Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Le phénomène nouveau de la littérature anti-managériale

Le phénomène nouveau de la littérature anti-managériale

Sous forme d’essai, de bande dessinée, de témoignage ou d’analyse, le discours critique sur le management et la vie d’entreprise met la communication interne à rude épreuve et appelle à une réflexion sur l’efficacité réelle des techniques censées motiver les salariés.

Depuis la parution en 1997 de la version française du célèbre livre de Scott Adams, « Le principe de Dilbert », une littérature d’un nouveau genre dénonce les dérives de la culture managériale et la dégradation croissante des conditions de travail. Si « Bonjour paresse » de Corinne Maier est de loin l’ouvrage le plus connu, il faut aussi mentionner parmi les livres-témoignages qui ont joué un rôle pionnier le discret mais néanmoins remarquable « Je vais craquer mais quand ? » de Franck Ribault, paru en 2002 et « Je hais les patrons » de Gisèle Ginsberg, édité en 2003, dont le titre traduit parfaitement l’extension de la lutte sous la forme d’une résistance larvée mais bien réelle au discours triomphant de l’entreprise. .

Chaque année, le succès de la littérature anti-managériale ne cesse de se confirmer. Le genre s’est étendu aux relations entre collègues avec l’émergence de la figure du « con » (objet à lui seul d’une petite dizaine d’ouvrages) et à la sphère publique avec le livre de Zoé Shepard, « Absolument débordé ! ». Si les productions sont de qualité inégale, certains ouvrages sortent incontestablement du lot. Sélectionnés par le Fil rouge en 2011, « Tu m'envoies un mail. Bienvenue dans le monde de l'entreprise » d'Emmanuelle Friedmann met en évidence l’importance croissante de la dimension affective dans les relations de travail et soulève implicitement le rôle que jouent les femmes dans cette évolution. Sur un autre ton, « Les maux du management » de Michel Feynie analyse la langue de bois qui tue progressivement la communication entre le sommet et la base au sein de l’entreprise.

Toutes ces charges anti-managériales ne se ressemblent pas. Certaines adoptent le ton du pamphlet, d’autres optent pour le mode de l’analyse. Mais toutes s’inscrivent dans la lignée des ouvrages de Scott Adams, Corinne Maier ou Gisèle Ginsberg en décrivant des salariés désabusés et démotivés malgré une adhésion de façade au discours dominant. L’entreprise ? Une jungle où chacun ne doit compter que sur soi. Les managers ? Des hommes de plus en déconnectés des réalités quotidiennes. La compétence ? Une qualité devenue inutile pour exercer des responsabilités. La communication ? Des mots et des techniques usés. Le changement ? Un moyen érigé en fin…

Certains reprocheront à la littérature anti-managériale son analyse parfois sommaire et son absence systématique de proposition. Mais son intérêt est en réalité ailleurs : il est de montrer l’importance du décalage entre la culture du management et la façon dont celle-ci est perçue par la majorité des salariés. Au-delà du simple constat, c’est aussi une invitation à s’interroger sur l’efficacité réelle des techniques les plus courantes de management et de communication interne.

Franck Gintrand


Moyenne des avis sur cet article :  3/5   (4 votes)




Réagissez à l'article

3 réactions à cet article    


  • amipb amipb 29 octobre 2011 07:52

    Bonjour et merci pour cet article.

    En France, le management ne suit aucunement les méthodes recommandées à tous les managers : intégration à l’équipe managée, efforts à donner pour les personnes ayant le plus de difficultés plutôt qu’à celles les plus performantes, motivation d’ensemble, écoute, etc.

    Toutes les méthodes managériales que j’ai rencontrées dans les entreprises françaises se résument ainsi : copinage et politique. Rien n’est réellement fait pour motiver les équipes et faire avancer l’entreprise vers un idéal économique et moral.


    • gaijin gaijin 29 octobre 2011 08:49

      "une invitation à s’interroger sur l’efficacité réelle des techniques les plus courantes de management et de communication interne."
      ben oui
      maintenant que l’on a consciencieusement détruit toute culture de l’efficacité réelle du travail en france il serait temps de commencer a se poser des questions

      a cette fin je vous propose de créer une réunion préparatoire de la réunion préliminaire a la mise en place d’une commission d’étude dont l’objectif sera de trouver les indicateurs nous permettant nous permettant de juger de l’efficacité des méthodes de management
      .......................

      ou alors on enferme les managers dans une pièce et on laisse bosser les gens qui sont la pour ça ......


      • ZEN ZEN 29 octobre 2011 11:31

        Bonjour
        Intéresssant, mais on aurait aimé une suite, un approfondissement
        France Telecom est un cas d’école
        « A la dureté de la crise ne doit pas s’ajouter la dureté du management ; cela doit se manifester dans les comportements au quotidien, dans la qualité de l’écoute, dans le respect des personnes...
        « Le management en tant que théorie constituée est confronté à ses limites, pour ne pas dire à ses errements  »,
        estime Catherine Blondel, directrice scientifique du cycle pour dirigeants de l’institut de l’Ecole normale supérieure.«  Mais, la situation que nous vivons actuellement n’est pas exactement la crise des modèles de management. Elle est plutôt la crise même des fondements de ce qui est légitime dans nos sociétés  »,nuance Rodolphe Durand, professeur à HEC

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès