je pense que nous faisons aujourd'hui de la loi l'un de nos summum bonum simplement parce-que celle-ci n'a plus de visage, au même titre que nous avons perdu toute notion de ce qu'est l'argent depuis l'émergence des monnaies fiduciaires et scripturales. Nous confions au domaine administratif, nous institutionnalisons, nous déshumanisons dans des soucis de pragmatisme et d'utilitarisme. Nous injectons la loi comme l'argent dans les sphères les plus intimes de l'Homme, et nous défions ainsi tous les principes naturels. La loi nous maintient aujourd'hui dans l'« état agentique » décrit par Milgram dans sa célèbre expérience dont ne nous sommes finalement, à plus grande échelle, que les sujets asservis à l'autorité législative.

L’Homme se soumet aujourd'hui à un nombre quasi-incalculable de règles juridiques formelles alors qu'il n'est pas un animal prédisposé à se soumettre au joug d'une autorité formelle. Nous pouvons envisager deux conséquences à une telle constatation empirique. D'une part, l'Homme pourrait se soumettre aveuglément aux lois, mais nous pouvons imaginer qu'il finirait par en souffrir et les rejeter. D'autre part, l'Homme pourrait ne pas se reconnaître en l'autorité législative et se remettre ou bien à son libre-arbitre, ou bien à une autre forme d'autorité (religion, etc. – il à noter toutefois que je ne suis favorable à aucune forme d'autorité aliénante telle que l'est à mon sens la religion –).

Stirner, considéré comme le précepteur allemand du mouvement anarchiste au XIXe siècle, a été le premier à théoriser le danger auquel se soumet l'Homme dans son entreprise d'asservissement à la loi. Le philosophe rejette radicalement l'idée de loi, dans le sens où celle-ci ne peut déjà initialement pas assurer la prospérité des Hommes en société, et ne peut qu'en faire des « esclaves » de la législation. Le fait de promulguer une loi correspond la plupart du temps à transformer une règle informelle en une règle formelle, et ainsi à y associer une sanction formelle si elle n'est pas respectée. Aussi un arrêté municipal en date de novembre 2012 impose-t-il formellement aux habitants de la commune de Lhéraule de faire preuve de politesse envers les employés municipaux. Stirner n'y voit que l'engagement de l'Homme pour une législation peu évolutive et donc quasi-immuable, c'est-à-dire que la loi bride irrémédiablement le progrès social et l'aspiration de l'Homme à la liberté. Il est vrai que si Stirner ne connaissait pas à son époque les entrepreneurs de morale, le récent débat sur le mariage homosexuel (mariage pour tous, en novlangue) nous montrent que ceux-ci se heurtent encore à l'étreinte légaliste.

C'est Brecht qui écrit pour sa pièce Le Cercle de craie caucasien que « redoutable est la tentation d'être bon ». L'aphorisme du dramaturge allemand illustre finalement à merveille notre seconde hypothèse selon laquelle la surabondance législative conduirait l'Homme à se révolter contre elle-même. Moins développée que la première, l'idée est ici de se fixer sur le fait que l'Homme semble être naturellement disposé à vouloir ce qu'il n'a pas, à faire ce qu'il ne peut faire. Le verbe « pouvoir » doit être entendu dans un sens somatique autant que psychique, c'est-à-dire qu'il peut se référer à une incapacité juridique. L'argument énoncé dans le récent débat sur la légalisation du cannabis en France est d'ailleurs que la consommation est forte parce-que les citoyens (au sens d'Homme soumis à une législation) prennent plaisir à enfreindre la loi, et donc, en somme, à flirter avec l'illégal. Aussi l'on peut supposer que plus la loi paraît contraignante, plus l'Homme qui doit s'y soumettre aura la volonté d'y contrevenir. La multiplication des lois est donc bien dangereuse en ce sens que le citoyen n'y voit qu'un ensemble de règles prohibitives et non plus un moyen d'acquérir sa « liberté civile » ; et donc paradoxalement un ensemble de règles qui ne peuvent procurer plaisir et éventuellement liberté que si elles sont transgressées !

De plus, la loi est trop inflexible si on l'oppose au fait qu'elle ne codifie qu'une pensée unique. Dans un régime démocratique, puisque le législateur est élu par le peuple s'il n'est le peuple lui-même, la loi est certes supposée refléter la « volonté générale » comme en dispose l'Article VI de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Toutefois, j'ai la conviction intime qu'une grande majorité du peuple, cette majorité, se soumet sans discernement à différentes autorités telles que l’État, la finance, etc., et que sa pensée est donc nulle car complètement aliénée par les entreprises de manipulation auxquels s'adonnent quelques visages humains parfaitement utilitaristes, cerveaux mal conçus de ces autorités.

Enfin, il est impossible de dresser des règles générales dans une société alors qu'aucun des Hommes qui la composent ne partagent la même pensée. Les lois qui se multiplient sont dangereuses puisqu'elles ne font qu'asservir les citoyens à une pensée unique. Il est également inconcevable d'imaginer que la loi impose une hiérarchie des pensées alors qu'en se soumettant aux lois chaque citoyen aspire à la liberté d'agir selon sa propre pensée.

Ainsi, comment considérer le crime passionnel quand les romantiques du Sturm und Drang y voyaient par exemple non pas un crime mais bien le contentement helléniste ? Comment l'huissier de « La Chambre double » doit-il envisager les pratiques toxicomanes de Baudelaire, quand celui-ci ne cause pour autant aucun tord à d'autres Hommes, et voit même ainsi « la Vie en Beau » ? Comment les criminels devraient-ils être jugés si l'on prenait rigoureusement en compte la théorie du déterminisme de Spinoza ? Dans le second tome (A l'ombre des jeunes filles en fleur) du roman A la recherche du temps perdu, le Narrateur rencontre le peintre Elstir qui lui fait découvrir la beauté des falaises des Creuniers. Proust, comme d'autres écrivains, explique ici qu'il considère que la réalité n'existe pas (ou bien n'existe-elle que pour nous rassurer...) et est forcément subjective. A nouveau, la loi ne saurait traiter une telle pensée puisqu'elle doit forcément admettre que la réalité, bien que muable, existe.

La locution latine « Dura lex, sed lex », devrait donc être la plus fausse qui soit. Le philosophe politique Machiavel n'a-t-il pas dit que « la fin justifie les moyens » ? Il s'agit par exemple d'imaginer que certains des desseins les plus nobles ne pourraient être accomplis qu'en enfreignant impunément les lois : L'avortement de la Conspiration des poudres en 1605 divisent encore par exemple les consciences dans le monde entier...

Certes, l'institutionnalisation de la loi dont nous parlions en amont semble indispensable à une société composée de nombreux Hommes tous différents. Les lois ne se suffiraient donc à elles seules en tant que source du droit que si la communauté était réduite et que les Hommes étaient semblables autant sur les plans physique, morale et psychologique.

Or si une telle communauté existait, on peut penser que puisque les avis serait quasiment unanimes, celui qui y dérogerait serait naturellement condamné et alors les lois ne seraient pas nécessaires puisqu'elles fixeraient formellement des mêmes principes déjà établis naturellement entre tous les Hommes. Tout le paradoxe de la législation est bien que c'est notre grand nombre et notre individualité qui la rendent autant nécessaire qu'insuffisante.

En effet, il serait par exemple bien plus aisé que tous les Hommes soient hétérosexuels, puisque les lois sur la filiation contenues dans le Code civil sont fondées sur cette prémisse. Néanmoins, les revendications récentes de la minorité homosexuelle en France montre bien combien l'individualité des Hommes complexifie la tâche de la législation à fixer des règles générales tout en prenant en compte les revendications identitaires de chacun.

Ainsi, nous imaginons que l'échec de la loi peut être du au fait qu'elle dresse des règles générales dans un monde d'Hommes où aucune règle générale ne peut jamais être fixée, et où chaque situation trouve sa particularité dans des facteurs psychologiques, sociologiques, philosophiques, géographiques, etc. La loi ne doit pas être la principale source du droit, et ne doit lui être que ce que la gaine est au fil électrique. Le droit est finalement l'art par excellence de traiter en l'espèce.

Puisque chaque situation juridique dispose d'un intérêt particulier, et interdit ainsi au droit de reconnaître toute règle générale, il faut alors remettre le soin de faire le droit au magistrat. Le droit doit avoir confiance en ses magistrats et en leur sagesse. Le droit ne peut vivre sans humanisme, puisque le droit est un humanisme. Faire du droit, cela doit être croire en l'Homme ! Dans La République, Platon, élève de Socrate, soutient d'ailleurs que le citoyen chargé de la justice est le citoyen le plus vertueux, qui doit faire preuve à la fois d'équité et de tempérance. Dans ce cas, la raison d'être de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen est par exemple discutable, puisqu'elle formalise les droits naturels de l'Homme qui sont évidents – puisque naturels – pour les magistrats.

Plus prosaïquement, il est étrange qu'un juge impartial à la recherche d'équité ne puisse légiférer en l'espèce. Cela l'est d'autant plus lorsque des parlementaires et membres du gouvernement peuvent créer des lois à portée générale sans aucune connaissance des nombreux Hommes à qui elles s'appliqueront.


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37 réactions à cet article    


  • easy easy 27 décembre 2012 10:49

    Toutes mes félicitations Chloé

    « Dura lex, sed lex » devrait en toute lucidité passer à « Dura lex, asinus lex » ou plutôt, pour dire l’alcool du latinisme, passer à « Dura lex, loi des ânes » 


    • Romain Desbois 27 décembre 2012 10:57

      Dur Alex, tex mex, anus horribilis !!!!


    • Kookaburra Kookaburra 27 décembre 2012 11:31

      La loi Taubira de 2001 précise :

      «  La République reconnaît que la traite négrière transatlantique … constitue un crime contre l’humanité  » La loi stipule également que les programmes scolaires en histoire et en sciences humaines devraient se mettre à l’heure en accordant «  à la traite négrière et à l’esclavage la place conséquente qu’ils méritent.  » La traite et non les traites. Pour avoir voulu faire l’histoire d’un phénomène qui s’est étendu sur treize siècles et sur cinq continents, pour avoir montré que le commerce triangulaire n’était que l’une des composants et pour avoir refusé l’analogie entre la Shoah et le trafic d’hommes noirs, l’historien Olivier Pétré-Grenouilleau a été accusé de négation de crime contre l’humanité.

      (Olivier Grenouilleau, Les traites négrières, Gallimard, 2004)

      La loi Taubira est une des ces lois mémorielles, contre lesquelles 19 historiens avaient protesté. Les députés n’ont pas à légiférer sur l’histoire. Mais depuis que chaque lois porte le nom de son instigateur, l’orgueil pousse les députés a en faire.


      • Chloé 27 décembre 2012 15:28
        Et combien la réalité historique est aujourd’hui détournée pour devenir un simple outil de l’idéologie nationaliste ! Il n’y a qu’à se rappeler des polémiques qu’a par exemple suscité le projet de Maison de l’histoire entrepris par Nicolas Sarkozy en 2008. Le fait que le centre soit dédié à l’unique histoire de France ne laisse évidemment aucun doute quant à l’endoctrinement patriotique escompté, surtout dans un contexte de débat autour de l’identité nationale.

        Sinon, je trouve que vous soulignez un point très important que je n’ai pas mentionné dans l’article. Le pouvoir de légiférer n’est en effet pas entre les mains de sages mais plutôt de personnes à qui l’on a enseigné pendant des années l’art de convaincre et de persuader. Pas étonnant qu’ils ne voient plus en la politique et en le droit que des ustensiles pour contenter leur orgueil.

      • lulupipistrelle 27 décembre 2012 17:46

        Non pas d’idéologie nationaliste... de dénigrement de soi. Une oeuvre de castration psychologique. 


      • clostra 27 décembre 2012 13:35

        Comme nul n’est sensé ignorer la Loi et que pas une n’est explicitement enseignée excepté à ceux qui, ayant une bonne mémoire, étudient le Droit avec succès...

        On pourrait dire que ces « lois » - dont certaines ne sont pas abrogées mais simplement négligées : on cite volontiers l’interdiction faite aux femmes de porter le pantalon - sont en fait des fautes de paresse pour aller potacher la jurisprudence (ce que font, je crois, les anglais) : cette multitude d’articles de loi aurait deux fonctions :

        - l’une de permettre l’émotion primaire genre « je saurai m’en souvenir ! » (gravé dans la marbre) « Oeïl pour oeïl, dent pour dent »
        - l’autre de pallier les insuffisances des « hommes de Loi » en facilitant le référencement...

        On peut leur préférer des petites phrases sybillines telles que :

        « Tu ne tueras point, tout le reste n’est que littérature » Lacan
        « Ne faites pas à autrui ce que vous n’aimeriez pas qu’on vous fasse » Evangiles
        « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés, en amour et en vérité » Jésus
        « Si on vous frappe sur une joue, tendez l’autre » (= ne faites pas la même chose, mais faites autrement )

        et puis surtout, simplifier tout ce qui « tombe sous le sens »

        Pour ce qui ne tombe pas tout à fait sous le sens : on peut s’en référer à la Loi pour aller dénoncer toutes ces femmes qui portent le pantalon, jusqu’à ce que quelqu’un ait l’idée lumineuse de faire un peu de ménage pour alléger les statistiques de nombre de plaintes enregistrées...(autre façon de dégonfler des statistiques)


        • Chloé 27 décembre 2012 19:29
          Je suis bien d’accord avec votre raisonnement, qui permettrait de lutter contre l’inflation législative tout en rendant peut-être à la loi et aux hommes de loi leur part de légitimité !

          A part ça, je remarque que parmi les « petites phrases sibyllines » vous évoquez la religion chrétienne. Considérez-vous ici que l’autorité de ces phrases soit religieuse ou historique ? Je veux dire, leur autorité s’applique-t-elle aux croyants ou bien à toutes les sociétés historiquement chrétiennes ?

        • clostra 30 décembre 2012 11:25

          @chloé

          Bien sûr, il s’agit d’historicité, de l’histoire humaine en ce qu’elle a de différent de l’histoire animale et/ou de la vie : sa spiritualité (et non pas sa religiosité).

          Où, quand commence l’énoncé de la Loi ?

          Pourquoi toutes ces « guerres de religion » ?

          Pourquoi la religion veut-elle exercer le pouvoir ?

          La démocratie est-elle différente d’une religion ?

          La royauté est d’origine « céleste », pragmatiquement « céleste » (généalogie) - d’ailleurs, ça ne choque pas les anglais que leur Reine soit « chef religieux » des Anglicans.

          En quoi la Loi humaine est-elle différente de la loi animale ?

          etc

          etc


        • Jason Jason 27 décembre 2012 19:46

          « Plus on fait de lois, plus on fait d’infracteurs » disait à peu près Montesquieu.

          Merci pour cet article très riche en réflexions sur les lois et la motivation des législateurs.

          Beaucoup de lois sont trop approximatives et ne couvrent pas les réalités de terrain ou expériences quotidiennes. Je me suis penché sur les codes de l’urbanisme et de la construction. Eh bien, nombre de textes sont laissés à l’interprétation de techniciens locaux dans les DDT (Direction Départementale du Territoire), des Maires et leur clientélisme, et donnent lieu à des plans ou des réalisations complètement aberrantes. 

          L’absence de dialogue avec les usagers, de présentation de projets aux populations résultent à rcourir aux tribunaux administratifs qui ne sont pas mieux équipés pour trancher sur l’interprétations de lois qui sont très générales et donc approximatives pour les décideurs.

          Il y aurait en France 63 codes de lois, 7000 lois, 18500 décrets et encore plus de réglements.

          Dans un souci d’égalité, les lois couvrent tout le territoire et tous les habitants (citoyens ou non). Il en résulte une rigidité quant à leur application, des erreurs, et de grandes injustices. De plus, ceux qui les détournent, ouvertement ou subrepticement, n’encourent la plupart du temps aucune sanction dissuasive ou exemplaire.


          • Sword 28 décembre 2012 09:59

            Faux, cela dépends de la législation exemple :

            Un meurtrier, fait 48 heures (max) de garde à vue, et prends env. de 3 à 10 ans de prison.

            Un revendeur de drogues fait 96 heures (par défaut) de garde à vue et prends 7 à 15 ans alors que ses clients sont consentants, et que nul n’a porté plainte contre lui.

            Un alcoolique au volant paye 3points de permis et 2 500 euros d’amende, un fumeur de joint au volant paye 6 points de permis, 4 500 euro d’amende et doit « dénoncer » son fournisseur...
            Même s’il n’est plus sous l’effet du produit ou qu’il est simplement passager !

            Or certains neuroleptiques légaux sont bien plus dangereux et ne font l’objet d’aucune loi répressive au volant, il donc évident qu’il s’agit d’un parti pris contre une population bouc-émissaire produite en défouloir populaire et législatif.


          • Jason Jason 28 décembre 2012 11:22

            @Sword, J’aurais dû préciser qu’il s’agissait de droit administratif ou droit du commerce (Tribunaux de commerce). Pour le pénal, vous avez raison.


          • Jason Jason 27 décembre 2012 19:48

            Exusez : "des plans ou des réalisations...ABERRANTS.


            • Chloé 28 décembre 2012 12:19

              Votre réflexion est intéressante, puisque si je comprends bien vous situez le problème de la législation non pas d’abord en son principe-même mais au niveau de ses instigateurs.


              La question de l’obsolescence ou non de la séparation stricte des pouvoirs me paraît extrêmement complexe. Toutefois, je suis assez d’accord avec vous pour dire que le diktat des partis nuit sérieusement à l’efficacité législative, et qu’ainsi le pouvoir exécutif n’a pas à intervenir dans la construction des lois.
              J’extrapole et simplifie sans doute, en ajoutant qu’à nouveau le parti politique n’est plus un moyen de simplifier les rapports entre les acteurs du champ des sciences politiques, mais bien une fin-en-soi. Et c’est là toute la raison pour laquelle il pervertit le procédé législatif.

              Hélas depuis l’échec de l’Article 13 de la Constitution de 1946, qui attribuait la responsabilité de la création de lois au Parlement uniquement, la tendance est à favoriser l’intrusion du pouvoir exécutif dans la législation. Je citerais par exemple l’Article 34 de la Constitution de 1958 qui limite les domaines d’intervention du pouvoir législatif dans la législation, et l’Article 37 qui permet au pouvoir exécutif de voter des règlements à force de lois sur les domaines qui ne peuvent pas être couverts par le Parlement. Tout cela est sans compter le système d’ordonnances par exemple...

            • Chloé 28 décembre 2012 12:24

              (Et +1 pour Napoléon !)


            • Chloé 2 janvier 2013 13:20

              Le suffrage universel, la souveraineté du peuple, l’expression de la volonté générale... Voilà quelques hideux fondements de notre République.


            • easy easy 27 décembre 2012 23:14

              La situation globale serait la suivante :

              On aurait tout démarré au XIXème siècle en fixant tous les nouveaux alfas concernant non plus le roi mais le citoyen, ce qui faisait déjà bien des détails de lois à poser.
              Puis, les individus n’auront cessé de créer de nouveaux espaces pour s’en évader 

              Car l’état agentique suppose tout de même que l’individu reste dans le contexte agentique.

              Exemples de création d’espaces inédits depuis le XIXème : L’aérien, la laïcité, la scolarisation, le marin, le sous-marin, le souterrain, le vote des femmes, l’avortement, la contraception, la téléphonie, la télé, la loterie, la robotique, le ski, le balnéaire, les congés payés, l’espace, les pôles, l’informatique, le cinéma, la publicité, le web, l’europe, l’ONG, l’écologie, les drogues, l’euthanasie, la transplantation, la normalisation technique, le droit d’auteur, l’alimentaire, la distribution, la cartélisation, la finance, la médiatisation,...

              Il s’ensuivrait donc une course de vitesse entre les gens trouvant sans cesse des espaces nouveaux et la loi qui leur court après pour légiférer sur ces espaces.

              Si tel est bien le cas, ce n’est pas très coinçant mais la quantité de lois va indéfiniment augmenter jusqu’à ce qu’un jour on remette tous les compteurs à zéro comme au XIXème 

              Non seulement cette course ne serait pas coinçante mais elle serait même dynamisante 


               


              • Chloé 28 décembre 2012 12:42

                Les opposants à la critique de l’inflation législative, soutiennent que celle-ci est incontournable en raison de la complexification des liens sociaux depuis l’industrialisation puis la mondialisation.

                Argument très logique, complètement recevable. Mais argument néanmoins critiquable puisqu’il néglige les dérives de la loi d’ailleurs évoquées dans les commentaires, et ignore certaines considérations philosophiques notamment.

                Cela-dit en effet, si la multiplication des lois depuis la deuxième moitié du XVIIIe siècle et le XIXe siècle reste à mon sens discutable, elle semble ne pouvoir s’avérer qu’utile par la suite pour améliorer notre système législatif. Après tout, il n’y a que le briquet qui a été inventé avant les allumettes !

                D’ailleurs, je me faisais remarquer que la « déshumanisation » de l’argent que j’évoque est finalement davantage due au développement des crédits plutôt qu’à celui des monnaies fiduciaire et scripturale.

              • easy easy 28 décembre 2012 13:21


                Sous ses allures constantes d’avoir été là avant, les lois surgissent toujours après les faits commis (Dix commandements et code d’Hammourabi compris) 

                Ce paradoxe de l’allure a posteriori aura été indispensable pour que la loi soit autoritaire, pour qu’elle ait une autorité née de l’historicité « La loi est ainsi parce que depuis toujours c’est ainsi, parce que tout le monde l’a toujours acceptée »

                L’homme a tué, il a volé, puis il a eu la loi interdisant le meurtre et le vol
                Ce sont les faits commis qui induisent la loi

                La loi suit le mouvement de l’homme, elle lui court après partout où ce malin crée de nouveaux espaces hors-la-loi, tel le Far-West pendant un moment.

                Elle court après l’homme à robe retroussée mais se donne l’air perruqué de l’avoir devancé. Il ne faut donc pas la croire créative ou d’initiative.

                Il ne faut donc pas attendre de la loi qu’elle pratique quelque philosophie autre que l’éventuelle égalité de traitement dans certains pays.

                Une philosophie n’est pas une réaction mais une innovation
                Une loi est seulement une réaction à l’homme anguille


              • Chloé 28 décembre 2012 13:45

                Votre analyse est absolument pertinente !

                La loi s’établit donc à partir de constatations empiriques, à partir de l’expérience. Désormais, observons ce qu’est et ce que fait concrètement la loi elle-même pour l’améliorer.

              • soi même 28 décembre 2012 01:58

                 Revenons à nos classiques, qui on l’avantage d’être simple et humains.

                Premier commandement : Je suis le Seigneur ton Dieu.

                 

                · Deuxième commandement : Tu ne prononceras pas le nom de Dieu en vain.

                 

                · Troisième commandement : Se souvenir de sanctifier les jours festifs.

                 

                · Quatrième commandement : Honore ton père et ta mère

                 

                · Cinquième commandement : Tu ne tueras point.

                 

                · Sixième commandement : Tu ne commettras pas d’adultère

                 

                · Septième commandement : Tu ne voleras pas.

                 

                · Huitième commandement : Tu ne feras pas de faux témoignages.

                 

                · Neuvième commandement : Tu ne désireras pas la femme de ton prochain.

                 

                · Dixième commandement : Tu ne convoiteras pas le bien de ton prochain.


                et un réconfort avec les béatitudes,



                5,1 A la vue des foules, Jésus monta dans la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. 2 Et, prenant la parole, il les enseignait :

                3 ’’ Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux.
                4 Heureux les doux : ils auront la terre en partage.
                5 Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés.
                6 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés.

                7 Heureux les miséricordieux : il leur sera fait miséricorde.
                8 Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu.
                9 Heureux ceux qui font œuvre de paix : ils seront appelés fils de Dieu.
                10 Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux.

                11 Heureux êtes-vous lorsque l’on vous insulte, que l’on vous persécute et que l’on dit faussement contre vous toute sorte de mal à cause de moi.
                12 Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ; c’est ainsi en effet qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.’’


                Le jour où l’on serra digne de cela, il y aura plus besoin de loi qui sont un pansement sur une jambe de bois !





                • Chloé 28 décembre 2012 12:57

                  Toutefois, se soumettre au joug religieux est à mon sens pire que de se remettre aveuglément au joug législatif que je dénonce. Je ne précise d’ailleurs par que l’asservissement à un quelconque culte religieux est « aveugle », puisqu’il l’est nécessairement à partir du moment où l’on ignore jusqu’à l’existence de son socle, soit Dieu.

                  De toute façon... Dieu est mort. smiley

                  Maintenant toute la question est de savoir si l’Homme est capable de miser sur sa seule conscience pour vivre en toute prospérité avec ses homologues, ou s’il doit pour cela impérativement remettre une part de cette conscience à une autorité supérieure. A nouveau, il s’agit de ne pas dresser de règles générales : A mon sens, certains en sont capables et d’autres non.

                • soi même 28 décembre 2012 17:07

                  @ Chloé, toute la question est bien dans la liberté d’avoir librement choisie d’aimé ?

                  Tu vas comme même pas ne dire que les béatitudes soit une soumission ?
                  C’est un texte qui n’impose rien à personne.

                  1 A la vue des foules, Jésus monta dans la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
                  2 Et, prenant la parole, il les enseignait :
                  3 ’’ Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux.
                  4 Heureux les doux : ils auront la terre en partage.
                  5 Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés.
                  6 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés.
                  7 Heureux les miséricordieux : il leur sera fait miséricorde.
                  8 Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu.
                  9 Heureux ceux qui font œuvre de paix : ils seront appelés fils de Dieu.
                  10 Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux.
                  11 Heureux êtes-vous lorsque l’on vous insulte, que l’on vous persécute et que l’on dit faussement contre vous toute sorte de mal à cause de moi.
                  12 Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ; c’est ainsi en effet qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.’’

                  Avant de parlé de soumission, la personne est libre de se soumettre, c’est le propre même de la liberté que choisir , la soumission qui est toujours un acte vonlontaire, si ce n’est pas cela, on en est réalité esclave, et être esclave qui n’a rien d’une décision libre, c’est une contrainte imposé par la force.

                  Donc vivre dans la société des hommes à défaut d’être libre de choisir, on est esclave des lois tant que l’on a pas compris que de se contraindre on en deviens libre intérieurement.


                • Chloé 29 décembre 2012 14:31
                  Nous nous rejoignons au moins sur un point, à savoir que choisir de se soumettre à la loi n’est absolument pas un tord. Par contre, encore faudrait-il savoir ce qu’est la loi !
                  Nul n’est censé ignorer la loi mais tout le monde l’ignore puisqu’elle n’est l’objet de quasiment aucune publicité, et dans sa forme-même elle reste très peu accessible. Je vous réfère également non seulement à l’article mais aussi à ses différents commentaires : Le système législatif est biaisé par le fait qu’il s’étende excessivement sur certains domaines, par l’orgueil de ses instigateurs, etc.

                  Quand on choisit de se soumettre à une autorité présentant des vices cachés (tiens, cela me rappelle d’ailleurs une autre forme d’autorité), alors oui, employons les grands mots, c’est un esclavagisme.

                • soi même 29 décembre 2012 16:30

                  je te répond par une citation de la Philosophie de la Liberté de Rudolf Steiner ;

                  « Lorsque Kant dit du devoir : « Devoir ! Nom sublime, nom grandiose, qui ne contient en toi rien d’aimable et recélant la flatterie, mais qui exige la soumission », toi qui « établis une loi (...), devant laquelle se taisent toutes les inclinations, même si en secret elles agissent en son encontre », l’homme qui parle à partir de la conscience de l’esprit libre lui répond : « Liberté ! nom accueillant, nom humain, toi qui contiens en toi tout ce qui est cher à la moralité, que mon humanité estime au plus haut point et qui ne fais de moi l’esclave de personne, toi qui ne te contentes pas de poser une loi, mais qui attends ce que mon amour moral reconnaîtra lui-même comme loi, parce qu’en face de toute loi qui ne lui est qu’imposée il se sent non-libre. »2 »

                  http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k114335c


                • Chloé 29 décembre 2012 21:38

                  Mais voyons, la « loi » dont il est ici question est la « loi morale » de Kant et non la loi au sens juridique... D’ailleurs la loi juridique n’est pas du tout morale par définition ! A partir de ce moment-là, répondre en faisant référence au rigorisme moral de Kant vous dessert bien plus que ne vous sert.


                  Kant explique donc ici que l’Homme doit choisir de se soumettre à sa morale pour être libre. Or, c’est si je ne m’abuse dans Critique de la raison pure qu’il explique que l’Homme est doté naturellement de cette morale. L’Homme libre ne se soumet donc qu’à une unique autorité (devoir), la seule qui soit endogène c’est-à-dire naturelle. Par opposition, les autorités exogènes (législation...) ne permettent pas à l’Homme d’être libre s’il s’y soumet, ou du moins pas complètement.
                  Effectivement dans ce cas, puisque l’Homme choisit de se soumettre à l’autorité de sa propre raison, il y a fort à parier qu’il fasse le choix de la liberté !..

                  (Deux critiques néanmoins de la morale kantienne qui me tiennent à coeur :
                  - Ne croyant pas en la morale, je parlerais plutôt d’auto-gestion de soi, ou quelque-chose comme ça.
                  - Rien ne prouve que tous les Hommes sont intelligibles, ou du moins pas au même degré.)

                • Chloé 29 décembre 2012 21:43

                  (Modèle du rigorisme moral de Kant que j’approuve donc globalement.)


                • soi même 30 décembre 2012 01:59

                  Visiblement t’as pas compris la réponse,
                  « l’homme qui parle à partir de la conscience de l’esprit libre lui répond : « Liberté ! nom accueillant, nom humain, toi qui contiens en toi tout ce qui est cher à la moralité, que mon humanité estime au plus haut point et qui ne fais de moi l’esclave de personne, toi qui ne te contentes pas de poser une loi, mais qui attends ce que mon amour moral reconnaîtra lui-même comme loi, parce qu’en face de toute loi qui ne lui est qu’imposée il se sent non-libre. »


                • soi même 30 décembre 2012 16:32

                  @ Chloè, t’as réponse colle mal à ce que tu affirmes, Révolutionnaire et utopiste.

                  To be, or not to be : that is the question :

                • Chloé 30 décembre 2012 23:48

                  Votre dernière intervention est fausse, mauvaise et inutile... Socrate en serait malade.

                  A part cela, je crains que notre échange n’apporte plus rien à quelque débat que ce soit, et ne devienne désormais particulièrement vain. Pour reprendre la prose de Rosanov, il semble de toute façon y avoir un « rideau de fer » entre nos idéaux.

                  Bien à vous donc, cher soi même.

                • soi même 31 décembre 2012 10:53

                  Merci de tes propos, c’est toujours intéressant de rencontre une grenouille qui veut faire le bœuf !


                • soi même 31 décembre 2012 18:43

                  @ Alain, c’est visible le brescherelle est ton maître à pense !


                • soi même 1er janvier 2013 16:21

                  La vantardise est le privilège de la jeunesse, l’éclectisme de ses points de vues est bien l’affaire du sot qui ignore sa sottise !

                  Bien à vous Alain, t’as toute la vie pour voir où là, tu pêches !

                  Et me prend pas l’excuse du matou vue, pour dénigré se qui veulent ramener à l’essentiel, car il évident que ton dernier propos reflète plus la bêtise qu’une subtil compréhension des autres !


                • Sword 28 décembre 2012 09:37

                  Très bonne analyse, mais des exemples plus concrets auraient étés plus judicieux !

                  En effet, la loi est sencée être humaniste, mais les réformes de politiques publiques ne le sont pas , et pire elles sont tout l’opposé de l’humanisme, car les lois publiques ont été promulguées par les partis constructivistes.

                  Par exemple, la loi sur les stupéfiants en est le meilleur exemple : 30 ans de prison pour des personnes honnêtes qui font pousser une plante médicinale utilisée depuis la préhistoire, est non seulement une hérésie, mais c’est une violation de la nature de l« homme et une agression contre la liberté de l’individu pour une majoruté de citoyens.

                  Cette loi d’origine raciste aux préceptes fascistes, à un but de pensée unique, elle est arbitraire et condamne le citoyen qui se rends libre de disposer de son bien-être offert par la nature, et en cela, il inconcevable que cela puisse »offenser" un public qui serait alors favorable à la persécution de citoyens par ce qu’il souhaitent disposer de leur propre santé alors défendue par la constitution.

                  L’auteur de cet article explique bien le principe de rejet de ce genre de réforme totalitaire, en effet, très peu de gens respecteront une telle infamie, et les conséquences catastrophiques de l’irresponsabilité du législateur se font déjà bien sentir dans la violence, les règlements de comptes, les conflits population-policiers, etc..

                  Le simple fait de classer des plantes naturelles dans un tableau qui en interdit l’usage est totalement stupide et ne peut pas s’appliquer bien longtemps sans en payer le lourd tribu.

                  Sachant que chacun (moi le premier) préférera toujours sont choix intime à celui d’une loi, on peut donc se droguer comme on le souhaite et la loi n’y fera absolument rien d’autre que de couter cher à la société sans lui rendre service en retour.

                  La drogue est un sujet personnel qui ne regarde pas les gouvernements, car cela dépends uniquement de la volonté de chacun et d’ailleurs, chacun en fait un usage différent qui rends toute loi ou réglementation irrespectable et irrecevable ;)


                  • Chloé 28 décembre 2012 14:01
                    Figurez-vous que j’avais précisément en tête l’exemple de la loi sur les stupéfiants quand j’ai rédigé cet article.

                    En fait je pense qu’il faudrait bien distinguer les lois qui agissent sur la sphère publique et les lois qui agissent sur la sphère privée. En l’occurrence, les premières ont à mon sens leur raison d’être, si elles se cantonnent bien-sûr à n’être que la « gaine du fil électrique ». Les secondes ne sont qu’une extrapolation, une exagération, un abus de l’autorité des premières.

                    Je m’explique en reprenant l’exemple de la loi sur les stupéfiants. Un argument parfois avancé par les partisans à sa pénalisation, est que la consommation outrancière de stupéfiants peut entraîner un comportement dangereux du consommateur pour les autres. De là, le législateur se permet d’affirmer qu’il est légitime de créer une loi radicale prohibant toute consommation de stupéfiants. Il y a ici un énorme amalgame entre le danger que peut provoquer une consommation exagérée de stupéfiants et la consommation de stupéfiants en elle-même. Il est évident que cette dernière n’a jamais été un « mal », et comme vous le rappelez, fait même partie de nos libertés les plus profondes.

                    Donc je suis bien d’accord avec vous : La première chose qui permettrait à la loi de regagner sa légitimité, serait de la remettre dans son rôle strict de garant de la prospérité commune, plutôt que de brider arbitrairement la liberté de chacun.

                  • clostra 30 décembre 2012 11:36

                    Revenons sur les erreurs judiciaires, sur le fait qu’un jugement devrait porter sur des actes et non pas sur des êtres.

                    Qu’est-ce qui a pu rendre plausible, réel puis « vrai » l’acte de Machin ? alors qu’il n’était pas l’auteur du crime pour lequel il avait été condamné ?


                    • fb 30 décembre 2012 15:16

                      Article très intéressant, merci ! Malheureusement le seul texte de loi que connaît vaguement le citoyen lambda c’est le Code de la route. Les politiques n’utilisent la loi que pour faire leur com’ ; l’intérêt général et la qualité technique ne sont pas de la partie.
                      Personne (ou presque) ne va lire le Code général des impôts, dans tous les cas c’est incompréhensible et même l’administration fiscale le méconnaît et doit s’appuyer sur des circulaires - qui ne sont pas forcément publiques - pour l’interpréter.
                      Autre exemple relativement récent la modification de décembre 2011 portant sur la copie privée : les députés et les sénateurs ont voté comme un seul homme un texte illégal (!) au regard du droit européen (décision Padawan de la CJUE) tout en s’asseyant sur une décision du Conseil d’état !

                      Le principe constitutionnel de l’intelligibilité de la loi est tout simplement bafoué en permanence et c’est de pire en pire. Le législateur « devrait avoir la main tremblante avant de modifier la loi », c’est raté.


                      • Hervé Hum Hervé Hum 30 décembre 2012 19:38

                        Chère Chloé, je vais vous aider à simplifier et clarifier ce qu’est la loi et le droit avec cette définition :

                        La loi est la philosophie du plus fort et le droit les concessions faites par le plus fort au plus faible en échange de sa soumission.

                        Maintenant pourquoi il y a explosion de décrets de la loi ? Pour trois raisons :

                        1) L’apparition de nouveaux domaines comme la génétique, l’internet, l’évolution des moeurs.

                        2) L’accès et l’explosion des procédures judiciaires par tous les acteurs de la société. Des plus riches aux autres classes sociales.

                        3) La volonté de maintien de la société dans un état de dépendance vis à vis de l’Etat, du pouvoir public incarné tant par le politique que l’administration. Où l’augmentation des décrets de loi ont pour but la justification et la nécessité d un Etat au dessus des citoyens.

                        Si par définition il est illusoire de pouvoir se passer de la loi dans une société, le fait que cette dernière augmente le nombre de ses décrets au lieu de les diminuer prouve que ladite société s’infantilise et s’aliène au lieu de voir ses citoyens se responsabiliser et donc s’émanciper de la force publique par l’acquisition de règles communes. Ces règles sont normalement établies par le contrat social et devraient suffire dans une société adulte donc avec une majorité absolue de citoyens responsables.

                        Ladite responsabilité se définissant comme la capacité de répondre de ses droits ET devoirs envers autrui....

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