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Accueil du site > Actualités > Société > Le prestige des racailles

Le prestige des racailles

Théorie du complot oblige, on avait commencé par mettre en cause la véracité des images. Un type tabassé à quatre contre un dans un bus pour n’avoir pas cédé son portefeuille, abandonné à son sort par le conducteur et les passagers, et last but not least, traité de « sale français de merde  » par un agresseur d’origine étrangère, cela ne pouvait se passer en France. Ou alors ce ne pouvait être qu’anecdotique, rien d’autre, un incident de parcours dans la paisible existence de l’Hexagone. Une fois prouvée l’authenticité des images, il fallait donc surtout s’interroger sur l’opportunité de leur diffusion et sur la pureté des intentions de chacun. Ce n’est qu’après ces préliminaires d’usage, censés assurer la bonne moralité de tous les participants au débat, que la question jugée cruciale fut enfin posée. L’agression avait-elle été raciste un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ou pas du tout ?
 
La victime elle-même, sacrificielle jusqu’au bout, a fait beaucoup pour lever le doute sur la question dans son interview au Figaro. Si des propos racistes avaient été proférés lors de son agression, il fallait prendre en compte qu’ils étaient intervenus « dans un contexte où (les) agresseurs étaient drogués ou ivres  ». Et la victime d’ajouter que la « couleur de peau très pâle de l’un des agresseurs  » rendait en tout état de cause peu crédible la théorie de l’agression raciste. Dans un tout autre registre, sur Causeur.fr, on a paradoxalement fustigé l’angélisme du jeune étudiant tout en invoquant des raisons nouvelles de douter du caractère raciste de l’agression. Selon Elisabeth Lévy, il importait ainsi de garder à l’esprit que l’injure raciste était monnaie courante en banlieue, «  y compris entre personnes de même origine  ». Elle suggérait ainsi que tout ce qu’on avait pu entendre de la bouche du dernier agresseur, finalement, n’avait pas grand sens.
 
En résumé, la messe ne devait surtout pas être dite. Il était urgent de se méfier des évidences, impératif de ne pas s’arrêter au témoignage cru des actes et des paroles, et indispensable de multiplier les précautions pour ne pas tenter malgré soi le démon xénophobe. En clair, le mot d’ordre était de se forger une âme à l’épreuve du réel.
 
Sauf que les arguments des uns et des autres n’étaient guère convaincants. Inutile de se livrer à de longs développements pour comprendre que le racisme n’est pas un accident alcoolique, et que la pâleur de l’un des agresseurs n’est pas un gage très convaincant de la moralité des trois autres. Difficile également de partager les doutes d’Elisabeth Lévy lorsqu’ils se fondent pour l’essentiel sur la banalisation des injures racistes entre personnes de même origine, tant cette dérive du langage paraît au contraire être le paroxysme du communautarisme, l’instant critique où la stigmatisation de la race est devenu le seul moyen d’exprimer le ressentiment, même dirigé contre quelqu’un de sa propre communauté, réelle ou fantasmée.
 
Bref, quelle que soit la partition jouée ici ou là, il n’y avait au final aucune raison sérieuse, aucun alibi pour ne pas entendre autre chose qu’une injure raciste dans le « sale français de merde » éructé par le plus acharné des agresseurs. Pas un doute auquel se raccrocher pour édulcorer le réel, pas même un espoir à se ménager : le racisme n’était plus à nos portes mais bel et bien dans la cité, au propre comme au figuré. Et plus grave encore, il avait pris la place autrefois réservée à ce sentiment d’unité qui, s’il existait encore, aurait vu les passagers solidaires anéantir la morgue de quatre gamins abâtardis par l’habitude de l’impunité.
 
Alors ensuite, savoir si l’agression avait été exclusivement raciste ou non, seulement crapuleuse ou un brin communautariste, quelles avaient été les intentions respectives des quatre délinquants et à partir de quels préjugés ils avaient choisi leur proie, tout cela devenait dérisoire. Et surtout, à trop vouloir sonder les âmes des agresseurs, on en oubliait encore une fois de s’intéresser à celle de la victime, pourtant atteinte d’un mal plus profond que l’angélisme et au moins aussi inquiétant que la rage primitive de ses agresseurs.
 
«  Hostile à toute forme de récupération par des discours démagogiques  » autre que le sien, le jeune homme a en effet décidé de porter plainte pour violation du secret de l’instruction et de l’enquête. L’objectif avoué, doctement expliqué par ses avocats pour le Post.fr, est de mettre en garde tous les sites continuant à diffuser la vidéo de l’agression, qui une fois le délit de violation établi pourraient être poursuivis pour « recel de violation du secret de l’instruction ». Interrogé sur l’éventualité d’une action contre le site russe qui héberge actuellement les images, l’avocat affiche la plus grande détermination : « Nous savons que nous nous heurterons à des difficultés mais cela ne nous empêchera pas d’agir. »
 
Dans d’autres circonstances, la plainte aurait pu être comprise. Dans l’absolu, chacun a droit à l’oubli. Mais lorsque l’on sait que l’étudiant n’a jamais porté plainte contre ses agresseurs, et qu’il a seulement fait part à ce jour de son intention de se constituer partie civile, l’injure faite à la logique et à la morale est trop grande. En comparaison de son indulgence à l’égard des agresseurs, la célérité avec laquelle il prétend poursuivre les témoins virtuels de son agression ne peut être qu’une violence supplémentaire contre la raison.
 
Sa complaisance pour les agresseurs s’explique, peut-être, par un humanisme hors du commun, par un devoir d’abnégation d’autant plus fervent qu’il a sans doute été encouragé par la peur des représailles. Mais qu’en est-il de son intransigeance retrouvée ? D’où lui vient ensuite cette volonté inébranlable de poursuivre, à travers les diffuseurs de la vidéo et jusqu’en Russie si nécessaire, tous ceux qui se sont sentis agressés à travers lui pour un motif qu’il réprouve et dont il veut nier l’existence ?
 
On pourrait ici avancer encore beaucoup d’hypothèses, à vrai dire autant que nécessaire pour dissimuler la plus plausible. D’autres peut-être feront ce travail consciencieusement, multipliant les conjectures pour trouver à la victime d’aimables alibis comme lui-même a forgé ceux de ses agresseurs. Il faudra se souvenir alors que si la victime n’a pas hésité un seul instant, cette fois-ci, c’est qu’elle est tout simplement persuadée de n’avoir rien à craindre en poursuivant aujourd’hui de son ressentiment les spectateurs de son impuissance.
 
Pour beaucoup, mieux vaut sans doute écarter cette hypothèse, car la reconnaître pour vraie conduirait à une autre interrogation, à un doute encore trop honteux peut-être pour faire l’objet d’un débat public. Mettons alors que cette question restera confidentielle ou qu’elle n’est posée que pour la postérité. Mais est-il vraiment certain que la victime aurait si facilement renoncé à demander justice pour elle-même, préféré excuser les coupables et accabler d’instinct ses semblables, si la civilisation avait réellement conservé ce prestige que surpasse aujourd’hui la crainte des barbares ?

 


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297 réactions à cet article    


  • Gazi BORAT 24 avril 2009 13:28

    Encore ?

    Ca sent le réchauffé...

    Les agressions ne sont pas un fait nouveau, les bandes non plus... Des Apaches aux Blousons Noirs puis aux Loubards, le premier niveau de la criminalité organisée n’est pas né au XXI° siècle.

    Oui mais voila, grâce à la vidéosurveillance et à internet, le petit peuple peut s’effrayer grâce à un « snuff movie » habilement diffusé.

    Le phénomène, visible, devient insupportable.

    A quand alors des attouchements pédophiles en direct, une scène d’inceste en live, un viol devant la caméra ?

    Oui mais, voilà, cette vidéo tombe à pic pour tenter de faire diversion aux résultats clamiteux de notre économie que les promesses pharamineuses de Mr Sarkozy n’ont pas permis d’éviter.

    Alors on nous ressert le bon vieux spectre de l’Insécurité.

    A noter qu’ici, curieusement, ceux qui exploitent cette vidéo ne peuvent guère se placer en défenseur des victimes, comme à leur habitude, car celui qui fut la cible du tabassage refuse son instrumentalisation.

    Qu’a cela ne tienne, il est régulièrement sali par tout ce que le net compte comme orphelins du Front National.

    gAZi bORAt


    • Stéphane Bouleaux 24 avril 2009 14:26

      Oui, on sait gazi !
      C’est pas de la faute des « jeunes en mal d’avenir tourmentés par les mechants colons », c’est de la faute des francais, blancs, qui sont tous d’ex-nazis...


    • JC. Moreau JC. Moreau 24 avril 2009 14:34

      @ Gazi Borat

      D’une certaine façon je crois qu’il me faut vous remercier d’avoir ouvert le bal. Je vais vous répondre point par point

      Encore ?


      Ca sent le réchauffé...

      Un phénomène courant quand la maison brûle.

      Les agressions ne sont pas un fait nouveau, les bandes non plus... Des Apaches aux Blousons Noirs puis aux Loubards, le premier niveau de la criminalité organisée n’est pas né au XXI° siècle.

      Tout comme la pédophilie, l’inceste et le viol... leur pratique récurrente les rend-il plus acceptable ? Cherchez dans un code pénal, vous les trouverez encore en bonne place dans le catalogue des tabous odieusement imposées par la société.


      Oui mais voila, grâce à la vidéosurveillance et à internet, le petit peuple peut s’effrayer grâce à un « snuff movie » habilement diffusé.

      Le phénomène, visible, devient insupportable.

      Visible, le phénomène devient surtout un témoignage embarrassant pour qui croit encore que l’insécurité est un « sentiment » , une affabulation de prolos. Visible, il renvoie également la population face à face avec ses contradictions, et la confronte aux dangers de la résignation.

      A quand alors des attouchements pédophiles en direct, une scène d’inceste en live, un viol devant la caméra ?

      Chiche ! Curieux de voir alors à l’aide de quels seront vous essaierez encore de relativiser.

      Oui mais, voilà, cette vidéo tombe à pic pour tenter de faire diversion aux résultats clamiteux de notre économie que les promesses pharamineuses de Mr Sarkozy n’ont pas permis d’éviter.

      Alors on nous ressert le bon vieux spectre de l’Insécurité.

      Quatre spectre, quatre… Mais dans le fond, ce sont des ectoplasmes, je vous l’accorde.


      A noter qu’ici, curieusement, ceux qui exploitent cette vidéo ne peuvent guère se placer en défenseur des victimes, comme à leur habitude, car celui qui fut la cible du tabassage refuse son instrumentalisation.

      Et c’est bien ce qui fait tout l’intérêt de cette affaire. Elle montre à quel point la résignation est entrée dans les moeurs, la victime ayant manifestement considéré qu’il était plus urgent de poursuivre les diffuseurs de la vidéo que les agresseurs, les témoins virtuels plutôt que les coupables.


      Qu’a cela ne tienne, il est régulièrement sali par tout ce que le net compte comme orphelins du Front National.

      C’est à ce moment du débat, j’imagine, qu’il me faudrait exhiber quelque preuve irréfutable de ma moralité politique et pleurer ma vertu outragée ?
      Salir la victime, dites vous ? Le jeune noctilien n’est pas une « victime » lorsqu’il engage des poursuites contre des sites internet. Il ne subit pas les plaintes, il les engage de son plein gré : c’est un acteur à part entière, libre de ses actes et susceptible d’être critiqué en conséquence.
      VIctime, il ne l’était qu’au moment de l’agression, et pour ce que l’on a pu en voir, je doute que les agresseurs aient véritablement été des nostalgiques du FN.


    • Cobalt-59 24 avril 2009 15:00

      Oui mais, voilà, cette vidéo tombe à pic pour tenter de faire diversion aux résultats clamiteux de notre économie que les promesses pharamineuses de Mr Sarkozy n’ont pas permis d’éviter.
      Alors on nous ressert le bon vieux spectre de l’Insécurité.

      La main invisible de Sarkozy qui exhiberait donc la preuve de son échec face à l’insécurité pour ... faire oublier son échec en matière économique ? Une stratagème redoutable, en effet.


    • jakback jakback 24 avril 2009 15:11

      @gazi,
      a vous lire jour après jour, il me vient l’envie de vous voir agressé par une meute d’allogènes imbibée, imprégnée de substances prohibées, afin de vous faire rencontrer la dure réalité du terrain.
       Oserais je vous traiter de sale Français ? que non, me concernant la loi me l’interdit.
       En revanche, vous peut être bénéficiez vous de ce rare privilège, réservé uniquement a ceux qui ne le sont pas.


    • Gazi BORAT 24 avril 2009 15:32

      @ l’auteur

      Nous restons encore dans l’instrumentalisation...

      Les agressions existaient avant d’être diffusées sur internet au mépris de la loi.

      Les images issues de systèmes installées dans les lieux publics ne sont pas destinées à être livrées en pâture pour servir un discours politique dont vous souhaitez faire la promotion. Elles sont à la disposition de la justice, et non du voyeurisme, même lorsque celui-ci se pare d’une vertueuse « dénonciation citoyenne ».

      Je doute que vous appréciiez le fait que votre famille vous voient accoster une prostituée sur le périphérique ou que votre employeur vous voit vous promener alors que vous vous lui avez déclaré le matin même être malade.

      C’est ainsi..

      La victime qui subit vos foudres parce qu’elle ne rentre pas dans votre jeu malsain n’est « acteur » qu’à la suite d’un délit, celui de la législation régissant la diffusion de telles images.

      Il n’a, ni demandé à être agressé, ni même à ce que les images de son agression ne serve à une propagande rance d’extrème droite destinée à faire monter ce « fameux sentiment » d’insécurité.

      Au fait, quelles ont été les suites judiciaires de cette agression sur lesquelles votre article n’est guêre prolixe ?

      gAZi bORAt


    • Gazi BORAT 24 avril 2009 15:59

      @ jakbak

      Je n’ai pas besoin de voir une video pour savoir ce qu’est une agression...

      Avec le temps disparait la marque que m’a causé un jour un coup de rasoir, juste après la joue, tout près de l’oreille.

      La question ne me serait pas venue de compter parmi ceux d’en face qui étaient les « allogènes » et qui étaient les « indigènes ».

      Je porte une nationalité acquise par hériatage et par le hasard de mon lieu de naissance.
       
      Je ne tire pas une gloire délirante d’une chose sur laquelle je n’ai eu aucune prise.

      Né en Finlande, j’aurais pu être Finlandais... J’aurais pu aussi être petit, agité de tics et né à Neuilly..

      gAZi bORAt


    • JC. Moreau JC. Moreau 24 avril 2009 16:48

      @Gazi Borat

      Nous restons encore dans l’instrumentalisation...

      Les agressions existaient avant d’être diffusées sur internet au mépris de la loi.

      Les images issues de systèmes installées dans les lieux publics ne sont pas destinées à être livrées en pâture pour servir un discours politique dont vous souhaitez faire la promotion. Elles sont à la disposition de la justice, et non du voyeurisme, même lorsque celui-ci se pare d’une vertueuse « dénonciation citoyenne ».

      Les agressions existaient avant d’être diffusées,elles étaient déjà dénoncées avant, et il a fallu que ces images soient diffusées pour cette dénonciation devienne audible. C’est semble-t-il ce dernier point qui vous chagrine le plus. Mais libre à vous de considérer que la médiatisation de l’agression est plus grave que l’agression en elle-même.

      Ensuite, la question soulevée par l’agression et ses suites est sociale bien avant d’être politique, raison pour laquelle vous ne trouvez dans mon article à une quelconque forme de surenchère pénale. En d’autres termes, vous me prêtez une discours politique qui n’est pas le mien.


      Je doute que vous appréciiez le fait que votre famille vous voient accoster une prostituée sur le périphérique ou que votre employeur vous voit vous promener alors que vous vous lui avez déclaré le matin même être malade.

      C’est ainsi..

      Un exemple où la personne supposée se plaindre de la diffusion des images n’aurait pas eu un comportement répréhensible aurait été plus indiqué... Une fois ramenées à l’agression du noctilien, vos comparaisons font désordre.

      La victime qui subit vos foudres parce qu’elle ne rentre pas dans votre jeu malsain n’est « acteur » qu’à la suite d’un délit, celui de la législation régissant la diffusion de telles images.

      J’ai du mal à voir où est le jeu malsain, à moins qu’il ne soit devenu particulièrement immoral de porter plainte contre ses agresseurs. Et encore une fois, le fait que le jeune étudiant ait été victime d’une agression ne fait pas ensuite de chacun de ses actes un modèle à suivre aveuglément.

      Il n’a, ni demandé à être agressé, ni même à ce que les images de son agression ne serve à une propagande rance d’extrème droite destinée à faire monter ce « fameux sentiment » d’insécurité.

      Effectivement. Mais dans le premier cas, il a estimé qu’il n’avait pas à intervenir dans le processus judiciaire, tandis que dans le second, il a immédiatement décidé d’être partie prenante des poursuites judiciaires déjà engagées par la RATP après la diffusion des images. Si vous avez une explication plausible pour expliquer son sens des priorités, je suis preneur, cela me permettra peut-être de m’endormir ce soir avec la sensation de laisser un monde moins désespérant que je ne l’ai trouvé en me réveillant.

      Au fait, quelles ont été les suites judiciaires de cette agression sur lesquelles votre article n’est guêre prolixe ?

      Pour être plus prolixe sur le sujet, il aurait fallu qu’il soit mensonger... Le procès des agresseurs n’a pas eu lieu (trois sur quatre avaient été interpellés peu après les faits et placés en garde à vue pour ouverture d’une information judiciaire). Aucune information sur une éventuelle détention préventive.

       Pour vous faire une idée du quantum de la peine qui leur sera éventuellement infligé, sous réserve des ajustements liés à l’éventuelle minorité de certains des agresseurs, et en prenant en compte qu’il n’y avait pas « violence avec arme », je vous laisse faire la comparaison avec l’histoire relatée ici.

      Ce à quoi il faut ajouter la suspension du policier (suite administrative plus que judiciaire, d’ailleurs) suspectée d’être à l’origine de la fuite, qui devrait bientôt passer en Conseil de discipline.

      Ceci étant dit, si vous ne souhaitez pas comprendre que le propos de mon article n’est pas de faire appel à une politique plus sécuritaire mais à une société civile moins résignée, ce qui implique une implication personnelle, et par là j’entends physique, de chacun contre ces agressions, je crois que nous allons l’un et l’autre perdre notre temps inutilement.

      gAZi bORAt


    • jakback jakback 24 avril 2009 16:49

      @ gazi,
       vous avez raison allogènes ou indigènes peut importe, puisque les allogènes d’hier, sont les indigènes d’aujourd’hui.
       Qui crachent sur leur nationalité, leur pays, ses valeurs, agressent, violent, tuent, leurs contemporains, sous le fallacieux prétexte de leurs antériorités nationale, de leurs teints trop pâle, de leur religions de mécréants.
      Mais tout cela n’est que détail, scorie, la France est au bord du gouffre, et vous suggérez qu’elle fasse un pas en avant, soyez rassurer elle va le faire.
      Nos politiques assassinent la France depuis trente ans, ce n’est pas au moment de donner le coup de grâce qu’ils reculeront.
      Cela dit, le pire est jamais certains, un sursaut des Français est possible,on peut toujours rêver


    • Gazi BORAT 24 avril 2009 16:57

      C’est quoi pour vous un « sursaut » ?

      Un pogrome ?

      Une réédition de la rafle du Vel d’Hiv’ ?

      gAZi bORAt


    • Canine Canine 24 avril 2009 17:00

      @ Gazit Borat

      "Encore ?

      Ca sent le réchauffé...
      Les agressions ne sont pas un fait nouveau, les bandes non plus... Des Apaches aux Blousons Noirs puis aux Loubards, le premier niveau de la criminalité organisée n’est pas né au XXI° siècle.« 

      Certes, mais il y a une différence notoire entre ces bandes du passé et celles du présent, et cette différence, c’est vous.

      Les Apaches, les Blousons noirs, et compagnie n’avaient pas une horde de »plus ou moins«  humanistes qui jaillissaient à chacune de leur exactions criminelles pour interdire qu’on émette la moindre critique à leur égard, au motif de l’irréfragable causalité sociologique qui veut que »ce n’est pas de leur faute, c’est la faute à la société".
      Personne ne prenait la défense de ces bandes d’avant, et elles restaient des phénomènes minoritaires. Aujourd’hui, grâce au mécanisme d’explication/excuse/accusation de la société, (qui part sans doute d’un bon sentiment) un terrain d’impunité a été créé, et c’est sur ce terrain que ces bandes progressent.


    • Nycolas 24 avril 2009 17:01

      Entièrement d’accord avec Gazi Borat. D’ailleurs cet extrait tiré de l’article résume tout le malsain de l’histoire : « ...pour trouver à la victime d’aimables alibis... ».

      Voilà qu’il se trouve un besoin de trouver des alibis à la victime ! Voilà qu’on en est à accabler la victime pour pouvoir poursuivre son instrumentalisation... Un comble.

      Ce jeune homme demande juste qu’on lui foute la paix. C’est son droit, point barre, n’en déplaise à ceux qui voudraient pouvoir se servir de son cas pour leur cause personnelle, ce qu’ils ne se privent de toute façon pas de faire...

      Il y a d’autres façons de lutter contre le racisme que de se servir d’un fait divers douteux et regrettable, ainsi que de sa victime non-consentante, ni de l’agression, ni de son instrumentalisation.


    • Traroth Traroth 24 avril 2009 17:18

      @Canine : A quel endroit Gazi Borat est-il supposé avoir défendu des délinquants, comme vous l’insinuez, au fait ? Ce à quoi il s’oppose, avec raison, c’est l’instrumentalisation de cette agression dans un but raciste. Mais comme toujours, les mal-comprenants comme vous pratiquent l’amalgame afin d’éviter d’avoir à assumer leur véritable prétention : ces agresseurs, qui sont effectivement d’origine étrangère, seraient agressifs à cause de ça ! Parce que sinon, je ne vois pas ce que leur couleur de peau ou leur origine éthnique aurait à voir dans le débat, en fait.


    • appoline appoline 24 avril 2009 17:25

      L’insécurité pour masquer l’incompétence de Sarkosy, mais, il est l’insécurité personnifiée. Là, par contre, où je ne peux lui donner tort, c’est que tout ça a besoin d’un bon nettoyage, au karcher ou pas. Il y en a plus qu’assez de cette racaille, qui plus est raciste, qui nous bouffe l’oxygène. Il n’est quand même pas normal que les honnêtes gens soient terrorisés par ce ramassis d’abrutis.


    • jakback jakback 24 avril 2009 17:29

      @gazi,
      Tout de suite vous dressez le spectre de la shoa.
       Le sursaut suppose d’appliquer a tous, les lois de la république, avec la plus grande fermeté vis vis de tous, des incivilités aux crimes les plus graves, une loi d’airain, dissolution des association anti républicaine, audit des subventions public, bref un véritable état de droit.


    • Canine Canine 24 avril 2009 17:39

      @ Taroth

      Le problème de l’origine ethnique a été induit par deux choses :
      - les insultes émisses par les agresseurs.
      - l’absence de prise en compte de ce caractère raciste par les associations et groupes qui sont censés lutter contre.

      Ce n’est pas le fait même de l’agression et de l’insulte raciste l’encontre d’un sale français qui est la plus gênante (on dira qu’il y a des cons partout, les immigrés n’échappant pas à cette régle absolue), c’est le fait que, quand cette insulte est dirigé à l’encontre d’un juif, d’un africain, ou de n’importe quel humain d’origine non souchienne (expression que je n’apprécie pas, mais je prends un terme usuel pour que tout le monde comprenne), elle est jugée et érigée en exemple du mal en haut du pilori de la morale publique. Quand c’est l’inverse qui se produit, comme dans le cas présent, elle est niée, diminuée, idéologisée, contextualisée.
      Avant de me répondre, en toute honneteté, pensez vous vraiment que si l’agressé avaient été disons d’origine marocaine (au hasard), et les agresseurs des skinhead bien blancs, la condamnation n’aurait pas été plus nette dès le départ ?

      Quand à mon propos sur l’excuse sociologique, ma foi, si Gazi Borat pense que le déterminisne social n’est pas le moteur premier de ce genre d’agression, et qu’il s’agit uniquement de volonté individuelle qui ne supporte aucune contextualisation pour une meilleure compréhension, ma foi, qu’il le dise clairement, et je retirerais immédiatement ce que j’ai dit, cela va de soi.


    • Gazi BORAT 24 avril 2009 18:34

      « Une loi d’airain »

      Les Etats Unis ont l’arsenal judiciaire le plus répressif des démocraties occidentales, une police suréquipée et tout cela avec une délinquance ultra-violente..

      Qui plus est, des lois favorisant la possession d’armes donnent aux citoyens les moyens de pratiquer l’autodéfense dont beaucoup rêvent ici..

      Plus une société est inégalitaires, plus les fractures sociales sont profondes, et plus les comportements violents apparaissent.

      Les jeunes filmés ici dans ce bus sont aussi crétins qu les skinheads bien blancs qui sévissent en Allemagne, en Angleterre et même (un comble) en Israel !

      gAZi bORAt


    • Gazi BORAT 24 avril 2009 18:36

      Suite du post

      ... ils sont aussi à l’image du président qui nous gouverne et qui, ayant vécu à Neuilly, affectionne pourtant les poses de voyou !

      gAZi bORAt


    • jakback jakback 24 avril 2009 18:37

      @gazi,

      au hasard de ma promenade sur la toile, voila sur quoi je tombe.

      Des gens issus de l’immigration, de gauche de surcroît, dénonce a juste raison une énième agression des chérubins de la république.

      http://20minutes.bondyblog.fr/news/200904240002/sales-pedes

      Je compatis a votre désarrois, devant l’audace des victimes qui ont osées porter plaintes, ainsi que l’ignoble attitude des responsables de la mise en ligne de cette agression.


    • snoopy86 24 avril 2009 19:30

      Leitmotiv de la rhétorique gazeuse : il n’y a qu’un pas de la face de craie au milicien....

      Si vous êtes capable de vous défendre contre un caillera bronzé encapuchonné, vous êtes une brute fasciste...

      Si vous osez réclamer la sécurité vous êtes un collabo de la pire espèce...


    • Canine Canine 25 avril 2009 03:45

       @ Gazi Borat

      « Plus une société est inégalitaires, plus les fractures sociales sont profondes, et plus les comportements violents apparaissent.

      Les jeunes filmés ici dans ce bus sont aussi crétins qu les skinheads bien blancs qui sévissent en Allemagne, en Angleterre et même (un comble) en Israel ! »

      Je plussoie ce que vous dites ici sur les skinheads (on notera cependant qu’il vaudrait mieux parler de boneheads en terme d’idéologie, mais ce n’est pas le débat du moment), et ce que je regrette, c’est que les jeunes qu’on voit sur cette vidéo ne sont justement pas jugé par les pouvoirs publiques et la morale médiatique avec la sévérité qu’elles appliquent aux délinquants « bien de chez nous ».

      Si je devais livrer le fond de ma pensée, je dirais que c’est du à une forme de racisme pernicieux, on considère avec à la fois plus de bienveillance la barbarie des immigrés, parce que, finalement, on la trouve plus normale par rapport à leur identité ethnique, et dans le même temps, comme il y a dans la gauche un relent de fausse culpabilité à cause des formes de discrimination qu’on ne regarde que d’un oeil (à l’embauche etc..), on l’excuse (comme si une lacheté pouvait en compenser une autre).

      Par contre, l’idée que vous énoncez comme une règle absolue qui veut qu’une société plus inégalitaire avec plus de fracture sociale engendre plus de violence délictuelle est fausse, il ne s’agit là que d’un facteur, aucunement une cause (à moins que vous ne confondiez violences urbaines délinquantes avec violence révolutionnaires, ce dont je doute).

      Il y a des dictatures et des pays avec bien moins d’égalité que la France, qui ont beaucoup moins de problèmes de violence, la causalité entre les deux est totalement fausse. La pauvreté ne fait qu’accroitre les phénomènes violents dans des configurations où cette violence existe déjà, elle n’est qu’un facteur (parmi d’autres) pas une cause.


    • sisyphe sisyphe 25 avril 2009 04:57

      Pas un doute auquel se raccrocher pour édulcorer le réel, pas même un espoir à se ménager : le racisme n’était plus à nos portes mais bel et bien dans la cité, au propre comme au figuré.


      Noooooooooonnnn
      Incroyable

      L’auteur vient de decouvrir l’eau chaude

      Mais d’un seul cote, evidemment

      Le racisme existerait donc, en France
      Et du racisme anti-francais, en plus

      L’autre ; le racisme anti-immigre, anti-bougnoule, anti-racaille (comme le dit l’auteur), bon ; ca, on le sait, c’est normal ; c’est a cause de l’immigration massive , pas des francais, hein  : on vous l’a suffisamment dit

      Mais la, le racisme de la « racaille », d’un coup, il y a le feu au lac, la maison brule, gnagnagnagna....

      Je rassure l’auteur ; vu la torunure prise par les evenements, les effets de la crise, le chomage qui explose, la pression qui vq etre de plus en plus importante sur les moins aises, ce n’est qu’un debut : il va avoir de quoi nourrir largement son racisme anti-racaille, anti-immigre, anti-bougnoule : les cons ont encore de sacres beaux jours devant eux

      Merci qui ?


    • William7 25 avril 2009 11:09

      Ca vous emmerde que « la sociologie » puisse éclairer ces phénomènes, parce que ses conclusions peuvent ne pas correpondre à votre idéologie. Point barre !!


    • JC. Moreau JC. Moreau 25 avril 2009 14:34

      @Sisyphe

      Relisez l’article avant d’y coller instinctivement votre doxa, et vous verrez que mon article parle moins du racisme des agresseurs que du sentiment d’impunité qui les caractérise (l’un des agresseurs se vantant d’ailleurs sur la vidéo d’avoir déjà été en garde à vue « la dernière fois »).

      Je sais que, par votre nature mythologique, vous avez vocation à refaire toujours le même chemin, mais rien ne vous interdit de changer de caillou de temps à autre. Enfin, chacun sa façon de vous imaginer heureux, hein ?


    • patroc 24 avril 2009 13:43

       L’insécurité intérieure sert le pouvoir, mais à des moments opportuns toutefois.. Là, c’était pas le moment !.. Pas d’élection nationale sans doute, donc il faut que tout aille bien !.. Même la victime est contente !...


      • abdelkader17 24 avril 2009 17:01

        @Hubert
        la république tu t’en tapes comme de ta première chemise tout ce qui compte pour toi c’est israel, le fn est un parti en état de décomposition avancé, son chef est à l’article de la mort, seulement Sarkozy le pseudo républicain à récupérer ses électeurs grâce à la surenchère sécuritaire.


      • moebius 24 avril 2009 23:00

        décidément je n’irais pas voir ce film. il doit doit etre trés con ce film


      • barbouse, KECK Mickaël barbouse 24 avril 2009 13:55

        bonjour,

        Pour quantité de personnes agressées qui ne déménagent pas pour autant, ou continue a prendre le bus sur les mêmes trajets, il est impossible, surtout lorsque l’on constate a son corps défendant combien l’opinion des autres n’est pas là pour vous protéger des coups que vous prenez, de s’afficher contre ses agresseurs, surtout au masculin blanc.

        du moins si on souhaite retourné a une vie « normal » de victime consentante, comme la plupart des parisiens et autres habitants de villes entourées de ghettos, là où vivent aussi l’essentielle des personnes qui travaillent dans les médias et qui font bien attention a leurs propos médiatique, surtout pour les moments ils vont faire leur courses dans Paris et rencontre eux aussi les « bandes », ce qui arrivent même quand il ne prennent pas le métro, ni le bus, ont des garde du corps et des secteurs mieux protégés par la police que le quidam.

        Il va de soi aussi que la peur qui vous étreins lorsque votre visage est visionné des milliers de fois, sans prévenir, sans vous demandez votre avis, et qui engendre autant de réactions de personnes qui ont des opinions bien plus facile a avoir tranquillement chez soi que de lever le petit doigts dans le bus,

        n’engendre pas autre chose qu’une panique vis a vis de sa propre sécurité, et motive pour que surtout cela se tasse, que les vidéos soient enlever, loin de l’ensemble des gens qui s’amusent a commenter sur votre vie et votre sécurité au quotidien, et sont complètement inconscient des dangers réels qu’ils vous font porter, a vous qui avez déjà pris les coups,

        parce évidemment devenir une cible a récidiviste, où le symbole de la France qui se couche, où encore l’évidente descente de l’illusion sécuritaire sarkozyste, etc, cela vous casse une vie tout autant, voir plus, que quelque coups. Et on ne peu pas demander a un gamin naif d’avoir et le cran et la maturité adéquate pour en assumer le 10 ème.

        On retrouve le même comportement chez les victimes de viols collectifs, ou d’agression par les gamins en bas de chez eux, tant qu’ils ne peuvent pas déménager, vivre loin de leurs agresseurs, ils prennent partie pour eux, parce que eux ils restent, il ne viennent pas 3 jours avec une caméra, pas sur appel 15 mn aprés comme la police avant de repartir, et ne sont pas virtuel malgré la quantité de personnes qui post leur sympathie, leur indignation, leur crainte, etc... avec vous,

        Non, la bande du bas de l’immeuble, en virée centre ville ou en territoire conquis, est constante, et fini forcément par vous chopper si vous sortez des clous qu’elle vous impose avec son gout prononcé pour l’humiliation et une jouissance non dissimulée pour se taper des laches petits blancs, les « guillaumes », considéré comme des sous hommes sans couilles.

        Tu peu traiter sa mère de pute, lui baiser sa copine en manque de vrai mecs, et lui marcher dessus, il te dira excuse moi, je comprend, je veux pas d’histoire, etc... nique son pays, nique le systême, il s’en fout, traite le de raciste il baisse les yeux tellement il a peur d’etre matraquée partout où il y a de la couleur, et sert toi sans te priver, la vie n’appartient qu’aux forts et leurs règles sont faites pour faire semblant de protéger les faibles.

        Et ce discours que j’ai entendu pour la première fois il y a plus de 19 ans maintenant, quand je vivais en banlieue, force est de constaté qu’il était et reste vrai. Et si les moutons avaient l’intelligence de sortir de leur propre omerta, et ne serais ce que de créer une association de toutes les victimes d’agressions issuent des bandes, qui garderai leur anonymats,

        vous seriez surpris de voir a quel point on ne parle pas d’une seule agression dans un bus que l’on veut ramener a la dimension de "fait divers", mais d’une bien plus profonde et plus ample crise, quasi proportionnel a l’acharnement des politiques de la minimisée et de la cacher, tellement n’importe quel blancs vraiment conscient de cette situation, même quand comme moi il a beaucoup d’amis et compatriote issuent des immigrations récentes,

        ne pourraient pas ne pas en tenir compte, et réagir quasi militairement pour endiguer le problème devant des personnes qui ne comprennent que la violence et le rapport de force, et de virer manu militari aussi l’ensemble des laches et des incompétents qui ont laisser perdurer autant de souffrances française, loin des caméras et de l’attention médiatique, pour faire leur bénéfice.

        amicalement, barbouse.


        • Marianne Marianne 26 avril 2009 10:56

          « Le prestige des racailles » ou comment utlliser un fait divers certes déplorable pour rendre responsable un groupe social - les jeunes de banlieue et pas blancs de surcroît - des maux de notre société.

          Le problème est que cette violence est le reflet de la violence de la société dans laquelle nous vivons et que ceux qui la dénoncent - voir les derniers communiqués de Sarko sur les bandes - en sont les premiers responsables.

          Car ce qui est fort grave à mon sens c’est que la violence sociale dont sont victimes les jeunes des cités et d’ailleurs, ainsi que les moins jeunes - les salariés de Continental par exemple -, mais aussi les retraités à qui il reste une misère pour vivre après des années de bons et loyaux services, est elle organisée, décidée par des politiques et ceux pour qui, en vérité, ils oeuvrent : les riches patrons et les banquiers.

          Heureusement des sociologues et des intellectuels ont travaillé sur ces questions pour nous permettre de comprendre d’où viennent ces phénomènes de rejet de la société et de ses membres par une partie de la jeunesse.

          Car pour en finir avec cette violence urbaine que vous déplorez, il faut s’attaquer à la racine du mal : la violence institutionnalisée et érigée en principe élémentaire et vertueux des rapports sociaux. La violence du chômage, du coût de la vie, de la marginalisation de certaines couches de la population, la violence des rapports sociaux et l’absence de démocratie à l’entreprise, la violence des bas salaires, etc...

          A ce sujet, je vous invite à lire ce résumé du livre « Violences urbaines, violences sociales »

          de Stéphane Beaud, Michel Pialoux, Paris, Fayard, 2003

          À Montbéliard, le 12 juillet 2000, une émeute éclate dans la Zup de la PetiteHollande. La volonté des auteurs est ici d’étudier ce que cet événement fait apparaître des rapports entre la violence sociale contemporaine et la violence urbaine qui touche les grands ensembles. Pour les sociologues, l’événement est d’abord à relier aux effets de l’internationalisation de l’économie qui, en délégitimant l’État dans son rôle d’or ganisation du marché et de la société depuis 1975, bouleverse le rapport au travail et à l’emploi.

          Dans un premier temps, le livre restitue, en examinant les conditions d’entrée des jeunes sur le marché du travail local, l’univers social des ouvriers du « Temps long de la crise. » Ensuite, l’ouvrage analyse les effets sociaux de la reprise économique entre 1998 et 2001 en les mettant en perspective avec les enjeux relatifs à « la relégation spatiale et sociale des enfants d’immigrés. » La Mission locale oriente essentiellement les jeunes issus des lycées professionnels et techniques vers des stages et des contrats d’intérim qui enregistrent la mise à l’écart précoce de ce public du vrai marché du travail. Les auteurs observent que les politiques de gestion de la main d’oeuvre, en se durcissant, accentuent les écarts générationnels et accélèrent la recomposition des rapports de classe. 

          Les sociologues remarquent qu’au travail, la priorité des jeunes issus de l’immigration est de se protéger contre le racisme. Cette préoccupation compromet l’engagement aux côtés de responsables syndicaux peu soucieux d’apaiser l’hostilité des Français à l’égard des étrangers, qui recoupe l’antagonisme intergénérationnel. En fait, ces jeunes, tout en voulant « échapper au destin de leurs aînés, » sont acculés à un monde de l’entreprise qui ne veut pas d’eux. Les auteurs montrent que les possibles de cette jeunesse se rétrécissent aussi à mesure que la volonté de bien faire des uns échoue sur l’exaspération engendrée par les provocations et les pratiques violentes des autres.

          Ces jeunes ont observé la vulnérabilité des aînés face à l’exploitation de leur travail. Ils ont aussi subi aux côtés de leurs parents les effets stigmatisants de la ségrégation résidentielle et enfin éprouvé les effets sociaux de la montée du Front national. Ils représentent dans l’espace public ce que les auteurs appellent la « nouvelle “classe dangereuse”. » La radicalisation des comportements dans les années 1990 est l’une des expressions du refus de la maltraitance sociale institutionnalisée. L’impuissance face à la précarité constitue le ressort fondamental de la « rage multiforme » de jeunes qui, nulle part, ne se sentent « être comme il faut. » Leur faible propension à se conformer, notamment dans le salariat, aux modèles de réussite de référence, et de fait à se reconnaître dans leurs semblables socialement « plus chanceux », renforce l’inclination à des comportements violents qu’on peut voir comme les signes forts et visibles d’une logique profonde d’« autodestruction. »

          Les auteurs montrent ainsi que dans les quartiers de relégation, contrairement à l’idée largement répandue dans le champ politique et excessivement relayée par les médias, la violence urbaine n’est pas le fait d’une minorité que l’arsenal répressif peut empêcher d’agir. Les faits observés à Sochaux invalident aussi l’idée que le rapport des jeunes au monde social est nécessairement lié à l’état de l’économie. D’ailleurs, la relance, à partir de 1998, en engendrant plus de ressentiment que de satisfaction, contribue à la production sociale des troubles de l’été 2000. L’impossibilité, pour ces jeunes, de tirer un profit social effectif de l’embellie économique, est un indice majeur de leur disqualification, et un facteur essentiel dans le raidissement de leurs positions.

          La relance confirme le caractère explosif de l’insécurité sociale de cette population dont le ressentiment s’exprime dans l’espace public via les logiques de provocation et les malveillances. D’aucuns pourront le regretter, les auteurs, sur leur terrain d’enquête, détournent leur regard des « violences quotidiennes » que la sociologie essaie depuis longtemps, et souvent laborieusement, d’expliquer. L’étude de la « genèse sociale » de l’émeute du 12 juillet 2000 éloigne les sociologues de ce qui fait l’événement dans l’instant. C’est justement en se préservant des attraits trompeurs de l’opinion que les auteurs parviennent à mettre à nu la violence patente que les logiques discriminatoires représentent et produisent en retour.



        • JC. Moreau JC. Moreau 26 avril 2009 15:39

          @Marianne,

          Merci pour votre intervention, parfaitement symptomatique de l’idéologie brièvement analysée ici.

          Ps : Vous noterez d’ailleurs que, dans les commentaires vers lesquels je vous renvoie, ce ne sont pas tant vos arguments qui sont dénoncés que leur systématisation, leur prétention à expliquer à eux seuls un phénomène autrement plus complexe qu’un simple rapport de cause à conséquence entre condition sociale et comportement délinquant.


        • Marianne Marianne 26 avril 2009 17:49

          « ...leur prétention à expliquer à eux seuls un phénomène autrement plus complexe qu’un simple rapport de cause à conséquence entre condition sociale et comportement délinquant. »

          Vous parlez d’« un phénomène autrement plus complexe », mais je ne lis RIEN dans votre article qui explique le phénomène, pas même le commencement d’une explication.

          Pour vous la seule raison de son acte est que ce jeune n’est pas blanc et qu’il est raciste.

          Vous ne vous interrogez même pas sur la question de savoir si ce racisme que vous lui prêtez : « sale français » (admonestation que je ne suis pas sûre d’ailleurs d’avoir entendu, la video n’étant plus disponible sur le net) est une réponse au racisme dont il est lui-même l’objet dans sa vie quotidienne.

          C’est problématique car une des causes de son racisme est sans doute le vôtre.


        • JC. Moreau JC. Moreau 26 avril 2009 20:16

          @ Marianne

          Vous parlez d’« un phénomène autrement plus complexe », mais je ne lis
          RIEN dans votre article qui explique le phénomène, pas même le commencement
          d’une explication.

          L’explication y est, mais vous n’avez pas su ou pas voulu la lire, étant donné que le premier facteur favorisant la délinquance réside précisément dans la tolérance individuelle à son égard. Les nombreuses réactions de déni après cette agression ne font malheureusement que mon conforter dans cette opinion.

           
           
           
          Pour vous la seule raison de son acte est que ce jeune n’est pas blanc et
          qu’il est raciste.

          Si vous relisez plus attentivement, vous comprendrez que le caractère exclusivement raciste ou non de l’agression est pour moi secondaire dans cette affaire - tout en estimant cependant qu’il est aberrant de nier cette dimension de l’agression - et que je m’intéresse en réalité plus au comportement ultérieur de la victime qu’aux motivations profondes des agresseurs.
           
           
           
          Vous ne vous interrogez même pas sur la question de savoir si ce racisme
          que vous lui prêtez : « sale français » (admonestation que je ne suis pas
          sûre d’ailleurs d’avoir entendu, la video n’étant plus disponible sur le
          net) est une réponse au racisme dont il est lui-même l’objet dans sa vie
          quotidienne.

          Au contraire. J’en suis même quasiment convaincu. Mais ce qui me distingue de vous, c’est que je considère qu’il ne lui suffit de croire que son racisme est une réponse légitime à celui qu’il a pu subir pour qu’il ait raison de le penser.
           
           
           
          C’est problématique car une des causes de son racisme est sans doute le
          vôtre.

          Commencez par trouver dans mon article ou dans mes commentaires de quoi étayer votre accusation.
          Sinon, à défaut d’éléments tangibles, il vous reste toujours la méthode Royal... Je vous écris le texte, vous gagnerez du temps :

          « Cher étudiant, au nom de la France blessée par votre agression, je tenais à m’excuser pour le racisme de JC. Moreau, lequel a commandé à votre tragique destin par ses pensées jugées impures et qui vous ont désigné à la vindicte légitime de vos agresseurs, elles-mêmes victimes auprès de qui je tiens, par la même occasion, à présenter mes plus sincères excuses pour la vive douleur que leur cause aujourd’hui le remords accablant qu’ils éprouvent d’avoir été contraints de commettre un tel acte malgré eux ».
           


        • Marianne Marianne 26 avril 2009 20:25

          De plus, je ne pense pas qu’un « sale français » soit raciste au sens où on l’entend généralement. En effet^, le fait d’être français n’a jamais été considéré comme le fait d’appartenir à une race (vous n’êtes donc pas de la même race qu’un britannique ?)
          Tandis qu’être noir ou arabe, a été (histoire coloniale) et est considéré comme l’appartenance à une race par des blancs français ou d’autres nationalités.

          En ce qui me concerne, je sais que les races humaines n’existent pas, à part dans la bouche des racistes.

          S’il était raciste, ce jeune aurait dit « sale blanc ». Ce n’est pas la couleur de peau de l’autre qu’il fustige mais sa nationalité. Bien sûr, comme vous le laisse supposer mon pseudo, je suis attachée à la nation française et à la Républlque. Mais un raciste dit « sale arabe » ou « sale nègre » pas « sale marocain » ou « sale ivoirien ».

          Et le fait qu’il fustige la nationalité de l’autre est pour moi le signe que c’est aussi et surtout après la nation française qu’il en a. Pour toutes les raisons évoquées plus haut : exclusion sociale, chômage, racisme. 

          Le fait qu’il frappe cette personne est bien sûr inadmissible.
          Si toutefois cette video n’est pas une mise en scène.


        • JC. Moreau JC. Moreau 26 avril 2009 22:49

          @ Marianne

          S’il vous faut vraiment une preuve du caractère raciste, ou précisément de la connotation racialiste (merci Cosmic) de l’expression « sale français de merde », je vous renvoie au discours élaboré par les « indigènes de la République », lesquels n’hésitent pas à faire l’amalgame entre entre « blanc » et « Français » au travers du néologisme « souchien ».

          Par ailleurs, si l’on suit votre raisonnement, les injures des époques antérieures sur les « ritals » et les « pollacks » ne seraient pas racistes puisque faisant directement référence à la nationalité des personnes injuriées...
           
          Et le fait qu’il fustige la nationalité de l’autre est pour moi le signe
          que c’est aussi et surtout après la nation française qu’il en a. Pour
          toutes les raisons évoquées plus haut : exclusion sociale, chômage,
          racisme.

          Essayez vous sérieusement de me convaincre que l’injure proférée par le dernier agresseur procède d’un acte politique ? J’insiste sur le « sérieusement »…

          Le fait qu’il frappe cette personne est bien sûr inadmissible.
           
          Si toutefois cette video n’est pas une mise en scène.

          Ne vous inquiétez pas, si toutes les procédures aboutissent dans le sens désiré par la victime, le doute que vous émettez aujourd’hui, en dépit des preuves fournies par les rapports de police et la direction de la RATP, pourra prospérer à son aise.


        • Marianne Marianne 27 avril 2009 07:16

          La victime pense sans doute qu’elle a fait l’objet de ces coups et injures juste pour les caméras... et que c’est un coup monté ! Ce que je ne suis pas loin de penser également.

          Ce qui ne veut pas dire bien sûr que ce genre de choses n’arrive jamais.


        • barbouse, KECK Mickaël barbouse 29 avril 2009 22:10

          @marianne,

          réaction tardive, peut être non lu, mais j’ai tellement adoré votre dénie du réel que je me suis dit que cela méritai une petite bafouille,

          alors vous invoquez l’autorité de sociologues et d’intelligences dans votre premier post, dont chacun a constater, surtout en banlieue, leur perspicacité et surtout capacité a être une « autorité sérieuse » en la matière. Autant vous dire qu’elle est considérer comme nulle et non à venue,

          Et pour ma part cela fait plus de 15 ans que je correspond avec des sociologues qui ont toujours reconnue la violence perpétré par le systeme sur l’individu en OFF, mais sont bien incapable de l’affirmer officiellement, ne serais ce que par c’est une remise en cause un peu trop « profonde ».

          Et pour votre gouverne, ils ne savent pas comment on survie avec un RMI, ne connaissent même pas les postes de dépenses d’un rmiste, ni ne fond de rapport sur le sujet, parce que le moindre début d’enquête arrive au constat que c’est impossible, au moindre coup dur engageant des frais, sans franchir la légalité.

          Ensuite vous niez le racisme anti blanc, parce que vous rebutez sur le mot « sale français », c’est ignorer a quel point on ne sent pas français en banlieue, et a quel point le sous chien est pâle dans leur opinion.

          vous niez les races, et c’est une jolie manière de ne pas voir ce que vos yeux voies, mais le problème n’est pas tant votre opinion, que celle d’une partie des autres qui pensent qu’ils en ont une a chaque fois qu’ils se regardent dans la glace, se disent qu’elle a une valeur socialement clivante, même par vous dont le dénie équivaut a un dénie d’eux même tel qu’ils se sentent être, et qu’ils agissent et réagissent en fonction. Aussi, vous constaterez qu’on a pas demander a l’agresser s’il était anti raciste avant de le frapper.

          Vous niez la fiabilité de la vidéo, et aprés tout, pourquoi pas, je ne peu vous souhaitez d’être a votre tour proche d’une victime d’agression, ou agressé, ou dans le bus, mais in vivo, en situation, vous constateriez de vous même que le recours a la tactique de l’autruche la tête dans le sable et l’explication dans des livres ne vous apparaitra pas forcément comme la stratégie la plus adaptée pour continuer a dormir tranquille.

          bonne nuit marianne, attention parfois les réveils quand on plane trop peuvent être brutaux.

          amicalement, barbouse.


        • Stéphane Bouleaux 24 avril 2009 14:02

          Il n’y a pas de prestige des racailles, il y a incompetence de la police et de la justice et faiblesse des « élus ».

          Sans compte sur l’angélisme et le voyeurisme des medias (« des jeunes ») soutenus par toute une classe de bobos-anars qui revent d’un mai 68 « de couleur ». (cf gazi plus haut).

          Ces petites crapules meritent les travaux forcés pour dédommager la victime, la prison ou la perte de la nationalité francaise assortie d’une expulsion du terrictoire.

          Des « chances pour la france », il en vient tous les jours, on ne va donc pas en manquer.


          • abdelkader17 24 avril 2009 14:25

            @Bouleaux
            et pourquoi pas la réouverture du goulag tu ferais un excellent gardien de camp toi l’extrémiste.


          • Stéphane Bouleaux 24 avril 2009 14:30

            Qui a parlé de goulag ou d’« extremisme » ?

            Je trouve normal qu’un criminel soit puni, doive réparation à la victime et ne coute pas un centime à la collectivité !
            Pas vous ?

            Vous preferez sans doute les methodes plus ... exotiques ? Genre lapidation ou suppression d’une main ?

            A moins que vous ne vouliez faire passer le message que les voyous, du moment qu’ils sont jeunes, musulmans ou fils d’immigrés, sont intouchables ?


          • Gazi BORAT 24 avril 2009 15:34

            @ drag queen

            C’est quoi au juste un « Bobo » ?

            gAZi bORAt

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