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Accueil du site > Actualités > Société > Le fameux modèle scandinave

Le fameux modèle scandinave

Quand on ne trouve pas les solutions chez soi, il est tentant de regarder ailleurs. Mais est-ce une option réelle ? Nous connaissons le discours récurrent sur la « faillite du modèle français », son déclin, en somme son échec définitif. Le thème a notamment été popularisé par l’essayiste Nicolas Baverez et son livre paru en 2003, La France qui tombe, et aujourd’hui, Nicolas Sarkozy, en tant que candidat à l’élection présidentielle, en a fait un axe central de son discours pour mieux mettre en avant la nécessité d’une rupture.

Dans ce contexte, il est tentant de regarder ce qui se passe ailleurs, dans une approche comparative typique des méthodologies habituellement appliquées au monde des entreprises - ce qu’on appelle souvent le « benchmarking ».

Traditionnellement et pour simplifier, on oppose le « modèle français », centralisé, protecteur, fortement étatisé - et qui aurait donc failli, au modèle anglo-saxon, libéral, flexible, dynamique, mais plus risqué. Mais ce modèle anglo-saxon est difficile à faire accepter et comprendre à nos compatriotes : il ne correspond ni à l’histoire, ni aux habitudes, ni au fonctionnement de notre pays. C’est là que, tel un lapin surgi de sa boîte, va apparaître le modèle scandinave.

Depuis très longtemps, les pays scandinaves sont caractérisés par une forte protection sociale, un très fort consensus politique et une fiscalité très élevée. On pouvait y voir soit, dans une vision négative, des pays où l’initiative était muselée, le mérite peu reconnu, et les incitations à entreprendre faibles, soit, dans une vision positive, des sociétés très égalitaires, où le citoyen « moyen » pouvait facilement s’épanouir. Les très bons résultats économiques des pays scandinaves au cours des dernières années ont sensiblement modifié cette perception, et aujourd’hui, ils sont cités en exemple. Par exemple, en décembre 2002, Stéphane Boujnah, ex-conseiller de Dominique Strauss-Kahn, publiait « L’Inoxydable modèle suédois », dans une optique où il souhaitait montrer, après les défaites de la gauche en France en 2002, que des solutions existaient pour impulser de nouvelles politiques économiques.

Cette soudaine attirance pour les pays du froid a pris de l’ampleur, et en 2005, le mot « flexsécurité », qui désigne plus spécifiquement l’exemple danois, est devenu courant dans la bouche de nos hommes politiques. Plus récemment encore, l’économiste André Sapir, de l’Institut de recherche bruxellois Bruegel, a publié une étude (« Globalisation and the Reform of European Social Models ») qui a fait grand bruit : il distingue en fait quatre modèles européens, sur la base de deux critères fondamentaux : l’efficacité et la justice (« equity » en anglais qu’on a traduit ici par « justice » plutôt que par « équité ») : le modèle nordique (niveau élevé de dépenses sociales, syndicats forts, resserrement des salaires, facilité de licenciement mais forte indemnisation des chômeurs) est le seul qui soit à la fois juste et efficace, tandis que le modèle anglo-saxon (syndicats faibles, éventail large des salaires, protection sociale limitée au minimum) est efficace et injuste. Le modèle continental (fortes dépenses sociales, licenciements très encadrés et indemnités de chômage élevées) auquel on peut rattacher la France est inefficace mais juste, et enfin le modèle méditerranéen (fortes dépenses, licenciements limités mais indemnités faibles) est, lui, peu efficace et injuste. Quand on lit cela on se dit qu’il n’y a pas d’hésitation à avoir, inspirons-nous du modèle scandinave !

C’est là que les problèmes surgissent... Tout d’abord, les nations ne sont pas des entreprises, et le poids de l’histoire, des traditions, des mentalités rend impossible la simple transposition de modèles venus de l’extérieur. C’est faire bien peu de cas des spécificités nationales façonnées pas des siècles de politiques, de guerres, d’évènements, c’est oublier la géographie, la culture, la religion - aspect fondamental dans le rapport à l’argent et au travail - et les hommes.

Ensuite, les modèles sont souvent passagers : qui donnerait aujourd’hui le Japon en modèle, alors que tout le monde souhaitait le copier dans les années 1980 ? Plus près de nous, qui louerait les vertus de l’Allemagne, devant laquelle nous faisions si souvent des complexes d’infériorité économique et sociale, et qui est aujourd’hui considérée comme le pays malade de l’Europe ? Par définition, dans un monde en mutation très rapide, ces modèles sont souvent déjà « dépassés » une fois qu’on souhaite s’en inspirer.

Enfin, en ce qui concerne la France, son insertion dans l’Europe - ce qui est beaucoup moins vrai que pour les pays scandinaves, qui ont toujours été en marge de la construction européenne - fait que la copie ou l’adoption d’un modèle indépendamment de ses voisins n’aurait pas de sens. Pour prendre un exemple, une fiscalité encore plus élevée créerait des problèmes encore plus aigus d’exode vers nos voisins, pour reprendre un thème souvent débattu ces derniers temps.

A l’ensemble des ces remarques générales, viennent s’ajouter des aspects plus spécifiques : la taille de ces pays et leur très forte homogénéité socio-politique, avec une forte culture du consensus (très forte syndicalisation, mêmes partis au pouvoir depuis plusieurs décennies), en font des cas à part qui rendent très difficile une transposition.

Finalement, on voit bien que ce modèle, aussi intéressant soit-il, n’est pas copiable. Dès lors, on peut se demander si sa mise en avant, pour constater ensuite l’impossibilité de le transposer, ne sert pas finalement à promouvoir plutôt le modèle anglo-saxon, en tout cas des politiques de type anglo-saxon. Il est par exemple intéressant de noter cette phrase de Eric le Boucher dans sa chronique du Monde du 26 novembre dernier « Le modèle anglo-saxon est efficace, mais inéquitable, le modèle franco-allemand est équitable, mais inefficace (trop cher), et le modèle latin est à la fois inefficace et inéquitable. Le choix est donc de glisser soit vers l’anglo-saxon, soit vers le nordique. ». La possibilité de choisir l’équité au détriment de l’efficacité n’est même pas considérée !

Regarder ailleurs est utile, voire indispensable, mais si évolution de notre société il y a, c’est au sein de celle-ci qu’il faut en imaginer les contours et les modalités. Il y a là un formidable défi à relever, pour que nous adaptions, réformions, transformions notre propre modèle, et qu’on puisse enfin parler de renouveau du modèle français.


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20 réactions à cet article    


  • Gosse (---.---.230.154) 28 novembre 2005 16:24

    bien et sur un plan pratique que fait on ? on continue comme avant ? quant aux réformes oublions donc tous les modéles et prenons nos spécificités françaises les syndicats inexistant dans le privé ,omniprésents dans le public ;mais maintenu à bout de souffle par les subventions publiques faute d’adhésion doit on modifier les dispositions de 1945 les concernant ?? le droit de grève ;qui s’exerce dans le cadre deslois qui le réglemente :on les prend quand ces réglementations ? serait il pensable de déclencher une grève par des consultation à bulletins secrets, les retraites des enterprises publiques :on les réforme quand ? les fonctionnaires itou. la réforme de l’Etat ;voir la suppression d’un échelon administratif est elle pensable ? que faut il faire sur l’immigration ? continuer comme aujourd’hui ou faut il accepter seulement une immigration controlée necessitée par les besoins du pays et non par les besoins des familles déjà installées ? bref voila déjà un certain nombre de sujets franco français sur lesquels il faudra bien décider en rupture ....


    • (---.---.158.50) 28 novembre 2005 17:20

      Le modèle anglo-saxon est-il réellement efficace ?

      phrase de Eric le Boucher dans sa chronique du Monde du 26 novembre dernier « Le modèle anglo-saxon est efficace, mais inéquitable, le modèle franco-allemand est équitable, mais inefficace (trop cher), et le modèle latin est à la fois inefficace et inéquitable. Le choix est donc de glisser soit vers l’anglo-saxon, soit vers le nordique. ».

      Par exemple en ce qui concerne nos amis britanniques, que dire du déficit du commerce extérieur, de la baisse de compétitivité de l’industrie, des bénéficiaires de prestations d’incapacité (soit environ 2,7 millions de personnes non comptabilisées dans les chiffres du chômage, -ie environ 4,3% de la population-), d’une manne pétrolière bienvenue (mais malheureusement en déclin), des infras structures délaissées et des cadeaux de la communauté européenne ? Est-ce réellement des signes d’efficacité ?


      • Olivier (---.---.38.115) 28 novembre 2005 19:12

        On ne fait rien et on continue comme ça ?

        « Le modèle xxxx » : Ah les modèles, il n’y a que les français pour en parler, comme si nous étions tous des technocrates de ministères des années 60. Et si l’on parle de modèle, cela doit être parce qu’on a pour but qu’il soit reproduit ou copié, non ? Quelle arrogance ! (les suédois ou les « anglo-saxons » ne parlent pas de « modèle »). Le problème ici n’est-il pas qu’on s’évertue à chercher des modèles plutôt que de, enfin !, mettre en place des solutions ?

        Et cette façon de dénigrer ce que font les autres en mettant en exergue quelques exemples plutôt que de chercher à admettre qu’ils ont aussi et surtout de grandes réussites, c’est tellement usé et fatigant. C’était les emplois McDo aux USA dans les années 90. La manne pétrolier en GB ces dernières années. Les manipulations de chiffres du chômage pour les deux (Manipulations qui n’existe pas en France, évidemment).

        Et si tout cela n’était finalement qu’un énième moyen d’exprimer cette haine du monde « anglo-saxon » (C’est quoi un anglo-saxon ? Condoleeza Rice est-elle une anglo-saxonne comme l’est John Galliano ??? Ne s’agit-il pas que d’une lubie (franco-) française ?). Apprendre de ces gens qui parlent anglais, vous n’y pensez pas ? Quelle horreur ! Quelle déchéance !

        Que tout cela est drôle.


        • Sylvio (---.---.20.198) 28 novembre 2005 19:25

          Je ne pense pas que le modèle anglo-saxon soit détesté bien au contraire, il est plutôt à la mode en ce moment (pour preuve les mesures qu’on a en ce moment en France et la nouvelle chancelière allemande). Ce n’est pas nouveau, depuis les 2 guerres mondiales, nous considérons que le modèle américain est le modèle qui nous fournira « le rêve américain ». Or le modèle américain a très bien fonctionné jusqu’à ce qu’il commence à dépasser le capitalisme pour aller dans le libéralisme (et maintenant l’ultra-libéralisme).

          Maintenant, pourquoi toujours prendre ces pays comme « modèle », pourquoi comme le dis l’auteur, les « modèles » qui fonctionnent mieux ne sont même pas étudiés ?

          Effectivement, on nous décrit le modèle social de la France comme le pire (l’est-il vraiment, la France malgré peu de ressource a toujours une croissance positive). Maintenant, on veut toujours faire mieux au niveau des chiffres, mais fait-on mieux au niveau de la vie des français dans leur ensemble ? Car les chiffres (croissance de 3%) ne devraient-ils pas être relativisés ? Est-ce que ces 3% on les retrouve dans le pouvoir d’achat ou est-ce qu’on le retrouve dans les parachutes dorés, les stock-options, et j’en passe ?

          Bref, ok la France n’est peut-être pas dans sa meilleure forme, est-ce parce qu’elle n’est pas assez libérale ? c’est ce que l’on nous martelle : pour avoir une meilleure croissance, il faut libéraliser. Les politiques nous font bien passé implicitement ce message : Libéralisme = Prospérité.

          Moi je ne pense pas, peut-être que le libéralisme nous a au contraire amener à avoir une déregulation de l’argent qui fait que celui-ci va là où il y’en a, le communautarisme de l’argent : l’argent aime l’argent, l’argent amène l’argent, l’argent amène le pouvoir, le pouvoir amène l’argent. Bref, je ne suis pas contre l’argent mais bon, les politiques font partit de cette sphère qui en profitent (directement ou indirectement) donc ils ne diront jamais qu’il y’a peut-être d’autres solutions que le libéralisme (d’ailleurs ils ne préfèrent même pas y penser).

          Bref, je ne vois pas en quoi, humainement le libéralisme est bon. Le capitalisme social dans lequel nous avons vécu pendant plus d’un siècle a très bien fonctionné, c’est depuis que l’économie ce « libéralise » que la croissance ralentit et que les disparités sociales augmentent. Peut-être faut-il changer, évoluer, mais le libéralisme est-elle la seule solution ? Moi je veux bien croire au modèle scandinave si il est équitable et efficace.

          Maintenant, les personnes ayant des idées de gauche sans être communiste, ni anarchiste, ni 68art, sont des sales gauchistes, des ringards d’alter-mondialiste, des utopiste/humaniste. On ne considère plus leurs idées, elles sont « has-been » car l’argent est l’argent, il ne faut pas rigoler avec ça ! Doit-on devenir radin envers nous même pour avoir plus d’argent ?


          • hdp (---.---.251.151) 28 novembre 2005 19:49

            Le modèle français absorbe 52 % de la richesse nationale et n’est pas capable de protéger des millions de citoyens, parmi les plus défavorisés,contre les assassins, des voleurs et des incendiaires. Pendant longtemps, nos énarques ont justifié par leur « modèle social » un niveau de dépense publique supérieur de 10 % à la moyenne européenne. Pour le moment, on n’entend plus guère parler de ce « modèle social ». Et nous trouvons là le dilemme actuel de nos gouvernants : soit les graves incidents que nous avons vécu sont un problème d’ordre public, et ils sont infoutus d’assurer l’ordre dans la rue, alors qu’une république bananière le fait à bien moindres frais, ou alors il s’agit d’un problème social, et le fameux « modèle français » dont on nous a rebattu les oreilles n’est qu’une gigantesque escroquerie. Je crois que la bonne réponse combine les deux explications


            • Citoyen (---.---.168.131) 28 novembre 2005 21:58

              Tout d’abord, cher Chem, merci pour ton article bien documenté.

              Maintenant, je ne partage pas tout à fait la présentation du modèle français - je dois reconnaître que je n’ai pas encore lu le document de l’étude en entier, je te fais donc confiance sur la synthèse :
              Inefficace ? Pour qui ? Pour les classes sociales les plus favorisées, bien que le niveau de pression fiscal soit régulièrement l’objet d’attaque dans une logique « on enveut toujours plus, regardez les USA, ... » ? Non ces gens-là sont très satisfaits du système français qui maintient les jeunes dans un dilemne terrible entre faire des études pour pouvoir prétendre à un emploi ou rester sur le carreau « parce que vous n’avez pas d’expérience », qui écarte les salariés dès 55 ans au prétexte fallacieux qu’ils ne sont plus efficaces ! Ces gens-là sont très satisfaits du système mou et hypocrite à la française qui maintien 10% de la population au chômage. Cà donne du boulot aux politiques qui font semblant de s’étriper sur les solutions mais qui finalment ne changent rien au système.

              Une preuve ? La réforme des retraites est sur un plan comptable indispensable et tous les hommes politiques, tous les chefs d’entreprise, tous les responsables nationaux de syndicats le savent depuis longtemps, on peut rien contre l’inéluctable. Michel Rocard a sorti son livre blanc sur les retraites en 1991 !!! quatorze années plus tard nous sommes toujours à râler après des demi-mesures ...

              le souci est que la France est dans le rouge.

              L’inefficacité de la France ne vient pas de son économie plutôt performante, mais de son modèle social qui produit de plus en plus d’inégalités.

              - juste ? Pour qui ? Pour les gens les plus pauvres ? Certainement, parce que notre modèle social pour généreux qu’il soit n’en repose pas moins sur des valeurs inhérentes à notre société de consommation et capitaliste - chacun pour soi et individualisme - et se satisait facilement que la solidarité c’est du ressort de l’Etat, tant que l’Etat ne vient pas me prendre mon argent. C’est pourquoi, il est assez rare de voir les syndicats de salariés se battre pour la cause des pauvres et des chômeurs, et les retraités. On préfére ignorer leur misère sociale.

              Alors, le souci c’est de savoir s’il existe encore un modèle autre que la société de consommation ?

              Quand on s’aperçoit qu’un pays comme la Chine deviendra dans quelques temps la 1ère puissance économique au monde, on oublie de se demander comment celà est-ce possible ? Cela est tout simplement possible par ce que les dirigeants de ce pays ont le choix pragmatique de répondre aux attentes de l’INDIVIDU qui ne veut qu’une seule chose : CONSOMMER

              Aussi je ne vois pas comment il est possible de sortir de cette logique infernale. Même une crise aussi importante que celle vécue ces dernières semaines en France ne permet d’ouvrir les yeux.

              Qu’est-ce réclament ces jeunes ou moins jeunes qui on mis le feu à la bagnole du voisin, c’est tout simplement de devenir des consommateurs, tout est fait pour consommer, même le surendettement est presque recommandé -suffit de voir comme les politiques lorgnent sur les petites économies (les PEL) des classes moyennes. Solution ? taxer, comme çà, on sera bien obligé de consommer.

              Nous sommes devenus des hyper myopes incapables de voir l’avenir qui se profile. La crise des banlieus ? Mais qu’est-ce que cela sera quand on s’apercevra - c’est en train, cf. EUROMED- que notre banlieu c’est pas Clichy, c’est pas les Minguettes, c’est l’Afrique, c’est l’Amérique du Sud

              Merci encore pour ton article et puis je fais faire un tour du côté des « good news » en attendant mieux comme expression ...


              • (---.---.77.151) 28 novembre 2005 22:31

                Juste à titre de comparaison, et je souhaiterais réellement que quelqu’un confirme et précise mes chiffres, mais rappelons qu’à titre de comparaison, le nombre de fonctionnaire au ministère des finances français (à Bercy) est de plus de 10 000, alors qu’en Suède ce chiffre est sloin sous le milier ...

                Y aurait il de quoi s’interroger !?


                • Proof OK (---.---.28.210) 29 novembre 2005 09:29

                  La majorité des français prefereraient etre MORTS plutot que LIBERAUX !!! Enfin le modele Nordique n’est pas transferable en France car Eux ont plus de moralite et de sens civique (cela commence par les papiers et megots sur les trottoirs en passant par les crottes de chiens jusqu aux arnaques a L’ASSEDIC et a la Securite Sociale) Il est inexact de nous classer dans un modele « franco-Allemand » Les Allemands sont plus proches des Tcheques que des Français ! La France est aujourdhui un pays « latin-mediterranéen » a assimiler au monde « mediterraneen » Elle n’a pas connu un budget equilibré depuis 25 ans, la est le probleme, Car Les Anglais, les Américains les Allemands etc eux au cours des 25 dernieres annees ont connu des budgets equilibrés !!!


                  • Fred (---.---.206.62) 29 novembre 2005 10:52

                    Que nous reste-t-il alors ? Si rien ne peut bouger ici, ni le « modèle français », ni les mentalités. Courage... Fuyons !?


                    • Emile Red (---.---.84.56) 29 novembre 2005 11:52

                      Quand je lis que le budget américain est équilibré, je suis complètement subjugué par ce que les médias ou politiques peuvent faire croire aux pauvres français : L’endettement américain est de 7,4 billions de dollars = un endettement pour chaque famille de 4 personnes de 120000 dollars.(http://www.horizons-et-debats.ch/28/23_15.htm)

                      Pour un budget équilibré, joli exemple, il faut ajouter que cet endettement, aujourd’hui, est entièrement supporté par la bonne santé de l’économie chinoise dont le sysème monétaire est sous évalué, ce qui profite à Mr Bush. Mais jusqu’à quand ?

                      Il n’y a aucun modèle appuyé uniquement sur l’économie de marché qui soit viable, preuve en est le modèle anglo-saxon sous couvert d’économie de guerre qui subventionne à tout va ses propres entreprises, loin d’un véritable système libéral.

                      Système américain qui d’ailleurs surnage en grande partie par un protectionnisme déguisé, à grand renfort de réglementations, qui bizarrement limite toujours l’entrée des produits fortement concurenciels sur le territoire U.S.

                      Pourquoi ne pas parler de modèle Slovène ? Pourquoi ne pas parler de système Cubain ? Deux modèles apparement antithétiques et pourtant si proches, où l’état s’engage dans ses véritables responsabilités d’éducation, de santé et de sécurité, non pas un état providence mais un état qui tient son rôle (à peu prés démocratique chez l’un, hautement dictatorial chez l’autre) mais au service des besoins primordiaux du peuple.

                      N’est ce donc pas le seul rôle de l’état d’écouter la nation et de réagir par des solutions équitables dans les domaines qui, contractuellement, lui sont dévoués ?

                      On constate que, de biais en biais, les politiques s’octroient de nouveaux rôles pour lesquels ils n’ont aucune abilitation à agir. D’où une rupture totale du contrat social et une lisibilité de plus en plus flou du citoyen X.

                      Or ce n’est pas avec des modèles qu’on fait une politique, encore moins lorsqu’elle est sociale, mais avec des actes qui présupposent des analyses et des études pondérées proches des soucis de la nation, et le seul objet de l’état reste et demeure le respect de la volonté nationale.

                      Il en résulte, par exemple en France, que des votes, qui totalement opposés au système en place, ne soient absoluement pas pris en compte par la classe potentarchique, et qu’un pouvoir en berne se refuse à admettre son échec après 3 défaites lors des 3 derniers scrutins.

                      Les mêmes incapacités ou insuffisances sont remarquables aux USA ou en Grande Bretagne, mais aussi en Allemagne ou en Suède.


                      • Sylvio (---.---.161.167) 29 novembre 2005 12:00

                        Juste à titre de comparaison, et je souhaiterais réellement que quelqu’un confirme et précise mes chiffres, mais rappelons qu’à titre de comparaison, le nombre de fonctionnaire au ministère des finances français (à Bercy) est de plus de 10 000, alors qu’en Suède ce chiffre est sloin sous le milier ...

                        Y aurait il de quoi s’interroger !?

                        Je suis peut-être d’accord avec toi sur le fait que le nombre de fonctionnaires à Bercy est trop important.

                        Pac contre la Suède a une population de 8.9 millions d’habitants soit 7x moins qu’en France. Par ailleurs, je pense que les petits pays d’Europe sont mieux lotis en général car le gouvernement est en quelques sorte plus proche du peuple et les disparités sociales moins importantes.

                        J’ai l’impression que plus un pays est peuplé, moins « l’individus » à sa place et le gouvernement ne se soucie de son peuple (et plus de son économie globale) en quelquesorte : regardé les USA (280m), la Chine (1.3M), l’Inde (1M), le Japon (150m) et comparé au pays scandinave (20m en tous), au Canada (25m), à la Belgique (10m), à l’Irlande (4m), à Monaco (héhé, je rigole là)... Peut-être que je me trompes, mais je pense qu’il y’a une corrélation même si elle n’est pas flagrante.


                        • Proof OK (---.---.28.210) 29 novembre 2005 14:19

                          Il etait ecrit que depuis 25 ans la France n’avait jamais connu de budgets positifs, Alors que les Americains et les Anglais (entre autres)ont eu des budgets positifs annees 90 et debut 20XX. Quant a la France si on inclus dans les deficits, les dettes de retraites des regimes speciaux (SNCF etc....) la dette par individu est beaucoup + elevee que celles des Americains !!!

                          Enfin : Les petits pays peuvent controler plus facilement les arnaques et derapages en tout genres, le sens civique y est + developpe. Donc si on regarde le PIB (et non le PNB) par habitant la France se classe au 14e rang mondial ! pas mal pour le pays travaillant le moins


                          • (---.---.148.227) 29 novembre 2005 15:13

                            Budget... Revoie tes chiffres, en particulier pour les US (en 2004 : déficit + de 500Mds de USD, en 2005 : déficit encore + de 400Mds)


                            • Proof OK (---.---.241.199) 3 décembre 2005 17:21

                              Au cours des 20 dernieres annees de nombreux pays (dont les US et la GB) ont eu un budget annuel positif ! La France cela fait plus de 30 ans que ce n est pas arrive. De surcroit aux US le deficit finance toujours la croissance, en France le deficit sert au service de la dette. Deux pays deux modeles un vieux un moins vieux.

                              Il y a toujours le reve americain et le reve anglias (illegaux dans le nord tentant de passer en GB) Et le reve francais : profiter des allocs et autres benefits !!


                            • (---.---.148.227) 29 novembre 2005 16:20

                              Budget Pour la GB, voir l’avis de l’OCDE ci-dessous :


                              • Alexandre Santos (---.---.166.143) 30 novembre 2005 23:42

                                Il est toujours facile de trouver des obstacles réels ou imaginaires à toute transformation des structures sociétales. Mais si on en reste à ce genre d’arguments, on n’ira pas très loin :

                                Les Français avaient un millénaire de tradition royaliste avant de basculer vers des régimes plus démocratiques.

                                Ce n’est pas parce que les choses ont été comme ci pendant des années/décennies/siècles, qu’elles ne peuvent pas changer dans le futur, et parfois vite.


                                • Xavier (---.---.230.52) 16 janvier 2006 22:55

                                  > « le modèle franco-allemand est équitable ».

                                  Ah bon ? Quelle équité ? Il faudrait qu’on redéfinisse ce que signifie équitable. Quand on lit ça, on a l’impression que certains ne vivent pas dans la réalité.

                                  Des jeunes diplômés qui passent au moins six mois à trouver leur premier emploi... précaire ? Des jeunes issus de l’immigration qui sont victimes d’une sélection à l’embauche raciste ? Des immigrés qui sont brûlés dans des immeubles insalubres ? Le nombre de RMIstes qui ne cesse d’augmenter d’année en année ? La moitié des chômeurs qui ne sont pas indemnisés ? Des étudiants sans domiciles fixes qui ne trouvent pas de logements à leur budget ? Est-cela le fameux modèle Français « équitable » et peu performant ?

                                  Quand aux modèles, naturellement qu’ils sont limités dans le temps. Ainsi, durant les 30 glorieuses, le modèle à suivre, c’était le modèle Français, qui avait permis à la société de prospérer mieux que la plupart de ses voisins.

                                  Mais depuis, la mondialisation a entraîné une concurrence sans limite. L’économie est totalement gouvernée par la logique boursière. On peut refuser cette évolution. Mais il faut avant trouver des solutions. Il est nécessaire de s’adapter si on veut continuer à bénéficier de notre niveau de vie.

                                  S’inspirer d’un modèle ? Avant tout, il faut bien comprendre pourquoi la société française en arrive là. Déterminons quelles en sont les causes, non pas de manière idéologique, mais en évaluant de manière pragmatique quel est le manque à gagner pour chaque paramètre. En général, en management, on estime que : 20% des causes sont responsables de 80 % des pertes.

                                  C’est dire si un diagnostic précis est nécessaire. Ensuite, il sera envisageable de proposer de réelles solutions appropriées. Une fois qu’elles seront mises en oeuvre, il serait nécessaire d’en évaluer les améliorations ou effets pervers. Pour finir, il faudrait ajuster nos solutions ou s’attaquer aux autres causes.


                                  • (---.---.93.175) 21 janvier 2006 13:43

                                    J’ajouterai encore que spolier quelqu’un de plus de la moitié de ses revenus n’est pas équitable non plus. C’est du nivellement par le bas, du communisme.

                                    Puis que les 30 glorieuses ont été glorieuses grâce à du déficit budjetaire, qu’il aurait mieux valu ne pas faire.

                                    Enfin que, si l’on connaissait des causes incontestables à la situation actuelle, vous pensez bien qu’elle ne serait pas. Malheureusement, il n’y a pas de modèle économétrique exact, et dès lors la porte est ouverte aux dogmes. Tout ce qu’il y a, ce sont des pistes, tirées de ces modèles et de la comparaison avec nos voisins.


                                  • Xavier (---.---.230.52) 21 février 2006 21:47

                                    Oh là là là ! Je n’irais pas jusqu’à pleurnicher sur le dos des plus fortunés ! De toute façon, ils connaissent toutes les niches fiscales pour échaper à l’impôt.


                                    • couettou (---.---.207.52) 7 mars 2006 14:36

                                      Bravo pour cet article de qualité ! Effectivement il n’y a pas de modèle qui soit parfait. En effet celui anglo saxon permet le plein emploi... Mais a quel prix ! N’oublions les travaileurs pauvres (les fameux working poors aux USA) vivant de petits boulots pour payer leurs loyers et se nourrir. Socialement c’est injuste et économiquement se sont des personnes qui ne consomment pas et qui ne font progressé la demande et par conséquent la croissance. Cela juste pour montrer qu’un modèle considéré comme un exemple peut avoir des failles. Quant au modèle scandinave, j’aimerait qu’on m’éclaircisse car je ne comprend pas comment un pays avec un aussi fort taux d’imposition peut attirer des entps ?

                                      Il est évident que la France peut réussir à trouver un modèle qui lui est propre. Baisser le déficit publique en réduisant le nombre de fonctionnaire, essayer d’augmenter le pouvoir d’achat de la population grâce a un meilleur compromis salarial, instaurer un climat de confiance en assurant un emploi stable pour les insiter a consommer, attirer les multinationales, souce d’emplois, dans notre pays en leur offrant des cadeaux fiscaux, aider les PME afin d’équilibrer notre commerce exterieur sont autant de solution. Mon rêve ? Sait-on jamais peut être que notre modèle sera un jour prit en exemple.

                                      Continuer comme ça avec un site de qualité et très interactif.

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