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Le scandale chronique des résultats scientifiques falsifiés : crise du lobbying et des pouvoirs discrétionnaires

L’affaire des résultats falsifiés sur le clonage de cellules souches humaines à l’Université de Séoul nous est souvent présenté, en France, comme un cas isolé, un problème « coréen ». Mais les résultats falsifiés étaient parus dans la très prestigieuse revue américaine Science. A présent, on nous parle également d’une « douche froide pour les ambitions technologiques chinoises » (Nouvel Observateur, 16 mai) du fait qu’un jeune chercheur en informatique formé aux Etats-Unis, qui avait annoncé la mise au point d’un nouveau processeur digital, s’est avéré être un faussaire : il semblerait que « la pression (soit) trop forte sur les scientifiques chinois ». La réalité est que ces affaires sont loin d’être les seules qui secouent depuis longtemps les institutions scientifiques au niveau mondial, et pas spécifiquement en Chine ou en Corée. Un peu partout, de nombreux résultats falsifiés ont passé sans difficulté le barrage des « comités de lecture » dans les principales revues internationales. Les auteurs de ces faux sont invariablement des chercheurs connus et devenus influents, pas des « marginaux ». L’exemple coréen constitue, précisément, une poignante illustration de la crise profonde que traverse le monde scientifique dans l’ensemble des pays industrialisés. Mais pas seulement : il s’agit en réalité d’un problème plus global de notre société, celui des effets néfastes du lobbying, des pouvoirs discrétionnaires et de l’immunité institutionnelle.

La nouvelle circule depuis une dizaine de jours : l’ex-professeur de l’Université de Séoul, Hwang Woo-suk, récemment déchu pour fraude scientifique et entorses à l’éthique, a été inculpé pour « fraude, détournement de fonds et violation de la bioéthique » (voir, par exemple, Le Monde - AFP, dépêche du 12 mai). Cinq autres membres de son équipe doivent également faire face à des poursuites. Presque en même temps, on apprenait que « la superpuce chinoise n’était qu’une supercherie » (Libération du 16 mai), à propos de l’invention du premier microprocesseur électronique chinois annoncée par le « héros technologique », Chen Jin.

Ces annonces ont incité certains à parler du « système chinois », comme si la Chine n’était pas un réservoir de main-d’oeuvre dont se servent de plus en plus nos industriels à la recherche de bas salaires pendant que le chômage des français s’installe dans la durée. Voire d’un « problème de l’Asie », comme si de telles fraudes n’avaient pas lieu en Europe ou aux Etats-Unis. Précisément, la Corée du Sud est un excellent élève du « modèle occidental » et Chen Jin, un diplômé de l’Université du Texas. Quant à la « pression », il serait sans doute utile de donner un peu la parole aux très nombreux chercheurs précaires qui, à commencer par les doctorants, remplissent les laboratoires français.

On ne peut, à ce sujet, que rappeler, parmi tant d’autres, l’affaire des résultats falsifiés publiés jusqu’en 2001 par un chercheur des Laboratoires Bell aux Etats-Unis, qui prétendait avoir créé des transistors fonctionnant à l’échelle moléculaire, ce qui avait été salué comme une grande percée. Comme les travaux litigieux de Hwang, ceux de Jan Hendrik Schön avaient été publiés par la revue américaine Science. La revue britannique Nature en avait également accepté plusieurs. Voir, par exemple : cet article de la Wikipedia ou encore celui de la CBC.

Il y a également l’affaire plus récente, survenue en Norvège où, d’après Le Monde (21 janvier dernier) : « Un médecin et chercheur... a admis avoir fabriqué, avec des centaines de faux patients, une étude sur le cancer de la bouche dont les résultats ont été publiés en octobre 2005 dans le prestigieux magazine médical britannique The Lancet. »

Ce ne sont que deux exemples parmi les multiples que, malheureusement, nous a fournis la recherche occidentale au cours des années récentes. Dans un article de cette année, J R Soc Med 2006 ; 99 , 232 - 237 , le Journal of The Royal Society of medecine met explicitement en cause l’analyse coutumière tendant à présenter chaque affaire de fraude scientifique comme un cas isolé. C’est du simple bon sens, car elles sont trop nombreuses.

Mais dans ce cas, quelles sont les causes profondes de cette prolifération des fraudes scientifiques ? Une question que Science, qui a diffusé un dossier complet sur l’affaire des résultats « coréens » falsifiés qu’elle avait publiés, est bien obligée de se poser également. S’agit-il d’une simple « course à la publication » ? Tel ne semble pas être le cas, d’autant plus que les responsables des falsifications ne sont pas des chercheurs « de base ». Les enjeux sont sans doute beaucoup plus importants.

Pour les institutions scientifiques françaises, ces problèmes ne concerneraient pas la France. Mais un tel « raisonnement » est-il bien « raisonnable », si j’ose dire ? Dans un article mis en ligne il y a exactement un an (le 24 mai 2005) et intitulé : « Clonage thérapeutique : après le succès coréen, vers une levée de l’interdiction ? » , la Cité des sciences écrivait, dans un chapitre intitulé : « La Corée : pays roi du clonage humain » que : « Un an après l’annonce fracassante du premier clonage d’embryon humain, l’équipe de chercheurs sud-coréens dirigée par le professeur Woo Suk Hwang vient de réussir un nouvel exploit : cultiver onze lignées de cellules souches obtenues à partir d’embryons clonés ». Quelles vérifications les auteurs de l’article avaient-ils fait des résultats de l’équipe de Séoul pour avancer un tel verdict ? Il semble, tout simplement, qu’ils aient « cru » Science du fait que cette revue avait accepté les articles de l’équipe de Séoul.

Dans le même article de la Cité des sciences, un directeur de laboratoire très connu déclare : « Les résultats de l’équipe coréenne démontrent que la technique de base est désormais accessible ». Autant dire que des intérêts industriels « ne pouvaient plus attendre ». Gèneéthique considère ce directeur de laboratoire comme un défenseur des exigences des fabricants de cosmétiques, voir par exemple cet article. Ledit directeur devait, d’après Le Monde (23 novembre 2005), tenir une conférence de presse à Paris conjointement avec l’alors Professeur Hwang, à l’occasion d’une cérémonie des Victoires de la médecine le 24 novembre, au Théâtre des Folies Bergères, au cours de laquelle il était prévu de décerner au chercheur coréen le prix de « l’homme de l’année 2005 ». Une cérémonie pour laquelle M. Hwang a dû annuler sa participation in extremis, à cause du « scandale éthique » qui commençait à prendre de l’importance en Corée. Le 21 novembre, Scientific American avait qualifié Hwang Woo-Suk de « dirigeant de la recherche de l’année ».

On pourrait, malheureusement, continuer longtemps l’exposé, d’autant plus que l’article précité de la Cité des sciences porte l’introduction : « Alors que deux réussites majeures dans le domaine du clonage thérapeutique viennent d’être annoncées, le débat autour de cette technique est plus que jamais d’actualité. En France, une proposition de loi vient d’être déposée afin d’abroger l’article de la loi interdisant le clonage d’embryons humains à des fins thérapeutiques ». Et sur quels examens scientifiques de la question s’étaient fondés les parlementaires ? Encore un sujet sur lequel on pourrait écrire longuement, car ce genre d’initiative a rencontré un large soutien, tous courants politiques confondus. Et lorsqu’on lit (Le Monde avec AFP, 12 mai) que M. Hwang aurait « remis de l’argent à des politiciens et à des cadres d’importants conglomérats qui avaient fait des dons à son équipe de recherche », peut-on sérieusement prétendre que, globalement dans la société, c’est un « problème spécifiquement coréen » ? Aurait-on si vite oublié le passé récent de la France, les scandales aux Etats-Unis et ailleurs... ?

Dans tous les pays industrialisés, les hiérarchies des institutions académiques et scientifiques sont super-protégées par leur condition de détentrices du pouvoir de décerner des diplômes, par leurs liens directs avec le milieu des décideurs, par leur participation à de nombreuses activités au sommet de l’Etat et des grandes entreprises privées, par leur osmose avec les plus puissants secteurs de l’Etat, leurs contrats industriels, leur contrôle dans l’ensemble d’importantes administrations avec des budgets très conséquents... Qui les contrôle vraiment, qui ose les censurer ? Personne, sauf rares exceptions. En général, on fait confiance au « jugement par les pairs ». Mais, de nos jours, le « jugement par les pairs » est devenu le lobbying des personnes influentes, à l’échelle nationale et internationale. Si quelqu’un est détenteur d’un pouvoir significatif, « on lui fait confiance », et c’est réciproque. Mais avec une telle logique, l’évaluation scientifique, le contrôle administratif... ne peuvent que dépérir. Le pouvoir devient alors, de fait, discrétionnaire, et incontrôlé, le corporatisme des coupoles aidant, et quoi qu’en disent les textes statutaires que l’on affiche pour la galerie.

Il va de soi, d’ailleurs, que ce problème d’immunité institutionnelle n’est pas circonscrit aux institutions scientifiques. Mais les événements récents, y compris en France, mettent en évidence le développement au sein de ces dernières d’une crise devenue d’autant plus profonde qu’il ne semble exister aucune volonté politique de s’y attaquer. En 2005, les Français ont assisté à la mise en examen de trois importants établissements universitaires et scientifiques en rapport avec l’affaire de l’amiante de Jussieu (voir le site du comité anti-amiante), au constat de la faillite des experts dans l’affaire d’Outreau (parmi lesquels se trouvait un professeur directeur de laboratoire), à la montée des tensions au sein des instances dirigeantes du CNRS qui a abouti à la démission du président début janvier et à un changement de directeur général deux semaines plus tard... Dans un communiqué se plaignant de cette dernière mesure, l’équipe de direction sortante défendait ses orientations dans le sens d’un renforcement du « management ». Précisons qu’une fonction de « directeur scientifique général » du CNRS avait été créée pour la première fois par décision du 30 juin 2005, séparée de celle de directeur général et sous sa tutelle. Ce qui ouvrait la voie à l’accès de non-scientifiques à la direction générale, dans la logique corporatiste de la « haute fonction publique ».

Partout, ce semble être la course au pouvoir et à l’influence, la volonté de les préserver et de les renforcer, que peuvent aggraver des enjeux industriels et financiers peu transparents, qui se trouve à l’origine de cette crise institutionnelle générale. Mais si c’est cela qui compte... qui a intérêt à travailler et à créer, au lieu de « gérer » ?

Source illustration : Artezia


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256 réactions à cet article    


  • W !ll (---.---.154.29) 26 mai 2006 11:21

    Article intéressant.

    On serait tenté de penser que les lobyings industriels et financiers sont peut-être la cause de ceux-ci.


    • Guy (---.---.99.52) 2 juin 2006 13:47

      Oui, la crise des institutions scientifiques est la crise d’entités publiques censées être indépendantes d’intérêts privés et au sein desquelles on a encouragé, de l’extérieur, le lobbying, les réseaux d’influence, les visées politiciennes, le manque de rigueur professionnelle, la passivité collective... pour que les intérêts privés puissent y pénétrer à leur aise.

      On parle, dans l’ensemble des pays « occidentaux et assimilés », du scandale de la prolifération de résultats scientifiques falsifiés provenant, non pas de chercheurs malfamés, mais de personnes bien placées et influentes fortement soutenues par les instututions. Mais, en même temps, d’autres administrations et des entreprises connaissent des problèmes que l’on peut valablement apparenter à celui des résultats scientifiques falsifiés.

      Par exemple, et sans vouloir porter atteinte à la présomption d’innocence, on apprend par AFP et d’autres médias la mise en examen, le mercredi 31 mai, d’un professeur ancien chef de l’Autorité de Protection Nucléaire à propos du passage du nuage de Tchernobyl au-dessus de la France en 1986. D’après les dépêches, cet ancien haut responsable a été mis en examen pour « tromperie aggravée » et entendu comme témoin assisté de son avocat pour des faits de « blessures involontaires ». Il est question de mesures radioactives « occultées », de « cartes de relevés incomplètes »... ou encore du grief que « la publication de valeurs moyennes par département a masqué la présence d’isotopes radioactifs dangereux concentrés dans certaines zones à forte pluviosité ».

      Attendons voir la fin de cette affaire, mais l’existence d’un problème de société paraît effet évidente.


    • Guy (---.---.99.52) 2 juin 2006 14:59

      Qu’autour d’une affaire comme celle du nuage radioactif de Tchernobyl se manifestent de nombreux intérêts politiques, industriels, lobbistes... est une réalité impossible à nier.

      De ce point de vue, tout en respectatnt la présomption d’innocence, une biographie objective du professeur de l’Université Paris V, lauréat des Académies de Médecine et des Sciences, fondateur et directeur du Service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI), etc... mis en examen le 31 mai peut aider à comprendre ce qui s’est passé. Wikipédia a entrepris de la rédiger :

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Pellerin


    • 3333 (---.---.23.136) 4 juin 2006 13:28

      Plus bas, dans un commentaire d’aujourd’hui à 11H22 intitulé : « Crise des institutions scientifiques et »technique« des annonces prématurées », Alfred aborde l’affaire de l’ « amplificateur d’énergie », sans aucun doute un joli fiasco institutionnel.

      Une affaire dont des écologistes et des chercheurs du nucléaire avaient depuis longtemps parlé à plusieurs reprises, mais dont les organismes scientifiques ne semblent avoir souhaité tirer aucun enseignement et sur laquelle la presse est devenue discrète lorsque « ça ne s’est pas bien passé ». Peut-être, tout simplement, parce qu’un examen conséquent du dossier aurait conduit à la mise en cause de nombre de dirigeants en place et de promotions accordées grâce à ce projet, et parce qu’il aurait fallu également voir de près ce qu’avait été la campagne médiatique.

      Sur ce programme de recherche, pour lequel une énorme ligne budgétaire était en vue (autrement, les parlementaires n’en auraient pas été saisis), un rapport parlementaire avait déjà souligné en 1997 :

      http://www.senat.fr/rap/o97-612/o97-61238.html

      " 2.4. Le réacteur hybride, médaille d’or du marketing scientifique

      (...)

      .. il semble important de soulever quelques questions clé, même si l’aspect lisse et consensuel que prend le thème des réacteurs hybrides, les décourage a priori."

      En effet, les lobbies scientifiques ont développé des puissantes machines de propagande et bénéficient d’incroyables appuis un peu partout.

      L’article d’André Gsponer que cite Alfred mérite d’être lu :

      http://cui.unige.ch/isi/sscr/phys/Rubbiatron.html


    • 3333 (---.---.23.136) 4 juin 2006 13:38

      L’affaire de l’ « amplificateur d’energie » n’a comporté aucun faux caractérisé, mais elle soulève malgré tout de graves interrogations sur le fonctionnement des organismes de recherche qui, pourtant, possèdent en théorie de nombreuses instances d’évaluation dont on nous dit qu’elles travaillent très bien : où étaient toutes ces instances, qui ne semblent pas être intervenues pour ramener dans le domaine du raisonnable le soutien que l’on pouvait accorder à ce projet de réacteur hybride ?

      Voir également :

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Rubbiatron

      et, lorsque le chercheur suisse André Gsponer écrit par exemple :

      http://cui.unige.ch/isi/sscr/phys/Rubbiatron.html

      « des calculs détaillés effectués par Jacques Maillard et son étudiante de thèse Fabienne Bacha montraient qu’une telle fenêtre pouvait se rompre au bout de quelques heures en raison de l’intense bombardement par les protons accélérés. Il fallu attendre la première expérience tant soit peu réaliste, l’expérience LISOR au Paul Scherrer Institut (PSI) près de Zurich, pour vérifier que leur prédiction était correcte. Le 5 juillet 2002, après 36 heures d’irradiation à pleine puissance, la fenêtre se fendit, et un jet de plomb-bismuth fondu légèrement radioactif arrosa l’appareillage. Les scientifiques et la direction du PSI essayèrent de garder le silence sur cet ``incident,’’ et il a fallu mon intervention personnelle pour que certains détails techniques soient publiés en janvier 2003. »

      il ne semble qu’il ait fait l’objet d’aucun démenti.


    • who_cares (---.---.159.75) 26 mai 2006 11:29

      Peut-être que les chercheurs ont une « obligation de résultats » sans quoi leurs mécènes cessent de les financer...


      • « Publish or perish » a bon dos... (---.---.18.78) 26 mai 2006 17:57

        Justement, non ! Car les chercheurs sont de plus en plus embrigadés et ceux qui les chapeautent n’ont aucune « obligation de résultats », car ils s’entre-évaluent en cercle fermé. Seuls des chercheurs qui tentent d’être indépendants peuvent se voir opposer une « obligation de résultats » de circonstance pour leur barrer le route.

        En l’espèce, l’équipe coréenne avait déjà obtenu des résultats plus que suffisants, tel le clonage réussi d’un chien. Mais, en matière de clonage humain, la partie qui s’est jouée était tout autre.


      • Jean-Pierre An Alre (---.---.116.74) 26 mai 2006 13:07

        Je pense que les Lobbies ont d’autres tâches que publier dans des revues scientifiques. Seuls les scientifiques et leurs managers y ont intérêt.

        Il y a plutôt un mal moderne : L’envie d’être une star dans un monde où il y a la seule communication est celle faite sur les stars. C’est quoi la communication scientifique aujourd’hui ?
        - On a trouvé la vie sur Mars ? (alors que cela a été démenti depuis mais sans publicité).
        - On a trouvé le secret d’avant le big-Bang (je ne parle pas des Bogdanoff smiley mais c’est du même niveau.
        - On a trouvé de l’eau sur la Lune (alors qu’il n’y a eu que des traces spectrals d’hydrogène)
        - Des souris transmettent un caractère sans son gène
        - Iter qui ne produira pas de résultats avant 40 ans (une partie d’entre nous seront décédés) mais il va couter 2 milliards.
        - Un dénommé Lazlo Kish a trouvé un moyen de transmettre des informations sans qu’un espion puisse en avoir connaissance, c’est vrai mais seul hic, le destinataire ne peut pas en avoir connaissance ! Bien que cela est été dénoncé par des chercheurs de Standford (si ma mémoire est bonne) l’université mère de Kish ne fait rien et le laisse publier d’autres papiers ! Normal c’est un ponte. Le Kish même annonce sur sa page perso de l’université avoir écrit 12 brevets dont il n’y a pas la moindre trace sur le site du gouvernement Américain.
        - Un membre invité de Standford (mais pas comme professeur ni post-doc) a découvert un nouvelle théorie à parir d’une petite anomalie de la relativité. Là heureusement le ménage a été fait par l’Université.
        - Aujourd’hui même : Scientists Predict How to Detect a Fourth Dimension of Space (http://www.physorg.com/news67773542.html)
        - Le Dr Michal Kovac a trouvé un lien entre les éruptions solaires et les hémorragies cérébrales.
        - La théorie des cordes existe depuis 30 ans, des gens ont bati des carrières entière dessus sans que la moindre preuve de sa pertinence est été apporté.
        - La fusion froide : Les résultats ont été falsifiés et cela a été mis en évidence sans que cela soit rendu public.
        - La NASA a un programme (breakthrough in propulsion) qui finance des charlatans depuis plusieurs années.
        - Le professeur Pendry a trouvé un moyen de se rendre invisible, une application pour les radars sera prête parait-il dans 18 mois. Sachant que c’est basé sur la raréfaction cette affirmation laisse pantois !
        - Vieux de quelques mois : On a trouvé la trace d’une *espèce* humaine différente de la nôtre : Des Hobbits en Indonésie ! ...

        Or toutes ces annonces sont suspectes d’un point de vue scientifique et parfois voire souvent c’est énorme et grotesque.

        Une chose est sûre, il faut se méfier de l’argument d’autorité. Le bon sens est la meilleure arme contre les élucubrations des uns et des autres.

        JP


        • Gnol (---.---.192.187) 26 mai 2006 17:24

          Faudrait voir à pas non plus nous faire une paranoïa dans l’autre sens...

          La moitier des exemples que tu cites sont tout à fait crédibles et les recherches se poursuivent... avec des raisonnements aussi idiots (plus c’est gros, plus c’est improbable), Einstein n’aurait jamais été reconnu, Darwin mis au pilori et Watson et Crick charlatanisés...

          Pour simplement reprendre un de tes exemple, les cas des « hobbits » d’indonésie... des ossements anciens d’humanoîdes de petite taille ont effectivement été retrouvés en indonésie... une des hypothèses (j’insiste sur ce mot) émise et qu’il pourrait s’agir d’une espèce proche de l’homme avec de nombreuses caractéristiques de l’homme moderne... d’autres penchent plutôt pour des individus dont la croissance à été modifiée par une maladie génétique (microcéphalie pour être exacte)... le débat reste ouvert en absence de pruves formelles.

          il y a des fraudes c’est certain et certains labo/universités sont particulièrement connus pour ça, mais une trop grande généralisation est néfaste... rester sceptique et se poser des questions c’est bine, virer à la parano c’est grave


        • « Publish or perish » a bon dos... (---.---.18.199) 26 mai 2006 17:51

          Ne pas confondre le résultat extrapolé ou hâtivement annoncé avec la falsification préméditée.

          C’est vrai que, souvent, des chercheurs « défendent trop » un résultat face à des concurrents qui le critiquent, le temps d’obtenir des promotions ou des financements, pour le laisser tomber ensuite. C’est contraire à l’éthique, mais ce n’est comparable à une affaire comme celle du faux clonage de cellules souches humaines où les enjeux financiers, politiques, industriels... étaient énormes.

          La question qu’on peut se poser est : poourquoi la presse américaine a-t-elle réagi avec une telle énergie ? Car c’est elle qui a soutenu les « dissidents »coréens et aidé de manière décisive à démarquer la supercherie. Sans doute, ce sont les enjeux industriels qui se trouvent derrière cette fermeté de la presse US, laquelle a été beaucoup plus militante que la presse française.


        • Sam (---.---.155.211) 27 mai 2006 11:30

          « ..Le bon sens est la meilleure arme contre les élucubrations des uns et des autres... »

          Pas seulement. Dissocier clairement recherche publique et privée est aussi un moyen de contrer les dérives. Financer convenablement ces chercheurs et leurs activités aussi.

          Augmenter les procédures de validations des recherches par les scientifiques eux-mêmes, en comités pluri-partites, indépendants des politiques, administratifs, entrepreneurs et autres, me semble aussi important, pour faire que les revues ne soient pas les seuls critères de validation, alors qu’elles forment un débouché obligé pour les chercheurs, ainsi qu’une valorisation pour les gens qui font les recensions.

          Le désir d’être publié et le prestige de faire des recensions contrant, évidemment, l’indépendance critique de ces revues....


        • Jojo2 (---.---.255.244) 26 mai 2006 14:58

          Publish or perish. Tout est là. Tout vient, à mon avis, de l’ISI et du détournement par les gestionnaires de l’Impact Factor, détournement encouragé par les madarins car favorisant les grosses structures.

          Rappelons de Hwang avait réussi à cloner un chien selon une méthode tout à fait « conventionnelle » et qu’il pensait que le clonage humain selon la même méthode n’était qu’une affaire de temps. Mauvaise pioche.


          • « Publish or perish » a bon dos... (---.---.106.202) 26 mai 2006 17:38

            Attention aux lieux communs sur « publish or perish ». C’est vrai qu’il existe une pression sur les chercheurs pour les pousser à publier, mais c’est surtout un moyen de les contraindre à « rentrer dans les rangs » et à renoncer à entreprendre des recherches originales ou indépendantes.

            C’est un moyen, pour les mandarins, d’empêcher l’émergence de concurrents. Lorsqu’on fait partie d’une vaste collaboration sous la houlette de quelques manitous, on ne fait plus de véritable recherche mais du travail d’exécutant, mais on n’a plus aucun problème pour publier ni pour avoir des promotions. Le « chef » s’en charge.

            La thématique des résultats falsifiés n’a rien à voir avec ce problème. Ce n’est pas un chercheur « du contingent » qui peut se permettre de falsifier un résultat : la falsification demande des moyens, du pouvoir ou des protecteurs, de l’influence... Autrement, personne ne croira au faux résultat que l’on annonce et les médias ne mettront pas en marche la machine publicitaire.

            Hwang Woo-Suk n’avait aucun besoin, pour sa carrière personnelle ni pour financer ses recherches, de falsifier des résultats sur le clonage humain. Il avait réussi à cloner un chien, et ça suffissait largement. Les enjeux du clonage humain ne sont pas alimentaires, mais financiers et industriels au plus haut niveau : ils portent sur des milliards à l’échelle planétaire. C’est pour des enjeux de ce calibre qu’on accepte le risque certain que comporte la falsification délibérée de résultats.


          • Jojo2 (---.---.192.28) 26 mai 2006 18:12

            Toute la Corée attendait Hwang sur ce coup là, vu le pèze qu’ils y avaient mis. C’est bien de publish or perish dont il s’agissait.

            Beaucoup de falsifications sont faites par des chercheurs de base. Iminishi-Kari chez Baltimore, le Suédois, les Polonais dont je me souviens plus le nom (c’étaient les plus rigolos...tous leurs articles étaient des plagiats), etc... Besoin de reconnaissance et de publis, ou plus de thunes et le chomedu (aux USA)... La plupart passent inaperçues. D’autant plus que nombre de publis sont FAUSSES !


          • 3333 (---.---.86.176) 26 mai 2006 21:22

            A mon avis, les Coréens se seraient largement satisfaits du clonage d’un chien, que l’équipe de Hwang a effectivement réussi. Les chercheurs, pour la plupart, auraient trouvé ce résultat excellent et n’en auraient pas demandé plus.

            Mais pour les multinationales, la question se posait autrement : il fallait à tout prix un résultat très spectaculaire pour pouvoir déclencher une psychose de « course à la percée technologique » permettant de faire sauter un certain nombre de barrièes bioéthiques.


          • 3333 (---.---.86.176) 26 mai 2006 21:35

            Je pense que les pressions que subissent les chercheurs, mais aussi les personnes compétentes dans bien d’autres professions, ne vont pas dans le sens du « publier ou périr » mais dans celui de la docilité envers les hiérarchies et les lobbies. Ce qui fait horreur actuellement, c’est l’indépendance intellectuelle.

            Les professionnels qui ne « plaisent » pas aux personnalités et groupes influents sont marginalisés, quelle que soit leur compétence dans leur travail. Ceux qui se soumettent et font ce qu’on leur dit ont droit à la « voie royale » au détriment des meilleurs. Celui qui tente de rester indépendant à tout prix le paye très cher.

            C’est donc au sommet du pouvoir qu’on dispose de réels moyens d’agir de manière éthique ou son contraire, et c’est aux hauts responsables qu’il faut demander de s’expliquer lorsqu’un de ces scandales éclate. Car les « autonomies » de façade de la « base » deviennent de plus en plus des pures fictions.


          • Jojo2 (---.---.192.28) 26 mai 2006 21:51

            Ben c’est un peu ça le publish or perish. To be or not to be...oneself.


          • JiPi (---.---.181.96) 27 mai 2006 13:00

            « Mais pour les multinationales, la question se posait autrement : il fallait à tout prix un résultat très spectaculaire pour pouvoir déclencher une psychose de »course à la percée technologique« permettant de faire sauter un certain nombre de barrièes bioéthiques »

            Pour le clonage humain, c’est indéniable.

            La recherche OGM me semble également très exposée à ce genre de dérives. Certains médicaments miracle qui seraient produits par ce biais servent peut-être de couverture à des essais moins consensuels.


          • Marsupilami (---.---.38.194) 26 mai 2006 17:07

            Ouaf !

            Rien de neuf. Je vous conseille la lecture réjouissante et accablante de Tout ce que vous devriez savoir sur la science de H. Collins & T. Pinch, aux éditions Points-Science. Le scientisme est une idéologie qui déconne comme une autre...

            Houba houba !


            • « Publish or perish » a bon dos... (---.---.45.228) 26 mai 2006 17:44

              Attention, on ne voit pas tous les jours un faux résultat scientifique « aboutir » presque aussitôt à des propositions de loi, comme on a pu le voir avec les prétendus « résultats » sur le clonage des cellules souches humaines. Les enjeux industriels et financiers des falsifications de résultats scientifiques deviennent de plus en plus colossaux et font partie d’une course au fait accompli politique et industriel.


            • Hume (---.---.205.1) 26 mai 2006 20:28

              Bravo pour l’article, tres interessant et il pose des bonnes questions. Par contre, je suis un peu « lamine » par les reactions et la perception de la Science (desole d’y mettre une majuscule !) qui y est exprimee. Je crois que l’on parle la d’une minorite de rechercheurs, dont l’attitude et les procedes sont loin d’etre negligeable car l’impact societal peut etre tres grand. Mais pensez un peu aux autres ! Je fais de la recherche en biologie (Neurosciences) depuis 6 ans maintenant et j’ai rencontre beaucoup de gens consciencieux et prudents, malgre les fameuses « pressions » du « plublish or perish » ou du prive. Bref, je trouve que la certitude arrogante qui ressort de certains propos sur les « scientifiques tous pourris », « c’est bien connu », est insultante et plutot demoralisante quand on essaie de bien faire son travail et sa passion, avec rigueur (et si on commence a remettre en question l’echantillonage statistique comme dans un des liens ci-dessus, on peut arreter tout de suite de faire de la recherche). Peut-etre que le gros tort du milieu scientifique est de ne pas s’ouvrir assez et de laisser de tels apriorisme, synomyme pour moi de meconnaissance du milieu scientifique, se propager.


              • Jojo2 (---.---.192.28) 26 mai 2006 20:59

                Dans mon cas, c’est pas de la méconnaissance, c’est de la connaissance. L’article de Ioannidis est tout à fait pertinent. PLOS Biol a un impact factor de 13 et des bananes et PLOS Med n’est pas encore coté, vu qu’il est récent.


              • Hume (---.---.205.1) 26 mai 2006 21:29

                Comment peut-on critiqueer le mode de fonctionnement de la recherche via les articles scientifiques, en doutant de ce qui est ecrit, du systeme de l’ISI (impact factor) et de s’en referer pour justifier son argumentaire, sur un seul article en plus, interessant mais qui n’a rien d’une verite absolue. Ca sent un peu la tautologie absurde.


              • Jojo2 (---.---.192.28) 26 mai 2006 21:43

                C’est ça qu’est rigolo


              • Hume (---.---.205.1) 26 mai 2006 22:02

                Oui rigolo... mais pas tres credible. Mais si vous voulez on peut egalement stopper toute recherche, puisaue rien n’est fiable. D’ailleurs la medecine n’a pas evoluee depuis les siecles et l’on ne vit pas plus longtemps, plus vieux. Et comme plus de 80% des grandes avancees medicales viennent a la base de la recherche fondamentale (etude du NIH), c’est surement que la majorite des resultats etaient frauduleux, bases sur un mauvais emploi des statistiques ou tout simplement par malhonnete, comportement naturel chez le scientifique lambda...


              • Jojo2 (---.---.192.28) 26 mai 2006 22:13

                5% de correct (j’exagère exprès) sur des millions de publications, c’est assez pour que le bon grain se sépare de l’ivraie. Le reste est du bruit qui s’évapore en quelques mois, mais fait vivre une armée de « publish or perish ».

                Mais je suis d’accord que l’original (le vrai) a probablement de plus en plus de mal à émerger. Le bon exemple est la découverte d’Helicobacter Pylori comme cause de l’ulcère et de cancers de l’estomac. Ces « pauvres » Australiens ont du batailler ferme pendant des années en face des certitudes....et avant de décrocher le Nobel.


              • Hume (---.---.205.1) 26 mai 2006 22:25

                Exact !! Bravo pour la reflexion sur Helicobacter pilori (ca me reconcilie avec vous). Mais il y a plus de bons grains que d’ivraies.


              • Hume (---.---.205.1) 26 mai 2006 22:26

                Desole « pylori », j’ai zappe le y de cette vilaine bacterie (mais vous avez mis une majuscule a pylori est c’est pas bien du tout !!)


              • Jojo2 (---.---.192.28) 26 mai 2006 22:29

                Je me repends...Je ne suis bactériologiste que d’occasion...


              • Hume (---.---.205.1) 26 mai 2006 22:36

                Idem. Malgre vos critiques (pertinentes mais parfois un peu trop forcees a mon gout), j’espere que vous aimez quand meme un peu la science ?


              • Niveleur (---.---.1.206) 28 mai 2006 17:40

                Ceux qui n’aiment pas la science, et s’en fichent même éperdument, ce sont les lobbies et les réseaux.

                D’ailleurs, la prolifération de résultats falsifiés montre bien que beaucoup de « beau monde » se moque de la Science avec un grand « S ». Comme le dit l’article, c’est la course au pouvoir et à l’influence.


              • warc’hoazh (---.---.185.13) 26 mai 2006 21:28

                Bravo pour votre article et pour quiconque souhaite un autre complément d’information, ce mois çi dans la revue SCIENCE ET VIE no 1065 ( j’en suis juste lecteur et n’y fait qu’une référence désintéréssée ), un article fondé sur ’plusieurs études qui viennent d’établir que les résultats des essais cliniques sont souvent publiés sous la pression financière des investisseurs’... et aussi un article très révélateur sur les ’trucs des labos pour s’arranger avec la science’ ... édifiant, ainsi qu’un article sur la publication des résultats (pour Jean-Pierre An Alre) les Lobbies ont justement tout intérêt à ce que la publication ait lieu, le problème n’est pas de publier mais bien qui compose le comité de lecture ainsi que le degré d’indépendance de ses membres....  smiley


                • 3333 (---.---.86.176) 26 mai 2006 21:54

                  A propos des publications : la recherche est beaucoup moins indépendante qu’elle ne l’apparente.

                  Il y a d’emblée le secret militaire : à l’époque de la II Guerre Mondiale, des domaines très importants de la recherche théorique et appliquée relevaient du matériel classé, et ce type de secret continue à exister.

                  Mais, au cours des années récentes, on a vu se répandre la contractualisation de la recherche et, avec elle, le secret industriel.

                  A présent, la liberté de publication des chercheurs et d’autres professionnels se trouve directement menacée. C’était très clair à la lecture du projet de Constitution Européenne, mais c’est pareil avec la nouvelle loi sur la recherche.


                • miaou (---.---.146.84) 26 mai 2006 21:37

                  La fraude scientifique est aussi vieille que la science elle-même, et les plus grands s’y sont frottés, en tout cas sa version la plus bénigne : arranger un peu les résultats expérimentaux pour qu’ils correspondent à sa théorie (Gaillée, Mendel...) Paradoxalement, ça n’a pas toujours été un mal...

                  Mais le fond du problème est bien sûr la validation des articles : certains domaines sont tellement restreints que les personnes vraiment au fait se comptent sur les doigts d’une main dans le monde entier, ou alors il est impossible pour une raison ou une autre (faute de temps, de matériel, de protocole suffisamment précis...) de refaire l’intégralité de l’expérience. De toute façon, le besoin d’une expertise indépendante est récurrent (pas seulement dans le cadre de la recherche, d’ailleurs)

                  Enfin, la logique du « publish or perish » est une logique comptable, voire industrielle, et n’est pas adaptée à la nécessaire créativité de la recherche scientifique (selon une célèbre citation , de mémiore, « ce n’est en cherchant à améliorer la bougie qu’on inventera l’élecricité »). Même si elle n’est pas seule en cause, il est évident qu’elle induit une pression susceptible de provoquer la fraude. Mais y-t-il des alternatives ?


                  • (---.---.205.1) 26 mai 2006 21:56

                    Relfexion interessante. Peut-etre faudrait mieux evaluer les labos sur le travaille effectue (ont-ils bosser ou non ?)et la facon dont est mene le projet, que sur les « resultats » nets, une fois publiee. Cependant, cette politique de publication semble inevitable (et elle a de tres bon cotes egalement !!) pour la reconnaissance intenationales d’une decouverte (c’est pas la peine d’inventer l’eau chaude aNew York, Tokyo ou Paris en meme temps). D’autre part, le passage du manuscript dans un comite de lecture de specialistes est souvent une epreuve difficile car les critiques sont souvent tres severes, mais neanmoins jusitifies et permettent 1) l’amelioration d’un travail scientifique, 2)le rejet pur et simple d’un travail peu pertinent(le taux d’article accepte doit etre entre 20 et 60% en fonction du journal). Malheureusement, certaines personnes influentes peuvent filouter et l’on voit d’etranges comportements indulgents pour la publication de certains travaux moyens de chercheurs tres reputes, ou de travaux rejetes violemment car allant contre certains dogmes. Mais cela prevaut pour une majorite de travaux et quand meme le travail est publie, il n’a pas forcement le credit de la communaute scientifiaue par definition sceptique.


                  • Hume (---.---.205.1) 26 mai 2006 21:57

                    Desole j’ai pas signe : Hume


                  • Alfred (---.---.19.22) 27 mai 2006 09:15

                    On rigole bien avec cette histoire du « publish » or « perish », au vu de certains curriculum vitae mettant en évidence que des personnalités influentes et protégées ont pu ne pas faire grand-chose pendant vingt ans tout en dirigeant d’importants laboratoires, en occupant d’importantes chaires, etc...

                    Si on n’est pas dans les lobbies et qu’on n’a pas un grand nombre de publications, on s’entendra dire qu’on ne publie pas assez. Mais si l’intéressé publie beaucoup, on lui répond : « Nous, on ne paye pas au poids ».

                    L’important, c’est d’avoir réponse à tout.


                  • Quanthomme (---.---.194.78) 27 mai 2006 01:21

                    Il y a aussi les vrais résultats qui disparaissent. Par exemple, les deux milliards de dégrés atteint par la Z-machine. Il n’y a même pas eu de tentative de réfutation de ces résultats par les autres chercheurs. Pourtant cette expérience laisse présager la réalisation de la fusion nucléaire ; énergie libre, infinie, non polluante et quasi gratuite pour tous. Et personne n’en parle plus. Etonnant non ?


                    • Alfred (---.---.19.22) 27 mai 2006 09:07

                      Avec le poids des hiérarchies et des réseaux d’influence dans un milieu comme la recherche, c’est évident que seuls des « chefs » peuvent se permettre de fabriquer des faux. Et pas seulement pour des questions de moyens matériels, qui se posent également.

                      Un « marginal » ou un « petit chercheur » qui tente d’annoncer un résultat ou une idée d’une certaine importance se fait aussitôt démolir par un milieu qui ne tolère guère « ceux qui n’étaient pas prévus ». Jamais un faux fabriqué par un « hors circuits » ne franchira la barrière des comités de lecture, ni ne sera admis par les instances d’évaluation.

                      Les faux résultats scientifiques passent facilement les comités de lecture à cause de la logique corporatiste : « Tu est chef, je te crois ; je suis chef, tu me crois ». Autrement dit : si je suis chef, je peux t’inviter ; si tu es chef, tu peux m’inviter, et on va se rencontrer dans tel comité d’organisation, etc... Un corporatisme qui, sur le plan politique, est parfaitement « transversal ». Devant un « outsider », en revanche, les lobbies feront barrage.

                      Autant ceux qui « n’ont pas le droit » sont très sévèrement évalués et bloqués, autant lorsqu’une « personnalité » influente ou un protégé présente un résultat qui peut paraître contestable, on l’écoute avec la plus grande bienveillance et on attribue ce qui apparaît tiré par les cheveux à la « puissante personnalité » de l’auteur, à sa « créativité parfois excessive », au sujet « très difficile », etc... tout en disant que « les aspects positifs l’emportent largement », et bla bla bla...

                      Si on en arrive à présent à ce genre de scandales qui témoignent d’une crise très grave du système scientifique mondial, c’est parce que depuis 1984 environ, dans tous les pays et quels que soient les partis qui ont gouverné, toutes les « réformes » de la recherche sont allées dans le sens du renforcement du pouvoir des hiérarchies et des lobbies. Y compris la loi française de 2006.

                      Le tournant de 1984 a certainement été lié à des tendances marco-économiques et macro-politiques liées à la « construction européenne », aux premières négociations en vue de la mise en place effective de l’Organisation Mondiale du Commerce, etc... C’était la fin des apparences de démocratie dans les milieux professionnels : il fallait que chercheurs, universitaires, intellectuels, avocats, journalistes, écrivains... rentrent dans les rangs de la pensée unique et de la politique unique.

                      En France, les années 1980 ont aussi été marquées par la montée en puissance de l’ENA avec son « savoir tout gérer », et c’est loin d’être une coïncidence fortuite. Précisément, les « chefs » de la recherche sont devenus au fur et à mesure de plus en plus « gestionnaires » et de moins en moins « scientifiques », et se sont dotés de puissantes administrations. L’équivalent s’est également produit dans les autres pays, sous des formes qui dépendent du tissu institutionnel local.


                      • Petit électron libre (---.---.167.178) 27 mai 2006 11:34

                        A côté de cette montée du pouvoir des « chefs », devenu incontrôlé mais qui sert bien le système tel qu’il est devenu, il y a la question de la PRECARITE dans la recherche.

                        Dès 1985, Fabius à introduit des dispositions permettant de déroger aux lois et décrets de titularisation qui venaient d’être promulgués et appliqués. Depuis, il y a eu une évolution constante vers plus de précarité et d’autoritarisme, et moins de droits pour ceux qui travaillent.

                        On a appelé ça la « modernisation » : les jeunes, les « dépourvus de relations », ceux qui travaillent sur le terrain ou produisent des idées orginales... n’ont guère plus droit au chapitre. Les personnes influentes, les « meneurs d’hommes » qui « savent faire travailler »... ont tous les droits. On organise même à présent, dans les organismes scientifiques, des stages de « management » pour les « chefs » et « futurs chefs ». Sans blague.

                        Plus des DRH, services juridiques... avec une idéologie de plus en plus inspirée de l’ENA et assimilés. Pour le cas où certains seraient tentés de trop se plaindre.

                        Une « modernisation » ? Je ne sais pas, on pourrait plutôt penser à une forme actualisée du bon vieux régime mandarinal revenu en force avec d’autres masques.

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