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Accueil du site > Actualités > Société > Le juge Burgaud à nouveau entendu le 2 février : ses avocats en (...)

Le juge Burgaud à nouveau entendu le 2 février : ses avocats en colère

Rappel résumé des faits :

 Il y a maintenant quelques années, début de l’année 2000, des enfants, habitant la Tour du Renard, une barre d’HLM, dans un quartier très défavorisé de Boulogne-sur-Mer, sont placés dans des familles d’accueil à la demande de leur mère, Mme BADAOUI . Les enfants commencent de se plaindre à leurs familles d’accueil d’être violés par leurs parents, et les nombreux voisins et amis de ces derniers ; ils expliquent qu’ils sont photographiés et filmés au cours de débauches sexuelles, et qu’ils voient des billets de banque passer de main en main. Les enfants sont très petits ; de plus ils expliquent qu’ils ont très peur de parler, et craignent les représailles. Bref, ils s’expriment très difficilement. 

Le procureur de Boulogne-sur-Mer, informé par les services sociaux, eux-mêmes informés par les familles nourricières ordonne une enquête policière qui démarre fin de l’année 2000. L’enquête s’avère d’ores et déjà très difficile puisque, suite au placement des enfants dans les familles d’accueil quelques mois auparavant, les violeurs ont eu largement le temps pour certains de quitter la région, et pour d’autres de faire disparaître toute trace matérielle de leurs forfaits. Il y a un, ou deux policiers pour mener l’enquête, nullement formés à une tâche si complexe, et disposant de peu de moyens. Ils interrogent les enfants dans un commissariat... On présente aux enfants des photos des habitants de l’immeuble ; certaines photos sont totalement jaunies ou effacées, ou représentent des voisins mais une vingtaine d’années auparavant. Les enfants se troublent, ne savent plus très bien, confondent les visages, les noms. Mis à part quelques personnes dont ils sont sûrs, leur jeune mémoire se brouille. 

Puis après un mois d’auditions, le procureur décide de saisir le juge d’instruction, en février 2001, qui met en examen les premières personnes dénoncées par les enfants. Le juge d’instruction saisit le juge de la détention et lui demande de prononcer la détention provisoire de ces personnes. Le juge de la détention, qui est un autre juge, et qui a toute liberté pour ne pas incarcérer ces personnes, ordonne néanmoins leur détention, encouragé en cela par le procureur de la république, qui a pris des réquisitions en ce sens, et qui a lui aussi toute liberté de ne pas le faire. Aucune demande d’annulation de ces mises en examen n’est demandée par les conseils des prévenus auprès de la Chambre de l’Instruction, comme la loi leur en laisse la possibilité. Lorsque le prévenu estime qu’il n’y a pas de charges sérieuses contre lui, il demande à la Chambre de l’instruction d’annuler sa mise en examen.

Une perquisition est ordonnée, qui évidemment compte tenu du temps écoulé ne donne rien. Pas de photos, pas de films. Un policier par la suite dira : « le ménage a eu le temps d’être fait ! ». Une deuxième série d’arrestations a lieu quelques mois après la première, en novembre 2001. Aucune demande d’annulation des mis en examen n’est semble-t-il davantage effectuée auprès de la chambre de l’instruction. Pourquoi ? On ne sait pas. Pendant tout ce temps les enfants continuent d’être entendus sur commission rogatoire. Les demandes de mise en liberté et les appels de certains prévenus commencent à se multiplier. Le juge diligente des expertises psychologiques ; les experts lui disent que les enfants ne mentent pas et sont crédibles. Les deux juges de la détention, le procureur, la chambre de l’instruction, les avocats généraux refusent la plupart des demandes de mise en liberté. L’un des prévenus écrit à France 3 et prétend que, outre les viols, il a assisté à un meurtre d’enfant commis par l’un des principaux prévenus, et que l’enfant a été enterré dans un jardin. Les jardins ouvriers entourant la Tour Renard sont fouillés en présence de toutes les caméras de France et de Navarre. 

La presse se déchaîne et les prévenus sont traités de monstres. Les juges dans leur ensemble se crispent sur les refus de mise en liberté. En août 2002, le juge BURGAUD quitte le tribunal de Boulogne, bénéficiant d’une promotion à Paris. Son successeur renvoie l’affaire devant la Cour d’Assises de Saint Omer. En mai 2004 a lieu l’audience devant la Cour d’Assises de Saint-Omer ; certains prévenus ont été libérés dans l’intervalle par la Chambre de l’Instruction, mais la plupart sont encore détenus. La Cour d’assises de Saint-Omer rend une décision qui ne sera jamais attaquée, qui dit les 17 enfants bien fondés dans leur constitution de partie civile, et donc reconnus dans leur statut de victimes ; elle acquitte la moitié des prévenus. La presse est déchaînée. Les anciens « monstres » sont devenus les « victimes », de l’erreur judiciaire, l’ancien héros de l’instruction, promu à Paris, le « monstre », le fourbe, le traître etc. Les non acquittés font appel. Ils seront tous acquittés en 2005 par la Cour d’Assises de Paris. Le président CHIRAC dit que l’Etat doit payer au prix fort ces détentions provisoires abusives. Fin 2005, l’Assemblée Nationale décide de créer une commission parlementaire, afin d’entendre le juge et les personnalités du monde judiciaire. Il en ressort à l’époque que la responsabilité des détentions n’incombe pas à un seul homme, mais que les responsabilités sont multiples et en cascade.

La question est articulée autour de 2 pôles :

Comment continuer à agir en faveur des enfants victimes de sévices et maltraitances, but tout à la fois légitime et impératif dans une société démocratique avancée, riche, et qui n’ aurait aucune excuse à ne pas le faire, mais aussi comment le faire , tout en respectant la présomption d’innocence, but tout aussi légitime et impératif que le précédent ? La commission suggérait plusieurs pistes : créer des pôles de l’instruction, notamment, sortes d’équipes de magistrats instructeurs pour éviter l’isolement du juge d’instruction. Recueillir la parole des enfants dans de meilleures conditions, et notamment par des professionnels dans des cadres adaptés. Franchement, ce n’était pas grand-chose, et la commission semblait accoucher d’une souris. Car là où il eut fallu une refonte générale de notre système judiciaire, passant par un investissement financier considérable, et un bouleversement total des textes de loi, seules étaient préconisées quelques mesures un peu vagues, qui tenaient davantage du rafistolage que de la révolution judiciaire. Mais au moins, y avait-il un consensus sur le fait que les responsabilités étaient partagées.

Même si le jeune juge avait commis quelques erreurs d’appréciation, et était en première ligne, il n’empêche que les signaux d’alarme n’avaient pas fonctionné, et il répugnait à beaucoup, y compris les avocats de la défense de faire peser sur les épaules d‘un seul homme l’entier poids du dysfonctionnement général constaté. C’est-à-dire que les magistrats qui entouraient le juge et qui étaient nombreux, juges de la détention, procureurs, substituts, magistrats de la chambre de l’instruction, avocats et substituts du parquet général, et qui avaient accès au dossier, au même titre que le juge, n’avaient rien trouvé à redire à cette instruction. Les experts avaient, par leurs rapports indiquant que les enfants étaient crédibles, contribué à conforter les juges dans leur position. Les avocats, se plaignaient certains magistrats de la Chambre de l’instruction, qui n’avaient pas déposé de demande d’annulation des mises en examen des prévenus, ni davantage déposé auprès de la Chambre de l’instruction de demande de dessaisissement du juge, ou des requêtes en suspicion légitime portaient également leur part de responsabilités. La presse également qui, par ses « unes » sanglantes avait poussé les juges à la faute en exerçant sur eux des pressions, dont ils se plaignaient amèrement, peu propices à la sérénité des débats, avait elle-même participé au dérapage ; elle l’admettait d’ailleurs fort bien au cours des auditions. Au moins y avait-il la volonté de ne pas transformer le jeune juge en bouc émissaire, et les poursuites en chasses à courre.

 Or qu’apprend-on aujourd’hui ? Quoi ? Que toutes ces belles résolutions sont jetées à bas ? Figurez vous que le juge est le seul responsable, dit le rapport déposé par la direction des services judiciaires au CSM qui jugera à partie du 2 févier le juge BURGAUD. Circulez, il n’y a rien à voir. Les autres juges ont été abusés par ce petit débutant. Drôlement malin finalement ! D’ailleurs, c’est tellement vrai que certains de ces juges, qui entouraient le juge BURGAUD sont aujourd’hui à la Cour de Cassation, la plus haute juridiction du pays ; on l’appelle la « juridiction suprême », c’est dire ! Mais qu’est-ce que cela veut dire ? 

Il semble bien qu’on veuille isoler le juge, le couper de l’environnement judiciaire qui était le sien, pour lui faire porter en exclusivité les poids des défaillances. Personne ne serait responsable selon ce rapport, si ce n’est le juge qui a trompé tout le monde. C’est commode et ça peut rapporter gros d’ailleurs. Car, si le seul juge d’instruction est coupable, il n’y a pas lieu à faire une réforme forcément très coûteuse. Il suffit de le sanctionner, durement, l’Opinion est avec nous. Dans ces circonstances, Outreau n’est plus qu’un accident judiciaire. Regrettable, certes. Mais à ranger au même rang que les catastrophes naturelles. Il y a un accident judiciaire une fois tous les dix ans à peu près.

A chaque fois, on tombe à bras raccourcis sur le juge. On crée une ou deux commissions. On jure : « plus jamais cela ». On réforme un petit peu, pas trop, à la marge ; cela calme l’Opinion, qui peu à peu oublie, et on s’endort en gros, une dizaine d’années. Cette fois, cela tombe bien ; le chef de l’Etat vient d’évoquer il y a quelques jours la suppression du juge d’instruction ? Coïncidence ? En tout cas, notez que cela tombe bien. Pour s’éviter le coût d’une réforme, il suffit de révoquer le juge, et prenant à partie l’Opinion, supprimer dans le foulée la fonction même du juge d’instruction. Nos électeurs auront le sentiment d’une action juste, et économique pour nous. Mais le problème qui reste préoccupant est le suivant : si on supprime le juge d’instruction, sans renforcer les droits des parties, et de leurs avocats, au cours du procès, qu’ils soient partie civile ou prévenus présumés innocents face à un parquet tout puissant, sans moyens pour faire avancer leurs droits, et faire entendre leurs voix, ne convient-il pas en ce cas de garder le juge d’instruction et renforcer les contrôles sur lui. En tout état de cause, si on se sert du juge BURGAUD pour faire avancer la thèse de la suppression de l’institution qu’est le juge d’instruction, qu’on permette aux avocats des différentes parties au procès de travailler à armes égales avec le parquet, car à défaut, on connaîtra de nouveaux Outreau. 

Car il n’est pas exact de prétendre que tous les juges d’instruction sont totalement inaptes. Certes le poids du Parquet sur eux est énorme. Parquet dont il est inexact par ailleurs de dire qu’il est systématiquement du côté des victimes. Ceux qui sont obligés de déposer une plainte avec constitution de partie civile en savent quelque chose. Mais ceci est un autre débat. Pour ce qui nous préoccupe dans le cas de l’espèce, certains juges d’instruction résistent aux pressions du Parquet. J’en ai rencontré. J’ai même, puisqu’on évoque la Chambre de l’instruction de Douai, qui est la Cour d’appel des juges d’instruction de Boulogne-sur-Mer, celle-là même tant vilipendée dans l’affaire d’Outreau, obtenu quelque temps avant l’affaire d’Outreau, le dessaisissement d’un juge, puis d’un deuxième juge , puis de tous les juges de Boulogne-sur-Mer, et le renvoi de mon affaire devant une autre juridiction, celle de Lille plus précisément. Certes, ce n’est pas facile, et il en coûte beaucoup aux magistrats de désavouer leurs collègues, mais il est exagéré de dire que cela est impossible. Raison pour laquelle, si nous les avocats, n’obtenons pas de sérieuses garanties en cas de suppression du juge d’instruction, je préfère le garder. Car sinon, nous devrons nous battre à mains nues face au Ministère public, autant du côté des victimes que des prévenus, et sans pouvoirs renforcés des avocats des particuliers, face à l’Etat, nous perdrons. Pour le plus grand malheur du justiciable. 

En conclusion, quand bien même le juge BURGAUD ne serait-il pas exempt de faute, force est de constater que c’est toute la chaîne judiciaire qui a dérapé. Tout le monde se souvient des images diffusées sur la chaîne régionale où l’on voyait le juge BURGAUD suivi comme son ombre par le procureur de la république de Boulogne-sur-Mer. Tous ceux qui ont travaillé le dossier ne peuvent que constater que la chambre de l’instruction s’est à de multiples reprises penchée sur le dossier en utilisant d’une manière effrayante la fonction copier coller des logiciels de traitement de texte.

Vouloir au final déclarer le juge BURGAUD seul et unique bouc émissaire du fiasco OUTREAU procède d’un corporatisme moyenâgeux.


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57 réactions à cet article    


  • Bill Grodé 2 février 2009 11:02

    Tout à fait d’accord avec votre analyse. Une personne seule ne peut pas porter une responsabilité telle, alors que tant d’autres intervenants seraient blanchis. Le rôle de la presse, que vous soulignez, a été trop peu évoqué (mais qui aurait pu le faire, sinon la presse elle-même) . C’est son panurgisme et son habitude de hurler avec les loups (voir l’affaire Alègre) qui contribuent a créeer un climat malsain de pensée unique. On manque de journalistes avec une vraie personnalité.


    • Philou017 Philou017 2 février 2009 21:18

      Ce jugement n’est pas un jugement, mais un lynchage organisé à un haut niveau politique :

      "Qui veut la « tête » de Fabrice Burgaud ? Ses défenseurs ont tonné contre la Chancellerie, accusée d’obéir à une « stratégie politique ».

      Une « accumulation de manquements »

      Dans cette note du 20 janvier, la directrice des services judiciaires estime notamment que le juge Burgaud a commis une « accumulation de manquements » au « caractère systématique voire volontaire », introduisant donc l’idée que c’est « délibérément » et non par inexpérience que le juge a renvoyé des innocents devant le tribunal.

      Des « accusations terribles » pour les défenseurs de Burgaud, et qui ne figuraient pas dans les rapports préliminaires du CSM. « Le garde des Sceaux se doit de montrer l’exemple », or « en changeant au dernier moment l’étendue et la nature des faits reprochés, le ver est dans le fruit », a lancé Monfort pour qui « le juge Burgaud devient le jouet d’une stratégie politique ».

      Pour Me Maisonneuve, la Chancellerie veut satisfaire l’opinion publique « qui ne comprendrait pas qu’il ne soit pas condamné », au risque de faire du juge « un bouc-émissaire ».

      Suppression du juge d’instruction

      Le contexte politique est aussi extrêmement propice, selon Me Maisonneuve : « Il faut supprimer le juge d’instruction, alors commencez par supprimer celui-là »."


      www.20minutes.fr/article/295953/France-Burgaud-Je-n-ai-failli-d-aucune-sorte-a-mon-serment-de-magistrat.php

      Quelque soit ce qu"on peut penser du juge Burgaud, personne ne peut se satisfaire de ce genre de procédés.


    • LE CHAT LE CHAT 2 février 2009 11:33

      il a été complétement incompétent , mais il n’est pas le seul , on peut faire le ménage aux étages supérieurs .

      Idem à la société générale où on veut faire porter le chapeau à Jerôme Kerviel en oubliant tous ses chefs !

      cette justice est pourrie ! et comme ils ne se jugent qu’entre pairs , c’est mal barré pour une quelconque amélioration !


      • Alpo47 Alpo47 2 février 2009 11:46

        Lorsque "le système juge le système", que peut on en attendre ? Evidemment, rien...
        Ce petit juge a démontré son incompétence ; Soit.
        Qu’il soit licencié, comme (presque) tout incompétent, je n’ai rien à y redire.
        Qu’il soit le seul mis en cause est une mascarade (ou un écran de fumée). Comme d’habitude.


        • foufouille foufouille 2 février 2009 11:59

          la justice est aussi pourrie que la politique
          faut rien attendre de ces gens la


          • Fergus fergus 2 février 2009 13:04

            Lamentable ce commentaire, Foufouille.


          • Jon deuf 2 février 2009 12:05

            Avez-vous remarqué que les foudres tombent sur ce juge, alors qu’auparavant toutes les parties semblaient d’accord pour reconnaitre qu’il n’était pas le seul responsable, revirement simultané au même moment où Mr Sarkozy souhaite supprimer le juge d’instruction.
            Alors, soit cette justice en ses instances est aux ordres, ou elle a négocié avec le pouvoir car je ne vois pas d’autres explications.
            Ou bien il faut m’expliquer !


            • calach calach 2 février 2009 12:19

              Je suis globalemant d’accord avec votre analyse. La suppression du juge d’instruction peut induire plus d’inconvénients que d’avantages pour l’innocent injustement accusé. Dans les cas d’accusation d’abus sexuels sur des enfants, un procureur à charge n’aura aucun mal à obtenir le placement en détention provisoire et probablement pour la durée maximale autorisée surtout si le mis en examen n’a pas l’argent nécessaire pour se payer les services d’un avocat qui fasse un véritable travail de défense. Rappelons que les honoraires d’aide judiciaire sont d’environ 500 €. Que peut faire un avocat pour cette somme hors quelques lettres pour la forme...

              Par contre, on ne peut qu’avoir le sourire lorsque vous écrivez : "Une deuxième série d’arrestations a lieu quelques mois après la première, en novembre 2001. Aucune demande d’annulation des mis en examen n’est semble-t-il davantage effectuée auprès de la chambre de l’instruction. Pourquoi ? On ne sait pas"
              A quoi peut servir cette demande d’annulation vu l’infime chance d’obtenir satisfaction ? Les avocats ont fait un meilleur travail en demandant des confrontations individuelles avec Badaoui dans des conditions neutres. Ils n’ont pas obtenu satisfaction et c’est bien là une des principales fautes (entre autres) du juge Burgaud.


              • lowlow007 lowlow007 2 février 2009 13:00

                Désolé pour certains, c’est lui LE JUGE, impartial et incorruptible (en principe)
                ses convictions l’ont conduit à détruire des familles entières !
                ce type n’essaie même pas de se racheter vis à vis des familles ni de s’excuser, il cherche seulement à sauver sa peau,il est sans vergogne !
                il doit simplement payer pour cela...


                • appoline appoline 2 février 2009 13:49

                  @ Lowlow,
                  Je vous approuve. A partir du moment où ce juge a été mis en place ; c’est que sa hiérarchie l’estimait compétent. Il doit être révoqué, point. Dans une entreprise, quelqu’un qui fait une bourbe comme celle-ci, est licencié pour faute lourde. D’avoir détruit des familles entières alors qu’il se faisait mener par le bout du nez par cette idiote, ignoble de Badoui ; ce petit juge n’a rien à faire dans un système qui décide de qui, est, ou n’est pas coupable, l’enjeu est trop important pour être confié à des imbéciles.

                  Il est aussi inadmissible que toutes les personnes qui gravitaient autour de ce petit juge, ne soient pas sévèrement sanctionnées, du bas jusqu’en haut, toutes. La justice doit donner l’exemple, les gens se réfèrent à elle dans le désespoir. Elle doit donc être infaillible, droite, juste et quand hélas, elle fait des erreurs, elle doit faire son mae culpa et sévir contre ses éléments qui n’ont pas fait leur devoir. C’est à ce prix que le peuple aura confiance en sa justice.


                • Mouche-zélée 2 février 2009 14:58

                  Lowlow

                  Vous étiez sur place ?
                  Vous avez vêcu la pression omniprésente politique, médiatique, populaire ?
                  S’occupper de ce juge seul c’est trouver un bouc émissaire facile afin que personne ne sache vraiment la vérité sur l’organisation unilatérale qui a compromis toute l’instruction .

                  Demandez vous à qui profite le crime, à qui profite de s’occupper uniquement de ce juge, sinon aux réels coupables ...
                  Venez habiter içi, nous en reparlerons dans quelques années ....





                • Fergus fergus 2 février 2009 13:03

                  D’accord avec votre analyse, Jacqueline. Il est évident que le juge Burgaud a instruit essentiellement à charge, aveuglé qu’il était par sa compassion pour les enfants et par les témoignages de Myriam Badaoui qui allaient exactement dans le sens de ce qu’il souhaitait inconsciemment entendre.

                  Burgaud est incontestablement et gravement fautif, mais il est scandaleux qu’il soit seul accusé aujourd’hui alors que le procureur et le juge des libertés et de la détention ont eux aussi une énorme responsabilité dans ce gâchis.

                  Et que dire des médias, prompts à se réjouir de l’incarcération d’une poignée de salauds, puis tout aussi prompts à jeter le juge aux chiens lorsque le procès a démontré les carences de l’instruction ? Malheureusement personne ne jugera ces journalistes en mal de spectaculaire et qui, s’ils avaient fait un minimum d’investigations lors de l’instruction, auraient pu démontrer beaucoup plus tôt les errements du parquet de Douai.

                  Et que dire de Me Dupont-Moretti dont je ne me souviens pas qu’il avait ameuté les médias pour hurler au scandale durant cette même instruction ? Dupond-Moretti, on ne l’a vu qu’au moment du procès.


                  • Romain Desbois 2 février 2009 13:06

                    @ L’auteur

                    "Même si le jeune juge avait commis quelques erreurs d’appréciation," smiley

                    Je suis étonné par autant de mansuétude ! Avez vous vu la retransmission de l’enquète parlementaire !

                    Burgot instruisait uniquement à charge, pire il prenait conseil auprès de la première inculpée Badaoui Myriam. En fait les témoignages affirme qu’il était comme subjugé par elle. C’est la coupable qui menait l’instruction !

                    A le décharge du juge lors de cette commission parlementaire , il a été fait mention du fait que les inculpés n’ont pas pu avoir accès au dossier pendant plus de deux ans, empêchant leur avocat d’assurer leur défense !
                    La réponse du juge met en évidence une carence insupportable de l’Etat, IL N’Y AVAIT PAS DE PHOTOCOPIEUR s’est -il écrié. Puis une fois le matériel arrivé, rien n’a changé : Pourquoi ? JE N’AVAIS PERSONNE POUR FAIRE LES PHOTOCOPIES !

                    Laurence Aubenas qui suivait l’affaire , dira plus tard qu’elle avait pu photographier le dossier avec son portable 48h après les mises en examen !

                    Au delà de la faute grave du juge Burgot, il est indéniable que les juges n’ont pas assez de greffier, de matériel (Eva Joli racontait qu’elle avait dû elle même acheter un téléphone : fax un ordi et un photocopieur de sa poche lorsqu’elle était au pôle financier).


                    Les inculpés d’Outreau ont fait plus de deux ans de prisons avant de pouvoir se défendre !
                    Cette incurie qui est devenue la norme coûte cher à la société, elle détruit inutilement des gens des familles !
                    Je suis sur que des milliers de personnes au chômage seraient tout à fait aptes à excercer le métier d’aide greffier (comme il y a des aides soignantes). Sélectionnées pour leur sérieux et leur probité, il ne faut pas des années de formation pour faire des copies de dossier !

                    Les juges ont en moyennes chacuns plus de 100 dossiers à gérer en même temps . Dans un reportage, un juge de Créteil reconnaissait que dans la plupart des dossiers, il ne peuvent qu’y consacrer qu’un quart d’heure par semaine ! Pendant ce temps on laisse pourrir des gens en tôle, envenimer des situations.

                    Innocentées, tous les inculpés d’Outreau n’ont pas encore le droit de revoir leurs enfants, dont la vie à été aussi gâchée par l’incompétence de Burgot, secondé par un kirielle d’assistantes familliales que je n’aurais pas aimé rencontrer en 40 !

                    Les Seules mesure que l’Etat a intituées pour désengorger la justice, c’est de permettre qu’un procureur dans sa sainte autorité, juge si votre plainte sera instruite ou non. Moralité en France plus de 2 plaintes sur 3 sont classées sans suite de manière subjective et non motivée. LaPorte ouverte à tous les passes droits, si je peux l’écrire ainsi smiley

                    Des Machins, Coupat, Dills, Roman, Radad ou Bridou, il y en a tous les jours en France.

                    40% DES GENS EN PRISON EN FRANCE NE SONT PAS JUGES SONT PRESUMES INNOCENTS

                    Et pourtant dans l’affaire d’Outreau il y a avait des gosses violés par leurs parents, des gosses qu’on a vite oublié. Et ça c’est à mettre sur le compte de Burgot.

                    Non vous ne pouvez pas écrire que ce ne sont que des erreurs d’appréciation !
                    Au nom de ces gosses violés, au nom de ces innocents brisés par ce juge, au nom de la justice, au nom de toute les victimes d’erreur judiciaires, au nom du peu d’humanité qu’il y a dans l’Homme ! smiley




                    • Voltaire Voltaire 2 février 2009 14:08

                      Je susi aussi assez surpris de votre commentaire vis à vis de ce juge.

                      Certes, il est évident que le pouvoir politique profite de cette affaire pour justifier sa réforme de la justice et la supression du juge d’instruction. Néanmoins, sur ce cas particulier, il ne faut pas non plus nier l’évidence : ce juge n’a pas fait correctement son travail, en instruisant systématiquement à charge et en ignorant toutes les pièces en faveurs des accusés. Etant donné l’importance du dossier, et des retombées possibles pour les accusés, c’est difficilement compréhensible. Alors effectivement, il n’était pas tout seul, mais il ne faut pas non plus que la responsabilité individuelle soit systématiquement écartée et diluée dans une responsabilité collective où plus personne n’est responsable.


                    • Mouche-zélée 2 février 2009 15:08

                      Voltaire

                      C’est bien pour cela qu’est structuré de la sorte une mise en détention, pour confirmer ou infirmer une décision du juge sur des éléments concrêts.
                      Il n’est pas le seul à avoir échoué, les décisions ont été prises par de multiples intervenants sur lesquels les faux accusés ne peuvent pas mettre de visage .
                      Ce qui explique leur acharnement vers le seul homme à qui ils puissent donner un visage .

                      Ils ont tous échoué, et ils doivent tous assumer leur responsabilité collective dans cette chaîne de dsyfonctionnements .
                      Se focaliser sur ce seul juge c’est nier la responsabilité des tous les autres intervenants, donc leur pouvoir et leur devoir de contrôle indépendant .



                    • Zalka Zalka 2 février 2009 13:15

                      Assez peu étrangement, cela ne m’émeut que très peu.

                      Car contrairement à ses victimes, il a quelque chose à se reprocher (alors qu’il continue de nier toutes erreurs), mais n’ira cependant pas en prison.

                      La seule chose qui m’attriste, vous en parlez, c’est qu’il soit le seul dans le box des accusés.


                      • maharadh maharadh 2 février 2009 13:41

                        Ce qui m’émeut c’est toutes les vies détruites des victimes innoçentes pas le système judiciaire qui ne fait qu’appliquer ce qu’il à toujours fait selon que vous serez puissant...............

                        La justice tant que vous n’y êtes pas confrontés vous ne pouvez même pas vous imaginer..... "commédia del Arte" !

                        N’avons nous pas la justice que nous nous sommes donnés ?



                        • maharadh maharadh 2 février 2009 13:46

                          J’ai oublié de vous dire....................ce que tout le monde se doute c’est comme d’hab.......le lampiste qui paie !

                          Qu’il paie c’est normal quand on commet une erreur il faut savoir assumer ce qui se fait de plus en plus rare sur notre planète, mais j’aimerai qu’il en soit de même pour tous ceux qui n’ont pas fait leur job dans ce naufrage.



                          • JL JL 2 février 2009 14:24

                            Bonjour, ce n’est pas d’aujourd’hui que je m’intéresse à cette affaire, en tant qu’observateur neutre, et les seules informations dont je dispose sont celles que je grappille ici et là. Votre relation synthétique des faits me paraît objective, et c’est pourquoi je voudrais vous poser une question.

                            Vous écrivez : "" Il y a maintenant quelques années, début de l’année 2000, des enfants, habitant la Tour du Renard, une barre d’HLM, dans un quartier très défavorisé de Boulogne-sur-Mer, sont placés dans des familles d’accueil à la demande de leur mère, Mme BADAOUI. Les enfants commencent de se plaindre à leurs familles d’accueil d’être violés par leurs parents, et les nombreux voisins et amis de ces derniers ""

                            Vous pourriez développer un peu ? Je trouve très bizarre qu’une mère demande de placer ses enfants en famille d’accueil.

                             

                            Par ailleurs je lis plus loin : ""En mai 2004 … la Cour d’assises de Saint-Omer rend une décision qui ne sera jamais attaquée, qui dit les 17 enfants bien fondés dans leur constitution de partie civile, et donc reconnus dans leur statut de victimes"".

                            17 enfants ? Combien Mme Badaoui a-t-elle d’enfants ? 17 ? L’on sait que Mme Badaoui a été accusatrice, puis s’est rétractée. A quel titre ? Ce qui se passait chez elle et dont ses enfants témoignaient ? Et quid alors des autres enfants que les siens ? Venaient-ils aussi chez elle ? Dans quelles conditions une femme qui place ses enfants en famille d’accueil reçoit-elle d’autres enfants ?

                             

                            Enfin je voudrais faire une remarque : je ne comprends pas pourquoi ni à quel titre, les acquittés prennent parti dans cette polémique qui relève d’un débat de professionnels, à savoir : est-ce que c’est le juge qui est responsable, ou bien le système ? Une prise de position pour le moins à double langage : d’un coté ils chargent le juge, et de l’autre le système, alors même qu’ils n’ont, pendant l’affaire pas fait usage de leurs droits comme vous l’écrivez là :

                            ""Aucune demande d’annulation de ces mises en examen n’est demandée par les conseils des prévenus auprès de la Chambre de l’Instruction, comme la loi leur en laisse la possibilité…. Une deuxième série d’arrestations a lieu quelques mois après la première, en novembre 2001. Aucune demande d’annulation des mis en examen n’est semble-t-il davantage effectuée auprès de la chambre de l’instruction. Pourquoi ? On ne sait pas""

                            On aurait voulu créer une affaire dans l’affaire qu’on ne s’y serait pas pris autrement. Pourquoi les propos des acquittés sont-ils relayés ainsi dans la Presse ? A qui cela sert-il ?

                            J’aime à rappeler cet épilogue de l’abbé Dominique Wiel : "ça s’est terminé comme un conte de fée". Pour lui, assurément, puisqu’il le dit. Mais assurément pas pour les enfants.


                            • Mouche-zélée 2 février 2009 14:49

                              Maître Leduc Novi

                              Je ne reviendrai pas sur vos propos évidents, ce jeune juge ne peut pas avoir à lui seul influencé toutes les décisions des ses collèges expérimentés, ce à tous les niveaux. (l’inverse oui)
                              La vérité est bien plus sordide .

                              Question : Quid des victimes et des réels coupables, sur un autre forum j’ai même entendu des gens me dire que les enfants avaient menti, donc les médecins et les psy aussi ...

                              A qui profite le crime : Cet écran de fumée n’est-il pas fait pour couvrir les réels coupables ? (tant que le juge est la préoccupation on ne parle plus des coupables)

                              La maladie est bien plus grave, je ne pense pas que Sarkozy alors ministre de l’intérieur n’ai pas quelques dossiers fumants sous le coude, ce qui explique le manque de réactions de la magistrature tant lorsque le juge d’instruction est attaqué, que la constitution, que la présomption d’innocence et les nombreuses attaques du pouvoir exécutif envers le pouvoir judiciaire, sans grande réaction du pouvoir judiciaire . (c’est un avis personnel)

                              Une autre affaire troublante qui entâche ma région : Un gynécologue de l’hôpital de Boulogne recherché pour crimes sexuels a été retrouvé exercant à Saint Omer (même région à 40Km) et était même dans l’annuaire téléphonique et inscrit à l’ordre des médecins à sa nouvelle adresse ...
                              Recherché, pas tant que cela...

                              L’affaire est complexe s’il en est, c’est une affaire de réseaux avant tout, l’affaire de gens au dessus des lois qu’il faut à tout prix couvrir pour ne pas créer le scandale du siècle, voire du millénaire .
                              Mes propos n’étonneront personne localement, c’est un secret de polichinelles que de dire que Boulogne sur mer est une ville de réseaux, la justice et la loi n’y ont pas leur place.
                              Pour savoir comment torpiller ou influencer une instruction de A à Z me contacter, j’ai été formé dans cette ville...

                              Pour ce procès précis, il était indispensable de le délocaliser dès que la presse locale s’est goinfrée de "secrets d’instruction", le cadre impartial et sans pressions était devenu impossible .
                              Passer à proximité du TGI de Boulogne sur mer aux heures d’audience ressemblait à une histérie collective de chasse aux sorcières (foule, insultes, jets de pierre etc...)

                              Les collègues du juge ont poussé d’un côté, la presse et le public ont forcé du même côté, les politiques locaux également (Guy Lengagne le député maire local, a même fait partie de la commission d’enquête parlementaire...) comment un jeune juge pouvait-il résister à une telle pression ?

                              Et les coupables, où sont-ils au fait ?
                              N’est-il pas plus urgent de trouver les coupables que de juger le juge ?


                              • Canine Canine 2 février 2009 14:53

                                C’était quand même lui LE juge d’instruction, et même si ceux qui étaient censés controler sont travail (juge des libertés etc..) ont sérieusement merdé aussi (et ne devraient pas s’en tirer aussi facilement), il reste le principal coupable.


                                • Fergus fergus 2 février 2009 16:24

                                  Vous avez raison, Canine. Mais ne croyez-vous pas que le chef de gare qui laisse agir un employé sans discernement sur les aiguillages a une part de responsabilité ?


                                • Canine Canine 2 février 2009 22:35

                                  Mouais, mais le chef de gare ne peut pas non plus être responsable de toutes les conneries des guichetiers. Et surtout, en l’occurence, c’est qui le chef de gare ? Le ministre de la justice ? Le gouvernement ? Les gens qui ont voté pour le gouvernement ? La magistrature ? L’école supérieure de la magistrature ?
                                  Enfin, c’est quand même la volonté et le pouvoir du juge Burgaud qui ont envoyé des innocents pendant plusieurs années en prison, dont au moins un s’est suicidé en cellule, il serait parfaitement immoral qu’il s’en sorte en plaidant sur la responsabilité de ceux qui devaient vérifier son travail. Après, je dis pas qu’il faut le pendre avec ses trippes sur la place de l’hotel de ville, mais si au moins il pouvait se faire virer de la magistrature, ce serait pas du luxe.


                                • Canine Canine 2 février 2009 22:40

                                  Mais pour le coup, le juge des libertés, le procureur, et le psy qui a déclaré que les prévenus avaient tous un profl de pédophile, et qui déclara devant caméra je cite : "on nous paye 15 euros de l’heure comme des femmes de ménages pour faire des expertises psychologique, ne vous étonnez pas d’avoir des expertises de femme de ménage", méritent autant que Burgaud d’être sanctionné (d’autant qu’une femme de ménage, ça gagne en moyenne 7 euros de l’heure).


                                  • Mouche-zélée 2 février 2009 15:27

                                    Tant que nous nous éloignerons des bases posées par Aristote dans "éthique à Nicomaque" notre justice partira en vrille continuellement .
                                    Je me demande même si l’avocat par équivalence Srakozy, a un jour dans sa vie su lire "éthique à Nicomaque"...

                                    Il y a deux justices :

                                    - Celle des riches influents, tel le condamné Balkany premier magistrat d’une ville, là où pour rentrer dans la police un citoyen normal doit avoir un casier judiciaire vierge .


                                    - Celle des moins riches, où pour une affaire banale ils ne travailleront jamais dans l’administration .(encore moins magistrats...)

                                    Il semblerai que pour qu’une peine soit juste, il faut qu’elle soit comprise, là j’avoue ne pas comprendre .
                                    Idem pour le délit d’outrage à l’endroit de citoyens répétant les prosos de notre président : "casse toi pauv con" .  smiley


                                  • docdory docdory 3 février 2009 10:34

                                     @ Mouche Zélée 

                                    Pourriez vous développer sur la pensée d’Aristote , afin d’éclairer l’ignorance de ceux qui, comme moi , n’ont pas eu le temps de le lire ?


                                  • Mouche-zélée 3 février 2009 11:41

                                    docdory

                                    Désolé mais cette oeuvre ne se résume pas, elle se lit (plusieurs fois si possible) .

                                    Il y est question du jugement, des qualités nécessaires au jugement, du but du jugement tant pour la victime que pour le coupable .
                                    Dans le cas du juge, la chose qui lui a manqué c’est la sagacité .(ça ne s’apprend pas dans les livres)


                                  • chmoll chmoll 2 février 2009 15:28

                                    sur la photo, la bète, heu nan (scusez moi)burgaut en regardant bien la photo il fait un bras d’honneur

                                    les guignols en face s’en n’ont pas aperçus

                                    mais ki sont cons !! mais cons !!


                                    • Hieronymus Hieronymus 2 février 2009 15:57

                                      au drame d’Outreau, 2 raisons majeures ;
                                      le role nefaste des medias mais surtout le corporatisme du monde judiciaire
                                      bien sur Burgaud est un petit con vaniteux qui a cru qu’il tenait l’affaire du siecle qui allait faire de lui une gloire nationale, des petits cons comme lui il y en aura toujours, mais l’incompetence meme grave d’une personne ne suffit pas a expliquer la faillite complete du systeme !
                                      c’est en fait tres simple, l’etre humain est egoiste par nature, et si vous etes un juge, un magistrat ou un procureur, vous etes "du bon cote du manche" face aux justiciables (vous et moi), vous allez donc d’instinct pour des raisons d’interet personnel evidentes toujours vous montrer en priorite solidaire de vos pairs les autres juges face aux justiciables (les pauvres bougres), c’est aussi simple que cela !
                                      et c’est pourquoi AUCUN CONTRE POUVOIR n’a pu fonctionner corrrectement, une fois pris ds l’engrenage de la machine judiciaire, les 14 innocents (1 s’est suicide en prison) n’avaient aucune chance d’etre entendus face a l’autisme du corps des juges, tous solidaires de fait, en raison de ce corporatisme naturel des privilegies face a ceux qui ne le sont pas, CQFD.

                                      Les medias ne sont pas innocents non plus, toujours prompts a faire mousser les emotions negatives au detriment de la raison, c’etait "tout un reseau pedophile, des notables, hou hou" et puis apres l’eclatement de l’affaire c’etait "un vilain petit juge, hou hou" ; s’ils etaient honnetes, nos journaleux, ils auraient du ecrire "les medias s’emballent toujours trop vite, il faut faire montre de beaucoup plus de recul ds les affaires dites sensibles" ; en conclusion je dis "hou hou les medias, vous nous vendez de la merde !"

                                      Mais surtout, mais surtout, ce que je n’ai encore jamais entendu enoncer nulle part, qu’est ce qui a fait que l’affaire a pu eclater a l’audience et que les 13 innocents ont fini par etre acquittes ?
                                      paradoxalement c’est la megalomanie du juge qui les a sauves, car a force d’inculper a tour de bras, ce petit con de juge ne s’est plus rendu compte que tout son dossier prenait une dimension hallucinante, en effet qd 13 inculpes sur 17 a l’audience crient leur innocence, cela fait desordre et meme le magistrat le plus borne finit par se dire que qq chose doit clocher la-dedans, c’est leur nombre qui les a sauves, 13, ils etaient 13 innocents, c’est uniquement de cette facon que l’affaire a pu eclater car elle etait trop disproportionnee pour rester plausible .. je suis convaincu que s’ils n’avaient ete que 3 ou 4 innocents ; mettons, le huissier, la boulangere, le pretre (un pretre pedophile c’est tres bien, cela fait tendance) et peut etre encore le chauffeur de taxi, je vous fiche mon billet que s’il n’y avait eu que ces 3 ou 4 innocents seulement ds le box des accuses, et bien ils croupiraient toujours en prison !
                                      Que voulez-vous a l’epoque (la faute aux medias) la pedophilie, c’etait tendance, il suffisait d’une simple denonciation de mineur pour se retrouver plusieurs annees au trou, j’ai connu un exemple personnel .. je suis pour ma part convaincu qu’il y a beaucoup d’innocents en prison, beaucoup ..

                                      encore un mot ; il serait bon de cesser d’utiliser l’adjectif moyenâgeux a tout bout de champ comme synonyme d’obscurantisme et d’esprit attarde (a la fin du texte : corporatisme moyenâgeux) nos ancetres au Moyen Age n’etaient ni plus sots ni plus mauvais que nous ne le sommes a notre epoque, croire que l’intelligence humaine fait des progres, c’est une sotte presomption !


                                      • bluelight 2 février 2009 16:33

                                        Je ne peux pas laisser passer un tel article qui défend l’irresponsabilité de Burgaud sous prétexte qu’il ne serait pas le seul à avoir commis des fautes, dans ce cas que l’auteur de l’article soit logique, et plutôt que de chercher à amender Burgaud, qu’il demande que soient révoqués le procureur et le président de la chambre de l’instruction .

                                        Ceux qui sont habitués d’AgoraVox ont pu lire qu’un instituteur a été jeté dehors de sa classe parce qu’il avait simplement osé faire une remarque ironique qui a déplu à sa suffisance un enfant roi .

                                        Et Burgaud, qui a violé la loi républicaine en refusant à la défense des droits élémentaires tels que prévus dans la loi, ne serait responsable de rien ?

                                        Burgaud a commis des fautes très lourdes et absolument inexcusables .

                                        Dans toute autre profession il aurait été viré sans autre forme de procès, et ça aurait été à lui de faire une démarche improbable aux prudhommes pour se faire réintégrer, pas à ceux qui auraient voulu le virer de faire une procédure .

                                        Ainsi Burgaud en refusant d’appliquer les droits de la défense aurait violé la loi à l’insu de son plein gré ?

                                        Qui peut croire à ça ?

                                        La vraie motivation de ceux qui défendent l’irresponsabilité de Burgaud est tout autre : si les fonctionnaires d’autorité devenaient responsables, alors la même règle pourrait être appliquée à d’autres fonctionnaires d’autorité, comme les recteurs dans l’Education nationale, etc, et le pouvoir arbitraire et irresponsable de certains serait réduit, qui sait même le pouvoir des politiques de décider de leur train de vie (budget de l’Elysée) pourrait être réduit et contrôlé, et ça, ça ne plait pas à cette caste du pouvoir .

                                        Que des réformes à la nordique soient faites pour responsabiliser tous ces fonctionnaires d’autorité et politiques dont le pouvoir de nuisance sur leurs concitoyens ne saurait aller sans responsabilité .

                                        Un juge qui a le pouvoir de venir vous chercher chez vous, et de vous jeter en prison, doit être responsable professionnellement des actes qu’il accomplit .

                                        Si Burgaud n’est pas viré ce sera une insulte à tous les juges qui font bien leur travail .

                                        Que le système soit imparfait ne change rien au raisonnement, sauf à considérer par exemple que les français qui sous l’Occupation ont dénoncé des juifs sont irresponsables à cause du système d’alors .

                                        C’est trop facile .



                                        • Fergus fergus 2 février 2009 16:33

                                          Non, Hieronymus, ce n’est pas le corporatisme du monde judiciaire (bien qu’il existe) qui est à l’origine du drame d’Outreau, mais le laxisme d’une structure hiérarchique qui n’a pas fonctionné.
                                          Un procureur ne peut dessaisir un juge d’instruction qu’il a nommé que sur des charges d’incapacité lourdes ou à la suite d’une requête en suspiçion légitime déposée par la défense et suffisamment étayée.
                                          Il doit en revanche suivre le déroulement de l’instruction et s’assurer que les règles d’équité sont respectées.
                                          C’est pourquoi on ne peut parler de corporatisme, mais de laxisme coupable.

                                          Sur le rôle des médias, d’accord avec vous. Je l’avais d’ailleurs déjà souligné dans un précédent commenatire.


                                          • Hieronymus Hieronymus 2 février 2009 17:05

                                            Fergus
                                            je vais finir par croire que vous avez un probleme avec moi ..
                                            faudrait etre un peu plus cool smiley
                                            vous dites en fait exactement la meme chose que moi, il y a juste une nuance de degre mais aucune contradiction sur le fond, qu’importe votre esprit de contestation vous oblige a debuter votre post par un NON tonitruant, histoire de montrer que .. je ne sais pas quoi .. voici, vous ecrivez :
                                            Non, Hieronymus, ce n’est pas le corporatisme du monde judiciaire (bien qu’il existe) qui est à l’origine du drame d’Outreau, mais le laxisme d’une structure hiérarchique qui n’a pas fonctionné.
                                            calme, Fergus, calme, une question, pourquoi ce laxisme du monde judiciaire ?
                                            (d’ailleurs avez vous lu mon post ? je me demande) pourquoi aucun contre pouvoir n’a fonctionne ? pourquoi aucun magistrat n’a voulu desavouer un autre magistrat au cours de l’instruction ? (c’est bien ce que vous entendez par laxisme) ?
                                            en raison de leur corporatisme visceral, de leur instinct d’interets communs bien compris, bah oui ..
                                            ce laxisme (au sens d’absence de moralite) a une cause majeure : le corporatisme
                                            bien a vous


                                          • Fergus fergus 2 février 2009 17:52

                                            Désolé, Hiéronymus si vous avez pensé que j’avais un problème avec vous. Ce n’est évidemment pas le cas. Et mon "non" n’avait rien de tonitruant.
                                            Sur le fond, nous sommes donc d’accord, même s’il subsiste une divergence sur l’utilisation du mot "corporatisme". A cet égard, malgré ce "corporatisme" que vous dénoncez, il arrive assez fréquemment (l’auteur de l’article pourrait le confirmer) que des magistrats soient dessaisis.


                                          • jvv 2 février 2009 16:36

                                            Le juge, ses pairs et tout le reste... Responsables ? Il me semble...
                                            Mais QUID des "experts"... Ceux par qui le scandale est véritablement arrivé... Ceux qui en commettant des "expertises" ont induit les juges et procureurs en erreur... Une fois payés, ils disparaissent dans la nature et si cela se trouve- sont convoqués pour "expertises" dans d’autres affaires... Ca ne s’appelle pas un pouvoir de nuisance ça ??? Cela ne mérite-t-il pas une belle fessée financière... Histoire de les décourager une bonne fois pour toute de venir jouer les "experts" alors qu’ils sont comme vous et moi... Hein ??? Et puis qu’on les nomme ceux là... Histoire de ventiler cette puante affaire qui est en fait une belle histoire d’égo boursoufflé pour chacun des protagonistes accusateurs...
                                            Un peu comme l’autre qui nous sert en ce moment de "président"...


                                            • humanus 2 février 2009 17:04

                                              Excellent article.
                                              La conclusion reste cependant ambiguë : voudriez-vous que le juge soit blanchi, au motif qu’il est le seul restant dans le box ?
                                              Ce serait justice ?

                                              Alors non :
                                              tant pis si les motivations de la place Vendôme sont haïssables,
                                              tant pis si cela semble exonérer le reste des participants pour le moment.,
                                              il doit être jugé et si le conseil en juge ainsi, sanctionné, à due proportion.
                                              A vous et aux hommes justes de rappeler ensuite qu’il n’est pas le seul responsable.
                                              Et que les préconisations de la commission parlementaire sont toujours lettre morte.

                                              Avec toute mon estime.

                                              N.B. : une mention à ceux qui n’ont pas failli, si je ne m’abuse : la police belge, et le SRPJ de Lille.


                                              • John Lloyds John Lloyds 2 février 2009 17:30

                                                Même si je ne porte pas ce facho de Burgaud dans mon coeur, cette affaire sent quand même la recherche de bouc émissaire à plein nez, non pas souci de justice, mais par souci de nous préparer une bonne saloperie bien liberticide, du genre plus de pouvoir au parquet. M’étonnerai pas qu’après le bouclage de cette affaire, Sarko nous annonce encore une mesure "pour le bien du justiciable".


                                                • Loïc Decrauze Loïc Decrauze 2 février 2009 19:19

                                                  Bravo pour votre analyse fouillée.
                                                  Bien sûr qu’il n’était pas seul en cause, et qu’avant tout c’est le système judiciaire qu’il faudrait révolutionner, mais cette source multifactorielle n’a dédouané en rien le triste magistrat.
                                                  A le voir, pitoyable, ne pouvoir défendre son instruction qu’entre bredouillements et silences démunis, se réfugiant derrière de frêles antiennes (les faits « graves et concordants ») ou son exposé préalable (« comme je l’ai indiqué tout à l’heure »), on frémit en imaginant le calvaire des acquittés. Les justes remarques du rapporteur de la Commission auront dévoilé le grand vide de ce pâlot morbide qui persiste à soutenir ses malfaisances professionnelles.
                                                  Mais le Burgaud n’est pas une brebis galeuse : il est le parangon d’une cohorte déshumanisée servie par un système vicié. Pour exemple que l’ENM forme des techniciens du droit sans se soucier de leur bon sens éthique et de la présence de qualités humaines basiques : j’ai connu un actuel substitut de procureur (en marche normale vers le poste supérieur) qui, avant son serment, battait ses petites amies, trompait son monde, défendait le pire, arrogant et fielleux, et qui goûte aujourd’hui à l’enivrant pouvoir sur la liberté des gens…
                                                  Burgaud n’est pas seul, tremblez citoyens !


                                                  • Sébastien Sébastien 2 février 2009 19:49

                                                    Burgaud a ete infecte avec les accuses. Il les a traites comme des chiens. Ce n’est pas un comportement digne de la part d’un juge. Il a instruit a charge aveugle par ses certitudes. Et justement, le juge ne doit pas avoir de certitudes en commencant son enquete.

                                                    Il a pense que ce serait l’affaire de sa carriere. Et il n’a pas eu tort...

                                                    Burgaud devrait etre revoque. Ce n’est pas en faire un bouc emissaire mais montrer l’exemple pour tous les autres Burgaud. Beaucoup de juges n’en foutent pas une et de toutes facons ils ne sont pas reellement sanctionnes. Meme a compter les stylos, ils terminent a 7,500 euros par mois.

                                                    Pour que soit reconnu le travail des juges qui bossent, il faut sanctionner les tires au flanc et ceux qui font n’importe quoi. Apres c’est clair que Burgaud n’est pas le seul a avoir des responsabilites dans cette affaire et il faudrait aussi faire un petit tour du cote des psys et de sa hierarchie. Mais pour l’instant on parle de Burgaud.


                                                    • plancherDesVaches 2 février 2009 22:33

                                                      Je ne connais rien à la Justice. Peut-être trop conscient que juger un humain est se mettre au dessus d’eux.
                                                      Mais si je devais "faire" des juges, comme je fais travailler des gens qualifiés, comme je juge de mon petit point de vue si je peux faire confiance ou non...
                                                      Un juge devrait d’abord être greffier, pendant 1 an, puis procureur pendant 2 ans, puis avocat, pendant 3 ans, puis, et seulement s’il a fondé une famille et a des enfants, avoir du vécu humain et réel, enfin éventuellement être juge.
                                                      Les juges d’instruction seraient une fonction mieux payée, car demandant plus de travail et uniquement être une fonction accessible aux juges de plus de 40 ans.
                                                      A quand une justice dans laquelle investir sa confiance ?
                                                      Qu’elle puisse traiter du péché capital de la finance viendra par la suite. Faisons confiance.

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