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Accueil du site > Actualités > Société > Le sens (III) du passé récent et du présent

Le sens (III) du passé récent et du présent

Autant le dire, écouter Daniel Bensaïd, Philippe Raynaud et Alain Finkielkraut ce matin du 4 novembre sur France Culture a été très instructif. Il y était question de la radicalité et, comme on s’en doute, de l’antilibéralisme, de sa justification, de ses mouvances et motifs idéologiques, qui furent discutés. Cette émission n’a rien apporté de vraiment neuf, et si je dois en extraire la quintessence, ce sera à travers une remarque apparemment anodine de Bensaïd sur l’évolution récente des mouvances antilibérales. Nous ne sommes plus dans le temps des utopies mais dans celui de l’action et du combat, a-t-il déclaré. Effectivement, ce propos mérite une attention particulière et si je l’ai extrait, c’est parce qu’il renvoie à un schème de pensée plus général sur une évolution d’un trait singulier dans les sociétés occidentales.

Il semblerait qu’un retour d’utopie se soit produit à la fin des années 1990. Les politiques sociales menées par Bill Clinton et Tony Blair accompagnent le regain des mouvances de gauche en France, revigorées par les grèves de décembre 1995 et le gouvernement Juppé qui a plié avant de dégager à la suite de la dissolution. Le PS en a profité pour recruter et les plus jeunes ont cru en un nouvel âge du socialisme, plus moderne. En Allemagne et ailleurs, la chute du mur a suscité de nouvelles espérances traduites dans les expressions musicales, la techno et la transe, avec ces manifestations géantes, ces fêtes orgiaques, bigarrées, exotiques, désignées comme techno-parades. En France, les cafés philosophiques étaient à la mode. Les nouvelles technologies excitaient les aventuriers de la Bourse et des entreprises nouvelles où l’on travaillait sans compter, dans la joie et la fusion du groupe. Et puis, la bulle spéculative s’est crevée, les uns ont gagné, les autres ont perdu. La dureté du marché a éjecté la plupart des nouvelles entreprises et la sélection darwinienne n’a conservé que les plus puissantes et les mieux adaptées au système. Le 11 septembre, la guerre, les peurs, le 21 avril 2002, le chômage, les difficultés de la réunification, l’inflation après l’euro, tout un spectre de fléaux a désenchanté le monde une énième fois, éteignant les espérances de 1995.

De ces évolutions on retiendra qu’elles ont favorisé le repli des gens sur leur existence. Le soin apporté à l’amélioration de l’intérieur, la vie rangée. Les mouvances festives ont aussi pris un essor particulier, le divertissement étant une solution de rechange quand les utopies n’offrent plus de gratification aux âmes. Paris s’est embourgeoisé, sédentarisé. Le luxe se porte bien. L’automobile renouvelle son espace intérieur, confort. Les cafés philo promis à devenir une agora permanente et étendue ont été désertés. Restent la pauvreté, le combat. Seattle, Gênes, les antimondialistes contre la police musclée du G8. Et bien évidemment, la radicalisation des mouvances gauchistes, dont il fut question dans l’émission de Finkielkraut. L’époque ne prête guère à sourire. La société se fragmente. La jungle de l’économie affaiblit les travailleurs, mais conforte les prises de position de l’actionnariat. Certains tiennent des discours montant les gens les uns contre les autres. La presse et les médias participent à ce climat délétère. Le ressentiment se substitue à la lutte politique, le désir de vengeance à l’idéal de justice. Individus jetés en pâture au grand public à l’occasion de fait divers. Populisme, démagogie.

Pour tout vous dire sur ce qui me paraît caractéristique du moment présent, les gens n’ont plus d’espérance et n’inventent plus dans le champ social, culturel et religieux. Nous sommes dans une phase de repli et chacun campe sur ses acquis. Matériels pour les uns, politiques, syndicaux, symboliques pour les autres. La LCR et les mouvances antilibérales jouent sur un capital symbolique de lutte des classes, réactualisé pour s’ajuster aux nouvelles donnes de l’ordre mondial. Les Français de classe moyenne tentent de sauver leurs conditions matérielles. Hélas pour les dévots du marxisme, le capital est un levier des forces évolutives innovantes, détruisant et créant dans le champ productif avec ses technologies fulgurantes. La conjoncture générale est au repli, aux dividendes autant financiers que symboliques. Pour preuve, le retour à la messe latine promu par Benoît XVI. La maçonnerie va vers son sectarisme, suivant le cours individualiste et grégaire des sociétés, accompagnant la névrose des faucheurs d’OGM. Comme si chaque partie, chaque faction se mettait en ordre de bataille pour mener une bataille de tous contre tous. Une guerre de postures, de positions, sur tous les plans. Une comédie aussi. Les scénaristes des factions savent bien que les pouvoirs et le cours du monde sont au-dessus de leur capacité d’action. Certains n’ont pas oublié ceci : les salaires, les revenus du travail, qui représentent la juste rétribution et reconnaissance d’une activité professionnelle digne.

Je ne suis d’aucune faction, je les combattrai toutes, non sans les avoir comprises. Les signes d’un renouvellement des temps sont présents. Mais je crois bien que c’est dans nos têtes que cela se passe. Et le plus bel accomplissement reste sans doute l’existence personnelle. Chacun son destin, sa conscience, et s’il y a lieu de faire basculer le monde vers plus de justice et d’harmonie, alors les puissances de Lumière l’emporteront. Si à l’inverse les temps sont à la pénombre, alors les impuissances du déclin gagneront, secondées par quelques forces malfaisantes. Les prédateurs de l’ombre n’ont de prise que sur les populations dociles et maladives. Nul ne connaît l’issue de la partie, ni l’état des forces en présence. Car les forces politiques, il n’y en a pas pour mener une transformation radicale. Le gauchisme actuel n’est qu’une brigade d’opérette, rien de commun avec les brigades Garibaldi en 1936, mais il est vrai que notre monde a changé et que... chacun défend ses dividendes dans cette société devenue un conseil d’administration universel.

Les lignes de bataille ne sont pas tracées par les instances qui ont le pouvoir. Ne l’oublions pas.


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25 réactions à cet article    


  • Demian West (---.---.161.29) 8 novembre 2006 10:25

    Bernard,

    Comme vous me semblez décevant, aujourd’hui.

    Car, écrire un article sur une émission de Finkielkraut, sur France Culture, me semble d’une étude qu’on lirait dans une salle d’attente.

    Si fait, que me suis arrêté de lire quand l’assistante du dentiste m’a fait signe de son doigt.

    Demian West


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 8 novembre 2006 10:33

      Démian,

      quelle est la différence entre

      lire une lecture dans une salle d’attente et

      attendre que tu fasses une saine lecture

      Ce billet ne porte que sur un petit détail de l’émission, sur lequel j’ai rebondi non pas pour parler de l’émission en question mais d’être un acteur qui aurait placé une intervention personnelle dans un studio virtuel, sorte de réplique sur Avox de l’émission Réplique

      Au passage, merci aux webmaster d’Avox qui a pris soin d’ajouter le lien vers France Culture à mon billet


      • Demian West (---.---.161.29) 8 novembre 2006 18:57

        Bernard,

        La différence est la même qu’entre avoir une chaire et ne pas en avoir une.

        Ou la différence entre : être cohérent, et ne pas l’être sur le long cours.

        Vos articles deviennent de véritables courriers du coeur philosophique, mais qu’ils amassent leur substance au fond du verre : c’est bien, mais faut-il encore tourner ce trop plein de sentiments personnels qui ne sauraient faire école. Si bien que d’autres articles vous y répondent comme en des accents épistoliers, mais si collégiens et johaniques.

        Mais, ce n’est que mon opinion de lecteur et première IP interdite. Ce qui n’est pas rien...

        Vous ai-je bien répondu ?

        Demian West


      • Marie Pierre (---.---.215.112) 8 novembre 2006 10:46

        Bon article,

        Effectivement, ce n’est pas la redite d’une émission de radio mais bien une réflexion sur la phrase de Daniel Bensaïd qui était, si mes souvenirs sont bons, une tête de la LCR au début des années 70.

        Le cocooning, les bobos, les clubs de mise en forme sont à l’image de l’individualisme, du rejet de rêves communs.


        • ZEN zen 8 novembre 2006 11:02

          Cela commençait bien, mais la chute est décevante et désespérante.Toute opposition possible aux forces dissolvantes que vous condamnez à juste titre est disqualifiée, ne laissant place qu’à développement personnel.

          « Les scénaristes des factions savent bien que les pouvoirs et le cours du monde est au-dessus de leur capacité d’action ». La notion de « faction » me choque, pour ne pas dire plus.Quel amalgame et quelle caricature !Ainsi il n’y aurait plus aucune issue politique nationale ou mondiale à ce que vous décrivez ? Le repli sur soi, le discours moralisant est justement ce que les forces du marché encouragent pour régner sans partage...ce qui n’est pas nouveau.

          Ai-je bien compris ?


          • Bernard Dugué Bernard Dugué 8 novembre 2006 11:31

            @Zen, vous avez compris à votre manière la fin de ce texte, une chute qui joue sur les équivoques et j’avoue sème le doute mais je pense pas desservir le débat. On n’est plus dans le schème dualiste, thèse antithèse mais peut-être dans une sorte de maïeutique.

            Je ne pense pas avoir disqualifié, sur la forme, les opposition mais je les ai dénoncées pour leur manque de substance, de ressort, d’incarnation.

            Développement personnel ? Pourquoi, je ne pense pas avoir dit cela, c’est plutôt de développement transpersonnel auquel je pense, rejoignant la pensée de Stiegler et pour lutter contre les « forces dissolvante », il faut un ressort citoyen puissant, une sorte d’esprit citoyen, forme métamorphosée de l’asabya d’Ibn Khaldûn (qui avait expliqué la dissolution des Empires, à lire, le bouquin de Lacoste)


          • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 8 novembre 2006 17:17

            « il faut un ressort citoyen puissant, une sorte d’esprit citoyen, forme métamorphosée de l’asabya d’Ibn Khaldûn (qui avait expliqué la dissolution des Empires, à lire, le bouquin de Lacoste) »

            Un tel ressort ne peut être, selon cet auteur, que religieux.

            Reste à savoir quelle religion pourrait faire le miracle de nous réconcilier dans un cadre holiste (anti-individualiste). Le réponse est aucune ; il faut donc politiquement faire avec le multiple et se contenter de gérer les conflits pour les pacifier. Et sur ce point je vous rejoins : la vie personnelle est le fin et la politique aussi démocratique que possible un moyen. Le temps des révolutions chez nous est passé ; une nouvelle révolution ne peut être qu’une farce verbale et verbeuse : une pose hystérique.


          • Bernard Dugué Bernard Dugué 8 novembre 2006 22:44

            Non Sylvain, vous n’avez pas lu l’auteur, l’asabya est une notion complexe, dont le ressort est l’âme humaine et non pas l’esprit religieux


          • Anto (---.---.178.10) 8 novembre 2006 11:22

            J’ai du mal avec ce texte .

            Vous parlez avec nostalgie des rêves d’utopies de 1995. Vous fustigez le communitarisme et le sectarisme, parlez avec regret du « repli des gens sur leur existence »... et vous concluez par :

            « Et le plus bel accomplissement reste sans doute l’existence personnelle »

            Et bien et bien... j’ai l’impression que ce texte, plus que la preuve d’une réflexion personnelle, est la démonstration d’un caractère...moutonnier (?). Vous suivez la mouvance du moment, la mode. pas vraiment de conviction, pas vraiment de message...

            Marie Pierre, c’est exactement le genre de double langage qu’on reproche aux bobos : On a des affinités à gauche mais on ne néglige pas pour autant son intéret personnel. Alors par pitié arrétons d’utiliser ce terme qui ne veut plus rien dire. Il désigne toujours quelqu’un d’autre et c’est pour cela qu’ils ont le dos large.


            • Bernard Dugué Bernard Dugué 8 novembre 2006 11:38

              @Anto

              C’est la phrase litigieuse, développement personnel. J’aurai dû préciser, développement de transidividuation (Stiegler). J’ai aussi laissé la porte ouverte « aux puissances civilisatrices » malgré une teinte pessimiste.

              En fait, entre l’individualisme matérialiste et le suivi moutonnier du militantisme de spectacle, je ne choisit ni l’un ni l’autre mais le développement transpersonnel, se construire pour ensuite partager, sorte d’idéal maçonnique revisité... volià un peu le fond de ma pensée.

              L’individualiste se coupe du monde et ne veut pas partager ses quelques différences qu’il n’enrichit pas

              Le défaut du collectivisme moutonnier, c’est qu’on partage, mais comme il n’y a pas de différences, on ne partage qu’un mimétisme de pensée


            • Anto (---.---.178.10) 8 novembre 2006 13:46

              Oui très bien, d’où le lien avec les lumières.

              Le point d’interrogation que j’ai mis après l’adjectif « moutonnier » n’était pas sans arrière pensée. Il traduisait le fait que j’avais du mal à cerner votre pensée et de ce fait à lui trouver un qualificatif...

              J’ajouterai que l’on a éffectivement le militantisme que l’on mérite au regard de la société du spectacle et la consommation dans laquelle nous évoluons.

              Cependant, l’approche que vous préconisez est essentiellement théorique. Utiliser un esprit clair et critique vis à vis de tout ce qui nous entourent n’est pas un exercice que l’on maîtrise en une vie et surtout n’est pas un exercice apprécié par la majorité des personnes (moi le premier). De sorte que cette démarche si elle aboutit, ne peut être, en pratique, « transpersonnelle » qu’ à une très faible échelle (malgré le net). D’ailleurs, mon imcompréhension de votre message illustre bien le type d’écueils que l’on peut rencontrer.

              Je suis volontairent pessimiste car j’ai retiré de votre article une démarche qui permet de dresser un inventaire plutôt lucide des symptomes de la maladie de notre société mais en aucun cas un remède ou même une explication (l’ enchaînement d’épiphénomènes que vous citez seraient des stimulus pour rester dans la même métaphore, ou plutôt des révélateurs).

              Le mythe d’un progrès perpétuel vers une société idéale a fait long feu et cela ne date pas de 1995 mais de 40 ans avant.

              Merci d’avoir répondu et bonne continuation


            • Marc P (---.---.224.225) 8 novembre 2006 11:44

              Discours, constats et analyses extrêmement lucides... et une plume qu’on envie... comme chez Ayache et quelques autres (plus nombreux sur avox que bien souvent ailleurs)...

              Heureusement ou en tous cas « mentalement hygiénique »,le divertissement pascalien « protège » les victimes et les auteurs de la brutalité ambiante... La vérité du constat est insupportable aux uns comme aux autres... seuls ceux qui la recherchent ou veulent sans approcher avec constance ou ténacité la supportent parfois avec des efforts certains...

              Mais comment permettre à nos congénères et à nous mêmes de gérer (utiliser) ce divertissement pascalien le plus efficacement possible pour notre avenir individuel et commun, cet instrument merveilleux mais tyrannique, à la fois frein, moteur, liant, et lubrifiant de l’évolution personnelle et sociale des hommes, opium, garde fou et carburant et bien autre chose à la fois ?

              Cordialement

              Marc P


              • Bernard Dugué Bernard Dugué 8 novembre 2006 11:59

                Et si le divertissement était, comme le rire bergsonien, le propre de l’homme ?

                Je ne crois pas qu’il faille condamner l’usage du divertissement qui, à défaut de nous transformer (le converstissement, néologisme ) nous donne une humanité et ma foi, regarder quelques émissions pour se distraire n’a rien de déshonorant et c’est même prescrit par quelques docteurs de la Sorbonne.


              • Marc P (---.---.224.225) 8 novembre 2006 13:35

                Merci Monsieur Dugué pour votre réaction... J’abonde comme presque toujours dans votre sens (je n’ai pas votre capacité de réflexion ni beaucoup de culture).

                Je n’ai peut être pas bien compris ce qu’était le divertissement pascalien, mais bien sûr le divertissement au sens de loisir, « desporte », passe-temps amusants en font partie je pense et sont indispensables...

                Cependant il me semblait que toute occupation y compris le travail, la gestion (aux affaires, à la maison ou ailleurs), la conversation sociale etc... bref toute occupation qui « permet » de ne pas se poser ou affronter les questions « essentielles », les questions spirituelles ou philosophiques, qui permet bien sûr d’éviter l’introspection, une critique plus sérieuse de soi même ou de ce monde... toute occupation qui nous « occupe », parfois nous étourdit, suffisament pour que nous n’éprouvions pas le vertige ou l’anxiété face à l’impression d’impuissance et de petitesse ressentie lorsqu’on démonte la réalité dont tout un chacun ou presque se contente sans réellement l’interroger... (on fait avec)

                Bref toutes ces occupations « occupationnelles » et bien sûr indispensables économiquement, physiologiquement, socialement et que sais je encore relèvent du divertissement au sens où l’entendait Blaise Pascal.

                Merci pour vos articles où le sensible accompagne le sens et le questionnement mobilise l’intelligence et le plus profond de l’humain chez l’homme.

                Marc P


              • joseW 8 novembre 2006 12:26

                En lisant cet article j’ai une fois de plus l’impression que le slogan « sous les pavés la plage » a été remplacé par « sous les articles le vide ».

                Mais heureusement, grâce aux nouvelles formes d’actiosn participatives permises notamment par le développement de l’internet, les spectateurs en fauteuils ont de moins en moins d’influence sur les mouvements : ils interviennent, se montrenet, se congratulent, glosent... et la caravane passe.

                Ceux qui regardent le monde assis confortablement dans leur fauteuil ont du mal à saisir le sens de l’Histoire, cela n’est pas nouveau.

                Mais qu’importe, qu’ils restent courageusement assis, tout cela n’empêchera en rien le mouvement de l’Histoire.


                • pingouin perplexe (---.---.31.26) 8 novembre 2006 14:11

                  Hegel s’y connaissait à ce propos. Puission-nous enfin contribuer à enrayer l’essor de la cruauté pour favoriser l’émergence et le développement de nouvelles solidarités.

                   smiley


                • moscos (---.---.31.59) 8 novembre 2006 15:07

                  Ave « Apprenez à penser par vous-mêmes, sinon d’autres le feront pour vous ». Merci pour cet article. Cdt


                  • jipé (---.---.221.74) 8 novembre 2006 19:56

                    la faillite des solutions utopiques collectives doit elle aboutir à un repli personnel désabusé, ou est ce encore une perversion de l’intellectualisme ; pourquoi ne pas rechercher des solutions pragmatiques, avec plus de modestie, dans les domaines éco-socio-pol...


                    • bernard29 candidat 007 8 novembre 2006 21:11

                      je me souviens d’un livre de Wolton de 1993 « la dernière utopie » dont le sous titre était « naissance d’une europe démocratique ». Ouaaah !!!

                      la caractéristique essentielle de notre époque, est qu’il ne s’agit plus de faire des révolutions ou autre chose , il s’agit de réparer. 2001 a ouvert « l’ère des réparations ».

                      réparation sociale, réparation environnementale, réparation à tous les étages.

                      Si c’est de cette action et de ce combat là que parle Bensaid, je suis d’accord. mais ce n’est pas du tout dans un accomplissement personnel tel qu’on peut le comprendre aujourd’hui, que l’on pourra le mener mais bien dans une exigence personnelle au profit de la collectivité.

                      Il faut comme disait Lucien Sfez, faire « une critique radicale des besoins » tant individuels que collectifs.


                      • Bernard Dugué Bernard Dugué 8 novembre 2006 22:50

                        Réparation, non, je ne pense pas, régulation sans doute, sur le plan pragmatique.

                        Restauration ? Pourquoi pas. Bensaïd en Joseph de Maistre de la lutte des classes

                        Evaluer les besoins, je ne sais pas, apprendre à se donner du sens, un idéal, se trouver des valeurs et rester modéré sur les moyens, peut-être une voie, opposée à ce qui est la course au moyens. Bref, tout cela est assez complexe, discutable sur les plans économiques, philosophiques et politiques. Mais pourtant, tout pourrait être plus simple


                      • marmotte (---.---.70.97) 8 novembre 2006 22:42

                        Réflexion de lecteur lambda : le vocabulaire est un peu prout prout et très mythologique, religieux, pour quelqu’un qui défend les lumières. Les commentaires qui suivent sont, eux, carrément illisibles pour le citoyen beta que je suis : soit parce que les idées volent trop haut, soit parce que le vocabulaire qui les sert transpire le manque de simplicité. Reste l’interrogation, justifiée.


                        • Forest Ent Forest Ent 9 novembre 2006 02:19

                          Les témoins ne sont jamais conscients du sens des événements qu’ils vivent. Ce n’est pas la « fin de l’histoire », juste le début d’une autre.

                          L’empire soviétique, la guerre froide, et le « monde occidental » ont vécu. Nous assistons au déclin de l’empire américain, fourvoyé dans ses guerres coloniales, et au lent réveil de l’Asie (j’insiste : lent). Des forces géopolitiques, technologiques et démographiques sont à l’oeuvre, qui vont remodeler le monde.

                          La France ne sera jamais plus une grande puissance, et pourra de moins en moins vivre en pillant les ressources des autres. Sa population est plus composite et le restera. Sa croissance est bel et bien achevée.

                          A nous de faire en sorte qu’elle reste entre tous un lieu où il fait bon vivre, nanti en tant que de besoin d’une prospérité suffisante, mais d’abord et surtout fraternel, ce qui n’est malheureusement pas le cap actuel.

                          Nous avons besoin d’idéologies.


                          • MrPiment MrPiment 9 novembre 2006 10:03

                            En ce qui concerne « la puissance et l’influence de la France » je pense que nous sommes d’acord ; elle va continuer à décliner. Et c’est un fait : que pèseront, en 2050, 75 millions de personnes sur 10 millards, même si ils sont riches (et vieux) ?

                            C’est dans cette optique que je crois que les français devraient beaucoup plus se préoccuper de l’europe, notamment au moment des élections européennes au lieu de la voir sans cesse comme une contrainte, mais je pense que nos gouvernants qui la néglige n’y sont pas pour rien dans cette désaffection.

                            La France ne pourra faire passer ses valeurs au monde que par l’Europe ; seul « bloc » suffisamment important pour pouvoir rivaliser aux futurs puissances que sont la Chine et l’Inde (entre autres) fortes de plus d’1 milliard d’habitants chacune, ainsi que les USA, la Russie, le Brésil,...

                            Qui d’autre à part l’Europe dans le monde peut lancer une prise de conscience écologique mondiale ? Et il y a bien d’autres domaines...

                            Cela ne signifie pas que la France sera diluée dans l’Europe au contraire, mais en y réfléchissant bien, nous partageons beaucoup de valeurs avec nos voisins autant travailler ensemble sur ce qui nous rapproche tout en conservant nos spécificités et notre identité, diversités des nations enrichissant nécessairement le débat.

                            La construction européenne aujourd’hui s’apparente à un amas d’états où on ajoute et on ajoute encore. Avant de penser à l’entrée de la turquie, pensons déjà au fonctionnement interne qui pour l’instant et de l’avis de tous n’est pas satisfaisant. Prenons les problèmes dans l’ordre ça ira peut-être un peu mieux...


                          • (---.---.162.15) 9 novembre 2006 11:01

                            Au détour d’une phrase, les propos fumeux et réactionnaires de l’auteur se trouvent mis à nu par ce propos : « la névrose des faucheurs d’OGM ».

                            Alors, bien sûr, derrière ses lunettes fumées, il assène que les gens n’ont pas d’espérance. Les faucheurs d’OGM montrent le contraire, ils veulent échapper à la fatalité désespérante de l’avenir qui nous est réservé si nous ne réagissons pas.

                            Am.


                            • DEALBATA (---.---.156.228) 9 novembre 2006 18:31

                              Ça pédale un peu dans la choucroute, en décrivant une situation de réel désenchantement vous y mettez certainement une grande part de vous-même, qui est le reflet des intellectuels de notre temps : « On a tout essayé » mais qu’est-ce qu’on peut faire de plus ? Pas grand chose à vrai dire, et votre description suivie de petites idées cachent en fait le vide existentiel, comme vous osez à peine le suggérer, de notre société moderne et artificielle dont plus personne n’espère plus rien. Pour le collectif, attendre donc puisque le salut viendra d’en haut (ce qui correspond à ce sentiment prémonitoire d’une mort annoncée de l’humanité sous la forme qu’on lui connaît actuellement), et pour l’individuel et pour ceux qui le peuvent, se sauver soi-même, non pas égoïstement mais pour retrouver en soi ce qui brille chez les autres.

                              Mais pas de réelles inquiétudes si je puis me permettre, ne cherchez plus à comprendre, cherchez à être.

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