Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Le village de notre enfance !

Le village de notre enfance !

Dans les années 50, il y a donc une soixantaine d'années, la France n'était pas encore urbanisée comme aujourd'hui et les villages vivaient au rythme des saisons et des habitudes culturelles.

Sans tomber dans une trop forte nostalgie, nous sommes beaucoup à regretter ces villages d'antan avec leurs solidarités et même les querelles quasi centenaires entre certaines familles.

Des auteurs comme Jean-Zéphyr Idoux nous invitent à nous replonger dans l'histoire de nos villages et d'y retrouver certaines expressions oubliées qui pourraient aujourd'hui enrichir notre vocabulaire.

Pourquoi chercher outre manche ou outre atlantique de nouveaux termes alors que notre culture est si riche et si variée !

« L'herbe folle du mur mitoyen »

roman de Jean-Zéphyr Idoux

auto édition

2001

16,50 €

 

La force des sentiments, des serments et des promesses.

Après avoir lu et dégusté les deux romans de Jean-Zéphyr Idoux se déroulant à Blandy en Brie, j'ai voulu en savoir plus sur cet original auteur en me procurant sa toute première œuvre.

Nous voici transporté en Lorraine, dans un village vosgien en 1869 pour être plus précis.

C'est l'histoire de gens simples donc une vie de tous les jours avec les travaux des champs, la préparation du cochon, le passage de l'orage et tant d'autres moments rituels ou extraordinaires .

L'auteur nous fait découvrir et aimer une population rurale telle qu'elle est sans fioriture...La jalousie, la haine et les rancœurs côtoient l'amitié, l'amour et les solidarités.

La modernité effleure le village mais personne ne peut ni ne veut oublier «  le chant des grelots quand, dans les ornières des chemins poussiéreux, s'usent les roues des diligences. »

Célestin et Margot s'aiment et rien ne peut les séparer , jusqu'au jour funeste où Louise, jalouse décide de tout faire pour empêcher l'union de ces deux êtres.

Les descriptions sont minutieuses et poétiques, l'auteur agrémente son récit par l'apport de mots du terroir, inconnus de nous ou oubliés...Le lecteur n'est jamais perdu, le glossaire est là bien utile pour celui qui veut aller plus loin, quant à l'autre, entraîné par l'intrigue, il peut tout à son aise continuer sa lecture sans prendre le temps de se renseigner sur la signification de tel mot....Captivé par le récit, inquiet pour l'avenir des deux tourtereaux, il peut facilement poursuivre son chemin.

En ces temps là, les parents choisissaient souvent le futur ou la future de leur enfant, en laissant parfois faire la nature et le libre choix réciproque.

Mais tout n'est pas rose et les avis et pratiques divergent pour le meilleur et le pire :

« Depuis des générations cette famille, l'oeil intéressé, convoite prairies, vignobles ou chènevières ; l'âme cupide, elle marchande clos, enclos et pâturages. De père en fils, l'oeil patelin, ils chicanent pour une friche ou un pâtis. Insatiables, avares, rapaces, ils marient d'abord leurs terres, ensuite leurs filles. » !

Les deux amoureux sauront-ils conserver tous les deux leur propre jardin secret, installer le mur mitoyen de leur amour et empêcher que l'herbe folle y pousse ?

Jean-François Chalot


Moyenne des avis sur cet article :  4.64/5   (11 votes)




Réagissez à l'article

3 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 16 juin 2011 10:25

    pour replonger dans la France du temps jadis , voici la bible  ! smiley


    • vinvin 16 juin 2011 14:49

      (@L’ auteur).



      Merci pour votre article, qui sent bien l’ herbe folle qui grimpe au mur...(Ainsi que la nature, le lière, la lavande, le coquelicot, la luzerne et le foin).

      Je n’ ai pas connu les années 50 vu que je suis né en décembre 1962, mais cela me rappelle quand-meme des souvenirs d’ enfance dans mon village de 1500 âmes a l’ époque. Tout le monde se connaissait, tout le monde se parlait, et une certaine solidarité régnait entre les habitants. (Sauf quelques exceptions, dû a des problèmes de voisinage, du style mur mitoyen, ou des conneries comme ça !...).

      C’ était quand-meme sympa dans l’ ensemble, et puis a cette époque (il y en avait pas dans mon village...). A présent mon village compte un peu plus de 4000 âmes, avec beaucoup de gens qui sont venus de la ville pour acheter des terrains et construire a la campagnes, ( et le village commence également a s’ islamiser peu a peu,) pour notre grand malheur.

      Entre 1995 et 2003 a l’ époque où je conduisais, lorsque je partais en week-end, plutôt que de me faire chier dans les « bouchons » des grandes villes, je préférais partir visiter la Lozère, le Tarn, la Haute Loire, les petits villages d’ Auvergne, etc, etc...

      Et je prenais plaisir a découvrir cette france profonde avec ses habitants de milieux ruraux, la campagne, les champs, les prés avec les vaches et autres animaux, etc, etc...

      Les habitants de ses villages de la france profonde regarde souvent les étrangers un peu bizarrement, mais lorsque l’ on commence a leurs sourire et engager la conversation avec eux, après tout se passe bien, et une certaine alchimie se dégage entre eux et les touristes étranger.

      J’ ai parcourue beaucoup de villes, (principalement pour assister a des concerts d’ HALLYDAY,) et meme si j’ ai trouvé certaines villes magnifiques, aucune de ses villes n’ est plus belle qu’ un petit village avec son église et son « Bistro »(ou l’ on peut déguster les apéros, ainsi que les produits du terroir,...) avec les fermes du village tout autour et les animaux dans les prés !



      Bien cordialement.




      VINVIN.




      VINVIN.

       



      • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 17 juin 2011 18:18


        Effectivement, notre triste modernité nous incite à regarder dans le rétroviseur et à nous délecter d’histoires du bon vieux temps. Mais la Belle époque ne le fut pas pour tous et le XXème siècle ne fut pas facile à traverser.
        Pour ceux que travaille la nostalgie d’un monde révolu, je conseille également ce roman vrai d’une Alsacienne et d’un Lorrain nés à l’orée du siècle et morts juste avant sa fin : Trois petits tours, une traversée du XXème siècle de Henri et Jean Mourot (ed BoD ; en vente en ligne sur Amazon.com ou Chapitre.com ou ailleurs-160 p.illustrée, 12 €)

        1905-1999. Henri et Maria. Un père et une mère... Un couple dont l’histoire singulière s’inscrit dans la grande Histoire, celle d’un siècle plein de bruit et de fureur mais aussi d’espoir et de douceur de vivre...C’est le début de la modernité, l’accélération des progrès techniques... De la guerre de 14 vécue en Alsace et en Lorraine à celle de 40, avec son cortège de séparations, de risques et de privations, de Nancy à Rouen en passant par un village de l’Oise, revit un monde aujourd’hui disparu.
        Ce récit est le roman vrai de “petites gens” qui, comme les marionnettes , ont fait trois petits tours dans leur siècle avant de partir discrètement, comme ils avaient vécu. C’est une histoire couleur sépia qui se lit comme on feuillette un vieil album de photos de famille. Avec curiosité, tendresse et nostalgie...

        Un utile complément au bouquin de Jean-Zéphyr Idoux.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès