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Accueil du site > Actualités > Société > Le spectre de l’instabilité sociale détrône le terrorisme

Le spectre de l’instabilité sociale détrône le terrorisme

A l’heure où les voix officielles se veulent rassurantes, du « paroxysme de la crise peut-être derrière nous » de Sarkozy, au « début de la fin de la crise » d’Obama, circulent des informations dissonantes qui trahissent, au sein même des gouvernements, une cacophonie devenue grotesque. Les ronrons médiatiques, doublés des niaiseries anesthésiantes du petit écran, ne suffisent plus à couvrir les détresses d’arrière-plan.

C’est le patron du renseignement américain, Dennis Blair, qui a fait part de ses vives préoccupations, la semaine dernière, en déclarant que « le leadership d’Al Quaïda était moins prépondérant … et serait relégué à la seconde place ». La crainte première étant maintenant que « soient dirigées contre les Etats-Unis des violences et émeutes issues d’instabilités politiques de nombreux pays, suite à la montée du chômage et à la réduction des dépenses sociales », les risques d’instabilités des régimes s’accroissant « si la crise se prolonge un ou deux ans ».
 
Les préoccupations d’Obama en matière d’émeutes se perçoivent au travers des craintes de Blair, qui envisage un effondrement de l’ampleur de la grande dépression, accompagnée de « hauts niveaux d’extrémismes ». Un rapport de l’armée, publié en novembre, fait état, dans le cadre d’une « violente dislocation stratégique à l’intérieur des Etats-Unis », de la nécessité de « réorienter ses priorités ».
 
Quelques chiffres permettront d’apprécier la légitimité de ces augures : A Moscou, le taux de meurtre a grimpé de 15%. En Floride, les demandes de détention de permis d’armes se sont envolées de 42% les 45 derniers jours. Et, comme un signe des temps, un des droits les plus sacrés au Etats-Unis, le second amendement, commence à subir un démontage en règle : ”At least the Republicans left us the Second Amendment. The Obama Democrats are not going to return our other purloined civil liberties, and they are already attacking the Second Amendment”. Quand les rats sont soupçonnés de quitter le navire, il convient de les désarmer d’urgence.
 
D’ores et déjà, la Grande Bretagne craint un « été de colère  ». De source policière, les « victimes de la crise économique » pourraient, dans les prochains mois, envahir les rues, avec en prime, une première : le renfort des classes moyennes. Les banques pourraient devenir des « cibles valables ». Aux Etats-Unis, outre les 2 millions d’expulsions effectives sur 3 millions de dossiers en cours en 2008, on s’attend à une fermeture massive des commerces de détails, 220000 boutiques. La marginalisation a atteint un tel niveau que l’on trouve sur le net des « guides de la débâcle sociale », comme celui-ci, qui conseille, aux gens en difficulté, de ne plus payer leurs factures, explique comment anticiper son licenciement, et évoque les diverses possibilités pour vivre hors du système.

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70 réactions à cet article    


  • fouadraiden fouadraiden 24 février 2009 11:16


     La crise a du bon alors


    • plancherDesVaches 24 février 2009 13:22

      Nous "pouvons" dire qu’elle a du bon...

      Du bon dans le sens où elle nous révèle les vrais pouvoirs et jusqu’où peut aller l’esprit humain dans les débordements. (vive le net)
      Le goût exagéré du "lucre" a d’ailleurs été repris comme argument commercial par la religion catholique (qui s’en mettait plein les poches).

      En tout cas, par rapport à 1929, cela va plus vite, et plus fort. Mais ce n’est pas une raison pour penser à des catastrophes mondialisantes.
      Il faudra d’abord attendre les élections ou prises de pouvoirs de fachistes.

      Encore un peu de patience... smiley


    • John Lloyds John Lloyds 24 février 2009 14:11

      "La crise a du bon alors"

      Possible que ceux qui n’ont plus rien à perdre trouveront dans les émeutes un éxutoire sans fond.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 26 février 2009 11:31

      Ca commence dans les marches de l’Empire. De ma position en Inde, je vois :

      1.Un authethique coup d’Etat au Banladesh par les militaires... pour obtenir leur solde. Les mutins on abattus une douzaine de leurs officiers et le gouvernement a accede sans conditions a leurs demandes en leur accordant l’amnistie.

      2. Les avocats du Tamil Nadu sont en greve indefinie et viennent de livrer une bataille rangee aux policiers. Plusieurs morts, les journaux sont discrets.

      3. Au Punjab pakistanais, on vient soimmairement d’interdire au candidat favori de lapopulation de briguer les suffrages aux prochaines elections. Pas d’autre raison credible que l’Ordre public...

      La democratie est en veilleuse. Nous sommes aux annees "30. Attendons nous a des gouvernements d’Union nationale un peu partout. Ensuite les mesures d’urgence... les restrictions "temporaires : aux libertes fondamentales...

      http://nouvellesociete.org/5171.html

      La crise financiere n’est que le premier acte. Je le dis sur mon site depuis 10 ans

      http://nouvellesociete.org/H.html

      Pierre JC Allard



    • François M. 24 février 2009 11:51

      Bienvenue dans la tiers-mondialisation de notre pays, notre descente tranquille vers un futur où nous ne serons plus les propriétaires de cette terre, mais bien les locataires. Un futur possédé par le secteur privé ; un monde où les prochains maitres seront composés de multinationales et de banquiers privés à qui vous et vos enfants appartiendrez.

      Ici, les conséquences des sommes astronomiques accordées aux banquiers privés du Canada, de l’inflation insensé de la masse monétaire et des futurs déficits budgétaires du gouvernement, on peut s’attendre à :

      -	Coupures importantes dans les services sociaux et autres dépenses publiques

      -	Mises à pied massive

      - Effondrement des finances publiques autant au niveau fédéral que provincial, ce qui mènera à une accentuation et accélération de la privatisation de l’état laissant une plus grande emprise des créanciers sur l’appareil politique

      - Un appauvrissement de la population dû à l’épargne qui est anéanti ainsi que les fonds de pension de l’état qui seront nettoyés, car le gouvernement va aller piger directement dans ces fonds de pension pour financer les opérations de sauvetage financier, argent qui sera ensuite utilisé pour faire des acquisitions dans le secteur financier et réel de l’économie.

      -	Tiers-mondialisation des pays développés.

      Pour plus de détails, voir :

      Une histoire de voiture, d’argent et de fusils électriques

      • John Lloyds John Lloyds 24 février 2009 14:26

        "notre descente tranquille vers un futur où nous ne serons plus les propriétaires de cette terre"

        Propriétaire, personne ne l’a jamais été à titre absolu. Chacun le restait tant qu’il casquait rubis sur l’ongle, tant qu’il faisait gonfler le ballon libéral, ou tant qu’il s’acquittait de droits successoriaux qui bouffaient n’importe quel patrimoine en 3 générations. Mais au moindre manquement survenaient les ombres des officiers ministériels sur les clanches, rappelant par des courriers recommandés que la propriété est adossée à la soumision au Dieu Capital et à l’allégeance au trésor public. La crise aura au moins eu le mérite de dissiper l’illusion de la propriété, entre les valeurs patrimoniales qui fondent à vue d’oeil et les traites payées en bouffant des patates à l’eau.


      • François M. 24 février 2009 16:19

        Je suis d’accord avec vous !


      • FYI FYI 4 mars 2009 17:30

        Vous pratiquez allègrement le "catastrophisme" mais il y a de l’idée. Vous n’avez certainement pas le nez dans le guidon, c’est rafraichissant.

        Wait & See.


      • ZEN ZEN 24 février 2009 12:11

        Peut-on imaginer pire scénario ?
        Ce site est sérieux et avait déjà anticipé la crise actuelle

        Heureusement, le pire n’est jamais sur...


        • 013 013 24 février 2009 12:53

          Je consulte ce site depuis quelques années maintenant, et autant je suis d’accord ils ont assez bien anticipé ce qui ce passe depuis un an, autant ils avaient avancé une histoire de bourse iranienne qui negocierai les barils en euro, c’etait la sois disant justification de l’agressivité des us a l’egard de l’iran
          Ce qui c’est avéré totalement bidon

          bref comme d’hab a prendre avec des pincettes


        • antitall antitall 24 février 2009 12:55

          Oui,le pire n’est pas écrit,heureusement !! mais cela me fait penser quand-même à une voiture dont le moteur aurait coulé une bielle et auquel on rajouterai de l’huile pour aller plus loin,on ne fait qu’agraver le cas et l’issue est irrémédiable....le moteur finira par s’arrêter devenu totalement hors d’usage ,avec de gros risques d’incendie....


        • John Lloyds John Lloyds 24 février 2009 14:30

          "Heureusement, le pire n’est jamais sur"

          Oui mais c’est hélas le pronostic le plus réaliste, au moins pour l’historien


        • grangeoisi 24 février 2009 12:12

          Le mec au milieu là sur la photo qui s’enfuit du restaurant avec sa serviette encore autour du cou c’est pas John Lloyds ?


          • Yannick Harrel Yannick Harrel 24 février 2009 13:35

            @Lloyds

            Bonjour,

            C’est Arnold Toynbee qui en son temps (1889-1975) avait évoqué le spectre du prolétariat intérieur comme source de déstabilisation de gouvernements.
            Sans souscrire en bloc aux idées de ce penseur Britannique, reconnaissons que le principal risque de nos sociétés modernes est effectivement les troubles sociaux (le terrorisme étant lui un moyen de pression extérieur, réel, instrumentalisé ou fantasmé à dessein).

            Du reste, depuis plusieurs années on constate un différentiel de plus en plus inquiétant entre les élites et le reste de la population, sans compter une paupérisation des couches les plus jeunes, ainsi qu’une prolétarisation intellectuelle de diplômés (relire François Moureau sur le sujet, fort instructif). Lorsqu’un publicitaire singe grossièrement le dédain des gouvernants pour ceux qui se trouvent en dessous de lui, ça ne fait que rajouter du sel sur des plaies béantes.

            J’ai été très influencé par Pareto car je pense qu’à partir du moment où la circulation des élites est trop rigide (ce que l’on appelle aussi ascenseur social en d’autres termes), le pire est à craindre car on créé un volcan social qui dégurgitera sa lave tôt ou tard, mais avec une plus ou moins forte explosion en fonction des efforts qui ont été fait pour l’empêcher justement de le laisser oeuvrer naturellement.

            Pour l’heure, il est vrai que les pays Anglo-Saxons qui ont voué un culte au veau d’or sont les plus fragiles face à la tempête qui s’abat sur leurs côtes. N’oublions pas aussi qu’après avoir vécu sans retenue dans un monde vivant par et pour la consommation sans frein, il serait naïf de penser à demander du jour au lendemain sans conséquence à des millions de consommateurs de renoncer à ce mode de vie.

            La crise risque bien de servir de détonateur dans bien des pays à des rancoeurs sourdes. A l’heure où la France vient déjà de connaître sa première crise sociale sérieuse dans les Antilles, le futur risque d’apparaître bien sombre.

            Cordialement


            • plancherDesVaches 24 février 2009 14:30

              Puisque vous citez Pareto dont j’ai toujours vérifié le bien-fondé des lois, je complète :
               => mathématicien et financier. Il a créé la règle des 80-20 en association (pas de malfaiteur) avec Gauss.
              En regardant pousser des haricots verts. (je ne sais plus si c’était des haricots verts, mais j’avais une envie de femme enceinte)

              Plus sérieusement, dans la nature, existe une loi immuable. Comme celle de la croissance de la végétation.
              Si vous prennez la taille d’un groupe de végétaux, 80% auront une différence de taille de pas plus de 20%.
              Et 20% auront une taille qui variera de 80%.
              Ca marche pour la taille des humains, pour les différences entre animaux, pour les tailles de galaxies, pour la valeur d’un stock dans une entreprise (20% des articles représentent 80% de la valeur), pour...tout.

              A CONDITION que la famille soit homogène. C’est à dire qu’elle ne soit constituée que d’humains, que de plantes de la même famille, que de stock servant au même usage,...
              Cette loi universelle fonctionne dans l’autre sens : si les 20/80 ne sont pas respectés : on a affaire à un groupe de différentes familles.

              http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Pareto

              2 à 3 % de l’humanité possède 80% des richesses de la planète.


            • John Lloyds John Lloyds 24 février 2009 14:40

              "C’est Arnold Toynbee qui en son temps (1889-1975) avait évoqué le spectre du prolétariat intérieur comme source de déstabilisation de gouvernements. "

              Je lui préfère Oswald Spengler qui voyait dans la culture occidentale les causes de son autodestruction, et Ernst Jünger qui a créé un véritable modèle de survie dans ce qu’il appelait "le désert" que l’on voit poindre aujourd’hui. Deux grands visionnaires qui n’ont pas pris une ride, au contraire.


            • boris boris 24 février 2009 14:08

              Un article choc de John, toujours à alerter, à mettre le doigt là où ça fait mal, à faire comprendre à certains qui en ont bien besoin, l’imminence du cataclysme qui va nous tomber sur la tronche d’ici peu, on ne pourra pas dire qu’ils n’auront pas été prévenus.


              • snowballing snowballing 24 février 2009 14:22

                Un article choc, ça ? Pas besoin de dons de voyance pour savoir qu’en temps de crise le risque d’embrasement social s’acroit. Vous aviez besoin de cet article pour vous en rendre compte ?
                Je remarque une fois de plus l’extrème jubilation de John quand il évoque (invoque ?) le pire...


              • boris boris 24 février 2009 14:29

                Ce qui nous attend coco, c’est pas une crise ordinaire , c’est la fin d’un système et ça va faire trés mal.


              • John Lloyds John Lloyds 24 février 2009 14:49

                "Pas besoin de dons de voyance pour savoir qu’en temps de crise le risque d’embrasement social s’acroit. "

                Facile à dire maintenant, il y a 4 mois de ça, date où j’ai commencé à publier sur AV, ce discours était considéré comme un délire, va demander à Zalka, on a un pari en cours sur l’instauration de la loi martiale aux US. Comme d’hab, ceux qui hurlaient au catastrophisme irréaliste viendront bientôt la ramener en disant que c’était évident. Si j’ai le temps de faire les archives, je sens qu’on va bien rire smiley

                Salut Boris smiley Hé oui, maintenant ils viennent faires les malins


                • snowballing snowballing 24 février 2009 15:01

                  Il faut peut-être rendre à César ce qui lui appartient : les rumeurs sur l’instauration de la loi martiale circulent depuis le mois de juillet dernier, presque toujours alimentées par prisonplanet et quelques autres site libertariens. Pour info, il était aussi régulièrement annoncé que la loi martiale serait décrêtée avant l’élection de novembre dernier.


                • John Lloyds John Lloyds 24 février 2009 15:20

                  Hé bien va voir sur mon article le nombre de personnes qui prenaient ça pour un délire. C’est sûr que 4 mois après, c’est beaucoup plus crédible.


                • Crazy Horse Crazy Horse 25 février 2009 09:59

                  Pour information, ça fait au moins dix ans que je lis sur la toile toutes sortes de théories et de rumeurs. Le basculement totalitaire aux Etats-Unis est évoqué depuis longtemps. L’idée qu’une grande crise économique pouvait accélérer les choses est sortie plusieurs fois.
                  J’ai suivi le durcissement des lois, j’entends le renforcement des forces de l’ordre. Beaucoup y voient depuis le début une manoeuvre d’anticipation des gouvernements.
                  Je ne crois pas, comme on voudrait nous le faire croire, que la crise est une surprise pour tout le monde. Il est pour moi évident que certains étaient au courant, que d’autres l’ont même sciemment provoquée et en tirent désormais profit.


                • Yannick J. Yannick J. 24 février 2009 15:08

                  @ l’auteur :

                  je partage malheureusement votre avis....
                  ça va vraiment finir par péter.......

                  et je me dis cela depuis quelques temps déjà...
                  d’ailleurs j’avais été étonné de voir le clip des linking park "shadow of the day", que je trouvait bizarrement prémonitoire........intuition peut-être...


                  • Frabri 24 février 2009 15:15

                    Dans les années 60 le nombre de chômeur-se-s avait doublé il était passé de 200 mille a 400 mille. Pompidou disait " 500 mille chômeurs et c’est l’explosion sociale". Dans les années 70 on a passé le million de chômeurs et personne n’a bougé.

                    Les pays riches grace au "traitement social du chômage" peuvent supporter un poucentage de chômage assez important. Il y aura forcément une limite mais on la connait pas.

                    Une alliance entre les classe moyennes et les classe populaires serait une bonne chose a condition qu’il y ait un" nouveau projet politique", un "nouveau modéle de société", qui les concerne, pour le moment il n’y en a pas.


                    • casp casp 24 février 2009 15:16

                      Si vous pouviez arrêtez les réflexions stupide.
                      Depuis quand des émeutes et de la violences font avancé les choses au XXIème siècle ?

                      Que la crise soi propice à une introspection de notre systême et a envisager des solutions politiques nouvelles OK.

                      Mais se réjouir de la violence à venir et de scission au sein de la population est une foutu connerie.
                      Non seulment car cela n’apportera rien de positif ; mais pire car la violence des uns servira de prétexte à la violence des autres.

                      Ne sentez vous pas venir une légère brise de fascisme sur nore civilisation ?
                      Battons nous pour pour la non violence (il y a aura d’ailleurs une marche mondiale en 2009 à ce sujet)
                      Mais ne vous réjouissez pas que des désespéré donnent des munitions aux futurs petits facho ! Ou cela ne sera que plus dur de résister.

                      Cordialement.


                      • plancherDesVaches 24 février 2009 15:29

                        Il semble que vous oubliez 1789.
                        (/mode délire on : ce qui nous permet d’être appelé le "pays des droits de l’Homme" depuis 220 ans.. ; /mode délire off)
                        Peut-on qualifier de fascistes les hommes qui sont arrivés au pouvoir à cette époque.. ?


                      • 3.14 3.14 24 février 2009 18:11

                        Ah je l’attendais celui qui sortirait l’argument de la violence c’est pas bien. Laissez-moi deviner, vous êtes également pour la paix et contre la guerre ?
                        C’est bien, c’est une position engagée et difficile à prendre ça...
                        Même G.W Bush est allé en Irak pas pour la guerre, mais pour la paix mondiale, pour détruire les soi-disants armes de destructions massives, qui menaçaient soi-disant les USA...
                        Pourtant, malgré les intentions de Bush, je pense qu’on peut dire qu’il a provoqué de la violence en Irak non ? Je pense qu’on peut dire que même les meilleures intentions du monde peuvent provoquer de la violence, ça ne sert à rien de sortir des grandes règles générales du genre "Moi, je suis pour le côté de la paix" ou "La violence c’est pas bien", ça ne fait pas avancer le débat, ça n’apporte aucune solution.

                        Alors dans ce cas précis, si on essaye d’aller un peu plus loin que la condamnation de la violence sans aucune réflexion, on peut se dire qu’une révolution provoque certes de la violence directe durant une période qui peut être longue (cf la Révolution Française), mais qu’elle peut aussi provoquer la fin de certaines violences indirectes de nos sociétés. Un SDF qui meurt de froid dans la rue, pour moi c’est de la violence. De la violence sociale, de la violence économique. De la violence de classe, de la violence qui écrase les faibles sous les dettes, la faim ou le froid. Mais qui plus souvent se contente d’abrutir le peuple au travail, parce qu’il faut travailler pour l’argent quand on est pas de la haute, quand on a pas l’entreprise de papa à reprendre, son héritage comme filet de protection ou quand on n’a pas déjà du fric pour investire en bourse et s’en faire encore plus.
                        Les rapports sociaux sont fait d’une violence (ou d’une lutte) constante, une révolution, ce n’est que l’apogée de ce point. Une révolution ne provoque pas de violence, elle permet à celle qui bout sous la surface de jaillir tout d’un coup.
                        Si les révolutions de nos sociétés ont été (et seront sûrement) violentes, ce n’est que parce que nos sociétés sont basées sur une forme de violence, moins spectaculaire, mais qui peut être tout aussi destructrice.

                        Enfin, il est bon de rappeler que les révolutionnaires ne sont pas forcément les plus brutaux : on parle beaucoup de la violence des tribunaux révolutionnaires, mais que penser de celle de nos voisins (Anglais, Espagnols,...) qui ont envoyés leur armée tenter de mater un mouvement qui n’avait même pas lieu dans leur propre territoire ! De quel droit ? La France ne représentait alors aucune menace pour le peuple de ces pays, mais pour leur élite qui avait peur de perdre la tête si.
                        Et que penser de notre propre comportement lors de la Révolution Russe ? A-t-on demandé pardon au peuple russe pour lui avoir envoyer nos soldats ? Pour le soutien aux Russes blancs qui a fait durer la guerre civile bien plus lontemps qu’elle n’aurait du, provoquant plus de morts ?
                        En période de changement novateur, les forces réactionnaires peuvent être bien plus violentes que le peuple. Notre gouvernement, avec l’affaire Tarnac (entre autres) semble s’engager lui aussi s’engager dans la voie de la violence.


                      • casp casp 25 février 2009 00:52

                        La violence est une réaction n’ammenant rien de bon. Pour 1789 n’oubliez pas de lire l’histoire en détail et d’imaginez ce qui c’est réellement passé. Pas de vous contentez de l’image d’épinale que l’on glorifie.

                        La violence est tellement facile...

                        Mais n’avez vous pas envie qu’on essaye pour une fois le courage au lieue de la lacheté ?
                        Osez agir de facon non violente ; jusqu’à engager votre vie si réellement vous trouvez innaceptable le sdf qui subit la violence de la société. Soyons cohérent et courageux.
                        Mais céder à la colère est stupide ; contreproductif et vas avoir comme beau résultat l’avénement des fascistes.

                        Au cas ou vous n’auriez pas remarqué ce début de XXIème siècle n’augure pas des progrets sociaux ou autre ; mais un renouveau des états policier et sécuritaire (le tout appuyé par une majorité de la population qui plus est !)

                        Alors dites moi vous voulez quoi ? Améliorer le monde ou assouvir vos fantasmes.

                        La non violence est la seul forme de pouvoir éfficace pour améliorer durablemen les choses. mais qui dis non violence dis un courage énorme ; et une volonté de fer.

                        Evidement la non violence ne consiste pas a rester dans son canapé...


                      • sisyphe sisyphe 25 février 2009 06:07

                        Les rapports sociaux sont fait d’une violence (ou d’une lutte) constante, une révolution, ce n’est que l’apogée de ce point. Une révolution ne provoque pas de violence, elle permet à celle qui bout sous la surface de jaillir tout d’un coup.
                        Si les révolutions de nos sociétés ont été (et seront sûrement) violentes, ce n’est que parce que nos sociétés sont basées sur une forme de violence, moins spectaculaire, mais qui peut être tout aussi destructrice.

                        Entièrement d’accord avec Pi !
                        La petite violence à laquelle on assiste, par des embrasements dans les banlieues, la délinquance, des émeutes contre la faim, des manifestations, etc.... ne sont que d’infimes contre-violences face à celle, fondamentale, exercée, tous les jours, à chaque instant, par un système totalement injuste, inique, oppresseur et mortifère. 

                        Et la violence d’une "révolution", si elle doit venir, ne sera que la contre-violence LEGITIME face à l’extrème violence que le système capitaliste libéral fait subir , fondamentalement, constamment, aux 9/10èmes des habitants de la planète. 

                        Il est des violences auxquelles ne peut être mis fin, que par une nécessaire contre-violence, salutaire. 

                        Comme il y a les plus grandes chances que les dirigeants de tous les pays, n’aient aucunement ; ni l’intérêt, ni l’envie, ni les moyens, ni les c.... d’y mettre fin, en refondant entièrement le système dans le sens d’une plus grande justice, et d’une plus juste redistribution, la révolte serait encore le meilleur moyen de remettre les choses à plat...


                        Il serait temps que les moutons arrêtent de se laisser tondre, et fassent valoir leur loi du plus grand nombre, pour faire respecter leur dignité, et leur droit de vivre décemment. 


                      • Crazy Horse Crazy Horse 25 février 2009 10:35

                        @ Casp

                        Le discours et l’obsession de la non-violence arrange beaucoup les puissants. C’est une mauvaise interprétation de l’enseignement des anciennes civilisations. La violence ne s’accompagne pas forcément de haine.

                        Dans la nature, l’univers, c’est par la violence que s’effectue la création. Il ne peut y avoir création sans destruction. Le courage, ça peut être de regarder dans les yeux son bourreau avant qu’il appuie sur la détente, ça peut être aussi d’affronter les tyrans au péril de sa vie.

                        Ce qui est lâche, c’est de s’en prendre à un ennemi désarmé ou plus faible (en l’occurence c’est plutôt l’inverse). Ca peut être aussi de regarder un soldat violer sa femme et frapper ses enfants sans broncher (elle a bon dos la non-violence dans un cas comme celui-là).

                        Que le peuple descende dans la rue, et nos gouvernements montreront leur vrai visage, celui que les ignorants et les lâches refusent de voir. Pour le moment, la violence des puissants est encore dissimulée derrière le visage souriant de la démocratie libérale, et toute attaque directe contre ces mêmes puissants serait jugée illégitime.

                        La violence aveugle d’une foule sanguinaire n’apportera rien de bon, certes, mais sans vouloir être alarmiste, je sais qu’en France aussi les gens s’arment, bien que ce soit moins facile qu’aux Etats-Unis...


                      • TSS 24 février 2009 16:14

                        Strauss-Kahn ,il y a peu,a pris le contepied des officiels lenifants en annoncant que la degringolade

                        continuerait au moins jusqu’à fin 2010 avec des consequences catastrophiques... !!


                        • plancherDesVaches 24 février 2009 17:17

                          Strauss-Khann cherche à devenir responsable mondial du contrôle financier...

                          Et juste avant le G20, il fait sa "campagne". Ne vous laissez pas avoir par les discours de politiciens.


                        • finael finael 24 février 2009 16:14

                           Je crois que l’on a cherché à faire passer la "crise des banlieues" en France comme une "intifada" islamiste, en tout cas c’est ainsi qu’elle a été présentée (particulièrement à l’étranger d’ailleurs). Et celà malgré les démentis de la police et de la justice quant à la représentation "ethnique" des personnes arrêtées.

                           Ce furent des émeutes de misère, d’abandon, contre l’injustice, menées par les premiers touchés par la crise économique et institutionnelle.

                           De la même manière le phénomène "Al Quaïda" n’aurait jamais eu cette ampleur sans une désespérance et une misère aggravées par les guerres menées à l’autre bout du monde.

                           Ce ne sont que les prémisses de la grande révolte des démunis contre les privilégiés. "Grande" parce que pour la première fois, le monde entier peut voir ce qui se passe dans le monde entier.


                          • delamothe delamothe 24 février 2009 18:11

                            Il s’agissait d’un défi que les jeunes faisaient à l’Etat , ils ne voulaient pas etre considéré comme des victimes ou des cas sociaux comme ils sont traités par des soc dem en mal d’analyse. Dans l’insurrection qui vient cet événement est majeur et l’auteur considère que cela annonce de nouvelles tentatives de déstabilisation de groupes actifs vis à vis l’Etat central grace au phénomène de la congestion des réseaux


                          • sisyphe sisyphe 25 février 2009 09:56

                            @ finael :

                            entièrement d’accord avec vous. 
                            Quand il n’y a plus d’espoir, la révolte est salutaire. 


                          • morice morice 24 février 2009 16:16

                             tous les matériels mis en place par les militaires ont désormais une double fonction, dont celle de réprimer les émeutes attendues avec la crise économique. C’est NET. Aux états-unis comme en Grèce, ou là c’est l’inverse !!! . c’est CLAIR lisez ça, vous serez éclairé...

                            Other ongoing projects include acoustic devices and Pulsed Energy Projectiles (PEPs) which hurl plasma at crowds, causing ’pain and temporary paralysis’.
                            These weapons were originally intended for the urban battlegrounds of the Third World. ’But if Barack Obama fails to reactivate the ailing US economy, they may well find themselves deployed in the United States,’ writes Carr. ’The news from Wall Street that US financiers awarded themselves a staggering $18.4bn in bonuses in 2008 hardly helps the new president’s cause.’
                            Next time your switch on your Raytheon radar, watch out !


                            • plancherDesVaches 24 février 2009 17:33

                              Et ça fait longtemps que vous êtes au FN.. ?


                            • barbouse, KECK Mickaël barbouse 24 février 2009 16:47

                              bonjour john,

                              j’ai parcouru vos derniers articles, vos sources, et l’angle d’une plume qui jette de l’encre couleur réalisme sur du catastrophisme avec un certain intérêt. 

                              Ce qui est génant c’est l’angle américano centré dans vos articles. Vous savez même si les états unis basculent dans une implosion sociale, ou partent en guerre en IRan, ce n’est pas pour autant qu’on fera pareil ici, et sans doute pas de la même manière qu’une population armée fonctionnant en communautés.

                              Ici, en France, on a pas l’espace d’un continent pour nous permettre un seul problème de central nucléaire, ou d’autres point névralgique pétrochimique, régulant l’eau, etc... Aussi même les autorités des pays voisins viendraient militairement a l’aide de l’armée Française pour sécurisé ces sites et calmés les émeutiers. ne serais-ce que parce qu’un nuage ne s’arrète pas aux frontières, pas plus que certaines rivières ou effets nocifs sur le littoral.

                              En cas de véritables émeutes, en situation d’atteintes a l’intégrité de la nation, l’armée est en droit de s’autosaisir de son commandement et de tirer. Croyez bien qu’on pleurera peut etre des morts, mais pas la fin de la France. 

                              De plus nous ne sommes pas non plus culturellement fondé sur la visée d’objectifs illimité avec des moyens limités, contrairement aux mythes américains, ce qui explique en grande partie le partage des roles et des spécificité de chaque pays européen afin d’obtenir collectivement un maximum d’objectif avec un cumul de moyens limités,

                              le tissage lent mais certain d’interconnection entre pays européen fournis un maillage de plus en plus capable de tenir le choc collectivement. Au dela du cumul des égos nationalistes, il y a aussi une conscience harmonisante d’un intérêt commun.

                              l’europe est du point de vue alimentaire auto suffisante, pas d’émeute de la faim même en cas de protectionisme européen et meme national, le coca sera plus cher mais il restera de la limonade, Aussi, personne ne sera obligé de prendre les armes pour nourir sa famille dans une question de vie ou de mort. On peu ne pas faire d’émeute parce qu’on ne peut plus acheter tel ou tel gadget non régalien pour la survie de sa famille. 

                              De plus L’europe bénéficie d’un bon réseau de distribution de produit frais, ce qui n’est pas le cas des états unis ou les lowers classe achètent que des surgelés. bref, la quantité de vitamine et autre nutriment permettant de combattre le stress par un organisme est supérieurement distribué en europe qu’aux états unis. Et en cas de déséquilibre mondial manifeste, on lachera les quotas et baissera les prix alimentaires intra européen et dom tom de façon à nourrir l’europe. 

                              L’air de rien on a aussi plusieurs siècles d’histoire, et pas mal de périodes sombres où tout semblais désespéré et sanglant, notamment les boucheries fratricide entre protestant et catholique, qui ont saigné la france de l’intérieur, ce qui induit que même en cas de conflit identitaire entre concitoyen qui ne se reconnaissent plus comme tel, on verra la création de milice, de replis des identité sur des territoires défendus, etc... mais pas forcément un conflit sanglant organisé comme tel. 

                              Nous sommes peut etre un peu nombreux a croire qu’on ne retrouve pas la paix pour les siens si son voisin est en mode survie. 

                              Bref, même si vous avez raison dans vos pronostics sur les usa, et leur patriotisme est quand même sacrément ancré pour cèder a une crise économique sans donner toute sa puissance, cela ne démontre pas qu’ici se sera la même chose, loin de là.

                              amicalement, barbouse, qui pense qu’envisager le pire c’est utile, mais sans dénier ses propres atouts. 




                              • John Lloyds John Lloyds 24 février 2009 18:14

                                "Ce qui est génant c’est l’angle américano centré dans vos articles. Vous savez même si les états unis basculent dans une implosion sociale, ou partent en guerre en IRan, ce n’est pas pour autant qu’on fera pareil ici"

                                Ha mais si, ça sera pareil. Ce que vous dîtes aurait eu un sens au XIX° siècle, mais aujourd’hui un domino qui tombe aux US engrange un chaîne qui se propage sur la planète, comme on l’a vu avec les subprimes. C’est sur toute la planète que tournent les planches à billet aujourd’hui. L’économie américaine qui s’effondre, et c’est l’économie planétaire qui suit, avec son lot d’émeutes, le protectionisme aggravant la situation. Militairement, l’Iran attaqué signifie un ou deux ans après WW3 voire NWW1, vu les intérêts énergétiques en jeu, et la France dans l’Otan reste obligée de basculer dans le jeu des alliances. C’est bien pour cela qu’il nous faut avoir l’oeil sur les US, car tout le reste en découle.

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