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Accueil du site > Actualités > Société > Le paradoxe des faucheurs volontaires

Le paradoxe des faucheurs volontaires

Avec l’avènement des biotechnologies, les fournisseurs de produits et services agricoles ont développé une politique de recherche et de commercialisation de semences qui seraient plus performantes, c’est-à-dire, notamment, plus productives et plus résistantes aux insecticides et aux herbicides.

Les plantes génétiquement modifiées (PGM) par les chercheurs des fournisseurs de produits et services agricoles sont dorénavant protégées par le droit du brevet, de longue date aux États-Unis, notamment depuis le Plant Variety Act de 1970, et en Europe, depuis une directive du 6 juillet 1998, transposée par une loi du 6 août 2004.

L’avantage de tels produits génétiquement modifiés pour les agriculteurs du monde entier et pour les consommateurs reste théorique.

Par contre :

  • Le risque lié au développement des plants génétiquement modifiés existe. Leur innocuité directe ou indirecte - atteinte à l’environnement - sur l’être humain n’est pas certaine.
  • Les produits de type PGM laissent à la charge des agriculteurs et/ou du consommateur :
  1. les royalties de l’agrochimiste au titre des brevets déposés pour les semences OGM
  2. le coût et les royalties de la ligne de produits accessoires (engrais, désherbant, insecticides...) qui sont nécessairement associés à une semence de type OGM

Dès la fin des années 1980, des courants syndicaux et écologistes ont reproché aux groupes agrochimiques :

  • d’assujettir les agriculteurs en développant des semences exclusivement associées à des lignes de produits phytosanitaires (engrais, désherbants, insecticides...) soumis aux redevances de propriété intellectuelle de Monsanto
  • d’infliger à la communauté mondiale le coût environnemental de ses recherches : en l’état des connaissances actuelles, l’innocuité des PGM pour l’homme n’est pas démontrée
  • de porter atteinte à la « biodiversité », à l’intégrité des cultures traditionnelles ou biologiques, en tout cas de susciter un doute sérieux, qui tend à assimiler toute semence aux PGM : l’on ne démontre pas que les essais de culture PGM en plein champ ne se disséminent pas vers les autres cultures, de type traditionnelles ou biologiques. Au contraire, cette dissémination est probable. Ainsi, dès lors que des essais se déroulent en plein champ, le consommateur ne peut être assuré que le produit acheté est exempt d’OGM. Les labels « sans OGM » ou « Bio » perdent ainsi tout crédit pour un consommateur raisonnablement informé.

Le paradoxe des faucheurs volontaires

Des agriculteurs ont pris l’initiative de procéder au fauchage de champs de culture OGM. Le délit de destruction volontaire du bien d’autrui a alors été poursuivi par le ministère public sur la plainte de la société Monsanto.

Certaines juridictions ont condamné les faucheurs volontaires. D’autres ont relaxé les mêmes faucheurs sur le fondement d’un fait justificatif de l’infraction, l’état de nécessité prévu par l’article L.122-7 du Code pénal.

"N’est pas pénalement responsable la personne qui face à un danger actuel ou imminent qui menace elle-même, autrui ou un bien, accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde de la personne ou du bien, sauf s’il y a disproportion entre les moyens employés ou la gravité de la menace."

Par un jugement du 9 décembre 2005 particulièrement motivé, le Tribunal correctionnel d’Orléans, statuant sur une plainte à l’initiative de la société Monsanto, a jugé :

"Les prévenus rapportent la preuve qu’à la date de la commission des différents faits, ils ont commis l’infraction de dégradation volontaire du bien d’autrui, en réunion, pour répondre à l’état de nécessité résultant du danger actuel de diffusion incontrôlée de gènes provenant des organismes génétiquement modifiés, dont la dissémination avait été autorisée, contrairement au droit constitutionnel à un environnement sain et alors même que le droit interne visé au soutien des autorisations accordées n’était conforme ni aux dispositions de la directive 90/220/CEE du Conseil du 23 avril 1990 ni de celles de la directive du 12 mars 2001".

Le tribunal correctionnel souligne :

« Que si le risque d’une transmission génétique directe au profit d’une plante apparentée ne peut être retenu pour le maïs, sans espèce sauvage parente en raison de sa provenance géographique, la preuve de la diffusion par pollinisation au préjudice de maïs non transgéniques ou par échange avec les bactéries ou champignons du sol est établie ; que spécialement, sur ce dernier point, à l’occasion de la table ronde contradictoire sur le thème « Les enjeux environnementaux des OGM » (Rapport Assemblée nationale n° 2254, tome 2, procès-verbal de la séance du 8 février 2005), Monsieur Pierre-Henri Gouyon, membre de la commission de biovigilance, directeur du laboratoire UPS-CNRS d’écologie et professeur à l’Université de Paris-Sud, a rappelé que la preuve d’un transfert horizontal, c’est-à-dire de la récupération d’un transgène présent dans une plante par une bactérie du sol, à partir d’une expérimentation en plein champ, avait été rapportée par le laboratoire de Lyon, il y a deux ans, et publiée [...]

Attendu qu’il importe de rappeler que la construction d’une variété transgénique est, pour partie, le fruit d’un événement aléatoire baptisé « événement » ; que les constructions artificielles génétiques sont, en effet, introduites dans les cellules de l’organisme à modifier grâce à différentes méthodes qui ont pour résultat de les insérer de façon aléatoire dans le génome de cet organisme receveur, ce qui peut entraîner des effets indéterminés et imprévus, pouvant aller jusqu’à des anormalités grossières chez les animaux ou les plantes, et, à un degré moindre, favoriser l’essor de toxines et d’allergènes dans les plantes destinées à l’alimentation ; que ce problème initial se double ensuite de la question de l’instabilité des lignées transgéniques au fil des générations, instabilité qui rend extrêmement difficile l’évaluation raisonnée des risques résultant de l’utilisation des semences transgéniques sur plusieurs générations (...) »

Le Tribunal correctionnel de Versailles, saisi pour des faits identiques, a statué dans le même sens. Les décisions correctionnelles ne sont pas définitives. Les cours d’appel admettront-elles qu’un péril imminent a été évité, qui ne pouvait l’être que par la voie de la destruction volontaire ? Les jugements correctionnels sont plutôt contestés par les commentateurs juridiques.

Toute l’originalité des audacieuses décisions correctionnelles réside dans le facteur politique, à l’origine de l’état de nécessité : le plaignant, victime de la dégradation volontaire, bénéficiait d’une autorisation administrative. C’est donc en vertu d’une décision administrative individuelle, elle-même conforme au règlement et à la loi en vigueur (mais pas à la directive), que la victime de l’infraction a créé l’état de nécessité et les circonstances de l’infraction dont elle a été victime.

Par réflexe, l’on est gêné d’admettre que l’exécution régulière d’une mesure administrative individuelle puisse créer un état de contrainte légitime parce qu’il faut alors admettre, si l’Etat participe à la contrainte justifiant l’infraction, que, s’il ne s’agit pas de résister à une certaine oppression, il faut à tout le moins compenser une rupture du principe d’égalité.

C’est bien ce que constate à juste titre le Tribunal correctionnel : il n’est pas normal que les agriculteurs subissent les cultures OGM dès lors qu’elles affectent leur propre production.

C’est même tellement anormal, que les agriculteurs peuvent commettre, sans engager leur responsabilité pénale, le délit de dégradation volontaire du bien d’autrui.

Abandonnons un instant, pour les agriculteurs et les consommateurs, la stratégie politique de l’état de nécessité, finalement assez proche de celle des martyrs terroristes. Et voyons avec un peu de perspective l’échange engagé par les faucheurs volontaires et solidaires.

Les faucheurs volontaires contestent leur responsabilité pénale : ils ont été contraints, face à un danger actuel ou imminent, de commettre l’infraction de dégradation volontaire, qui est néanmoins réalisée.

Or les faucheurs renoncent à faire valoir la faute des agrochimistes qu’ils stigmatisent. La faute de ceux-ci semble pouvoir être démontrée.

Quelle que soit la solution des procès au pénal, il apparaît que la société agrochimiste en cause, en procédant à des essais en plein champ, au risque de disséminer ses PGM, laisse à la charge de la collectivité des agriculteurs et des consommateurs l’indifférenciation des produits qui en résulte : quoi que l’on pense du bienfait ou du méfait des PGM, il est démontré que le consommateur de produit traditionnel ou de produits Bio ne peut plus être certain de la "pureté" du produit. Les filières traditionnelles et Bio sont donc dévaluées du simple fait des expériences en plein champ des agrochimistes. C’est donc la collectivité qui assume le coût (la dépréciation des filières Bio et traditionnelle) pour le bénéfice d’un seul.

La rupture du principe d’égalité, qui bénéficie à une personne privée, l’agrochimiste, semble caractériser, au plan civil "le fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage".

Les sociétés agrochimistes, en procédant à des essais en plein champ (dissémination volontaire à des fins de recherche et de développement) dans un contexte qui ne garantit pas strictement l’intégrité des cultures traditionnelles ou biologiques, laissent à la charge des agriculteurs et des consommateurs le coût, qu’elle n’assume pas, des mesures de confinement qui auraient été nécessaires pour isoler ses cultures expérimentales.

Les autorisations administratives individuelles conférées aux agrochimistes n’exonèrent en aucun cas ceux-ci de sa responsabilité.

D’abord sur le fondement constitutionnel de la séparation de l’autorité judiciaire du pouvoir exécutif, si le juge judiciaire est habituellement incompétent pour apprécier la légalité d’une mesure individuelle créatrice de droits, il retrouve sa compétence s’agissant d’actes administratifs portant gravement atteinte au droit de propriété ou à la liberté individuelle. (Tribunal des conflits - Barinstein - 30 octobre 1947 Rec 511 - Cas Civ. 15/01/73 Elido World Corporation)

Ensuite, parce que la société agrochimiste demeure en tout état de cause civilement responsable, sur le fondement des fautes commises à l’occasion des essais, fussent-ils valablement autorisés.

Cette économie des agrochimistes, au préjudice de la collectivité des agriculteurs et des consommateurs, s’analyse comme un parasitisme économique.

La négligence des agrochimistes est d’autant plus fautive que la directive 2001/18 du 12 mars 2001 préconise notamment :

  • l’établissement de registres comprenant des informations sur la nature des essais comme des cultures d’OGM en plein champ et leur localisation, et la consultation des citoyens par les Etats membres (articles 9 et 24) ;
  • la surveillance de l’évolution des risques sanitaires et environnementaux postérieurs à l’obtention de l’autorisation d’essai et la possibilité, sur ce fondement, de modifier, suspendre -ou y mettre fin- l’essai ou la culture d’OGM (articles 8 et 20) ;
  • la consultation de comités scientifiques

Certes, les agrochimistes ne sont pas responsables du défaut de transposition de la directive n°2001/18 par le législateur français.

Au demeurant, la directive européenne est d’application directe en droit français. Les semenciers, qui connaissaient les dispositions de cette directive, et qui sont tenus au principe constitutionnel de précaution, ont commis une faute de négligence en procédant sciemment à des essais en plein champ non-conformes à la directive 2001/18.

Avec la simple recherche de l’état de nécessité, les faucheurs volontaires veulent plier une règle juridique à une volonté politique, qui consiste simplement à diaboliser les agrochimistes.

Toute diabolisation est inquiétante, pour un Etat démocratique. Au demeurant, seul le diable et ceux qui s’y opposent sont purs. Et les semenciers en cause sont loin d’être irréprochables, dans une acception très juridique du terme.

Alors, pourquoi cette stratégie strictement de défense frontale (état de nécessité) et non d’attaque (responsabilité civile des agrochimistes) ? C’est le paradoxe des faucheurs volontaires, si l’on raisonne hors média.

Or, l’intérêt des consommateurs et des agriculteurs "anti OGM" gagnerait grandement à renvoyer les menottes de Bové dans la malle aux accessoires du (mauvais) théâtre politique.

Les OGM et l’appropriation privée du vivant sont choses trop graves et publiques pour les laisser entre les mains de nouveaux messies.

Soulignons, parmi les manifestations paranormales qui troublent le débat sur les OGM, que la société Monsanto France SA qui met à exécution une condamnation du Tribunal de grande instance de Montauban d’octobre 2003 à la suite d’une action de fauchage volontaire, et qui prétend saisir les comptes bancaires de la Confédération paysanne, n’existe plus depuis juin 2001, date à laquelle elle a été radiée du RCS.

Cf K-bis au lien ci-inclus

Si l’on peut m’expliquer ...


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62 réactions à cet article    


  • (---.---.54.249) 19 avril 2006 12:22

    Article intéressant. Comment expliquez-vous que l’Union Européenne ait accordé le droit à des entreprises comme Monsanto de diffuser ses OGM et PGM sur le territoire européen alors qu’ils continuent à être considérés comme dangereux ? Ce que je veux dire c’est que l’UE avant d’autoriser ces produits a effectué des tests sérieux, scientifiques, pour attester de la non dangerosité de ces produits. Pourquoi l’UE se serait-elle échinée à tester des produits par des experts indépendants puis à les déclarer comme non dangereux pour l’homme, alors que la science tend à démontrer le contraire ? Sinon, si je peux me permettre, « Par contre » est une ineptie linguistique... « En revanche » est tellement plus agréable à entendre et à lire...


    • Annabel (---.---.54.249) 19 avril 2006 12:25

      Connaissez-vous une solution juridique à ce paradoxe ?


    • Antoine Gitton (---.---.0.166) 19 avril 2006 13:32

      Mon point, dans cet article, n’est vraiment pas d’entrer dans le fond du débat sur la dangerosité des OGM et PGM. J’ai tendance à penser, pour ce que j’en ai lu, que leur innocuité n’est pas certaine. Surtout, je constate que les juridictions correctionnelles sont suffisamment convaincues pour juger que : "la construction d’une variété transgénique est, pour partie, le fruit d’un événement aléatoire baptisé « événement » ; que les constructions artificielles génétiques sont, en effet, introduites dans les cellules de l’organisme à modifier grâce à différentes méthodes qui ont pour résultat de les insérer de façon aléatoire dans le génome de cet organisme receveur, ce qui peut entraîner des effets indéterminés et imprévus, pouvant aller jusqu’à des anormalités grossières chez les animaux ou les plantes, et, à un degré moindre, favoriser l’essor de toxines et d’allergènes dans les plantes destinées à l’alimentation ; que ce problème initial se double ensuite de la question de l’instabilité des lignées transgéniques au fil des générations, instabilité qui rend extrêmement difficile l’évaluation raisonnée des risques résultant de l’utilisation des semences transgéniques sur plusieurs générations (...) »

      Constatons alors simplement que les inquiétudes de certains consommateurs sont légitimes en tant que telles. Elles ne seront pas forcément avérées, mais l’on a « le droit » d’être inquiet et de vouloir consommer autre chose.

      Or, l’OGM a une tendance totalisatrice, puisqu’il féconde les autres plants et finalement compromet la liberté de choix du consommateur. C’est essentiel.

      Mon analyse, rédigée certes en mauvais français, vise à démontrer qu’une faute, objective, des semenciers pourrait être démontrée. Cette faute ne porte pas sur la toxicité des OGM mais sur leur tendance à proliférer au dela de leur champ de culture ou d’expérimentation et à priver les agriculteurs et les consommateurs de leur faculté de choix.

      Cette ananlyse critique, regrette qu’une certaine stratégie syndicale se cantonne dans la résistance et la martyrologie, sans au fond se donner les moyens de faire sanctionner l’éventuel parasitisme des OGM /PGM.

      Quant au « par contre » , vous aurez noté que l’article est structuré en son début comme un argumentaire juridique. Je le déplore, mais je suis contaminé par « Le pour » et « Le contre ». Mauvais esprit dialectique et mauvaise tête, si c’était à refaire, je ne changerai rien. Revanche ne m’a jamaisété sympathique.

      Merci en tout cas pour votre lecture et vos commentaires.

      AG


    • Elias (---.---.231.101) 19 avril 2006 13:44

      Bonjour Maître,

      Peut-on imaginer que l’introduction de la charte de l’environnement dans le préambule de la Constitution de 1958 ait eu une influence sur la décision des juges, notamment l’adoption du fameux « principe de précaution » qui a été tant discuté ?

      Merci,

      Elias


    • jcm - Freemen (---.---.0.12) 19 avril 2006 14:43

      « Ce que je veux dire c’est que l’UE avant d’autoriser ces produits a effectué des tests sérieux, scientifiques, pour attester de la non dangerosité de ces produits.  »

      Quels ont été ces tests qui démontreraient la non dangerosité des PGM ?

      Aucun test ne permet de le faire, ni d’attester quoi que ce soit en fait, sans passer par de longues études épidémiologiques avec si possible la comparaison de populations ayant des modes de consommation différents.

      D’un côté nous avons les considérations du tribunal :

      « Attendu qu’il importe de rappeler que la construction d’une variété transgénique est, pour partie, le fruit d’un événement aléatoire baptisé « événement » ; que les constructions artificielles génétiques sont, en effet, introduites dans les cellules de l’organisme à modifier grâce à différentes méthodes qui ont pour résultat de les insérer de façon aléatoire dans le génome de cet organisme receveur, ce qui peut entraîner des effets indéterminés et imprévus, pouvant aller jusqu’à des anormalités grossières chez les animaux ou les plantes, et, à un degré moindre, favoriser l’essor de toxines et d’allergènes dans les plantes destinées à l’alimentation ;  »

      qu’il importe de considérer sérieusement, nous verrons pourquoi plus loin, et ce qui est « la bible » des intervenants PGM US et peut-être européens :

      « La surveillance des risques sanitaires à long terme des nourritures génétiquement modifiées n’est généralement ni nécessaire ni faisable. Il n’y a pas d’évidence scientifique , ni même d’hypothèses, suggérant que des effets à long terme, tel que des fréquences plus élevées de cancer, puissent se manifester avec ces nourritures. ».

      Vous touverez le paragraphe intégral en français et le lien vers le document original sur Les catastrophes, ça se mange ?.

      On retient donc ici l’hypothèse que les aspects aléatoires de l’obtention de PGM pourraient avoir des conséquences non souhaitées, ailleurs on l’ignore volontairement.

      En outre les résultats de tests sanitaires et de toxicité des PGM devraient rester confidentiels, selon le gouvernement français qui a pratiqué récemment différentes pressions pour qu’il en soit ainsi (OGM et citoyens) : je crains donc que toute la transparence que l’on pourrait souhaiter sur ces PGM puisse tarder à se manifester dans toute son étendue... « tests sérieux » de l’UE ou pas !

      Mais les méthodes de sélection traditionnelles des plantes peuvent également produire des effets toxiques qui ne se manifesteront pas dans l’ensemble de la population tout en se montrant très dangereux pour une fraction des consommateurs, et l’exemple nous en est donné par l’intolérance au gluten.

      Elle produit une dégradation grave des parois intestinale et affecterait environ 5% de la population occidentale (plus de détails sur OGM, science et « cash-science »).

      L’affection est connue depuis environ un siècle et semble très difficile à détecter, au moins chez certaines personnes, peut-être en raison de symptomes difficiles à identifier a priori et d’une relative méconnaissance de la part d’un certain nombre de médecins.

      Qu’en serait-il d’une affection nouvelle, donc inconnue, provoquée par une espèce PGM et dont les symptômes seraient proches de ceux d’autres maladies pouvant être traités sans que soient effectuées les investigations nécessaires à la mise en évidence de la nouvelle affection ?

      Combien de temps s’écoulerait avant que la découverte, l’explication et la mise au point de l’éventuel traitement de la nouvelle affection interviennent (l’intolérance au gluten ne se traite pas) ?

      Quel poids indu aurait alors pesé sur les personnes atteintes comme sur la facture de santé ?

      Ce poids serait-il répercuté un jour sur la compagnie responsable de cet état de fait, est-elle assurée correctement pour y faire face, serait-elle accusée... ?

      Des incertitudes de ce types sont-elles acceptables dans l’unique but que des compagnies puissent effectuer un retour rapide sur investissement ?


    • jcm - Freemen (---.---.0.12) 19 avril 2006 14:48

      « ....Or les derniers fauchages ont consiste a arracher des transgenes therapeutiques qui n’auraient jamais atteri dans notre assiette.... »

      Transgènes thérapeutiques qui sont par ailleurs produits en réacteurs fermés sous d’autres modes de transgénèse, il ne faudrait pas l’oublier !!!

      La solution de les produire en milieu ouvert n’est donc en rien indispensable !!!


    • Antoine Gitton (---.---.0.166) 19 avril 2006 15:19

      Il est certain que l’inscription du principe de précaution, aux termes de l’article 5 de la loi constitutionnelle du 1er mars 2005, a permis aux juges de qualifier la « menace » prévue par l’article L.122-7 du Code pénal et, balançant entre deux maux, d’arbitrer, dans le doute, au sein de l’ordre public, en faveur « d’un environnement équilibré et respectueux de la santé » (article 1er de la loi constitutionnelle du 1er mars 2005)


    • Antoine Gitton (---.---.0.166) 19 avril 2006 15:28

      Connaissez-vous une solution juridique à ce paradoxe ?

      Je peux imaginer des raisons politiques à ce paradoxe et je conçois certes d’éventuelles solutions juridiques, tout simplement fondée sur la responsabilité civile de droit commun et le parasitisme. Mais en la matière, le droit, ce n’est pas que du droit.

      AG


    • Elias (---.---.231.101) 19 avril 2006 13:42

      Bonjour Maître,

      Juste une petite question d’étudiant en droit de Nanterre : si un champs de plantes non génétiquement modifié est contaminé par des OGM, le paysan propriétaire de ce champs doit-il verser une redevance aux propriétaire du brevet (ou du certificat d’obtention végétale) ?

      Merci de votre éclaircissement,

      Cordialement

      Elias


      • Antoine Gitton (---.---.0.166) 19 avril 2006 16:50

        « Juste une petite question d’étudiant en droit de Nanterre : si un champs de plantes non génétiquement modifié est contaminé par des OGM, le paysan propriétaire de ce champs doit-il verser une redevance aux propriétaire du brevet (ou du certificat d’obtention végétale) ? »

        Voici une belle illustration théorique du principe « Nemo auditur propriam turpidutinem allegans » Personne ne peut se prévaloir de sa propre turpitude. Cette règle de droit, souvent interprétée mal à propos, signifie qu’une faute ne peut en aucun cas fonder un droit (Cf action en paiement sur le fondement de dettes de jeu) Donc, non, pas de redevances directes à la charge du pauvre laboureur pour l’exploitation des plants contaminés. Plus insidieux, le risque pour le même laboureur de ne pouvoir réensemencer avec des plants traditionnels, non assujettis à redevances. C’est cette liberté de choix qui m’intéresse, qui me semble éventuellement menacée, et que je veux défendre scrupuleusement. Quand j’écrivais plus haut « totalisatrice » je voulais dire « totalitaire ». Je corrige avant de prendre un nouveau coup de règle sur le clavier. Pour le risque insidieux, je passe le relai à nos amis scientifiques compétents.

        AG


      • Elias (---.---.231.101) 19 avril 2006 17:07

        Vous voulez donc dire que si mes champs (en supposant que je sois paysan, ce qui n’est pas le cas) sont contaminés par pollinisation, je ne pourrais plus bénéficier de mon droit de réutilisation de mes propres semences sans risquer d’être la cible d’une action en contrefaçon ?

        Je comprends dès lors pourquoi les agriculteurs sont particulièrement agressifs sur la question. Si l’on considère que les OGM produits actuellement permettent de vendre d’autres produits (herbicides, pesticides, futures graines) et de rendre dépendants les agriculteurs, je conçois que ces derniers s’opposent à ce que des plans soit cultivés près de leurs parcelles s’il y a un risque. Je n’aime pas beaucoup ni José Bové, ni Noël Mamère, mais il me semble que les actions qu’ils entreprennent ne sont pas de simples coups de pub, dans ces cas précis.

        Je crois que la Commission a argumenté en faveur le concept de « coexistence » possible entre OGM et non-OGM. Qu’en est-il ?

        Je reste persuadé que les OGM ne sont pas mauvais en soi (une fois que l’on s’est assuré de l’absence de danger pour la santé). Mais ceux qui sont développés apparaissent comme des instruments de domination économique, pas comme un progrès. C’est le cas également de nombreux médicaments. Le droit des propriétés incorporelles semble avoir atteint ses limites : a-t-on de nouvelles pistes dans ces domaines, afin de parer à ce totalitarisme annoncé (je reprends maladroitement vos termes) ?

        Vous remerciant de vos éclairages,

        Elias


      • (---.---.172.27) 19 avril 2006 14:34

        Article interessant sur la forme et le fond, mais il y a quand meme quelques petites choses a rectifier sur la teneur scientifique. En premier lieu, un OGM de type plante resistante a un herbicide specifique ne proliferera pas plus qu’une autre dans un champs ou cet herbicide n’est pas employe. Au vu du cout genetique de cet OGM, elle risque meme d’y etre rapidement elimine au cours des generations. Ensuite, la technique permettant d’obtenir des OGM vient de l’utilisation d’une bacterie (Agrobacterium) et de genes existants DEJA dans la nature. Agrobacterium est responsable dans la nature de ce que l’on appelle les « galles du collet », especes de boules de bois desorganises que l’on voit souvent sur les peupliers. Le gene introduit vient quand a lui d’une autre espece de plante ou d’une bacterie, voire d’un animal (resistance aux metaux lourds). On mange du lapin depuis des siecles mais les grandes oreilles ne nous ont pas poussee. L’argument du transfert horizontal risque ne tient pas dans ces conditions. De plus, une dissemination est limite a 99,9% par simplement 100m sans champs identique. Donc il est plus risque d’arracher et d’emmener les plants pollenisants dans la voiture (ouverte, car le plant de mais est grand) du milieu de la campagne vers la maison du prefet a 15 km de la...

        Le vrai probleme est non pas biologique, mais economique. Quel est l’interet d’un OGM agronomique de type Monsanto dans nos regions ? Aucun, au vu de la surproduction actuelle. Par contre, un OGM de type therapeutique (alicaments) ou depolluants (captage des metaux lourds du sol) est tout a fait envisageable d’un point de vue ethique, de meme que des varietes resistantes a la pyrale ou a la secheresse pour certaines regions du globe (a conditions de ne pas surtaxer le produit). Or les derniers fauchages ont consiste a arracher des transgenes therapeutiques qui n’auraient jamais atteri dans notre assiette. Mais comme ca fait de la pub, Beauvais en profite (je suis peut etre mechant mais je ne supporte pas les faux gentils avides de publicite personnelle)


        • (---.---.74.32) 19 avril 2006 15:39

          bonjour, évidemment nous ne nous hybridons pas avec le cochon que nous mangeons mais comment peut-on affirmer que les OGM n’ont pas de conséquences sur l’environnement alors que justement tous les paramètres ne sont pas pris connus ?

          scientifiquement parlant cela me semble peu rigoureux

          un gène de résistance à un herbicide ne provoque d’avantage que si l’herbicide est utilisé mais connaissez-vous l’histoire du plasmodium falciparum, un désavantage peut très bien se révéler très avantageux dans d’autres contextes écologiques, le Prof. Kaatz a montré qu’il y avait transfert transversal de gènes d’une plante à une bactérie dans une abeille, ceci montre bien qu’il n’y a pas d’inocuité des OGM (qui par construction utilisent un gène de résistance à un antibio.)


        • (---.---.205.4) 19 avril 2006 16:14

          Merci je connais l’hematie faucille et la maladie du sommeil ^^. Je suis un peu dans le domaine

          Les donnees de transfert horizontal du Pr Kaatz n’ont a priori pas ete publiees a ce jour, et je ne me fie pas a des « personnal communications » surtout sur un terrain aussi mediatique que les OGMs. Aucune analyse serieuse de dangerosite n’a ete a ce jour publiee dans les magazines scientifiques. Il y a bien eu le papier de Nature sur le mais mexicain, mais la retractation est passee inapercue dans Gene le mois apres : leurs instruments etaient contamines, donc tous leurs tests etaient forcement positifs... Des donnees existent par contre sur le taux de dissemination et le transfert horizontal de sequences naturelles. La distance est la meilleure barriere. De plus je rappelle que le paradoxe premier des faucheurs est de refuser le Terminator de Monsanto en pretextant entre autre un risque de dissemination... Terminator ne fait pas de pollen, c’est la son utilite pour Monsanto : pour garantir son rendement, l’agriculteur doit racheter les semences. Et qui dit pas de pollens dit dissemination pollinique nulle...

          Quand au transfert horizontal, prenons un mais standard, disons 5000 Mb (taille du genome humain), avec environ 20% de sequences geniques dedans. Ce gene OGM est un des genes parmi 50 000, et est sous controle d’un promoteur de plante de type mais (et qui ne fonctionne pas dans la laitue par exemple, alors encore moins dans la bacterie). De plus, pour mieux fonctionner ce gene possede un intron (ben oui c’est le B A BA de la transgenese ca). Donc, la bacterie pour devenir resistante a l’antiobiotique en passant par la plante doit : (1)etre capable de tomber sur la bonne larve (donnees non publiees de Kaantz) qui a pu capter un gene sur 50 000 au milieu de 80% de non-genique (soit 0,005 Mb sur 5000, ie 0,000005%), (2) eliminer l’intron CORRECTEMENT car elle ne sait pas les utiliser, (3) coller la sequence non modifiee sous un de ses promoteurs et avant un terminateur bacterien sans endommager son propre ADN... En gros, a la louche disons une chance contre plus de 500 milliards (et encore je pense etre reducteur). Alors qu’il est tellement plus simple de recuperer le gene sur une autre bacterie qui elle le possede. Et oui car 99% des genes de resistance aux antibiotiques utilises dans les OGM (voire 100% je dois verifier) viennent des bacteries existantes a l’etat naturel, les vilaines. (bon je schematise un peu, l’action de capter un gene n’est en aucun cas volontaire).

          Alors ne tapez pas sur la technologie ou les etudes sur les OGMs. Ce qui est dommageable dans ce dossier c’est comme dans pas mal de domaines, la brevetabilite du vivant et la main-mise des grands semenciers sur les marches agronomiques mondiaux, point.


        • (---.---.74.32) 19 avril 2006 16:38

          très bien si vous êtes dans le domaine, alors pourquoi dites vous « Au vu du cout genetique de cet OGM, elle risque meme d’y etre rapidement elimine au cours des generations. »

          je vais prendre un exemple simple : pourquoi les noirs américains possèdent toujours ce(s) gène(s) agissant sur la quantité de mélanine alors que cela ne provoque pas d’avantage évolutif (sachant qu’à la louche une trentaine de générations ont dues se succéder)

          pour ce qui est des références scientifiques, je pense que le Professeur Gouyon n’est pas un illuminé non scientifique

          cordialement


        • Aldoo (---.---.43.7) 19 avril 2006 18:27

          Ah, enfin des éléments scientifiques !

          Il me semblait bien que la plupart des arguments anti-OGM invoqués reposaient plutôt sur des bases irrationnelles voire paranoïaques.

          Corrigez-moi si je me trompe, mais tout au long de l’histoire de la vie se créent régulièrement et naturellement des individus mutants qui, qu’ils soient viables ou non, ne provoquent quasiment jamais de catastrophes écologiques. Quel est la différence entre un ONGM (organisme naturellement génétiquement modifié, un mutant) et un OAGM (organisme artificiellement génétiquement modifié), si ce n’est que l’on a choisi le caractère que l’on voulait changer dans le phénotype ?

          Non vraiment, les problèmes sont principalement d’ordre économique et éthique, quelques fois écologiques (brevets, propriétarisation du vivant, monopoles, création de « monstres », vol et destruction de patrimoine traditionnel... ).

          Si vous voulez lutter contre les OGM, luttez plutôt contre la brevetabilité du vivant !


        • Francois Sabot (---.---.205.4) 20 avril 2006 08:28

          Effectivement le vrai probleme a mon sens est la brevetabilite du vivant, qui va a l’encontre du principe de creation brevetee : on ne cree pas dans ce cas, mais l’on decouvre. Malheureusement la loi actuelle sur les biotechs permet a n’importe quel biologiste de la contourner sans soucis...

          Pour la question sur la melanine, le probleme chez les humains est plus vaste. D’un simple point de vue biologique, deja, la generation est de +- 20 ans, soit 20 a 40 fois plus lent que le mais (de une a deux generations par an suivant la variete). Ensuite, chez les hommes la reproduction est plus liee a la condition sociale et aux groupes d’ethnies (et surtout aux USA...) qu’a une generation aleatoire. Enfin, la melanine n’induit pas forcement de cout genetique superieure. Elle est aussi necessaire a la croissance, alors que l’OGM commercial de type resistant au Round-Up n’apporte aucun autre avantage, et en general la plante elle meme est souvent peu productive. En effet, les varietes transformables genetiquement sont rarement les plus productives. Il faut donc faire un hybride de ces plantes pour avoir une plante un tant soit peu interessant au point de vue agronomique. Et si on est deja en etat d’hybride au milieu d’autres plantes, la dilution se fait d’autant plus vite. Et comme il est bien connu en agronomie, pour obtenir une production de bonne tenue, et ce meme en « bio », on ne met pas des lignees pures en champs, mais des hybrides, plus vigoureux, plus productifs. L’utilisation des graines produites l’annee n pour ensemencer en n+1 produira moins et sera moins interessante que de racheter un stock entier de semences. ATTENTION, l’appelation BIO ne recouvre que ce qui est cultive de manire « naturelle », ie avec le moins d’engrais et de produits ajoutes : « Le Label n’est accordé qu’aux aliments contenant plus de 95 % de matières premières biologiques. » ceci ne presuppose pas forcement que l’agriculteur a produit lui-meme ses graines ! En theorie on peut même cultiver un mais OGM resistant a la pyrale (insecte nuisible) de maniere « bio »...

          Pour repondre encore a la question sur les ONGM, nous sommes tous des « mutants » au sens strict du terme, ie nous avons des mutations supplementaires dans nos genomes par rapport a nos parents et ancetres. Certaines mutations sont plus importantes que d’autres (thalassemie, etc...). Dans le cas des transferts horizontaux naturels deja connus, ils sont en grande partie du aux elements transposables, elements genomiques endogenes capables de s’auto-repliquer dans le genome (60% minimum du genome humain en est truffe, et de nombreux genes en decoulent plus ou moins directement). On trouve ce meme type d’elements (tres proches) dans le lapin (et oui j’y reviens). Une analyse recente a montree que l’ADN du lapin est present dans notre sang dans les 2 h qui suivent l’ingestion, mais nous n’avons pas encore de genes de lapin ^^. Pour qu’un transfert horizontal « marche », donc soit transmis dans la descendance efficacement et globalement, il faut que ce transfert se retrouve dans la lignee germinale (tres protegee chez les animaux) et que le gene transfere apporte un avantage important par rapport aux individus n’ayant pas ce gene transfere (maturation plus rapide, attrait sexuel plus important, gametes plus resistantes a la secheresse,...) Voila j’espere avoir repondu a vos questions. Je le rappelle, je ne suis pas pour les OGM commerciaux genre Terminator, mais si certains OGM pouvaient eviter l’utilisation massive de pesticides (l’agriculture est la premiere cause mondiale de pollution des sols et des nappes phreatiques...) ou de fabriquer des medicaments plus facilement, je suis pour.

          Francois Sabot (cette fois je signe)


        • manuel (---.---.248.28) 19 avril 2006 15:20

          Je pense que les paysans qui utilisent ces OGM, n’on pas conscience que leur terre vaut de l’or. Aujourd hui on se bas pour du petrol, mais demain on se battras pour des aliments ORIGINAUX, fait par la nature.

          Dans les annees 60 on croyais quand l’an 2000, on absorberais des pillues pour manger, c’est complaitement a cote de la plaque.

          La bonne bouffe avec des vrais aliments est un plaisir humain, et le resteras !!!

          Monsieurs les paysans prener consience de la valeur de votre terre !!!!


          • gem (---.---.117.249) 19 avril 2006 17:37

            Cette façon d’aborder la question est interessante.

            Dites moi si je me trompe, mais ce que je comprends c’est qu’au fond, de deux choses l’une : * ou bien les sociétés semencières, les planteurs d’OGM et l’état (en autorisant la plantation) ont commis une faute parce qu’il provoquent un préjudice par le seul fait de la plantation d’OGM. Alors on peut et il faut les attaquer en justice pour obtenir la destruction des plantes (en référé c’est jouable) * ou bien il n’y a pas de faute, et l’état de nécessité n’existe pas. Dans les deux cas, le fauchage volontaire est un mode de publicité, mais c’est un mode d’action qui n’est ni légitime, ni efficace. Vous avez probablement raison, et c’est pour ça que je ne donne pas cher des jugements de première instance favorables aux faucheurs.

            Sauf que... Sauf que je pense qu’au fond d’eux-même, les faucheurs croient qu’une action en responsabilité contre les planteurs d’OGM est vouée à l’échec. Malgré ce que vous argumentez.

            Il faut quand même rappeler que la dissémination n’est pas spécifique aux OGM. Par exemple, si vous plantez du seigle, il y aura du seigle dans le champs du voisin. Et tant pis pour lui, même s’il fait partie d’une « secte étrange » qui s’interdit la présence de seigle dans sa récolte. Le « scandale » qui consiste donc à laisser à autrui la charge de la pureté, ce que vous appelez « parasitisme », est en fait la norme admise, par la loi et la jurisprudence ! Il faut vraiment « pourrir » le champs du voisin de mauvaise herbes et autres nuisibles pour mériter une condammnation (le cas est prévu par la loi, et il est rare). Il faudrait que les OGM soient considérés comme des mauvaises herbes ET que la proportion d’OGM dans les autres champs atteignent des proportions « trop grande »... C’est pas gagné, d’autant moins que les semenciers OGM ne tiennent pas, eux-même, à voire leurs précieuses semences devenir « naturelles » (ce n’est pas pour rien s’il ont imaginer la technique « terminator », qui interdit à l’OGM de germer sans intervention humaine volontaire)

            A partir de là, il ne reste plus qu’à s’écraser (accepter les OGM chez les autres, et donc des traces chez soi) ou s’engager dans l’action terroriste. La seconde option n’est pas très morale, mais elle est logique, de la part d’extremistes.

            La bonne solution, à mon avis, est plus simple : lorsque deux cultures sont incompatibles, il est juridiquement possible de mettre en place des zones spécifique à l’une et à l’autre, dans la mesure où cela ne lèse pas une des parties. Par exemple, il est interdit de produire des carottes « trop près » dans champs de graines de carotte. Ce genre d’option serait raisonnable, même si ça suppose l’interdiction de jure tantôt des OGM et tantôt des cultures bio (espèce par espèce). Les autorités le font volontiers si il y a un consensus entre agriculteurs, mais répugnent à agir en cas de conflit.


            • Antoine Gitton (---.---.0.166) 19 avril 2006 19:13

              Je ne préconiserai pas une action contre l’Etat sur ce fondement. L’Etat donne des autorisations d’essais en plein champs. Ensuite, il incombe au semencier d’isoler ses cultures. Je ne préconiserai pas plus une action en référé. Par contre, votre analogie avec le seigle n’est pas pleinement pertinente, et je pense qu’une action en responsabilité au fond est concevable, à certaines conditions. Rappelons qu’il s’agit d’expériences menées par une société commerciale, logiquement dans le but de développer et non de vendre, dans un premier temps, ses produits. Grand bien lui fasse, pour autant que le coût de ce développement ne soit pas assumé au préjudice d’autres personnes.

              Or nous constatons que les filières BIO, traditionnelle ou labellisée se trouvent dévaluées et discréditées par le simple fait de ces expériences, parce que l’on ne peut plus garantir au consommateur traditionnel, labellisé ou bio que, finalement, son produit est bien tel (bio, labellisé ou traditionnel).

              Ainsi celui-ci est-il dissuadé de consommer les produits non OGM, parce qu’en fin de compte, tout tendrait à s’équivaloir.

              Mécaniquement, la collectivité des agriculteurs assume avec la collectivité des consommateurs une partie du coût des expériences OGM des semenciers, quoi que l’on pense au fond du mérite ou de la nuisance des OGM.

              Sauf au semencier à démontrer que ses expériences sont étanches. Ce qui ne semble pas le cas.

              Ou sauf à décider politiquement que les semenciers développent une recherche d’intérêt général. Ce n’est pas le cas et cela supposerait que l’ensemble de la collectivité bénéficie de ces recherches. Or, elles s’inscrivent dans le cadre du développement d’un marché de libre entreprise, qui assujetti l’agriculteur, et le consommateur au final, à des redevances de propriété intellectuelle. Et c’est bien là où se situe le parasitisme : la collectivité assume le coût du développement de produits qui vont lui couter plus cher ... Nouvelle dérive de la propriété intellectuelle dont la théorie s’ancrait dans l’intérêt public alors qu’elles sert aujourd’hui à assujettir le consommateur. Assujettir le consommateur est sans doute un pléonasme. Je dis ça pour éviter un nouveau coup de règle sur le clavier. Peut-être le public ou l’intérêt général s’effacent-ils tojours un peu plus plus pour faire une place toujours plus grande aux « consommateurs » et aux règles du marché.

              AG


            • brigetoun (---.---.69.126) 19 avril 2006 19:19

              le débat pro-anti OGM mis à part, pensez vous que l’angle de défense soit une erreur ou une décision de se positioner en victime. Ce que je trouve de plus intrigant dans votre article c’est tout de même la fin. Comment techniquement une société qui n’existe pas a-t-elle pu obtenir cette saisie sur les comptes


              • Antoine Gitton (---.---.0.166) 19 avril 2006 19:43

                Je pense que l’angle de défense est politique plus que juridique. Les deux ne sont incompatibles, voyez par exemple la défense de Dreyfus ; ou la défense du FLN en 62. Vergès avait alors théorisé les défense de rupture et de connivence avec les tribunaux. Mais l’on admettra que le vent de l’histoire soufflait autrement. Cette autre défense de rupture, alors que l’Etat laisse la place à d’autres angles d’attaque, et non de défense, ne peut pas s’expliquer par la seule oposition aux OGM.

                Quant à l’existence de Monsanto France SA et aux saisies, il n’est pas certain que celles-ci perdurent. Ce qui n’explique pas pour autant la raison pour laquelle l’on a agi et défendu sur l’apparence d’une société. Je ne doute pas que des journalistes posent un jour la question aux intéressés. Je les lirai avec attention.

                Bien à vous

                AG


              • Marsupilami (---.---.180.118) 19 avril 2006 22:31

                Ouaf !

                Il faut impitoyablement faucher les mauvaises plantes genre D.W., très toxiques.

                Houba houba !


              • claro (---.---.198.243) 20 avril 2006 00:54

                @Demian West

                Cher Monsieur, ne voudriez pas attendre avant de faire vos commentaires en moins de deux minutes sur chaque article ?

                Il devient tres lourd de vous lire, à la longue, et votre présence démesurée ainsi que celle de quelques autres, avec « private jokes » à l’appui, dénature complètement ce journal citoyen en une sorte de blog pour amis intimes passant leur journée sur le net.

                Par pitié pour tous les lecteurs, merci de vous faire plus discret et peut-être, de retirer votre photo qu’on voit partout. Vous comprendrez qui l’en va de l’intérêt général de ce journal, car en remplaçant le discours unique des média de masse par le votre et celui de vos amis ou ennemis, on finit par ne pas gagner grand chose, et je reste poli.

                Merci d’avance et bonne continuation.


              • alberto (---.---.73.145) 19 avril 2006 22:19

                Formidable débat ! Tous mes remerciements à l’auteur. Aux juristes répondent les scientifiques, tout ceci est bien interessant, mais il m’arrive parfois, n’étant ni l’un, ni l’autre, d’être un peu largué...

                Mais , il n’y a pas qu’en France où ce débat existe : qu’en disent nos voisins ? Les compagnies d’assurances en Allemagne, par exemple, ont pris position sur ces questions. C’est pas un critère rigoureux mais leurs arguments sont peut-être recevables ?

                Par ailleurs n’y aurait-il pas eu au travers de la planète quelques « incidents » de contamination au Mexique notament, voir aux USA mème (une histoire d’herbe de golf...) ainsi qu’au Canada... Il y a sans doutes des avantages à suivre les suites de ces affaires pour nous donner un éclairage plus précis sur les options à prendre concernant ces cultures OGM : ça va bientot faire vingt ans que des gens en cultivent, on commence donc a avoir un peu de recul !

                Alors je me demande donc si ce débat, n’aurait pas interêt a être alimenté par les infos venues d’ailleurs ?

                Qu’en pensez-vous ?

                Bien modestement, mais bien cordialement.


                • Antoine Gitton (---.---.79.246) 20 avril 2006 10:11

                  Merci pour votre enthousiasme. Dans ce débat extraordinairement complexe, parce qu’il mêle sciences du vivant, droit de la propriété intellectuelle, politiques publiques, stratégies politiciennes, tout le monde risque à un moment ou à un autre d’être « largué », au moins le temps de revenir à bord ... Je partage entièrement votre suggestion de méthodologie par comparaison. Si la réglementation est nationale et européenne, les enjeux sont universels. Les OGM posent deux questions connexes : celle de la contamination et de la liberté de choix pour le consommateur (coexistence) et celle de la brevetabilité du vivant. La question de la contamination, indépendamment de la démonstration de la toxicité, doit être considérée sous cet angle : l’acheteur d’un produit OGM paye des redevances de propriété intellectuelle. C’est un fait. Aujourd’hui, Jean Valjean serait condamné pour contrefaçon. (J’envisage d’écrire une suite des « Misérables » ...)

                  Toute chose égale par ailleurs, le débat OGM / non OGM c’est aussi la confrontation Microsoft / Linux.

                  Le reste des réponses à vos excellentes questions fera l’objet d’un article complémentaire (par moi ou d’autres, si le coeur leur en dit)

                  Bien à vous,

                  AG


                • Francois Sabot (---.---.205.4) 20 avril 2006 10:20

                  Je rappelle que « l’accident de contamination du mais mexicain » est une erreur de manipulation du au laboratoire d’analyse. Leur materiel etait contamine, eux-memes fabriquant des OGM utilisant le meme plasmide de transformation. Leur retractation est parue le mois apres dans un autre magasine scientifique, mais ceci est passe inapercu dans le grand public, pas assez vendeur. Et c’est aussi un autre probleme sur le debat OGM : la publicite autour faite par les medias car il est toujours vendeur de faire peur aux gens.


                • Antoine Gitton (---.---.79.246) 20 avril 2006 10:37

                  Certes, et il est manifestement tout aussi « vendeur » de vouloir ne pas faire peur. C’est donc bien une question de concurrence sur un même marché dont il s’agit.

                  Merci pour votre analyse précédente. Je souscris sans réserve à votre conclusion, quoique ma note avait pour objet non pas l’utilité des OGM, mais bien le parasitisme économique que je tente de démontrer, sans passion.

                  Bien à vous

                  AG


                • Francois Sabot (---.---.205.4) 20 avril 2006 10:57

                  Et je suis bien d’accord avec vous que l’aspect negatif ici est le commerce et la brevetabilite du vivant, incluant les problemes dus au choix du OGM/non-OGM si il y a dissemination. Mais souvent lorsqu’il s’agit des OGM le debat revient au fait que « les OGM saymal » comme disait un ami ironisant sur un autre forum. Chaque OGM doit etre pris au cas par cas. Si l’on doit eliminer tous les OGM, nous n’aurions plus d’insuline, d’hormones de croissance ou d’autres medicaments synthetiques. C’est la pratique commerciale ultra-liberale qui est dommageable.

                  Neanmoins, il ne faut aussi pas negliger le fait que dans les pays ayant une culture de type « industrielle », les agriculteurs rachetent leurs semences chaque annee, meme si la culture n’est pas OGM. Et ceci en vertu du principe de vigueur hybride : la plante hybride (ie entre deux varietes de mais, generalement propriete du semencier qui se garde bien de donner les graines) est plus productive que ses « parents » et plus que sa descendance, homogeneisee par l’auto-fecondation. Ce cas de rachat n’est donc pas simplement OGM mais economique.


                • epyon (---.---.40.71) 20 avril 2006 03:44

                  Je cite « L’avantage de tels produits génétiquement modifiés pour les agriculteurs du monde entier et pour les consommateurs reste théorique. »

                  Et voila on tombe dans le n’importe quoi.... Il aurait ete interessant de savoir que certaines modifications genetiques portent par exemple sur la quantité de matière produit et permettent donc d’augmenter les rendements, bien sure une hausse de rendements est une regression agricole... Toutes les modifications genetiques ne vont pas forcement dans le même sens.


                  • celmartiti (---.---.91.44) 20 avril 2006 07:39

                    Damian ,pourriez-vous fournir une traduction à vos propos surréalistes, le plus souvent incompréhensibles,ici comme ailleurs ? Cela aiderait un esprit « commun » comme le mien.Merci


                    • José (---.---.25.142) 20 avril 2006 12:52

                      L’auteur semble méconnaitre ou faire mine de méconnaitre le fonctionnement des juridictions civiles, leur fonctionnement, leur financement, etc.. etc...

                      Sinon, il ne se poserait pas ce genre de questions paranormales...

                      De plus le but des faucheurs est d’imposer un débat public qui aurait tout de même un peu de mal à toucher l’opinion si tout cela se faisait en vase clos ou semi-clos.

                      Bref, encore un article qui pourrait être très intéressant, mais qui tombe à plat, faute d’une connaissance synthétique des tenants et des aboutissants du dossier concerné. Dommage !


                      • Antoine Gitton (---.---.5.107) 20 avril 2006 13:22

                        Cher José,

                        et c’est bien pour corriger mon ignorance crasse que je prends le risque de vos flétrissures.

                        J’ai quand même tendance à penser que mon opinion est quelque peu argumentée avec une stratégie qui, paradoxalement, n’est pas celle des faucheurs.

                        Je vous serais tellement reconnaissant si vous pouviez nous éclairer sur ces tenants et aboutissants, qui me contrediraient et que vous détenez jalousement.

                        Bien à vous

                        AG


                      • José (---.---.25.142) 22 avril 2006 22:25

                        Vous semblez vous étonner assez lourdement sur la stratégie des faucheurs volontaires, qui préféreraient la « médiatisation pénale » à l’action civile.

                        Mais si vous regardiez objectivement le fonctionnement des juridictions et du droit civil, vous comprendriez de facto que le combat davant cette juridiction est perdu d’avance, puisque les juridictions sont contrôlées majoritairement par des grandes entités économiques, qui favoriseront toujours le marché au détriment de la gratuité. Ceci s’est toujours vu par le passé, il serait paranormal que cela ne soit pas le cas en l’espèce, tôt ou tard. regardez d’ailleurs ce qui se passe dans de nombreux autres pays, où les OGM ont été validés sans problème.

                        Les faucheurs volontaires n’ont donc d’autres moyens que de faire appel à l’opinion publique qui n’est pas naturellement favorable au marché contrairement à ce que certains veulent faire croire. Et cet appel des faucheurs volontaires au grand public, sous forme d’actions médiatiques indispensables pour susciter l’intérêt des médias-relais, se fait au détriment de leur sécurité, de leur tranquilité, de leur liberté et de leurs comptes en banque, comme on peut le vérifier à chaque fauchage.

                        Vous faites mine de croire que la justice civile ou pénale pourrait objectivement régler ce problème sans pression aucune, mais vous voyez bien que la justice est instrumentalisée de part et d’autres, puisque par exemple, les juges pénaux utilisent une justice d’exemplarité, parfaitement illégale et illégitime, pour juger les faucheurs, en ne retenant que les personnes « célèbres » et en refusant de juger les centaines d’autres participants pourtant dûment identifiés.

                        De même, les arrêts rendus sont très différents d’une juridiction à l’autre, voire « outreausement » opposés si je devais faire un mauvais jeu-de-mot.

                        Votre article est intéressant sous plusieurs aspects et nous autres lecteurs vous en sommes gré (j’ai d’ailleurs voté oui), mais comme je l’ai écrit plus haut il tombe un peu à plat, et c’est dommage car une approche un peu plus synthétique de la situation aurait permis d’éviter ce genre d’écueils qui font passer les faucheurs volontaires pour des crypto-terroristes mal-informés.

                        Voilà, il faut aussi accepter la critique, dès lors qu’elle se veut constructive, merci d’avance pour votre compréhension.


                      • skypreacher (---.---.166.228) 20 avril 2006 13:54

                        le problème des manipulations génétiques, des ogm et autres restera celui du profit. à ce titre rien ne peut être sur tant qu’il y a des intérets financiers en jeu. vous pouvez sortir toutes les études voulues, elles n’ont pas plus de valeur que celle de l’industrie chimico-médicale. elle sont de la même teneur que celles qui ont permis la mise sur le marché de la tallidomide, du distilbene, du vioxx , du prozac, etc... or on a vu à quel point le mensonge est une chose qui effraie peu ces emtreprises. il restera toujours de bons apotres pour précher une parole dont les propos seront soutenu par des pseudos études et qui entretiendront le débat alors même qu’ils ne se rendront pas compte qu’ils sont eux même manipulés par ceux qui ont soi disant réalisé ces études. relisez « l’impératrice nue » de ruesch si vous voulez vous rappeler combien les mensonges sont puissants, relisez l’article de science et avenir sur le vioxx et les labos... pour ma part je pense que connaitre l’alphabet et savoir lire sont deux choses différentes et là on connait à peine l’alphabet du vivant et on se prétend capable d’y toucher avec sagacité... laissez moi rire ou pleurer car les conséquences seront sans commune mesure avec tout ce que l’on a connu aujourdhui. dans les année 50 on irradiait à tour de bras, pour des migraines, des scléroses ou n’importe quoi avant de se rendre compte du danger. aujourdhui on sait que même la plus « anodine » des radios favorise le cancer.... alors laisez les fous jouer avec les gènes et lorsqu’il sera trop tard dites à vos enfants : désolé, je savais pas... pourtant vous savez...


                        • fraga (---.---.78.148) 20 avril 2006 17:14

                          Monsieur A. Gitton considère l’action des Faucheurs Volontaires sur les OGM du seul point de vue juridique. D’un revers de main, il conteste l’intérêt des OGM pour les paysans et les consommateurs. Les paysans et les firmes de pesticides n’ont pas attendu l’arrivée des OGM pour utiliser des produits toxiques pour la protection des cultures. Si un OGM pouvait aider l’agriculture à diminuer l’utilisation des pesticides, herbicides etc. ce serait déjà un grand pas pour l’humanité. A l’heure actuelle, les résidus de tous les produits toxiques utilisés représentent un danger réel bien connu soit par la culture directement soit par la pollution des nappes phréatiques ou seulement par l’inhalation des vapeurs quand vous faites une ballade dans la campagne à coté d’un verger qui vient d’être traité. En ce qui concerne les coûts, la suppression des produits toxiques contre maladies, insectes, adventices etc.. représenterait un avantage certain pour les paysans (mais pas pour l’industrie chimique). Certaines cultures industrielles (coton..) ont tout à gagner de la mise sur le marché de semences OGM. Le problème des semences n’est paradoxal que pour un ignorant des choses de la terre : ça fait bien longtemps que les paysans renouvellent leurs semences auprès de coopératives spécialisées ou de semenciers industriels. La fabrication de semences OGM n’est que la continuation logique de ce qui se fait depuis presque un siécle. Jusqu’à plus ample informé, l’ADN génétiquement modifiée se digère comme l’ADN ordinaire qui très souvent par exemple pour le maïs a déjà été modifiée par des hybridations et des croisements de lignées. Très peu de plantes alimentaires ressemblent à leur parents naturels suite à des sélections plus ou moins dirigées par l’homme. Et n’imaginons pas que le retour à une culture biologique (?) résoudrait les problèmes car avec une vrai culture biologique : semences non sélectionnées et non protégées, pas d’engrais, pas d’herbicides, pas d’insecticides etc.. la chute de rendement et la baisse de qualité de la récolte seraient telle que l’alimentation de l’humanité ne serait plus assurée. Je doute fort que M. Gitton accepterait de manger des carottes ou des choux-fleurs vérolés par tous les parasites que la nature sait multiplier à plaisir ! Pour revenir aux joyeux Faucheurs Volontaires qu’ils cessent d’affubler toutes leurs actions de citoyenne. En ajoutant ce qualificatif ils s’attribuent une dimension morale et font croire qu’ils détiennent LA vérité. Les camps de ré-éducation ne sont pas loin. Nous nous savons ce qui est bon pour vous, faites nous confiance. Si ça ne rappelle rien à bon nombre d’entre nous c’est à désespérer des citoyens lambda ! Bientôt l’inquisition et le bûcher ! Quand on voit José Bové gonflé de toute sa suffisance, on a envie de planter des OGM pour le voir se congestionner un peu plus et jouer les martyrs. Surtout quand il est suivi de l’ineffable Mamére qui maire élu, représentant de la puissance publique appelle à la désobéissance civile. Allez Maître défendez ces braves Faucheurs Volontaires. PS : Comme de toute façon les OGM s’imposeront dans le monde, les producteurs de semences français auront encore une guerre de retard. Je propose aux Faucheurs Volontaires de créer une secte Amish laïque, de faire fonctionner leurs fermes dans un coin désert et de vivre selon leurs principes (évidemment sans télévision, voitures, soins médicaux modernes etc..) en nous laissant en paix.


                          • Antoine Gitton (---.---.3.146) 20 avril 2006 18:07

                            Monsieur,

                            je pense que vous ne m’avez pas lu, ou si vous m’avez lu, vous ne m’avez pas entendu. Vous étiez sans doute énervé. Je vous souhaite d’aller mieux.

                            Sur le fond, votre proposition, même ironique, de parquer ceux qui vous dérangent pour vous laisser en paix, ne laisse pas de manifester un inquiétant mépris.

                            Votre dévoué,

                            AG


                          • Marip (---.---.1.67) 22 avril 2006 11:41

                            Le problème n’est pas que les OGM éradiqueraient l’utilisation de produits phytosanitaires, pesticides, engrais etc ... puisque ces produits font partie intégrante de la plante génétiquement modiifée. Cela signifie que vous ingèrerez directement ces produits. D’ailleurs ces produits sont fabriqués par les mêmes firmes qui fariquent les OGM.

                            Il est vrai que les agriculteurs se fournissent auprès de grainetiers, mais ces derniers n’ont pas le monopole de la fabrication et de la distribution. Ce qui change considérablement les données. Par ailleurs, dans les pays pauvres, les agriculteurs gardent leurs graines.

                            Si un seul fournisseur de graines règnait sur la planète, on pourrait très bien imaginer le pouvoir qu’il exercerait non seulement sur les agriculteurs, mais aussi sur les différents gouvernements.


                          • Francois Sabot (---.---.119.174) 22 avril 2006 17:09

                            Oui c’est vrai, c’est le fait du monopole qui est dangereux, et ce quelque soit le domaine (telecoms, agricoles...). Par contre on prend autant de produits dangereux dans les produits agricoles normaux, voire plus (cas des infections de pyrales sur les mais sensibles). Et la c’est marrant personne ne dit rien. Mais je vous rappelle que les champs OGM cibles ces derniers temps etaient des OGM a essais therapeutiques, ou comment creer un medicament sans industrie chimique.

                            A ce sujet je crois que quelqu’un ici a dit quelque chose du genre « on ne peut pas croire les etudes de non-dissemination ou d’inocuite des OGM, tous les labos sont payes par l’industrie ce sont tous des vendus !! » Dans le meme ordre d’idees du complot mondial, je suis sur que les faucheurs sont pousses par l’industrie chimique et les semenciers en retard technologiquement qui n’ont pas interet a voir les OGM venir sur le marche !!


                          • skypreacher (---.---.160.36) 20 avril 2006 21:06

                            ce qui est surtout desespérant, ce sont tous ces gens qui sortent des poncifs égoistes et égocentriques pour justifier leur inconscience et leur inconséquence. la responsabilité est une chose qui a disparu avec l’arrivée de la judéo-chrétienté qui permet par un simple tour de passe passe d’absoudre les fautes et les responsabilités. or il convient aujourdhui de les reprendre et à ce titre , prétendre que , je cite, « jusqu’à plus ample informé, l’adn génétiquement modifié se digère de la même manière... » reste la preuve d’une totale irresponsablilité et surtout d’une inculture telle qu’il convient d’avoir peur que cela ne touche et contamine d’autres personnes....

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