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Accueil du site > Actualités > Société > Le fait c’est : fessée

Le fait c’est : fessée

Pour mémoire : Suite à la plainte de son épouse dont il est en train de se séparer (de manière conflictuelle précisent certains journaux), un père vient d’être condamné à une amende de 500 € avec sursis, par le tribunal correctionnel de Limoges, au motif qu’il a humilié son fils de 9 ans en le fessant cul nu. 

En entendant cette information, je suis tombée des nues sur le... Fondement ; je ne savais même pas qu’on pouvait être condamné par un tribunal pour avoir fessé un enfant, alors qu’en France il n’existe pas de loi interdisant la punition corporelle !

Le motif de la condamnation, lui, me laisse rêveuse. Le père est sanctionné parce que le tribunal a estimé qu’étant ainsi fessé déculotté, l’enfant était victime d’une humiliation. 

Du coup, je me suis rappelé le passé tumultueux de mes 10/12 ans de petite campagnarde chef d’une troupe de garçons. 

Nous alternions jeux périlleux et bagarres contre des bandes rivales de communes voisines qui nous valaient, les uns et les autres, tout autant d’horions et de vêtements déchirés. Avec un même résultat final récurrent : une énergique correction infligée par nos papas.

Nous sentions-nous humiliés d’être ainsi, fessés pour certains, fouettés avec martinet ou ceinture pour d’autres, dont mon frère et moi faisions partie ?

Jamais de la vie ! C’était à celui qui se vantait avoir reçu la pire correction et la gloire en revenait au père le plus sévère qui devenait automatiquement le papa le plus admiré. Une admiration qui rejaillissait sur son ou ses rejetons.

Ces réminiscences de mon enfance m’amènent à me demander si certains juges et membres du corps médical, - et en particulier les juges et membres du corps médical de sexe féminin -, ne se fondent pas sur leurs sentiments d’adultes pour conjecturer ceux des enfants. Ce faisant, j’en arrive à supposer que, dans le contexte (une correction infligée en toute intimité, sans spectateurs pour se gausser), il se peut bien que l’enfant n’a été que vexé par la fessée reçue.

Mais je doute fort qu’il se soit senti humilié. Une vexation est une blessure morale superficielle passagère ; une humiliation est une blessure morale profonde que l’on remâche longuement et dont on ne guérit pas.

Poursuivant mon raisonnement, je pense qu’une vexation ne se transforme en humiliation que lorsqu’il n’est pas permis à l’offensé de l’oublier. 

Or, il parait improbable que, depuis un an, le papa ait eu envie ou motif à rappeler de manière répétée cette fessée à son fils. Donc si le l’enfant a subi une humiliation pour une vexation qu’on ne lui a pas laissé oublier, qui en est responsable ? Qui porte la culpabilité de l’humiliation ?

Pour une plainte déposée, voilà bien des acteurs à plaindre me semble-t-il.

  • À plaindre, le père qui peut, lui, se sentir humilié après avoir été traîné devant un tribunal et s’être vu infliger une sanction pour avoir estimé à juste titre que son fils lui devait le respect.

(Rapporté par le journal Le Populaire du Centre « Depuis plusieurs jours mon fils ne me disait plus bonjour, je lui ai demandé pourquoi et il m'a répondu qu'il n'en avait pas envie, a expliqué devant le juge ce père, Je lui ai dit qu'il me devait le respect et oui, je lui ai onné une fessée. »)      

  • À plaindre l’enfant qui se sentira forcément responsable de l’humiliation infligée à son père et risque de s’en sentir coupable toute sa vie durant. 
  • À déplorer la relation désormais faussée entre le père qui se sentira à jamais dévalorisé au yeux de son fils et l’enfant à qui on a ôté, par une action de justice brutale et sans concession, le respect pour son père.

Ont-elles réellement mesuré l’impact de leurs interventions sur l’enfant qui désormais n’aura plus l’image du père comme exemple, comme soutien, et même comme émule 

  • La mère, que je soupçonne fort d’avoir agi par vindicte personnelle ou pour se garantir le droit à la garde de son fils en cas de séparation d’avec son époux,
  • La présidente du tribunal, forte de son bon droit et appuyée par la caution morale de la pédiatre Edwige Antier et autres médecins en accord avec ses théories (que moi je juge être des divagations intellectuelles) ?

Ont-elles mesuré qu’elles agissaient contradictoirement avec le principe énoncé par les psys que la présence conjuguée d’une mère et d’un père (même une mère et un père séparés) est nécessaire, voire vitale pour le plein épanouissement d’un enfant ?

La présidente du tribunal s’est-elle seulement arrêtée au fait que le père, cherchant à se faire respecter de son fils et usant d’une correction corporelle comme ultime moyen, se montrait plus responsable que bien des tribunaux qui, de peur d’être jugés pour une correction infligée à des délinquants, ne savent plus faire respecter la loi et par la même déconsidèrent la justice. 

Et toutes les parties qui ont jugé cette affaire et prononcé une sanction contre un père qui ne cherchait qu’à se faire légitimement respecter ont-ils mesuré qu’ils accordaient aux enfants mineurs de tous âges la permission de désobéir à leurs parents sans avoir à craindre de représailles.

Qu’on vienne donc ensuite me parler de la démission des parents. 


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138 réactions à cet article    


  • Rounga Roungalashinga 16 octobre 2013 08:57

    On ne sait jamais ce qui se passe réellement dans l’intimité des gens, mais le fait que ce garçon de 9 ans refuse de parler à son père laisse fortement soupçonner que la mère lui a monté la tête pour qu’il le haïsse. J’ai déjà vu d’assez près ce genre de choses, et le moins que je puisse dire, c’est que les ravages causés par cette attitude mesquine et puérile des parents ne sont pas minces. Détester l’un de ses parents n’est pas bon pour le développement de l’enfant, d’autant plus lorsque celui-ci, des années plus tard, découvre que tout ce qu’il croyait à propos de son parent haï était faux. Il faut savoir rester adulte dans le cadre d’une séparation, et ne pas ramener à soi le problème en gagnant les enfants à sa cause contre l’autre parent.
    En ce qui concerne la punition en elle-même, il est clair que le prétexte de l’humiliation est ridicule. La punition est, en elle-même, humiliante. Si on n’a pas honte d’être puni, on recommencera, car la honte passe moins rapidement que la douleur physique ou le sentiment de contrainte, dont on peut, dans certains cas, tirer une certaine gloire. Et puisque le juge n’a retenu que cet élément là, j’imagine que la sévérité de la correction n’a aucun rapport avec celles que Gorki rapporte dans Ma Vie d’enfant, où il raconte que son grand-père l’attachait à un banc pour le fustiger avec une verge jusqu’à ce que la peau soit complètement éclatée. Il semble qu’à une époque, les gens s’accomodaient de conditions de vie autrement plus horrifiantes qu’aujourd’hui, et que jamais ils n’auraient eu l’idée de porter ce genre d’affaires au tribunal.


    • La râleuse La râleuse 16 octobre 2013 14:12

      Bonjour Roungalashinga


      Ouaf, votre pseudo est original mais il prend le même temps à l’écrire qu’il en faut pour rédiger un article smiley

      Je vous remercie et pour l’intérêt que vous avez porté à ma chronique et pour votre commentaire dont j’ai pris connaissance avec d’autant plus de plaisir que nous sommes bien d’accord.

      Cordialement


    • Fergus Fergus 16 octobre 2013 09:00

      Bonjour, La râleuse.

      Entièrement d’accord avec le contenu de votre article qui permet de remettre en perspective la fessée et son rôle éducatif. Bien que ne l’ayant jamais pratiquée sur mon fils, mis à part 2 ou 3 tapes sur les fesses lorsque, par exemple, il faisait ses besoins à côté du pot, je persiste à penser qu’il n’y a pas, si j’ose dire, fouetter un chat dès lors qu’il n’y a pas de violence et que ce type de sanction est clairement associé à une faute de l’enfant. Les mauvais soins aux enfants, le délaissement et l’absence de manifestations affectives sont infiniment plus violents et porteurs de traumatismes durables.

      Un bémol concernant l’affaire en question : jamais le père n’aurait dû fesser cul nu un gamin de 9 ans. Trop âgé pour cela !

      A toutes fins utiles et bien que cela se soit situé hors du cadre familial, petit souvenir personnel : Au bon vieux temps des châtiments corporels dans l’enseignement catholique.

      Cordialement.


      • Fergus Fergus 16 octobre 2013 09:04

        J’ajoute à cela que, toujours hors du cadre familial, mon fils s’est un jour fait gifler par un instituteur, ce qu’il s’est bien garder de nous dire, à mon épouse et moi. C’est l’instituteur lui-même qui nous l’a avoué devant le gamin. Il va de soi que nous avons soutenu cet homme qui avait manifestement été poussé à bout. Il n’y a plus eu d’incident par la suite, comme quoi une simple gifle peut, dans certaines circonstances, être utile.


        • La râleuse La râleuse 16 octobre 2013 14:16

          Bonjour Fergus,


          L’anecdote que vous contez est toute à l’honneur de chacun des participants :

          - votre fils, qui n’est pas venu se plaindre, sans doute parce qu’il avait pris conscience qu’il avait tort et que le lui feriez savoir

          - l’instituteur, qui a fait preuve d’honnêteté envers vous et votre épouse en vous rapportant les faits

          - vous et votre épouse qui vous êtes montrés respectueux du jugement de l’instituteur.

          Mais je pense que nous avons reçu un même genre d’éducation et que, comme moi et mes camarades de classe, il n’était pas question de se plaindre d’une sanction de notre instituteur au risque de la voir cautionnée par notre père avec une punition supplémentaire smiley

          Amicalement,


        • Pale Rider Pale Rider 16 octobre 2013 09:39

          Merci pour cet article équilibré.

          Les bons apôtres des prétoires devraient juger la mère plutôt que le père ; c’est évidemment la mère qui a discrédité le père auprès du gosse. J’ai vécu un divorce ; mon ex-femme et moi avons toujours eu soin de veiller à ce que notre fils ait du respect et de l’affection pour ses deux parents, ce qui est toujours le cas presque vingt ans plus tard.
          D’autre part, nos distingués juristes commettent une grave faute de logique. Etant donné qu’on ne peut pas mettre un enfant à l’amende ou en prison, comme on peut le faire contre un adulte récalcitrant, que reste-t-il comme moyen de pression pour obtenir de l’enfant quelque chose qu’on estime juste, comme le fait de saluer son père ? On n’est pas au paradis sur terre ; la vie est faite de conflits, y compris avec les enfants dont l’innocence n’est qu’un mythe (Saint Augustin a peut-être un peu exagéré, mais pas tant que ça). Parmi mes trois enfants, il y en a un qui a pris pas mal de fessées. Vraiment pas possible de faire autrement. Et lui-même me disait hier que ça lui avait sans doute fait du bien. Moi, je n’en suis pas fier, ça me fait toujours mal au coeur. Mais entre quelques fessées et la prison où sont dirigés les gamins sans père et/ou sans autorité parentale, je préfère la fessée. Il est probable que les tribunaux pour mineurs soient remplis davantage de gosses qui n’en ont pas pris assez que de gosses qui en ont pris trop. Une étude à ce sujet serait intéressante.

          • La râleuse La râleuse 16 octobre 2013 14:14

            Bonjour Pale Rider,


            Sans vouloir faire passer les hommes pour des victimes - il en est qui sont de fameux salopards - j’ai, moi aussi, trop souvent constaté à quel point les mamans peuvent être retorses quand il s’agit de se garantir la garde des enfants.

            Je peux comprendre leurs sentiments mais je n’admets pas les pratiques déloyales ... Quand elles ne sont pas justifiées par une mauvaise fois identique chez le, ou un comportement réellement dangereux du, père.

            Cordialement



          • le naif le naif 16 octobre 2013 09:39

            Ce genre d’affaire décrédibilise la justice qui aurait mieux à faire en ce moment...


            • Fergus Fergus 16 octobre 2013 10:38

              Bonjour, Le naïf.

              Pas d’accord avec vous : la Justice doit prendre en charge toutes les affaires qui donnent lieu à plainte, qu’elles soient graves ou pas. Affirmer le contraire, c’est faire preuve d’une forme de démagogie qui s’exprime également à propos des policiers ou de l’action des gouvernements. Une société bien organisée doit pouvoir s’occuper avec le même sérieux tant des questions importantes que des questions secondaires.

              A noter que, dans cette affaire, les juges se sont prononcés sur le droit, et leur décision a été, quoi qu’on en dise, mesurée. Le père n’a d’ailleurs pas fait appel du jugement. 


            • TicTac TicTac 16 octobre 2013 11:19

              Fergus :

              Diriez-vous la même chose s’agissant du classement sans suite des plaintes d’une épouse victime de violences « non suffisamment caractérisées » ou auxquelles on ne donnera pas suite parce que « le rappel à la loi » est une sanction suffisante pour l’auteur des faits ?

              Je vous en tiens des caisses, de ces classements sans suite.


            • le naif le naif 16 octobre 2013 11:30

              Bonjour, Fergus

              Décidément, nous avons pas mal de points de désaccords

              "la Justice doit prendre en charge toutes les affaires qui donnent lieu à plainte, qu’elles soient graves ou pas.« 

              Il n’y a pas d’affaire en ce cas précis, c’est un problème familial, La justice n’a rien à faire dans cette histoire. Ou alors on peut déférer devant les tribunaux les 3/4 de la population française, moi le premier, car je l’avoue, j’ai du donner deux ou trois fessées à mon fils... et j’en ai reçu moi-même à peu près autant...

               »Affirmer le contraire, c’est faire preuve d’une forme de démagogie qui s’exprime également à propos des policiers ou de l’action des gouvernements. Une société bien organisée doit pouvoir s’occuper avec le même sérieux tant des questions importantes que des questions secondaires."

              Quelle démagogie ??? Vous êtes partisan d’une dérive à l’américaine, genre l’abruti qui fait sécher son chat dans un micro-onde et qui fait un procès au fabricant du four ??? Il faut être sérieux, il y a des priorités, je préfèrerai qu’on donne des moyens pour lutter contre les lenteurs de la justice ou celles des prudhommes... En ce domaine comme dans bien d’autres pendant qu’on traite ce genres de questions, on ne s’occupe pas de l’essentiel, c’est tout.

              "A noter que, dans cette affaire, les juges se sont prononcés sur le droit, et leur décision a été, quoi qu’on en dise, mesurée. Le père n’a d’ailleurs pas fait appel du jugement."

              Oui enfin même prononcé en droit un jugement aberrant reste aberrant, le fait que le père ne fasse pas appel, ne prouve rien, non plus. A sa place j’en ferai surement de même de peur de prendre plus cher encore...

              Maintenant sur le plan familial, quid de l’autorité parentale ???.... Vive l’enfant roi et ensuite on aura des Rosemar et des Nabum qui nous parleront de la démission des parents... A un moment il va falloir arrêter avec la schizophrénie.

              Entendons nous bien, je ne suis pas un adepte des punitions corporelles, mais en certains cas, une fessée vaut mieux qu’un long discours.


            • Fergus Fergus 16 octobre 2013 11:36

              Bonjour Tic Tac.

              Je dirais évidemment la même chose.

              Une chose est sûre : la Justice est faite par des Hommes pour des Hommes, avec les inévitables ratés ou erreurs d’interprétation qu’engendrent, ici ou là, les rapports humains.

              Pour ce qui est de la Justice, et cela se comprend, eu égard aux situations douloureuses des protagonistes, on a tendance le plus souvent (cela m’arrive également) à ne voir que les dénis ou les erreurs manifestes au détriment de toutes les affaires où les jugements sont rendus de manière équitable.


            • Fergus Fergus 16 octobre 2013 11:44

              @ Le naïf.

              « Il n’y a pas d’affaire en ce cas précis, c’est un problème familial, La justice n’a rien à faire dans cette histoire. »

              Eh bien si, il y a affaire car la plainte s’est appuyée sur un texte de loi. Il appartenait donc à la Justice de passer dès lors que la conciliation qui n’a pas dû manquer d’être organisée a été impuissante à convaincre la plaignante de retirer sa plainte.

              Sur le fond, je suis d’accord avec vous, ce type d’affaire ne devrait pas exister tant il relève des relations familiales, fussent-elles conflictuelles. Et c’est d’ailleurs ce qui se passe dans la vie : la grande majorité des personnes concernées par de tels faits ne se retrouvent pas devant les juges ou, si c’est le cas, acceptent une conciliation.

              Bonne journée.


            • TicTac TicTac 16 octobre 2013 11:53

              Fergus,

              ce que je disais plus bas, c’est qu’au-delà du prétendu impact psychologique sur cet enfant se pose la question du message envoyé aux parents et aux enfants.

              Ce genre de choses touche aujourd’hui les profs, la police, les parents.

              Que dire de cette justice qui classe sans suite des plaintes, administre des rappels à la loi avec facilité à des « gamins » délinquants notoires et qui sortent avec le sourire aux lèvres ?

              C’est ce message qui m’importe, et en l’occurrence l’impact que pourra avoir la décision sur les rapports que cet enfant aura ou non avec son père.

              Ce père avait probablement tort parce que la question du respect de son fils envers lui ne se règle pas avec une fessée.

              Mais tout le monde est fautif dans ce cas, et ce n’est pas cette décision qui amènera les protagonistes à se poser les vraies bonnes questions.

              Je ne reprocherais jamais une sanction judiciaire, quelle qu’elle soit.

              En revanche, il ne faut jamais perdre de vue que cette sanction a une vertu pédagogique et que pour être assimilée, elle doit être équilibrée, juste et répondre à cet impératif pédagogique.

              Je pense intimement que le Magistrat est passé à côté de son sujet et qu’il y avait moyen de renvoyer chacun dans ses buts, en gros, à ses responsabilités de parent et d’enfant.


            • le naif le naif 16 octobre 2013 12:27

              "Sur le fond, je suis d’accord avec vous, ce type d’affaire ne devrait pas exister tant il relève des relations familiales, fussent-elles conflictuelles. Et c’est d’ailleurs ce qui se passe dans la vie : la grande majorité des personnes concernées par de tels faits ne se retrouvent pas devant les juges ou, si c’est le cas, acceptent une conciliation."

              C’est exactement ce que je voulais exprimer dans mon premier post, sans avoir explicité ma position.

              Bonne journée à vous également


            • La râleuse La râleuse 16 octobre 2013 16:36

              Bonjour TicTac

              Je n’ai pas voulu interrompre votre échange avec Fergus qui est un interlocuteur de grande qualité.

              Mais sachez que j’ai lu vos commentaires avec intérêt et que je vous remercie d’avoir exprimé votre opinion.


            • La râleuse La râleuse 16 octobre 2013 16:37

              Bonjour naïf


              Ma foi, je ne vois pas ce que je pourrai vous dire qui diffère de ce que j’ai dit à TicTac.

            • TicTac TicTac 16 octobre 2013 16:44

              La Râleuse,

              C’est moi qui suis un malotru.
              Je débaroule sur votre fil de commentaires et je ne vous salue pas !

              Pardon et merci pour cet article et la discussion qu’il permet.

              Quant à Fergus, j’aime à discuter avec lui.
              C’est pas comme avec d’autres...suivez mon regard...

            • Fergus Fergus 16 octobre 2013 17:17
              @ Tiktak.
               
              Vous écrivez « Je pense intimement que le Magistrat est passé à côté de son sujet et qu’il y avait moyen de renvoyer chacun dans ses buts, en gros, à ses responsabilités de parent et d’enfant. »
               
              Comme dans toutes les affaires de ce genre, les magistrats préfèrent la conciliation. Manifestement, cette tentative - dont je ne doute pas qu’elle ait eu lieu - a échoué, la partie plaignante n’ayant sans doute pas voulu céder un pouce de terrain, forte de son droit. D’où le jugement devenu inévitable.
               
              Bonne fin de journée.

            • TicTac TicTac 16 octobre 2013 17:33

              Bof sur l’esprit conciliateur des Magistrats...

              Quant à la mère n’ayant pas voulu céder un pouce de terrain, c’est une évidence.
              Mais quel impact sur la décision du Juge ?
              Aucun, sur le principe.
              S’il suffisait de déposer une plainte avec constitution de partie civile pour emporter l’affaire... En réalité, ça a juste pour objet de contourner un classement sans suite.

              Dans la mesure où le délit est trouble...et que la jurisprudence elle-même semble dire que la punition à vertu pédagogique est admise tant que n’existe pas de volonté d’humilier, il me reste comme l’idée que c’est non pas le geste mais la déculottée qui a été sanctionnée.

              Voir deux décisions 1 et 2 (probablement les seules, d’ailleurs).

              Alors entre l’humiliation subie par ce père à qui le fils ne disait plus bonjour (pas envie, répond-il) et ce fils humilié par la déculottée, j’aurais bien vu une décision renvoyant chacun dans ses 16 m : pédagogie, vous dis-je.

              Quant à la mère, je l’aurais elle aussi condamnée...

            • Auxi 20 octobre 2013 21:29

              Parce qu’elle a été crédible un jour ? Il y a longtemps, alors…


            • Gasty Gasty 16 octobre 2013 09:48

              Ce sont des réflexions que je pense beaucoup on dû se faire immédiatement... sauf malheureusement la présidente du tribunal.

              La présidente du tribunal aura à assumer une lourde responsabilité sur le risque de dérives de ce gamin plus tard, par cette sanction imbécile à l’encontre du père et sans aucun doute plus condamnable qu’une fessée de remise à niveau .


              • La râleuse La râleuse 16 octobre 2013 14:17

                Bonjour Gasty,


                Je ne puis qu’être d’accord avec votre commentaire qui rejoint ma propre opinion.

                Nous ne nous quitterons donc pas fessés... Euh... Fâchés smiley


              • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 16 octobre 2013 10:05

                « Nous sentions-nous humiliés d’être ainsi, fessés pour certains, fouettés avec martinet ou ceinture pour d’autres, dont mon frère et moi faisions partie ? Jamais de la vie ! »

                Vous seriez encore un peu plus âgée, vous pourriez nous décrire toute sortes de tortures diverses et variées pratiquées au cours des époques passées, et qui étaient alors banales. Il y a quelques dizaines d’années, les détenus aussi étaient fouettés. Les flics avaient aussi la main beaucoup plus leste. Il y a aussi des pays où les adultes sont flagellés en public. Mais en quoi est-ce un argument ? 

                Les temps changent, et lorsque ce changement va dans le sens d’un meilleur respect du corps de l’autre, je ne vois pas matière à s’en plaindre. Pas plus que je ne vois de raison de se plaindre qu’on ferme les restaurants sales, car il ne faut pas regretter le temps où c’était encore plus dégueulasse, où ne se lavait qu’une fois par semaine, où le boulanger faisait tomber sa sueur et ses poils de nez dans la pâte à pain, ne se savonnait pas les mains après avoir été chié dans la cour, etc. ! 

                Les fesses sont une région intime même chez les enfants. La fessée est un jeu sexuel courant pratiquée entre adultes (Gougueul est votre ami), ce qui montre bien sa dimension érotique. Obliger un enfant à se dénuder pour lui taper dessus est un acte de barbarie ou pour le moins d’une très grande indécence. En outre, frapper un plus faible que soi est un geste qui inculque la lâcheté - geste que l’enfant reproduira presque toujours sur les plus faibles, des enfants ou des animaux incapables de se défendre. 

                Madame la Râleuse, que diriez-vous si un agent de police vous donnait une fessée déculottée parce que vous avez grillé un stop en voiture ? Ca ne serait pas une humiliation pour vous ? Et pourquoi cela ne le serait pas tout autant pour un enfant ? Vous pensez qu’un enfant de 9 ans n’a pas de pudeur ?


                • Rounga Roungalashinga 16 octobre 2013 10:23

                  Je pense que personne ne va regretter le temps de châtiments corporels. Je suis moi-même très content de n’avoir pas connu, dans mon enfance, le martinet, les coups de règles sur les doigts, ou l’obligation de se tenir à genoux sur une règle. Etant donné qu’il n’y a pas eu de dommages physiques chez l’enfant, la question n’est pas de savoir si le père a été excessif dans sa punition, mais de savoir si cela méritait de passer au tribunal. Il me semble que, si l’enfant a été secoué psychologiquement, il pourra s’en remettre sans l’aide d’un juge, et qu’au contraire cette condamnation ne fera que confirmer son sentiment de mépris envers son père, en lui donnant une validation officielle. Désormais il pourra afficher la plus haineuse détestation envers son père sans que celui-ci ne puisse, par un geste symbolique, y mettre des limites.


                • Deneb Deneb 16 octobre 2013 10:50

                  Un jour je suis arrivé à l’école avec une empreinte de main de mon père sur le visage, méritée ou pas, mes camarades se sont bien moqués de moi. Complétement d’accord avec Gaspard, il ne faut pas continuer à banaliser la violence physique dans l’éducation, c’est une tradition idiote. Quand on en est réduit à distribuer des torgnoles, il faudrait systématiquement se demander ce qu’on a bien pu louper pour en arriver là. Mais très peu de pères fouettards en sont capables.


                • Rounga Roungalashinga 16 octobre 2013 10:52

                   ne se savonnait pas les mains après avoir été chié dans la cour

                  « Est allé chier » ! Attention, ça n’a pas le même sens. Pensez à cet écriteau sur la loge d’un gardien de zoo entre midi et deux : « Le gardien a été mangé ».


                • le naif le naif 16 octobre 2013 11:35

                  @ Deneb

                  Toujours dans la mesure, entre une fessée occasionnelle et une maltraitance systématique, il y a une petite différence qui semble vous échapper.


                • Pale Rider Pale Rider 16 octobre 2013 12:25

                  Le portrait photographique de Gaspard Delanuit donne effectivement l’image irénique d’un être profondément pacifique et doux. smiley


                • Deneb Deneb 16 octobre 2013 12:26

                  Entre 100 coups de fouet en public et une lapidation, aussi. Mais dire que l’une est justifié et l’autre pas, c’est un peu aberrant, non ? Je pense tout de même qu’il y a d’autres formes d’éducation que celles héritées de l’idéologie judéo-chretienne : « je te fais souffrir, mais c’est pour ton bien ! ». Perdre son sang froid n’est pas éduquer.


                • Gasty Gasty 16 octobre 2013 12:55

                  Deneb

                  Un père a envoyé chier son fil... 6 mois ferme dont 2 avec sursis.

                  Ça c’est pour dans 20 ans.


                • Lemaïsjekiff Nestor 16 octobre 2013 13:06

                  Salut Pale Rider ...

                  « Le portrait photographique de Gaspard Delanuit donne effectivement l’image irénique d’un être profondément pacifique et doux. »

                  Ça veut rien dire ... tout comme on peut être pasteur et tabasser des gens qui en importunent d’autres ... Tous comme être pasteur et posséder un flingue et faire justice avec ... smiley

                  On ne peut servir dieux et mammon en même temps ... smiley ...


                • La râleuse La râleuse 16 octobre 2013 14:19


                  Bonjour Gaspard Delanuit 


                  Si vous avez des enfants arrivés à l’âge adulte qui ne vous ont jamais causé le moindre problème, avec lesquels tout litige a donné lieu à explications de votre part et compréhension de la part de vos enfants, ou vous êtes un pédagogue né ou vous avez eu de la chance.

                  Moi, il m’arrive même avoir envie de fesser les enfants braillards et turbulents d’inconnus.

                  Ceci dit, concernant la conclusion de votre commentaire, j’ai bien envie de reprendre une phrase de Coluche faisant parler une nana qui, d’un ton dépité, disait quelque chose du genre : « On m’a dit que tous les flics étaient des violeurs. C’est même pas vrai ; je suis passée plusieurs fois devant le commissariat et... Rien !  »


                • La râleuse La râleuse 16 octobre 2013 14:21


                  Bonjour Sabine, 

                  Bien sûr que nous ne nous vantions pas dès après la correction.

                  Nous étions bien trop occupés à geindre et pleurer.

                  Mais croyez-moi, les faits que je raconte sont authentiques et vous ne supputez pas assez de l’instinct de gloriole des enfants lesquels, même en souffrant encore d’une raclée reçue, peuvent l’utiliser comme faire valoir vis-à-vis des copains.

                  Cordialement,


                • La râleuse La râleuse 16 octobre 2013 14:27

                  Bonjour Deneb

                  Des parents peuvent en venir à infliger une correction corporelle à leur progéniture parce que, quoi qu’on puisse en penser, les gamins peuvent être d’affreux petits monstres fort capables de savoir pousser à bout la plus patiente des personnes... Ce qui n’est pas mon cas mais, j’ai eu la chance de n’avoir pas à sévir plus de deux fois.

                  Bon, la deuxième fois, il ne s’est jamais remis et à l’heure actuelle, 30 ans après, il est toujours dans le coma.

                  Mais non ! Je plaisante ! smiley


                • Aldous Aldous 16 octobre 2013 15:16

                  Que je comprends papa Deneb... smiley


                • Deneb Deneb 16 octobre 2013 15:31

                  « ...les gamins peuvent être d’affreux petits monstres fort capables de savoir pousser à bout la plus patiente des personnes... »

                  En effet, ils se forgent des repères, ils découvrent des limites. Que la sanction soit brutale ou intelligente, ils répercuteront plus tard cette façon de faire. Si l’on veut réduire la violence physique dans le monde (je pense qu’il y a urgence), on pourrait peut-être trouver autre chose que de leur taper dessus. Personnellement, les corrections ne m’ont jamais rien appris, l’ironie et les remarques acerbes oui. La douleur physique empêche de réfléchir et engendre les rancunes ; la blessure dans son l’amour-propre pousse, au contraire, à la réflexion et à la correction des failles de raisonnement, ne serait-ce que pour avoir de la reparti la prochaine fois. Et c’est bien ce qu’il faille leur apprendre : a raisonner, non pas de se soumettre.


                • Rounga Roungalashinga 16 octobre 2013 15:40

                  la blessure dans son l’amour-propre pousse, au contraire, à la réflexion et à la correction des failles de raisonnement

                  Dixit l’agoranaute qui se plaint sans arrêt d’être la cible de « trolls insulteurs ». Etrange de constater que la blessure dans son amour-propre que ceux-ci lui infligent ne l’incitent pas « à la réflexion et à la correction des failles de raisonnement ». Je crains qu’en terme de blessure, son amour-propre n’est pas encore près de voir le bout du tunnel.


                • Rounga Roungalashinga 16 octobre 2013 15:43

                  Evidemment le commentaire ci-dessus n’est qu’une « remarque acerbe », avec beaucoup d’ironie.


                • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 16 octobre 2013 19:08

                  Remarque grammaticale intéressante Rounga !

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