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Accueil du site > Actualités > Société > Le livret de compétences : une grande comédie !

Le livret de compétences : une grande comédie !

Le livret personnel de compétences atteste l'acquisition des connaissances et compétences du socle commun, de l'école primaire à la fin de la scolarité obligatoire. Depuis la rentrée 2009, il est généralisé à tous les collèges. Il est utilisé à l'école primaire depuis 2008.

Voici ce qui est inscrit sur la première page du livret de compétences :

Notes aux parents :

Le livret personnel de compétences vous permet de suivre la progression des apprentissages de votre enfant à l’école et au collège.

C’est un outil national qui suit l’enfant tout au long de sa scolarité. Il est identique pour tous les élèves.

À l’école primaire, le livret personnel de compétences est une partie du livret scolaire. Au collège, comme les bulletins scolaires, il contribue à l’évaluation des élèves.

Le livret est organisé en 7 rubriques, appelées compétences. Ces sept compétences constituent le socle commun de connaissances et de compétences, c’est-à-dire les savoirs fondamentaux définis par la loi sur l’avenir de l’école.

Le livret présente trois bilans (trois paliers) :

¨ le premier en fin de CE1, (3 compétences sont évaluées à ce niveau)

¨ le deuxième en fin de CM2,

¨ le dernier en fin de collège.

Chacun de ces trois bilans permet de faire le point des acquisitions de votre enfant. 

A chaque étape, lorsque l’équipe des enseignants considère qu’une compétence est acquise, la date de validation est inscrite en bas de la page.

Si une compétence n’est pas validée, le détail de ce que votre enfant a acquis et de ce qu’il n’a pas acquis est indiqué. C’est pour vous un support de dialogue avec les enseignants, qui sauront vous expliquer dans le détail ce que votre enfant a appris au cours de sa scolarité et ce qu’il doit encore apprendre.

Lors des changements de classe, d’école ou de collège, le livret est transmis à l’équipe pédagogique qui accueille votre enfant, pour mieux le connaitre et l’accompagner. A la fin de l’école primaire, puis à la fin du collège, une copie du livret vous est remise.

 

Je suis enseignante au collège. Je viens de l’intégrer cette année. Je suis principal d’une troisième.

Voici ce que l’on nous a dit au cours d’une réunion.

- Le pallier 3 doit être impérativement validé à la fin de la troisième, débrouillez-vous pour que cela soit fait !

- Amenez les élèves à aller au lycée classique et faites-les changer d’avis s’ils demandent à aller au lycée professionnel.

A la question d’un collègue qui se demandait si effectivement le lycée professionnel ne conviendrait pas mieux à certains élèves, il s’inquiétait par ailleurs de leur devenir en lycée classique, le principal a répondu que cela n’était pas nos affaires, le lycée se chargera de gérer cette partie.

Gloup et gloup.

Je suis rentrée chez moi en me demandant ce que je faisais dans ce métier. Un outil qui a priori me paraissait pertinent était perverti par les priorités des principaux, la peur de voir leur collège pointé du doigt en cas de non réussite flirtant avec les 99% de succès.

Nous mentons d’abord aux élèves, à qui on nous demande, en outre, de gonfler les notes de brevet car elles son jugées inacceptables, nous mentons aux parents en leur faisant croire que « tout va bien », pire nous nous mentons en acceptant de participer à ce vaste mensonge !

Voilà où nous en sommes !

Au lieu de faire face aux difficultés, de réfléchir à d’autres moyens pour faire diminuer les échecs, nous cherchons avant tout à tout aplanir avec les « bons résultats » attendus en disant que « tout va bien ».


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13 réactions à cet article    


  • Gégé 15 février 2012 09:08

    S’il n’y a que 500000 places pour les 800000 jeunes qui arrivent sur le marché du travail, il y aura 300000 couillonnés, même avec le livret de compétences.


    • Malika 15 février 2012 09:16

      La question à se poser est que fait-on des 300000 ? 


    • ricoxy ricoxy 15 février 2012 09:57

      D’après ce que j’ai compris, le livret de « compétences » est un livret scolaire normalisé, mis au point par les pontes de l’Éducation dite nationale, et qui suit un élève du CM1 jusqu’à la fin du collège. Tout y est serait prévu, balisé, normalisé, énuméré, classé, répertorié, défini – y compris jusqu’aux relations sociales – pour que le petit de l’homme devienne un homo standardicus ordinaris. Nulle place n’est laissée à l’originalité ; tout doit entrer dans le moule pour faire des individus parfaitement interchangeables. La « validation » des acquis se fait en cochant une case : Oui ou Non. C’est la robotisation des futurs citoyens.

      Un démenti ?


      • Malika 15 février 2012 17:15

        Oui c’est cela et une modification, le suivi de l’élève commence en CE1 qui correspond au premier palier.



      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 15 février 2012 17:45

        @ ricoxy

        Désolé mais je dois démentir.

        Bien qu’une grille d’évaluation ne soit jamais neutre et soit donc toujours porteuse de préjugés, le fait d’évaluer les compétences d’un élève n’est pas en soit un problème.

        Le fait de dire que telle compétences est non acquise, en cours d’acquisition ou acquise ne signe aucune robotisation, seulement une attention à un point que l’on sait important pour la suite des acquisitions à réaliser soit dans un établissement d’éducation soit dans la vie professionnelle

        Bref, dire un tel est capable de ceci, ceci et cela me paraît non problématique dès lors que le répertoire de compétences retenues est suffisamment large et inclus des éléments qui, lisez moi bien, portent seulement sur des compétences disciplinaires.
        Sur le fond donc, ce qui est proposé actuellement me paraît plutôt bon et, quoi qu’il en soit, infiniment meilleur qu’une série de notes bêtes et méchantes.

        Je serais par contre assez inquiet d’avoir des évaluations qui porteraient sur les compétences de régulation émotionnelle, la sociabilité, la capacité à dialoguer, à gérer les conflits etc.

        Pour autant que je sache, ce n’est pas le cas actuellement, mais je me dis qu’on y viendra tôt ou tard, si le ciel ne nous tombe pas sur la tête d’ici là.

        Quoi qu’il en soit, le problème très pertinent soulevé par cet article n’est pas celui de la supposée robotisation des élèves

        Il est celui de la big manip des données qui, ont le sait bien, touche à tout ce qui est officiel dès lors que ce qui est officiel est aussi... politique.

        Le baccalauréat en a fait les frais depuis longtemps, nul n’est dupe. C’est ainsi. La démonétisation du diplôme crée l’inflation du diplôme.

        Avant on était instituteur avec le brevet d’études. Vous imaginez maintenant ? Quelle rigolade !

        Bref, pour conclure, surtout ne pas tout mélanger.
        L’évaluation n’est pas la désinformation.
        mais elle peut y mener...


      • rosemar rosemar 15 février 2012 18:13

        Les notes ne sont pas « bêtes et méchantes »:elles sont justifiées par une appréciation qui indique les points positifs et négatifs.Le rejet que l’on fait actuellement de la note « traumatisante » me paraît absurde !La note permet aussi à l’élève de repérer son niveau

        Bonsoir !

      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 16 février 2012 08:13

        Bonjour rosemar

        Je maintiens. Bêtes et méchantes.

        Le niveau, on s’en bat l’oeil. C’est une problématique productiviste.

        Ce que l’élève a besoin de savoir, c’est où il se situe sur le chemin de l’acquisition des compétences qu’il vise.

        C’est une comparaison intra-individuelle entre un état présent et un objectif à atteindre.

        Cette perspective, parce qu’elle évite de comparer SANS RAISON les élèves les uns aux autres est respectueuse de l’élève.

        La note est bête et méchante parce qu’elle répond à des préoccupations de contrôle dignes de l’industrie qui ont des effets catastrophiques au travers de ce que l’on appelle la composante macabre (la queue de la courbe de Gauss où se retrouvent les malheureux ratés du système scolaire).

        Cordialement smiley


      • rosemar rosemar 16 février 2012 11:16

        Bonjour à tous,

        Les notes ont toujours existé à l’école,je ne vois pas pourquoi on les remet en cause de nos jours alors que les lycées, les collèges deviennent de véritables entreprises où seuls comptent les taux de réussite parfois truqués...
        S’il s’agit de ne pas traumatiser les jeunes,je suis désolée :il faut aussi les préparer à affronter la vie,ses difficultés:quoi qu’il en soit la note est toujours accompagnée d’un commentaire détaillé !!
         

      • mac 15 février 2012 10:08

        Rajoutez à ce livret de compétences, la volonté qu’ont certains de supprimer toute forme d’interrogation écrite et le tableau sera presque complet en ce qui concerne l’évaluation des l’élèves.
        Mais à cela il faut rajouter le contenu des programmes qui sont de plus en plus discutables :
        Aujourd’hui un élève peut parvenir en terminale en ayant tout juste entendu parlé de Louis XIV ou en ayant bien du mal à demander son chemin en anglais dans un aéroport américain.
        Il est parfois dit que la culture c’est ce qui reste quand on a tout oublié, je ne pense pas forcément me tromper en disant qu’avec les merveilleux programmes qu’on concocte en ce moment, il risque de ne pas rester grand chose.
        Même en maths où jusqu’à présent, le France était au sommet, je ne suis pas certain que dans 20 ou 30 ans nous continuions à rafler autant de médailles Fields.
        Bref, certains enseignants doivent avoir du mal à ne pas se poser de cas de conscience lorsqu’on leur demande d’appliquer à la lettre ce qui leur est souvent imposé d’en haut.


        • bluerage 15 février 2012 11:18

          Le livret de compétences n’est là que pour rassurer les parents, comme le taux de 80 pour cent d’une classe d’âge au bac, de l’enfumage destiné à camoufler les vrais problèmes.

          Et comme le dit Gégé, c’est pas un bac bidonné qui donnera de l’emploi à nos jeunes.


          • rosemar rosemar 15 février 2012 12:17

            Le livret de compétences a même été étendu au lycée:les élèves doivent le remplir mais n’y voient eux mêmes pas un grand intérêt:beaucoup d’argent dépensé pour fort peu d’efficacité:il paraît qu’on vit dans un pays « en faillite » !!

            Bonne journée,Malika !

            • foufouille foufouille 15 février 2012 15:14

              « - Amenez les élèves à aller au lycée classique et faites-les changer d’avis s’ils demandent à aller au lycée professionnel. »

              c’est delirant


              • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 15 février 2012 17:56

                Bonjour Malika,

                Merci pour cet article qui pose, dans le contexte de l’éducation, la question que doit se poser tout agent de la fonction publique.

                Jusqu’à quand doit-il obéir et la fermer ?

                A partir de quel moment doit-il refuser de participer à un fonctionnement qui lui paraîtrait pernicieux ou irrespectueux des personnes dont il a la charge ?

                Nous avons des marges de tolérance énormes, comme l’ont montré les expériences de Milgram dites de « soumission à l’autorité ».

                Pour ma part, même si j’ai beaucoup de réserves sur leur finalité ultime, je sais qu’en pareil cas de conscience, je me rapprocherais de mon syndicat pour voir de quelle manière il pourrait intervenir.

                Mine de rien, ils ont encore un certain pouvoir en local, ne serait-ce que parce qu’on veut continuer à leur conférer un certain pouvoir d’endiguement du mécontentement.

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