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Les associations touchent-elles trop d’argent ?

Dans la joie et la bonne humeur, les centres sociaux des Bouches-du-Rhône ont manifesté, le 5 octobre, contre la baisse de leurs subventions accordées par l’Etat. Si Philippe Laurent, directeur du centre social Malpassé comprend « qu’il faut faire des économies », il appelle les pouvoirs publics « à faire des choix » qui ne risquent pas de menacer « la paix sociale dans certains quartiers ». Mais où donc récupérer de l’argent ? À la région, le Front national fait la guerre aux « subventions clientélistes » qui discréditent « l’action sociale et dont pourraient bénéficier d’autres associations », lance Marie-Claude Aucouturier, conseillère FN. News Of Marseille s’est penché sur cet épineux sujet et donne la parole aux Marseillais ! Des révélations étonnantes…

Maquillés, sifflets autour du coup et pancartes à la main, les centres sociaux ont manifesté, le 5 octobre, sur le parvis de la préfecture à Marseille. À l’appel de l’Union des centres sociaux 13, qui compte 48 structures, 1200 emplois et 2000 bénévoles, plus de 200 personnes ont dénoncé « la diminution des subventions pour 2011 et 2012″.

Philipe Laurent confirme qu’il faudrait réduire ailleurs ! Dans un communiqué, Hugues Parent dément les affirmations des manifestants et affirme qu’en 2011 « 3 % de plus ont été attribués aux centres sociaux […] et 124 contrats aidés ont pu être validés ». La guerre des chiffres est déclarée !

Centre social : mode d’emploi

Présent dans tous les quartiers de Marseille, d’Endoume à Malpassé, le centre social, association de loi 1901, a pour but de « développer un projet autour d’une réalité de quartier pour améliorer les conditions de vie de ses habitants ». Avec 7000 usagers, 460 adhérents, le centre social Malpassé est agréé par la CAF. Cette année, une convention cadre des centres sociaux fut signée permettant à la CAF, la région, au conseil général et à la ville de les financer. La participation de l’Etat étant en dehors de cette convention.

Ces structures développent des actions auprès des jeunes et moins jeunes : accompagnement scolaire, aide au logement, aide juridique et administrative ainsi qu’un point d’appui pour l’information aux étrangers en attente de papiers… Un centre aéré accueille environ 70 enfants de 4 à 12 ans, le mercredi et durant les vacances scolaires. Tout au long de l’année, des sorties et lotos sont prévus pour les personnes du 3ème age.

Des missions « d’utilité publique » qui dépassent celles des simples associations sportives ou d’animation, pourrait-on dire ! Seulement, les centres sociaux ont vu la participation de l’Etat diminuer en 2011, ce qui rend leur travail sur le terrain « de plus en plus difficile ».

La guerre des chiffres est déclarée !

« Pour 2011, le dispositif FONJEP (Fond de Coopération de la Jeunesse et de l’Education Populaire) qui finance l’insertion à l’emploi a été divisé par deux, passant de 7390 euros à 3000 euros », constate Philippe Laurent. Et « dans les Bouches-du-rhône, le montant de l’aide accordée aux centres sociaux est passé de 281.820 à 150.934 euros […] soit une réduction de l’équivalent 17,8 postes », affirme la présidente de l’Union des centres sociaux, Marie-Madeleine Quilichini-Prat.

La préfecture affirme qu’en 2011 « les crédits versés sont en augmentation de 3 % » et que « 126 contrats aidés ont pu être validés ». La présidente de l’Union des centres sociaux réplique : « Il n’y a aucune augmentation de ces crédits […] Peut-être s’agit-il des 3 % d’augmentation annoncés des crédits CUCS sur Marseille » mais qui ne concernent « pas seulement les centres sociaux ».

Concernant les contrats aidés, le centre social Malpassé n’est pas très fan de ce type d’embauche financé en grande partie par l’Etat. « Ils sont d’une durée de 6 mois. Difficile de mettre en place de vrais projets dans ces conditions », note Corinne, une employée du centre social. »Le combat aujourd’hui c’est d’avoir de vrais postes et des salariés dans une sérénité professionnelle ! Comment des personnes elles-mêmes en difficulté peuvent aider des personnes en situation de précarité ! », interpelle le directeur.

Les associations et les habitants agitent le chiffon rouge. « Si les subventions continuent de diminuer comme peau de chagrin, les centres sociaux ne pourront plus fonctionner », s’alarme Philippe Laurent qui pointe « une menace pour la paix sociale » dans son quartier. « Vous vous rendez compte, nous avons 7000 usagers, ce seraient 7000 non-réponses à des problèmes ! ». Alors pourquoi ne pas faire appel au privé, aux usagers ? Vivre sans subventions ? Difficile : « 80% des recettes sont distribuées par les pouvoirs publics et ce ne sont pas les usagers en situation de précarité qui pourront faire vivre le centre ! ».

Du côté des habitants, c’est aussi l’inquiétude : « S’il n’y a plus rien, où vont aller les jeunes ? Chez eux, ou dans la rue », lance Dalila, qui craint de voir la délinquance augmenter dans son quartier. L’association, un pansement sur les plaies de ces zones en difficulté ?

Associations douteuses

Tout comme le Samu social, dont le directeur fondateur Xavier Emmanuelli a démissionné en juillet dernier, les centres sociaux s’insurgent contre un budget de moins en moins gérable pour assurer leurs missions. Philipe Laurent s’interroge : « Je comprends que l’Etat doit faire des réductions, mais c’est aussi une question de choix, de choix de société ». Sous-entendu : on pourrait réduire ailleurs !

Où donc chercher de l’argent ? Raboter des niches fiscales ? C’est déjà ce qu’est prévu dans le plan de rigueur de François Fillon qui compte récupérer 11 milliards d’euros de recettes supplémentaires pour 2011 et 2012. Cela contribuerait à boucher nos 95 milliards d’euros de déficit et nos 1600 milliards d’euros de dette publique.

Le nombre « faramineux » d’associations dans la région PACA : 80.000 dont 20.000 rien qu’à Marseille rend circonspect le groupe FN sur les véritables objectifs de ces dernières. L’exemple local vaut autant au niveau national ; en 2006, la France comptait un peu plus d’un million d’associations de loi 1901 et en 2008, plus de 15 millions !

De nouvelles enquêtes pour « faux et usages de faux, abus de confiance et tentatives d’escroquerie » ont été ouvertes dans la région Paca par le parquet, selon le journal La Provence (edt 5 octobre). Toujours d’après le quotidien, des structures exerçant dans le domaine sportif et notamment dans les quartiers Nord de Marseille seraient les premières visées… C’est un courrier anonyme qui a alerté la justice sur des éventuelles « magouilles » ainsi qu’un hypothétique soutien politique à des associations frauduleuses !

Stéphane Durbec, conseiller régional FN, reconnu pour faire la guerre à la collectivité dans l’affaire des fausses associations subventionnées, compte très bientôt en remettre une couche. Des structures « budgétivores de subventions » dont le nom peut prêter à sourire tel que Positiver le vent. « Dans un passé qui n’est pas si lointain […] sur les 6 millions de l’enveloppe destinée à la politique de la ville dans les Bouches-du-Rhône, 50%, soit 3 millions ne concernaient que deux secteurs municipaux de Marseille : le 8ème secteur (15 et 16ème arrondissements) et l’ancien 7ème secteur, dite la circonscription de Sylvie Andrieux ».

Ce genre d’affaire « discrédite l’action sociale »confirme Marie-Claude Aucouturier. L’élue frontiste déléguée à la commission budget rajoute que cet argent pourrait servir à des associations : « les centres sociaux sont défavorisés par rapport aux autres associations […] qui font campagne pour des élus ».

Comment éviter l’évaporation, le fourvoiement de cet argent ? Contrôles, contrôles et encore une fois contrôles… Tel est le mot d’ordre que nous ont livré les Marseillais pour veiller sur leurs deniers publics !


Voir le reportage vidéo de l'article : Les associations touchent-elles trop d’argent ?

Coralie Mollaret - News Of Marseille







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Les réactions les plus appréciées

  • Par ZenZoe (---.---.---.167) 20 octobre 2011 11:58
    ZenZoe

    Bon article.
    Vous mettez le doigt sur un problème épineux et tabou même. En fait, ce n’est pas le problème des subventions qui est en cause, c’est l’attribution du statut d’association à tout et n’importe quoi. C’est là qu’il faudrait faire du ménage et revoir les critères qui définissent ce qu’est véritablement une association, quelque chose qui devrait être beau, généreux et sincère et qui n’est souvent qu’un fourre-tout mensonger avec une calculette cachée derrière le dos.

  • Par arobase (---.---.---.81) 20 octobre 2011 11:17

    des milliers de bals de samedi soir et autres festivals, manifestations culturelles diverses, spectacles en tous genres touchent beaucoup d’argent.


    cet argent devrait être réservé en priorité aux causes sociales.

Réactions à cet article

  • Par TOUSENSEMBLE retraité FRONT DE GAUCHE EX DP sante social (---.---.---.135) 20 octobre 2011 10:27
    TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE

    OUI.LES TRES GROSSES...NATIONALES COMME CELLE DE« CROZEMARIE ET AUTRES »

    QUI ONT JOUE L’ ARGENT DES DONS...ET PERDU..........

    y a til aussi des retrocommissions pour les elus qui les obtiennent ,,,, ????

  • Par arobase (---.---.---.81) 20 octobre 2011 11:17

    des milliers de bals de samedi soir et autres festivals, manifestations culturelles diverses, spectacles en tous genres touchent beaucoup d’argent.


    cet argent devrait être réservé en priorité aux causes sociales.
  • Par ZenZoe (---.---.---.167) 20 octobre 2011 11:58
    ZenZoe

    Bon article.
    Vous mettez le doigt sur un problème épineux et tabou même. En fait, ce n’est pas le problème des subventions qui est en cause, c’est l’attribution du statut d’association à tout et n’importe quoi. C’est là qu’il faudrait faire du ménage et revoir les critères qui définissent ce qu’est véritablement une association, quelque chose qui devrait être beau, généreux et sincère et qui n’est souvent qu’un fourre-tout mensonger avec une calculette cachée derrière le dos.

  • Par ben_voyons_ ! (---.---.---.190) 20 octobre 2011 12:44

    Trop d’associations sont en fait à but lucratif, font du bizness, sont des entreprises déguisées pour échapper aux taxes et impôts (et bénéficier en plus d’aides et de subventions !).

    Il faut dénoncer ces dérives.

  • Par Michel DROUET (---.---.---.52) 20 octobre 2011 18:10
    Michel DROUET

    Les associations sont de véritables relais d’opinion pour les élus locaux qui les choyent en espérant le retour sur investissement lors des élections suivantes.

    Profitant de ce statut, certaines associations se sont transformées en lobbies qui font la pluie et le beau temps en matière de subvention.

    Le pire ce sont les associations qui exercent des missions de service public en lieu et place des collectivités locales (dans le social, notamment). Inutile pour les élus de vouloir regarder les comptes de ces associations et de mettre le nez dans leur gestion : mission impossible.

    On assiste alors à des curiosités budgétaires : le service rendu par ces associations coûte plus cher parfois que s’il était réalisé directement par les collectivités avec du personnel statutaire

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