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Accueil du site > Actualités > Société > Les assemblées générales ou le simulacre démocratique

Les assemblées générales ou le simulacre démocratique

Légitimité et démocratie ; voilà des mots chers aux instigateurs des blocus qui touchent maintenant près d’une vingtaine de facultés à travers l’hexagone. Des actions musclées et radicales, qui paralysent durablement nombre de centres d’études, mais qui trouvent une légitimité, selon les « bloqueurs », par la tenue régulière d’ assemblées générales. Véritables clés de voûte des justifications de blocus, et plus largement, des diverses actions entreprises, les AG à elles seules supportent le bien-fondé du mouvement. Si dans la théorie, elles peuvent s’apparenter à d’authentiques forums démocratiques, elles ne sont dans la pratique qu’une parodie de la liberté d’expression. Explications.

Chaque faculté qui se respecte, se doit, en ces temps de fronde anti-Contrat première embauche (CPE), de tenir, à raison d’une à deux fois par semaine, son assemblée générale (AG). Ouvertes à tous les étudiants désireux de s’exprimer sur le CPE, mais aussi et surtout sur les actions à entreprendre (ou non) pour l’abroger, les AG constituent la légitimité tant revendiquée par les manifestants. C’est d’ailleurs à la suite de ces assemblées que sont décidées des actions aussi importantes que les blocages.

Petites AG entre amis

Pourtant, difficile ne pas s’étonner de la recevabilité de ces débats : comment parler d’une quelconque légitimité quand seuls 10 à 15 % des étudiants d’une université peuvent s’exprimer ? Car les assemblées générales se veulent effectivement ouvertes à tous, mais des contraintes matérielles s’opposent à cet idéal démocratique : un amphithéâtre, enceinte réquisitionnée pour la tenue des réunions, ne peut contenir à lui seul l’ensemble des étudiants de la faculté ( !). Face à ce constat évident, les bloqueurs ont la répartie facile : « Ce n’est pas de notre faute si les anti-blocus ne se déplacent pas pour se faire entendre, si on est les seuls à venir parler. » Certes, mais là encore, une interrogation subsiste : même si l’envie de venir crier leur exaspération du blocus venait à les démanger, où viendraient-ils l’exprimer ? Dans un amphi déjà plein comme un œuf ? Les faits sont là : une poignée d’individus décident pour la majorité.

Ce souci d’ordre représentatif, les bloqueurs en sont sans doute conscients ; pourtant, il ne semble pas réellement les déranger. Dernièrement, le référendum souhaité par le président de Paris-X Nanterre appelant l’ensemble des étudiants à se prononcer, démocratiquement et via bulletin secret, sur le blocus, a même été purement et simplement boycotté par les manifestants. Ce qui semblait être une volonté de démocratiser le mouvement, et de donner à chacun la possibilité de s’exprimer à son propos, a été purement et simplement démoli par les « bloqueurs ».

Une parodie démocratique

 A ce souci évident de la représentation vient s’ajouter celui du contrôle des individus qui y participent. Les cartes d’étudiants, qui pourraient à elles seules limiter les intrusions extérieures, ne sont jamais examinées par les agents de sécurité. Une assemblée générale n’est plus la réunion de l’ensemble (ou d’une poignée, en tout cas) des étudiants de la faculté, mais un moulin, où chacun entre et sort à sa guise. Avec pareille situation, libre aux manifestants de modeler l’assemblée à leur guise. Et c’est effectivement le cas. Les assemblées ressemblent plus à un meeting pro-blocage, et anti-CPE, qu’à un forum démocratique.

Certes, l’opposition aux manifestants existe, mais elle est rendue très difficile et minoritaire par la composition des AG. Constituées dans leur grande majorité de partisans aux blocages, les assemblées générales sont des entreprises bien rôdées pour limiter les contestations, où les éventuels opposants sont volontiers écartés. On parle démocratie, on annonce de la démocratie, mais on ne fait pas de démocratie. Aussi, lorsqu’un courageux intervenant antiblocage ose prendre la parole, il est conspué allégrement par l’ensemble de ses « camarades ». Parfois, les huées sont telles que le malheureux ne peut terminer convenablement son intervention. Un fait constaté lors de la dernière AG, tenue ce lundi sur le site Pierre Mendès France (Tolbiac), annexe qui dépend de l’Université Paris-I : alors qu’une participante exprimait sa profonde exaspération face au blocage du site, la foule s’est levée contre elle en scandant « Dehors, dehors ! ». Face à la pression et au risque de débordement, elle s’est exécutée. Evènement que s’est empressé de reprendre la tribune, élue et censée être neutre : « Si chaque intervenant antiblocage n’a pas le courage n’assumer ses opinions, on ne peut rien faire ».

Des solutions simples

Les assemblées générales ne sont pas démocratiques, et affirmer le contraire relève sinon d’un mensonge éhonté, au moins d’une duperie. Les manifestants, et plus particulièrement les partisans des blocus, peuvent, et doivent affirmer leurs opinions, mais l’imposer à tous ne relève pas de la démocratie. En brandissant le bouclier des AG comme justification universelle, ils manipulent les foules : derrière ce simulacre démocratique, se cache en réalité un forum où convergent les mêmes opinions, les mêmes raisonnements, les mêmes idées, où des décisions importantes et contraignantes sont prises à main levée. La pensée unique, voilà ce qui semble satisfaire les manifestants. La liberté d’expression tant revendiquée n’est pas, ou trop peu, respectée. Pourtant, des solutions faciles à mettre en place existent (le référendum à bulletin secret, à l’échelle de chaque centre d’études concerné par le blocage), mais elles sont écartées par les « bloqueurs ». Auraient-ils oublié ce que signifie réellement le mot démocratie ?


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170 réactions à cet article    


  • RetraitduCPE (---.---.35.59) 16 mars 2006 12:17

    Cet article est un tissu de mensonge. Tout le monde peut venir et prendre la parole aux AG, elles sont mille fois plus démocratique que le chacun pour soi à écouter les attaques libérales pleuvoir à la télé. La soi-disant « pensée unique » n’est pas dans les anti-CPE mais dans tous ces politiciens qui parlent de « réforme » lorsqu’il détruisent le code du travail, présente les « réformes » libérales comme « naturelles », « obligées », la flexibilité nécessaire pour la « compétivité » (de qui ?, des actionnaires du CAC40 ?), chez l’UMP qui a été désavouée 3 fois par la majorité des électeurs et continuent sa politique, chez les éditorialistes qui ont vomi sur la gauche du « non » au référendum et maintenant traitent les jeunes de manipulés...

    Manifestation cet après-midi 14h place d’Italie, et samedi 14h Denfert-Rochereaux


    • Gio (---.---.162.36) 16 mars 2006 12:51

      C’est faux, le AG sont dans la grande majorité des cas complètement bloquée par l’Unef, les opposants sont bloqués voir violentés physiquement. Les témoignages sont à ce sujet innombrables et accablants.

      Il n’y a aucune démocratie dans la très grande majorité des cas.


    • Mathieu (---.---.212.160) 16 mars 2006 13:59

      Puisque ces témoignages sont nombreux, merci de nous fournir une longue liste des ces témoignages. Histoire que nous puissions tous prendre conscience de la vérité


    • Gio (---.---.162.36) 16 mars 2006 14:11

      Ecoute les étudiants devant les portes closes(de force) des facs au lieu de restet enfermé dans ta tour d’ivoire !

      Ce n’est pas en tenant un inadmissible et illégal piquet de grève que tu peus connaitre la réalité.


    • zoï (---.---.58.60) 16 mars 2006 17:38

      L’auteur de cet article a raison:le référendum à bulletin secret est un droit sacré,et ce droit devrait même être étendu à l’ensemble de la nation pour toutes les questions importantes. Quant à ceux qui le refusent et se réclament en même temps de la démocratie,ils ne sont que de minables imposteurs.


    • mathieu (---.---.24.92) 16 mars 2006 12:33

      et en plus ils se disent citoyens. c’est scandaleux.


      • nobru (---.---.27.150) 16 mars 2006 12:51

        j’ai assisté à presque toute les assemblées générales de Tolbiac, et je n’y ai pas vu l’intolérance que tu évoque il est arrivé que certaines personnes soient huées mais c’est quand elles provoquaient l’assemblée, parfois en injuriant les grévistes, quand ces personnes étaient huées, le bureau et son président ont toujours tout de suite appellé au calme, et à chaque fois ont rappellé l’importance de la liberté d’expression. Bien souvent ces AG ont été le théatre d’une confrontation (au sens positif) des idées et ont permis un débat ou toutes les idées s’exprimaient. Sur le fond le procédé d’assemblé générale est je pense une bonne chose : il permet à tous de venir s’exprimer, tu dit avec raison que les amphi des facs n’ont pas la capacité d’acceullir tout les étudiants, mais on l’a vu dans certaines universités quand il n’y a pas assez de place on cherche ailleurs (stade de rugby à poitiers par exemple) et je n’ai jamais vu une assemblé générale ou un grand nombre d’étudiant n’avaient pas accès au vote. si il y a un grand nombre d’étudiants qui ne veulent pas la grève ou le blocage ils peuvent et ils doivent aller en assemblée générale pour s’exprimer, certain le font et c’est une très bonne chose mais ils ne sont pas nombreux. peut être que les étudiants contre le blocage, c’est à dire ceux qui sont prés à sacrifier 4 ou 5 heures de leur temps (ceux qui pensent que la reprise des cours vaut plus que ces 4 ou 5 heures) ne sont pas si nombreux que ça ...


        • Gio (---.---.162.36) 16 mars 2006 14:05

          Nobru, tu es, aveugle ou totalement naïf ou, ce qui me parait le plus probable, de mauvaise foi.

          Il est clair qu’il n’y a pratiquement pas d’AG, libres d’accès, ou chacun sans être hué, (le B.A. BA démocratique) puisse s’exprimer, ou les votes se passent à bulletins secrets.

          L’Unef n’a pas changé, ne changera pas : toujours aussi facho.


        • chrissi (---.---.39.253) 16 mars 2006 17:05

          Oui, mais qui préside ces AG ? Seuls les pro blocus les dirigent.


        • Nico (---.---.202.58) 16 mars 2006 13:52

          Prenons un amphi moyen (300 places, 350 s’il est plein comme un oeuf).

          Faisons une convocation voulue par ces groupuscules anti-CPE. Ces noyaux durs en tant qu’organisateurs, sont d’une centaine de personne (je parles des vraiments impliqués). Boom, 1/3 des voix. Ensuite, les sympathisant arrivent, 1/3 Le reste, les curieux indécis et « l’opposition ».

          Facile d’avoir une majorité.

          Ensuite, quelle est la légitimité de faire voter quelque chose d’illégal ? C’est démocratique ? Demander un droit de veto en face du parlement, c’est démocratique ? C’est du foutage de gueule ce mouvement. J’ai lu la presse européenne, elle se gausse de ce conservatisme alors que déjà la france est un modèle d’immibilisme.


          • mandélescot (---.---.163.6) 16 mars 2006 14:03

            Quelque soit le problème, bloquer une université est, pour un étudiant, d’un ridicule accablant. Comme si c’était une contrainte d’étudier. Bloquer une université n’a de conséquences néfastes que sur les étudiants. Je ne comprends vraiment pas comment on peut avoir une idée aussi débile ! Il y a d’autres moyens de protester.


            • nico (---.---.117.95) 16 mars 2006 16:56

              Lesquelles ? Moi ça fait des années que je me mobilise pour que l’école et mon collège ait des moyens décents pour travailler... grêves (et contrairement aux idées reçues, TOUS les jours de grêves-et je ne m’en plain pas c’est normal- que j’ai faites depuis 6 ans ne m’ont pas été payées) manifs, etc. ON N’A JAMAIS ETE ECOUTE !!! et les conditions se dégradent. Donc toi qui parais si intélligent pour donner des leçons donne des idées pour que nos gouvernants (de gauche comme de droite)nous écoutent et fassent vivre une vraie démocratie. (je rappelle que le Non à la constitution, les retraite, la sécu, ... ont été rejetés par la population, surtout le premier, par REFERENDUM) En conclusion, avec leurs projets en force sans consultation, il ne font qu’ajouter de la colère aux citoyens. Ils ne viendront pas se plaindre si ça pète réellement un jour.


            • chrissi (---.---.39.253) 16 mars 2006 17:20

              Peut être que oui, certains lycéens et étudiants en profitent car ils ne peuvent plus étudier. Mais c’est compréhensif : le système éducatif français est aberrant :
              - au lycée, un programme à boucler absolument en vue du baccaléauréat, cela empêche les professeurs de montrer d’une certaine créativité dans leurs enseignements et immobilisent les élèves qui restent assis bêtement sur leurs chaises écrire mot pour mot ce que leur dicte leurs professeurs
              - à l’université, les enseignements restent aussi je pense très théoriques C’est cela je pense qui fait peur aux étudiants : le monde de l’entreprise, on n’en entend pas parler au lycée et à la fac. Mais est-il valable ce monde de l’entreprise ? Les étudiants ont peur car ils ne le connaissent pas du tout et se font donc des préjugés dessus. Ils pensent que c’est qu’une machine à faire du profit. Mais peut être est-ce tout simplement la vérité. Le capitalisme est un système inhumain qui tue la valeur du travail. Tout ce qui se passe en ce moment me traumatise moi en tant qu’étudiante à cause car je suis partagée entre la compréhension que j’éprouve pour les anti CPE et l’abominable petite dictature que certains nous font subir.


            • julos67 (---.---.82.207) 16 mars 2006 15:10

              Vous êtes au service de Villepin monsieur le pseudo citoyen ? Que yahoo, société multinationale, donne la parole au camp du social ! Y en a marre de la pensée unique de journaliste soit disant « indépendants » au service de l’idéologie néolibérale à Yahoo commme ailleurs.


              • Bernardo (---.---.100.34) 16 mars 2006 15:15

                Et t’as internet ? Vas voir les néolibéraux en corée du Nord alors...


              • Bernardo (---.---.100.34) 16 mars 2006 15:14

                Bravo pour cet article.

                Il reflète de manière précise ce qui se passe dans ces AG. Les mêmes épisodes se reproduisent dans d’autres facs à l’identique : Dijon (droit Lettre) dont je suis un témoin direct. Par le biais d’e group fiables, les témoignages sont similaire pour l’USVQ (Versailles Saint-Quentin, UPMF (Grenoble), Perpignan (fac fermée a cause de violences en sus), Bordeau (l’ensemble des universités Droit Lettres Sciences Humaines)...

                Ce ne sont pas des racontars, c’est seulement l’expression de personnes désabusée devant une Unef parfaitement rodée politiquement qui pilotent des étudiants moutonnant sans que les associatifs indépendants puissent faire grand chose face au raz demarée médiatique toc unefien.


                • chrissi (---.---.39.253) 16 mars 2006 17:26

                  J’aimerais poser une question. J’ai conscience que l’Unef pilote tout ce mouvement mais j’aimerais réellement savoir dans quelle mesure elle est influencée par des partis politiques ? J’ai lu un article expliquant qu’elle est vraiment indépendante. Comment savoir ?


                • bernardo (---.---.100.34) 16 mars 2006 17:55

                  C’est pas bien complique : l’unef est composé deplusieurs tendances elles mêmes soutenuspar des partis ou courants de partis politiques.

                  La tendance actuelle, celle de juillard qui est un des leader des MJS, est soutenu par le courant de julien Dray. En son teps Cambadélis en fut président, Emmanuelli a tenté de mettre aussi la main dessus. Les plus radicaux (mais minoritaires) à l’unef sont pilotés par la branche LCR...Tousles leaders de l’Unef ont fait carrières au PS.

                  Pour plus de détails :

                  http://unef-veritas.blogspirit.com/unef_-_bn/


                • Clément (---.---.89.19) 16 mars 2006 15:14

                  Merci pour les « petits branleurs » et « fermez la »... Ce que propose les gens contre le CPE !! Et bien devine : Une société moins basé sur le « chacun pour soi », des investissements « humain » et le réinvestissement des bénéfices dans les entreprises, des contrats équitables entre salariés et patronat... Il est évident que le CPE a pour but de rendre plus « compétitif » le marché de l’emploi. Concernant le débat, l’abscence de revendication commune des « pro-CPE » est une preuve flagrante de leur nombrilisme et individualisme qui correspond parfaitement à l’idéologie néo-libérale !


                  • Bernardo (---.---.100.34) 16 mars 2006 15:18

                    J’attend toujours de voir les propositions concrètes et réalisables pour réaliser pleinement l’utopie que vous défendez....depuis que la gauche et la droite existent, c’est toujours les mêmes paroles, mais quand il faut passer aux actes, c’est pas le même discours...

                    Faut prendre du viagra les mecs !(quoique, vous voulez pas enrichir pfizer j’oubliais...)


                  • (---.---.152.10) 16 mars 2006 15:23

                    Mais alors fais to élire, compose ton gouvernement et gouverne ! Ca sera une grande première dans l’humanité ! Car si on avait du partager les richesse depuis plus de 2000 ans qu’un barbu nous a dit de le faire ne l’aurait-on pas déja fait ?


                  • Clément (---.---.89.19) 16 mars 2006 15:33

                    L’homme est par nature individualiste. C’est pourquoi il lui faut établir des lois et règles pour qu’il puisse vivre en société. La tendance actuelle est de « libérer » la société de toute contrainte, ce qui créera forcément un climat de « lois de la jungle » ou « loi du plus fort »... Comment pouvez vous accepter ça !


                  • Clément (---.---.89.19) 16 mars 2006 15:57

                    Il me font rire les gens qui pensent encore qu’il y a moyen de se faire entendre sans faire « chier » le monde. Ce sont les même qui croit que les cammioneurs ne doivent pas bloquer les routes, les cheminots doivent faire rouler les trains, les profs assurer l’acceuil des élèves... Dans une lutte, on lutte, on reste pas à rien faire !!!


                  • Clément (---.---.89.19) 16 mars 2006 15:59

                    Pour ceux qui ont des doutes sur la porté démocratique du mouvement, lisez les sondages anonymes et sans « pression » au sujet du CPE ...


                  • bernardo (---.---.100.34) 16 mars 2006 16:44

                    On parle des blocages pas du CPE...Change et tu verras la gueule des sondages...


                  • Emile Red (---.---.142.224) 16 mars 2006 15:16

                    Je ne comprends pas qu’on puisse reprocher un manque de démocratie (encore faudrait il prouver la véracité de ces propos) aux étudiants alors que dans le cas où celà serait avéré ils ne feraient que reproduire à une échelle moindre ce que nos gouvernants appliquent sans vergogne depuis quelques années.

                    Vive le 49.3 des étudiants contre la masse de repris de justice de ce gouvernement bananier.

                    Et comme dit ma voisine qui écrit des chansons la fin (faim) justifie les moyens...

                    Messieurs les démagos je ne vous salue pas...


                    • Bernardo (---.---.100.34) 16 mars 2006 15:22

                      Pourla démagogie, va voir l’Unef, ils sont experts : demandentleur ou étaient passer leurs affiches de la rentrée 2005 ou il y avait marquer : « Etudier est un droit », c’est curieux, on les voit plus...

                      En outre explique moi ce qu’est le 49.3, j’ai pas compris, ya pas eu vote des fois ? Non t’es sur ? T’as lu la cnstituton ? T’as pas vu aue le gouvernement pouvait faire passer le CPE par voie réglementaire si vraiment il avait voulu passer plus vite, en force et sans débat ? Je te recommande de potasser la constitution et quelques manuels de droit constit sur les chapitres du 49.3, les ordonnances, ca voila...


                    • klerait (---.---.148.210) 16 mars 2006 15:40

                      Messieurs les démagos ? Farceur, va ! Vous savez quoi ? Vous êtes presque touchants, vous, les petits enfants gâtés. Si vous n’étiez pas agaçants à force de monopoliser les news et de bloquer les rues, on aurait presque envie de vous donner une petite tape sur l’épaule, avant de vous envoyer au lit avec une une tisane et un supo. Allez, avouez que vous vous amusez bien, non ? Car si vous n’avez rien d’autre à faire que d’aller manifester toute la journée, c’est que vous ne devez pas être si stressés que ça par la perspective du chômage.

                      Moi, j’aurais tendance à être contre le CPE aussi. Pourquoi ? Parce que j’ai 30 ans, que j’ai fait 6 ans d’études et que je suis toujours journaliste-pigiste. Chaque jour, si je ne trouve pas un papier à écrire, un sujet à proposer, je ne suis pas payée, c’est aussi simple que ça. Pas de contrat, pas de statut d’intermittent, pas d’argent de poche de papa-maman, pas de RMI, pas d’alloc. Si un contrat tel que le CPE existait pour moi, ce serait un tel soulagement que de pouvoir me jeter sur une telle opportunité.

                      Malheureusement, pour moi, c’est trop tard. Et je trouve que, si vous êtes tous aussi influençables, idéologues et bêtement passéistes, vieux avant l’âge (« je veux mes vacances, plus de temps libre et plus d’argent pour moins de travail, na ! »), alors en effet, vous ne méritez vraiment pas, mais alors pas du tout, qu’on se penche sur votre cas et que l’on vous propose des solutions. Devenez tous fonctionnaires, c’est pas ce qui manque dans ce charmant pays où, grâce à des gens dynamiques et audacieux comme vous, aucune réforme n’est devenue possible et où nous nous fossilisons gentiment. Après tout, avec tout ce que j’ai trimé, je n’ai pas grande envie de vous voir, vous, pauvres petits sur lesquels on s’apitoie, me passer devant.

                      Vous êtes anti-libéraux ? Bien, après tout, le système stalinien a largement fait ses preuves, tout le monde avait sa dose de patates. Mais alors, il faut laisser tomber la connexion Internet et les billets dégriffés sur LastMinute, les jolis portables sur lesquels vous envoyez des SMS à vos copains et votre Playstation.

                      Essayez de grandir un tout petit peu, de devenir un tout petit peu responsables, de réfléchir à ce que l’on vous propose, si vous voulez qu’on vous prenne au sérieux. Car il est absolument înacceptable de voir une bande de gamins qui jouent aux grands sans une once de réflexion, bloquer un gouvernement de la sorte.


                    • (---.---.247.227) 16 mars 2006 20:42

                      Le gouvernement ne peut pas faire passer un texte aussi controversé par le biais de la voie réglementaire.

                      Seul un texte de nature législative peut valider un tel projet. (article 34 de la Constitution)

                      Pour ce qui est des ordonnances (article 38) le gouvernement a déjà fait passer le C.N.E par ce biais là en plein mois d’août pour éviter toute manifestation de salariés...


                    • siajone (---.---.210.148) 16 mars 2006 15:23

                      Rien n’a changé... J’étais étudiante en 1974 à Aix-en Provence et déjà à cette époque, l’UNEF manipulait dans les amphi.,grâce à un simulacre de démocratie, les jeunes esprits épris de contestation...de tout. Les années ont passé et j’ai eu la chance de voyager dans le monde et de comparer quelque peu les pays. Le blocage de facs est à l’image de la société française...bloquée. La proposition de IP du 16 mars est intéressante : faisons un essai sur quelques mois et demandons au gouvernement une garantie de révision si cela ne marche pas mais laissons une chance aux jeunes de trouver du travail...car on sait que le CPE en créera.


                      • tire_d’aile (---.---.205.176) 16 mars 2006 18:40

                        Société bloquée vous dites. Cela fait plus d’une décennie qu’on nous dit que la société française est bloquée. Mais bloquée, pour qui, pour quoi ?! Il n’y a encore pas si longtemps, la croissance économique à elle seule devait assurer l’enrichissement de tous. Un Raymond Barre pouvait encore nous assurer doctement que la « sortie du tunnel » (de la crise) était en vue. Tout un monde politico-économique tiens désormais pour acquis, sans le clamer bien entendu, électorat oblige, la nécessaire inégalité des conditions économiques. En réalité, dans le train à grande vitesse de la libéralisation économique tous azimuts et sans parachute, des pans entiers de la société française sont passés , de la seconde classe à la troisième classe, tandis que ceux qui étaient déjà en première se sont encore enrichis, toujours plus ! ( et qu’on ne nous dise pas que la dernière réforme de la fiscalité favorisera les classes moyennes alors que les premiers bénéficiaires sont encore et toujours les « première classe » !) Si le CPE et le CNE crèeront des emplois, ce qui reste à prouver, ils ne demeureuront jamais qu’un épiphénomène propre à masquer un monde du travail (ne parlons plus de marché du travail sans arrêt l’homme se ne marchande pas !) pronfondément dégradé, où le rapport de forces a basculé largement en faveur des employeurs, meilleurs soutiens des politiciens qui nous gouvernent (aujourd’hui à droite mais hélas aussi du temps de la gauche, quand cette dernière était séduite (mais ne l’est-elle pas encore faute de s’assumer réellement à gauche) par l’idéologie néo-libérale. Ou la précarité organisée est l’un des moyens pour assurer une atomisation toujours plus poussée de la société au profit d’un populisme capitaliste qui n’a plus d’autre ressources pour mobiliser les « citoyens-consommateurs » que de créer un climat d’incertitude tel que toute préoccupation et revendications pour une société simplement plus humaine, où l’homme est la mesure des choses et non pas seulement une économie qui est à elle-même sa propre fin, finisse pas sembler incongru et impensable même, alors que la période que nous vivions n’est qu’un moment de l’histoire, un age de fer, comme un retour au dix-neuvième siècle, lequel bien entendu concerne d’ailleurs non pas seulement notre hexagone mais l’organisation économique actuelle du monde dont il faudra bien un jour revoir les tenants et aboutissants, faute de quoi nous devrons passer à terme par de graves crises écologiques. D’aucuns diront, entre CPE, CNE et écologie, aucun rapport ! Mais si justement, tout se tient. C’est de la démobilisation politique (en dehors des crises) entretenue par la précarité organisée, que nait la folle fuite en avant d’un capitalisme débridé, sans vergogne, qui enrichit une minorité et saccage notre belle planète, et aussi la vie de millions d’êtres humains sans ressources là-bas et immergés dans une pseudo-culture médiatique et éphémère qui fait le jeu des puissants, ici. Ce dernier mot a son air de lutte des classes mais je n’en vois pas d’autres. Le monde est très inégalitaire, c’est un fait. Il est vrai que chacun par son comportement, ses habitudes de consommation, contribue à la perpétuation du système, mais, comme aurait dit, feu M. Orwell, certains sont plus égaux que d’autres, devant leur responsabilité vis à vis de l’état du monde comme il va. Bref, la guerre économique fait rage, faisons en sorte qu’elle s’achève plus rapidement, non pas la victoire d’un camp sur l’autre — ce qui nous ramènerait au totalitarisme — mais par une remise en cause du système telle, qu’il n’y aura plus de raison qu’elle ait lieu. Continuons donc les luttes sociales mais en faisant l’effort intellectuel pour repenser le monde d’aujoud’hui. Et d’ailleurs il y a beaucoup d’ouvrages sur la question pour qui veut bien prendre un peu de son temps pour s’y plonger, entrapercevoir des alternatives ! Le capitalisme libéral n’est-il pas d’ailleurs au départ, lui aussi, une utopie (voir « Le grand bond en arrière » de Serge Halimi), qui s’est réalisée, et qui n’en finit pas de produire des effets, du plus mauvais effet !


                      • bap (---.---.0.109) 16 mars 2006 22:59

                        Je voulais réagir à cet article mais tire_d’aile a déjà tout dit. 100% d’accord, du début à la fin.


                      • Clément (---.---.89.19) 16 mars 2006 15:29

                        Ah oui, ça pour un créer des emplois précaires, ça en créera ! Voulez vous finir comme dans les pays anglo-saxon ou la moitié (je n’ai pas les chiffres exactes) de la population doit cumuler deux emplois merdiques ou vivre sous le seuil de pauvreté pour qu’un infime minorité sans mette plein les poches ?


                        • (---.---.152.10) 16 mars 2006 15:35

                          Ah ça ! tu as raison ! tu n’as pas les chiffres exacts !

                          D’ailleurs d’où les tiens tu ? de quelque discours de propagandistes d’extrême gauche ? les mêmes qui sont privilégiés parmi les privilégiés en étant fonctionnaire à Neuilly et qui n’exerce aucune responsabilité politique car non élus ? Ceux la même qui tirent tous les bénéfices des violences et des contestations mais qui ne concrétisent jamais leurs revendication et qui ne formulent jamais de contre proposition ? Ceux la aussi qui se récclament être les héritiers des pire régimes que l’humanité aient eu en son sein ?


                        • aromic (---.---.182.195) 16 mars 2006 15:48

                          réponse baclée démagogique et insultante chiffres publiés dans le monde qui n’est pas un journal d’extrème gauche il me semble........ allez instruit toi


                        • jeffrey (---.---.91.162) 16 mars 2006 15:30

                          Il n’est pas normal que les étudiants contre le blocage des fac, et qui décident d’aller normalement en cours, doivent aller se justifier de leur choix auprès d’une assemblée soi-disante générale dans un amphi plein à craquer de jeunes faussement idéalistes. Chaque année c’est la même chose, les anti-cpe d’un temps sont les anti-quelque chose d’autre l’année d’avant. Le résultat est toujours le même : des jeunes qu’on ne voit curieusement jamais le reste de l’année se permettent de bloquer l’entrée des facs, de venir perturber les cours, et tout cela en plus au nom de l’intérêt de l’ensemble des étudiants. Les AG ne sont qu’un exemple, la majorité des étudiants se voient bloquer leurs libertés par une minorité de jeunes en manque de citoyenneté, qui sont surtout bien content d’être dans une ambiance de grêve, loin des salles de cours...


                          • Paul (---.---.71.10) 16 mars 2006 15:31

                            Face à ce débat, je m’interroge sur le chahut organisé par les anti CEP face à la mise en place d’un vote à bulletin secrets par la Présidence de l’université de Rennes II...

                            Je tiens à rappeler à l’ensemble des lecteurs que « l’isoloir » est un principe fondamental pour éviter à l’électeur de subir une éventuelle pression (Droit administratif relatif aux élections en France). L’objectif est qu’il puisse donner son avis de manière la plus objective possible.


                            • fishlord (---.---.3.77) 16 mars 2006 15:33

                              Le 49-3 est un monument parmi les très nombreuses dispositions anti-démocratiques dans la Constitution de la Ve République, qui pourrait d’ailleurs très bien convenir à une dictature moyen-orientale moyenne. Elle a d’ailleurs tendance à tourner à la république bananière. Et le fait que ce gouvernement au premier ministre jamais élu du peuple pouvait faire passer le CPE par voie règlementaire, soit sans délibération du parlement aucune, je vous laisse imaginer en quoi je trouve que ça convient ausi admirablement à la démocratie. Mais bon, monsieur Bernardo pense peut-être que la démocratie c’est mieux sans le peuple et sans ses représentants.

                              On votre pour un président et après on s’occupe plus de rien ; vu comment ça prend forme, j’ai dans l’idée que ce serait un fonctionnement génial...

                              Fishlord


                              • monteno (---.---.179.94) 17 mars 2006 09:37

                                Quand on veut faire la leçon ( de démocratie) aux autres il faut au minimum être rigoureux, ne pas mentir et avoir le respect des faits, quelque soient ses propres idées.

                                Le CPE a été discuté et voté au parlement normalement sans recours au 49/3 ; par contre la suite de la loi globale dont le CPE n’est qu’une partie, a elle, après le vote du CPE, effectivement bien été votée grace au 49/3.

                                Rappelant ces faits, je ne parle ni en faveur ni contre le CPE ! Mais on ne peut pas avoir un débat sérieux et constructif si on se contente d’assèner des approximations et si on ne respecte pas les faits ! Ne pas respecter les faits, c’est surtout ne pas respecter l’autre ni même soi-même ! A bon entendeur, salut !


                              • pirlouit (---.---.104.52) 16 mars 2006 15:35

                                Merci ! enfin.... C’est la première fois que je lis quelquechose de censé sur ces blocages.

                                Tout d’abord je dois dire que je ne suis ni pour, ni contre le CPE. Je pense que les 2 camps ont leurs arguments et seul l’expérimentation sera parlante ; le débat est trop politisé à mon goût.

                                Mais j’irais plus loin que l’article. Que les étudiants manifestent leur désaccord, c’est parfait. Ils auraient même tort de ne pas le faire. Mais priver les autres de leur liberté, c’est grave.

                                Je ne vois pas de quel droit un étudiant pourrait être privé d’accéder à ses cours même si une AG complète décidait une soit-disant « grève ». Il ne fait volontairement partie d’aucune association / syndicat / organisme ayant ce pouvoir sur lui !! Je suis totalement révolté et à sa place je ne reconnaitrais aucun droit à ce genre d’AG qui ne rime à rien, qu’elle soit constituée ou non de tous les étudiants !

                                L’UNEF s’insurge contre les débordements entre les bloquants et les bloqués en brandissant l’argument de la démocratie. Mais c’est le monde à l’envers. Ceux qui privent les autres de liberté se targuent de démocratie... c’est la meilleure.

                                Et j’applaudis des deux mains M. de Robien quand il dit que c’est inadmissible de bloquer des universités ou quand les CRS évacuent la Sorbonne.

                                Messirs les anti CPE soyez intelligents : dans certaines universités, les manifestants sensibilisent, distribuent des tracts, s’expliquent, discutent mais en aucun cas ils ne bloquent manu militari les gens qui ont envie de travailler.

                                La violence est le derniers recours des imbéciles.

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