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Le gouvernement souhaite dynamiser le commerce électronique... de fruits et légumes

A l’occasion du trentième anniversaire de l’interprofession des fruits et légumes (INTERFEL), Renaud Dutreil, ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat et des professions libérales, a annoncé le lancement d’un plan de modernisation du commerce des fruits et légumes.

En particulier, ce plan propose la mise en place de nouveaux modes de distribution des fruits et légumes frais. Renaud Dutreil étant très technophile, le commerce électronique n’est pas oublié.

En effet, parmi les mesures, il est prévu d’inciter à "l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication pour la promotion mais aussi pour la vente de fruits et légumes, sous un format adapté au commerce électronique (livraison de corbeilles de fruits et légumes de saison). Renaud DUTREIL lancera dans les prochaines semaines un appel à projet pour l’utilisation collective du commerce électronique pour la distribution des fruits et légumes par des producteurs ou détaillants indépendants".

L’idée poussée par le ministre des PME n’est pas nouvelle. D’ores et déjà, plusieurs e-supermarchés proposent à leurs clients d’acquérir des fruits et légumes. Ici, il s’agit de dépasser ce cadre et de favoriser la vente directe entre le producteur (ou une coopérative) et le consommateur.

Seulement, plusieurs limites risquent de s’opposer à un tel projet. Elles sont d’ordre juridique et pratique.

D’un point de vue juridique, la vente à distance de produits périssables ne bénéficie pas, en application de l’article L. 121-20-2 du Code de la consommation, du droit de rétractation. Un consommateur insatisfait ne pourrait pas retourner le produit commandé au vendeur. Par ailleurs, en cas de réception d’un bien abîmé (transformation du kilo de tomates et une purée de tomates lors du transport postal), le consommateur pourrait très difficilement apporter (notamment en cas de contentieux devant les tribunaux) la preuve d’une inexécution du contrat.

D’un point de vue pratique, cette fois-ci les interrogations sont plus nombreuses :
- un consommateur décidera-t-il de commander en ligne un produit de type fruits et légumes, dès lors que le choix "manuel" et "visuel" est déterminant ? L’acheteur aura besoin d’entrer en contact avec le produit, de le sélectionner avant de l’acquérir
- le coût d’envoi des produits sera sans doute assez important. En effet, il est inimaginable aujourd’hui de penser recevoir par la voie postale habituelle son kilogramme de pommes (déjà testé, non recommandé !) ou de tomates : quid si le colis est présenté un jour où le destinataire est absent, et mis en attente au bureau de poste ? Il est possible de faire prévaloir d’autres mécanismes de livraison : internalisation de la solution, ou recours à des messageries express (comme le fait d’ores et déjà Aquarelle). Mais avec un coût final pour le consommateur d’environ 15 euros pour un envoi classique, il lui faudra sans doute commander un grand nombre de produits (ou avoir une grande famille) afin qu’une telle commande soit rentable
- on peut s’interroger sur l’attente véritable des cyber-consommateurs en la matière. Rares sont ceux qui choisiront le recours à l’Internet plutôt qu’un achat physique du produit (même pour un prix inférieur - et encore ceci doit encore être démontré) surtout pour les personnes qui sont à proximité des marchés et autres primeurs. Le ministre évoque la vente de produits "sous un format adapté", à savoir la livraison de corbeilles de fruits et légumes. Or, aujourd’hui, rares sont les consommateurs traditionnels à avoir recours à de telles corbeilles (qui seront composées, en hiver, de fruits exotiques pas forcément issus de productions françaises, même d’outre-mer).

Au total, la mesure envisagée va-t-elle vraiment mettre du beurre dans les épinards des producteurs de fruits et légumes ? Ce marché n’est pas encore suffisamment mûr actuellement. Les nouvelles technologies peuvent utilement permettre la promotion de certaines coopératives ou producteurs, mais rares sont ceux qui pourront tirer un revenu conséquent de ces activités en ligne.


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12 réactions à cet article    


  • Marsupilami (---.---.183.75) 2 mai 2006 12:06

    Ouaf !

    Merci pour ce renseignement qui permet de mesurer l’étendue de la connerie des idolâtres d’internet.

    Ce matin je suis allé au marché avec mon panier en osier, comme d’habitude, pour acheter des fruits et légumes de saison à des petits producteurs. C’est-y-pas plus simple et moins cher et moins polluant ?

    Houba houba !


    • Daniel Milan (---.---.168.124) 2 mai 2006 12:15

      Ca y est tu t’es mis au bio !!... Fais quand même attention à la Bio-moquette, il paraît que ça achève les neurones ! T’as essayé le bio-cornichon ? tu devrais !


    • Marsupilami (---.---.183.75) 2 mai 2006 12:31

      Ouaf !

      Toujours aussi con le Milan...

      Je ne bouffe pas bio. Jamais. Je bouffe des fruits et légumes de petits producteurs normaux qui ne font pas les cons avec ce qu’ils cultivent et qui cultivent de bonnes variétés.

      Houba houba !


    • (---.---.121.183) 2 mai 2006 13:00

      Huhu, pour ma part je note que Benoit Tabaka a réussi l’authentique exploit d’arriver à aligner plus de 3 mots sans se faire traiter de sioniste par le Milan !

      Chapeau bas !


    • Marsupilami (---.---.190.29) 2 mai 2006 17:35

      Ouaf !

      T’as raison, va falloir que je vérifie si les petits producteurs de fruits et légumes auprès desquels je m’assaisonne ne sont pas d’abominables sionistes, sans quoi Milan va encore nous faire des salades antisémites...

      Houba Cabas !


    • Clac (---.---.229.212) 2 mai 2006 17:14

      « Un consommateur insatisfait ne pourrait pas retourner le produit commandé au vendeur. Par ailleurs, en cas de réception d’un bien abîmé (transformation du kilo de tomates et une purée de tomates lors du transport postal), le consommateur pourrait très difficilement apporter (notamment en cas de contentieux devant les tribunaux) la preuve d’une inexécution du contrat. »

      Aller au tribunal quelques fruits et légumes, cela risquerait de coûter cher !

      Non je pense que si un consommatreur est insatisfait de son fournisseur, une fois, deux fois, trois fois, il ne commandera plus chez lui et c’est tout. C’est déjà vrai chez les commerçants chez qui « je ne met plus les pieds ».

      Inversement un producteur qui a toujours de bons produits verra ses commandes renouvelées.

      Cela dit, comme c’est déjà dit plus haut, les frais de port risquent d’être disproportionnés par rapport au prix des fruits et des légumes (c’est lourd).

      Internet pour des denrées périssables et peu chères au kg, je n’y crois pas beaucoup.


      • zdeubeu (---.---.149.194) 2 mai 2006 18:18

        Je trouve l’article assez risible d’étroitesse de vue.

        Quand le mec dit « utilisation collective du commerce électronique pour la distribution des fruits et légumes par des producteurs ou détaillants », vous pensez imédiatement à un AMAZON.FR de la tomate. C’est nul.

        Il existe (déjà) plein de systèmes de distribution de fruits et légumes mis en place par des producteurs ou détaillants et utilisant l’internet.

        A titre d’exemple, j’utilise régulièrement les services d’une association nommée « Terroir Direct » (www.terroir-direct.com). Le vendredi, vous avez la liste des produits « commandables » à disposition. Vous commandez avant le mardi, et vous êtes livrés selon votre choix le jeudi ou le vendredi. Pas chez vous, pas pas POSTE/UPS/DHL/FEDEX... mais chez des vrais gens ou des vrais commerçants, où vous pouvez regarder vos produits, discuter un poil..

        Certes, prendre son panier et aller au marché, c’est cool. Mais d’une part on n’a pas toujours le temps ou l’envie de le faire, et d’autre part quand vous habitez un bled, y’a pas forcément de marché à proximité.

        Alors sinon vous pouvez continuer à acheter vos fruits/légumes/fromages/viandes (etc) au supermarché du coin. Vous achèterez, au mieux, des produits locaux pour lesquels le producteur (votre voisin) se retrouvera privé d’une (grande) partie du revenu de son boulot, et au pire des trucs pesticidés venant de très loin, ceuillis verts (et ayant couté plus cher en carburant qu’à produire).

        Je ne suis pas vieux, mais quand j’étais gamin, j’allais chercher le lait à la ferme dans des bidons. Aujourd’hui, avec internet, j’ai la possibilité d’acheter du lait qui vient de pas très loin de chez moi. Il est possible de disserter sans fin sur le lien social distendu étou étou, mais c’est quand même mieux que des briques d’UHT.

        Le constat est là : Internet rapproche les gens.

        (NB : J’ai cité Terroir-Direct, mais il y a plein d’initiatives de ce genre, Panier paysan, Panier fermier.. jusqu’au AMAP, pour les consommateurs les plus engagés)


        • Clac (---.---.233.2) 3 mai 2006 06:37

          Merci pour ce lien, je ne connaissais pas du tout.

          Effectivement, l’auteur de l’article, et peut-être aussi ce ministre n’ont pas l’air de savoir que cela existait déjà.


        • Benoit Tabaka (---.---.72.23) 3 mai 2006 06:43

          Effectivement, je ne connaissais pas ce lien, mais je reste réservé. En effet, la zone de livraison à domicile demeure excessivement limitée. On est dans du commerce de proximité « online » : http://www.terroir-direct.com/livraison%20domicile.htm


        • zdeubeu (---.---.149.194) 3 mai 2006 09:34

          Visiblement, tu ne veux pas changer de regard et reste scotché à ton idée de FNAC.COM de la patate !

          Oui, la zone de livraison est limitée.

          Du coup, le paysan des cevennes qui fait son fromage dans un trou perdu n’aura « QUE » 3 ou 400 000 cients potentiels. Le pauvre !

          Les utilisations d’internet pour faciliter le commerce « direct » entre producteurs et consommateurs de fruits et légumes (etc) existent déjà. Le Ministre veut les développer. Il a raison, et il n’a pas dit d’énormité.

          CQFD.


        • Mange Mal (---.---.204.235) 2 mai 2006 20:57

          Pesticide = pathologie mortelle = detresse et misere. La France sur le podium pour l’utilisation des pesticides. Medaille d’or pour le tonnage au km2 ? Marseillaise, je vous prie.


          • Antoine (---.---.177.187) 4 mai 2006 23:00

            « Ce marché n’est pas encore suffisamment mûr actuellement. »

            les tomates génétiquement modifées non plus !

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