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Le système prépa

Les classes préparatoires aux grandes écoles sont une spécificité française. La thèse de cet article est que le mode de préparation et de sélection de nos élites demanderait à être réévalué, mais dans un pays où les universités sont régulièrement en grève et délivrent des diplômes dévalorisés il paraît difficile de remettre en cause ce qui fonctionne le mieux.

Première scène : dans une classe préparatoire du lycée Louis le Grand un brillant élève Bulgare, après 2 semaines, décide de ne pas continuer ; ce n’est pas son niveau en mathématiques qui est en cause car il s’est tout de suite révélé un des plus brillants mais il ne s’attendait pas à devoir faire autant de matières autres que des mathématiques. C’est que nous insistons beaucoup, en France, sur la culture générale. Trop ? Que va devenir notre élève Bulgare ? Il va devenir un brillant mathématicien comme aurait pu le devenir quelques-uns des autres élèves parmi les plus brillants de cette même classe préparatoire. Eux, ont très peu de chances de devenir mathématiciens. S’ils réussissent à atteindre le graal Polytechnique c’est qu’ils auront acquis les remarquables méthodes de travail qu’inculquent les classes préparatoires ainsi qu’un très bon niveau en mathématiques mais aussi en physique et chimie, mais aussi en résumé de texte et en langue (anglais). Les grandes écoles ouvrent des portes vers des postes de responsabilité ; nous formons des capitaines d’industrie et des hauts fonctionnaires. Il n’est pas exclu de se réorienter vers la recherche mais rien n’y pousse, surtout pas les meilleurs.
 
Question : une société a-t-elle davantage besoin de super hauts fonctionnaires ou de très bon scientifiques ? Comment pouvons-nous ensuite nous étonner du très peu de prix Nobel ? En fait, il est faux - il devrait être faux d’opposer trajectoire scientifique et carrière (ultérieure) dans la haute administration car il faudrait obtenir un travail scientifique de fond (une thèse) du plus grand nombre de nos brillants étudiants. Seulement voilà : même dans une école comme polytechnique on continue à noter et à sélectionner les meilleurs pour "savoir" quels sont ceux admis au saint des saints des corps comme le corps des mines et rien ne pousse à une spécialisation précoce de plus en plus nécessaire face à la concurrence internationale. Autrement dit : dans 4 ou 5 ans la messe sera dite et aucun de nos élèves ayant continué en prépa ne pourra faire pendant à notre mathématicien Bulgare sauf cas exceptionnel. Je veux revenir sur cette question de la culture générale car on accepte volontiers comme une évidence la nécessité d’avoir appris "plus loin que le bout de son nez". Le cours de relativité générale est un cours de très haut niveau à Polytechnique. J’ose poser la question : à quoi sert d’enseigner à autant d’étudiants de la physique de très haut niveau qu’ils n’auront, pour le plus grand nombre d’entre eux pas l’occasion d’utiliser ? Ce type d’enseignement a l’avantage de permettre des "contrôles" de connaissance sur le mode équitable (genre BAC) alors qu’un travail de thèse ne permettrait pas forcément au plus "costaud" de triompher (toujours dans l’optique des meilleurs postes à pourvoir). On a donc un système complètement focalisé dans la recherche des meilleurs alors qu’il faudrait, dès l’entrée dans l’école, passer à un mode d’enseignement - recherche avec obtention de l’équivalent d’un PhD.

La deuxième scène serait celle où un ingénieur (pas Polytechnicien au dessus de ce genre de vicissitudes ) ayant besoin de se réorienter vers 35 ans, demande s’il peut suivre la formation à une spécialisation (il y en a !) dans l’école qu’il a quittée une quinzaine d’années plus tôt et essuie une fin de non recevoir : ce n’est pas prévu. Nous avons avec nos grandes écoles des structures de petites tailles ce qui n’est pas du tout un avantage quand il s’agit de s’équiper en matériel technique et scientifique qu’un petit nombre d’étudiants ne peut pas justifier et on peut légitimement s’interroger sur le bien fondé de maintenir de si petits quota d’étudiants "clairsemés" dans plusieurs écoles finalement pas si différentes. La possibilité de revenir dans son école pour se re-former serait une justification intéressante d’un mode d’enseignement où le "formateur" assurerait une sorte de suivi tout au long de la carrière.

J’ai sans doute surpris en prenant un thème qui paraît "sans problème" puisque c’est le lieu des carrières assurées mais j’ai voulu faire voir que le poids des habitudes nous empêche de voir que nos chères grandes écoles qui héritent de pratiquement tous les meilleurs en sciences sélectionnés à la sortie du lycée et "formatés" dans nos classes prépas orientent nos élites vers des postes certes lucratifs mais où la recherche d’une trajectoire propre n’est pas assez valorisée. C’est dans une université américaine que 2 étudiants ont mis au point l’algorithme de recherche de Google.... et ça s’est révélé lucratif.
 

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56 réactions à cet article    


  • Bardamu 30 octobre 2009 13:39

    Merci pour l’article !

    Marre de ces élites immatures qui, tout juste sorties du pénis de papa, se voient cousues d’ors -si peu républicains, en plus !

    Pour diriger, il faut avoir vécu, s’être frotté aux dures réalités, à la rue, aux affres, à la tourmente, aux questionnements.
    Là, c’est le club des cinq :
    -Poly-high-tech, Ena-na-na-na, Sciences sur mon pot, école de la magistra-lalalère-ture, et compagnie !
    Comme toujours, ici comme ailleurs -ici plus qu’ailleurs !?- on se goure.
    Le monde s’engouffrant à grands pas dans la nursery, la soumission infantile, la domination psychologisée, sécurisée, accompagnée, réclame son lot de gamins pas même sevrés.
    Hitler l’avait compris, la jeunesse est fragile, prompte à tout gober, prête à tous les conditionnements.
    C’est pourquoi, on abhorre le senior, préférant le savoir-faire au cynisme, l’artisan au pro !
    Je sais de quoi je parle !
    Mon con de père est énarque !... promo de Chirac !
    Enarque et franc-maçon.
    Et dire que je sors de ces coui.... !


    • Yohan Yohan 30 octobre 2009 19:10

      Je plusse Bardamu sur son coup de gueule


    • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 30 octobre 2009 20:17

      Vous l’ignorez sans doute, mais on travaille beaucoup en prépa ! Et encore plus dans ces grandes écoles !


    • ZOULOU 6 30 octobre 2009 21:28

      Et pourtant, notre système de grandes écoles nous est envié partout dans le monde.
      Quant à la dernière phrase, et quel que soit le conflit familial, c’est ce qu’on appelle « cracher dans la soupe »


    • Bardamu 30 octobre 2009 21:53

      On s’est compris, Yohan !


    • plancherDesVaches 30 octobre 2009 13:46

      « des diplômes dévalorisés »... ??? pardon ?

      « Le cours de relatvité générale est un cours de très haut niveau à Polytechnique. J’ose poser la question : à quoi sert d’enseigner à autant d’étudiants de la physique de très haut niveau qu’ils n’auront, pour le plus grand nombre d’entre eux pas l’occasion d’utiliser ? »

      Ok, voilà la phrase que j’attendais.
      Effectivement, si vous pensez que la disection d’une souris m’a beaucoup aidé par la suite, et je m’en serais bien passé, sans aucun doute. Sachant que la nana avec laquelle je l’ai fait à failli s’évanouir.
      Mais dans le lot, RIEN n’interdisait qu’il y ait de futurs biologistes.

      Je vous signale par ailleurs qu’il suffit de s’inscrire dans une bibliothèque municipale pour pouvoir emprunter un bouquin qui vous expliquera dans le détail et avec des exemples simples, concrets et imagés, les concepts de la relativité restreinte et générale que n’importe qui peut comprendre.
      Essayez, vous verrez comme moi que vous serez surpris de simplement... comprendre.

      Ca me tue, ça. Comme s’il fallait avoir fait des études pour être intelligent.

      Amalgamez, ça fait plaisir au pouvoir en place qui veut détruire l’école publique.


      • nevenael nevenael 31 octobre 2009 07:31

        Amalgame, c’est le mot. Je me demande par exemple à quelle « école » peut bien vouloir retourner cet ingénieur « pas Polytechnicien » pour se réorienter à 35 ans, certainement pas dans une classe prépa !


      • plancherDesVaches 30 octobre 2009 14:03

        Ha, au fait...
        Pour ceux qui en ont marre d’être issus de la « basse classe », je vous signale 2 choses.
        - j’ai eu un bon pote en université dont les parents ne payaient le loyer que pendant l’été. Il a fait l’IDN, en a bavé par manque de fric, mais est devenu ingénieur avec un salaire confortable. (c’est sûr qu’avec le sarkosisme ambiant, ça doit plus être possible maintenant)
        - de plus en plus d’écoles (je ne parle pas du CNAM que tout le monde connait) qui propose des formations maintenant avec seulement TROIS années d’expérience professionnelle)

        Dans ces cas-là, on remonte ses manches et on fonce. A vous.


        • Céphale Céphale 30 octobre 2009 14:16

          @Basile

          Dommage que vous ne soyiez pas allé au bout de votre raisonnement. Les élites issues du système prépa /grande école, c’est bien. Le plus grand nombre issu du système universitaire (dont font partie les IUT) c’est bien aussi. Il faut les deux.

          On voit l’avantage du système prépa /grande école quand un jeune diplômé français va faire un PhD aux USA. Il lui faut moitié moins de temps pour l’obtenir qu’un jeune américain ayant un MS. Et comme culture générale, c’est autre chose !


          • plancherDesVaches 30 octobre 2009 14:24

            Et je ne vous parle même pas des PhD qui ont un MD car il leur faut une GC from IS.
            D’ailleurs, vous remarquerez que la GC ne bénéficie même plus de la pub sur le net.
            ASTLCPT.

            J’ai aussi hérité d’un Master Degree... Et lorsque je vois qu’il n’y a AUCUNE référence sur cette « appellation » bidon, ça confirme bien que ça vient du pays des « american dream ».


          • plancherDesVaches 30 octobre 2009 15:15

            Glosaire :
            MD : Master Degree
            GC : Green Card (plus aucune pub sur le net alors qu’on en trouvait partout)
            ASTLCPT : A se taper le cul par terre. (expression régionnale dont l’origine de la profondeur est insondable)


          • Mule hollandaise 30 octobre 2009 14:33

            Bonjour,

            Je trouve l’article plutôt inexact, et qu’il formule donc des accusations à l’emporte-pièce...

            Je viens pour ma part de sortir de prépa, donc je connais plutôt bien le système, assez pour pouvoir vous répondre sur plusieurs points.

            En premier lieu, juste une petite précision : vous parlez là des classes préparatoires scientifiques, mais il y a des prépas dans la filière éco (pour préparer HEC par exemple), bio (écoles vétérinaire, géologie...) et littéraires (critique littéraire, analyse linguistique...). J’ai fait les classes prépa scientifiques pour ma part, mais bon je pense que certains pourraient vous laisser des commentaires en disant « et la prépa éco, c’est du boudin peut-être ? »...

            Tout d’abord, dans votre premier paragraphe, où vous parlez de la culture générale que l’on enseigne dans les classes préparatoires (ce qui est vrai, mais vous avez oublié de mentionner le français, où l’élève doit réfléchir sur un thème orienté par trois textes, ce qui vise à tester la culture littéraire, l’orthographe (bête à dire, mais...) et l’esprit d’analyse). Mais vous concluez par "Il n’est pas exclu de se réorienter vers la recherche mais rien n’y pousse, surtout pas les meilleurs".
            Au contraire ! Par exemple vous ne mentionnez nulle part dans votre article les Ecoles Normales Supérieures d’Ulm, Lyon, Cachan et Ker Lann, qui sont les écoles au concours le plus sélectif (au moins aussi difficile que Polytechnique), et dont le credo est "l’enseignement par la recherche pour la recherche". Ces écoles de haut niveau visent à former les chercheurs de demain dans toutes les disciplines (littéraires comprises) ; il est donc incorrect de dire que la seule possibilité est l’ingénierie, surtout pour les meilleurs. De plus l’école Polytechnique a d’excellents laboratoires de recherche et offre la possibilité à ceux qui veulent de passer une thèse. De plus, bon nombre d’écoles d’ingénieur offrent la possibilité de poursuivre le cursus d’ingénieur par une thèse, débouchant ensuite sur des possibilités de recherche.
            Ensuite vous parlez du faible nombre de prix Nobel, et en substance, si j’ai bien compris, du faible niveau de la recherche vu que les meilleurs partent en école d’ingénieur à Polytechnique. Rien n’est moins faux ! La France est cinquième au rang des pays ayant le plus de prix Nobel de Physique (dont un il y a deux ans), et quatrième pour les Nobel de médecine (dont deux l’an dernier pour la découverte du SIDA), et deuxième pour les médailles Fields (équivalent du prix Nobel en mathématiques). Je trouve cela plutôt honorable, non ?
            Puis, pour revenir sur le cours de relativité de Polytechnique, la question du niveau ne se pose pas : en tant que 38è université mondiale, cette école se doit sans doute d’assurer des cours de haut niveau pour ceux qui le veulent - car tous les cours ne sont pas obligatoires ! (il me semble) Au contraire, en tant qu’école généraliste, l’école doit proposer des cours dans tous les domaines, donnant la possibilité aux élèves de suivre les cours de leur choix et de constituer leur parcours. Il est totalement faux de dire que les carrières d’ingénieur ne laissent pas l’individu composer son parcours  : il y a une multitude d’écoles d’ingénieur spécialisées dans un domaine offrant une formation pointue dans le domaine (libre à l’étudiant de vouloir aller dans telle ou telle école) et les écoles généralistes sont généralistes, et proposent donc des cours dans tous les domaines pour former tout un tas d’ingénieurs qui se spécialiseront (dans leur dernière année en général) vers le domaine de leur choix.
            Certes, c’est dans la majorité des cas la recherche fondamentale qui fait "progresser la science", mais les ingénieurs font aussi progresser la science et le monde ! Ce sont les ingénieurs qui construisent les avions et modélisent les flux d’air sur leur prototype, ce sont les ingénieurs qui inventent les applications de la recherche fondamentale, ce sont les ingénieurs qui construisent les instruments de mesure des chercheurs ! Si le monde est ainsi technologique de nos jours, c’est certes grâce à la recherche fondamentale (mécanique quantique par exemple), mais aussi grâce aux multitudes d’inventions, d’innovations et d’applications que l’on doit aux ingénieurs.

            De façon générale, je trouve votre argument erroné : on ne devrait pas conduire tout le monde (ou « l’élite des lycées », comme vous la nommez quelque part) vers une thèse. La recherche et la carrière d’ingénieur sont deux choses totalement différentes, et chacun (en prépa) a une inclinaison vers l’un ou l’autre, mais ce sont réellement deux façons de faire totalement différentes. Certains veulent faire de la recherche en informatique, d’autres veulent concevoir les ordinateurs de demain. (ce qui est totalement différent !) Il faut donc laisser à chacun le choix de sa carrière !!
            Et j’en profite pour rajouter : favoriser la recherche au niveau gouvernemental serait souhaitable, plutôt que de leur mettre les bâtons dans les roues à coup de restrictions budgétaires par exemple...

            Bref, en clair : les ingénieurs ne sont pas des produits d’une machine élitiste préformatée au détriment de la recherche fondamentale.


            • plancherDesVaches 30 octobre 2009 14:44

              Presque... néanmoins.
              Pour avoir remis en question 2 à 3 profs de façon marquée, le formatage existe.
              Avantage ou inconvénient... ??? Nous pourrions débattre longtemps de ce point philosophique.


            • Bardamu 30 octobre 2009 15:02

              Dis, t’es bien conditionné, toi !
              Mais sais-tu seulement changer tes couches ?
              Te lire m’a procuré un grand plaisir : je t’en remercie, donc !
              Et puis, on reparlera de tout cela, quand tu auras un peu vécu, mon garçon !

              Naguère -« il n’y a guère », c’est-à-dire peu de temps de cela !-, je regardais « Questions pour un champion » dédié aux grandes écoles !
              Que le niveau était bas... mais bas !
              Des esprits formatés qui, si élites soient-ils, avaient du monde une vision bien restrictive !
              Je me suis surpris à calculer plus vite -en arithmétique, faisant l’objet d’un questionnaire- qu’un X !.. et pourtant, je ne suis pas un aigle ! 

              Arrêtons de mythifier à tout va, la vérité est autrement plus triviale !
              Beaucoup sont nés dans des draps en soie, et s’imaginent frappés par quelque principe d’élection.
              Ils bossent beaucoup, sachant que par la suite leur salaire sera injustifié, mais si gratifiant encore !
              Beaucoup de travail, mais des week-ends à Val d’Isère, des rencontres sportives fasteuses organisées sur le campus, des célébrités les honorant, venant même y chanter.
              Le gars qui bosse sur un chantier, qui vient le voir ? l’encourage ? l’applaudit ?
              Quel petit salaire touche-t-il, ce en fonction de sa peine, de sa sueur ?

              Bien à vous !


            • darkribot 30 octobre 2009 18:10

              A bardamu .

              A monsieur le surdoué 
              Peut etre l’age a t’il fini par atteindre votre cerveau , mais je vous fais savoir que je trouve votre argumentation basée sur l’age très peu pertinente .
              Néamoins Le concours de polytechnique étant commun a celui de l’ENS ,cela me désole profondémment de voir que nous perdons un talent comme le votre . Vu que vous semblez considérer question pour un champion comme un bon moyen de juger les gens ,et que vous y etes meilleurs qu’un eleve de l’X , votre place est toute désignée a l’ENS . vous devriez les contacter pour une admisson sur titre .
              Respectueusement votre .

            • lord_volde lord_volde 30 octobre 2009 20:11

              Totalement inexact : les concours d’entrée à Normale sup et à l’X sont distincts et non communs. Bardamu aurait été recalé en raison de son incapacité à intégrer une école classique alors une école d’élite, faut pas pousser le rêve à un voyage onirique au dessus de la stratosphère.


            • Bardamu 30 octobre 2009 23:13

              @Darkribot :
              ô le vilain tout plein !
              Arrête de me faire du mal ! tes mots me blessent tant ! je souffre ! je t’en supplie, arrête ! 
              Non, je plai-san-te... mais il n’empêche que tu es super drôle !


            • Bardamu 30 octobre 2009 23:15

              @Lord :
              Puis-je ajouter « na na na », à la suite de ton édifiant commentaire ?
              De Dieu, c’est maternel sup aujourd’hui, avec vous deux, les guignols ! 


            • Patisab 31 octobre 2009 18:59

              Bonsoir,

              Madame ou Monsieur Bardamu, il me semble qu’il y a une légère confusion dans vos propos.

              Vous avez raison (ô combien !) quand vous faites référence à la nouvelle aristocratie issue des Grandes Ecoles qui y envoie sa progéniture. C’est scandaleux. Mais il y aura toujours un système de distinction sociale que la naissance viendra pervertir. De temps ce fut ainsi (cf. les ouvrages de Georges Duby, par exemple).

              Vous avez tort quand vous faites le parallèle entre la faveur de la naissance et la qualité de l’enseignement dans les Grandes Ecoles. Cet enseignement à des qualités et des défauts. Il ne me paraît pas juste de dénigrer les uns à partir des autres. Ce sont justes des axes d’amélioration smiley

              Enfin, oui, les Grandes Ecoles formatent nos élites. C’est si vrai que nos politiciens sortent tous de l’ENA (les plus mauvais étant avocats smiley. Comment voulez-vous qu’ils aient des idées neuves pour relever les défis qui s’offrent à nous ? C’est bonnet blanc et blanc bonnet.

              Bref, nos Grandes Ecoles ont besoins de se remettre en question pour s’adapter au mieux à un monde en constante évolution mais elle doivent poursuivre dans la mission qui est la leur : former nos élites (économiques, sociales, politiques, scientifiques, etc...).

              Cordialement.


            • Moristovari Moristovari 30 octobre 2009 14:46

              Bon article. Mais le problème posé et les positions défendues ne peuvent, en ces lieux, au mieux que faire sourire, au pire qu’agacer.

              Agoravox est un média citoyen. Citoyen se définit ici comme tout individu accordant de l’importance au monde qui l’entoure et par conséquent faisant des problèmes extérieurs les siens. Ce citoyen est conscient de toute l’injustice et la misère du monde. Ce citoyen ne peut donc guère tendre l’oreille aux lamentos des étudiants de haut niveau, improductifs, obéissants et idéalistes, qui dans un futur trop proche dépenseront par millions et milliards ce fruit de la sueur et du sang appelé argent pour visiter l’espace, tripoter l’adn, payer des campagnes politiques ou des accords économiques, bref poursuivre sans trop le changer un monde qui leur apporte confort et raison de vivre car c’est tout ce que chaque être humain solitaire demande.

              La science, ou plutôt le Savoir & la Vie : entre ces deux grands domaines se dresse un mur plus solide que celui de Berlin, un échec de la communication qui ne peut que s’accentuer. Pour le faire tomber Il n’existe qu’une seule pioche, la morale, depuis longtemps rouillée.


              • plancherDesVaches 30 octobre 2009 15:09

                Ouaich...
                Encore un élitiste qui ne veut connaitre aucun ouvrier qui pourrait lui « salir » les mains.

                Putain. Je dois être le seul mec en France que les ouvriers apprécient malgré le niveau d’étude, c’est pas possible.
                Il faudrait essayer d’évoluer par rapport à la lutte des classes. Car je vous signale modestement que si vous n’êtes pas milliardaire, vous êtes de la merde. Désolé.

                Et un avenir trés proche va venir confirmer mes écrits.


              • MICHEL GERMAIN jacques Roux 1er novembre 2009 18:28

                Bonsoir Moristo...Un ami, 60 ans, généticien des plantes, major de sa promo Harvard, invité à apporter ses compétences dans un coin d’Amérique du sud, s’est trouvé fort dépourvu (de son propre aveu) lorsque les gamins du secteur lui montrèrent des dizaines de plantes en les associant aux effets que chacune produit sur la santé humaine. Ces enfants illetrés étaient détenteurs d’un « savoir » non reconnu. Une sorte d’élite issue des grandes écoles de la transmission parentale et de l’observation. 
                Certaines murailles de Jéricho se fissurent à la lumière d’exemples tel celui ci dessus.


              • Basile Basile 30 octobre 2009 18:41

                Je réponds en partie à « Mule Hollabndaise ». Je ne l’ai pas précisé mais je sors moi aussi du système prépa sauf que c’était il y a 30 ans et que j’en suis revenu. Je vous signale que je pensais inclure normale sup car l’obligation qui leur est faite de passer l’année qui suit leur intégration à préparer l’agrégation est une de ces stupidités issues du passé, et puis j’ai oublié d’en parler. Vos références en matière de prix Nobel (mais on pourrait contester ce mode de mesure et préférer le nombres de publications) incluent des périodes révolues ; depuis 20 - 30 ans les scientifiques français ont été peu primés et surtout très peu venant du système prépa. Je crois comprendre que vous êtes Agro et cette école est le cas typique : initialement il fallait préparer aux techniques agricoles et agronomiques et on y envoie aussi tous ceux qui se destinent aux biotechnologies. La soit disant « formation générale » est un cache misère pour dire « tout ça ensemble même si ça n’a pas vraiment de rapport » et dans cette branche, en particulier, c’est la bérézina question recherche scientifique en France. Vrai , je n’ai parlé que des scientifiques et j’aurais dû préciser que c’était là mon sujet et m’y restreindre car tel était mon but.


                • Bardamu 30 octobre 2009 23:24

                  Voilà qui est franc !... et j’aime la franchise.
                  En prépa -maths sup-, les types se gavent de cours, en avalent et avalent.
                  De vrais lobotomisés, robotisés, sponsorisés par Duracell : la petite clef derrière le dos, remue-méninges, et puis dodo !
                  Alors, quant à leur demander de réfléchir sur le devenir de notre société, autant réclamer à Bhl de nous pondre de la vraie philosophie !


                • Mule hollandaise 31 octobre 2009 02:34

                  Je ne sais pas d’où vous tenez que les normaliens sont obligés de passer l’agrégation l’année suivant leur intégration, mais c’est faux... L’agrégation se passe en général en troisième année, entre les deux années de master, ou en quatrième année (même s’il y a des exceptions ; mais de toute façon la loi devrait changer et imposer un master comme condition nécessaire à passer l’agrégation).
                  Quant à l’état de la recherche scientifique française, eh bien il est vrai que les Etats-Unis sont loin, très loin devant, et le Japon aussi ; mais il me semble que la France est plutôt bien placée derrière, et en particulier en mathématiques pour reprendre l’exemple que je citais (tous les médaillés Fields français sortent de l’ENS, et la majorité des normaliens sortent de classes préparatoires, donc il y a quand même des scientifiques français primés en prépa), mais de façon générale il me semble que des grands scientifiques français sont présents dans à peu près tous les domaines...
                  Quant à moi, je ne suis pas un Agro (et je ne connais donc pas l’état de la recherche en bio dans ce domaine), mais un Matheux pur et dur. Certes, j’ai « enduré » des cours de physique (je n’excellais pas dans la matière, loin de là), mais maintenant que j’en suis sorti je pense que ces connaissances en physique m’apportent une culture scientifique non négligeable - ces connaissances ne me serviront sans doute plus, car je ne fais maintenant que des maths et de l’informatique pour un carrière de chercheur en ces domaines, mais il me restera des concepts de base, et j’ai pu voir ce qu’étaient des raisonnements mathématiques appliqués à la vie réelle, par exemple, et j’ai effleuré certains concepts et théories plutôt poussées, ce qui fait que maintenant je me sens vraiment un scientifique. Et qui sait, ces connaissances en physique me serviront peut-être plus tard, si je fais de la modélisation avec des ingénieurs, ou simplement pour ma culture et pour pouvoir aborder des sujets un peu plus poussés qu’une simple vulgarisation si j’en ai besoin...
                  Je ne pense pas qu’une spécialisation trop grande soit souhaitable, je pense au contraire que cette formation générale ouvre les horizons des élèves et leur fait voir autre chose que le domaine dans lequel ils excellent. Après, il ne faut pas non plus être trop général, je suis d’accord ; mais deux années pendant lesquelles on approfondit son savoir scientifique dans de nombreux domaines, ça n’est pas de trop. (pour moi, en tout cas)
                  Bien cordialement,


                • nevenael nevenael 31 octobre 2009 07:50

                  « Depuis vingt ou trente ans les scientifiques français ont été peu primés et surtout très peu venant du système prépa » ? Renseignez-vous un peu sur Pierre-Louis Lions, Laurent Lafforgue et son frère Vincent, Cédric Villani, pour ne citer que les premiers qui me viennent à l’esprit.


                • nevenael nevenael 31 octobre 2009 07:52

                  Et Wendelin Werner.


                • Basile Basile 31 octobre 2009 20:15

                  Merci d’avoir corrigé mon erreur : effectivement c’est en 3ème année qu’arrive l’ agrégation mais est-ce que ça change grand chose à l’inutilité de la chose ?
                  C’est surtout la continuation de la « formation générale » après l’intégration dans une école que je vise, même si ça commence en prépa.


                • lord_volde lord_volde 30 octobre 2009 20:01

                  Ancien taupin de LLG (XM’3), je peux témoigner à la fois du côté impitoyable de la selection et de la très haute qualité des intervenants encadrant les écrémeux élèves ayant en commun un « savoir apprendre » définissant les « habitus » d’un système reproductible et pérenne. Contrairement aux affirmations intempestives de Bardamu, les quatres écoles cardinales composant le cursus élitiste de l’école, sont Normale sup, l’X, l’ENA et HEC.
                  Le système des classes préparatoires aux grandes écoles favorise l’apprentissage au détriment de la créativité qui est la première composante menant à la découverte et aux inventions. Les primés du nobel Français en matière scientifique sont donc une denrée rare car nos élites scientifiques sont très bons pour restituer et très mauvais pour faire des découvertes originales en dehors des sentiers battus. Ce système biscornu propice à l’émulation engendre inévitablement ses propres failles (tares) tant dans son type de recrutement privilégiant le modèle de l’excellence dans la reproduction de ses élites et de la connaissance que dans le processus de sélection et de travail négligeant la part fondamentale de la créativité humaine. 


                  • Bardamu 30 octobre 2009 23:29

                    Tu sais, je citais magistrature histoire de dire : « magistralalalère-ture »... et le club des cinq, pour pointer l’immaturité de nos prétendues élites !
                    C’est tout.
                    Moi pas sérieux, my Lord !
                     


                  • lord_volde lord_volde 30 octobre 2009 20:03

                    erratum : les quatre


                    • lord_volde lord_volde 30 octobre 2009 20:06

                      Le concours d’entrée à l’X n’est commun à aucune autre école, et contrairement à une idée reçue trp répandue, le concours réputé le plus difficile est celui de Normale sup (rue d’Ulm).,


                      • darkribot 30 octobre 2009 21:20

                        Oullla doucement .

                        le concours commun X-ENS Cachan en PSI je ne l’invente pas ...
                        renseigne toi

                      • lord_volde lord_volde 30 octobre 2009 22:38

                        http://www.polytechnique.fr/concours/index.php

                        45 places sur 400 proposées au concours communs X-Ens cachan filièr PSI.
                        On ne peut pas réduire le concours d’accès à l’X à un concours commun qui est une exception dérogatoire.


                      • lord_volde lord_volde 30 octobre 2009 22:39

                        concours commun


                      • lord_volde lord_volde 30 octobre 2009 22:39

                        filière PSI


                      • foufouille foufouille 30 octobre 2009 20:16

                        article pourri pro elite
                        le bulgare y devait avoir du ble dans son pays


                        • Eusèbe 30 octobre 2009 22:05

                          C’est juste un article d’opinion. « Moi je pense ça » et moi je, moi je. « Les prépas c’est bien , mangez en ». L’auteur annonce la couleur dès l’intro : « les université sont toujours en grève, leurs diplômes sont dévalorisées ». Combien de fois les universités ont elles été en grève depuis 10 ans ? Régulièrement par rapport à qui, à quoi ? On ne saura pas. Les méthodes de travail des prépas sont « remarquables » : l’abrutissement et le bachotage comme curseur de « qualité ». Les « meilleurs » n’iront pas en recherche : comme si les écoles d’ingénieur avait de toute façon une culture de recherche.
                          Du café du commerce, le genre de discussion que des ex taupins ont entre eux à l’apéro après 2 bières : pas de chiffres, pas de sources, pas de mises en contradiction. Aucun intérêt.
                          Pas eu le courage d’aller plus loin que le premier paragraphe.

                           À un moment où le gouvernement vient de faire dégringoler le financement de la recherche publique française de la 19eme (Turquie : 18eme) à la 26 ème place en % du PIB, il faut toujours qu’on trouve quelqu’un pour venir tirer sur l’ambulance.


                        • xray 30 octobre 2009 20:21


                          ENSEIGNEMENT 

                          Le BAC : Permis à l’ignorance de naviguer sur un océan de mensonges. 

                          UNESCO
                          , Le tissage des mots pour la confection du prêt-à-croire. 
                          http://echofrance36.wordpress.com/2008/10/29/unesco/ 

                          Les enseignants
                           
                          http://echomonde.wordpress.com/2008/08/23/les-enseignants/ 



                          • fhefhe fhefhe 30 octobre 2009 21:31

                            Soyez Autodidacte ...avant que la Vie ne vous donne des Leçons.
                            Ce conseil...a permis , permet à + de 50 % des chefs d’entreprise de 1 à 500 salariés (voir plus) d’avoir cesser leurs études après le bac...
                            Bill Gates en est l’Exemple « sublimé ».

                            Quant aux « Classes Préparatoires » ...elles sont aussi pénibles pour les bacheliers que pour les enfants qui quittent l’ école maternelle pour rentrer en « Cours Préparatoire »...à la différence que ces derniers croient , encore , au Père Noél... !!!


                            L’imagination est plus importante que les connaissances...(Albert Einstein).



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