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Accueil du site > Actualités > Société > Les causes biologiques du chômage, pourquoi il va exploser dans les (...)

Les causes biologiques du chômage, pourquoi il va exploser dans les sociétés complexes

Il y a une quinzaine d’années que j’ai fait ce raisonnement. Les conclusions me paraissaient tellement inacceptables que je cherchais surtout où était l’erreur, tant j’étais convaincu de m’être trompé. J’ai fini par en envoyer un résumé à mon ancien binôme de terminale, qui était devenu haut fonctionnaire après sa sortie de Polytechnique. Le moins que je puisse dire est qu’il ne fut pas enthousiasmé par ma thèse et que ses affectueux conseils m’incitaient davantage à cultiver mon jardin plutôt qu’à publier un article de ce genre. Mais les idées vous envahissent malgré vous, la nouvelle perspective que j’avais de la société me semblait de plus en plus pertinente et me confortait dans l’idée qu’elle méritait d’être débattue. C’est ce que je propose aujourd’hui .

Le mot biologique, que j’emploie ici à dessein, a un sens plus large que dans son acception courante : la biologie est la science qui étudie le vivant. On considère en général qu’elle étend son étude jusqu’à l’homme pour ce qui est de sa physiologie. Mais pour ce qui touche à son intelligence, à sa culture et à son organisation sociale, l’étude est reléguée dans une gamme de disciplines dites des sciences humaines qui vont de la psychologie à la sociologie et qui ont en commun de partir de présuppositions philosophiques arbitraires sur la nature de l’homme, d’où émanent des théories complexes et « non falsifiables » au sens où Popper définissait ainsi les fausses sciences.
Je pars de l’idée que la société humaine n’est pas une construction politique décidée par un groupe d’hommes, mais un organisme vivant plus complexe dont l’homme n’est qu’une cellule qui n’a pas d’existence possible en dehors du groupe auquel elle appartient.

Il n’est pas possible de déduire les lois qui régissent ce nouvel organisme à partir des propriétés des cellules qui le constituent, de même qu’il n’est pas possible de comprendre la physiologie humaine à partir des propriétés de nos cellules. Quand un ensemble complexe se constitue, il apparaît des propriétés émergentes qui sont sans relation apparente avec celles de ses constituants, lesquels, cependant, en sont les déterminants.
Les lois qui régissent cet organisme-là sont donc bien, à mon sens, des lois biologiques, qui incluent, bien entendu, la physiologie humaine, mais ne s’y limitent pas.

Sous cette perspective, j’analyse le mécanisme du chômage dont on sait qu’il constitue un formidable défi pour les sociétés avancées qui se complexifient sans cesse.
Je démontre que cette complexité répond à une loi de croissance exponentielle dont je montre le mécanisme et dont j’essaie d’évaluer la vitesse.
J’explique que ce mécanisme est une propriété inhérente aux sociétés humaines, qui accumulent le savoir, et que ce caractère n’est pas dépendant d’une quelconque volonté humaine, notamment politique.
Je constate que les possibilités humaines de s’adapter à un milieu de plus en plus complexe sont globalement limitées par la génétique, et que le chômage résulte de ce que la complexité des sociétés actuelles atteint ou dépasse cette limite.
J’en déduis que le phénomène n’en est qu’à ses débuts et que nos sociétés sont vouées à une explosion certaine et rapide si elles ne prennent pas conscience du danger et ne peuvent trouver de solution.
Je conclus que le chômage ne peut pas trouver de solution dans la politique classique, mais qu’il constitue bien un défi scientifique posé à l’humanité, plus important encore que ne le sont la recherche des énergies du futur ou la protection de l’environnement.
J’exprime ma conviction personnelle que l’homme devra rapidement choisir entre le réalisme scientifique nécessaire à sa simple survie et la conservation des dogmes sur lesquels il a construit sa société et qui menacent de l’anéantir.

Il n’est pas un point de mon raisonnement qui ne puisse être compris par un « honnête homme » au sens où l’entendait Montaigne, c’est-à-dire doté d’une culture générale suffisante et d’une large ouverture d’esprit.
J’ai été obligé d’appuyer mon raisonnement sur quelques considérations mathématiques simples, mais je donne toujours une explication non mathématique que les spécialistes jugeront superflue mais dont les profanes pourront éventuellement se suffire.
Il en est ainsi de l’incontournable courbe de Gauss, que connaissent bien les statisticiens, mais dont il n’est pas besoin de connaître la formulation mathématique pour en comprendre les propriétés. Il suffit de regarder les graphiques pour suivre les explications que je me suis efforcé de rendre aussi claires que possible. Les résultats numériques que je donne ne sont là que pour fixer les idées et toute personne quelque peu initiée aux mathématiques pourra facilement les vérifier. Je ne les mentionne qu’en fin d’exposé en espérant que le début sera suffisamment convaincant pour inciter le lecteur à essayer de comprendre les courbes et à pousser sa lecture jusqu’à la conclusion.


L’Insee définit le chômage par la réunion de trois conditions :
1. Être sans emploi
2. Être disponible pour travailler
3. Être à la recherche d’un emploi.

Il faut rappeler auparavant la signification physiologique du travail :
L’homme est un animal social obligatoire, au sens où l’on dit qu’un virus est un parasite obligatoire (Il ne peut vivre qu’en utilisant les métabolismes d’une cellule hôte qu’il parasite). De la même façon, l’homme n’a survécu que sous forme d’élément du groupe social auquel il appartient et dont il a adopté le langage, et de façon plus générale la culture. Une des conséquences de cette nature « sociale » de l’homme est qu’il ne peut subvenir directement à ses propres besoins par son travail, mais qu’il doit le faire grâce à un échange de services avec le groupe social où il est immergé. Même ceux qui veulent encore cultiver leur jardin, élever des volailles et construire leur maison, ont besoin d’entrer dans l’économie ambiante pour trouver des outils et se protéger des prédateurs hostiles, sans compter la dépendance aux technologies de la société moderne telles que l’eau courante, l’électricité, le chauffage, le téléphone et tout le reste.
Chacun doit donc se cantonner à un nombre limité de tâches utiles au groupe social auquel il appartient, en contrepartie d’une rémunération de ses talents, qui lui permettra à son tour de bénéficier de l’industrie des autres.

Ce processus indirect implique deux conditions nécessaires :
1. Que chacun ait un talent à faire valoir (un métier), suffisamment utile dans sa société pour qu’il puisse en obtenir une contrepartie (une rémunération).
2. Que la société ait un ensemble de besoins à satisfaire en adéquation avec le nombre et l’éventail des compétences de ses membres.

Le chômage provient d’une rupture de cette adéquation et nous allons voir pourquoi.
• Dans les sociétés primitives, il n’y a pratiquement pas de chômage : les besoins sont multiples, la plupart non assumés et les tâches nécessaires sont simples. Tout le monde peut participer à l’effort commun, ce qui n’implique pas l’opulence, bien entendu, mais le plus souvent le partage de la misère. Au Moyen Age, même l’idiot du village pouvait se rendre utile : par exemple conduire un cheval par la bride pour aller tout droit vers un arbre et tracer un sillon !
• Dès le début du XIXe siècle, la Révolution industrielle fut déjà ressentie comme une menace pour l’emploi, et l’invention du métier à tisser par Joseph Marie Jacquard fut la cause d’une des premières insurrections sociales, celle des canuts de Lyon en 1831. En réalité, c’était une fausse alerte, car la société allait s’adapter à la technologie et même en automatisant le tissage de la soie, il ne manquait pas de besoins à satisfaire !

Le pas le plus signifiant de la prise de conscience du problème fut sans doute la loi du 28 mars 1882, par laquelle Jules Ferry, ministre de l’Instruction publique et des Beaux-arts, rendit l’instruction primaire gratuite et obligatoire pour tous les enfants de six à treize ans !
Dès le XIXe siècle, il apparaissait évident que la société moderne ne pouvait pas fonctionner à moins que la plupart de ses membres ne sachent au moins lire, écrire et compter.
On sait qu’au cours du siècle suivant, l’école devint gratuite jusqu’au brevet des collèges, puis jusqu’au bac, et qu’elle est actuellement obligatoire jusqu’à seize ans.
On retrouve l’équivalent dans tous les pays occidentaux et dans beaucoup d’autres, quelle que soit la civilisation.
La raison n’est donc pas idéologique ni philosophique, mais bien imposée par le fait que nos sociétés se complexifient et que s’y insérer nécessite de plus en plus la capacité de s’adapter aux choses complexes.
L’enseignement primaire et secondaire est certes indispensable, mais de plus en plus aussi les études supérieures.
L’automatisation supprime d’abord les tâches simples et si elle génère d’autres tâches nécessaires pour mettre au point ou utiliser les robots, ce sont évidemment des tâches plus complexes ou moins nombreuses.

Les gens de ma génération se souviennent sans doute des poinçonneurs de métro dont le travail consistait à faire un trou dans le ticket des passagers avant que ceux-ci n’accèdent aux quais. Ce métier pouvait occuper pas mal de monde, sans demander de grandes capacités d’abstraction, mais les machines automatiques ont définitivement fait disparaître les emplois de ce type.
Alors que j’étais jeune ingénieur, il existait un métier très prisé, la sténodactylographie, qui consistait à prendre des notes sous la dictée à l’aide d’un langage phonétique avant de le taper à la machine. Ce métier qui nécessitait une compétence valorisante n’a pas survécu à l’arrivée des magnétophones, mais voilà que même la dactylographie est maintenant menacée par les logiciels capables d’interpréter et de transcrire la parole.

Dans tous les domaines, la complexification des sociétés se traduit par une raréfaction des métiers simples qui sont facilement automatisables, au profit de métiers de plus en plus complexes nécessitant de plus grandes capacités d’abstraction.

Deux questions se posent alors :
1. Peut-on penser que la complexification des sociétés finira par se stabiliser ?

La réponse est malheureusement non : la complexification a commencé avec l’Univers, et le vivant n’en est que l’expression la plus avancée, mais toujours inachevée. La société humaine, toute récente, a inauguré la plus diabolique accélération qui se soit jamais produite dans la complexification du vivant, en s’affranchissant de la chimie et de la matière au profit de la culture. Ce lien virtuel, qui se nourrit de l’accumulation de la connaissance, structure et complexifie notre environnement social à une vitesse sans commune mesure avec les mécanismes de mutations aléatoires qui avaient prévalu jusqu’alors. Ce monstre saura également, si nécessaire, s’affranchir de ses cellules humaines.

2. Peut-on mieux préparer les futurs travailleurs à ces tâches plus complexes ?
À cette question, il est convenu de répondre que oui et les responsables politiques rivalisent d’éloquence pour entretenir en nous les illusions que font naître l’espoir.
Les syndicats d’enseignants nous assènent entre autres certitudes que les performances de l’école ne font que refléter les moyens qu’on y met, occultant le détail que toute loi a ses limites.
En réalité, malgré un budget devenu le premier de la nation (environ 7% du PNIB), les efforts pour donner à tous les élèves le niveau du bac au minimum se sont traduits par un abaissement du niveau du bac plutôt que par une élévation du niveau des élèves. Il ne semble pas que les efforts financiers supplémentaires apportent des progrès substantiels... Cf. : Education nationale : plus d’argent pour moins de résultats
Il faut donc se faire une raison : même avec la meilleure école possible, tout le monde n’est pas capable de présenter le concours de Polytechnique.
Cette évidence, qui n’échappe à personne, résulte de lois incontournables :


L’aptitude à l’abstraction est répartie dans une population quelle qu’elle soit, suivant une courbe statistique qu’on appelle la courbe de Gauss ou encore la loi « normale », tellement elle intervient fréquemment dans les phénomènes caractérisant les populations.

Disons pour simplifier que l’humanité est composée d’individus dont les caractéristiques prises individuellement (poids, taille, vitesse de course, intelligence, etc.) se répartissent autour d’une valeur moyenne et s’en écartent d’autant moins souvent que l’écart à cette moyenne est plus grand.
L’ensemble des points décrit une courbe en cloche, dont le sommet (valeur la plus souvent rencontrée), correspond à la moyenne.
La surface délimitée pas la courbe en cloche et l’axe horizontal représentent 100% des valeurs. Cela est vrai pour les capacités d’abstraction, ou les possibilités d’adaptation à la complexité qu’on peut résumer par l’intelligence, dans cette acception du terme que certains pourront contester.

• Nous pouvons donc représenter le potentiel d’adaptation à la complexité de l’humanité, génétiquement déterminée, par une courbe en cloche de Gauss, positionnée sur une échelle horizontale de complexité. Les proportions de personnes sont représentées en fonction du niveau de complexité maximale auquel elles peuvent accéder. (courbe continue bleue). La dispersion statistique inscrit les moins doués à gauche de la moyenne et les plus doués à droite. La surface sous la courbe représente 100% de la population. Notons bien que c’est une courbe théorique. Il n’est pas nécessaire de la mesurer, ni même de savoir le faire : toutes les caractéristiques d’une population homogène d’êtres vivants se répartissent ainsi selon une loi normale !
Cette courbe en cloche est fixe dans le temps sur son échelle horizontale.

• A côté de cela, les différentes tâches utiles dans une société humaine peuvent aussi être envisagées selon leur complexité. Elles se répartissent selon une courbe de fréquence identique, une courbe en cloche de Gauss, dont la moyenne caractérise la complexité sociale du moment. Contrairement à la précédente, cette courbe n’est pas fixe dans le temps sur son échelle horizontale : elle se déplace vers la droite au fur et à mesure que la société se complexifie, et nous verrons qu’elle le fait de plus en plus vite (courbes en pointillé, verte et rouge).

Dans une société non complexe (société primitive, courbe verte), tous les membres peuvent trouver un emploi à leur niveau de compétence ou le plus souvent à un niveau inférieur.

Dans une société complexe, au contraire (courbe rouge), la complexité moyenne des tâches possibles est plus élevée que ce que peut réaliser en moyenne l’ensemble des individus : le côté ascendant de la courbe rouge (tâches) coupe le côté descendant de la courbe bleue (population).
• Avant le point d’intersection, il y a plus de candidats pour les tâches simples qu’il n’y a de tâches. La surface entre les deux courbes représente le pourcentage de chômeurs qui en résultent. Les gens les moins doués situés à gauche de la courbe bleue ne pourront jamais trouver un emploi : ils deviennent inemployables !
Les personnes situées plus à droite peuvent trouver un emploi entrant dans leurs compétences, mais pas toutes à la fois : il y a compétition pour les emplois existants.
• Après le point d’intersection, les tâches possibles deviennent plus nombreuses que les candidats dépassant ce niveau, et tous peuvent trouver un emploi qui requierre des compétences égales ou inférieures aux leurs. _ On voit que quand la société se complexifie, la courbe des tâches disponibles (en rouge) s’éloigne vers la droite et la proportion de chômeurs s’accroît de façon très rapide.

Pour fixer les idées, j’ai représenté les courbes de répartitions des tâches pour des sociétés de plus en plus complexes (courbes de A à H) en prenant pour unité l’écart-type, c’est-à-dire la moyenne de l’écart à la moyenne de ces courbes (qui sont toutes identiques à la position près, puisque normalisées.) Quand les courbes des tâches s’écartent de la courbe des possibilités d’un huitième de l’écart type (courbe A), le chômage calculé est de 5%. Il augmente presque proportionnellement à cet écart, comme on le voit sur le tableau à gauche de la courbe où j’ai calculé quelques valeurs numériques repères. Il toucherait 95% de la population si l’écart entre la courbe de complexité des tâches et celle des possibilités humaines atteignait quatre fois l’écart type (courbe H) !

Le problème est donc de savoir à quelle vitesse les sociétés modernes se complexifient, puisque c’est là le caractère qui détermine les causes « structurelles » du chômage, celles que nous imposent les lois de notre biologie !
Il n’est pas possible de quantifier précisément une notion abstraite comme la complexité des sociétés, mais il est raisonnable de penser qu’en ce qui concerne les sociétés occidentales, leur complexité varie comme la somme des connaissances de l’humanité.
Or il est bien connu que la connaissance progresse suivant une loi exponentielle, pour la bonne raison qu’il s’agit d’un phénomène cumulatif. Il s’agit de la même loi que celle qui régit les avalanches et les phénomènes explosifs.
Les lois exponentielles sont caractérisées par leur temps de doublement : certaines technologies comme l’informatique progressent de façon très rapide avec un temps de doublement qui est de l’ordre de dix-huit mois à deux ans (loi de Moore).
L’estimation qui est en général retenue pour l’ensemble des connaissances de l’humanité est celle d’un doublement tous les quinze ans, soit à peu près le temps d’une scolarité.
C’est une vitesse considérable : à ce rythme, nos connaissances seront multipliées par dix en cinquante ans, par mille en cent cinquante ans et par... dix milliards en cinq siècles ! Essayons d’imaginer, à travers les technologies qui nous entourent, presque toutes si récentes, ce que peut être déjà l’ensemble des connaissances de l’humanité, et imaginons de le multiplier par dix milliards ! Vous avez dit science-fiction ?

Si l’hypothèse d’un doublement tous les quinze ans s’avère pertinente pour la complexification sociale également, et si on admet que le chômage réel actuel est de l’ordre de 10% (ce qui me paraît optimiste), il est clair qu’à moins d’un changement radical dans ses paradigmes, notre société n’atteindra pas la fin des cinq prochaines décennies sans sombrer dans le chaos !

La solution de ce problème nécessitera autre chose que la méthode Coué. Ce n’est plus réellement un problème politique, c’est un défi scientifique.
Peut-on rêver que les hommes politiques en prendront conscience à temps, et que devant l’évidence du danger, ils oublieront leurs petites querelles, qu’ils accepteront de renoncer à leurs préjugés et à leurs dogmes pour remettre l’homme à sa place dans un univers qui le dépasse et dans une société qui le fait vivre mais qui pourrait le rejeter ?

L’homme aura besoin de toute son intelligence : non pas de celle de quelque génie, mais d’une intelligence collective, lucide, documentée, rigoureuse et déterminée. Il faudra l’assentiment de tous, c’est-à-dire enseigner et convaincre. Il faudra que la rationalité investisse enfin le domaine public, et qu’après avoir arraché l’homme à son ignorance, elle le libère aussi de ses passions et de ses mythes, pour le conduire sur le chemin étroit qui pourrait encore le sauver.

Documents joints à cet article

Les causes biologiques du chômage, pourquoi il va exploser dans les sociétés complexes Les causes biologiques du chômage, pourquoi il va exploser dans les sociétés complexes

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266 réactions à cet article    


  • Zaboubou (---.---.130.5) 8 décembre 2006 10:32

    Votre article est tout simplement inacceptable sur le plan idéologique. Mais, ce qui serait encore plus inacceptable serait de ne pas accepter d’en débattre, justement pour des raisons idéologiques. Vos arguments ne sont pas idéologiques. Votre raisonnement est honnête. C’est celui de quelqu’un qui cherche à comprendre et à savoir, même si on lui affirme que la terre est plate, et que dire le contraire n’est pas « bien ». Je vote donc, avant même de savoir si je suis d’accord ou pas, convaincu ou pas, pour dire que cet article est « UTILE ». Car pousser à réfléchir l’est toujours. Sortir des sentiers battus, même pour y revenir ensuite, n’est jamais du temps perdu.


    • ZEN zen 8 décembre 2006 10:57

      @Zaboubou

      « Je vote donc, avant même de savoir si je suis d’accord ou pas, convaincu ou pas, pour dire que cet article est »UTILE« . »

      Vous m’expliquerez comment vous vous arrangez d’une telle position ????? smiley


    • Zaboubou (---.---.130.5) 8 décembre 2006 11:05

      Je l’ai expliqué. Vous semblez bien trop en colère pour être dans le débat ou dans la réflexion. Vous êtes dans le refus idéologique (et dogmatique) car ce qui est exposé vous déplaît, voire vous choque. Mais on ne démonte pas une thèse par l’ironie, ni par l’anathème. Il faudrait des arguments, et ils ne viennent pas. Doit-on toujours d’abord se demander si l’on est idéologiquement d’accord avec ce que l’on va trouver avant d’entamer des recherches ? Doit-on en censurer les résultats s’ils nous déplaisent ? C’est un peu court, et la connaissance n’avance pas ainsi. L’idée qu’une personne ayant des facultés intellectuelles limitées peut davantage s’épanouir dans une société agricole et peu instruite que dans une société ultra-complexe, ou le simple fait de ne pas savoir lire vous exclut, ne me paraît pas illogique. Que cela me plaise ou non. Ensuite, au politique et à l’idéologue de voir ce qu’il fait de cette réalité. Mais se cacher les yeux n’a jamais fait avancer personne. L’Humanisme, ce n’est pas de nier ce qu’est l’Homme, mais de le connaître bien pour l’aimer mieux et le grandir. Mais ça y est, le discours redevient idéologique ! Cherchons à comprendre, sans tabous, sans conservatisme, sans dogmes. Et nous verrons bien où la vérité nous amène. Mais ne confondons pas la recherche et la politique. Sinon, un jour, je n’exclus pas que les historiens se voient fermer la porte à certains domaines de l’histoire, sur lesquels on aurait fixé « La Vérité Officielle » (quoi ? C’est déjà fait ?).


    • Candide2 8 décembre 2006 12:38

      @ Zaboudou
      Merci de votre commentaire.

      J’espère que dans votre esprit, ce n’est pas mon article qui est inacceptable, mais les conclusions auxquelles il aboutit, auquel cas nous serions d’accord comme je l’ai dit en préambule. Je ne demande pas mieux qu’on me prouve le contraire car je ne suis pas un évangéliste ni un prophète et je ne défend aucune idéologie ! J’aimerais mieux que mes enfants aient des perspectives moins noires.
      Le problème est que j’y réfléchis depuis longtemps et que cela n’a fait que me conforter dans cette idée. J’ai peu d’espoir d’en changer maintenant, mais je ne me cache pas la difficulté de la faire partager, tant « elle est inacceptable ! ».
      Pourtant, ce sera une phase nécessaire si on veut pouvoir passer « du diagnostic au traitement ! ».


    • Aldoo (---.---.43.7) 8 décembre 2006 13:51

      Allons allons... sans remettre la totalité de votre analyse en cause, je suggère une correction à votre modèle : l’hypothèse de la complexification exponentielle de la société.

      Soit on a pu plus ou moins l’observer jusque là (si tant est que la complexification est quantifiable). Mais dire que ça va continuer n’est une assertion raisonnable que si les conditions nécessaires à cette complexification restent vérifiées.

      Or dans votre analyse vous en tirez la conlusion que le taux de chômage allait tendre vers 100% et que la plupart des tâches nécessaires ne seraient plus réalisables par les êtres humains. Comment dans ces conditions pourrions-nous continuer à accumuler des connaissances sur des techniques que nous ne pouvons déjà plus pratiquer ? Comment, alors que les connaissances n’augmentent plus, pourrait-on continuer à complexifier la société ? Nous arrivons à une contradiction avec l’hypothèse de départ. Donc certaines de vos hypothèses sont manifestement fausses.


    • Jean-Christophe Loric jean-christophe 8 décembre 2006 14:15

      je sais pas si le raisonnement est inacceptable (il est surtout très dur à suivre j’ai pas fait polytechnique moi !) une chose est sure : le chomage a deja explosé ! 1 personne sur 3 en France est concernée par le chômage ou l’emploi tres precaire ou la retraite etc... je suis moi-meme au chomage mais en cours de création d’entreprise (ce qui est precaire mais TRES excitant). J’ai autour de moi des personnes aussi au chomage mais qui ne sont pas pret à reprendre le boulot... tant qu’ils n’auront pas touché toutes leurs indemnités !! c’est un vrai piège. Comme le RMI, c’est un puissant anesthésiant. Je ne dis pas que c’est la panacée, mais jeter un coup d’oeil à ce qui se fait en Angleterre : on retrouve un job beaucoup plus vite ! resultat le chomage est tres bas. le pire dans le chomage à la francaise c’est qu’il faudrait un devoir en contrepartie à ce droit indispensable . A mon avis recherche d’emploi effective en alternance avec travail d’interet général. Et etre un peu plus dur en cas de refus d’offres d’emploi serieuses et bien payées.


    • parkway (---.---.18.161) 8 décembre 2006 14:26

      candide2

      sans être un génieur, le bon sens nous met d’accord sur la vision pessimiste de notre société.

      Il suffit de regarder autour de soi et dans le monde comment cela se passe et on voit bien que c’est pas folichon ; alors lorsque que quelqu’un comme vous me dit que l’on va vers un gouffre, une catastrophe, je suis plutôt d’accord avec lui !

      et je ne me Gauss e pas de vous !


    • leglaude (---.---.225.101) 8 décembre 2006 15:27

      l’exemple anglais dont on nous rabat les oreilles n’est certainement pas le meilleur à prendre les chiffres du chomage y étant truqué aussi bien qu’en france


    • tonigum (---.---.186.154) 8 décembre 2006 16:27

      Vous auriez dû écrire plutôt :
      > Les causes biologiques de la connerie : Pourquoi elle va exploser dans les sociétés complexes ! Votre article en est l’illustration brillante !


    • adebisi (---.---.2.36) 8 décembre 2006 16:28

      il faut aussi voir quels sont les boulots proposés en Angleterre !!

      va à Londres et tu verras des pauvres hommes sandwitch assis ou debout avec une pancarte pour faire de la pub pour un magasin local !(chose qui me semble impossible en France) et a mon avis, ils ne touchent pas grand chose !!

      Alors, c est bien beau de se caresser sur le faible taux de chomage anglais ou US, mais il faut voir aussi ce que ca cache ! Si, en France, il faut un taux de 4% de chomeurs mais 60 ou 70 % de travailleurs pauvres, je ne vois pas l interet ! a part faire jouir Mr Breton !! (qui lui ne risque pas d etre un travailleur pauvre)


    • Jean-Christophe Loric jean-christophe 8 décembre 2006 17:22

      il y a pas qu’en angleterre (ou j’ai vécu et travaillé 3 ans) que le taux de chomage est faible, il y a le danmark, la suede, les pays-bas (ou j’ai aussi travaillé 2 ans). Ce sont pas tous des pays ultra libreaux sans filet social. Soit ils sont tous très bêtes et ils travaillent comme des buses pour un salaire maigrichon, soit on a l’humilité de reconnaitre qu’ils font mieux que nous dans certains pays, et on a la fierté de penser qu’il y a pas de raison qu’on fasse moins bien..


    • Bernard (---.---.164.94) 8 décembre 2006 20:21

      Je partage tout a fait le commentaire d’Aldoo. Je rajouterai juste que tout evolue vers un point d’equilibre ou d’instabilite. Je pense que la somme des connaissances ne peut augmenter infiniment et sa croissance devrait donc se stabiliser. De meme je ne pense pas que la courbe bleu (la gaussienne des personnes capables d’apprehender certaines taches plus ou moins complexes) doit aussi croitre dans le temps. Tout le probleme est de connaitre l’evolution de ces courbes... et d’avoir un modele realiste.


    • (---.---.229.236) 9 décembre 2006 01:17

      « Votre article est tout simplement inacceptable sur le plan idéologique. »

      Amen !

      (Et on prétend que les Musulmans sont des fanatiques irationel...)


    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 9 décembre 2006 11:39

      C’est plutôt l’idéologie qui rend cette thèse inacceptable a priori qui est inacceptable. Pour le reste elle reste à tester.

      Trois remarques cependant :

      1) nous ne savons pas prévoir la capacité à assimiler des connaissances nouvelles dans des environnements éducatifs permanents qui n’existent pas encore ou d’une manière embryonnaire (le droit à la formation permanente tout au long de la vie)

      2) le notion de travail change, elle doit inclure de plus en plus des qualités relationnelles qui ne sont pas seulement intellectuelles ou rationnelles mais aussi intuitives et empathiques ; il n’est pas possible non plus de savoir si ces capacités sont a priori limitées et de toute manière une rationalité sans désir ni passion est certaine d’échouer dans tout ce qui concerne les échanges économiques et sociaux.

      3) l’évolution des sociétés n’impliquent pas nécessairement que le travail dit productif de biens soient nécessairement au centre de la capacité à se socialiser et à s’adapter aux conditions du futur : les loisirs socialisants peuvent aussi devenir aussi, sinon plus, décisifs pour mieux vivre.

      De ces remarques je peux tirer la conclusion que le pire n’est pas certain, mais il est nécessaire de l’envisager pour en réduire le risque et probablement changer la société et ses valeurs à cette fin.


    • Candide2 9 décembre 2006 12:23

      @ Sylvain Reboul

      Que le pire ne soit pas certain, je l’espère autant que vous, mais je crois que pour l’éviter, le mieux serait de l’envisager !

      Première remarque : J’ai parlé d’une adaptation supposée « optimisée » et on peut admettre en effet qu’elle ne l’est pas encore tout à fait, mais je nourris très peu d’espoir dans ce domaine... On peut évidemment être plus optimiste !

      Deuxième remarque : Peu d’espoir là aussi : Les qualifications relationnelles seront certes toujours présentes, mais resteront limitée en nombre d’emploi et ne risquent pas d’inverser la tendance.

      Troisième remarque : Là il y a peu être une piste. La technicité va permettre une production de biens à moindre coût et il n’est pas nécessaire que les gens travaillent pour être payés : On appelle ça actuellement le « traitement social du chômage », indispensable ne serait-ce que pour préserver la paix sociale. Le système pourrait -il se généraliser ?

      Mais nous entrons là dans un système dangereux me semble t’il. Un monde à double humanité, une majorité à charge d’une minorité qui aurait tous les attributs du pouvoir ? Hautement explosif avec la meilleure volonté du monde : L’homme est ce qu’il est, on ne le changera pas. Il vaudrait mieux trouver un système où tout le monde ait sa place. Il faudra beaucoup de lucidité.


    • Le bateleur Le bateleur 10 décembre 2006 01:07

      Mais c’est déjà le cas (le blocage) !

      On compense en attribuant les tâches à des machines en durcissant les lieux qui nécessiteraient un lien de type humain au moyens de procédés bureaucratiques.

      L’explication de l’échec de TOUS les systèmes éducatifs à former (il ne s’agit plus désormais d’éduquer) est dans cet exposé d’une grande clarté.

      cette course en avant vers des diplomes de plus en plus élevés et de plus en plus vides obligé ! les cerveaux n’ont pas encore tous été clonés sur le type des besoins complexes spécifiques à nos choix de civilisation : le calcul du type pile d’assiette sur laquelle on ajoute en constamment.

      De même que toute une partie de la planète se retrouve inutilisée (tendance à la désertification de vastes zones) le potentiel humain est délaissé au profit d’un tout petit lot d’aptitudes en rapport avec cette complexité spécifique (complexité verticale alors que l’habileté de l’artisan se situe du côté d’une (réelle) complexité horizontale.


    • (---.---.229.236) 11 décembre 2006 09:20

      « L’explication de l’échec de TOUS les systèmes éducatifs à former (il ne s’agit plus désormais d’éduquer) est dans cet exposé d’une grande clarté. »

      L’échec semble surtout venir des 3 heures de télé quotidienne de gosses.. Evidement, si les parents font 35 heures...


    • eresse (---.---.107.65) 11 décembre 2006 14:55

      « Comment dans ces conditions pourrions-nous continuer à accumuler des connaissances sur des techniques que nous ne pouvons déjà plus pratiquer ? »

      Comme le dit l’article, la continuite ne sera plus assuree par l’homme, ou l’homme purement biologique..


    • ZEN zen 8 décembre 2006 10:53

      « Je constate que les possibilités humaines de s’adapter à un milieu de plus en plus complexe sont globalement limitées par la génétique et que le chômage résulte de ce que la complexité des sociétés actuelles atteint ou dépasse cette limite. »

      Alors là c’est du parfait délire !

      A grands coups de diagrammes aussi impressionnants que fantaisistes, de confusions entre le biologique et le social/culturel (qui pointaient déjà à la fin du précédent article),l’inné et l’acquis, on en arrive à cette thèse (pas « candide » du tout) que la biologie explique finalement pourquoi(en raccourci) vous êtes demandeurs d’emploi...et voilà pourquoi votre fille est muette !...

      On retrouve ici Alexis Carrel et ses inspirateurs...


      • bj33 (---.---.201.187) 8 décembre 2006 11:16

        D’accord avec vous. Si on suit la logique de l’auteur, on devrait déjà tous être au chomage, la socitét étant devenue tellement complexe depuis l’appration de hono erectus.....


      • Zaboubou (---.---.130.5) 8 décembre 2006 11:17

        Pour faire court, pensez-vous que cette thèse est FAUSSe ou IMMORALE ? Car ce n’est pas du tout la même chose.

        Si vous pensez que dire cela est « mal », vous pouvez effectivement, comme vous le faites, le dire en deux lignes, sans autre argument que : « tiens, voilà encore un... » (suivi d’une étiquette infâmante).

        Mais si vous pensez que c’est « faux », alors il vous faut démonter les arguments un à un, de façon logique et étayée. Sans colère, mais avec la volonté de trouver la vérité, quelle qu’elle soit.

        De tout temps les chercheurs ont eu face à eux des gens qui disaient que leurs résultats étaient subversifs, et qu’il fallait donc brûler leurs thèses.

        Discutons calmement, cherchons ensemble, sans tabous ni anathèmes, voulez-vous ?

        Dire que certaines personnes, moins douées intellectuellement, souffrent davantage dans la société actuelle où les emplois leur sont inaccessibles que dans nos villages du début du 20ème siècle où ils trouvaient toujours à travailler et à s’intégrer est-il interdit ? Je pense que cette thèse n’est pas si bête et mérite d’être au moins un peu creusée (si vous le permettez !), serait-ce sous les quolibets des « lanceurs de cailloux modernes » !


      • ZEN zen 8 décembre 2006 12:00

        @Zaboudou

        « pensez-vous que cette thèse est FAUSSe ou IMMORALE »

        Le problème n’est pas là, vous êtes mal engagé, désolé. La thèse de l’auteur n’est ni fausse ni immorale (d’ailleurs la morale n’a rien à voir là-dedans) : elle est mystificatrice.

        Elle repose sur l’idée ,qu’aucun généticien et/ou sociologue ne considérait comme valide scientifiquemment, à savoir que le statut social , la culture,l’intelligence, etc...seraient dépendants de la biologie, des capacités génétiques, et non pas de l’héritage social, de l’histoire,des circonstances, etc...cette thèse est ancienne (Galton au 19°s.etc...), elle prend ici un aspect faussement scientifique.

        Après tout, il y eu bien certains biologistes nazis qui se sont prêtés à la propagande officielle pour « démontrer » l’inégalité des races...Informez-vous, de grâce.


      • pingouin perplexe (---.---.254.234) 8 décembre 2006 12:41

        Il est à craindre que vous ayez raison smiley


      • Dominique (---.---.30.99) 8 décembre 2006 12:58

        @ zen, de même, vous posez comme postulat que l’intelligence n’est que culture (héritage social, circonstances, etc.), ce qui est également mystificateur. Il ne devrait même plus exister ce genre de débat binaire, du type : tout est culture versus tout est inné. La mesure de l’intelligence fait sens et, de même que la taille d’une population se distribue sur une courbe de Gauss, les aptitudes intellectuelles obéissent aux mêmes lois, c’est un constat, pas une théorie, la thèse de l’auteur n’est donc, à mon sens, ni scandaleuse ni fausse.

        MAIS, car il y en a un, je conteste cependant un point clé de l’argumentation de l’auteur (que j’apprécie beaucoup par ailleurs, pas de méprise, please). Lorsque vous dites : « Cette courbe en cloche est fixe dans le temps sur son échelle horizontale », à propos du degré de complexité auquel peut accèder une population, je pense que vous mésestimez l’effet d’apprentissage d’une tâche complexe. Autrement dit, le cerveau, tel un muscle, peut accéder à la maîtrise de situations de plus en plus complexes, impliquant de bonnes aptitudes en facteur G (capacité d’abstraction). Un seul exemple, l’automobile, conduire n’est pas un jeu d’enfants à la portée du premier crétin venu, et pourtant si. L’aptitude spatiale, cruciale pour conduire, peut se développer si elle est entraînée (c’est même très spectaculaire). Cette « case-là » prendra le relais et palliera une intelligence limitée par ailleurs.

        C’est donc le signe à mon sens que justement si, la courbe d’aptitudes se déplace sur son axe horizontal, par paliers « collectifs » pour suivre la complexité de l’environnement. Même si oui, l’idiot du village reste sur le bord de la route. A moins de 70 de QI c’est vrai qu’on est mal aujourd’hui, mais c’est environ 2% de la population, ça n’explique donc pas l’augmentation du chômage selon la théorie de Candide.

        Deuxième interrogation pour l’auteur : la parcellisation des tâches permet à tous de participer avec ses moyens intellectuels à des projets de plus en plus complexes. Si le chômage augmente ce n’est pas parce que la parcellisation est devenue inopérante au regard de la complexité du travail, mais parce que la parcellisation est donnée à d’autres individus, loin de l’Europe, payés moins chers, le problème est donc économique et stratégique plus qu’intellectuel.

        Merci pour votre article et au plaisir de vous lire de nouveau


      • ZEN etienne celmar 8 décembre 2006 14:08

        @Dominique

        « tout est culture versus tout est inné »

        Je suis parfaitement d’accord avec cette proposition, l’être humain est le produit de l’interaction des deux facteurs(non mesurables).J’ai simplifié pour mettre l’accent sur ce que l’auteur néglige totalement:le facteur culturel, historique, la contingence....

        Je vous raconte une histoire : dans une famille paysanne trés modeste en 1950, il y a six enfants, destinés à être eux-mêmes agriculteurs ou ouvriers (il n’y avait pas d’autres « destins » sociaux à l’époque dans ces conditions).Le dernier est incité par son instituteur à entrer en Collège, qui s’ouvrait seulement aux classes modestes (Cours Complémentaire, disait-on).Il est entré en internat (cela arrangeait la famille, qui vivotait,) et de fil en aiguille a fait des études longues.

        Quelques années plus tôt, il manquait cette chance, comme ses frères et soeurs, ni plus intelligents ni plus bêtes que lui (j’aurais même tendance à penser : plus intelligents sur bien des points, mais l’intelligence est multiforme...)

        Ce parcours scolaire est-il dû aux gènes ou surtout à une part de chance , de circonstances, beaucoup de travail... ?

        Ce petit dernier, c’était moi.Mais j’aurais pu être plombier-zingueur (pourquoi pas ?), ouvrier chez Renault (je l’ai été un temps pour payer mes études) ou tout ce que vous voudrez...peut-être chômeur si je n’étais devenu fonctionnaire...

        Extrapolez comme vous voulez...Ce n’est pas du Bourdieu (encore que...), c’est du vécu.


      • parkway (---.---.18.161) 8 décembre 2006 14:30

        zen

        candide2 serait un mystificateur ? vous n’êtes peut-être pas assez zen pour écrire ça ?


      • Dominique (---.---.30.99) 8 décembre 2006 14:32

        Merci de votre réponse Zen et zen. Vous avez dit le mot clé : un destin c’est une suite « d’interactions », qui tiennent d’autant mieux le déterminisme à carreau qu’un instituteur éclairé s’en mêle, ça c’est notre valeur fondatrice (ou ça l’était je ne sais plus trop...).

        A propos d’influences professorales, je conseille à tous un recueil de témoignages d’élèves, aux éditions Flohic, « Mémoires d’élèves » (1995 ou 96 je ne suis pas sûre), bouleversant et beau.


      • parkway (---.---.18.161) 8 décembre 2006 14:36

        j’ai eu le même parcours que vous, sauf que chez nous on était 7 enfants...

        Les arguments de dominique sont « aussi » très intéressants, comme ceux de candide2, c’est pour ça que Zaboutou a vôté positif. Il est plus zen que vous et moi...


      • ZEN zen 8 décembre 2006 14:54

        @parkway

        La « zénitude » est compatible avec la pensée critique informée...


      • DEALBATA (---.---.166.140) 8 décembre 2006 15:06

        @Zen

        « Je suis parfaitement d’accord avec cette proposition, l’être humain est le produit de l’interaction des deux facteurs(non mesurables).J’ai simplifié pour mettre l’accent sur ce que l’auteur néglige totalement:le facteur culturel, historique, la contingence.... »

        L’acquis et l’inné sont 2 facettes d’une même expression : La destinée. Et celle-ci ne nous donne pas beaucoup de liberté à moins de se confondre avec elle.


      • pingouin perplexe (---.---.254.234) 8 décembre 2006 16:37

        Trois grands pôles d’interaction, à mon avis :
        - biologique
        - psychologique
        - social ... autant dire que l’on se situe dans le domaine des phénomènes complexes.


      • fanpat (---.---.53.238) 8 décembre 2006 11:37

        j’ai comencé la lecture de cet article avec une sorte d’appréhension, il me semblait au depart reposer sur un postulat ideologique douteux soit que chaque individu n’est pas capable de s’adapter quelque soit les moyens qu’on lui donne, à une société de plus en plus complexe ,et que cela est scientifiquement demontrable. Cela remet en question pas mal de chose : l’homme maitrise t il l’evolution de la société ? Peut il influencer cette évolution ? Pourtant même si cela m a d’abord semblé moralement dérangeant,« mal », en y réflechissant, ce point de vue inhabituel est interessant Dommage que l’auteur qui explique si bien le probléme ne propose aucune solution


        • Candide2 8 décembre 2006 13:17

          @ fanpat « Dommage que l’auteur qui explique si bien le probléme ne propose aucune solution ».

          Votre question était inévitable, merci de l’avoir posée le premier :

          Je propose un diagnostic : pensez-vous qu’on puisse proposer un traitement si le diagnostic n’est pas confirmé et accepté par le malade ? Quand le professeur Montagnier a découvert le virus du SIDA, a t’il donné le vaccin qui allait avec ? Combien de travail collaboratif faudra t’il encore pour trouver un traitement ?

          Je dis en conclusion que si il y a une solution, elle ne relèvera pas de la compétence d’un seul homme. Je crois sincèrement que si solution il y a, elle obligera à des remises en question profondes qui ne sont pas prêtes d’être acceptée aujourd’hui !

          Déjà que pour le diagnostic ...


        • ec (---.---.18.242) 9 décembre 2006 08:42

          Je vous remercie de cette réponse . Il est grand temps d’ exposer en premier ce qui ne va pas clairement. Puis, seulement après ,faire vérifier ce qui a été trouvé . LA SOLUTION SUIVRA ; Et ceci dans tous les domaines.

          Mais, cela va déranger nos technocrates qui devront accepter de nous avoir mis dans la merde avec leur très grande intelligence ,si inadaptée aux problèmes Humains .LA EST NOTRE PROBLEME : nos énarques se prennent pour des êtres infaillibles qui trouvent les meilleures solutions et le plus rapidement .Mais, ce sont de très bons administratifs qui n’ont pas accès de par leur formation à la « connaissance » du vrai chef , qui lui va guider « son » peuple , et c’est la cause de notre place en position de faillite réelle donc de chomage, pour la France.


        • ec (---.---.18.242) 9 décembre 2006 09:18

          Je suis complètement votre raisonnement .Je ne lui trouve pas de failles et il va très bien avec ce que tout à chacun exprime :« nous allons dans le mur » , sauf que dans les sociétés primitives , l’homme était moins évolué que maintenant en conscience .

          J’ ai cessé toute activité pour suivre « mon idée » un peu plus librement,je me suis remis pas très prudemment sur des études de textes . Et votre conclusion, je ne la partage pas actuellement .Le raisonnement POUR TROUVER LA SOLUTION AU CHOMAGE ,ne devra pas être scientifique au sens où tous ces polytechniciens l’ expriment, sinon, nos « super-intelligences » auraient deja exposés des solutions possibles. Il est question d’ accepter « ’politiquement »’ que certains êtres possédent des possibilités plus importantes que tout à chacun, ces êtres sont des « chefs » pour certains mais , pour moi, ce sont des « VISIONNAIRES ».Ils possédent cette faculté et passer par eux ,avec tous leurs petits defauts ,serait pour moi, LA SOLUTION . Bien sûr, nos technocrates devront se mettre sous leurs ordres ,il leur faudra de l’humilité ... Dans ma jeunesse et ma vie professionnelle , j’ai pu fréquenter les deux espèces : chef et visionnaire ainsi que les technocrates et énarquiens , ils ont leurs qualités MAIS CHACUN A SA PLACE DANS LA SOCIETE . Une nouvelle société pourrait arriver avec de nouvelles compétences et moins de problèmes de chomage.Cette société ,si j’en crois certains proches devra être plus « juste » , au sens plus Vraie, plus harmonieuse, et élégante , c’est à dire que les êtres cesseront de toujours tout ramener à eux. le « moi-je centre du monde »devra céder la place au Bien de l’Ensemble. On peut expliquer « scientifiquement » que tous ceux qui ont concourus à nous mettre dans notre position ne vont pas se vanter dans quelques temps de leur«  » exploit«  », ils devront arreter leurs vantardises devant certaines conclusions difficiles ...ceci devrait faciliter leur « humilité » .


        • tmd (---.---.5.58) 8 décembre 2006 11:48

          L’ensemble de votre raisonnement, et les courbes sur les graphiques, montrent toujours une répartition des tâches et une répartition des compétences qui ont la même hauteur. Je ne suis pas certain de ce petit détail.

          En effet, j’imagine que même dans une société qui se complexifie de plus en plus , il reste toujours des tâches qui requièrent peu de compétences. Ainsi, votre coubre de répartition des tâches au lieu d’uniquement glisser vers la droite avec le temps aurait tendance à s’applatir en glissant vers la droite. Ce qui n’enlève pas au raisonnement, mais modife certainement les chiffres.


          • Candide2 8 décembre 2006 12:50

            @ tdm

            Je comprends ce qui vous perturbe : J’en ai brièvement donné l’explication : La courbe de Gauss exprime des %, et est « normalisée », c’est à dire qu’on prend pour unité de dispersion (le fait qu’elle soit plus ou moins écrasée), l’écart type de la population étudiée (qui est la moyenne de l’écart à la moyenne). De ce fait, toutes les courbes ont la même forme : même hauteur, même dispersion.

            Votre réserve est néanmoins pertinente : il n’y a pas superposition entre le nombre des tâches et le nombre des individus. On ne peut parler qu’en terme de pourcentage, mais comme vous l’avez bien vu, cela ne change en rien la « tendance » qui va vers la rupture !


          • tmd (---.---.5.58) 8 décembre 2006 14:40

            D’accord avec vous pour dire que ces courbes en pourcentage, ont toutes la même hauteur, dans leur unité. Mais un parle bien là de nombre de tâches et de nombre de personnes. Et ces nombres doivent être comparables afin de pouvoir comme vous le faites superposer les courbes et en déduire des différences correspondant à la proportion de chômeurs.

            Je reste persuadé que vous faites erreur en considérant des courbes de même hauteur sur un même graphique avec la même unité.

            De plus, je pense aussi que la courbe de répartition des compétences a tendance à s’applatir et à se déplacer vers la droite aussi. En effet, il est plus aisé d’acquérir des connaissances à notre époque et il est de même plus aisé d’acquérir des compétences plus pointues à notre époque, simplement parce que ces connaissances (bases des connaissances) existent.


          • Tristan Valmour 8 décembre 2006 12:00

            @ Candide 2

            1. Les révoltes des « inadaptés » et des sans-emplois n’a pas attendu une complexification de la société. L’Histoire en est remplie avant-même le Moyen-Age (cf histoire romaine). Le chômage n’est pas un phénomène récent. En suivant votre raisonnement, l’invention de la roue fut aussi une menace pour l’emploi, ce qui n’est pas tout à fait inexact ! Mais Vous confondez tâche et emploi, vous mélangez les notions.

            2. Non, chacun ne doit pas se cantonner à un certain nombre de tâches utiles pour la société. Un être humain est humain, ce n’est pas un robot. Son existence ne se résume pas à être un producteur et un consommateur, même s’il vous est insupportable de l’admettre.

            3. Vos exemples (sténodactylo...) enfoncent des portes ouvertes. Finalement, vous énoncez ce que tous savent : la division du savoir entraîne la division du travail et nécessite une adaptation aux nouvelles réalités.

            4. Vous parlez de l’intelligence, comme si elle était unique. Or il y a plusieurs formes d’intelligence : intelligence verbale/linguistique, l’intelligence logique/mathématique, l’intelligence visuelle/spatiale, l’intelligence interpersonnelle, l’intelligence intrapersonnelle, l’intelligence corporelle/kinesthésique, l’intelligence musicale et l’intelligence naturaliste. Plusieurs chercheurs de renom (pas seulement Howard Gardner) ont souligné ces formes d’intelligences. Le QI ne constate qu’une moyenne et a été dépassé par le QE. Si vous favorisez un type d’intelligence qui n’est pas partagé par les autres, alors oui, vous en faites des inadaptés dans VOTRE SOCIETE.

            5. La loi de Moore n’est pas éternelle. Elle sera remise en cause lorsque les connaissances ne pourront être doublées tous les 15 ans.

            Quelles sont les causes du chômage ?

            a. Division du savoir = division du travail. Donc nécessite une réorientation du personnel inadapté aux anciennes méthodes et outils de production. Cela se fait par la formation. Et oui, on sera conduit à nous former pendant toute notre vie, car les sociétés évoluent effectivement de plus en plus vite. Des professions vont disparaître, et d’autres apparaîtront. En période de mutation, certains s’adapteront plus vite que d’autres, mais tous ont leur place.

            b. Augmentation du travail salarié. Le salariat progresse ; il y a de moins en moins d’indépendants, donc un accroissement du potentiel de chômeur.

            c. Augmentation du travail salarié des femmes. Si les femmes ont toujours travaillé (cf Histoire économique et social de la France, Braudel-Labrousse), elles se sont aussi de plus en plus tournées vers le travail salarié. Donc, augmentation potentiel du chômage, que nos sociétés n’ont pas encore pu digérer.

            d. Suppression du service national (mesure politique, non biologique) = augmentation du chômage des jeunes. On peut encore trouver de nombreux exemples de ce type.

            e. Recherche absolue du profit et montée de l’individualisme par les détenteurs de capitaux = licenciements massifs sous l’impulsion des actionnaires. Certes, augmentation de la productivité, mais aussi augmentation chez les salariés de maladies diverses, dont le coût est supporté par l’ensemble de la société (et que dire de leur état physique et psychique !!!).

            f. Nécessité du chômage pour exercer une pression à la baisse sur les salaires. Bref, mise en concurrence des salariés.

            g. Etc.

            Vraiment, vous vous enfermez dans un système clos qui mélange concepts et notions. Mais ne vous inquiétez pas, la Scientologie procède de la même manière : la science explique tout et nous ne sommes que des robots.


            • schroen (---.---.202.60) 8 décembre 2006 15:29

              Faux au moyen-age avec l’apparition des armures complexes en provenance d’italie de nombreux crocheteurs c’est à dire ceux qui faisaient la maille des cotes de mailles se retrouvèrent sans emploi et allèrent grossire les rangs des (ah non la crampe de mémoire !!!! smiley ) bref ils faisaient dans la jacquerie (aie pas tapper)...

              Schroen

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