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Accueil du site > Actualités > Société > Les AVS, une aide précieuse aux enfants handicapés

Les AVS, une aide précieuse aux enfants handicapés

La loi du 11 février 2005 fait de l’intégration des enfants handicapés en milieu scolaire normal, une obligation nationale. En effet, cette loi prône le droit à une éducation scolaire pour tous les enfants quelle que soit la nature et la gravité de leur handicap. Plus facile à dire qu’à faire ?

On ne peut pas dire avec exactitude combien il y a de personnes handicapées en France car cela dépend de la définition retenue pour « handicap » (incapacité à agir seul dans la vie de tous les jours sans aide humaine ou technique, retards mentaux sévères, surdité, cécité...). Mais le problème du handicap reste bien une réalité. D’après le Handicap en chiffres - CTNERHI, la DREES et la DGAS - 2004, il y a, selon la définition retenue, entre 1 et 5 millions de personnes handicapées en France. Parmi eux, 160 000 enfants handicapés scolarisés à la rentrée 2006-2007. Ce nombre est en constante augmentation. Pour faciliter leur intégration, de nouvelles institutions ont été créées telles que les MDPH (Maison départementales de la personne handicapée), ainsi que de nouvelles fonctions telles que les AVS (Auxiliaires de vie scolaire). Ces dernières ont été créées il y a deux ans après la loi de février 2005, et à titre provisoire. Leur rôle est très important dans l’intégration des enfants handicapés car il consiste à les aider dans leur travail scolaire et leur rapport avec les autres élèves.

Deux facettes d’une même fonction :

Il existe deux sortes d’AVS : les AVS-i (AVS individuels) en classe traditionnelle et les AVS-co (AVS collectifs) en CLIS, Classe insertion scolaire.

On pourrait imaginer qu’il faille une formation particulière pour prendre en charge des enfants handicapés et répondre correctement à leurs besoins, mais non. Marjorie D. AVS-i, et Béatrice L. AVS-co, n’ont reçu aucune formation particulière. « Nous n’avons eu pas de formation avant d’être engagée, mais seulement une journée d’information selon le handicap de l’enfant ».

Avoir une formation ne serait pourtant pas du luxe quand on pense que certains enfants peuvent être pris de crises aussi soudaines que violentes, et dangereuses aussi bien pour eux que pour les autres. Particulièrement dans le cas des enfants à troubles psychologiques.

Mme J., professeur des écoles en maternelle à Bezons, citait le cas d’une jeune AVS qui était venue s’occuper d’un enfant à trouble du comportement et qui n’était restée qu’une demi-journée. Pourquoi ? Parce qu’elle a été surprise par la difficulté du travail. Voilà un enfant qui avait besoin d’être accompagné et qui se retrouve seul.

A la question : Auriez-vous aimé avoir une formation initiale ou continue ? « Oui, ne serait-ce que pour être informée sur les handicaps, être préparée et savoir comment réagir. Ainsi que pour l’aspect psychologique », nous répond Béatrice L.

Ces enfants sont « extra-ordinaires », il faut s’adapter à leur manière de penser ce qui n’est pas évident car « ils sont énigmatiques ». Et pourtant, même dans une classe à champ mental (trisomie, retard...), ces enfants ne sont pas bien différents des autres. Effectif réduit à dix élèves, ces enfants avancent à leur rythme entourés de l’aide précieuse de leur enseignante et de leur AVS. « Les AVS sont indispensables ! Aussi bien au bon déroulement de la classe qu’à la qualité du travail », nous dit Caroline H., enseignante spécialisée en CLIS.

Malgré cela, beaucoup d’enfants ne bénéficient pas encore de l’aide d’une AVS ou alors n’en bénéficient plus : « On est des pions », nous dit Marjorie D. « Quelquefois, au cours de l’année, on nous change d’enfant. Il faut alors recommencer tout le travail de confiance et d’écoute. Ce n’est pas non plus évident pour l’enfant qui était habitué à une personne, à un mode de travail... Ce n’est pas logique quand on pense que l’on recherche la stabilité pour l’enfant ».

Les AVS se sont révélés nécessaires, mais leur nombre reste insuffisant par rapport à la demande.

La faute à la lenteur des démarches ? Car pour bénéficier de l’aide d’une AVS il faut que l’enfant soit reconnu comme étant handicapé. Mais le mot handicap choque beaucoup de parents qui ont du mal à accepter ce terme. Béatrice L. se souvient d’une rentrée où un parent d’élève avait dit à son enfant que maintenant qu’ « il était dans une classe de débiles il ne pourrait plus devenir pompier et qu’il pouvait abandonner son rêve tout de suite »...

La faute à l’absence de formation ? Car les volontaires ne savent pas à quoi s’attendre, et finissent par abandonner.

La faute au manque de personnel ?

La faute au manque de moyens économiques ? Il n’y a pas assez d’argent pour engager autant d’AVS qu’il y a d’enfants handicapés.

Tout cela est possible. En conséquence, il est illogique que les AVS ne soient que des CDD renouvelables tous les ans et seulement six fois. Pourquoi limiter à six ans lorsqu’il y a déjà un manque de personnel notoire ?

Cette fonction mériterait d’être reconnue comme un métier à part entière avec ce que cela implique, comme, par exemple, une formation.

Être AVS demande beaucoup d’investissement de la part des personnes qui exercent cette fonction, des qualités d’observation, de la patience, un moral d’acier, et aussi ne pas oublier que ces enfants ont besoin d’affection pour les aider à s’intégrer le mieux possible dans les écoles.


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2 réactions à cet article    


  • La Taverne des Poètes 14 décembre 2007 15:47

    Dans un rapport publié en juillet 2007, le sénateur des pyrénées Orientales, Paul Blanc, dénonçait l’insuffisance de formation des AVS. « Même si les AVS ne sont pas la seule solution, il faut passer d’une fonction à un véritable métier », confirmait Patrick Gohet, auteur du bilan de la loi Handicap, remis en août au gouvernement.

    Les AVS remplacent les emplois-jeunes du plan Handiscol. Ils font le même travail. Il y a encore plus précaire et moins formé que les AVS : les EVS (« emplois vie scolaire ») qui sont des gens en insertion sociale.


    • callaghan 15 décembre 2007 09:34

      Cher poète,

      Je suis totalement d’accord avec vous. Cependant, dans l’article, il est question de faire un travail efficace avec les enfants. Contrats de précarité à part, il s’agit là de la disparition des AVS (programmé depuis quelques années), ce qui entraîne (et entraînera) une perte éducative importante pour tous ces enfants handicapés. Ayant moi même enseigné en CLIS, je peux vous assurer que pour gérer un état de crise alors que l’on a un groupe de 12 handicapés mentaux n’est pas chose facile. Un coup de main est fort apprécié.

      En ce qui concerne les emplois précaires, le gouvernement s’est fait un malin plaisir à les multiplier au sein de l’école : les EVS, les CAE(les contrats avenir), les AVS...etc.

      Tout ça ne nous rassure pas du tout quant à l’avenir de l’école et à la réussite de notre mission en tant qu’enseignant !

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