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Accueil du site > Actualités > Société > Le jeu de rôle du syndicalisme salarial

Le jeu de rôle du syndicalisme salarial

On a reproché à la CFDT d’avoir signé l’accord sur les retraites 2003. On lui reproche aujourd’hui de signer l’accord sur l’indemnisation du chômage.

La signature de l’accord 2003 sur les retraites  a eu pour conséquence d’autoriser le départ anticipé en retraite de plusieurs centaines de milliers de salariés au point que le gouvernement a limité unilatéralement la portée du dispositif au cours de l’été 2008 par une circulaire d’ailleurs attaquée par la CFDT en Conseil d’Etat.

Le fait est que cette disposition a introduit un peu plus d’équité dans le système des retraites car on se demande toujours pourquoi des ouvriers qui ont commencé à cotiser dès leur 14ième année ne pourraient pas partir en retraite comme n’importe quel employé ou cadre une fois les trimestres  de cotisation nécessaires à une retraite à taux plein acquis.

C’est une mesure d’autant plus « équitable » qu’un ouvrier dispose de 7 années d’espérance de vie de moins qu’un cadre .  On lui préserve par ce départ anticipé autant de temps de vie de retraité qu’un cadre .

Or que n’a-t-on entendu à propos de cette signature :  qu’elle allait contre les intérêts de la classe ouvrière ! On se demande en quoi ? Qu’elle était une gabegie ! Pour ceux qui devaient en rabattre un peu de leur privilèges et consentir à plus d’équité ?

SOCIAUX TRAITRES HURLENT A NOUVEAU LES MEMES  avec la signature de l’accord sur l’indemnisation du chômage ce 8 janvier. Qu’en est -il ?

 La CFDT  remarque que les ultras de l’Assemblée nationale n’ont pas désarmé (cf.  le démantèlement des 35H malgré tout l’intérêt du dispositif souligné MEME par le FIGARO  ).

 A l’évidence ne pas signer c’est risquer des dispositions législatives infiniment plus dures pour les salariés déjà malmenés  par l’obligation d’accepter une offre dite convenable d’emploi réduisant de près de 15% les moyens de subsistance de celles et ceux qui auront eu la malchance de passer par la case « chômage » et ce non compris les frais de transport domicile/travail pour lesquels le gouvernement s’est bien gardé d’imposer une prise en charge par les entreprises en Décembre dernier.

A l’évidence le texte n’est pas ce que les centrales syndicales salariales auraient souhaité et la CFDT comme les autres en pointe les faiblesses.

- L ’absence  du maintien des droits non utilisés pour une autre période de chômage ;

- l’absence de mesures pour les jeunes demandeurs d’emploi ayant moins de 4 mois d’affiliation ;

 

- la mesure pour la réinscription de ceux qui sont entrés en indemnisation, à 4 mois d’affiliation, atténue la lisibilité et la simplification de la filière unique ;

- la perspective de baisse de cotisation est source d’inquiétude dans une période d’incertitude économique qui obligera à une vigilance particulière pour assurer la pérennité de ces droits. Un risque de mise en cause de ceux – ci devra conduire à ne pas la mettre en œuvre.

 

Elle estime par contre que si ces faiblesses apparaissent comme rédhibitoires à certaines centrales syndicales il leur appartient d’attaquer l’accord et la CFDT souligne que la situation peut encore évoluer favorablement si l’Etat conscient notamment de l’ineptie de réduire les moyens d’indemnisation du chômage en période de crise améliore le texte au moins sur ce point.

A l’incertitude la CFDT préfère « un tien vaut mieux que deux tu l’auras » et engrange pour les salariés les dispositions suivantes :

- des droits plus lisibles avec un jour indemnisé pour un jour travaillé ce que voulaient toutes les organisations syndicales ;

- la mise en place d’une filière unique avec entrée dès 4 mois de travail dans les 28 derniers mois (au lieu de 6 mois dans les 22 derniers mois) qui rend l’accès aux droits et à leur connaissance plus lisible et plus simple

- une augmentation de la durée maximale d’indemnisation passant à 24 mois ;

- le maintien d’une indemnisation d’une durée maximale de 36 mois, pour les plus de 50 ans ;

- la suppression de la limitation à 3 ans du chômage saisonnier ;

- le maintien des annexes, notamment celles des intermittents du spectacle ;

- l’amélioration de la convention de reclassement personnalisé (CRP) avec passage à 12 mois, dont 8 mois à 80% (contre 8 mois dont 3 à 80% auparavant) ;

- la définition d’un mandat pour que Pôle Emploi mette en place un référent qui ne suive pas plus de 60 demandeurs d’emploi, et 30 pour les bénéficiaires de la CRP ;

 

Si les effets de ce nouveau dispositif sont du même ordre que ceux des départs anticipés pour carrières longues on découvrira dans trois ans que la CFDT avait raison et on aura entendu glapir contre elle pendant la même période.

 

Pourra-t-on arriver à un pilotage des droits sociaux un peu moins caricatural un jour ? Le syndicalisme salarial y gagnerait en crédibilité.


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18 réactions à cet article    


  • appoline appoline 9 janvier 2009 20:32

    Les syndicats ont perdu leur crédibilité à force de traitrise. Les travailleurs ne sont plus dupes, il n’y a guère que les fonctionnaires pour aller se planquer en leur sein.


    • Mordius 9 janvier 2009 22:12

      Tout à fait d’accord, comme pour les politiques, le privé est sous-représenté et les syndicats ne représentent aujourd’hui que les fonctionnaires (la fluidification du dialogue social est passé par là !).

      Le problème c’est que ces syndicats qui ne repésentent rien (comme d’ailleur le MEDEF) signent des accords qui vont concerner tous les français, pardon que le privé, puisque le chomage ne concerne pas le service public (avec leur privilège de l’emploi à vie).

      C’est la même chose pour les retraites, les syndicats signent les accords pour le privé dont le montant des retraites au final va être dérisoire, tandis que les fonctionnaires vont continuer à partir en retraites plus tôt avec des montants très au dessus (en moyenne et pour le même niveau de responsabilité) de celui du privé.
      D’ailleur, c’est le futur scandale qui nous est caché, quand les travailleurs du privé, qui se sont fait malmener par leur entreprise depuis 20 ans vont se rendre compte que pendant ce temps là, l’état faisait la même chose, jouant les grands et noble patrons en choyant ses employés avec leur argent (on est mieu servi que par soit même- voir le début de mon commentaire sur le monopole des fonctionnaires sur les institutions).
      Ce qui est fou, c’est à la tête des organismes qui gère l’argent des retraites du privés se trouvent des fonctionnaires de ces syndicats. Eux aussi, ils vont nous les fluidifier nos retraites. Et surtoût nos impôts dans les années qui viennent . +7 milliards d’euros de plus pour le budget de l’état pour payer l’évolution des retraites des fonctionnaires (+22%) pour les quatres ans qui viennent .
      www.sauvegarde-retraites.org


    • carnac carnac 10 janvier 2009 07:37

      Précisément l’accord de 2003 a permis le départ anticipé d’ouvriers et d’ouvrières du privé qui avaient commencé à travailler entre 14 ans et 17 ans .

      Le problème pour les retraites du privé c’est essentiellement les carrières souvent plus incomplètes que dans le public d’où le différentiel constaté :

      • carrières incomplètes des femmes qui restent à domicile souvent par défaut parce que la garde des jeunes enfants est trop onéreuse pour le budget familial - il faudrait que les moyens d’une Madame DATI soient mieux partagés ce qui règlerait la question des retraites des femmes inférieures de 50% à celles de leurs compagnons.
      • celles des jeunes qui ont toutes les peines du monde à trouver un premier CDI malgré des études bien plus longues que leurs parents,
      • celle des seniors qui sont virés des entreprises largement avant 60 ans révolus .

      Si on travaillait tous , on n’aurait aucun problème de retraite ... il ne faut donc pas travailler plus pour gagner plus mais travailler tous ...

    • carnac carnac 10 janvier 2009 07:42

      @ appoline Si vous prenez des syndicats comme la fédération des services , de la métallurgie , de la chimie , de la construction , des métiers du bois etc ...vous n’avez pas de fonctionnaires du tout dans ces syndicats il ne faut pas généraliser et vous même si vous êtes du privé comme je le présume est-ce que vous participez à la vie syndicale de votre métier ?

      Vous savez nous avons le syndicalisme que nous construisons jour après jour .


    • Mordius 10 janvier 2009 13:47

      Madame vous devriez faire de la politique !

      "Le problème pour les retraites du privé c’est essentiellement les carrières souvent plus incomplètes que dans le public d’où le différentiel constaté"  :

      ils ne demande que ça de travailler, je vous rappelle que les salaires du public et leur retraites sont payés par le privés. C’est donc normal,pour vous, qu’un salarié du privé, après avoir travaillé tout sa vie pour payer de quoi vivre (et financer le secteur public), sa retraite et en plus la retraite des fonctionnaires , cette personne doit avoir une retraite plus petite !. 
      Pour que nos retraites du privé soit complètes , je vous propose que les emplois du privé soit des emploi à vie et que les fonctionnaires puisse être licenciés.

      "Si on travaillait tous , on n’aurait aucun problème de retraite ... il ne faut donc pas travailler plus pour gagner plus mais travailler tous ..."
       
      On dirait une réponse du MEDEF. Il faudrait que ce syndicat patronal puisse gérer le secteur public ça vous remettrait les idées en place.

      Aux vues de vos réponses, il est fort à parier que vous êtes fonctionnaire, et vous faites partie du système soviétique qui est en place en France : le secteur privé est à votre service et non le contraire. Et vous faites tout pour que ça ne change pas.


    • Mordius 10 janvier 2009 13:54

      "Vous savez nous avons le syndicalisme que nous construisons jour après jour ".

      Comme pour les partis politiques !.
      Allez braves gens du privé venez à nous, venez donner votre temps et votre labeur pour des systèmes gérés par les fonctionnairs, pour les fonctionnaires, afin de fluidifier vos emplois et vos retraites.


    • ndididju 10 janvier 2009 16:15

      Ce que j’aime avec ce genre de commentaires, c’est qu’ils sont le plus souvent faits par ceux qui hormis critiquer, refusent de faire quoi que ce soit, encore moins de s’engager pour le bien commun, mais sont les premiers à appeler et même exiger l’aide des syndicats en cas de coup dur.
      Avec à peine 5% de syndicalisation dans le privé et 25% de participation aux élections prud’hommales, en France, je pense qu’il est difficile de parler de traitrise lorsque les syndicats "représentatifs" ou "majoritaires" signent un accord, aussi bon ou mauvais soit-il.
      Tout simplement parce qu’ils représentent ceux qui les ont élus ou mis en place, et ceux qui se sont abstenu(e)s de participer ou de proposer d’autres alternatives en sont pour leurs frais. Vous ralez contre Chérèque ? Engagez-vous à la CGT ! (ou vice versa ! Ou chez les autres syndicats, ou mieux encore, fondez votre propre syndicat dans votre entreprise, puisque la loi sur la représentativité vous donne les moyens de représenter assez aisément vos collègues.)

      Je trouve d’ailleurs assez cocasse le fait que la majorité des salariés crachent sur les syndicats mais dès qu’ils ont un problème sérieux filent les voir en se battant la coulpe de ne pas s’être syndiqués auparavant pour aussitôt leur précieux problème résolu, redisparaître dans la nature.

      De fait, l’un des gros problèmes contemporains du syndicalisme est qu’on est passé d’un syndicalisme d’engagement, de militants, à un syndicalisme de consommation : les salariés souhaitent être défendus au mieux de leurs intérêts, mais sans engagement aucun de leur part.

      Le problème que cela pose est que du coup, plus on monte dans la hiérarchie syndicale(tous syndicats confondus), moins on trouve de gens en prise avec la réalité, le vécu, les besoins ou les demandes de la "base" . C’est une question de logique : comment voulez-vous espérer ou même prétendre être représenté par quelqu’un que vous n’avez jamais vu ou à qui vous refusez de parler ?! C’est là l’un des points communs avec les problèmes que l’on rencontre avec les politiciens.
      En outre, cela pose un deuxième problème, toute négociation repose sur la reconnaissance mutuelle des parties, or les syndicats patronaux ainsi que le gouvernement savent pertinemment que les syndicats sont en position de faiblesse et en profitent. Les options qui restent alors sont soit de dire non à tout (ce que fait généralement la CGT) ou bien essayer de "ménager" la casse (ce que souvent la CFDT clame faire), mais le resultat reste à peu près le même dans les deux cas puisque la partie adverse a les moyens de passer en force ! Et le fait ! Particulièrement bien d’ailleurs, selon une stratégie du débordement : ils tapent à peu près partout en même temps sur des dossiers assez complexes avec des délais précis avec la certitude que les "instances" syndicales seront débordées et ne pourront pas tout adresser !
      Même en faisant de l’angelisme et en prétendant que les syndicalistes sont parfaits (arf !), ce ne serait pas possible. On envoie dix dossiers, sept tombent à l’eau, mais surtout trois passent sans encombre, l’est pas belle la vie ?!! Et après les salariés de dire que les syndicats n’en rament pas une, sans même avoir lu vraiment le dossier ou la proposition de loi !

      Pour ce qui est des "fonctionnaires", il faudrait arrêter un peu les clichés excessifs, je connais tout autant de fainéants et d’incompétents médiocres patents dans le privé, la différence étant essentiellement que les salariés du privé doivent faire plus d’efforts pour tromper les autres, les duper. :_> Je connais également tout autant de gens consciencieux, travailleurs, efficaces et dévoués dans le privé que dans le public, c’est à la fois une question de caractère et d’éducation, je crois.

      Maintenant, si quelqu’un pouvait proposer une solution alternative aux syndicats pour défendre l’intérêt général, allez-y, ça m’interesse (au même titre qu’une alternative au système capitaliste qui tienne la route et ne soit pas totalement utopique)
      En attendant, il faut bien faire avec, et tant qu’à faire, essayer de faire au mieux avec ce que l’on a en agissant quand c’est nécessaire plutôt que de ronchonner dans son coin en crachant dans la cheminée.

      Enfin, juste un petit mot pour la conseillère prud’hommale : merci de votre engagement (peu importe le syndicat) et bon courage pour votre mandature... Ce serait peut être bien de dire combien de temps vous consacrez à vos dossiers en plus de votre travail de salariée, histoire que les goujat(e)s se rendent un peu compte que le syndicalisme actif n’est pas forcemment une sinécure !


    • Panzerfaust 10 janvier 2009 16:25
      Le différentiel entre les salariés du public et du privé est une des injustices les plus criantes en France. Il est largement documenté dans les commentaires précédents. Ceux qui tempêtent contre les méchants capitalistes et autres traders sont curieusement peut loquaces voire franchement outrés lorsqu’on ose aborder ce sujet.
      Personne n’envisage sérieusement de concéder aux salariés du privé les mêmes privilèges qu’aux salariés du public. La seule alternative réaliste pour amener un peu plus de justice sociale est d’en finir avec les retraites avantageuses, la sécurité de l’emploi et de dégraisser dans les administrations. Des sommes gigantesques pourraient ainsi être dégagées et employées à soulager la dette et aider le privé qui pour une part de plus en plus importante s’enfonce dans une misère noire.
      Il est clair aussi que le syndicalisme est devenu une affaire de fonctionnaires ou d’employés des entreprises d’état. Une grève dans le privé est plutôt inefficace voire le meilleur moyen d’avoir une place de choix dans la prochaine charrette de licenciements. Tandis que une grève à la SNCF est sans risques pour les grévistes et quoiqu’en dise Sarkozy ne passe pas inaperçue.

    • carnac carnac 10 janvier 2009 16:48

      Je vous invite à vous documenter sur les statistiques des emplois précaires du public : si la poste a été condamnée récemment c’est que ses facteurs sont illégalement en CDD renouvelables depuis des années , il est en de même des personnels qui nettoient l’école de votre enfant , des personnels des fonctions publiques territoriales dans les mairies notamment , ma propre belle fille est en CDD au secrétariat des urgences d’un hopital depuis des années en totale contravention avec le droit du travail - elle se réserve pour une requalification de son contrat si l’on ose ne pas le renouveler - il en est de même des personnels qui assurent l’entretien de propreté , de certains médecins , c’est exactement la même chose dans la recherche publique etc ...

      Il y a bien longtemps que vous ne vous êtes pas penché sur le sujet
      16% de précarité dans le public contre 12% dans le privé on a changé de monde et vous ne vous en êtes pas aperçu parceque que les anathèmes et simplifications outrancières arrangent ceux qui précisément bénéficient de privilièges inavouables ... et peut être vous tout simplement


    • carnac carnac 10 janvier 2009 17:03

      @ morbius

      on est forcément DU PRIVE quand on siège au conseil des prud’hommes ...

      d’ailleurs j’ai été licenciée pour cause économique il y a quelques années et j’ai rebondi comme on dit ... je ne vous dis pas que cela a été une période facile , et je suis d’ailleurs d’autant plus attentive aux salariés que l’on voit défiler sur ce thème dans notre conseil .

      Et pour répondre à un autre contributeur , les dossiers de la section encadrement étant forts épais on ne peut pas rédiger un jugement en moins d’une journée de travail bien remplie ...


    • ndididju 10 janvier 2009 18:35

      @ Panzerfaust :
      Je vais essayer de répondre du mieux que je peux, sans oublier de points.
      Ma première remarque sera de pointer du doigt ce qui me fait le plus sauter au plafond : "Une grève dans le privé est plutôt inefficace voire le meilleur moyen d’avoir une place de choix dans la prochaine charrette de licenciements"
      Désolé, mais le droit de grève est garanti par la loi, c’est (le plus généralement, car il y a malheureusement des exceptions) juste une question de bien connaitre ses droits et de ne pas faire n’importe quoi, n’importe comment, et surtout pas seuls.
      Et c’est là que le bas blesse : les salariés du privé ont beaucoup de mal à se montrer solidaires "officiellement" et face à leur direction, justement par crainte de représailles (pas la peine de parler de licenciement, le simple fait de ne plus être dans ses petits papiers souvent suffit !) qui de fait, sont illégales et n’auront pas lieu pour peu que la grande majorité des employés soient solidaires et organisés. On le voit également sur les cas de harcèlement de salariés qui aboutissent rarement aux prud’hommes faute de preuves et notamment de témoignages suffisament nombreux et concordants.
      Donc, déjà, si on part perdant, c’est comme essayer de vendre un truc dont on pense qu’il ne vaut pas un clou ou de convaincre quelqu’un sur quelque chose en quoi on ne croit pas !
      De plus, une grève ne se décrète pas comme ça, comme une crampe ! Il y a beaucoup d’autres choses à faire avant d’envisager une grève, qui est généralement le signe d’un échec sur le problème qu’on a tenté d’adresser avec l’employeur.
      Déjà, il faut commencer à parler à l’employeur, lui expliquer les problèmes que connaissent ses salariés et faire en sorte qu’il écoute, qu’il vous prenne au sérieux, et ce n’est pas quelquechose d’aisé !

      Rien qu’à ce niveau, dans les PME, c’est un désert ! Ne serait-ce que pour faire part de ses difficultés !

      Et là, c’est aux salariés de s’en prendre à eux même : en refusant de dire les choses telles qu’elles sont (au moins vécues), ils habituent leurs employeurs à n’avoir aucun retour, à croire que tout va bien pour tout le monde (il n’en demande pas plus, c’est humain !) et que les quelques ceux qui râlent ne sont que des "gauchos" prêts à virer syndicalistes pour leur coller les prud’hommes ou l’inspection du travail au train et taper dans leurs bénéfices, qu’il faut les virer le plus vite possible !
      Résultat : pas moyen de parler de problèmes au travail sans passer pour un agitateur, pas de dialogue, pas de solutions (puisque pas de problèmes, selon l’employeur !)
      Tout le monde se tait, en gardant son bout de couverture et en priant de ne pas le perdre !

      "il est clair aussi que le syndicalisme est devenu une affaire de fonctionnaires ou d’employés des entreprises d’état"
      Oui, justement parce qu’il n’y a que très peu de salariés du privé qui soient syndiqués ET qui l’assument publiquement, s’engagent dans des actions syndicales qui leur permettent d’avoir des compétences et une expérience qui les amènent à exercer des responsabilités au delà d’un certain niveau dans le syndicat, car s’il montent au delà, il n’y a plus personne pour les remplacer dans leur spécialité (en fait, ils deviennent de très précieux relais avec le monde de la base) Si au contraire il y avait plus de salariés du privé qui se syndiquaient et agissaient vraiment, cela se répercuterait forcémment aux échelons supérieurs, malgré les freins que constituent les "apparatchiks" et autres "gensses d’appareil" (qui existent et qu’il ne faut pas négliger plus que les salariés ou les cadres "pourris" qui ne ratent pas une occasion d’enfoncer un collegue afin de gagner des bons points, et là les deux mondes sont égaux, il y a des pratiques à vomir dans les deux cas)
      "Personne n’envisage sérieusement de concéder aux salariés du privé les mêmes privilèges qu’aux salariés du public. La seule alternative réaliste pour amener un peu plus de justice sociale est d’en finir avec les retraites avantageuses, la sécurité de l’emploi et de dégraisser dans les administrations"
      C’est drôle, j’ai tout récemment lu un truc interessant à ce sujet : un type qui faisait remarquer qu’au moment des guerres mondiales, avec leurs millions d’hommes au front ou à travailler pour les services nécessaires à la guerre, l’Angleterre et les Etats Unis en particulier, étaient parvenus a faire travailler tout le monde de sorte à nourrir et assurer dans les grandes lignes les besoins essentiels pour l’ensemble des membres de leur société. Son argument consistait à dire qu’on aurait très bien pu à la fin de la guerre diminuer de moitié le nombre d’heures travaillées et faire travailler tout le monde tout en maintenant un niveau de vie a peu près adéquat pour tous ! MDR ! Quelque part, il n’a pas tort, ça m’a bien plu. Au lieu de cela on a donné congé à la moitié des hommes (chomage) et fait travailler le double l’autre moitié, dans les deux cas de figures, on a la même quantité de temps libre, sauf que dans la deuxième, le temps libre devient une calamité et synonyme de pauvreté et d’inutilité à la société !
      Vous semblez être partisan de la même méthode, dans le sens ou vous appelez à une réduction des "privilèges" des fonctionnaires, mais des fonctionnaires au plus bas de l’échelle, malheureusement, parce qu’on pourrait commencer aussi par le haut de l’échelle : les responsables politiques, le président n’est il pas justement le premier fonctionnaire de l’état ? (Ah, il s’est augmenté de combien déjà ?) J’aimerais bien voir les sénateurs et députés réduire leurs revenus tirés de leurs charges politiques à...Disons, 3000€ par mois (ce qui représente ce que touchent les 5% des français les plus riches du pays en termes de salaire)

      "
      Ceux qui tempêtent contre les méchants capitalistes et autres traders sont curieusement peut loquaces voire franchement outrés lorsqu’on ose aborder ce sujet."
      Parler des inégalités, pas de soucis, mais il faudrait aussi que les salariés du privé balaient devant leur propre porte un minimum, sans tempêter non plus. Quand on refuse catégoriquement d’agir soi même et de prendre en main ses propres problèmes, de s’engager à se tenir les coudes pour un objectif commun, prendre au moins le risque de se montrer solidaire de ses collègues, on ne peut pas vraiment critiquer ceux qui ont réussi en s’unissant et en faisant des sacrifices. Comment croyez-vous que la garantie d’emploi a été obtenue pour certains fonctionnaires ? (Ou les congés payés, les CDI, d’ailleurs !). Je considère cela aussi malvenu que certains salariés qui refusent de tenter de créer leur propre boite (parce qu’ils savent que cela représente au départ un travail gigantesque sans aucune mesure avec 35h par semaine) mais ensuite n’ont de cesse de critiquer que les entrepreneurs qui ont réussi puissent gagner autant leur vie et se contenter de "diriger" l’entreprise (arf !)

      Il ne faut pas non plus croire que l’administration publique est toujours tendre avec les fonctionnaires (demandez aux gendarmes, pompiers, policiers, infirmières ce qu’ils ont comme droits de grève, de vacances, d’assurances et quels salaires nets ils ont, au bout de combien d’années d’ancienneté ! Pas dit que vous soyez vous même tenté) C’est facile de pointer du doigt sur les je-m’en-foutistes incompétents et de dire que c’est le propre de l’ensemble de la boite, mais c’est souvent innaproprié et injuste envers la majorité.


    • carnac carnac 11 janvier 2009 11:00

      @nididju

      Je dois vous dire que j’apprècie particulièrement l’équilibre de vos contributions qui sans occulter les dérives syndicales donne à réfléchir sur les causes qui les génèrent

      Merci à vous


    • appoline appoline 11 janvier 2009 14:24

      @ l’auteur,
      Certes non. Les rares fois où j’ai pu dialoguer avec un syndicaliste ; enfin, lui dialoguait, moi je fulminais, tout en me disant que le labeur méritait d’être représenté autrement que par une bande de guignoles ignards


    • carnac carnac 11 janvier 2009 16:03

      admettons que les syndicalistes ne puissent en aucun cas représenter le salariat ... quelle structure serait à même de le faire d’après vous : dénigrer est relativement simple, construire une représentativité acceptée de tous est une autre paire de manche ... quelle est votre suggestion d’organisation ?


    • Jean TITOUPLIN Jean TITOUPLIN 10 janvier 2009 09:57

      "Le problème pour les retraites du privé c’est essentiellement les carrières souvent plus incomplètes que dans le public d’où le différentiel constaté"

      Non, le problème principal pour la retraite du privé, c’est qu"elle est calculée sur les 25 meilleures années de salaire. au lieu des 6 derniers mois dans le public.. Le plus gros différentiel vient de là. 

      La simple réactualisation en euro constant des 25 années, fait baisser la retraite de plus de 10% !!! 

      Ayant commencé à travailler avant 14 ans, j’ai bénéficié de l’accord de 2003 sur les carrières longues.Merci à ceux qui ont obtenu cette avançée.

      .


      • Martin39 10 janvier 2009 11:31

        En rubrique economie, le titre de l’article est : la CFDT osera t elle afaiblir le mouvement du 29 janvier ?
         Rassurez vous, comme, celon certains elle est de plus en plus minoritaire, cela ne gènera pas !!
        Je pense qu’il y a pas mal d’hypocrisie de la part des "révolutionnaires". j’en veux pour preuve la position de la CGT-spectacles et de la coordination des intermitants qui, aujourd’ hui, veulent que personne ne touche à la convention spécifique régissant le chômage.
        Cependant, quelle gesticulation il y a eu quand la CFDT a signé cette annexe spéciale.
        Cette annexe doit être renégociée. Puisqu’elle est mauvaise. Je suggère à la CFDT de ne plus la signer. Qu’adviendra t elle ? Laissez le gouvernement s’en occuper. Lui, il aura vite fait de règler le problème comme il vient de le faire en supprimant l’allocation équivalent retraite.


        • carnac carnac 10 janvier 2009 16:56

          @ martin

          Votre suggestion est assez "cynique" mais effectivement après avoir hurlé au loup, voilà nos intermittents fort inquiets à l’idée de perdre les avantages d’une annexe à la convention chômage qu’ils ont en d’autres temps villipendée ... Un de mes fils a été décorateur de théatre au club med c’était un "vrai" intermittent mais croyez vous que la comptable , le barman , les lingères bref tout le personnel administratif et de service du village qui fonctionnait toute l’année était .... devinez quoi INTERMITTENT du spectacle ben voyons ... et c’est les cotisations de la caissière du supermarché qui payent les indemnités de chômage ... de ces curieux intermittents . On est loin d’avoir mis le holà à tous les abus du secteur ...


        • remiaufrere remiaufrere 24 février 2010 19:13

          Bonjour,

          Bon article qui mérite de rappeller quelques faits et de provoquer un débat.
          J’espère que les mesures se traduiront sur les années qui viennent en positif pour tous les salariés concernés.
          C’est bien là le rôle du syndicalisme : apporter un progrès sans générerauc un recul !

           

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