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Les conditions de vie des personnes retenues ou détenues à Mayotte sont indignes

Alors qu’en France la ministre de la justice semble vouloir améliorer les conditions de vie carcérale, des rapports du contrôleur général des lieux de privation de liberté publiés au journal officiel montrent une situation très alarmante concernant l’ile de Mayotte qui sera pourtant bientôt un département français.

Des visites de plusieurs jours ont été faites en mai et juin 2009 au centre de rétention administrative de Pamandzi et à la maison d’arrêt de Majicavo ; des rapports ont ensuite été établis et le constat est inquiétant.
Jean Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté a d’ailleurs décidé, comme la loi l’autorise, de rendre public un certain nombre d’informations en rédigeant préalablement une liste de recommandations communes aux deux lieux en question ; et il n’y a vraiment de quoi se réjouir.

 

Selon ces constatations,"les conditions de vie des personnes retenues et détenues sont indignes. Les locaux présentent de graves insuffisances et affectent le respect du droit à l’intimité et à l’intégrité. Les conditions d’hébergement et d’hygiène portent d’évidence atteinte aux droits fondamentaux des personnes présentes."

On peut notamment lire dans l’un des rapports :

"le jour de la visite, 140 personnes, adultes et enfants, se trouvaient dans les deux salles de rétention dont la surface cumulée est de 137 m2 :

– les personnes retenues vivent dans une grande promiscuité et sans la moindre intimité ;

– le centre n’est pas équipé de lit et chaque personne ne dispose pas de sa propre natte de couchage. Les personnes sont assises ou allongées par terre. Les enfants en bas âge sont dans les bras de leur mère et

n’ont pas davantage de lit ;

– les hommes ne peuvent se rendre librement aux toilettes et aux points d’eau ;

– les toilettes à la turque et les cabines de douche sont en nombre insuffisant et dans un état dégradé ; elles donnent directement dans le hall et sont fermées par un simple volet de séparation d’un mètre de hauteur

et à cinquante centimètres du sol ;

– le carrelage mural est maculé de taches de sang séché provenant apparemment de moustiques écrasés.

– l’occupation quasi permanente des salles d’hébergement ne permet pas, de fait, leur entretien quotidien.

– bien que prévue par le règlement intérieur, aucune distribution de produits d’hygiène (brosse à dents,

dentifrice, rasoir ou shampoing) n’est effectuée à l’arrivée ;

– après la douche, la personne retenue ne dispose ni de serviette, ni de vêtement ou sous-vêtement propre."

et également dans un autre rapport :

"la suroccupation chronique et dramatique de l’établissement, avec un taux d’occupation lors de visite de

294 % au quartier adulte 2 et de 333 % au quartier fin de peine [...] une surface au sol inférieure par endroit à 2 m2 par personne ; une personne handicapée devant utiliser une chaise percée pour aller aux toilettes..."

 

Il note également que "les deux établissements visités ont une capacité insuffisante pour remplir leur mission."
A ce sujet, il faut préciser que théoriquement le ministère de l’immigration devrait conclure un marché pour la construction d’un nouveau centre mais rien de concret n’a été fait pour le moment.

Mais de toute façon, Jean Marie Delarue préconise d’agir rapidement, sans attendre l’arrivée de nouvelles structures, et cela est possible : il y a des petites choses qui peuvent être faites dans l’immédiat en commençant par respecter les règles devant s’appliquer dans de tels lieux.

Il rappelle notamment des principes simples comme le droit à l’information pour les personnes placées en rétention, être mis en mesure d’exercer effectivement leurs droits notamment celui de demander l’asile ou de se faire accompagner par une association ou un avocat.

Enfin, le contrôleur général insiste sur deux derniers points.

 

Tout d’abord, il s’arrête un instant sur la situation des mineurs qu’ils soient les enfants de personnes placées en rétention ou qu’ils se retrouvent abandonnés suite à la reconduction de leurs parents.
Il précise alors qu’une attention particulière doit être portée tant pour la clarification de leur état civil que pour les modalités de la prise en charge.

Enfin, il souhaite également que prime sur toute autre considération le maintien des liens familiaux.
Il considère que lorsque, par exemple, on a un conjoint en centre de rétention on doit pouvoir venir lui rendre visite sans courir le risque d’être interpellé parce que l’on est soit même sans papiers.
Il ajoute que même que "la lutte contre l’immigration clandestine ne saurait restreindre le droit à la vie familiale."



Cet article est initialement publié là : http://0z.fr/zLzZd


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vuparmwa

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