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Accueil du site > Actualités > Société > Le « système » et ceux qui le font fonctionner

Le « système » et ceux qui le font fonctionner

Nouveau discours sur la méthode :

L'individu fait fonctionner le système ? … tapons sur l'individu quand le système dérape !

 

Qu'une minorité vive bien selon des mécanismes qui font que la majorité vit moins bien ou très mal, voire dans des conditions inhumaines est un fait qui est vieux comme le monde. C'est peut-être d'ailleurs l'histoire du monde.

La mise en oeuvre de ces mécanismes a, quand les conséquences étaient devenues insupportables, suscité des réactions (suppression de l'esclavage, décolonisation, …) et des réflexions sur les fonctionnement des sociétés (par ex. Marx, divers économistes prix Nobel) et des réformes institutionnelles. Et puis, au bout d'un certain temps, de nouvelles minorités ont réussi à prendre le dessus, et dominer à leur profit la majorité de la population. Probablement jusqu'à un nouvel excès, qui amènera une période de répit …. après laquelle la même mécanique se remettra en route.

 

Pour un être qui habiterait une autre planète, cette situation paraîtrait probablement incroyable. Incroyable qu'une espèce humaine, instruite de l'histoire, se combatte de l'intérieur, les uns tirant leur bonheur du malheur des autres, et subisse passivement ces cycles de misères et de répit. Incroyable qu'elle n'arrive pas à trouver les solutions pour un fonctionnement harmonieux.

"Pourquoi ?" se demanderait l'extra terrestre .

 

S'il est vrai que, sous un certain rapport, l'espèce a évolué sur des millions d'années (le singe d'antan devenu homme trouve aujourd'hui sa nourriture dans les "drive-in" des supermarchés), il n'est semble-t-il pas vrai qu'elle a évolué, en matière de comportements, sur quelques siècles, ni même sur quelques millénaires ou qu'elle soit en train d'évoluer dans les temps présents. 

L'espèce humaine est ainsi faite : de travailleurs et d'oisifs ; de gens droits et francs et de manipulateurs et de menteurs ; de personnes qui dès leur plus jeune âge ont décidé d'utiliser leur passage sur terre pour "faire du fric" tandis que d'autres ont comme ambition celle de manger le jour même ; de gens qui aiment le pouvoir, d'autres qui préfèrent rester en retrait et être commandés ; de courageux et de lâches ; de courtisans et de gens dignes … etc … Pourquoi ? acquis, inné, résultat du contexte historique, social, géographique ? Sans doute un peu de tout. 

 

En tous cas peu importe, dirait probablement l'extra terrestre. D'ailleurs dire que l'homme est "bon", ou "mauvais" n'a aucun sens. Et dans la société, ça n'a aucune utilité. Puisque ce qui compte pour la vie dans la société, ce n'est pas ce que l'homme est, mais ce que l'homme fait.

Et s'agissant de résultats de l'action de l'homme, l'extra terrestre "enfoncerait le clou" en remarquant que les aventures d'Irak, de Lybie, de Syrie, montrent, s'il en était besoin, que la guerre est toujours le moyen par lequel le plus fort essaie de gagner de l'argent. Comme au Moyen Age, au temps de la politique de la canonnière, au temps de la colonisation que l'on croyait révolus, etc… Les tueries raciales dans l'Europe des années 40, puis au Biafra, dans l'ex-Yougoslavie et dans de multiples autres endroits encore, montrent que l'Homme peut à tout moment se comporter comme un animal, comme toujours quand la situation s'y prête. L'esclavage en Afrique, en Asie et dans le XVI° arrondissement de Paris montre que pour l'Homme au XXI ° siècle comme dans l'Antiquité, un sou est un sou, même quand pour l'économiser il s'abaisse en déniant aux autres la dignité qu'il se réserve.

 

Ainsi les réformateurs, au lieu de s'en prendre d'abord aux travers des hommes, préfèrent souvent (itérativement et vainement) organiser le fonctionnement idéal de la société. Alors que, bien évidemment, les individus, avec leurs caractéristiques personnelles, se coulent dans le moule du moment, quelle qu'en soit la forme. Au galop ou plus lentement, la nature revient.

Et alors que, ce qui est important, c'est le contenu du moule et non sa forme.

 

On a eu beau changer les constitutions, les classes politiques ont toujours eu le même comportement. On a modifié les textes sans s'attaquer aux individus qui, les uns à côté des autres, souvent toutes tendances confondues, en ont fait à leur tête et selon leurs intérêts. Il n'y a eu que le numéro des Républiques qui a vraiment changé.

On a eu beau changer le mode de recrutement des enseignants-chercheurs des universités, les règles, aussi séduisantes soient elles dans leur rédaction, laissent s'introduire dans les facultés un certain nombre de personnes peu ou pas compétentes, peu consciencieuses voire fainéantes qui envoient leurs étudiants dans le mur. Et qui s'agissant de la recherche, ne trouvent jamais rien, et ne sont même pas capables de faire semblant de chercher quoi que ce soit. 

On a eu beau imaginer des règles pour interdire la corruption ou certains financements des campagnes électorales, les billets ont remplacé les chèques et ceux qui en profitent continuent à le faire. 

On a eu beau imaginer des règles pour l'attribution des marchés publics pour sauvegarder l'intérêt général, les coups de téléphone ont contourné ces dernières au profit d'intérêts privés contraires à l'intérêt général. 

On a eu beau modifier la composition du conseil supérieur de la magistrature, des magistrats sont demeurés sensibles à la perspective d'une promotion ou aux intérêts de certains de leurs amis. 

 

Puisque ce sont les individus qui font « tourner » la société, puisque ce sont les décisions de certains qui scellent le destin des autres, imaginons les moyens de nous en prendre à eux, à des individus nommément désignés, et non à une abstraction (le "système" "le "régime") (1). 

 

Nos sociétés savent le faire.

Par exemple, la loi pénale qui envoie en prison l'individu qui a tué ; par exemple le traité sur la CPI qui permet de juger des chefs d'Etat (ou certains d’entre eux ou de certains Etats) qui sont (ou ont été) auteurs de certains crimes. Dans ces cas, on ne s'en prend pas au système. On ne reporte pas la correction de la situation à la mise en place d'un système qui éviterait de tels errements chez l'espèce. On s'en prend aux individus. Pour leur gâcher le bénéfice de leurs actes. En espérant que la peur du châtiment tiendra lieu de code de déontologie pour les autres. La peur n'étant cependant efficace que si la répression prend des formes adéquates et si elle est systématiquement (v. la répression des dépassements de vitesse qui donne de meilleurs résultats que la répression des crimes contre l'humanité) mise en oeuvre.

 

Mais quand il s'agit du fonctionnement politico-économique de la société, on parle plus volontiers de "système", de "régime" (1). Et le rôle de l'individu est souvent occulté et en tous cas rarement traité. (Sauf dans des considérations inopérantes fondées sur la notion de "moralité"). 

 

Si, pour un individu, les bénéfices attachés à une opération ou à un comportement disparaissent, voire lui coûtent, il est peu vraisemblable qu'il s'obstine à agir pour rien ou contre ses intérêts.

Et alors là, le "régime" (que son comportement contribue à engendrer) ne sera plus le même. 

 

D'où les idées suivantes :

 

1/ Tout d'abord et bien entendu, il conviendrait de combler les failles qui permettent à certains d'échapper aux poursuites répressives et au châtiment : des chefs d' Etats qui sont à l'origine de guerres déclenchées pour des intérêts financiers sont pour beaucoup à l'abri des poursuites, en droit ou en fait. Parce que leurs pays ne sont pas partie au statut de la CPI, ou bien tout simplement parce que dans leurs pays, on ne pense pas, ou on n’ose pas déclencher les poursuites (par crainte d’avoir des dommages-intérêts à payer ou subir des tracas de la part des services travaillant sous les ordres des intéressés ou de leurs successeurs). Il faut donc imaginer et mettre en place des procédures adaptées qui tournent l'obstacle, qui pourraient être opérationnelles. 

Quant aux immunités juridictionnelles des titulaires de toutes les charges publiques, elle devraient être conçues ( comme pour la responsabilité pécuniaire des fonctionnaires) pour protéger les individus à raison de leurs seuls actes de service (mais non à l'occasion, par exemple, d'enrichissements personnels, ou de comportement contraires à l'éthique ou aux obligations de la fonction). 

 

2/ Quel qu'ait été la bonne volonté de quelques hommes politiques, quelle que soit la connaissance que l'on acquière (toujours avec un temps de retard) des mécanismes selon lesquels une minorité s'enrichit d'une manière qui est préjudiciable au reste de la société (que ce soit légalement ou illégalement est une question secondaire et contingente), la soif de s'enrichir, le non respect d'autrui et de ses droits élémentaires … ne seront jamais éradiqués.

Parce ce que ce n'est pas possible comme l'histoire de l'humanité le démontre. L'instinct est plus fort que les textes (et les régimes en -"isme" que l'on a imaginés ou que l'on pourrait encore concocter).

Ce qui peut être fait en revanche, c'est procéder à la confiscation des biens acquis d'une manière préjudiciable à la société. Si la perspective de ne rien gagner, ou celle de se trouver ruiné , soi-même et ceux qui en ont profité, existent, il est probable (il faut en tous cas expérimenter ce mécanisme) que l'on évitera les conséquences sociales des comportements en cause.

Par exemple avec une fiscalité devenant confiscatoire pour certains revenus spéculatifs.

Par exemple, avec des juges déclarant "nuls" certains acquis. Au premier rang desquels les gains nés de certaines infractions liées à la notion de corruption. Ou les gains engrangés dans le contexte d'une situation de conflits d'intérêts (notion dérivée de la corruption). Juges ordonnant par ailleurs des mesures complémentaires ou accessoires découlant de la notion de nullité : saisies des biens mal acquis dans quelque patrimoine qu'ils se trouvent, réparation aux victimes ou à la collectivité , privation de droits pour les auteurs ou les bénéficiaires de l' infraction ou du conflit d'intérêt (v. sur Avenirs Afrique Europe). 

 

On sait que l'argument (pseudo scientifique) que le capitalisme s'auto-régulerait est pour beaucoup et sous un certain rapport une sorte d'escroquerie intellectuelle. 

Mais l'idée d'auto régulation peut être reprise et transposée. Il s'agirait, selon notre opinion, de mettre au point des mécanismes qui pourraient et devraient se mettre en route automatiquement. Avec la différence que ce n'est pas le capitalisme qui s'auto régulerait, mais c’est la société qui mettrait en place, en fonction de l'intérêt général, des mécanismes automatiques de purge (3). Les automatismes conduisant à des habitudes d’hygiène comme en Suède.

 

C'est peut être le moyen de renverser le rapport de force, nécessaire au changement, sans attendre les révolutions. Et sans déchanter plus tard des révolutions "trahies" .

Quand le "fort" est seul devant l'administration fiscale ou devant le juge, il est dans un rapport de force qui lui est devenu défavorable. C’est sans doute à cela qu’il faut penser.

 

D'ailleurs, dans cette logique, le bon sens incite à penser : 

Si les politiciens (et leurs enfants qui en bénéficient) perdaient "leurs" propriétés et "leur" argent mal acquis, la corruption aurait moins d'intérêt et serait moins répandue (2). 

Si les "enseignants-chercheurs" avaient un cahier des charges à respecter et s'ils étaient exclus de l'université lorsqu'ils ne le respectent pas, le taux d'échec des étudiants ne serait pas aussi aberrant. 

Si les députés-maires qui ont utilisé l'argent des contribuables pour leur vie domestique rendaient l'argent et étaient privés de leurs droits civiques, les électeurs-contribuables ne seraient pas amenés à faire perdurer le système en les réélisant. 

Si les banquiers qui font un coup qui ruine leurs clients, mais qui leur emplit les poches, se trouvaient mis sur la paille après qu'ils y aient mis leurs clients, le fonctionnement du système bancaire serait plus sûr. 

Si ceux qui mettent en concurrence un travailleur ayant des droits sociaux avec un travailleur qui en est dépourvu ou qui est un esclave, voyaient leur profit re calculé en fonction de la législation du pays où le produit est vendu, la "mondialisation" aurait moins d'effets pervers. 

Si ceux qui spéculent sur certains produits (comme les céréales, l'eau, le café, le cacao) se voyaient confisquer les profits qu'ils ont acquis par leurs manoeuvres au détriment des producteurs et des consommateurs, des famines seraient évitées. 

Si ceux qui provoquent une guerre pour installer un pipe line ou entretiennent un conflit pour vendre des armes étaient eux (et leur famille nécessairement bénéficiaire du train de vie en découlant et leurs complices) privés des bénéfices (3) que la mort des autres leur a procurés, la paix et les droits de l'homme y gagneraient. 

Si les juges après s'être prononcés après avoir reçu une somme d'argent ou une proposition d'avancement voyaient leur carrière brisée, on pourrait compter sur l'existence d'un "pouvoir judiciaire" digne de ce nom. 

Etc… Etc…

 

Ce n'est pas le "système" qui s'en met dans les poches, reproduit les inégalités sociales sous une forme scolaire, empêche les gens de manger ou de se soigner, tue … Ce sont des individus. 

Qui le feront et continueront à le faire, quel que soit le régime, quelle que soit la règle, pour autant que l'envie de le faire ne leur sera pas enlevée (4). 

 

 

 

Marcel-M. MONIN 

 

(1) On signalera également le concept de "crise". Quand on parle de "crise" on évoque des faits qui résultent en réalité de décisions ou de comportements d'individus ou de groupes d'individus. Par exemple toutes les crises financières sont la résultante de décisions prises (ou non prises) par des dirigeants de banques. La crise de l'emploi, résulte de décisions qui portent la signature de personnes ayant un pouvoir de décision. La crise de la dette est la résultante des décisions de ceux qui ont lancé le processus d'endettement de l'Etat auprès des banques privées et des marchés financiers. Etc...

Parler de crise permet, avec les connotations de "fatalité" ou de "cas fortuit" qui s'attachent au terme, d'éviter l'identification des auteurs de la situation (de crise), et épargne à ces derniers d'avoir à répondre de leurs actes. Et, le cas échéant, de rendre l'argent que la crise (qu'ils ont provoquée) leur a rapporté. Et leur permet de préparer de nouvelles … crises.

(2) Dans certains pays, des responsables politiques font campagne sur le thème d'éradication de la corruption. Pour savoir si le propos est crédible, il suffit de faire de l'arithmétique : et compter combien d'hommes politiques en fonctions, de proches des dirigeants précédents, se trouveront mis en examen après les élections. Et combien, après la décision de justice, seront contraints, comme tous ceux qui ne peuvent vivre que de leur travail, … de pointer au chômage. 

(3) On raconte qu’en réponse à des propos que lui aurait tenus le chef des services secrets saoudiens sur le contrôle par lui de groupes tchétchènes … qui pourraient bien commettre des attentats lors des jeux de Sotchi, Vladimir Poutine aurait fait savoir au roi Abdallah que tout attentat de ce genre aurait des conséquences funestes pour ce monarque lui-même. Ce qui montre que si la crainte est réelle, la sagesse peut être grande.

(4) Une fois les mécanismes arrêtés, comment les imposer ? Car leur mise en place aura un coût pour certains qui ne manqueront pas de mettre en branle les techniques habituelles de manipulation de l'opinion publique. Mais les techniques des relations publiques et du lobbying ne sont pas un monopole des personnes et des intérêts en question. De plus, sur plusieurs mesures techniques on peut sans doute obtenir un consensus, qui ne souffre pas du clivage idéologique (ou carriériste) droite / gauche.

Un exemple : on peut raisonnablement envisager, surtout à l'occasion d'un scandale, que soit votée l'obligation faite aux juges (ils pourraient le faire spontanément s'ils le voulaient - v. Avenirs Afrique Europe : "Conflits d'intérêts : le rôle potentiel des juges"- v. sur Agoravox la transcription du texte de notre intervention devant le CNR : « économie et politique : pour une séparation des pouvoirs ») de déclarer nulle toute décision, tout contrat, obtenus grâce à la commission de certaines infractions (déclinant le concept de corruption) ou dans un contexte de conflit d'intérêt. Constatation de la nullité assorties de mesures destinées à la faire cesser et à en prévenir le renouvellement. Le porte monnaie des contribuables pouvant être allégé du fardeau lié à de telles situations, il est vraisemblable que l'opinion publique puisse être favorable à une telle réforme. Et avec elle, la majeure partie du personnel politique. 

Une jurisprudence intelligente en la matière peut faire plus de nettoyage qu'une montagne de textes. 

Les réseaux sociaux, au lieu de refaire le monde, peuvent y travailler.

 

(15 octobre 2013) 


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18 réactions à cet article    


  • JBL1960 JBL1960 24 février 14:24

    Si je comprend bien, il suffit d’extraire les qques individus défaillants pour que le Système se corrige de lui-même ? Outre, que l’homme n’est pas un loup pour l’homme comme on essaie de nous le faire croire depuis un moment et pour justifier la perpétuation de cette structure verticale de la société. Ce que j’explique dans ce billet, en m’appuyant sur les travaux de Pr. Patou-Mathis, ici ; https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/02/09/lhomme-nest-pas-un-loup-pour-lhomme/ Vous conservez une structure pyramidale et un système vertical. Comme dit Einstein, « Une vie nouvelle demande des formes nouvelles ». Comme je l’ai déjà dit, je ne pense pas qu’on résoudra notre problème étatique en changeant d’état mais en le supprimant. L’expérience Zapatista est à mon sens à étudier de près car elle démontre qu’il faut laissez le peuple gérer. L’autogestion, s’entend en partant du local et fédérer les communes émancipées. J’ai reproduis l’appel de l’EZLN du 1er janvier 2016 dans ce billet, riche d’enseignements ; https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/01/05/demain-se-plante-aujourdhui/ Si le Système est dévoyée au départ, il le sera à l’arrivée, c’est FouPouDav. On ne peut pas réformer, modifier, ce Système de l’intérieur. Ce n’est que mon humble avis. Par contre, vous pouvez initier une autre réalité à côté de celle-ci. Ce nouveau paradigme s’il est correctement initié et enclenché, rendra à terme l’ancien obsolète et il tombera en désuétude.
    Des pistes nous on été laissées pour créer la société des sociétés, notamment par Landauer que je reprends chronologiquement, dans ce billet ; https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/02/15/cest-a-nous-maintenant/ JBL


    • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 24 février 16:47

      @JBL1960

      Encore une fois : une analyse parfaite de Marcel Monin. Barvo ! je suis fan !!

      il suffit d’extraire les qques individus défaillants pour que le Système se corrige de lui-même ?

      Pas tout à fait, vous faites une inversion de causalité :
      - Il s’agit de définir les objectifs et les responsabilités individuelles parfaitement claires à chaque poste
      - Pour que se révèlent naturellement des failles précises du système
      - Et pour qu’elles soient corrigées, une à une, dans leur contexte.

      C’est mieux que bazarder tout le système bordélique actuel (dont la faute est de diluer les responsabilités) pour le remplacer par un autre système idéal qui se transformera en bordel (qui sera forcément aux responsabilités floues)

      Exemple : C’est NKM qui a signé les PPP d’Ecomov.
      - Les contrats étaient pourris
      - Les clauses abusives
      - Ubuesque (une société privée étrangère qui collecte les impôts)
      Dans un système ou la responsabilité serait personnelle, NKM pointerait au chômage, ou mieux : elle n’aurait pas fait de connerie. Or cette gabegie est à l’heure d’aujourd’hui la faute de personne.


    • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 24 février 16:52

      @JBL1960

      De plus c’est génial car c’est un remède indépendant de toute idéologie ou de tout parti ou de tout programme.


    • JBL1960 JBL1960 24 février 18:14

      @La Voix De Ton Maître Ben j’suis pas convaincue, dans le sens où, pour moi, le même Système produit les mêmes effets et même si on change qques individus. Les racines sont trop profondément ancrées et je ne vois pas d’autres solutions que de les extirper et même de creuser tout autour. Et d’ailleurs, dans l’intervalle, j’ai rédigé ce billet que je me permets de vous coller ; https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/02/24/arretez-de-tirer-sur-la-corde/ Qui expliquent que les Prolétaires peuvent bien crever, l’État les digèrera de toute façon. Et s’agissant de l’exemple NKM voyez ce qui s’est passé avec Pécresse qui au lendemain de son arrivée à la Présidence de l’Ile de France n’a pas moufté (et pour cause) au dégraissage fait par son DRH de mari à Général Electric des salariés d’Alstom... Tenez, je l’ai résumé dans ce billet ; https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/01/16/ubu-est-marie/ Je ne vois pas en quoi ce remède est indépendant de toute idéologie ou de tout parti ou programme.


    • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 24 février 20:39

      @JBL1960

      Imaginons que NKM était responsable comme l’est un chirurgien pour une opération sur un patient (responsabilité de moyens)
      Qu’arrive-t-il au chirurgien si l’on retrouve le coeur du patient sur l’étagère, les poumons dans la cantine de l’hôpital et que médor est parti avec le foie ?
      Voilà
      Si le poste de NKM comportait une part de responsabilité : elle l’aurait lu le contrat avant de le signer ! Et si elle ne comprenait pas ce que le contrat disait : elle aurait appelé quelqu’un pour lui expliquer.

      Je ne vois pas en quoi ce remède est indépendant de toute idéologie ou de tout parti ou programme

      La technique marche que ca soit NKM, Sarkozy, Le Pen ou Moïse...


    • non667 24 février 14:40

      un juge devrait rendre un verdict comprenant 3 volets
      1° volet réparation, : rendre l’argent ,payer la pension des orphelins ,des blessés etc.....
      2°volet neutralisation  : pour les viols couper les couilles , les vols travaux forcés ..... ,meurtres , guillotine ....etc
       3°volet dissuasion : pénalité largement désavantageuse par rapport aux avantages espérés par l’infraction


      • César Castique César Castique 24 février 15:25

        «  »Pourquoi ?«  se demanderait l’extra terrestre »


        A la condition qu’il ne vienne pas, lui-même, d’une planète où les créatures, pas plus que le Terrien, ne seraient capables de se gouverner selon leur raison. et qui, comme nous, obéiraient à toutes sortes de pulsions, de sentiments, de passions, définitivement incontrôlables.


        • tf1Groupie 24 février 19:29

          @César Castique

          Excellent commentaire ... mais accessible à peu de personnes apparemment.

          Hallucinant ce besoin de croire qu’ailleurs c’est toujours mieux.
          les animaux font-ils mieux que nous ?
          Non, alors on change de planète pour supposer, sans moyen de vérifier, que les humains forment toujours la pire espèce de l’univers.

          Mais c’est vrai que les humains sont de sacré dépressifs, incapables de reconnaitre l’incroyable niveau de progrès qu’ils ont atteint.
          Incapables de reconnaitre qu’ils( la grande majorité des humains) vivent mieux qu’à l’âge de pierre.


        • César Castique César Castique 25 février 10:15

          @tf1Groupie



          « Excellent commentaire ... mais accessible à peu de personnes apparemment. »


          Parce que peu de personnes sont prêtes à admettre qu’elles sont peu de choses, que la liberté est une fiction, et qu’elles ne cessent d’être victimes des autres que pour être « victimes » d’elles-mêmes, de leurs envies, de leurs pulsions, de leurs sentiments, qui sont autant de facteurs sur lesquels elles n’ont aucun contrôle.


          « Hallucinant ce besoin de croire qu’ailleurs c’est toujours mieux. »


          Vous le savez certainement, la sagesse populaire, qui se trompe jamais lorsqu’il s’agit de nature humaine, a un dicton pour cela - L’herbe est plus verte dans le pré du voisin.


          « Mais c’est vrai que les humains sont de sacré dépressifs, incapables de reconnaitre l’incroyable niveau de progrès qu’ils ont atteint. »


          Ils sont tout de même prêts à l’admettre, mais ils ont le travers de se comparer à ce qu’ils croient qu’ils pourraient être, plutôt qu’avec ce qu’étaient leurs ancêtres, proches ou lointains.

        • alain_àààé 24 février 15:35

          excellent article mais je rajouterais que nous avons des mauviettes chez nos hommes politique comme le président de la region de bretagne qui s est caché derriere les C R S lorsque le ministre de l a griculture bavardait avec les paysans.Cette mauviette qui touche 20000e par mois soit le salaire d président de région le salaire de ministre et le salaire ou des jetons pour ceux qui connaisse le systeme de fonctionnement.

          JE FERAIS UN DERNIER COMMANTAIRE LE drian ET LA MINISTRE VIREE ONT FAIT UN MAUVAIS CALCUL EN VOULANT QUE LA BRETAGNE SOIT LA SEULE REGION QUI N AURA PAS LES RIENS ASSEZ SOLIDE PAR RAPPORT AU AUTRE REGION CAR LA BRETAGNE EST AU BOUT DU MONDE

          • sls0 sls0 24 février 17:23

            Je suis d’accord avec l’article mais je suis aussi un doux rêveur.
            Quand je regarde l’histoire je redescends sur terre, l’argent c’est le pouvoir.
            Historiquement le 1% les plus riches s’accaparait 20-30%, ces derniers temps il se sont accaparé avec des billets de monopoly que l’on remboursera plus de 50%, ils sont beaucoup plus puissants.
            Tellement puissant que la force n’est plus nécessaire, on paie pour museler, influencer, ect... c’est tout.


            • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 24 février 20:27

              @sls0

              Très juste

              Mais ces même riches (en grande majorité) doivent leur place à un paradoxe qu’ils infusent aux peuples : celui qu’ils méritent leur place, sur la base du capitalisme vertueux qui récompense celui qui a travaillé le plus dur ou celui qui est plus intelligent. Or la génération en cours et celle à venir ne tient sa fortune d’un héritage.

              Il faut que la logique et la raison prennent racine quelque part et que ça pousse. C’est un rêve mais un rêve plus modeste et probable qu’un énième changement de système.


            • Donbar 24 février 21:48

              Réflexion intéressante et à creuser.
              Une question -objection : si l’on tape sur un individu acteur du système, comment ce dernier réagit-il ?


              • julius 1ER 25 février 10:37

                . Avec la différence que ce n’est pas le capitalisme qui s’auto régulerait, mais c’est la société qui mettrait en place, en fonction de l’intérêt général, des mécanismes automatiques de purge (3)


                @M Monin, 
                à vôtre premier article je vous avais pris pour un disciple de M Friedmann et là je vous trouve Rooseveltien ......

                en clair Roosevelt était un progrès par rapport à Hoover même si le système Capitaliste s’en est sorti grâce à lui ....

                aujourdhui l’état ne joue plus son rôle et est corrompu à cause du « système politique » qui s’est mis en place depuis quelques décennies, mais comme vous dîtes à propos de la Dette ceux qui ont mis en place ce mécanisme ne sont coupables de rien (les Balladurs et Giscards ) pour ne pas les nommer !!

                et qui plus est ces gens-là continuent à percevoir d’énormes émoluments pour services rendus !!!!

                rendus à qui ????? mais au système qu’ils ont bien contribué à pérenniser au delà de ses propres espérances !!!!

                en 1974 si l’on avait dit à l’opinion voyez la nouvelle logique financière que l’on met en place..... à terme cette « Dette » s’élèvera à quelques 2000 milliards et les gens (fonds de pension etc..) qui en auront seront rentiers à vie .......que croyiez vous qu’il se serait passé dans l’esprit de l’époque ????

                en tous cas Merci à vous M Monin vous apportez un véritable questionnement et un retour au « vrai » débat politique !!!

                • julius 1ER 25 février 11:02

                  pour la métaphore de l’extra-terrestre, je suis d’accord et si cet extra-terrestre a trouvé le moyen d’être immortel ???? 


                  le spectacle qu’on lui inflige doit être consternant ..... que dire pathétique surtout s’il a vu homo-sapiens commencer à faire« société » cad à mettre en commun les idées, les méthodes pour améliorer l’ordinaire et se comporter en véritable « être humain » ????

                  pas une sorte de Zozo humanoïde qu’on appelle Valls ou Hollande et puis pendant qu’on y est...

                   Juppé ou Sarkosy ou Wauquier ou la dynastie Le Pen il ne faut oublier personne tout le monde est concerné !!!!!

                  en bref notre valeureux extra-terrestre doit être face à un sérieux dilemme, surtout s’il vit pendant ces longs Week-end hors du champ terrestre dans une société paisible et harmonieuse ..... 

                  c’est sûr qu’il doit passablement s’emmerder à regarder les animaux humains aussi vénaux que véniels et son dilemme doit s’accroître à chaque passage dans l’atmosphère terrestre .....
                  (d’ailleurs si ses pairs l’envoient ici ... il doit s’agir d’une punition ) 

                  alors intervenir dans la fourmilière au risque d’être contaminé et peut- être pervertir sa propre planète ou essayer de communiquer et nous faire gagner quelques milliers d’années d’évolution ????

                  choix Cornélien s’il en est et qui peut-être ne dépend pas que de lui ?????

                  dans l’immédiat c’est sûr l’air est vicié et l’atmosphère terrestre en pleine déliquescence aussi la métaphore Sisyphe sera plus approprié que celle de l’extra-terrestre à qui je souhaite bon voyage !!!

                  • christophe nicolas christophe nicolas 25 février 11:55

                    Vous ne pouvez pas ignorez l’aspect spirituel dans votre méthode au risque de tendre vers un pur matérialisme criminel pire que tout ce que vous souhaitez corriger.


                    • Joseph Joseph 26 février 09:04

                      @christophe nicolas
                      « Vous ne pouvez pas ignorez l’aspect spirituel »
                       
                      Depuis qu’on est partie dans le tout rationnel on en a oublié cet aspect. ça manque en France.


                    • Joseph Joseph 26 février 08:02

                      « Ainsi les réformateurs, au lieu de s’en prendre d’abord aux travers des hommes, préfèrent souvent (itérativement et vainement) organiser le fonctionnement idéal de la société. »
                       
                      A moins de prendre en compte la nature humaine et ses travers dans le but de faire une structure qui incite à aller dans le bon sens tout en respectant cette nature humaine :
                      http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/creation-d-un-groupe-de-travail-178089?debut_forums=0
                       
                      Au lieu du mauvais sens comme c’est le cas actuellement :
                      http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/pourquoi-le-systeme-electif-actuel-177738?pn=1000
                       
                      En d’autre termes, la forme du moule influence aussi son contenu. Ce qui n’empêche pas de mettre des barrières comme vous le préconisez. Mais jusqu’à présent les barrières ont été détourné à cause d’un système et d’une pression sociale qui incite à le faire. En gros on a mis des barrières et puis au bout d’un moment les travers on repris le dessus parce que le moule ne les a pas pris en compte. Dans un sens les forces ne vont pas dans le même sens (« barrière vs moule qui incite à les sauter » au lieu de « barrière + moule qui incite à ne pas les sauter »). Mais ça peut être un début.
                       
                      Les normes et la pression social jouent également un rôle majeur en tant que barrière psychique et comportementales. Bien utilisés et en accord avec la nature humaine elles pourraient même rendre la police réduite à son strict minimum. Là encore c’est le contraire qui se produit dans nos sociétés avec un besoin coercitif qui augmente de plus en plus à cause de normes qui nous poussent à nous opposer les uns aux autres :
                      http://www.agoravox.fr/actualites/medias/article/la-tele-realite-vue-sous-l-angle-177541
                      http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/le-dilemme-du-prisonnier-vu-sous-l-177500

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Marcel MONIN

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