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Le plan « France Numérique 2012 » pour guérir la fracture numérique de la France ?

Après la fracture sociale, la France s’est à nouveau blessée. On diagnostique une fracture numérique. Pour la guérir, le gouvernement prévoit un plan « France Numérique 2012 ». A l’heure du tout virtuel, un tiers des Français restent dans la salle d’attente, regardant passivement l’agitation du monde électronique qui les entoure en attendant d’avoir prochainement besoin d’une assistance informatique à domicile.

Une fracture numérique assez sévère : la France a besoin d’assistance informatique

Concernant l’accès à internet, ce n’est pas une simple fêlure, mais une réelle fracture numérique ! Une étude, dont les chiffres précis seront connus début novembre révèle qu’un Français sur trois n’a pas accès à internet. Alors que, selon les termes du Figaro, « Nicolas Sarkozy rêve d’une France numérisée », les inégalités subsistent en ce qui concerne l’accès à internet. Un taux très élevé qui place la France parmi les pays touchés par la fracture numérique. Installation et formation au matériel, les sociétés d’assistance informatique à domicile auront du pain sur la planche pour réduire cette fracture numérique.

Et comme l’on peut s’y attendre, le taux de Français n’ayant pas accès à internet n’est pas équitablement réparti dans la population : les cadres (et assimilés) sont beaucoup plus équipés que les non-diplômés. De même, les familles ayant des enfants possèdent généralement un ordinateur, contrairement à celles qui n’en ont pas.

L’assistance informatique dans l’ordonnance du gouvernement pour guérir la fracture numérique ?

Sur les 154 mesures du plan « France Numérique 2012 » présenté par le secrétaire d’Etat au Développement de l’économie numérique, Eric Besson, le 20 octobre, certains concernent spécifiquement les inégalités et le traitement de la fracture numérique. Le gouvernement envisage ainsi de généraliser l’accès à internet haut débit fixe.

Pour réduire la fracture numérique et renforcer la confiance dans l’internet, plusieurs mesures sont prévues : encourager le télétravail, renforcer la lutte contre la cybercriminalité… Le gouvernement souhaite également proposer des « ambassadeurs du numérique » qui auront pour fonction d’aider les personnes âgées ou personnes handicapées entre autres, à installer la télévision numérique terrestre. Une initiative qu’il serait utile, si le gouvernement envisage de réduire significativement la fracture numérique, d’étendre au domaine de l’internet avec une assistance informatique à domicile pour ces mêmes « publics sensibles »…

par anna mercredi 29 octobre 2008 - 11 réactions
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  • Par Absurde (xxx.xxx.xxx.233) 29 octobre 2008 16:54
    Absurde

    Il a raison Foufouille, cela fait un bail qu’on nous ressort les mêmes vieilles lunes, et c’est comme pour le reste : de la culture de marronniers. 

    Je me souviens, quand je me suis mis au truc autour de 93 (au bon vieux temps du Windows 3.1 et des machines-outil à disque souple et ronfleur intégré), on nous promettait une explosion du télétravail, le tertiaire à domicile pour venir à bout du même coup du chômage de masse et de la pollution induite par la mobilité. Télésecrétariat, travail en équipes virtuelles, prises de commandes de courses avant livraison pour s’éviter le fléau du caddy plein à la caisse du Carrouf le samedi aprème, le téklétravail serait une mine d’emplois. Et puis comme pour toute innovation hyper-utile, pertinente et appelée à faire évoluer positivement nos petites habitudes, la mentalité franchouillarde a fait son oeuvre, les décideurs ont freiné le truc des quatre charentaises et le télétravail a conquis ainsi son statut de vain mot majuscule. 

    Déjà que l’Internet est arrivé en France par la petite porte, qu’autour de 96 encore beaucoup de gens en ignoraient tout. Douze ans après, L’ADSL reste une fiction pour pas mal de nos compatriotes. On est en dégroupage total si on vit dans un coin rentable, autrement c’est le passage forcé par les petits fils de cuivre de l’opérateur (pré)historique, via le modem rutilant des FAI escrocs. Le satellite bidirectionnel ? Marginal, cher, et il vaut mieux disposer d’un terrain pour la parabole géante. Le Wimax ? Ah, le Wimax. On en parle comme les aventuriers parlaient de l’Eldorado, et on ne fait qu’en parler quand on sait ce que c’est. Le Wimax est au web haut-débit ce que la pile à combustible est à l’automobile : une utopie entretenue dans son statut d’utopie, comme tout ce qui relève d’une (mauvaise) volonté politique. Au fait, on n’est pas lourds à savoir précisément ce que c’est le Wimax, de quoi il s’agit précisément, le pourquoi du comment d’une connexion sans fil, partout, qui pourrait s’organiser en régies municipales et mettre le web à la portée de tous, comme on allume sa radio, sa télé, sans avoir à se ruiner en abonnements forcés et se prendre la tête avec des floppées de branchements. Mais il faut pour cela une volonté politique, et là, on se heurte à des intérêts supérieurs. Ceux des z’actionnaires des grosses multinationales de la com qui se revendent les unes les autres les FAI comme nous échangions des images dans la cour de récré quand on était minots. Avec la bénédiction de France-Télécom, cette machine à régresser. Parcer que c’est France-Télécom le coupable. C’est à lui, d’abord, qu’on la doit, la fracture numérique. Ensuite c’est à Windaube et ses systèmes d’exploitation onéreux, puis aussi un peu à Linux et à sa constellation de "distributions" au maniement compliqué (pas foutus d’en proposer une une fois pour toutes qui serait comme un windows gratuit qui ne planterait pas, avec des icones qu’on clique dessus et des logiciels aussi faciles à manier (pour le profane, s’entend) que le bon vieux Works ou le I_view 32 pour les images et le son). Paraît que c’est en train de changer avec Ubuntu. On verra.

    En attendant, prétendre se coller au web quand on n’a aucune expérience de la chose suppose de réunir trop de conditions. Alors on se décourage si on n’en a pas les moyens matériels ou si on ne s’en sent pas les capacités. Quelques marginaux auraient mis au point un système sans clavier ni souris avec écran tactile, qui s’allumerait et s’éteindrait comme une télé... mais ça reste une légende urbaine, une de plus. Pour le moment un ordi ça s’allume en appuyant sur un bouton, mais il faut respecter une procédure pour l’éteindre. Entre, il y a le clavier sur quoi il faut savoir taper, la souris à quoi il faut s’habituer, et l’antivirus, le pare-feu, les nettoyeurs de registre, le modem qui doit être bien branché, la connexion wifi qui doit être protégée, tous ces petits trucs indispensables dont il faut s’occuper tous les jours, et c’est décourageant quand on rentre crevé du taf, qu’on a les mômes dont il faut superviser les devoirs, ou passé soixante balais avec son arthrose et sa popote du soir à faire, c’est décourageant, ouais, d’entretenir un gros tamagoshi.

  • Par Marc Bruxman (xxx.xxx.xxx.123) 29 octobre 2008 19:56

    La plupart des internautes actuels ont appris tout seul. Ils y sont parvenus. 

    Au contraire il y a des gens on a beau leur montrer l’outil ils n’en ont pas l’envie et/ou le besoin et donc ils ne s’en servent pas. On peut dépécher tous les formateurs que l’on veut cela ne change pas. 

    D’autres pays ont mieux réussi mais c’est avant tout culturel. Que les Hollandais aient un taux d’équipements meilleur que les Français n’est pas étonnant. Leur culture est telle que l’intérêt d’un tel outil plaçé dans le schéma mental d’un hollandais est à peu près évident. Inversement, Internet dans le schéma mental Français ne coule pas de source :

    • C’est nouveau donc "louche". La ou certaines cultures auront plutot tendence à dire "c’est nouveau donc c’est bien". 
    • Cela permet de communiquer avec des gens qui sont très loin, alors que fondamentalement le français préfére le local. 
    • Le réseau permet d’abolir les barriéres douaniéres, étatiques et culturelles. A écouter les politiques et certains français je n’ai pas l’impression que cet élément la soit vu comme très positif. Dans l’imaginaire de beaucoup, l’étranger reste vu comme "un sauvage". C’est déplorable mais malheureusement vrai. La ou pour le coup, le Hollandais voit l’étranger avant tout comme un partenaire commercial. 
    A partir du moment ou notre utilisateur potentiel n’est pas convaincu de l’intérêt il va se trouver une bonne excuse pour ne pas faire l’effort d’apprentissage. La plus simple étant "c’est compliqué". Et si vous avez donné des cours d’informatique, vous vous retrouvez avec une situation merdique à gérer, à savoir :
    • Des gens qui veulent apprendre car ils ont besoin de l’outil. 
    • Mais ces mêmes gens qui veulent que l’outil marche aussi bien qu’une voiture neuve (pas de nécéssité de compréhension de ce qui se passe derriére). Comme ce n’est pas vraiment le cas avec l’informatique, on se retrouve avec des gens qui ne veulent pas apprendre par exemple comment manipuler des fichiers (copie, déplacement, nommage, ...) mais veulent utiliser leur traitement de texte. Le résultat est bien sur catastrophique et du coup cela valorise leur impression initiale : "c’est compliqué". 
    • Enfin, il y a un phénoméne que je ne peux pas vraiment nommer mais que j’appelerai "l’analphabétisme des interfaces graphiques" et que l’on rencontre souvent chez les plus agés. Une interface graphiques a-priori ca a été conçu pour être simple et intuitif, mais les éléments graphiques ont un sens qui apparait "naturel" chez un bon pourcentage de la population. Mais pas chez tout le monde ! Et la lorsque on est face à un éléve qui ne comprend pas pourquoi il ne faut pas chercher la commande imprimer en dehors de la fenêtre de l’application qu’on utilise c’est mal barré. Et il y a bien entre 10 et 20% des gens qui sont complétements perdus devant une interface graphique. Ce ne sont pas des gens forcément bêtes, j’ai tenté d’en mettre certains sur une ligne de commande (a priori beaucoup plus difficile à utiliser) et j’ai parfois constaté avec surprise qu’ils y arrivaient. Bref, le langage graphique de nos applications n’est pas "naturellement" compris par tout le monde. 
    Le résultat de tout ca c’est que les cours et formations par souci d’économies enléve toute formation générale sur l’informatique. Et on obtient des élèves qui sont à l’aise sur une application particuliére mais paumés au moindre changement mineur car ils ont appris toutes les procédures par coeur. 



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