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Accueil du site > Actualités > Société > Le mariage républicain pour tous, les religions ont-elles le droit de (...)

Le mariage républicain pour tous, les religions ont-elles le droit de s’y opposer dans notre pays qui a voté en 1905 la séparation des Églises et de l’État ?

Ce mercredi, le Conseil des ministres examinera le projet de loi sur le mariage pour tous. Le contenu du texte, porté par la garde des Sceaux Christiane Taubira, est déjà connu. La loi ne sera pas votée avant 2013.

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Décryptons rapidement ce projet de loi

Tout d'abord voyons ce qui change : 

Les couples homosexuels pourront se marier comme tout le monde. Même si certains maires refusent de se plier à l’exercice et laissent à leurs adjoints le soin de les accueillir "en la maison commune", se marier deviendra un droit pour tous les couples de même sexe. Le modèle juridique du mariage ne change pas. Chacun pourra prendre pour nom d’usage celui de son mari, ou chacun pourra décider de garder le sien. Contrairement à ce que permettait le pacs, lors du décès de l'un d'eux, le survivant pourra toucher une pension de réversion.

Les couples mariés pourront adopter ensemble. Le couple homosexuel , comme tous les autres couples mariés, pourront déposer une demande d’agrément auprès de leur conseil général pour adopter un enfant. L’article 343 du Code civil relatif aux conditions requises pour l’adoption conjointe n’a même pas besoin d’être modifié puisqu’il évoque "deux époux" sans préciser le genre. L’enfant adopté pourra porter le nom de l’un, de l’autre ou les deux accolés.

Les enfants déjà conçus à l’étranger par insémination artificielle pourront être adoptés par le conjoint. Une fois mariées, les conjointes pourront demander l'adoption pleinière de l'enfant conçu par sa compagne par don de sperme anonyme. La demande sera instruite par un juge et, au bout de trois à huit mois, l'adoption sera officielle. Il aura deux mamans, qui auront chacune l’autorité parentale. Il sera possible de modifier son nom de famille en accolant le deuxième nom.

Les enfants déjà adoptés en célibataire par l’un des futurs époux pourront être adoptés par son conjoint. Avant cette loi l'enfant n'avait qu'un seul papa ou qu'une seule maman, même si le compagnon ou compagne avait une délégation d'autorité parentale. Les opinions personnelles du juge saisi de l’adoption ne devront pas influer la décision : il vérifiera juste que les conditions sont réunies (parents mariés, écarts d’âge, etc.).

Maintenant voyons ce qui ne change pas :

Le mariage ne transformera pas automatiquement le conjoint en deuxième parent d’un enfant déjà présent. Le conjoint ou conjointe ne deviendrons pas père ou mère au nom d'une "présomption de paternité ou maternité" qui ne continuera d'exister que pour les couples hétérosexuels. Ils ne pourront pas non plus se rendre en mairie et reconnaître l’enfant devant un officier d’état civil. Il faudra qu’ils entament une démarche d’adoption plénière, un peu plus longue et plus lourde, qui seule permettra d’établir un lien filial entre eux et l'enfant.

Un couple de femmes, mêmes mariées, ne pourra pas accéder à la procréation médicalement assistée. Si elles veulent un enfant ensemble par don de sperme anonyme, ni l’une ni l’autre ne pourra en bénéficier en France dans le cadre d’une assistance médicale à la procréation, aujourd’hui légale et remboursée par la Sécurité sociale pour les couples hétéros. Inséminations artificielles et fécondations in vitro avec donneur resteront réservées aux stérilités médicales, non aux impossibilités biologiques liées à l’orientation sexuelle. Les deux femmes devront se rendre à l’étranger (Espagne, Belgique…) et, une fois l’enfant né, celle qui ne l’a pas mis au monde devra entamer une démarche d’adoption plénière.

Les couples d’hommes ne pourront pas légalement avoir recours à une mère porteuse. Sauf à trouver une amie qui accepterait de concevoir, porter et abandonner l’enfant à la naissance , fait très rarissime,ils ne pourront pas être parents ensemble d’un bébé dont l’un d’entre eux serait biologiquement le père. Ils devraient, ce que peu d’hommes font contrairement aux femmes, se mettre hors la loi et se rendre en Angleterre ou aux États-Unis pour avoir recours à une "mère porteuse" (rémunérée). La gestation pour autrui reste interdite en France.

Les enfants conçus "par arrangement" entre deux couples n’auront pas quatre parents. La loi ne viendra pas régler cet imbroglio de coparenté multiple, assez fréquent aujourd’hui. Un statut "du tiers" pourrait, dans un deuxième temps, donner des droits (et devoirs) à d’autres adultes que le parent officiel.

 

Les six principales religions de France : catholique, musulmane, juive, orthodoxe, bouddhiste et protestantes sont vent debout contre ce projet de loi.

Si le débat sociétal, lui, est déjà installé, contrairement à celui qui avait pu avoir lieu pour le pacs en 1998, les arguments évoqués par ces religions ne sont plus les mêmes. On n’entend plus les opposants au texte parler de religion mais "d’anthropologie".

Ces religions sont, pour des raisons différentes, d'accord sur le principal. C'est dans la plus grande discrétion que six responsables de culte se sont rencontrés à Paris dans le courant du mois de septembre. A la suite de cette réunion ils sont tombées d'accord sur le principe d'opposition à ce texte de loi, Ils se sont entendus sur la marche à suivre : chacun de leur côté vont déployer des moyens d'action.

La religion catholiques aux avant-postes

Les premiers à entrer dans la bataille sont les catholiques. Dès le 15 août le cardinal André Vingt-Trois a orchestré la "prière pour la France" qui a fait couler beaucoup d’encre et a déclenché les hostilités entre les pro et les anti mariage gay.

Reçu à deux reprises par Christiane Taubira, la ministre de la Justice, le président de la Conférence des évêques a clairement affirmé la position de l'église catholique : "L'ouverture du mariage à des personnes homosexuelles va entraîner une transformation assez large des définitions de l'état civil et du Code civil ". Il pose également la question de l’adoption par des couples homosexuels, qui ne respecterait pas selon lui la convention universelle des droits de l’enfant signée par la France. Il demande un véritable débat, sous forme de référendum par exemple, et espère "empêcher la loi".

Selon l'Église le mariage homosexuel menace les fondements anthropologiques de notre société et que l'amour ne peut s'exprimer que dans les limites de ce modèle anthropologique. Le cardinal Philippe Barbarin parle de "changement de civilisation" et déclare que la famille se fonde "dans cet amour complémentaire et durable de la femme et de l'homme : c'est une question au sens sociologique, anthropologique du terme. Il y a profondément un choix de civilisation qui concerne le modèle familial comme la fin de vie", tandis que Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France, déclare que l'amour homosexuel "pose une question anthropologique".

Le cardinal André Vingt-Trois, a appelé ce samedi 3 novembre, à Lourdes "les chrétiens et tous ceux qui partagent notre analyse" à "saisir leurs élus en leur écrivant des lettres personnelles, en les rencontrant et en leur exprimant leurs convictions". De manière plus large et inédite, il les a incités à "utiliser les moyens d’expression d’une société démocratique, d’une démocratie participative, pour faire connaître leur point de vue". (Voir vidéo ci-dessous)

Des manifestations de rue sont organisées les 17 et 18 novembre par des organisations proches de l’Église catholique et par le mouvement intégriste Civitas, dont l’institution veut clairement se distinguer. Mgr Vingt-Trois a toutefois exclu d'y participer à titre personnel. "Ma fonction, ça n'est pas de mener l'action politique, c'est d'éveiller les consciences et d'alerter mes concitoyens quand je pense qu'il y a matière à les alerter."

Les autres religions emboîtent le pas

Le mardi 18 septembre, Christiane Taubira avait aussi reçu la Fédération protestante de France (FPF). Claude Paty, le pasteur et président de la FPF confie que "le mariage n’est pas un sacrement, notre opposition ne peut pas être d’ordre religieux" mais avoue "que pour des raisons anthropologiques, et de structuration symbolique, je n’approuve pas ce projet".

Le conseil d'administration de cette institution devrait voté, sans surprise, une motion s'opposant à ce projet de loi. Également le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) qui regroupe les Églises protestantes de type évangélique (une structure indépendante de la FPF) avait déjà pris, dès le début de la polémique, une position très nette contre cette évolution de société.

Même son de cloche chez les orthodoxes qui rendront leur avis début octobre. Ils se sont prononce début octobre dans le cadre d'une assemblée des évêques sur un projet dont ils ne cernent pas l'opportunité. Leur porte-parole Carol Saba a déclaré : "En voulant traiter une question catégorielle, on touche une question sociétale engageant de multiples conséquences qui annoncent une rupture de société"

Chez les musulmans, Mohammed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman, a déjà donné des indices au Figaro avant une déclaration publique imminente :"Le culte musulman, à l'instar des autres cultes monothéistes, n'autorise pas le mariage entre deux personnes du même sexe. Nous sommes donc opposés à ce projet de loi." Selon lui le projet du gouvernement est motivé par le souci de faire respecter ce qu'il appelle le principe d'égalité, il a ajouté qu'en réalité, il faut différencier égalité et similitude. Un document sera bientôt envoyé aux conseils régionaux du CFCM pour être diffusé dans les mosquées, avec l'espoir de peser sur l'opinion publique.

En ce qui concerne les juifs le grand rabbin de France, Gilles Bernheim, vient de consacrer un essai de 25 pages sur ce projet et va l'adresser aux ministres, aux parlementaires et à tous les publics concernés. Sa conclusion est que : "les arguments invoqués d'égalité, d'amour, de protection ou de droit à l'enfant se démontent et ne peuvent, à eux seuls, justifier une loi." À ses yeux, le mariage gay n'est pour ses partisans qu'un "cheval de Troie", selon lui leur projet est plus ambitieux : "la négation de toute différence sexuelle."

 

Conclusion

Ce mariage civil étendu n'implique pas l'obligation pour les différentes religions de reconnaître ces unions : le mariage civil est quelque chose de distinct du mariage religieux et il est même fâcheux que l'on emploie le même terme pour désigner un acte juridique et un acte symbolique. Il serait donc souhaitable de profiter de cette réforme du "mariage pour tous" pour appeler union civile ce qui est dénommé mariage civil jusqu'à maintenant.

Le mariage et l'adoption pour tous n'est pas un gadget politique mais une mesure républicaine à portée universelle. Dans des sociétés démocratiques, condamnant en théorie toute discrimination, peut-on encore priver les homosexuels des droits (et devoirs) qui découlent du mariage ?

Un moine, Frédérico Djong Do Procopio a plaidé pour le mariage homosexuel. Il fut d'abord moine bénédictin avant d'abandonner il y a bientôt 16 ans l'Église catholique pour une autre religion : le bouddhisme. Il y a plusieurs années, son union avec son compagnon, l'un des premiers mariages religieux bouddhistes, avait fait couler beaucoup d'encre dans la presse. Pour lui, Il lui semble "légitime, juste et normal de célébrer l'amour de deux êtres, quel que soit leur sexe ou leur genre". (Voir la vidéo du Point).

En voyant ce qui se passe en France au sujet de ce projet de loi, le moine zen dit ne souhaiter qu'une seule chose : "Que ces discours de haine, de déni de la différence et d'homophobie parfaitement assumée dans un pays qui punit l'homophobie puissent cesser."


Souvenons-nous des paroles de Victor Hugo, qui aujourd'hui sonnent comme une prophétie :

"La Liberté d'aimer est le même droit que la liberté de penser : l'une répond au cœur l'autre à l'Esprit : ce sont deux faces de la liberté de conscience."

 

Sources : Wikipédia.org, Le Monde, Le Figaro,


Moyenne des avis sur cet article :  2.66/5   (41 votes)




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131 réactions à cet article    


  • robert 5 novembre 2012 19:23

    Excellente question, elles ne pourront pas s’y opposer juste entérimer , mais cela ne concerne que quelques % de population, ensuite on changera de sujet, merci à vous


    • tf1Goupie 6 novembre 2012 11:49

      Et personne n’y pensera plus ... ?

      Bonjour l’autruche !  smiley  smiley  smiley


    • katakakito 5 novembre 2012 19:34

      Combien de personnes vont être concernées par ce texte pondu pour autoriser le mariage homosexuel.
      Si c’est quelques centaines l’année prochaine, c’est bien un maximum.
      A côté de ça vous avez des dizaines de milliers de gens si ce n’est bientôt des centaines de millier de gens qui sont ou vont se trouver au chômage. Que font nos élus ?
       Ils travaillent sur un texte comme ça au prix où on les paye.
       On nous bassine avec la compétitivité et voilà comment ils montrent l’exemple.
      Vachement productif ! On voit là que la soit-disante égalité n’a rien à faire avec la justice !


      • Romain Desbois 5 novembre 2012 19:50

        C’est vrai qu’il ne faudrait pas non plus s’occuper des SDF cet hiver, ya tellement de chômeurs a s’occuper et ils sont tellement peu.


      • Mmarvinbear Mmarvinbear 6 novembre 2012 20:39

        C’est quand même fou le nombre de personnes ici qui semblent ne pas comprendre qu’ un gouvernement est capable de travailler sur des dizaines de questions en même temps, même si les médias ne se focalisent que sur un ou deux points...


      • amipb amipb 5 novembre 2012 19:53

        Les religieux ont le droit de s’exprimer, en vertu de la liberté d’expression et d’une laïcité qui n’a rien à voir avec la haine ou la mise au rencart des religions.

        Par ailleurs, il me semble que les arguments de Mgr André XXIII peuvent tenir, car il ne met pas uniquement le mariage et l’adoption dans une perspective égoïste, limitée au couple, mais décide d’y inclure l’enfant, cet enfant à la fois adulé (enfant-roi) et relégué (avortement, rythmes scolaires, enfants star) dans notre société moderne.

        On a le droit de ne pas être d’accord, bien évidemment, mais il reste dans son rôle de citoyen.


        • Henri Francillon Henri Francillon 6 novembre 2012 11:04

          Les religions ont le droit d’exprimer leur accord avec le Gouvernement et l’agenda mondialiste mais pas leur opposition.
          Que cela soit clair : elles sont là pour diviser, soumettre et abrutir le peuple et il faut qu’elles en restent là, sinon elles passeront comme les autres à la moulinette des « fachos nauséabonds rances et anti progrès ».


        • Romain Desbois 7 novembre 2012 18:25

          je vous rappelle que la loi 1905 et le principe de laïcité a eu pour corolaire que l’Etat ne reconnait aucune religion et en contre partie les religions n’ont pas le droit se s’immiscer dans les affaires de l’Etat.

          Il semble que les religions ont oublié la partie qui concerne leur part de l’accord.


        • Romain Desbois 5 novembre 2012 19:53

          Merci pour cet article qui remet les choses en place.
          On voit bien que ceux qui sont contre ont tout fait pour faire peur en inventant des trucs qui ne sont pas dans la loi (même si il y aura des amendements).

          Sur le fond on voit que le projet ne va pas jusqu’à accorder les mêmes droits aux couples homos particulièrement pour la PMA. Et là on ne voit pas ce qui justifie cette différence.


          • menou69 menou69 5 novembre 2012 20:18

            Bruno Le Roux, chef de file des députés PS, souhaite voir déposer un amendement sur la question de la procréation médicale assistée au moment de l’examen du projet de loi sur le mariage homosexuel.
            Des membres du gouvernement ont d’ailleurs démenti tout recul sur la question de la procréation médicalement assistée pour les homosexuelles, déclarant que la question serait tranchée dans le cadre du débat parlementaire sur le projet de loi sur le « mariage pour tous ».
            "Croyez-moi, le moment venu, en séance comme l’a annoncé le gouvernement, nous examinerons s’il faut que la PMA soit un des éléments du texte sur le mariage homosexuel" a déclaré le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone.


          • oncle archibald 6 novembre 2012 14:04

            La question de la procréation assistée et de l’adoption a déjà été traitée ... pas que par ce débris de l’humanité que peut être un cardinal de l’église catholique, non par une socialiste « pur jus » :


            « Je veux être parfaitement claire : je reconnais totalement le droit de toute personne à avoir la vie sexuelle de son choix. Mais je dis avec la plus grande fermeté que ce droit ne doit pas être confondu avec un hypothétique droit à l’enfant (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe socialiste).

            Un couple, hétérosexuel ou homosexuel, n’a pas de droit à avoir un enfant en dehors de la procréation naturelle. Les lois récentes sur la procréation médicalement assistée ont tracé les limites du droit à l’enfant comme source de bonheur individuel en indiquant que les procréations médicalement assistées ont pour but de remédier à l’infertilité pathologique d’un couple composé d’un homme et d’une femme. Elles n’ont pas pour but de permettre des procréations de convenance sur la base d’un hypothétique droit à l’enfant(Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe socialiste).

            Je reconnais que des homosexuels doivent continuer à s’occuper des enfants qu’ils ont eus même s’ils vivent ensuite avec un ou une compagne du même sexe, car la paternité ou la maternité confère des obligations qui ne peuvent cesser (Applaudissements sur les bancs du groupe communiste, du groupe socialiste et du groupe RCV).

            Or c’est une chose de maintenir un lien de parenté déjà constitué entre parents et enfants, c’en est une toute autre de permettre, en vertu de la loi, l’établissement d’un lien ex nihilo entre un enfant et deux adultes homosexuels. Dans le premier cas, il s’agit d’une solution conforme à l’intérêt de l’enfant qui la le droit de conserver son père et sa mère lorsque ses parents se séparent. Dans le second, il s’agirait de créer de toutes pièces, par le droit, une mauvaise solution.

            Pourquoi l’adoption par un couple homosexuel serait-elle une mauvaise solution ? Parce que le droit, lorsqu’il crée des filiations artificielle, ne peut ni ignorer, ni abolir, la différence entre les sexes. »


            Cette prose n’est pas celle du cardinal Vingt Trois mais celle de Madame Elizabeth Guigou, garde des seaux, ministre de la Justice d’un gouvernement socialiste, lors des discussions sur le PACS. AH ! putaing de putaing ! Je ne savais pas qu’elle aussi était une « sale facho » (TM). Ca me scie le cul !


          • Axel de Saint Mauxe Axel de Saint Mauxe 5 novembre 2012 21:35

            « La Liberté d’aimer est le même droit que la liberté de penser : l’une répond au cœur l’autre à l’Esprit : ce sont deux faces de la liberté de conscience. »


            Citation malheureuse : je ne vois pas le rapport en mariage et liberté d’aimer.

            • Romain Desbois 5 novembre 2012 22:40

              Le mariage est aussi une sorte de reconnaissance de l’acceptation de l’homosexualité par la société.

              C’est d’ailleurs pour moi la raison majeure, bien que peu évoquée, de la revendication de ce droit.

              On ne s’aime pas librement quand il faut cacher cet amour.


            • Axel de Saint Mauxe Axel de Saint Mauxe 6 novembre 2012 11:41

              C’est vrai que des millions de couples vivant en union libre cachent leur amour !


              Si le mariage était obligatoire je comprendrais, mais là, cela n’a aucun sens...

            • Romain Desbois 7 novembre 2012 18:36

              Axel de fin de race

              Je parle des couples homosexuel, ne faites l’imbécile, à moins que ce soit naturel.


            • Axel de Saint Mauxe Axel de Saint Mauxe 11 novembre 2012 21:22

              Ah pardon vous parliez de couples homos, dans ce cas c’est différent...


            • Robert GIL ROBERT GIL 5 novembre 2012 22:37

              Quoi qu’il en soit, la question déchaine certaines passions, si l’on peut comprendre certaines réticences des adversaires à ce projet, il faut mieux faire abstraction des déclarations délirantes d’une bande d’exaltés comme ceux qui dans le petit journal en appelaient à « la colère et à la foudre de dieu pour punir la France » en cas d’adoption de la loi. On a pu également lire que : « le mariage homosexuel est un non sens social, biologique, et sémantique ; une chimère, une aberration, une monstruosité contre nature, une atteinte au bon sens, une abomination ! La sexualité entre personnes de même sexe est strictement récréative et n’a aucun rapport avec la notion d’amour, de couple ou de famille. » Ces affirmations ne sont pas des arguments mais plutôt le signe d’un obscurantisme moyenâgeux, et toute discussion devient rapidement impossible.........

              voir :
              http://2ccr.unblog.fr/2012/10/30/le-mariage-pour-tous-et-toutes/


              • Soi même Soi même 5 novembre 2012 23:01

                Bravo pour ce papier, depuis quand les confections religieuses de la Nation n’a pas le droit d’exprimer leurs avis. C’est que tu ne connais pas en réalité le principe des lois laïques, en aucuns il y a une interdiction d’exprimer leur poins de vue du moment qu’ils ne s’insinuent pas dans les affaires de l’État.
                Je vais donné mon point de vue, c’est que cette loi va modifier en profondeur notre société, et de ce fait, il est normal que se projet soit soumis au référendum !
                Car c’est bien l’ensemble des Français qui doivent avoir le dernier mot sur se projet, et tant donné que vous ne supportez pas que des points de vue divergent, montre en réalité que se projet loi ne remplie pas sa véritable fonction qu’il est un véritable débat.
                Pour moi, ce projet est très mal venue, et il sert à masqué d’autres débats !

                Cette loi si, elle est adopté comme elle est prévus, sera une des loi qui sauterons des qu’il aura l’opportunité politique de le faire !
                 Car il y a une règle ce qui est imposé par la force, ne peut pas duré dans le temps !
                Tous où tard cette loi sera abroger !


                • Romain Desbois 6 novembre 2012 00:42

                  « Tous où tard cette loi sera abroger ! »

                  Mais ne pourra être rétroactive.


                • robin 6 novembre 2012 09:36

                  Rien de ce qui est vraiment important ne sera jamais soumis à référendum car nous ne sommes pas dans une démocratie réelle.


                • Soi même Soi même 6 novembre 2012 12:08

                  La grande naïveté dans cette affaire est de croire que les constructions humaines sont impérissables !
                  Une loi se fait et se défait aux grès des événements, si cela n’était pas le cas,on serrait bien encombrer par des lois liées à notre histoire !


                • Romain Desbois 7 novembre 2012 18:38

                  «  »qu’elle soit pratiquée médicalement"
                  bah si puisque les français électeurs ne veulent pas de la démocratie participative.


                • menou69 menou69 6 novembre 2012 00:49

                  Le 9 octobre 1981 la loi abrogeant la peine de mort a été promulgué contre la volonté du peuple français, 63% des Français étaient pour le maintien de la peine de mort.

                  Le 17 septembre 1981, Robert Badinter présente le projet de loi à l’Assemblée nationale. Il est voté le 18 septembre par 369 voix pour dont 37 voix de droite dont celle de Jacques Chirac, 113 contre (487 votants, 482 suffrages exprimés).

                  Le 30 septembre 1981, la loi est officiellement adoptée par les sénateurs par 161 voix pour, 126 contre (288 votants, 287 suffrages exprimés). N’oublions pas que le Sénat était à majorité de droite.

                  De 1984 à 1995, 27 propositions de loi visant à rétablir la peine de mort sont déposées au Parlement, et repoussées.

                  Le 3 janvier 2006, Jacques Chirac a annoncé une révision de la Constitution visant à inscrire l’abolition de la peine de mort dans un nouvel article 66-1. Celui-ci disposera simplement que "nul ne peut être condamné à la peine de mort ".

                  Un an plus tard, mardi 30 janvier 2007, cette modification a été votée par l’Assemblée nationale. L’occasion de constater le degré actuel de l’abolition : le vote s’est fait à main levée, seule une quinzaine de députés UMP conduits par Jacques Myard n’ont pas voté le texte,
                   
                  Le 9 février 2007, le Sénat vote à son tour la loi. Il ne reste plus qu’un vote des deux chambres réunies en Congrès à Versailles, ce qui a été fait le 19 février 2007 peu avant l’élection présidentielle.

                  Cette loi votée contre l’assentiment du peuple, donc imposé par la force, dure pourtant dans le temps, et cela malgré les coups de boutoirs donnés par la droite. Maintenant elle est inscrite dans la Constitution donc inaliénable.

                  Vous dites tôt ou tard cette loi du « mariage pour tous » sera abrogée.

                  Or il sera très difficile d’annuler les mariages ou plus complexe encore, les adoptions, qui auront été contractées dans l’intervalle. "On imagine mal une loi rétroactive. Une abrogation impose de maintenir les droits des personnes mariées d’autant que la Constitution dit qu’on ne peut remettre en cause, sauf intérêt général, les situations légalement acquises. Mais dans ce cas, on aurait un problème de fait, c’est-à-dire une situation différente selon les couples homosexuels et un problème de cohérence du droit.


                  • tf1Goupie 6 novembre 2012 11:53

                    Dans ma vie de tous les jours je ne croiserai presque jamais des gens concernés par la peine de mort (des criminels redoutables).

                    Dans ma vie de tous les jours je croise, de temps en temps (souvent ?) des homosexuels, des enfants de couples homosexuels.

                    Une sacré différence, non ?


                  • Soi même Soi même 6 novembre 2012 12:21

                    La grande naïveté dans cette affaire est de croire que les constructions humaines sont impérissables !
                    Une loi se fait et se défait aux grès des événements, si cela n’était pas le cas,on serrait bien encombrer par des lois liées à notre histoire !


                  • oncle archibald 6 novembre 2012 14:16

                    Mettre sur le même plan une loi qui touche au respect de la vie et une loi qui fait fi de l’avenir des enfants adoptables ne me parait pas très honnête ... 

                    Ce qui l’est en revanche très honnête c’est la liberté de pensée de Jacques Chirac, qui non seulement était contre la peine de mort à contre courant de l’opinion majoritaire dans « son camp », mais aussi soucieux de ne pas laisser à des extrémistes la possibilité d’abroger une loi si par malheur le pouvoir tombait entre leurs mains. 

                    Mais peut être va-t-on, qui sait, pour les mêmes raisons nous proposer d’inscrire dans la constitution le droit au mariage et à l’adoption par des couples homosexuels ... Et verra-t-on aussi un socialiste allant par conviction à contre courant de son clan votre contre cette loi ? On peut toujours rêver ... Je suis persuadé que tous les députés socialistes ne sont pas enchantés par ce projet de loi ...

                  • oncle archibald 6 novembre 2012 15:59

                    Actias vous confondez sondages d’opinion et vote des députés ... C’est assez grave à mon avis ..

                    A ma connaissance la seule loi votée clairement contre la volonté du peuple est celle de la ratification du traité européen ...

                  • Soi même Soi même 7 novembre 2012 10:37

                    @ oncle archibald,quand une majorité de gens sont absentéistes à des élections, relativise beaucoup la légalité du pouvoir en place, si de plus quand on impose une loi qui modifie en profondeur la société, et de pas demander à que les Français soit consulté, en dit long sur la légitimité de cette loi et du pouvoir en place !


                  • Romain Desbois 7 novembre 2012 18:39

                    Que les abstentionnistes assument leur non choix.


                  • Stof Stof 6 novembre 2012 02:28

                    Moi j’attend le marriage polygame. Si deux femmes ont le droit de se marrier entre elles, pourquoi un troisième larron ne pourrait il pas participer à la fête ? On voit ça dans tous les bons films pourtant.


                    • Romain Desbois 7 novembre 2012 18:41

                      je suis d’accord avec vous.

                      Qu’attendez vous pour mener ce combat ?


                    • Rounga Roungalashinga 6 novembre 2012 07:57

                      Les couples homosexuels pourront se marier comme tout le monde

                      « Comme tout le monde » ? Je croyais justement que le problème avec le mariage, c’est qu’il n’était pas pour tout le monde, et que le mariage défini en tant qu’union entre deux individus de quelque sexe qu’ils soient était le « mariage pour tous ». On m’aurait menti ?


                      • robin 6 novembre 2012 09:33

                        « Le mariage républicain pour tous, les religions ont-elles le droit de s’y opposer dans notre pays »

                        Elles ont non seulement le droit, mais c’est leur devoir.

                        Toutes les lois morales et donc toutes les constitutions déclinées ensuite en lois proviennent à l’origine de préceptes religieux, ils sont donc prééminents en cas de contradiction majeure.

                        Or prôner le mariage pour tous...c’est à dire in fine pour plus personne (c’est le but inavoué final) était une contradiction majeure aux lois divines, donc les religieux sont parfaitement dans leur rôle de s’y opposer bien que leurs exactions passées (crimes de l’inquisition, pédophilie et j’en passe) les rendent hélàs totalement illégitimes à le faire.




                        • Romain Desbois 7 novembre 2012 18:45

                          non c’est une violation de la séparation de l’église et de l’Etat.

                          Séparation accompagnée de la loi 1905 que l’Eglise a acceptée pour sauver sa peau. Sans cette loi sur laïcité les religions auraient été interdites en France.

                          A l’époque les laïcards étaient bien plus radicaux que maintenant.


                        • pergolese 6 novembre 2012 11:17

                          Personnellement, je ne vois pas comment on pourrait interdire aux religions de s’exprimer sur la question. En tout cas, la laîcité ne s’y oppose pas.

                           Par contre, ce qui me pose problème, c’est leur activisme...Car, là il s’agit d’une ingérence dans la sphère politique.

                          A l’extrême limite, on pourrait même arguer du fait qu’il s’agit d’une ingérence d’un Etat dans la politique d’un autre Etat dans le cas particulier de l’Eglise Catholique. Celle-ci est en effet aux ordres du Vatican lequel a le statut d’Etat...


                          • bel95 6 novembre 2012 11:45

                            Il n’y a pas que les croyants qui a être choqué par ce projet. Ensuite, bien au contraire, c’est plutôt le mode tardif de prise de conscience qui doit inquièter. Car il n’y a aucun débat de fond sur ce qu’est le Mariage dans nos structures, le lien entre cette institution et les autres, fondements nation etc... le rapport entre couple, filialtion, droit, rapport modéle civilisationnel. que les lobby « gay » (je deteste ce terme réducteur) aient oeuvré pour exprimer depuis des années leur point de vue ne me dérange pas. Mais interdire de parole, posé l’anathéme de xxx-phobie a tout propos est tyrannique.


                          • oncle archibald 6 novembre 2012 14:19

                            Ca c’est bien trouvé Pergolèse .. Les cathos ont le droit d’être contre le projet de loi à condition de ne pas le dire .. Pas mal comme concept du débat démocratique ...


                          • pergolese 6 novembre 2012 15:17

                            @ A Oncle Archibald

                            Vous ne m’avez pas lu, je parle d’activisme et non de liberté d’expression...


                          • oncle archibald 6 novembre 2012 15:55

                            Vous voulez dire que l’église aurait pu s’exprimer si elle était pour mais qu’elle doit la fermer si elle est contre car c’est de« l’activisme » .. Précisez moi, si vous le pouvez, la limite entre exprimer une opinion et défendre une idée ...


                          • Romain Desbois 7 novembre 2012 18:47

                            Ce qui est commun avec les ignares c’est qu’ils ne cessent de réécrire l’Histoire.

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