Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Le gouvernement envoie les gendarmes à l’école pour effectuer de (...)

Le gouvernement envoie les gendarmes à l’école pour effectuer de force ses évaluations bidon

Encore un pas vers l’État policier.

cancrePour justifier leurs contre-réformes scélérates de l’Éducation nationale, les fourbes qui nous gouvernent ont imaginé de faire passer aux élèves de CM2 des évaluations qualifiées par le ministre Xavier Darcos de "objectives, régulières, transparentes", afin de "disposer d’indicateurs fiables des acquis des élèves pour mieux piloter le système éducatif". L’astuce est de les interroger en janvier, du 19 au 23, sur des contenus qui ne seront acquis qu’au terme de l’année scolaire, soit en juin ! Les résultats vont forcément en pâtir et ces mauvaises évaluations serviront de commode prétexte à poursuivre la casse du système éducatif français, qui sera à leur aune jugé comme insuffisamment performant. Naturellement, cette démarche hypocrite a alimenté de légitimes contestations, comme le résume L’Humanité : "l’obsession de l’évaluation rencontre de nombreuses réticences, voire une farouche opposition de tous côtés : instituteurs et directeurs d’école mais aussi parents d’élèves et élus locaux. (...) nombreux sont les professeurs et parents d’élèves à avoir empêché la bonne tenue des épreuves. Seule la méthode varie. À Toulouse et dans le sud de la Haute-Garonne, huit écoles ont été occupées et bloquées vendredi par des parents d’élèves pour ne pas diffuser les évaluations aux élèves de CM2. D’autres, comme à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), se sont rendus en classe avec les élèves pour confisquer les carnets d’évaluations distribués par les instituteurs".

Dans l’Hérault, particulièrement mobilisé contre l’entourloupe, sont intervenus des invités surprise : les gendarmes ! "Lors d’une réunion tenue vendredi 16 janvier à Gignac, l’inspectrice de la circonscription avait convié maîtres du CM2 et directeurs d’école à récupérer les livrets d’évaluation. Parents d’élèves et élus s’étaient invités. La réponse de gcl’inspecteur d’académie : l’envoi de huit gendarmes", raconte L’Humanité, qui convoque le témoignage de Gérard Cabello, maire communiste de Montarnaud, présent lors de cette manifestation, qui révèle avoir déjà reçu trois visites des gendarmes en deux mois : "La première, c’était avant les vacances de Noël. Ils sont intervenus car les parents d’élèves avaient apposé une banderole sur les grilles de l’école. Les deuxième et troisième fois, ils sont venus début janvier, le matin et le soir, pour enlever une banderole «  Sauvons les RASED  » et «  Non à la fermeture d’une classe  ». Je les ai interpellés pour leur dire que j’aurais été ravi de les voir plutôt sur des missions de sécurité. Par la suite, j’ai eu la confirmation qu’ils étaient en mission de renseignement."

dgAjoutons à cela, après la descente musclée de gendarmes avec chiens anti-drogue que nous dénoncions le 26 novembre dernier, deux nouvelles affaires similaires. À Vendres, dans l’Hérault, le 15 décembre, avec comme témoin le chanteur Daniel Guichard, venu déposer ses deux derniers enfants au collège, qui en avait été particulièrement choqué : "On ne peut pas accepter que des enfants qui n’ont rien à se reprocher soient ainsi collés contre le mur. Qu’on les fasse descendre en file indienne des bus et qu’on les expose ainsi aux chiens. Et le pire, c’est que de telles pratiques puissent être finalement banalisées", s’est-il indigné dans La Dépêche. Rebelote le 10 février devant un collège d’Arthez-de-Béarn, dans les Pyrénées-Atlantiques, à nouveau à la sortie du bus. Le syndicat enseignant SNES dénonce des "procédés inadmissibles". Le procureur de Pau, Éric Maurel, s’est par contre félicité : "Cette opération s’est très bien passée, sans incident particulier", ajoutant qu’il s’agissait, selon lui, d’une "opération de prévention" (sic). À Vendres comme à Arthez, aucune drogue n’a été trouvée.

Pourtant, après l’affaire de Marciac en novembre, Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, avait envoyé une circulaire aux préfets, expliquant qu’il ne fallait pas confondre les actions de prévention "pertinentes et efficaces" et "des opérations de contrôle entrant dans un cadre judiciaire, sous l’autorité du procureur". Exactement ce que vient de faire celui de Pau ! Xavier Darcos s’était lui aussi (soi-disant) ému, s’affirmant "étonné des conditions dans lesquelles des forces de gendarmerie ont pu pénétrer dans un établissement scolaire accompagnées de chiens dressés à la recherche de stupéfiants. Il existe, dans la quasi-murtotalité des départements, comme dans le Gers depuis 2006, des conventions de partenariat entre les ministères de la Justice, de l’Intérieur et de l’Éducation nationale permettant de concilier l’efficacité de l’action judiciaire et le respect de l’intégrité des établissements scolaires où la pédagogie préventive est à l’œuvre quotidiennement." Simple posture devant l’émotion soulevée dans l’opinion par ce genre d’intervention ? Toujours est-il que les gendarmes ne pénètrent plus dans les établissements, mais alignent les élèves contre un mur à la sortie du bus. Est-ce un progrès ? Il flotte décidément une drôle d’odeur d’État policier sur la Sarkozie.

PS : l’image ci-dessus, publiée sur le site du CNR Midi-Pyrénées, a été prise par Daniel Guichard avec son téléphone portable.

Mise à jour  : Un syndicaliste proteste officiellement

Monsieur l’Inspecteur d’Académie de l’Hérault,

Directeur des services départementaux de l’Education nationale,

Objet : interventions des services de gendarmerie dans certaines
écoles de l’Hérault.

Monsieur,

snuipp En ma qualité de secrétaire départemental du SNUipp 34, je souhaite attirer votre attention sur les faits suivants : le jeudi 22 janvier, les gendarmes sont passés vers 9H30 à l’école de Brignac (circonscription de Lodève) pour vérifier « si tout se passait bien  » ; le lundi soir 19 janvier, un gendarme s’est présenté à l’école de Jonquières (circonscription de Lodève) pour savoir s’il n’y avait pas « de troubles à l’ordre public » ; durant toute la semaine du 19 au 23 janvier, coup de fil tous les matins à l’école de Jonquières de la gendarmerie de Gignac pour savoir « si tout allait bien » ; le jeudi 22 janvier, deux gendarmes sont entrés dans la cour de l’école Georges Brassens de Paulhan (circonscription de Lodève), entre 8H35 et 8H45. Ils ont relevé qu’il y avait des banderoles sur la clôture et demandé si les enseignants n’étaient pas gênés par des parents qui occuperaient éventuellement l’école (ce qui n’était pas le cas). Ils voulaient savoir si les évaluations CM2 se déroulaient dans des conditions normales ; le jeudi 29 janvier, jour de grève dans l’Education nationale, deux gendarmes se sont présentés à l’école Mario Roustan de Mauguio (circonscription de Lattes) pour demander aux enseignants non grévistes de leur donner le nombre de grévistes sur l’école. Devant le refus ferme de nos collègues, ils ont insisté arguant qu’ailleurs « on leur avait donné le renseignement ».
Au nom des enseignants de l’Hérault, le SNUipp élève la plus vigoureuse protestation contre de telles démarches que rien ne saurait justifier. L’ordre public n’étant nullement menacé dans les écoles mentionnées ci-dessus, pas plus que dans les autres d’ailleurs, le SNUipp vous demande instamment une explication et une clarification sur le cadre de telles interventions. Les services de gendarmerie mis en cause dans les faits relatés plus haut ont-ils agi à la demande de vous-même, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, de Messieurs les Inspecteurs des circonscriptions concernées, du Préfet de l’Hérault ? Doit-on considérer désormais que de telles démarches, inédites dans nos écoles jusqu’à présent, entrent dans les nouvelles prérogatives de la gendarmerie, liées au rapprochement de la gendarmerie nationale et de la police nationale au sein du même Ministère, celui de l’Intérieur ?

Vous comprendrez aisément, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, que de telles initiatives ont suscité une profonde indignation parmi les enseignants et les parents d’élèves, légitimement mobilisés depuis plusieurs semaines contre une politique ministérielle qui porte gravement atteinte à l’école publique et à l’avenir des enfants qu’elle a la responsabilité d’instruire.
Je vous demande donc, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, de faire toute la lumière sur les faits rapportés et de prendre les dispositions nécessaires pour que de telles pratiques ne se
reproduisent plus. Nos écoles aspirent à fonctionner dans un climat de sérénité, de respect du travail des enseignants, des élèves et des initiatives de coopération et d’action constructives entre enseignants et parents, hors de toutes pressions, intimidations, quels qu’en soient les instigateurs.

Nos collègues enseignants, les parents élèves, indignés par ce qui s’est passé, attendent eux aussi des réponses claires et précises sur les faits que je vous ai exposés.

Persuadé de l’attention que vous ne manquerez pas de porter à notre demande et dans l’attente de vous lire, je vous prie de croire, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, à notre profond et sincère attachement au service public, laïque de l’Education nationale.

Pour le SNUipp/FSU 34,

Joël Vezinhet, secrétaire départemental


Moyenne des avis sur cet article :  4.23/5   (57 votes)




Réagissez à l'article

47 réactions à cet article    


  • Yena-Marre Yena-Marre 13 février 2009 12:01

    Bonjour,
    Quand va t ’on se décider à évaluer sérieusement la politique de sarko ?
    Zéro pointé sur toute la ligne , même lagarde est plus douée que lui en économie , comparés à lui , les dirigeants chinois font figure de " droitsdel’hommistes " , et on ne voit toujours pas la révolte arriver .
    Ce type s’en prend maintenant de plus en plus souvent à nos gosses , ces brutalités doivent cesser !
    J’attends un sursaut républicain de la part des électeurs qui se sont fait berner lors de la présidentielle, qu’ils ne continuent pas à soutenir ce mec qui qui en seulement 18 mois a réussi à mettre en place une dictature . smiley


    • La mouche du coche La mouche du coche 13 février 2009 19:10

      Il est juste d’évaluer les elèves, smiley

      sinon ce sont ceux dont les parents ont de l’argent qui s’en sortiront, et pas les autres. Est-cela que veut l’auteur ? smiley


    • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 14 février 2009 09:09

      Les évaluer en janvier sur le programme de l’année entière ?


    • Halman Halman 14 février 2009 10:48

      Oui, et quand va t’on se décider à évaluer les policiers, ces bons pères de familles qui pourtant n’hésitent pas à fouiller des gamins de cm2, taper sur des infirmières et des pompiers.

      On leur dit de taper et ils tapent.

      Ils auraient leur soeur infirmière devant eux ils taperaient parce qu’ils en ont reçu l’ordre.

      Ils tapent même sur leurs collègues qui manifestent pour leurs droits.

      Et il faut aimer la police française.

      Avant j’étais comme tout le monde je la respectais.

      Mais je les ai vu à l’oeuvre dans les commissariats avec des patients fugueurs et des infirmières.

      A cause de la police et de leur comportement on a du prendre des mesures limites inhumaines pour éviter que les patients fuguent, à caractère chimique et technologique, pour éviter que ces fonctionnaires qui se croient tout permi parlent mal aux patients et aux soignants.

      La dernière fois que j’ai été chercher un patient qui s’était perdu dans un commissariat de banlieue parisienne, j’aurais eu un flingue à portée de mains je butais le crétin de brigadier derrière son comptoir qui se permettait des reflexions pires qu’insultantes de conneries sur le milieu hôspitalier.

      Avec ma collègue nous avons fait remonter l’information à ma cadre qui a elle même fait remonter par la voie légale et administrative à la directrice de l’hôpital. Jamais aucune nouvelle de l’affaire.

      Ils peuvent donc tout se permettre en toute impunité (légalité ?) on ne leur dira rien.

      C’est à cause de ces gens là qu’on est dégouté de faire son métier de citoyen. C’est à cause de ces bons fonctionnaires là que certains deviennent déliquants et les haïssent. Mais surtout ne pas se remettre en question quand on la le bon droit avec soi.

      Quand la loi donne bonne consciences à ceux dont le mauvais esprit se révèle quand on leur en donne le bon droit.

      Depuis je les déteste à vie et je les évite comme la peste.

      Et ils nous justifient leurs actes par des règles supérieures bien apprises du genre il faut bien montrer aux gens qu’on ne laisse rien passer pour la sauvegarde de la sécurité de la Nation et bla bla bla.

      Et ils se trouvent protégés et imbus de toute responsabilité de remettre au visage des patients leur souffrance, de détruire le travail de remise sur pieds des patients nos mois de travail au quotidien, par quelques phrases limite insultantes et méprisantes en toute bonne conscience de leur mission de fonctionnaire de remettre à tout prix le citoyen dans son droit chemin. Inconscient des conscéquences et à qui ils ont à faire.

      Vont ils avouer ces fiers flics le nombre de plaintes systématiquement déboutées (comme par hasard) que les hôpitaux portaient sur eux ?

      Vont ils avouer qu’à force on ne porte même plus plainte. Et tout fiers ils montrent des statistiques de sécurité améliorée vue que le nombre de plainte diminuent ! Histoire de bien prendre les gens pour des débiles.

      Et le soir de rentrer chez leur épouse de pleurer que leur métier est bien dur et qu’ils sont bien incompris !

      En clair même une victime qui vient porter plainte elle ressort de là pratiquement accusée et traumatisée à vie.

      Surtout ne pas compter sur Sarkozy pour remettre sa police en question.

      Ce n’est pas dans ces écoles là qu’il devrait envoyer la police, pour la millième fois il se trompe de cible.

      Et il va en tirer fierté d’avoir fait sentir qui est le chef, qu’il a matté une certaine jeunesse dont il ignore tout.



    • tiptop 15 février 2009 13:52

       

      L’évaluation fait partie intégrante des apprentissages. Pendant de trop nombreuses années, les enseignants ont disposés de peu d’outils pertinents, fiables, bien pensés, pour mesurer les acquis des élèves. C’est dire combien les évaluations nationales CM2 2007 ont été bien accueillis car elles avaient une fonction diagnostique et constituaient un outil précieux pour déceler, en début d’année, les forces et les faiblesses de nos élèves. Elles permettaient d’affiner les programmations et de construire le cas échéant un parcours d’appui cohérent pour les élèves en difficulté (PPRE, soutien REP, RASED, différentiation dans la classe…).
      En moins d’un an, Darcos a balayé d’un revers de la main cette dynamique qui commençait progressivement à se mettre en place. Il force les enseignants, avec une brutalité inouïe (menaces, retenues de salaire, blâmes…) à rentrer dans une autre logique. Une logique marchande où les écoles seront progressivement mises en concurrence pour aboutir in fine à l’éclatement du service public d’enseignement.


      On assistera vraisemblablement à un système à plusieurs vitesses : une école pour les initiés et les plus riches (le privé y prendra toute sa part) et une école au rabais pour le « bas peuple ». Fantasmes ? Cette école existe déjà dans certains pays anglo-saxons avec des résultats pour le moins contrastés. Elle a une vertu : elle coûte moins cher aux contribuables malgré le coût social, les inégalités sectorielles, la ghettoïsation de certaines écoles, le peu de mixité sociale…. Darcos lui est séduit.
       
      Rentrons dans le vif du sujet. Nous passons donc à des évaluations bilans et non plus diagnostiques. Pour qui ? Les élèves ? Les enseignants ? Les parents ? L’institution ? La réponse est évidente, Darcos ne faisant pas mystère de sa volonté de piloter le système éducatif par les résultats. L’exigence institutionnelle est à priori légitime. Le problème est que, comme nous le verrons, les dés sont pipés. Dans l’état actuel des choses personne n’y trouvera son compte. L’évaluation des acquis des élèves, fut-elle sommative, doit être aussi un dispositif de traitement de la difficulté scolaire et permettre une analyse fine des compétences des élèves. Il n’en sera rien.
       
      Faisons d’abord un certain nombre de constats.
       
      · Les évaluations font le bilan des acquis de fin de CYCLE 3. Il parait absurde de les faire passer en janvier alors qu’il reste six mois de travail.
      · Elles sont basées sur les compétences de fin de cycle (CE2, CM1, CM2) des nouveaux programmes 2008. Problème : ceux-ci n’ont que cinq mois d’existence !
       
      Il est contraire à l’éthique professionnelle d’évaluer les élèves sur des notions qui n’ont pas été traitées en classe. Comment l’expliquer aux enfants et aux parents ?
      En outre, les enseignants ont pour vocation à prendre en compte la difficulté scolaire et faire progresser TOUS les enfants, quelque soit leur niveau de départ, et cela dans le cadre des programmes officiels. Or ces évaluations incitent fortement à faire « avaler » le programme très rapidement au risque de mettre en échec les élèves les plus fragiles.
      Ceci est aggravé par le fait que les programmes 2008 sont jugés plus lourds avec 108 heures de cours en moins. Je travaille dans un CM2 en REP. Il y a beaucoup de difficultés scolaires dans mon école. Cette année dans ma classe, seule la moitié des items peuvent être raisonnablement passés en janvier. Avec une classe plus forte, j’aurai pu peut-être aller jusqu’au trois quarts… 
       
      · Le mode binaire de notation ne permet aucune finesse d’exploitation. Il ne fait pas la différence entre une absence de réponse et une réponse erronée. Il ne prend pas en compte les réussites partielles.
      · Le système de notation est jugé trop sévère. Beaucoup d’exercices sont difficiles et déstabilisants. Exemple parmi d’autres.
       
       Dictée de B…………..
      Les enfants sont parti faire une promenade en bordure de foret. Les filles cherchent des champignons souvant cachés sous les feuilles sèches, pendant que les garçons cueillent des framboises odorante . Ils aimeraient bien voir des écureuils mais ces petit animaux ne se montrent pas facilement. De retour à la maison, ils mangerons des crêpes, avec du sucre ou de la confiture.
       
      Le maître corrige… un mot d’usage courant mal orthographié , item 28 = 0…. Deux mauvais accords dans le GN (odorante et petit sans s), item 29 = 0… un mot invariable mal orthographié (souvant), item 30 = 0… deux accords verbe-sujet mal réalisés (parti et mangerons), item 31 =0
      0 sur l’ensemble de l’exercice…
       
      Deuxième dictée, même résultat, 0 sur l’ensemble mais là, on peut comprendre.
      Dictée de R……………
      Les zenfant son parti fer une promenade en bordur de foret. les filles cherche des chanpignon souvant caché sou les feuille sèches, pendan que les garçons queillent des franboises odorante. Ils aimeré bien voire des écureuil mais ses petit zanimaux ne se montres pas facilement. De retoure a la maison, il mangeron des crèpes, avec du sucre où de la confiture.
       
      Autre exemple : j’ai testéun de mes bons élèves sur l’exercice de conjugaison. Il s’agissait de réécrire au passé un texte au présent. Il sait faire mais avec deux erreurs seulement, il a eu 0 aux trois items évalués. Pour une analyse plus fine : http://jmichel.francois.free.fr/evaCM2
       
      La dictée et la conjugaison ne sont pas des choix anodins. Devant le désastre induit par le système de notation il sera aisé pour le ministre et aux médias de tirer la sonnette d’alarme sur l’orthographe, sujet ô combien sensible dans notre pays. Et de sommer les enseignants de les remettre à niveau d’ici juin. Sans doute un bon moyen d’alimenter les fameux stages de vacances... Il ne s’agit ici nullement de nier les difficultés (réelles) de nos élèves dans ce domaine mais de dénoncer une très probable manipulation politique des résultats. Ces évaluations semblent conçues pour mettre en difficulté les meilleurs élèves, et refuser toute chance de réussite aux élèves moyens. Elles enfonceront pour de mauvaises raisons les élèves en difficulté. 
       
      Reste l’épineuse question de la saisie et la transmission des résultats.
      Tout d’abord il semblerait qu’elle soit illégale. Voici la réponse de la CNIL : « Le dossier « Saisi des résultats des évaluations des CM2 et des CE1 » a été déposé par le Ministère de l’Education Nationale le 13 janvier et n’a pas encore été traité par nos services. En l’absence d’enregistrement de la CNIL, la saisie des résultats dans ce fichier n’est pas légale, les enseignants ont donc le droit de désobéir à cet ordre. » Affaire à suivre. Le ministère a du souci à se faire.
      Officiellement les résultats par école ne seront pas en ligne mais on demande tout de même aux instits de les communiquer aux parents. Ceux-ci auront tout loisir, on comprendra leur curiosité, de comparer avec les écoles voisines ! La suppression de la carte scolaire avait été annoncée par Sarkozy. Il est astucieux de la fragiliser encore un peu plus pour justifier plus tard son abrogation pure et simple. C’est une stratégie générale. Autre exemple : en supprimant les postes de remplaçant (la situation sur le terrain est catastrophique : il y a des classes de 40 dans une commune proche de la mienne) on justifie la refonte du système en faisant appel à des officines privées pour le remplacement. Avec du personnel non qualifié cela va sans dire.
       
      Nous sommes confrontés à un choix de société important. Nous touchons à la distribution du savoir dans notre société. Le problème est que les principes démocratiques sont bafouées : les professionnels de l’éducation, la société civile n’ont pas été consultés. Le gouvernement avance masqué. Les médias font semblant de ne pas comprendre les enjeux des réformes. Les syndicats enseignants, trop nombreux, peu représentatifs, se sont agités pendant des années en criant au loup. Aujourd’hui que celui-ci est vraiment dans la bergerie, plus personne ne les prend au sérieux. Des enseignants, peu nombreux j’espère, s’enfouissent la tête dans le sable, en priant pour qu’on ne touche pas à leur statut. Les autres sont rentrés en résistance : rejet de l’aide personnalisée, refus de communiquer les résultats des évaluations. La résistance et la colère sont grandes mais la fatigue guette. Le 29 janvier, à Lyon, parmi les 50 000 manifestants, les banderoles enseignantes étaient de loin les plus nombreuses. Contrairement à la propagande gouvernementale, pas une n’évoquaient la crise ou le pouvoir d’achat. Ce n’était pas l’expression d’un mal-être diffus. Les revendications étaient précises : non à la suppression des RASED, non aux EPEPs, non à la mise en concurrence des écoles, non à la suppression de la formation professionnelle, etc… Les parents étaient présents. Lentement ils se réveillent. Ce sont eux qui feront plier le gouvernement.

    • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 15 février 2009 20:10

      J’applaudis des deux mains ! Merci pour cette intervention si claire, lumineuse.


    • K K 13 février 2009 14:35

      Il y a deux themes importants dans votre texte.

      Le premier est l’evaluation des eleves de CM2 qui est parfaitement ubuesque puisque realisee en milieu d’annee. A la rigueur on peut ainsi evaluer les eleves sur le programme du CM1 et verifier qu’il a bien ete assimile. Mais faire porter cette evaluatin sur le programme du CM2 alors qu’on n’est qu’a la moitie de l’annee conduit bien des personnes a douter de la competence des services administratifs des inspections d’academie et de leur ministere de tutelle.

      LE second est la presence policiere dans les etablissements scolaires et les operations anti-drogue. J’ai assiste par hasard a une operation de ce type. Ce qui est choquant est que les forces de l’ordre ne preparent pas psychologiquement les adolescents et se montrent assez agressifs dans le ton employe. On peut clairement voir que des eleves sont fortement choques (sans compter ceux qui ont peur des chiens). Il est normal de lutter contre le traffic de drogue, mais il est raisonnable de penser qu’une autre methode serait plus humaine que ces descentes en force.


      • ninou ninou 14 février 2009 00:43

        concernant le premier thème de l’article....
        L’évaluation des élèves de cm2 n’est pas ubuesque juste parce qu’elle est proposée en janvier mais elle l’est en elle-même parce que la majeure partie des "exercices" (un exercice sert, comme son nom l’indique, à s’exercer) est conçue comme un piège.
        De plus, je sais, pour l’avoir faite passer à mes élèves, que cette évaluation, contrairement à ce qui a été affirmé, n’a pas été testée. Si elle l’avait été, de nombreuse erreurs et incohérences auraient (on peut l’espérer) été corrigées. Par exemple (entre autres) des consignes orales notifiées sur le livret du maître en contradiction avec les consignes écrites sur le livret de l’élève...
        On nous prend pour des imbéciles ou on essaie de le faire.


      • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 14 février 2009 09:13

        Ninou, puissent les Archibald, Péripate et autre défenseurs de Darcos vous lire ! Merci de votre témoignage.


      • oncle archibald 14 février 2009 10:19

         Olivier je trouve le post de Ninou argumenté et intéressant. C’est une critique constructive, je me demande si vous allez comprendre ce que ces mots veulent dire.

        Vous faites semblant de ne pas avoir compris que mes posts ne font pas le panégyrique de la réforme Darcos mais la critique du refus obstiné de toute réforme par une partie des enseignants qui entendent rester les seuls maîtres à bord de leur école, soutenus par des parents d’élèves ultra politisés.

         


      • oncle archibald 13 février 2009 14:36

         Curieux article qui commence par un jugement péremptoire « Pour justifier leurs contre-réformes scélérates de l’Éducation nationale, les fourbes qui nous gouvernent ont imaginé de faire passer aux élèves de CM2 des évaluations » (quel culot !) et qui continue sur la dite évaluation des connaissances des élèves à laquelle nos vaillants enseignants et parents d’élèves ultra politisés ont décidé de s’opposer, pour finir sur un tout autre sujet, la recherche de drogues dans les poches ou les cartables de nos charmants bambins.

         

        Normalement je n’aurai pas du lire cet article, car je n’aime pas les pré-jugés, mais je l’ai fait quand même pour avoir confirmation de mes pré-supposés.

         

        Au terme de cette lecture j’ai trouvé mes pré-supposés bien confirmés : l’école est un état dans l’état, une zone dans laquelle les représentants de la nation fussent-ils élus par le peuple n’ont rien à faire, rien à dire. Quelques enseignants et parents d’élèves sont parfaitement de connivence pour faire savoir aux dits représentants du peuple qu’ils n’ont que faire de l’autorité de l’état en ces lieux, que c’est leur pré carré, qu’ils sont seuls compétents pour décider de ce qui doit se passer ou non dans les écoles.

         

        Et bien moi ça m’emmm… que l’école soit irréformable alors qu’un nombre très important d’enfants sont envoyés en sixième sans savoir vraiment lire écrire et compter. J’entends déjà la réponse : nous ne sommes pas assez nombreux pour nous occuper correctement de vos enfants. Comparons donc le ratio nombre d’élèves enseignants sur les périodes 1950/1970 et sur la période 1985/2005…. Pourtant il n’est pas contesté que ceux qui ont été élèves sur la première période étaient beaucoup plus instruits que les seconds.. Ou est la faille ?


        • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 13 février 2009 14:49

          " Curieux article qui commence par un jugement péremptoire" : vous avez tout à fait raison et je l’assume. C’est du journalisme d’opinion, très engagé, sabre au clair.

          Que l’on veuille procéder à des évaluations est une chose, mais évaluer sur tout le programme au mois de janvier ? C’est là le point clé qui fait de ces évaluations une fourberie - et vous évitez soigneusement d’en parler.

          Vous pestez que l’école soit irréformable. Mais de quelles réformes parle-t-on ici ? Vous parlez aussi d’une faille dans le système : pensez-vous que le niveau remontera si l’on supprime des postes ? La qualité de l’enseignement baisse-t-elle parce qu’il y a trop d’enseignants, ou bien les causes sont-elles plutôt sociétales ? Le gouvernement a une vision purement comptable et idéologique de ce dossier, comme du reste de tous les autres. Il faut casser le service public pour ouvrir un boulevard au privé. Exactement comme dans le domaine de la santé.


        • oncle archibald 13 février 2009 15:08

          Je suis totalement attaché aux services publics, que ce soit dans le domaine de la santé comme celui de l’éducation. Je suis usager de ces services. Au lycée Pierre de Fermat à Toulouse un professeur de français latin grec qui nous enseignait aussi l’instruction civique nous amenait (probablement à ses frais) toute la presse quotidienne de façon à analyser la façon dont chaque journaliste exposait le même fait. C’est ce qui m’a permis de relativiser ce que l’on peut lire dans la presse "d’opinion" .

          Je constate qu’en ce qui concerne l’éducation nationale il y a d’énormes blocages venant des enseignants et de certains parents d’élèves largement politisés, qui s’opposent à toute tentative de réforme. Idem dans le domaine de la Justice. Il m’ennuie beaucoup que certains fonctionnaires refusent d’obéir à leur hiérarchie, parce que leur hiérarchie c’est le gouvernement qui est sorti des urnes et don en quelque sorte c’est moi, le citoyen lambda.

          Ils peuvent et doivent faire connaitre leur opinion s’ils estiment infondée la réforme proposée, en espérant que leurs arguments toucheront la population et qu’une saine alternance politique les débarrassera d’un pouvoir avec lequel il ne s’entendent pas.. Mais en attendant ils se doivent d’obéir. 


        • Medicis 13 février 2009 15:32

          ONCLE ARCHI quoi ?
          Il faut arrêter de raconter de mauvaises blagues avec cette histoire de 20 ou 30 ans passés.
          Savez-vous seulement combien il y avait de bacheliers à cette si heureuse époque et combien il y en a aujourd’hui ?
          Combien d’ingénieurs sortaient des écoles et combien il en sort aujourd’hui ?
          D’autre part il faudrait peut-être se rendre compte que depuis on a créé des bac pro ce qui a nécessité d’avoir une proportion d’enseignants plus élevée, l’enseignement professionnel se faisant en groupes plus réduits, poste de travail oblige !
          Les élèves ont changé et ne sont plus aussi malléables, c’est peut-être pour cela que MAM envoie des chiens policiers, c’est peut-être pour venir en aide aux enseignants.
          Quand on ne sait pas de quoi on parle il faut se taire, mais pour avoir lu quelques passages de vos brèves de bistro, je crains que celà ne continue.
          Mais je doute qu’il y ait encore beaucoup de lecteurs, chacun pouvant allègrement passer à d’autres commentaires un peu plus documentés.


        • oncle archibald 13 février 2009 16:21

          Et savez vous qu’un gars qui avait son « certificat d’études » dans les années 1920 avait une culture générale très très largement supérieure à 90 % des bacheliers d’aujourd’hui ? On vent du vent à nos enfants, on leur fait croire qu’ils sont instruits parce qu’ils ont le bac ou un deug mais en fait les enseignants les sur-notent systématiquement pour atteindre les « quotas », pour annoncer que la cuvée bac de 2008 est encore meilleure que la 2007 puisqu’il y a 80,2 % de reçus... Mensonge généralisé avec la bénédiction de la hiérarchie et du gouvernement... Il faut que les résultats de notre académie ne soient pas en dessous de la moyenne nationale ... Il faut qu’il n’y ait pas trop de redoublants car nous ne saurions qu’en faire .... Pauvres gamins, tout le monde se sert d’eux et les manipule à des fins bien moins nobles que de les armer pour l’avenir.


        • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 13 février 2009 16:44

          Oncle Archibald : toujours pas un mot pour nous expliquer en quoi les réformes Darcos vont arranger ça !


        • Yena-Marre Yena-Marre 13 février 2009 16:52

          En attendant quoi ? Ouvrez les yeux bon sang ! Dans un rien de temps vous ne pourrez plus réagir , vous vous rendez compte de ce que vous dites ? Obéir .....En d’autres temps on parlait de DEVOIR de DESOBEISSANCE .


        • Redj Redj 13 février 2009 17:27

          La personne qui a eu son certificat d’étude dans les années 20 avait certainement une culture générale plus importante que les bacheliers d’aujourd’hui, mais savait-il résoudre des équations du 3 degré ? Connaissait-il la chimie, la biologie, la programmation, toutes les matières pointues enseignées aujourd’hui ?
          Il faut se méfier du "c’était mieux avant", ce n’est pas souvent très comparable.


        • claireopale claireopale 13 février 2009 22:08

          @ oncle archibald

          Entièrement d’accord avec vos propos.
          De toute façon, le problème de l’éducation : trop politisé
          un état dans l’état, de toute façon, il est clair que ceux qui " tirent les ficelles "n’ont rien a foutre
          du devenir des momes....ils ne revent que d’en découdre surtout avec un gouvernement de droite, ils aiment ployer les fortes têtes..notamment ceux qui veulent dépoussiérer le mammouth !
          L’éducation est pitoyable, elle a perdu son âme, l’essense même de ses principes et de ses missions.
          les enragés et les révolutionnaires sur ce site ne manqueront comme ils l’ont fait avec vous de faire disparaitre ce texte, bien à vous et merci ca fait du bien de lire des personnes sensées.


        • gommette 15 février 2009 13:19

          C’est clair. S’ils sont si nuls, ces gamins peuvent très bien entrer dans la police ou la gendarmerie
          (ou les CRS s’il sont vraiment très nuls).


        • nervyoko nervyoko 13 février 2009 14:52

           ils veulent faire éclater une révolution qu’ils ne s’y prendraient pas autrement ! Tout ça pour accélerer l’Etat autoritaire. Mais à trop chercher la petite bête, ils vont se ramasser la France entière sur la gueule !


          • oncle archibald 13 février 2009 15:14

             Vous avez une curieuse vision de la démocratie.


          • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 13 février 2009 15:22

            La démocratie n’autorise pas, sous prétexte qu’on est élu, à tout saccager sans que personne ne puisse s’y opposer durant cinq ans ! Ça, c’est une dictature élective. Le droit de désobéissance civile est sacré, c’est affaire de conscience citoyenne personnelle.


          • oncle archibald 13 février 2009 16:10

            Le droit de désobéissance civile est sacré et il vaut bien mieux que ce que vous en faites. C’est un ultime recours, pas une méthode de s’opposer dans le jeu démocratique normal. Proposez donc des alternatives crédibles au lieu de foutre le bordel, vous passerez moins pour des mickeys. J’ai un fils, un gendre et une belle fille enseignants dans le public, Je sais parfaitement de quoi je parle, ne vous déplaise. Ils sont tout à fait d’accord pour reconnaitre que le niveau est minable et que les enseignants ne peuvent pas faire leur boulot normalement, sauf dans le primaire. Je sais aussi quels sont les « coefficients de notation » qu’on leur demande d’appliquer pour corriger le bac, faute de quoi les « quotas » ne seraient pas atteints et il y aurait trop de redoublants dont n ne saurait que faire. Si vous pensez régler tout ça en beuglant dans la rue ....


          • oncle archibald 13 février 2009 16:26

            Des « dictatures électives » comme la France j’en souhaite à tout le monde. Allez donc militer dans une ONG qui s’occupe de droits de l’homme, vous comprendrez la différence ! Vous n’admettez pas l’alternance, c’est tout.


          • Louisiane 13 février 2009 16:38

            Parler de démocratie à une période où tous les contre-pouvoirs sont systématiquement démolis me paraît aventureux.
            La démocratie de ce gouvernement, c’est 1/3 de parole au gouvernement, 1/3 à la majorité, 1/3 à l’opposition et on ne compte pas les interventions du Président. Ca fait donc "quatre tiers" dont trois pour la majorité. Bel exemple de démocratie.
            La désobéissance civique, quelque soit sa forme, est la seule possibilité de s’exprimer aujourd’hui.
            Quant aux parents "politisés", n’est ce pas là le rôle du citoyen de participer à la Res Publica ?
            Notre gouvernement est bien politisé lui, et ses décisions unilatérales le sont encore plus !


          • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 13 février 2009 16:39

            Vous n’avez pas répondu : en quoi supprimer des postes permettra-t-il d’améliorer le niveau ? Vous faites un constat d’échec du système. Je vous demande en quoi les réformes Darcos vont-elles l’améliorer ? Je prétends qu’elles vont aggraver la situation, ce qui justifie qu’on se mobilise contre elles. Et votre méprisant "beugler dans la rue" n’y change rien. Quand on assiste à l’œuvre de déconstruction de tout l’héritage du Conseil national de la résistance, on ne reste pas sans rien faire à se dire : acceptons l’alternance.


          • irukandji irukandji 13 février 2009 16:43

            "L’homme politique doit utiliser le moteur de la crainte, de la peur pour modifier les comportements collectifs."
            dixit Arendt.
            C’est l’état républicain jacobin qui lentement mais sûrement dérive du despotique au totalitaire.


          • Louisiane 13 février 2009 16:43

            L’Etat français est prêt à emprisonner des gamins de 12 ans et à détecter les futures racailles chez les 3 ans. Alors pourquoi ne pas préparer les enfants des écoles aux descentes et aux brutalités policières ? Ca s’appelle de la pédagogie (exercice dans lequel notre bon Président excelle).


          • oncle archibald 13 février 2009 17:46

            Le budget de l’état est un tout, la masse d’argent public à utiliser n’est pas extensible à l’infini. Je ne trouve pas excellentes à priori toutes les décisions de ce gouvernement, à l’inverse de votre pré-jugé que vous revendiquez sans complexes pour les trouver toutes exécrables : « je suis un journaliste d’opinion, je fonce sabre au clair » .... pour découper systématiquement en rondelles tout ce que propose un gouvernement de droite.

            Vous écrivez : « Le gouvernement a une vision purement comptable et idéologique de ce dossier, comme du reste de tous les autres. Il faut casser le service public pour ouvrir un boulevard au privé. Exactement comme dans le domaine de la santé. »

            Moi je pense que pour garder un service public compétitif et de qualité, ce qui n’est plus vrai dans l’EN mais en revanche reste largement vérifié dans le domaine de la santé, il est normal de faire la chasse au gaspillage. Sur les deux dernières décennies le nombre d’enseignants n’a cessé de monter, celui des élèves de baisser, avec les résultats que vous même reconnaissez mauvais. Pour améliorer l’enseignement dispensé la solution n’est donc pas de continuer à multiplier les postes de professeurs, c’est d’une autre façon qu’il faut intervenir.

            Dans le primaire par exemple, je trouve très positive la décision de donner des heures de soutien aux plus faibles pour les remettre au niveau moyen de la classe. Qui peut connaître, mieux que leur instituteur, les faiblesses de chacun ? Pourquoi créer ou maintenir un poste pour un instituteur spécialisé itinérant qui viendra une fois de temps en temps dans la classe, tombant du ciel, pour essayer d’aider le même élève en difficulté. Son enseignant habituel y parviendra bien mieux en lui donnant « un cours particulier » qui restera gratuit parce que c’est l’honneur de l’école publique de donner sa chance à chaque élève. Pouvez vous m’expliquer pourquoi certains enseignants refusent cette mesure sinon pour garder coûte que coûte l’effectif actuel. Ignorez vous que dans les collèges et les lycées il existe des enseignants titularisés sans affectation qui rangent les bouquins dans les centres de documentation pédagogiques ? Pensez vous stupide d’essayer de mieux utiliser le personnel enseignant ?

            Même si je suis assez bien informé par des « praticiens » au sein de ma famille je ne suis pas un spécialiste de ces questions. Ce qui m’est insupportable c’est que l’on pré-juge avant même de regarder le contenu d’une réforme. Surtout quand elle est présentée par un gouvernement de droite, mais je rappelle que les rares gouvernements de gauche qui s’y sont essayés se sont aussi cassé les dents en essayent de faire bouger « le mammouth ». L’éducation nationale est donc bien un état dans l’état, qui prétend s’autogérer, et pour sûr, ça oui c’est un comportement antidémocratique. Je suis content que ce gouvernement essaye de faire changer les choses, le dialogue étant impossible, il le fait en force. C’est dommage, mais dans le cas précis ça n’est pas entièrement de sa faute.


            • Louisiane 13 février 2009 18:30

              Je crois que vous ne savez clairement pas à quoi sert le RASED. Ce ne sont pas des cours de soutien ou de remise à niveau mais bel et bien un travail de fond sur les problèmes psychologiques et comportementaux de l’élève.
              J’ai connu le cas d’un gamin de CE1 qui se foutait à poil debout sur son bureau en classe et qui demandait aux filles de venir le sucer ou qui leur demandait qui voulait se faire enculer (j’utilise ici SES propres mots !!!). On l’a vu pousser un camarade sur la route au moment où arrivait une voiture. Que peut faire un enseignant non spécialisé face à un tel comportement ?
              Heureusement, le RASED était là et a pris en charge l’enfant et les parents avec l’aide d’un pédo-psychiâtre et d’une équipe pluridisciplinaire médicale.
              Le Réseau est un ensemble de personnes ressources dotées de qualifications qui leur permettent d’orienter l’enfant vers le milieu médical ou au contraire de régler ça sur place par entretiens particuliers pour sortir l’enfant des problèmes qui le dépassent.
              Supprimer le RASED, c’est laisser le prof apprécier seul une situation (qui peut devenir dramatique pour l’enfant) alors qu’il n’est pas à même de le faire.
              Certes, l’exemple que j’ai cité est un cas extrème, mais la souffrance de nombreux gamins ne se voit pas et ne se détecte que par des signes que le RASED pourra percevoir et nommer après signalement par le prof.
              C’est criminel de prétendre vouloir faire des économies sur le dos des gamins.


            • oncle archibald 13 février 2009 18:38

              L’exemple que vous donnez relève de la psychiatrie et peut être de la justice(qui lui a appris ces gestes-là ?) plutôt que de l’éducation nationale. Il n’a rien à voir avec le niveau scolaire des élèves que le ministre souhaitait tester, ce que certains dont l’auteur de cet article, prétendent l’empêcher de faire.


            • ninou ninou 14 février 2009 00:59

              oncle archibald débarque et vient de se rendre compte de ce que signifie l’école pour tous...
              Hormis les cas psychiatriques avérés (et pour qu’ils soient avérés, croyez-moi, il en faut du temps et de l’énergie) et les cas de souffrances psychologiques, beaucoup plus courantes malheureusement, qui empêchent tout apprentissage, il y a aussi les cas des nombreux enfants handicapés qui ne bénéficient pas toujours d’une assistante de vie scolaire et que le maître de la classe doit gérer au mieux de ses capacités tout en menant sa classe à "boucler le programme". Tous ces cas ne peuvent être traités par les enseignants juste en faisant du "soutien". Les économies dans l’éducation nationale (en particulier la suppression des rased) vont, en premier lieu, toucher tous ces enfants-là.
              Voilà ce qu’est l’école pour tous...

              Pour ce qui est de l’évaluation de cm2, j’ai choisi, en désespoir de cause, de la faire passer TEXTO dans ma classe, qui est la meilleure, au niveau scolaire, que j’ai eue depuis le début de ma carrière... et bien les résultats sont minables ! Même les petits génies ont réussi à se faire piéger !
              Alors, bien sûr, grâce à cette évalutaion, on va pouvoir nous prouver que les profs des écoles ne font pas leur boulot et justifier n’importe quelle réforme...


            • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 14 février 2009 09:06

              Archibald, vous faites semblant de ne pas avoir compris que ce n’est pas l’évaluation qui fâche mais le fait de procéder en janvier à une évaluation sur le programme de l’année entière. Trois fois que je vous le répète, trois fois que vous faites mine de ne pas le lire. Vous êtes donc de mauvaise foi.


            • oncle archibald 14 février 2009 10:08

               Cher Olivier vous faites semblant d’oublier ce que le corps enseignant a répété à cors et à cris dès que l’idée d’évaluer a été avancée : ça n’est pas les élèves que l’on veut évaluer mais nous !


            • oncle archibald 14 février 2009 10:32

               Non Ninou je ne débarque pas, j’ai fait tout le secondaire dans un lycée public de très haute tenue, Pierre de Fermat à Toulouse et j’en suis très fier. Dans ma terminale nous avons eu la chance d’avoir le premier prix de mathématiques du concours général. Celui qui l’a obtenu était le fils d’un ouvrier mécanicien employé au garage Renault. Il habitait en banlieue, se tapait une heure de bus matin et soir et disposait donc à priori de moins de temps pour dormir et étudier.

               

              Le seul de mes enfants qui est allé faire deux années de primaire dans une école privée a été massacré par un instit du public pour lequel un parent qui avait une profession libérale n’avait qu’à deviner tout seul que son fils était dyslexique. Une fois soigné par une orthophoniste, remis à niveau et remis en confiance par d’autres instits moins sectaires je l’ai réintégré dans le public auquel je suis viscéralement attaché. Alors les razed … vous vous doutez de ce que j’en pense, et vous ne vous trompez pas.


            • Mouche-zélée 13 février 2009 18:31

              Salut Olivier

              Bravo pour les derniers articles chez plume de presse !
              Le but final c’est d’opposer tout le monde, les riches, les pauvres, les classes moyennes, et nous dire au passage que les fonctionnaires sont honteusement privilégiés .

              La prochaine étape sera de s’attaquer aux régimes spéciaux des élus,
              leur salaire,
              leur cumul des mandats,
              leur droit de faire extras pour des entreprises privées tout en ayant des fonctions publiques, il n’y a pas de raison !



              • Jihem Jihem 13 février 2009 18:42

                Oncle Archibald,

                Tout à fait d’accord avec vos commentaires.

                Pour avoir cotoyé des enseignants du même modèle, je vous confirme que le premier but n’est pas de transmettre le savoir, mais de former des "citoyens". Entendons-nous bien des citoyens qui penseront et voteront comme leurs maîtres qui veulent faire le bonheur des autres sans aucune vision du véritable monde qui les entoure.


                • Louisiane 13 février 2009 18:47

                  Alors que dans l’école privée confessionnelle sous contrat, on observe une neutralité politique et religieuse de tous les instants, c’est bien connu !
                  La malhonnêteté à ce niveau là, ce n’est pas étonnant quand on a un Président qui n’hésite plus à mentir en direct aux Français.


                • Jihem Jihem 13 février 2009 18:46

                  Louisiane,

                  C’est top le rased.
                  La moitié du temps, sur la route entre 2 écoles, on arrive à l’heure du café et on transpire ensuite face à 1 seul éléve.
                  On peut comprendre qu’il faut se battre pour ne pas perdre ce fromage.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès