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Accueil du site > Actualités > Société > Le spleen de l’étudiant

Le spleen de l’étudiant

Il vaut mieux gâcher sa jeunesse que de n'en rien faire du tout. [Georges Courteline]

 On peut même affirmer mieux, on gâche sa jeunesse parce qu’on sait qu’on en fera rien du tout.

Je suis étudiante, et l’université aujourd’hui, ne semble plus être un lieu d’espoir fous et d’ambitions démesurés, non il n’y a plus beaucoup de Great Expectations dans le cœur de mes camarades.

Assurément, vous entendrez des rires : regardez bien pourtant la jeunesse sous couvert d’une insouciance démesurée est plus cynique que ses aînés devaient l’être au même âge. 

Ces soirées qui se multiplient, sorties alcoolisées, sont les points d’ancrage d’un avenir qui se vit désormais à court terme.

La grande machine à recycler qu’est l’université permet à certains étudiants de prolonger l’adolescence au moment où devenir adulte devient trop malaisé.

Le sentiment morose que notre champ des possibilités s’est considérablement rabougri est entêtant en cette année 2011. Et il s’agit d’une vérité que nous n’osons pas regarder franchement : quel que soit notre projet d’avenir, le métier que nous rêvons d’exercer, il faudra peut-être y renoncer.

Alors en attendant, autant se laisser griser par un cocktail au son de Portishead ou les Strokes, écumer les enseignes de fringues telles que Mango ou Pull and Bear et s’imaginer que ça durera toujours…


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5 réactions à cet article    


  • Tristan Valmour 14 mai 2011 13:47

    @ l’auteur

    Vous êtes en concurrence avec des étudiants de pays étrangers dans un monde où les rapports de force changent. Vous êtes en concurrence avec des machines de plus en plus perfectionnées qui peuvent remplacer l’être humain dans des tâches de plus en plus nombreuses, y compris intellectuelles. Un mouvement qui s’accélérera encore sous la double impulsion du perfectionnement technologique et de la baisse des coûts de la technologie. Et quand vous achetez, vous achetez au moins cher… comme pratiquement tout le monde… et vous alimentez ce mouvement dans une spirale sans fin.

    Le système économique autorise l’accumulation sans fin de richesses au profit d’une minorité. Les prélèvements obligatoires ne font que ralentir le mouvement, parce qu’ils ne sont pas assez dissuasifs pour le stopper. L’Etat qui est censé être au service de tous participe à ce vol collectif en favorisant davantage l’oligarchie par son interventionnisme et par la promulgation de toujours plus de lois. Par son action, l’Etat fausse ainsi la concurrence.

    On est passé de la lutte des classes sociales à la lutte des champs sociaux, pour plagier Bourdieu, avec une domination nette et incontestable du champ de la finance.

    Donc, non, dans la situation actuelle, vous n’avez aucun avenir.

    Maintenant, vous pouvez réagir, comme les Résistants ont réagi face à une force immense que l’on considérait invincible, dans une situation où ils n’avaient aucun avenir eux non plus. Mais certainement pas en buvant.

    Etudiez toujours plus, parvenez à un très haut niveau dans plusieurs domaines. Ne vous mésestimez jamais, ne renoncez jamais. Agissez, créez, bougez-vous. Sans plus attendre parce que vous ne serez jamais prête, le monde change constamment et vous devez constamment vous adapter, ce qui implique de ne pas croire que vos plans vont fonctionner comme vous le souhaiteriez. Vos plans sont conçus sur une situation dépassée. Et c’est en agissant dans un monde en mutation que les opportunités se révèleront. C’est toujours ainsi que cela se passe. La « chance » n’arrive qu’à ceux qui arpentent plusieurs chemins, ce qui leur permet de faire plusieurs rencontres. Vous disposez d’un grand pouvoir, celui de faire évoluer les choses autour de vous. Mais certainement pas en buvant. Ne croyez pas non plus que c’est parce que vous vous êtes inscrite en socio, psycho ou autres voies dîtes de « garage » que vous êtes condamnée. Seulement il faut accepter le fait que vous êtes multitâche, et en convaincre les employeurs, ou être employeur vous-même.

    Bon courage, parce que c’est ce qui a toujours été nécessaire.


    • LadyWindermere LadyWindermere 14 mai 2011 14:29

      Tout d’abord merci de cette réaction fort loquace. Je suis dans une filière qui me plait et j’aime la matière que j’ai choisi mais force est de constater que l’avenir est assez sombre niveau débouchés, d’où l’envie d’écrire un petit...article ? Mais je ne me décourage pas pour autant.

      Merci encore de votre lecture !


    • archestratos 14 mai 2011 22:57

      Bravo, ce petit texte est bien ecrit et assez signifiant bien qu’il soit d’un pessimisme glacant.


      • Axel de Saint Mauxe Axel de Saint Mauxe 15 mai 2011 18:52

        Sachez anticiper. ne tombez pas dans les pièges de la massification. Les universités et les grandes écoles sont des machines à formater. 


        J’espère que votre idéal est au dessus de ces masses sont les rêves se bornent à un job de cadre sup de la finance à la Défense, un appart dans le XVème ou à Issy les Moulineaux et un monospace.

        • velosolex velosolex 15 mai 2011 18:57

          Les expériences qu’on fait, celles qu’on fêtent, et les choses qu’on apprend, que ce soit dans un amphi ou soi-disant dans la vraie vie sont toujours profitables. C’est vrai que l’époque est un peu triste ; les valeurs, bien qu’épousant un certain jeunisme dans les publicités et les valeurs, protègent et préservent la classe dominante.
          Jeune, je crois que je serais révolté par cette société qui protège et flatte les vieux, permet à certains ( pas à tous) d’avoir un capital leur permettant de jouer à la dame de charité avec leurs enfants.
          Depuis les années quatre vingt, je n’ai plus les chiffres, mais l’écart entre les différences d’age se sont multipliés.
          Ne renoncez à rien, surtout. Refusez la morosité ambiante, et les pronostics affligeants.
          L’avenir a plus d’un tour dans son sac.
          Peut-être sommes nous en 1788

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LadyWindermere

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