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Le monde, la vie, la société

Les temps sont durs… pas pour tout le monde, mais la plus grande majorité est concernée. Accabler uniquement les puissants et la finance internationale, voir l’Europe est insuffisant. Les temps sont durs, car c’est une armée invisible composée de gens « ordinaires » qui est à la manœuvre. Du chef de bureau en passant par tous les stades de la hiérarchie, ils sont nombreux, trop nombreux à faire valoir leur pouvoir et leur capacité de nuisance à autrui.

Triste constat, le monde, la vie et la société deviennent pesants, c’est tout leur poids que je ressens directement ou indirectement. Séniors, jeunes débutants, ouvriers ou cadres, habitants des villes ou de la campagne doivent subir, plier l’échine, vivre d’un tissu d’humiliation, de remise en cause de leur dignité… A l’échelle de sa vie, sa si petite vie, les épreuves ne sont pas épargnées. Le monde du travail devient une véritable essoreuse à tordre les gens, les « vrais gens » comme je les appelle et dont je fais partie. Certes les politiques, l’administration aveugle et impitoyable exercent quotidiennement une violence extrême. Il y a les victimes que l’on voit, et toutes celles qui se cachent dans leur désarroi, leur peur et leur tristesse.

Mais le pire est au jour le jour avec les mal élevés, les violents, les délateurs, les oppresseurs. Il ne leur est pas besoin d’être très puissants pour exercer leur malfaisance… il leur suffit d’abuser de leur « petits pouvoirs » pour nuire à leur voisins, leurs collègues et leurs subordonnés. Pris en tenailles entre la violence d’état et l’oppression ordinaire de tous les jours, il ne fait pas bon vivre. Certains en meurent, parfois dans la solitude de leur désarroi, ils sont les plus nombreux, d’autres font la une provisoire des journaux à la rubrique des faits divers.

Pour les puissants, il fut un temps où la politique, faire de la politique, était un exutoire avec un horizon en perspective qui promettait des jours meilleurs. Las… le temps passant, les expériences se succédant, il ne restait plus qu’un champ inculte de mensonges et de trahisons. Le Front National et les extrêmes se gonflent du flot de ces « revenants » de la politique.

Que faire ? Faut-il se résigner à l’abandon et vivre avec sa seule souffrance ? J’ai réfléchi, pour ne pas perdre pied, j’ai réfléchi pour pouvoir exister. Le monde, la vie et la société sont en fait capable du pire comme du meilleur.

J’ai parfois retrouvé un peu de paix et de répit, c’était toujours auprès de petites gens, je n’aime pas l’expression. Leur simplicité, leur honnêteté, leur compassion, sont toujours des baumes au cœur. Cultivons ses relations de proximité, il suffit de chercher autour de soi, de faire l’effort. La récompense est toujours au rendez-vous.

Pour ceux, et j’en fais partie, qui ont eu la chance d’accéder à l’éducation et la culture, il y a tous ces moments de pauses et de douceurs à la lecture d’un livre, la rencontre d’un poète ou d’un peintre, la visite d’un musée, la projection d’un film, une soirée au théâtre ou au concert. Ces instants d’extase sont le moteur qui nous fait marcher.

La famille, même chaotique pour certaines, est source de joies et de plaisirs. La vue des enfants, un parent vieillissant, la tendresse d’un époux ou d’une épouse, la sollicitude d’une sœur ou d’un frère, une cousine retrouvée, anniversaires, mariages et fêtes de famille sont autant de pauses et de répits.

Le ou les amis, peu nombreux en vérité, et si précieux, nul jugement, aucun accablement, pas de reproche, juste une douce sollicitude, ils sont le havre salvateur qui nous recueille aux pires moments.

Il y a la nature, elle peut être cruelle et dangereuse, mais elle accueille aussi en son sein toux ceux qui savent la regarder : la simplicité d’un coucher de soleil, un moment au jardin avec le chant des oiseaux, la symphonie des couleurs des parterres de fleurs, le potager qui pousse et le temps qui passe sur un champ de blés murs parsemés de coquelicots et de bleuets, la promenade en forêt étoilée d’ombres et de lumières, la fidélité douce et parfaite d’un animal de compagnie.

La foi… pour ceux qui l’ont, il est toutes sortes de foi… elle nous parle, nous guide, nous ouvre des horizons lorsque nous sommes à même de l’écouter. Pleines de symboles, d’histoires et de récits, elle creuse en nous une culture qui consolide et sans apporter de réponses fondamentales, elle nous « installe » dans la grâce que nous voulons bien accueillir. 

Le chemin est étroit, hasardeux pour avancer dans la vie entre les coups à l’âme et les coups de cœur… il est sinueux et incertain, fragile et instable, mais il file cependant le long de la paroi vertigineuse, parfois tordu, parfois droit, mais il avance…


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14 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 26 juin 2013 09:33

    Bonjour, Jean.

    Beau texte, et belles réflexions sur la vie et les difficultés auxquelles elle nous confronte dès lors que l’on essaie de l’appréhender de manière intelligente et participative.

    Effectivement, l’évolution de notre société est déprimante, entre des politiques de plus en plus déconnectés des réalités et un management d’entreprise de plus en plus moteur d’une gestion déshumanisée.

    Restent, comme tu l’a dit, de bien belles compensations avec la famille, la nature et les rapports que l’on peut avoir avec la création artistique. Cela n’empêche malheureusement pas l’inquiétude pour l’avenir de nos enfants et petits-enfants.

    Dommage que ce texte n’ait pas été plus lu et commenté car il est important.

    Cordialement.


    • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 26 juin 2013 10:47

      Bonjour,

      La nature est le cadre et la culture le moteur.

      Agnostique, je garde (parfois avec difficulté et volontarisme) mon espoir en l’avenir à travers une espèce d’inébranlable foi en l’homme. Mon humeur fait le tampon.
      Notre société n’a plus, sinon d’objectif de progrès-propre (social), du moins les moyens de les mettre en oeuvre, balottée qu’elle est par les mécanismes economiques qu’elle a enfantés et à laquelle elle est désormais soumise.
      Le cadre naturel dont je parlais est chaque jour plus flou. Gamin, l’ingéniosité mécanique que suscitaient en moi une serrure, une horloge ou un hélicoptère a fait place à l’évident prolongement qu’est un écran tactile interactif utilisé aujourd’hui par un gamin de 4 ans.
      Plus que jamais l’intelligence est artificielle. Et au train où ça va, ça n’est pas près de s’arrêter.

      Je lisais quelque part aujourd’hui que le phénomène de solitude sociale n’arrête pas d’augmenter, notamment dans la jeunesse, ajoutant de l’eau au moulin de Jean.

      La nature, celle qui était là avant nous, nous réunit de toutes façon que nous le voulions ou non. Physiquement elle ne nous laisse pas le choix, mais intellectuellement, oui.
      Laisser l’intelligence artificielle de côté n’est pas facile, mais il importe à mon avis de lui privilégier ce que la machine ou le microprocesseur ne sais pas et ne saura jamais gérer : La sensibilité, que je n’hésite pas à ériger en la forme la plus élevée de l’intelligence. Car elle implique une cognition intrinsèque de la perception sensorielle, d’emblée relativisée par l’humeur, le temps qu’il fait ou ce que j’ai mangé hier soir...

      Bon c’est pas tout, ça, mais j’ai du taf : à plus et merci pour cet article.


    • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 26 juin 2013 10:52

      Je me relis....

      « cognition intrinsèque de la perception sensorielle »...

      pétard... là, j’ai fais fort... smiley smiley smiley

      on croirait BHL sur France-cul
      (mais comment le dire autrement ????)


    • Pelletier Jean Pelletier Jean 26 juin 2013 11:28

      Fergus,

      Merci pour les compliments. J’ai une période un peu difficile en ce moment, j’ai écris cet article à la fois pour évacuer le stress et tenter de discerner le négatif et le positif, la méthode est efficace, elle m’a fait du bien et cela me permet de continuer à observer le monde sans tomber dans la dépression absolue.

       

      bien à toi

       

      http://jmpelletier52.over-blog.com/

       

       


    • Pelletier Jean Pelletier Jean 26 juin 2013 11:30

      @Emmanuel Aguerra,

      Oui c’est le fait de veiller à conserver en éveil sa sensibilité qui nous permet de surmonter « les temps difficiles » ... mais cela n’est pas « donné » à toute le monde.

       

      http://jmpelletier52.over-blog.com/

       


    • Le chien qui danse 26 juin 2013 11:16

      Bonjour,
      Les temps ont toujours été durs, sauf qu’aujourd’hui nous en avons plus conscience du fait de la modernité qui contraste ce constat.
      L’homme est en compétition avec lui-même et cette compétition est de plus en plus exacerbée et laisse des gens sur le bord du chemin, il y en a toujours eu.
      J’avais lu que le seul âge d’or qu’avait eu l’humanité se situait au paléolithique supérieur juste avant donc l’éclosion du néolithique sur la lancée duquel nous sommes toujours aujourd’hui.
      Sédentarisation, marchandisation, volonté de pouvoir et de domination, il y aurait beaucoup à dire certains ont du le faire.
      Il y a eu, plus contemporain, les quelques années « mitterand », sans faire l’apologie de cet homme loin de là, mais la société avait cru à un apaisement mais c’était l’illusion socialistique.
      La révolution numérique à certainement bouleversé le monde mais nul ne peut dire aujourd’hui si ce sera pour la paix et la coopération ou pour l’autodestruction faute d’humilité face à notre condition « d’isolé » dans l’univers.

      Merci pour ce billet


      • Pelletier Jean Pelletier Jean 26 juin 2013 11:33

        @Le chien qui danse,

         

        Vous évoquez les années Mitterrand, c’est vrai il y avait une foi en l’avenir, une croyance, hélas, ce qui a suivi a ruiné cet état de grâce.

        Le numérique impacte fortement nos sociétés, et il ouvre des horizons, ce n’est pas tant la science qui me préoccupe, je crois au progrés, ce sont les hommes... comment les éduquer ?

         

        http://jmpelletier52.over-blog.com/

         


      • sagesse 26 juin 2013 13:45

        Merci à l’auteur pour cet article !
        J’y retrouve beaucoup de mes propres questionnements sur la vie.
        La simplicité est la clé à un bon nombre de nos problèmes actuels, tout est devenu compliqué : la société, les rapports humains, le rapport à la nature, le travail, la « justice ». Peut être le résultat d’un enfumage collectif pour mieux nous berner ???
        Parfois je me demande comment nous avons pu en arriver là...
        Cependant je garde espoir, j’ai quitté Paris pour la campagne profonde et cette vie simple me permet d’y voir plus clair sur ce malaise qui n’épargne pas grand monde.
        N’oubliez pas, La Vie est Belle ! smiley


        • bibou1324 bibou1324 26 juin 2013 14:12

          Comme le disait Ayn Rand, le bonheur est un état d’esprit.


          Le fait que le mot « société » apparaissent dans le titre est à mon sens hors sujet, puisque l’humain n’a aucun besoin de société, ni de travail, pour vivre heureux, ni pour vivre d’ailleurs. La société est un construction, qui n’a rien à voir avec le bonheur des gens, sauf pour les personnes indexant leur vie sur cette construction qui tombe en ruines.

          Votre vie, indexée sur la politique, le travail ou la société, ne peut qu’être malheureuse, vu l’actualité. Mais c’est de votre fait. C’est vous qui avez décidé de donner de l’importance à ces choses sans réelle importance qui vous rendent malheureux.

          • cardom325 cardom325 26 juin 2013 16:45

            Bravo Jean, pour ce petit instant de légèreté et de douceur, vous avez mille fois raison, quelques instants d’éternité auprès de familiers, d’amis, par la lecture parfois miraculeuse d’un livre , pour un film exempt de violence

            Faut il lâcher une vision collective du bonheur pour s’attacher à des petits riens, parfois se reconnaître dans un autre être, vouloir renaître sans se soumettre

            Le monde est à réinventer , mais j’ai la vaque impression que l’énergie nécessaire ne m’appartient plus, est ce une démission ? ou l’impression que l’inéluctable se prépare de toute façon sans que mon avis compte


            • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 26 juin 2013 18:36

              La nature est la grande guérisseuse. Et c’est aussi une invitation à la liberté. Certains être humains la haïssent pour ces deux raisons. 


              • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 26 juin 2013 18:36

                « êtres humains »


              • ecolittoral ecolittoral 29 juin 2013 13:05

                Et, bien sûr, l’auteur n’a pas de capacité de nuisance. 

                Comme l’un de mes voisins qui a trimé toute sa vie et se lamente d’être un incompris. 
                Incompris qui chasse les gamins de la rue quand ils jouent. 
                Incompris qui téléphone à la police municipale pour signaler la voiture « qui n’est pas d’ici ».

                Toujours les autres et surtout pas moi. Le voisin, les autres, l’administration mais pas moi.
                Au moins, en famille, devant un couché de soleil ou dans la nature on est pas emmerdé.
                Ce qui ne résout aucun problème et ne diminue en rien la capacité de nuisance des autres...et de soi.

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