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Accueil du site > Actualités > Société > Le travail : quelle valeur ?

Le travail : quelle valeur ?

On la croyait réservée à la droite, mais voici qu’après Ségolène Royal, Lionel Jospin se dit lui-même attaché à elle. De quoi s’agit-il ? De la valeur travail. Un tel fait mérite un coup de rétroviseur sur une notion ancienne.

Les Anciens n’aimaient pas le travail. Que ce soient les Romains, qui lui donnèrent le nom d’un instrument de torture (le tripalium) ou encore les Grecs, qui le réservaient aux esclaves, et ne lui attribuaient qu’une fonction d’utilité, sans aucune noblesse. (Les Grecs mettaient leur idéal dans la culture de l’esprit et dans la participation à la Cité). Les religions traitèrent diversement le travail. Saint Jean-Baptiste de la Salle l’érigea au rang de valeur. Le protestantisme, surtout, le consacra. La notion s’ennoblit au contact de la sagesse populaire et des fables : « Travaillez, prenez de la peine », « Vingt fois sur le métier, remettez votre ouvrage. » Le travail est une vertu, donc et, à l’inverse, « l’oisiveté est mère de tous les vices ». Peu importe quel travail puisqu’il n’y a pas de sot métier, dit-on également, et pourvu qu’il soit honnête. Pas de hiérarchie, peut-être, autre que celle qui place le travail bien fait au-dessus du travail bâclé et de la paresse.

Il fut question de l’abolir ou presque. Par son livre, Le droit à la paresse, (1880), Paul Lafargue, démystifie la valeur travail et désire que le prolétariat « se contraigne à ne travailler que trois heures par jour ». Dans son essai, L’Éloge de l’oisiveté, (1932), Bertrand Russell prône la fin du culte du travail et affirme que quatre heures de travail suffiraient à nos besoins.

Puis le travail fut glorifié par les idéologies du XXe siècle : Lors d’une macabre parenthèse, le slogan « Le travail rend libre » (« Arbeit macht frei » ) fut cyniquement employé à l’intention des prisonniers des camps de concentration, mais pas comme une devise du peuple allemand. Sous Staline, la doctrine du stakhanovisme encourageait les ouvriers à battre des records de production. Le capitalisme, quant à lui, se contenta de réformer l’organisation du travail par le taylorisme, à savoir la division du travail en tâches simples et répétitives, et par le fordisme, procédé de travail à la chaîne, système dont Charlot nous montre les excès d’inhumanité dans le film Les Temps modernes.

L’otium du peuple : Quel que soit le nom que l’on donna à ce fardeau hérité de la faute commise au Jardin d’Eden - « labeur », « besogne », « turbin » -, lorsqu’on vit pointer l’émergence possible d’une société de loisirs pour tous (dont les Romains avaient rêvé sous le nom d’otium), on se prit à rêver d’une relégation de toutes les tâches aux machines et aux robots du futur. « Le travail, c’est la santé. Rien faire c’est la conserver  », chantait alors l’insouciant Henri Salvador. Un doux rêve qui fit long feu, car la cupide ambition du capitalisme inventa la consommation de masse, et nous entraîna dans la spirale infernale du "toujours plus".

« Ce qui est rare est cher ». Ce qui a donné au travail aujourd’hui sa forte valeur, c’est l’apparition et l’installation pour longtemps dans notre vie du chômage dit structurel, mais aussi la prééminence de la croissance économique érigée en principe de civilisation. La rareté et la nécessité du travail ont remis au goût du jour le sens du travail. La valeur travail n’est guère menacée. Si une faible érosion l’atteint, elle n’est due qu’au chômage et à une répartition injuste de l’offre de travail et des revenus. L’INSEE nous dit, après une enquête menée à partir de 1996, que ce qui manque, ce n’est pas la valeur accordée au travail, mais le travail lui-même ! Faut-il payer des statisticiens pour nous démontrer les évidences !

Le travail comme socle de valeurs d’une civilisation meilleure. Ici interviennent mes idées, ma vision, bref ma part de subjectivité. Cartésien dans l’âme, je serais partisan d’une nouvelle définition. 1° / Le travail serait une occupation saine et 2° / Le travail serait une occupation vitale, indispensable, nécessaire, utile ou plaisante (c’est la hiérarchie proposée). L’idéal réside bien sûr dans l’alliance de l’utile et de l’agréable. Le chômage ? Je préfère parler de non-activité économique, ce qui recouvre un sens plus vaste et recèle des champs inexplorés ou peu investis. Plus qu’un moyen de subsistance aliénant, le travail serait l’occupation utile au développement de la civilisation (des civilisations ?).


Vous voulez en débattre ? Alors : au travail !


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45 réactions à cet article    


  • Jesrad (---.---.20.126) 31 août 2006 11:19

    Par son livre, « Le Droit à la paresse » (1880), Paul Lafargue, démystifie la valeur travail et désire que le prolétariat « se contraigne à ne travailler que trois heures par jour ». Dans son essai, « L’Éloge de l’oisiveté » (1932), Bertrand Russell prône la fin du culte du travail et affirme que quatre heures de travail suffiraient à nos besoins.

    N’étaient-ce pas là des précurseurs de la « décroissance » ? Personnellement, je pense qu’il faut laisser chacun décider de la quantité de consommation qu’il veut exercer dans sa vie. Consommer moins pour travailler moins et polluer moins, à chacun de décider.

    on se prit à rêver d’une relégation de toutes les tâches aux machines et aux robots du futur. « Le travail c’est la santé. Rien faire c’est la conserver » chantait alors l’insouciant Henri Salvador. Un doux rêve qui fit long feu, car la cupide ambition du capitalisme inventa la consommation de masse et nous entraîna dans la spirale infernale du toujours plus.

    En réalité, nous travaillons de moins en moins grâce aux incroyables bons de productivité qu’a apporté le progrès. Faites-vous l’erreur d’assimiler le capitalisme (un outil de financement) au progrès économique et scientifique en général ? Ensuite, rien n’oblige personne à consommer et avoir toujours plus, c’est un choix que fait ou ne fait pas chaque individu. Ne seriez-vous pas en train de confondre cause et conséquence ? N’est-ce pas plutôt la volonté des uns et des autres d’avoir toujours plus, qui a lancé cette « spirale infernale » et développé le capitalisme ?


    • claude (---.---.248.197) 31 août 2006 11:23

      votre article m’a bien plu ; une analyse intéressante, pas trop longue ni assomante, pas nécessaire de soutenir une thèse pour débattre quelque peu d’un fait qui a toujours existé, l’essentiel est bien présenté.

      Dans notre société actuelle qui, dans le domaine du sexe pour ne parler que de celui là, ( puisque aucun sujet ne peut être traité sans qu’un post ou un autre ne la ramène en ce sens là ) dans le domaine du sexe un appel au naturel animal est souvent préconisé, il est donc bon de souligner que les animaux, en dehors des périoides d’activité sexuelle, pourvoient à leur nourriture et leur logement, ce que nous appelons « travail » pour notre espèce...

      pour terminer en ce qui me concerne comme d’autres aiment à pratique le foot ou le vélo ou je ne sais quoi encore, moi j’aime travailler et pour me délasser j’aime étudier ou voir un documentaire ( désolé si dans une société qui prône loisirs sur loisirs je parais anormal )


      • Jesrad (---.---.20.126) 31 août 2006 12:05

        il est donc bon de souligner que les animaux, en dehors des périoides d’activité sexuelle, pourvoient à leur nourriture et leur logement, ce que nous appelons « travail » pour notre espèce...

        Intéressant, mais on peut pousser plus loin : l’arbre puise de l’eau et des minéraux par ses racines, absorbe du CO2 et de la lumière par ses feuilles ; le poisson mange du planction ou d’autres poissons plus petits, etc... La vache broute de l’herbe pour fabriquer de la « vache » et dans certains cas du lait et un veau. Le fermier s’approprie une terre vierge en la défrichant et en la cultivant pour y faire pousser de quoi vivre.

        La vie toute entière est appropriation. Les actions d’appropriation sont le travail. Bref le travail c’est la vie smiley


      • Jesrad (---.---.20.126) 31 août 2006 11:51

        Pour un jusnaturaliste, le travail c’est ce que fait un être vivant pour s’approprier des ressources naturelles.

        Zutalor, j’ai répondu à la problématique de l’article en une seule phrase.


      • La Taverne des Poètes 31 août 2006 12:17

        Votre job à vous est tout trouvé : travail de sape. Vous n’êtes pas non plus l’« homme aux semelles de vent » !


      • (---.---.94.25) 31 août 2006 12:52

        Article masturabatoire sans interet...


        • La Taverne des Poètes 31 août 2006 13:01

          Commentaire (courageusement) anonyme sans intérêt.


        • La Taverne des Poètes 31 août 2006 13:07

          Les plus perspicaces l’auront remarqué bien qu’ils n’en aient rien dit : j’ai inscrit ici la valeur Travail sous l’angle de la civilisation et j’ai délibérément écarté la valeur économique travail sans cesse ressassée aujourd’hui et partout.

          Foin d’Adam Smith et de sa « Richesse des nations » ! Mais c’est pour mieux tourner le projecteur sur la question posée.


        • Jesrad (---.---.20.126) 31 août 2006 16:19

          Dans ce cas, on peut aussi parler du travail comme mécanisme d’intégration, non ? Ou de travail comme instrument matrimonial, ou encore du travail comme enseignement, voire même comme indicateur d’altitude dans la hiérarchie sociale.


        • (---.---.185.253) 31 août 2006 13:21

          Il est interessant de voir les differences selon les pays :
          - Aux USA, on travaille souvent 60h par semaine mais tout est fait pour rendre le travail plus ludique (jeux, sorties, loisirs commun)
          - En France, on limite le travail mais on met les employes sous stress quite a ce qu’il travaillent 60h
          - En Inde, on travaille tranquillement sans stress et juste les heures requises

          On peut souvent combiner loisir et travail si on choisit ce qu’on aime et qu’on a un chef qui laisse des libertes


          • Vianney (---.---.61.171) 31 août 2006 13:23

            Bravo, article très interessant.

            Je partage votre analyse sur la pression consommatrice qui par un effet détourné place la valeur travail sur un piédestale. La publicité selon moi a joué un rôle déterminant dans cette glorification de l’acte d’achat en associant bonheur à consommation et même pire en déningrant ceux qui choisissent de ne pas jouer le jeu. A bien des égards, je pense que c’est bien elle, la publicité, qui est la mère de tous les vices.


            • La Taverne des Poètes 31 août 2006 15:32

              Cette fois, c’est l’aspect économique de la question qui est examiné : article très sérieux d’un économiste sur Le Monde

              http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-808239,0.html

              Votre serviteur. smiley


              • Patrick Adam Patrick Adam 31 août 2006 16:12

                @ l’auteur

                Article intéressant et plaisant à lire.

                Bizarrement la seule personnalité politique à avoir soulevé un tel sujet est Christine Boutin, catho de contrechoc, et catin d’un moralisme vengeur. Je crois qu’elle a parlé d’un revenu minimum distribué à chaque Français pour lui permettre de vivre a minima. Libre à ceux qui le désirent de s’enrichir par le travail s’ils le souhaitent. Plus besoin d’écraser les autres pour ça.

                Bien à vous. Patrick Adam


                • Marsupilami (---.---.56.151) 31 août 2006 18:15

                  Très bon article, bravo.

                  Lire aussi sur ce sujet le Droit à la paresse de Paul Lafargue : ce texte du XIXe siècle n’a presque pas pris une ride...


                • caramico (---.---.227.236) 31 août 2006 16:21

                  Il s’agit là de minimiser ses efforts tout en maximisant ses gains, la minimisation des efforts pouvant passer par une maximisation du plaisir qu’on y trouve et donc du temps passé à travailler, et la maximisation des gains pouvant être limitée à ses besoins subjectifs.

                  comprenne qui pourra !


                  • lfc (---.---.49.193) 31 août 2006 17:14

                    « ou encore les Grecs, qui le réservaient aux esclaves » Et oui , notre cher democratie est calquée sur celle la antique (qu’on le veuille ou non). Alors bien sur il est plus plaisant de reluquer du coté du partage équitable du pouvoir, il n’empeche que nos ainés avaient bien saisit le cote ultra imperialiste des antiques (piller la mediterrannée pour vivre tranquille et heureux dans la cité). C’est ce qu’a fait la troisieme republique avec la colonisation. Maintenant, avec la decolonisation nous nous retrouvons a devoir faire la competition aux anciennes colonies ( a plus ou moins long terme). Les niveaux de vie vont surement s’equilibrer, mais le nivelage ne se fera surement pas vers le haut pour l’europe. Donc je ne crois pas que les acquis sociaux resisteront encore longtemps. Vae victis..


                    • Marcel Patoulatchi (---.---.103.59) 31 août 2006 17:35

                      Tiens, après la légende de la colonisation toute positive, on nous sert la légende de la colonisation toute négative. On saute d’une simplification stupide à une autre. L’anachronisme est presque devenu la norme.

                      Il est amusant de présenter la mondialisation économique contre une compétition entre anciennes métropoles et anciennes colonies : n’avez-vous pas remarqué que ceux qui tirent profit de cette compétition sont des transnationales qui n’ont pas leur siège dans les anciennes colonies ? Mais allez-y, régalez-vous à présenter la dégradation du niveau de vie en Europe comme un pari d’avenir pour l’humanité.

                      Sinon, concernant les grecs, vous avez raison d’en parler : on devrait demander aux grecs (y compris ceux venus de zones qu’aujourd’hui ont ne classe plus en grèce mais en orient) qu’ils reconnaissent le tort de leur vilaine colonisation qu’ils ont pratiqué en Gaule. Marseille, la cité Phocéenne, est une colonie de ces vilains Phocéens : sans doute n’ont-il apporté que du mal... Il faut sans doute dénoncer ce vilain colonialisme.

                      Concernant les romains, résoudre leurs action à un pillage laisse songeur, à se demander quel fut le sens de la guerre sociale, si la citoyenneté romaine n’inspirait personne, si la présence romaine n’apportait rien. La France fut une colonie romaine ; demandons que les italiens détruisent le pont du Gard séance tenante, symbole de ce monstrueux impérialisme qui n’a apporté que du mal !


                    • Océane (---.---.186.124) 31 août 2006 17:37

                      à Patrick Adam,

                      Je crois que les Verts aussi veulent instaurer le revenu d’existence, notamment Alain Lipietz ( c’est peut-être même à leur programme pour les présidentielles ).


                      • Vert de rire (---.---.28.210) 31 août 2006 18:27

                        Qui va travailler pour verser les indemnitées préconisées par les verts ? Deja qu en travillant 32/35H 40 semaines par an , dès qu on a besoin de qq chose dont une indemité on attends, alors si les gens travillent moins ?


                      • Blog (---.---.28.210) 31 août 2006 18:29

                        Qui blog durant ses heures de boulot ?

                        Les hommes !

                        Les femmes travaillent !


                      • gerardlionel (---.---.207.78) 31 août 2006 21:33

                        Il me semble que ce revenu d’existence versé à chaque citoyen adulte, est assez « minime », et s’entends ayant supprimé toute autre aide (logement, chomage, allocations diverses:RMI...), ceux qui le souhaitent continue à travailler autant qu’ils le veulent ; les divers impots continuent d’être perçus(TVA, revenu...).

                        La vraie difficulté : à quel niveau, ce revenu d’existence doit-il être fixé( je ne me rappelle plus ce qui était proposé !


                      • Patrick Adam Patrick Adam 31 août 2006 18:12

                        @ Océane

                        Ok pour l’information, mais je me méfie de Lipietz depuis qu’il s’en est pris à la SNCF. On dirait qu’il a fait ça pour arrondir ses fins de mois. Je trouve ça franchement pénible.

                        Pour ce qui est d’Attali, depuis que je vis au Sahara, j’ai appris à me méfier pas mal de ses théories fumeuses sur le nomadisme planétaire. Le propre des visionnaires, c’est qu’ils neretombent jamais sur terre.

                        Bien à vous. Patrick Adam


                        • La Taverne des Poètes 31 août 2006 18:52

                          « Il avait un joli nom mon guide : Attali ! » chantait Mitterrand ?

                          Aujourd’hui Attali entonne avec les Rolling Stone « Sympathy for the devil ». Il déclare de plus en plus ses flammes d’enfer pour Sarkozy (voir son blog)


                        • Plutot mort qu ’objectif (---.---.28.210) 31 août 2006 18:24

                          En France lorsqu on rentre dans une boutique ou dans une administration, les animaux sont mieux acceuillis que les humains . Il est clair que dans ce pays , les vieux et les femmes aiment le travail, les autres ..... Je me souviens de ce tapage lors de la fermeture d’un grand magasin parisien, je me souviens aussi y être allé et l’acceuil ( ce n’est pas le bon mot) y était déplorable. Récement dans un autre magasin pas très loin de celui qui a fermé au rayon bricolage, une femme posa une question car elle ne trouvait pas la visserie qu elle souhaitait à l’un des trois vendeurs qui étaient entrain de discuter, Ceux ci ont répondu, pour vous aider, il faudra que moi aussi je cherche, alors chercher vous même ! Le travail c’est tout ça , tout les jours, ce mauvais service partout, les gens qui sont au boulot le lundiet le vendredi pour parler de leurs Week ends, et le mercredi en R T T . Il faut faire comme Mitterand un ministère du TEMPS LIBRE , mais qui va y travailler ???


                          • La Taverne des Poètes 31 août 2006 18:47

                            Le travail : quel enjeu ?

                            C’est la question qui aurait pu faire prolongement de mon article. Faute de temps, je me contenterai de dessiner des pistes :

                            - De la réponse à la question « Qu’oppose-t-on au travail : loisir ou liberté ? » dépend la réponse. Opposer le loisir au travail, dans une société de consommation n’emporte pas la même signification que de confronter liberté et travail, mieux de nous efforcer de concilier ces deux notions...

                            - Enjeu pour qui ? Pour les élus de notre pays, l’enjeu électoral du chiffre du chômage est une obsession. Pour la population, l’enjeu est autrement plus vital. Quel malentendu !


                            • La Taverne des Poètes 31 août 2006 19:48

                              Ah ? Dommage ! Je m’ennuyais... Désir inconscient d’en découdre avec le taverneux peut-être ?

                              Mais sans doute le post qui précédait devait être destiné à un autre quidam car son sens alambiqué le rend énigmatique sinon, sauf à le mettre au compte de l’abus d’alambic.

                              Excuses acceptées.


                            • chantecler (---.---.146.14) 31 août 2006 21:17

                              Ne t’excuse pas cher Damien:la croissance du chromage m’a plongé dans une extase poétique que tu ne pourrais imaginer...chromage allégé,naturellement...


                            • (---.---.94.50) 1er septembre 2006 01:12

                              faire du tavail une « valeur », c’est vouloir moraliser une nécessité, je ne comprends pas le problème, qui me semble n’avoir d’intérêt que pour les rentiers, en tout cas pour ceux qui ont le choix ;à moins qu’il ne s’agisse de choisir entre le travail et le RMI, mais dans ce cas les gens concernés sont très moraux...dès qu’ils trouvent un petit boulot (au noir), car comment survivraient-ils ?


                            • (---.---.94.50) 1er septembre 2006 01:13

                              faire du tavail une « valeur », c’est vouloir moraliser une nécessité, je ne comprends pas le problème, qui me semble n’avoir d’intérêt que pour les rentiers, en tout cas pour ceux qui ont le choix ;à moins qu’il ne s’agisse de choisir entre le travail et le RMI, mais dans ce cas les gens concernés sont très moraux...dès qu’ils trouvent un petit boulot (au noir), car comment survivraient-ils ?


                            • Patrick Adam Patrick Adam 31 août 2006 20:46

                              @ l’auteur

                              Attali ? Sherpa ou pas-cher ? L’histoire ne lui a pas donné raison, ni à la Banque mondiale d’où il s’est fait viré comme un malpropre, ni dans ses tentatives pour promouvoir le micro-crédit. Une des actions les plus intéressantes qu’il a mené mais qui n’a pas eu de suite est le programme d’assaissement du Bengladesh pour faire échapper ce pays au pires inondations que connait l’humainté depuis la nuit des temps. Mais les avocats américains ont eu sa peau.

                              L’attirance pour Sarko n’est pas étonnante. Attali a besoin de cotoyer le pouvoir où qu’il soit, sinon il n’a plus de raison d’exister.

                              Patrick Adam


                              • gerardlionel (---.---.207.78) 31 août 2006 21:21

                                Nota bene : J.Attali ne s’est pas fait « viré de la banque mondiale » mais de la BERD (banque européenne pour la reconstruction et le développement) dont il a éte le premier président à Londres de 1991 à 93 !(remercié pour ses dépenses « somptuaires »).

                                Je crois de plus qu’il peut exister proche ou loin du « pouvoir », il me semble assez intelligent et fin pour ça !


                              • (---.---.205.21) 31 août 2006 23:26

                                Attali se lève la nuit pour s’admirer.


                                • Antoine Diederick (---.---.109.186) 3 septembre 2006 08:52

                                  Ouarfff excellent....j’aime cette note d’humour bien envoyée.... smiley


                                • (---.---.39.229) 1er septembre 2006 00:03

                                  « N’étaient-ce pas là des précurseurs de la »décroissance«  ? Personnellement, je pense qu’il faut laisser chacun décider de la quantité de consommation qu’il veut exercer dans sa vie. Consommer moins pour travailler moins et polluer moins, à chacun de décider. »

                                  De telles idées sont complètement débiles. Il suffit de se demander comment on fait, concrètement, pour acheminer chaque jour cent millions de kilos de nourriture vers ceux qui en ont besoin pour vivre, dans un monde où chacun n’en fait qu’à sa guise en matière d’horaires et de temps de travail, pour comprendre ce que valent ces rêveries d’imbécile.


                                  • La Taverne des Poètes 1er septembre 2006 10:05

                                    Merci à tous les contributeurs. Le débat n’est cependant pas clos et les votes exprimés en faveur de cet article m’indiquent sa pertinence et m’exhortent à une suite prochaine sur le thème de la valeur Travail au regard de la civilisation.

                                    D’où l’intérêt de vos votes qui sont pour moi un utile indicateur...Donc, merci aux votants également. smiley


                                    • (---.---.162.15) 2 septembre 2006 07:44

                                      Effectivement, il existe, depuis une dizaine d’années, un chômage structurel. Plutôt que de le nier et de le marginaliser, il serait bien de le reconnaître en tant que tel et d’en tirer les conséquences, à commencer par ne plus rejeter ceux qui le subissent, voire le choisissent.

                                      Am.


                                      • axion (---.---.174.250) 3 septembre 2006 08:44

                                        Une notion essentielle manque : la notion de valeur.

                                        Une activité humaine qui ne produit aucune valeur est-elle un travail ? Et au contraire, une activité humaine qui produit de la valeur n’est-elle pas justement la définition même du travail ?

                                        Comment mesurer cette valeur ? C’est difficile. La création de valeur culturelle, ou humaine, n’est pas facile à mesurer.

                                        Mais dans notre monde actuel, nous disposons d’indices :

                                        Et c’est justement l’angle économique que l’auteur refuse dans un post.

                                        Dans notre société de services, nous possédons un outil puissant qui nous donne des indices sur la production de valeur de n’importequelle activité humaine.

                                        Par exemple, une production de valeur culturelle, ex :

                                        — > Une oeuvre d’art.
                                        — > Une exposition artistique

                                        Une oeuvre d’art pour laquelle personne ne serait à payer pour la voir, que personne ne serait pret à acheter, et ceci pendant toute la durée d’existence de cette oeuvre. Est-ce encore une oeuvre d’art ? N’est-ce-pas la preuve de l’inanité de cette production particulière ?

                                        Au contraire d’une oeuvre d’art, qui, un jour, est reconnu, achetée, vendue, ou dont des citoyens sont prêts à payer un musée pour venir la voir ? N’est-ce pas un indice de sa valeur culturelle intrinsèque ? (Différente de sa valeur marchande, qui fluctue sans arret).

                                        Une exposition artistique crée de la valeur culturelle en cela qu’elle offre publiquement de venir regarder des oeuvres d’art. Ceci permet d’attirer des citoyens, et éventuellement de permettre des transactions commerciales supplémentaires (plus de tickets vendus pour un musée, achat/vente d’oeuvres pour une galerie).

                                        Ces exemples pour illustrer mon point de vue :

                                        Le TRAVAIL n’est pas une notion qui est intrinsèquement connotée d’un jugement de valeur sur l’état d’esprit de celui qui travaille.

                                        Un travail identique : vendre des pizzas, ou tenir une galerie d’art, pourra être vécu soit de manière pénible et ennuyante, soit avec bonheur.

                                        Ce n’est que dans notre civilisation judéo-chrétienne que le travail est connoté négativement. Pour les chrétiens, le travail est un châtiment divin : c’est l’expulsion d’Adam et Eve du jardin d’Eden, c’est la sentence de Dieu sur l’homme : Désormais tu devras cultiver la terre pour pouvoir te nourrir.

                                        Il est fondamental de reconnaître, que seuls les judéo-chrétiens vivent se calvaire sur terre. Les autres cultures, citons confucius, bouddha, l’hindouisme, les protestants, ne vivent pas de la même manière. Pour eux, le Travail n’est pas obscurément vécu comme étant un châtiment divin.

                                        Il ne leur serait jamais venu à l’esprit d’empêcher des individus de travailler plus que trente cinq heures s’ils en ont envie : cette façon de penser qu’automatiquement tout individu sera content de moins travailler, est une façon de penser profondément judéo-chrétienne.

                                        L’humanité est plus vaste que cela, et les façons de concevoir le monde sont plus multiples.


                                        • La Taverne des Poètes 4 septembre 2006 00:49

                                          Vous dites :« Et c’est justement l’angle économique que l’auteur refuse dans un post. »

                                          Que nenni ! C’est délibérément que l’« auteur » a écarté l’aspect économique (sauf pour l’aspect « rareté du travail » qui entrait dans le propos). Je voulais bien marquer la différence entre le travail comme élément de la civilisation et le travail en tant que donnée économique que j’évoquerai dans un prochain article et que je ne « refuse » donc pas.. Distinguo valeur Travail et valeur du travail.


                                        • Cool Mel (---.---.26.61) 3 septembre 2006 10:10

                                          "Il est fondamental de reconnaître, que seuls les judéo-chrétiens vivent se calvaire sur terre. Les autres cultures, citons confucius, bouddha, l’hindouisme, les protestants, ne vivent pas de la même manière. Pour eux, le Travail n’est pas obscurément vécu comme étant un châtiment divin.

                                          Il ne leur serait jamais venu à l’esprit d’empêcher des individus de travailler plus que trente cinq heures s’ils en ont envie : cette façon de penser qu’automatiquement tout individu sera content de moins travailler, est une façon de penser profondément judéo-chrétienne."

                                          Voilà une considération qui n’est pas inintéressante, à cela près qu’elle est fausse dans son énoncé comme dans ses conclusions et imprécise dans sa formulation. Il y est, par exemple, question de judéo-christianisme d’une part et de protestantisme d’autre part.

                                          A propos des 35 heures, c’est une initiative de socialistes français souvent libre penseurs, menée à bien par une protestante, Martine Aubry.

                                          A mon avis, il faudrait donc reprendre tout le raisonnement sur la base suivante : Les 35 heures obligatoires, pourquoi en France ?

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