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Accueil du site > Actualités > Société > Les 2 pieds dans les salades ! Histoire d’une mission

Les 2 pieds dans les salades ! Histoire d’une mission

(fond musical de circonstance ;-) )

3 jours d’intérim à Nantes, ou plus exactement à 30 km.

Objectifs : Parer des salades ! Nantes et sa région est une grande zone maraîchère, un des jardins de la France ! N’en déplaise à la Touraine.

Travail à la chaîne, 8h. Horaires variables, les 3/8 en ces périodes de Fêtes.

Afin, que pour toutes et tous nous ayons sur nos tables un de ces petits sachets miraculeux qui en deux tours et trois mouvements nous offre les plaisirs et un croquant rafraîchissant.

Clients divers, de la grande marque, à nos marques distributeurs.

Mais que se cache-t-il derrière cela ?

 Des femmes et des hommes, dans un monde industriel froid (2°), urgent, aux cadences soutenues, aux acheteurs que je devine sur la brèche pour « satisfaire » les distributeurs et donc NOUS au final.

 Accueil, pro, courtois et sans chichi.

5 bonnes minutes pour s’habiller. Prévoir 2 paires de grosses chaussettes et 10 cols roulés !!!!!

Bottes, blouse, tablier, une ravissante charlotte bleue sur la tête et 3 paires de gants.

Cerise sur le gâteau : le super couteau de la Killeuse de salade ! Pas un couteau de minette, The couteau de pro.

8h debout, travail à la chaîne, de manutention, de découpage, dans un vacarme assourdissant et une humidité permanente, toujours 2°. J’ai les pieds et le nez sans connaissance au bout de 4 heures ! Mais 20 mn de pause, un chocolat chaud et vas-y petite.

Je pense à vous, Je pense à une jeune journaliste de France culture, qui nous ferait une émission de terrain belle et vraie.

Un monde où l’humain n’a pas la parole, car trop de bruit, les tâches sont répétitives, silencieuses aux différents postes, la machine, les trieuses, les laveuses sont les seules à se faire entendre.

Le rythme est soutenu ! Une cadence à tenir, un compteur vous le rappelle.

Et pourtant il y a, une certaine « amitiés », de la courtoisie, de la coquetterie, de la féminité, car en majorité ce sont les femmes qui sont sur ces chaînes. Des sourires silencieux, de la fatigue, des blagues à deux balles et le froid toujours là, je viens de perdre une oreille !

Ma chance, 3 jours, 3 petits jours seulement. Alors que pour d’autres chaque jour où nuit….la vie sera celle-là.

Bravo à toutes ces femmes, courageuses et vaillantes, mon admiration est sans bornes en ces instants.

 


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15 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 6 janvier 2010 13:14

    bienvenue en esclavage


    • Arcane 6 janvier 2010 18:47


      J’ai trouvé, en ouvrant un sachet de salade nantaise le soir du réveillon, une oreille humaine encore gelée. smiley

      Si cet organe vous appartient, je serai ravi de le sortir de mon freezer et de vous l’envoyer par colis isotherme. smiley

      Plus sérieusement, votre témoignage est touchant et me rappelle un mois de manutention à la chaine en 3/8 dans une des plus grandes usines de fabrication de biscuits. (Ce poste n’existe plus et a été robotisé).


      • Isabelle Isabelle 6 janvier 2010 19:13

        Oui, avec plaisir Arcane, car elle me fait défaut !
        Il a fallu des années pour avoir un visage un peu symétrique et voilà qu’en 3 jours j’ai un profil à la Picasso !

        Merci, cependant de ce retour ; l’expérience fut humainement riche, intéressante sur le plan de « la curiosité » pure, puisque se sont des produits que nous consommons sans connaitre la « chaîne » humaine, logistique et commerciale" qui est derrière. Un grand moment d’humilité aussi.
        Et puis ces femmes sont admirables et drôles ! Bonne soirée Isa


        • Hortus 6 janvier 2010 20:13

          Merci beaucoup.


          • Isabelle Isabelle 6 janvier 2010 20:23

            Vous savez quoi ? merci à vous, aussi. Notre résistance en 2010, l’écoute, le débat sans agressions inutiles, je n’ose plus utiliser le mot  : solidaire,tellement galvaudé par nos politiques. Soyons plus futés ........
            http://www.revolutionpersonnelle.com/2009/09/etes-vous-une-sardine/


            • Annie 6 janvier 2010 21:44

              Votre article est un peu court, ce qui est dommage. Il y a de sales boulots dans la vie, mais la solidarité, la chaleur humaine, les corvées partagées les rendent plus supportables.
              Je souhaite que vous retrouviez votre oreille. Et je rends hommage en ce début d’année à toutes les « petites mains » sans lesquelles nous ne pourrions vivre nos vies, qu’il s’agisse des porteurs antillais sans lesquels les hôpitaux de la métropole ne pourraient fonctionner ou les femmes qui faisaient marcher les usines de filature avant qu’elles ne soient délocalisées.


              • Isabelle Isabelle 6 janvier 2010 22:09

                Il n’est pas dommage qu’il soit trop court, je n’avais rien d’autre à ajouté.

                Un simple témoignage, à 48 ans , d’une femme qui découvre après un parcours brillant, une nouvelle réalité.
                Sans partir aux Antilles, je pense (pourquoi ?) en cet instant à toutes ces femmes et hommes, le soir tard ou tôt le matin, qui entretiennent nos bureaux, vident nos poubelles, dans l’anonymat le plus total et souvent le mépris.
                Bonne soirée. isabelle


                • Croa Croa 6 janvier 2010 22:31

                  « toutes et tous » ?

                  Non ! Personnellement les « petits sachets miraculeux » ne me mettent pas en appétit !

                  D’ailleurs je ne mange pas de salade en janvier, c’est pas la saison !


                  • Isabelle Isabelle 6 janvier 2010 22:38

                    Vous avez raison ! mais ne soyez pas de mauvaise foi, le message n’est pas là....
                    Bonne soirée


                    • Blé 7 janvier 2010 07:45

                      Merci pour votre article. Penser à toutes ces petites mains (femmes et hommes) qui travaillent sans avoir le droit à la parole nous rappelle à la réalité des conditions de travail.

                      Ceci dit, mis à part de garnir un peu plus le portefeuille des actionnaires ces femmes ne mériteraient-elles pas de conditions de travail un peu plus humaines ?

                      Personnellement, je préfère acheter une salade et la préparer moi même, 150g ou 200g à 2€ ou 2€20, cela fait cher le kilo de salade, plus cher qu’un kilo de poulet.


                      • Isabelle Isabelle 7 janvier 2010 08:00

                        Voilà la raison de mon article. Facile pour moi, d’être le témoin à distance de ce travail, 3 jours rien, même en situation précaire. Car j’ai, l’espoir....de trouver autre chose.

                        Il était question de relater factuellement, des faits dont je fus le témoin, mon admiration, car je serais incapable de tenir « à vie » ce genre de job et puis à une époque ou certain d’entre nous pleure la bouche pleine de dire : attention, ouvrez les yeux, il y a des silencieux dans divers domaines qui par absence de mots, absence de droits, etc, n’ont pas d’autre solution pour diverses raisons, que je n’ai pas le droit de juger.
                        Que nous sommes tous les maillons d’une chaîne et que l’apport quotidien aussi discret soit-il est utile à toutes et tous.
                        Inutile de vous dire que déjà pas convaincue par la salade en sachet, depuis nous sommes distantes..... Bonne journée !


                        • joelim joelim 7 janvier 2010 10:54

                          Le problème de l’humanité est que les « décideurs » sont des petits garçons immatures qui n’ont jamais été « les deux pieds dans les salades » ne serait-ce que pendant 24 heures.

                          Certains écoles supérieures demandent aux étudiants de faire un premier stage de production. Hélas ce principe est loin d’être appliqué dans le petit parcours cotonneux et confortable de ceux qui s’imaginent avoir le droit de gagner beaucoup plus que les autres, alors qu’ils ne connaissent presque rien des situations quodiennes de l’humanité...


                          • Isabelle Isabelle 7 janvier 2010 11:07

                            Mais que ces échanges sont bons !
                            J’ai pensé à certaines grandes écoles qui actuellement refusent l’intégration de certains étudiants « autres », aux stages en entreprises « à distance », .......loin des réalités , de la finalité, du but, les conditions de vie et travail de chacun.
                            De nos politiques tellement déconnectés de notre quotidien, « la vraie vie » smiley cette expression me tue maintenant, comme le mot solidarité, car galvaudé (s), vide de sens et surtout d’action pour beaucoup.
                            A bientôt....


                            • LE CHAT LE CHAT 7 janvier 2010 14:57

                              je n’ai pas fait les campagnes de salades en hiver , mais le ramassage des fraises à partir de 6h du mat , rien de tel pour vous briser les reins !

                              mais au moins une satisfaction avec ce travail agricole à l’ancienne , on sait pourquoi on est fatigué !


                              • Isabelle Isabelle 7 janvier 2010 18:28

                                J’avoue qu’après ce type de journée, la sérénité silencieuse règne au foyer.... smiley

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