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Le pouvoir de la mort dans les médias

Vous demandez-vous parfois pourquoi la mort monopolise tant les informations ? La réponse à cette question combine psychologie et neurologie. Ses implications peuvent donner le tournis tellement la liberté y est soumise à rude épreuve.

Il y a deux manières d’appréhender cette peur animale qu’engendre la mort : la fuir par l’imaginaire, l’affronter pour garder prise avec le monde réel et s’offrir une chance de liberté. La fuite par l’imaginaire peut prendre des formes bien différentes, s’exprimant de manière macro au travers d’idéologies proposant un futur idyllique dans lequel l’oisiveté serait la norme alors qu’elle est lourdement condamnée dans notre bas monde matériel. Ce but, terrestre ou non, guide les actes de ceux qui ont la foi (religieuse, politique, scientifique...), diminuant ainsi leur liberté d’être humain.

 
Ceci étant, comment expliquer que la mort soit omniprésente dans les médias ? Si l’homme a tendance à la fuir par le simple refus d’accepter sa fin inéluctable, pourquoi s’acharne-t-il à en parler autant dans les informations ? Cette question qui me taraude depuis un moment trouva des éléments de réponse dans « Eloge de la fuite » d’Henri Laborit, un ouvrage direct et sans concession de la part d’un médecin philosophe qui vulgarisa les neurosciences. Préalablement, il convient de relater les expériences pratiquées sur des rats illustrant l’inhibition de l’action, concept développé par Henri Laborit.
 
« Au cours d’une expérimentation d’évitement actif dans une chambre à deux compartiments, réalisée sur le rat soumis à une stimulation électrique plantaire précédée de quelques secondes par des signaux lumineux et sonores, nous avons constaté que si l’animal pouvait agir, c’est-à-dire fuir dans le compartiment d’à côté, cette stimulation appliquée au cours de séances d’une durée de 7mn par jour pendant sept jours consécutifs ne provoque pas d’hypertension stable. Si par contre la porte de communication entre les deux compartiments est fermée, que l’animal ne peut fuir, il présente rapidement un comportement d’inhibition motrice. […] Au cours d’un protocole identique, si l’on place deux animaux ensemble, ne pouvant s’échapper mais pouvant combattre, extérioriser leur agressivité par une action sur l’autre, ces animaux ne font pas d’hypertension chronique. »
 
Le développement d’une inhibition chronique se développe ainsi par l’incapacité d’agir, que cette action soit une fuite ou un combat dans le cas de l’expérience citée. Revenons alors à la question principale de l’article : « Nous voyons à la télévision des corps décharnés d’enfants du Sahel ou d’ailleurs mourir de faim. Que pouvons-nous faire pour y remédier ? Il ne s’agit pas d’ailleurs d’altruisme, mais l’image de la mort, d’une mort non fictive, nous rappelle que nous devons mourir. Or, nous avons montré que l’inhibition de l’action était à l’origine des perturbations les plus profondes de l’équilibre biologique. »
 
La vue journalière de la mort dans les médias participe d’un conditionnement général de la population causant l’inaction, compensée par une satisfaction imaginaire ou plutôt bien souvent par une insatisfaction manifestée oralement. Ainsi les plaintes permanentes, les rejets de responsabilité sur l’autre, le chef, le gouvernement… L’inhibition de l’action permet à ceux qui ont le pouvoir de le conserver sans trop de difficultés, elle stabilise la pyramide sociale.
 
Vous me direz que toute action n’est pas inhibée étant donné que nombreux sont ceux réussissant à gravir l’échelle sociale. Pour y arriver, il faut bien agir. Certes, mais le moteur réside alors dans l’idéologie à laquelle l’homme est soumis. Celui qui grimpe croit dur comme fer aux arguments qu’il emploie, il justifie la satisfaction de ses intérêts personnels par un discours faisant miroiter un bénéfice collectif (équipe, entreprise, nation, peuple…). Ce raisonnement laisse entrevoir d’une part une chaîne de dépendance à laquelle personne n’échappe, d’autre part la puissance de l’inconscient.
 
Pour conclure sur une note relativement optimiste, je vous livre la définition de la liberté par Henri Laborit : « en réalité, ce que l’on peut appeler « liberté », si vraiment nous tenons à conserver ce terme, c’est l’indépendance très relative que l’homme peut acquérir en découvrant, partiellement et progressivement, les lois du déterminisme universel ».

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9 réactions à cet article    


  • howahkan howahkan Hotah 18 février 2014 09:54

    Salut et merci de la réflexion du matin sur la mort......

    tu dis : Il y a deux manières d’appréhender cette peur animale qu’engendre la mort : la fuir par l’imaginaire, l’affronter pour garder prise avec le monde réel et s’offrir une chance de liberté. La fuite par l’imaginaire peut prendre des formes bien différentes, s’exprimant de manière macro au travers d’idéologies proposant un futur idyllique dans lequel l’oisiveté serait la norme alors qu’elle est lourdement condamnée dans notre bas monde matériel. Ce but, terrestre ou non, guide les actes de ceux qui ont la foi (religieuse, politique, scientifique...), diminuant ainsi leur liberté d’être humain.

    réponse : je ne vois pas , à priori de peur animale de la mort. Fuir la mort est illusion, la tentative de fuir est le fait. Au passage vive l’ oisiveté...je ne vois strictement aucune liberté chez l’humain.....cela dit l’humain ne sait pas qu’il est en prison, illusion encore

    cela dit laissons les rats être des rats.....je n’achète aucune de ces experiences..

    tu dis : « Nous voyons à la télévision des corps décharnés d’enfants du Sahel ou d’ailleurs mourir de faim. Que pouvons-nous faire pour y remédier ?

    réponse : tres simple, il faut de suite arrêter toute compétition a tous niveau.... coopérer intégralement et de tout partager ce qui est alors produit par et pour tous à part égale, sauf de croire le délire darwiniens que vivre c’est manger en détruisant avec délices et sadisme l’autre, et que l’humain serait un tueur à cause de son animalité......si cela etait le but de la vie , il ne resterait qu’une seule espèce d’animal , or la planète regorge de diversités que l’humain veut détruire...et la je me dis mais pourquoi n’ai je pas gardé le pouce du pied du singe  ?

    tu dis : La vue journalière de la mort dans les médias participe d’un conditionnement général de la population causant l’inaction, compensée par une satisfaction imaginaire ou plutôt bien souvent par une insatisfaction manifestée oralement. Ainsi les plaintes permanentes, les rejets de responsabilité sur l’autre, le chef, le gouvernement… L’inhibition de l’action permet à ceux qui ont le pouvoir de le conserver sans trop de difficultés, elle stabilise la pyramide sociale.

    réponse : la mort est une réalité de tous les jours avec ou sans médias.. Nous refusons ce fait absolu ,sauf exceptions. La mort guerrière dans les médias ,certes est de la terreur , du terrorisme psychologique du monde occidental, pour paralyser le cerveau oui.

    Je ne vois pas bien l’inhibition de l’action, de quelle action ? car en réalité pour moi ,la masse actuelle a exactement les mêmes buts que la pseudo élites : tout pour ma gueule , je veux le plus possible de ce qui est fabriqué par le collectif, car seul je meure tres vite....d’où ce qui suit...

    tu dis : Vous me direz que toute action n’est pas inhibée étant donné que nombreux sont ceux réussissant à gravir l’échelle sociale. Pour y arriver, il faut bien agir. Certes, mais le moteur réside alors dans l’idéologie à laquelle l’homme est soumis. Celui qui grimpe croit dur comme fer aux arguments qu’il emploie, il justifie la satisfaction de ses intérêts personnels par un discours faisant miroiter un bénéfice collectif (équipe, entreprise, nation, peuple…). Ce raisonnement laisse entrevoir d’une part une chaîne de dépendance à laquelle personne n’échappe, d’autre part la puissance de l’inconscient.

    réponse : le seul moteur de la plupart des humains est le profit, qui n’est pas necessairement argent mais aussi psychologique, être philosophe pauvre peut cacher le plus grand des vaniteux..L’humain en général n’a aucune compréhension de tout ceci par lui même de lui même pour lui même,mais cite des auteurs sans arrêt.., en fait de liberté il marche en automatique total...sans le savoir

    tu dis : Pour conclure sur une note relativement optimiste, je vous livre la définition de la liberté par Henri Laborit : « en réalité, ce que l’on peut appeler « liberté », si vraiment nous tenons à conserver ce terme, c’est l’indépendance très relative que l’homme peut acquérir en découvrant, partiellement et progressivement, les lois du déterminisme universel ».

    réponse : Je ne sais pas,parle t’il en théorie ou de faits vrais donc vécus ? Je suggère pour le « fun » d’abandonner le mot liberté comme celui de liberté egalité fraternite , qui est ferme ta gueule connard et bosse pour le banquier car il doit acheter l’afrique et l’Asie, et il a besoin de pognon pour çà........

    Mais partir de l’idée qu’il y aurait un déterminisme universel va fermer , pour moi, et par expériences multiples , renouvelées et approfondis par elles même, fermer la porte de toute découverte , car on ne le sait pas, mais il ne nous reste qu’une partie de notre cerveau ,basée sur l’analyse de chaque mémoire et qui se regarde elle même et qui ne peut découvrir que ce qu’elle cherche et ce qu’elle cherche est encore et toujours une expansion de « moi », qui à la base dans cet inconscient, qui se révèle dans certaines circonstances seulement , dans cet inconscient , le désir absolu de continuité à jamais, qui est la base ultime de notre « moteur » actuel sauf exceptions non permanentes, or ce « moteur » se heurte sans arret à la mort..on revient donc au sujet intéressant de cet article...mon principal objectif qui est la continuité donc la vie dans le futur donc la quête de sécurité pour ce futur , n’existe pas, c’est la mort qui nous le dit sans arrêt, mais on n’écoute pas....comme je refuse ce fait, tout ceci se passe beaucoup plus à un niveau inconscient pour « moi » (cerveau limité qui nous reste ) je suis en souffrance que j’essaye de fuir sans rien savoir de ce qui se passe en moi......et bingo j’envahis le monde, je pars à la conquête du monde = encore une illusion , car en fait je ne fais que d’essayer de me fuir moi même , sans savoir ce qu’est ce moi même , parce que je ne comprends rien et ça me fait mal.........on en devient dément..

    ainsi notre pseudo animalité n’a strictement rien à voir dans notre démence..ceci est une excuse bidon inventé par les criminels qui dirigent cette planète avec violence, terreur etc etc..notre démence vient de l’ignorance de ce que nous sommes, ce qui fait que nous ne vivons plus que dans une petite partie du cerveau que j’appelle analytique , vitale pour bouger survivre , mais seulement une partie du cerveau.....ceci n’était pas le plan , le cerveau doit marcher en entier....ce qui nous manque n’est ni comparatif, ni diviseur , ne donne pas de valeur x par rapport à y, ne regarde pas le passé ni le futur , est en contact direct avec le moment impalpable et impermanent qui est la vie ...nous ne sommes pas dans la dimension ou se trouve la vie, on ne le sait pas.....aucun animal ne vit cette souffrance humaine et c’est de notre faute intégrale....

    c’est fou ce que de vivre le fait absolu de la mort est vital, vie et mort sont lié, l’humain n’a rien a dire la dessus sauf de le vivre.....et là les crimes de la société marchande de profit vont cesser, car au delà de « moi »(cerveau analytique) , il y a coopération , intelligence, partage , intelligence que nous n’avons pas,l’intelligence est globale pas personnel, nous avons nous le QI.....

    enfin ceci dit en vrac ,superficiellement etc etc etc..trop vite donc,mais agoravox est un site de guerre aussi..mais surtout ceci est un sujet de la vie entière, et l’écrit supporte trop peu ces sujets, le dialogue réel est nécessaire , mais le mot n’étant pas la chose, si je donne des livres de cuisines à ceux qui meurent de faim, ca ne va hélas rien changer à leur destin aujourd’hui , le mot n’étant pas la chose ,ce genre de dialogue est totalement insuffisant(mais faut le faire) pour provoquer quoi que ce soit autre que plus de de pensée...il faut réveiller le cerveau manquant............sinon il n’y aura jamais d’action directe en paix, mais réaction de fuite , de la mort ...ce qui provoque tous les désastres sur cette planéte....le probleme qui contient la solution universeel est en chacun ......dur de parler d’un sujet aussi inconnu..les dingues et les paumés en savent plus la dessus que les autres adaptés a ce monde dément..

    merci de l’article..

    salutations


    • cathy30 cathy30 19 février 2014 08:02

      Est-ce que l’auteur est obligé de nous soumettre que L’inhibition de l’action n’a pas été seulement testée sur le rat pour nous prouver cette thèse ? Non. 

      Votre monde est bien limité.

        • Aldous Aldous 18 février 2014 10:46

          Votre bébé aime Lucifer :



          • foufouille foufouille 18 février 2014 13:16

            ce serait pire ailleurs, il ne faudrait donc pas se plaindre


            • Jean Keim Jean Keim 19 février 2014 09:19

              Bonjour Joaquim,

              Comme le dit h. Hotah, l’expérimentation sur l’animal ne nous apprend rien d’essentiel sur la mort, même si nos réactions peuvent aussi être très animales, par contre leur acceptation de la mort est pleine d’enseignement, j’ai vu mourir ma petite chatte d’une infection pulmonaire, jusqu’au bout elle est restée digne, faisant régulièrement sa toilette et me témoignant son affection.
              Parler de la mort est une entreprise ardue qui remue en nous des émotions complexes. De même que désigner une chose par son nom n’est pas la chose en soi, ce n’est pas tant la mort qui est en cause que les émotions qu’elles engendrent en nous. Pour tenter d’être plus clair dans mes propos, dans une conversation sur la mort cette dernière n’est jamais regardée de face mais toujours abordée indirectement, nous parlons de ce que nous connaissons, de nos lectures, de nos croyances, de ce que a pu en dire Laborit, ou Young ou Buddha, ou Jésus ou que sais-je, mais la mort est une réalité de tous les jours, quand j’aurai fini d’écrire ce texte si je veux réellement en finir avec lui alors il faudra qu’il meurt en moi sinon je le traînerai comme un boulet, comprendre la mort est un début, un premier pas mais jamais le voyage ne s’arrête pas même avec la mort physique du corps. Comprendre ne signifie pas savoir, un savoir rempli, la compréhension libère.
              Comprendre la mort n’est pas différent de se comprendre soi-même, c’est un seul et même processus.
              Fraternellement.

              • Joaquim Defghi 19 février 2014 14:22

                Bonjour Jean Keim,


                je ne pensais pas que l’expression « peur animale » déclencherait de réaction particulière. En l’utilisant, je pensais plutôt à un animal que l’on tente d’abattre et qui s’enfuit ou qui se défend instinctivement. Je trouve votre interprétation intéressante et je vous rejoins sur le fait qu’on ne peut la connaître réellement, mais on peut comprendre le symbolisme issu des croyances autour de la mort, ce qui permet déjà une certaine libération. Pour moi, c’est en cela que comprendre ce symbolisme correspond à se comprendre soi-même, parce qu’on est conditionné par ce symbolisme qui est une manière de voir le monde réel (cf. Mircea Eliade). 

              • vesjem vesjem 19 février 2014 15:38

                merci l’auteur pour cet article révélateur

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