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Accueil du site > Actualités > Société > Le mouvement des enseignants-chercheurs touche à sa fin

Le mouvement des enseignants-chercheurs touche à sa fin

Le mouvement des enseignants-chercheurs contre les réformes gouvernementales bat sérieusement de l’aile. Suite au report de la mastérisation et au remaniement du texte concernant le statut, les durs ont cru bon de radicaliser le mouvement jusqu’à l’enfermer dans l’impasse d’un mot d’ordre désormais classique : retrait de toutes les réformes.

La démarche tourne aujourd’hui à la catastrophe. 

D’abord, parce que sa direction est passée entre les mains des plus conservateurs : les "sauveurs" de l’Université. Ensuite, parce que la démoralisation – déjà très palpable – sera proportionnelle à la surenchère. Enfin et surtout, parce que, dans un souci irresponsable d’extension des actions, certains ont entraîné les étudiants en les privant de notes puis de cours. La rupture du "contrat de cours" utilisée comme instrument de lutte est bien plus qu’une erreur tactique monumentale : c’est le symptôme d’une pensée sociale malade.

Les signes de la fin du mouvement sont nombreux : effondrement des coordinations, impuissance médiatique, diminution des blocages, débats axés sur la reprise des cours et les modalités de rattrapage. De leur côté, les Présidents refusent une aventure qui les confronterait très vite à cautionner la paie de salaires sur la base de feuilles de service vides. La CNU et un certain nombre d’enseignants ont émis la revendication du "semestre blanc" entendu comme un "semestre donné". Qui justifierait alors des salaires versés pour semestre officiellement inexistant ?

Reste à se demander pourquoi un tel mouvement aura produit une telle faillite, détérioré encore un peu plus l’image de l’Université et aggravé le fossé qui la sépare de la population.

Soulignons que l’extension artificielle du mouvement à des secteurs étudiants fragiles a masqué la division du monde enseignant. Division entre titulaires et non titulaires, certainement. Mais aussi entre enseignants-chercheurs qui cherchent et enseignants-chercheurs qui ne cherchent pas. Ces derniers, particulièrement ciblés dans la dernière mouture de la réforme des statuts, sont, tout naturellement, en colère.

Certains ont cru voir la preuve de la vérité criante du mouvement dans son ampleur et son unanimité. Mais c’est, justement, l’unanimisme de plomb, celui qui ne supporte aucune contradiction, qui, loin de montrer une force de conviction, trahit un comportement d’appareil. 

L’explication de l’échec annoncé du mouvement des enseignants-chercheurs est pourtant simple : il ne s’agit pas de "sauver l’Université" mais de la changer, de la transformer de fond en comble.

Le gouvernement tient à réformer à sa façon et dans une certaine direction. Mais la population, à commencer par ses couches les plus modestes, attend aussi que l’Université change dans SA direction. Elle attend de l’Université qu’elle offre à ses enfants du temps gagné, des perspectives clarifiées, de la confiance et de l’avenir. Elle attend la fin de l’échec. Ces changements, la population ne les attend pas du gouvernement mais de l’Université elle-même.

Et c’est sur ce point que le mouvement des enseignants-chercheurs court à sa perte : il ne traduit pas seulement le rejet des réformes gouvernementales mais aussi celui des réformes internes, indispensables aux gens, celles que la population espère, et dont la formulation précise ne peut venir que des enseignants-chercheurs eux-mêmes. Celles qui mettront fin au repli et s’ouvriront vers le monde.


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15 réactions à cet article    


  • Relladyant icare 8 mai 2009 09:17

    Il n’est pas certain que le mouvement touche à sa fin, avec une grève dont les acteurs continuent d’être payés depuis des mois même quand ils n’assurent pas leurs fonctions... bienvenue en France !


    • Relladyant icare 8 mai 2009 09:53

      le fantasme de Sarkozy est de mettre partout des PDG qu’il aura évidemment le pouvoir de nommer.

      >> C’est ce qu’il dit pendant son sommeil et tu couches avec lui ? o_O


    • Julius Julius 8 mai 2009 11:34

      Les revendications raisonnables ont été prises en otage par les extrémistes professionnel. Les activistes sont de plus en plus une minorité, mais leurs demandes sont de plus en plus extrêmes.

      Pourquoi je ne soutiens pas la lutte contre la réforme sur l’enseignement supérieur et la recherche :
      http://hrivnac.free.fr/wordpress/?p=789


      • Yohan Yohan 8 mai 2009 11:40

        Bien vu, félicitationq


        • TSS 8 mai 2009 14:19

          cela fait 3 mois que le Gvt avec la complicité des medias assure que le conflit touche à sa fin,sa

          fin,sa fin !!...methode Coué !!

          mais si on creuse un peu la question et les renseignements(les vrais) on s’aperçoit que c’est

          loin d’être terminé et que cela va laisser des traces indélébiles... !!


          • rigas rigas 8 mai 2009 14:54

            Cet article qui épouse étroitement la position du gvt consiste à inventer la réalité plutôt que de regarder ce qui se passe.

            Vous dites :

            "D’abord, parce que sa direction est passée entre les mains des plus conservateurs : les « sauveurs » de l’Université. « 

            De quoi parlez-vous exactement ? Le mouvement n’a pas changé de main. Presque partout les étudiants et les enseignants mobilisés ont toujours été les mêmes. C’est même, malheureusement, une des réalités de tout mouvement de mobilisation. C’est ainsi. Votre phrase ne repose sur aucune observation réelle. Par ailleurs particulièrement ce mouvement a été un mouvement décentralisé, sans direction générale.
             

             »Ensuite, parce que la démoralisation – déjà très palpable – sera proportionnelle à la surenchère. « 

            Ceci est question d’appréciation : j’ai personnellement une impression différente : pas de surenchère mais par contre depuis une semaine une série d’attaques médiatiques ciblées de la part de Fillon et Pécresse. Le mouvement a été d’une sagesse exemplaire : vous ne faites que mentir en parlant de surenchère. Cest à force de résistance que le gvt a reculé au moins sur deux parmi quatre points de revendication.

             »Enfin et surtout, parce que, dans un souci irresponsable d’extension des actions, certains ont entraîné les étudiants en les privant de notes puis de cours. La rupture du « contrat de cours » utilisée comme instrument de lutte est bien plus qu’une erreur tactique monumentale : c’est le symptôme d’une pensée sociale malade.« 

            De quoi parlez-vous ici ? C’est une tactique aussi de de la méthode Coué que vous employez ici. De quel contrat parlez-vous ? De quelles universités ? De quels endroits. Quelle pensée social ? Donnez des sources, des références. Ce sont des accusations sans aucun fondement et qu ine reposent sur aucune réalité.

            La caractéristique de ce mouvement a été -je répète- systématiquement d’être un mouvement sur le terrain, pas une action organisée de manière centrale. De ce point de vue, c’est très différent de 2004, quand l’association »Sauvons la Recherche« est née. 

            Parlons des »signes« que vous semblez savoir lire, comme les augures : »effondrement des coordinations,impuissance médiatique, diminution des blocages, débats axés sur la reprise des cours et les modalités de rattrapage. "

            A aucun moment les enseignants en grève n’ont voulu pénaliser les étudiants. Vous voudriez que nous soyons maximalistes : nous avons été réalistes. Vous interprétez comme de la faiblesse ce qui a été toujours imaginé : à savoir, trouver une solution qui soit le moins difficile pour les étudiants. Ce ne fut pas le cas du gvt qui a l’air de vouloir jouer de la division sociale, de la même façon que votre article, en cessant les négociations.

            Vous semblez voulez être un connaisseur : "Reste à se demander pourquoi un tel mouvement aura produit une telle faillite, détérioré encore un peu plus l’image de l’Université et aggravé le fossé qui la sépare de la population.« 

            Tout d’abord, nous -chercheurs et enseignants - n’avons pas eu le sentiment d’avoir déçu »la population« ni d’en être détachés. Nous avons tenu à revendiquer un certains nombre de choses, quatre pour être précis :
            - RETRAIT DU DECRET DES ENSEIGNANTS-CHERCHEUR
            - ARRET DU DEMANTELEMENT DES ORGANISMES DE RECHERCHE
            - ANNULATION DE LA MASTERISATION DES FORMATION D’ENSEIGNANTS
            - UN PLAN PLURIANNUEL D’EMPLOI POUR L’UNIVERSITE ET LA RECHERCHE

            Vous qui semblez parler avec bcp d’assurance, vous ne semblez absolument pas au courant de ces revendications : Vou spréférez parler en l’air. Vous osez parler de »perspectives clarifiées, de la confiance et de l’avenir." Et de plus vous prétendez que [la population], attend la fin de l’échec. Ces changements, la population ne les attend pas du gouvernement mais de l’Université elle-même.« 

            Ne vous en déplaise, l’emploi dns les universités ce sont des postes budgétaires. Le gvt les a diminué. Il continue à le faire. Vous pouvez vivre dans un monde imaginaire où les universités font ce qu’elle veulent comme des PME, comem le veux aussi la loi LRU ; mais la réalité c’est un pays, une nation qui a besoin de la recherche, qui a besoin d’universités, pas d’une collection de petites PME produisant des étudiants au rabais, en concurrence et sans moyens suffisants pour financer des véritables emplois. 

            Ensuite vous parlez de la division du mouvement : cela a été la stratégie du gvt de toujours parler de la division. D’ailleurs votre post semble tout droit issu du Ministère. Si vous n’avez pas envcore de job, je vous propose de vous présenter rue Descartes.

            Vous dites en effet : »Soulignons que l’extension artificielle du mouvement à des secteurs étudiants fragiles a masqué la division du monde enseignant. Division entre titulaires et non titulaires, certainement. Mais aussi entre enseignants-chercheurs qui cherchent et enseignants-chercheurs qui ne cherchent pas. Ces derniers, particulièrement ciblés dans la dernière mouture de la réforme des statuts, sont, tout naturellement, en colère."

            Précisement. L’absence de plan de recrutement pluri-annuel a propovque cette situation et la précarisation de l’emploi universitaire. Le nier est simplement de la propagande.

            Vous voulez transformer l’université de fond en comble. Vous deviez commencer par la connaître minimalement.

            Le mouvement ne vous en déplaise ne « s’essoufle » pas, mais la fatigue est là. Celle provoquée par l’absence de dialogue voulu par le gouvernement. Je ne joue pas sur les mots : il est évident que personne ne s’attendait à un tel jusqu’au-boutisme de la part du gvt qui semble vouloir jouer l’exemplarité. Sarkozy aura ainsi dans son tableau de chasse les universités et les garnds organismes publics de recherche après Gandrange. Belle réussite dans l’application des réformes.


            • Bulgroz 8 mai 2009 16:43

              Bravo pour cet article.

              Effectivement, quel gâchis et quelle honte !!

              Les étudiants étrangers qui demandent le remboursement de leurs études, des revendications absolument incompréhensibles, des professeurs fonctionnaires tricheurs qui foutent le bordel et qui continuent à percevoir leurs émoluments.

              Résultat ; la société civile se fout de l’université et en ras le bol de raquer pour cette fabrique de déchets (52,5% des étudiants ne passent pas leur 2ième année de licence, taux de chômage très élevé pour ceux qui vont au bout, diplômes non conformes aux attentes du marché du travail), etc.....)

              Ce sont les classes défavorisées et les classes moyennes qui payent le prix de cette déliquescence de notre système universitaire. Le résultat de cette rigidité propre à notre système universitaire, c’est qu’elle est n’enrichit plus le pays, ni en terme de connaissances ou de techniques exploitables par nos entreprises, ni dans le domaine de la recherche qui continue à connaître un exode massif vers les IUT et les écoles ou vers les pays anglo-saxons. Dans le même temps, elle coûte aux contribuables presque le quart du budget de l’éducation nationale, à peu près 5 % du budget de l’Etat.

              Et l’opposition que ne dit rien. Normal vu qu’au PS, 99% des sympathisants sont des fonctionnaires. 

              Si les réformes courageuses de Valérie Pécresse leur sont aussi insupportables, que ces profs fonctionnaires démissionnent.


              • veilchen veilchen 12 mai 2009 21:20

                Beaucoup de profs ont démissionné de leurs fonctions administratives.

                Pour celui ou celle qui insulte l’université de fabrique de déchets, pour être polie, je vais réagir sans m’énerver... L’université ne formate pas, elle invite à réfléhir. L’université nous donne des pistes de réflexion, et à nous de nous débrouiller. Si il y a autant de chômage, c’est parce que les entreprises ne font pas confiance aux jeunes, parce qu’ils manquent d’expérience. mais comment peut-on étudier et avoir une super expérience ?

                Mais comme d’hab, ceux qui critiquent les profs ne sont pas profs, ceux qui critiquent les étudiants ne sont pas étudiants. Vous ne savez pas de quoi vous parlez, vous ne savez pas ce qu’est la précarité des jeunes, vous êtes d’une génération où vous avez toujours tout eu juste en ouvrant la bouche. Vous ne savez sans doute pas ce que coûte une année universitaire en frais de logement, de nourriture, et que, bien sûr, ça embête tout le monde de perdre une année. mais vous ne savez pas que ça nous embête aussi de voir notre université couler.


              • Ronny Ronny 8 mai 2009 19:10

                Bel exercice de propagande pro-gouvernementale ! Félicitations, si, si...

                Que le mouvement touche à sa fin est rien moins que sur. Certes il faudra probablement trouver des modalités pour assurer des examens car contrairement à ce que vous laissez penser et à cette même propagande gouvernementale, une partie des cours a dans certains domaines été donnée, les étudiants ont été suivis, bref, bon nombre de chercheurs et enseignants chercheurs ont cherché à limité la casse. Le but n’a jamais été de pénaliser les étudiants au contraire : c’est de leur avenir qu’il s’agit ! On aurait aimé que le gouvernement, en revanche, en prenne conscience. Malheureusement, il agit, lui, dans l’intérêt d’une minorité, d’une oligarchie...

                Je prédis pourtant que le mouvement va continuer et continuer longtemps. En effet, malgré un silence médiatique de plusieurs semaines au début du conflit, un contrôle et une manipulation constante des médias par le gouvernement par la suite (dernier exemple en date ces salauds d’enseignants on été payés à ne rien faire !), ce mouvement bat toutes les records en matière de contestation universitaire. Des milliers de chercheurs et enseignants chercheurs referont sans doute cours, mais les taches administratives ne seront plus assurées : plus de remise de maquette de licence, plus d’évaluation de dossier pour l’AERES, ou pour l’ANR, et possiblement démission collective des fonctions administratives. Plusieurs centaines de directeurs de laboratoires sont prets, de nouveau, à démissioner de leurs fonctions et à redevenir de simples chercheurs ou enseignants. Dans ce cas, le système se bloquera comme il s’est trouvé bloqué dès cette année pour les évaluations de dossiers de demande de crédits à rallonge et à répétition que les chercheurs et enseignants soumettent.

                Autre exemple de propagande, le milieu est noyauté par l’ultragauche (ahhhh, l’ultragauche, cela doit sans doute commencer juste à la gauche de Manuel Valls dans ce cas) ou par les « staliniens ». Vous ne le dites pas, mais presque. Je vous cite "Certains ont cru voir la preuve de la vérité criante du mouvement dans son ampleur et son unanimité. Mais c’est, justement, l’unanimisme de plomb, celui qui ne supporte aucune contradiction, qui, loin de montrer une force de conviction, trahit un comportement d’appareil« . Tout d’abord, la contradiction, on la supporte et on ne peut pas faire autrement, vu la complaisance des chaines de télévision et celles des journaux aux mains des amis du pouvoir en place. Ceci dit, vous n’avez pas regardé ou vous ne connaissez pas les signataires des appels et pétitions, des lettres ouvertes, vous trouverez des tonnes de gens qui n’ont jamais manifesté, qui n’ont jamais protesté, vous trouverez des prix nobel, des médailles Fields, des médailles d’or et d’argent du CNRS, bref des tocards et tous des anars dans le mode de »pensé« de notre président.

                Enfin, j’ai gardé le meilleur pour la fin »Et c’est sur ce point que le mouvement des enseignants-chercheurs court à sa perte : il ne traduit pas seulement le rejet des réformes gouvernementales mais aussi celui des réformes internes, indispensables aux gens, celles que la population espère, et dont la formulation précise ne peut venir que des enseignants-chercheurs eux-mêmes« . Des propositions de réforme, on en fait depuis 2004, on les a chiffrées, argumentées, on les a défendues, débattues, on a montré en quoi la loi LRU est dangereuse pour la qualité des diplomes nationaux et les coûts des études universitaires, mais de cela, motus dans la presse et dans votre papier.

                Ouvrez les yeux : ce qui est mis en place ne va en aucun cas dans l’intérêt général, mais s’inscrit dans un politique de fond assez bien expliquée dans l’AGCS. Elle vise, de façon idéologique, à marchandiser tout ce qui est possible de l’être, la santé, l’éducation, l’acquisition des connaissances. Nous sommes de millliers à refuser ce monde et nous continuerons longtemps. Ce n’est pas être »conservateurs", comme vous dites, c’est simplement être clairvoyants.


                • Bulgroz 8 mai 2009 19:37

                  J’ai voté pour le programme de Sarkozy, pas pour celui d’un syndicat ou d’une corporation de fonctionnaires.


                  Ca me parait simple, non ?

                  Si les réformes ne vous plaisent pas, démissionnez et recyclez vous dans l’industrie automobile.

                  Vos propositions de réforme, gardez les pour les prochaines présidentielles, gagnez les, vous aurez ainsi tout loisir pour détricoter tout ce qui aura été fait entre temps. Cela s’appelle la Démocratie.

                  Quand une organisation fabrique plus de 50% de malfaçons, le moins que l’on attend des ses représentants, c’est de la discrétion et de la  remise en question..

                  Tout ce que vous racontez est inacceptable et me confirme bien qu’un grand balayage est nécessaire.

                  Faites votre introspection, vous faites honte.

                  • delamothe delamothe 8 mai 2009 20:10

                    La loi lru est dénoncé par quasiment tout le monde universitaire car il s’agit d’une loi au rabais pour les gestionnaires et les comptables public pour creuser les inégalités sociales .voila la réalité après chacun défend sa paroisse ;


                    • kasko 8 mai 2009 23:36

                      Le problème majeur de ce mouvement, comme beaucoup d’autres, c’est qu’il est « nombriliste » : les enseignants, les chercheurs, les enseignants-chercheurs et les élèves ne regardent pas plus loin que leurs facs, leurs laboratoires, leurs statuts, leurs avantages, leurs peurs ! Ils ne sont pas crédibles quand ils disent faire tout cela pour les élèves, pour la Recherche,...L’échec de beaucoup (pas toutes heureusement) de disciplines est patent : les élèves ne trouvent pas de travail à la sortie, les brevets sont peu nombreux, les liens avec le monde de l’entreprise sont minimes si ce n’est nuls.
                      Quelques professeurs, quelques chercheurs regardent à l’extérieur, mettent en perspective leurs efforts, poussent leurs élèves à appréhender le monde du travail qu’ils devront intégrer quels que soient les défauts et les faiblesses de celui-ci.
                      Beaucoup d’autres attendent la Réforme idéale qui résoudra tout sans présenter le moindre inconvénient pour qui que ce soit. Et tant qu’ils n’ont pas cela, ils bloquent tout, attitude infantile si il en est. Quand tous les enseignants, tous les chercheurs seront des adultes, c’est-à-dire capables de prendre des décisions difficiles, le problème sera réglé, mais quand ?

                      Kasko
                       


                      • kasko 8 mai 2009 23:54

                        Le monde universitaire se trompe ! Le système actuel est profondément inégalitaire. dans beaucoup de disciplines, les étudiants qui n’ont pas la chance d’avoir de la famille ou des relations dans le monde du travail, débarquent sans rien connaitre et se font rejeter alors que beaucoup ont toutes les qualités pour réussir. Ils ont été conditionnés dans le moule que les savoirs et savoirs-faire sont les seuls critères d’embauche et de réussite dans la vie. Personne ne leur a dit combien la personnalité était importante : curiosité, esprit d’équipe, relationnel, créativité, adaptabilité,...Personne ne leur a dit comment se passait un recrutement côté recruteur. Ils sont désarmés alors que ceux qui viennent de milieux plus favorisés conduisent mieux leur démarche. Les enseignants devraient combler cette inégalité. Mais pour cela il faudrait qu’ils soient tous convaincus de leur rôle en terme d’insertion professionnelle et qu’on ne rencontre plus des professeurs qui disent à leurs élèves, comme il m’a été rapporté par un jeune docteur : votre emploi ce n’est pas de mon ressort !
                        Oui il faut réformer l’université, il faut l’ouvrir sur l’extérieur et la responsabiliser plus largement notamment sur l’emploi. La loi LRU a des défauts, c’est vrai, mais elle va dans la bonne direction. Enseignants, chercheurs, amendez-la mais bougez, faites autre chose que du blocage et du refus comme vous le faites depuis des années !!!

                        Kasko  


                        • knilhcs 9 mai 2009 09:27

                          A ceux qui croient que cet article est de la « propagande » je voudrais répondre ceci :


                          1) il a été écrit il y a déjà 4 semaines. Depuis la situation s’est considérablement aggravée.

                          2) en effet, le mouvement des enseignants-chercheurs a pris une tournure bien plus désastreuse que prévue à cause de son incapacité à changer de tactique, à admettre la défaite.

                          3) cette tournure se caractérise d’abord par le fait que la sympathie très relative des débuts est en train de tourner au vinaigre. Le mouvement est en train de devenir impopulaire à cause de son caractère antipopulaire.

                          4) ensuite elle se caractérise depuis qq semaines par le passage d’une tactique de PRESSION à une tactique de DESTRUCTION. L’objectif avoué de certains CNUistes est de rendre la rentrée universitaire prochaine DESASTREUSE VOIRE INSURMONTABLE.

                          5) On est entré dans la phase destructive dans la mesure où certaines facultés VONT FERMER sans rattrapage. Et même s’il y a rattrapage, les étudiants ne reviendront pas : ils ont quitté leur studio, etc, etc.

                          6) Par ailleurs, le choix d’une partie de la direction de la CNU consistant à FAIRE PERDRE UNE ANNÉE à des dizaines de milliers d’étudiants, se traduit déjà par une chute brutale du nombre d’étudiants l’an prochain (entre 25 et 50%). Ce qui, à son tour, VA PROVOQUER UNE CHUTE BRUTALE DES HEURES DES CHARGÉS DE COURS ET DU NOMBRE DE POSTES DE CERTAINES FACULTÉS.

                          7) Cette destruction-perte d’une année d’études vers laquelle s’acheminent les facs bloquées se traduit, pour des dizaines de milliers d’étudiants par une perte financière nette de milliers d’euros par individu. Soit le coût d’études privées sur une, deux ou trois années.

                          8) Cette situation VA SE TRADUIRE PAR DES PLAINTES MASSIVES en justice réclamant des dédommagements à l’Université. Ce sera UNE des conséquences inédites de ce conflit. La justice pourra obliger l’Université à rendre des comptes.

                          9) Ce processus auto-destructeur est dû fondamentalement à la tactique absurde des grévistes enseignants qui ont utilisé les étudiants pour GONFLER le mouvement. Cette illusion devient aujourd’hui un BOULET qui retourne le mouvement CONTRE le peuple.

                          10) La CNU insiste sur la « responsabilité » du gouvernement quant aux conséquences de la crise : cela traduit la dépendance psychologique infantile d’un mouvement qui n’assume pas ses PROPRES CHOIX TACTIQUES. Le gouvernement n’oblige pas les enseignants mobilisés à stopper les cours ou à bloquer les notes. Ces moyens de lutte sont MALSAINS

                          11) La politique de l’autruche de certains Présidents (laisser les bloqueurs bloquer) ne pourra pas durer : ils seront obligés de déloger et de FERMER les facs. Dans cette perspective, une situation critique émerge : les chargés de cours ne seront pas payés.

                          12) Mais par ailleurs, un autre problème apparaît : les enseignants bloqueurs vont essayer de faire croire que leur participation à la mobilisation VAUT COURS ET DONC SALAIRE ET HEURES SUPPLÉMENTAIRES. Dans le même temps, dans certaines facs, ils poussent les étudiants qui bloquent à empêcher les cours des autres enseignants... Le côté malsain est tel que ce sont les enseignants « grévistes » qui diront, à la fin, « C’EST NOUS QUI avons fait cours ».........

                          13) Voilà où en arrive quand on ne sait pas assumer ses choix. Il est malheureux, enfin, de voir que les nombreux professeurs qui sont contre cette autodestruction de l’université, n’ont pas le courage de s’exprimer librement.

                          • Julius Julius 10 mai 2009 10:20

                            Je ne comprends pas une chose : Le blocage est clairement illégal. Il ya un droit pour une greve, mais pas un droit pour un blocage. Pourquoi la police ne réagit pas ? Pourquoi les bloqueurs et destructeurs ne sont pas jugés par la justice ?

                            Une majorité souffrent en raison d’une minorité d’extrémistes. Pourquoi l’Etat ne réagit pas ?

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