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Accueil du site > Actualités > Société > Les « créatifs culturels »® et l’idéologie capitaliste

Les « créatifs culturels »® et l’idéologie capitaliste

Une mouvance autoproclamée « créatifs culturels »[1] ambitionne de se constituer en groupe socio-économique pour occuper la niche du marché de l’âme investie par une équipe croissante d’entrepreneurs de morale tels que Rabhi, Taleb, Besson-Girard et Alii.

L’expression « Créatifs Culturels », nouveau slogan racoleur du mouvement New-Age faisant suite au précédent slogan des « Enfants du Verseau » notoirement discrédité, est d’ailleurs déposée à l’Institut national de la propriété industrielle. Le mouvement est artificiellement construit par le biais d’un test de personnalité centré sur les « valeurs personnelles » qui, selon ses auteurs, tiendrait de l’enquête sociologique. L’objectif est de créer ad-hoc un groupe de pression politique. Il est intéressant de situer politiquement cette avant-garde éthique et de discerner sa fonction dans la mutation actuelle du mode de production capitaliste, caractérisée par la « révolution managériale » contemporaine de la « gestion des ressources humaines ».

[1] http://www.creatifsculturels.fr/ Voir les gratuits New-Age Soleil Levant (n° 149, février 2008, dossier « Les créatifs culturels », pp. 12-16) et Biocontact (n° 177, février 2008, pp. 12 à 16).

1-DEVELOPPEMENT DURABLE, MANAGEMENT ET GOUVERNANCE : « L’ENTREPRENEUR DE SOI » ET L’IDEOLOGIE CAPITALISTE

La notion de « créatifs culturels » est le produit d’une élaboration et d’une propagande journalistiques agrémentées de « résultats d’enquêtes sociologiques » extrêmement contestables. En France, Yves Michel est le maître d’œuvre de l’enquête sociologique européenne sur les « créatifs culturels » [2], promue par les représentants de commerce du New-Age californien. Yves Michel et ses maisons d’éditions - Le Souffle d’Or et Yves Michel eds. - assurent la promotion du concept[3]. Les gratuits New-Age, tels que Biocontact ou Soleil-levant, ont aussi trouvé dans cette sagesse de boutiquier de quoi achalander leurs fonds de commerce. Toute une littérature invraisemblable fleurit sur ce discours ; un discours élitiste et disciplinaire typique de la nouvelle petite bourgeoisie ascendante, « libéraux-libertaires » et « bobos » en tous genres qui tentent de transformer tout un chacun en « entrepreneur de soi » et la société en une grande entreprise.

Aussi, les textes et ouvrages du mouvement s’adressent surtout et d’abord aux entreprises, pour optimiser leurs procédures managériales de gouvernance d’entreprise[4]. L’idéologie managériale et le clientélisme les plus cyniques imprégnent ces textes [5]. Se référant donc en premier lieu au « développement durable », qui institue la procédure de gouvernance, les fondateurs de cette mouvance inscrivent ainsi leur action dans le processus de réajustement des rapports entre le capitalisme managérial-entrepreneurial et le capitalisme financier. La notion de « créatifs culturels », créée ex-nihilo par le marketing publicitaire, s’inscrit donc dans l’utopie de la gouvernance, qui est en fait une méthode de management politique - psychotechniques politiques radicalement antidémocratiques spoliant les individus et la société de leurs pouvoirs possessifs sur eux-mêmes. Un subjectivisme et un psychologisme qui sont constitutifs de l’« individu psychologique » - lequel, comme l’a bien montré Michel Foucault, est produit par la discipline : l’individu psychologique résulte de la discipline bourgeoise et la constitue.

Et cette petite « élite » intellectuelle a noyauté les « mouvements alternatifs » tel que Attac, situés en principe aux antipodes idéologiques de ce New-Age politique ; mais la délimitation idéologique était manifestement moins ténue qu’on aurait pu le croire[6].

L’invocation incessante de la « société civile » par les chefs du New-Age politique - notamment Yves Michel[7] - montre combien ceux-ci, en convoquant cette notion centrale de la pensée libérale, poursuivent le même objectif de libéralisation par la contractualisation généralisée de la société. La dite « société civile » est conçue comme une chaîne de rapports contractuels auxquels les individus doivent se soumettre « volontairement » en renonçant « librement » à leur propre liberté pour s’asservir aux structures du marché, pour s’asservir à l’obligation contractuelle, à la contrainte légale. Le renversement de la liberté en servitude-volontaire est radical.

Car ce New-Age aux mille visages n’illusionne pas longtemps ; nous pouvons identifier les tares de ses idéologies fondatrices dans le discours légitimateur des « créatifs culturels » : élitiste, disciplinariste et normatif, voire autoritariste en dépit de l’apparence pacifiste et non-violente. La bouillie intellectuelle « psychologisante » de cette mouvance, empreinte de jésuitisme et de bonne conscience, est caractéristique de la pensée réactionnaire qui la porte (comparer les exercices spirituels des jésuites avec le « coaching spirituel » et le développement personnel par exemple).

Pensée insipide et simplificatrice du « nouvel ordre moral » qui n’en est pas non moins dangereuse en ce qu’elle véhicule l’essentiel des idéologies de la révolution-conservatrice anglo-saxonne, qu’elle promeut en Europe depuis maintenant plus de trente ans.

Cette mouvance en quête de légitimité sociale et politique est donc surtout celle des managers, des coachs et des psychothérapeutes New-Age ; des éducateurs du peuple autoproclamés, prêt à enrégimenter chacun dans les normes morales du « nouvel esprit du capitalisme »[8] ; une nouvelle avant-garde éthique, gardienne du nouvel ordre capitaliste-compassionnel et libéral-caritatif qui se met en place, avec sa morale thérapeutique[9] du « développement personnel » transformant la société en asile - en une société disciplinaire, comme l’avait bien entrevu Michel Foucault. Cette dictature-éducatrice, école de la soumission-volontaire, vise la transformation du rapport de soi à soi vers un contrôle de soi provoquant l’intériorisation des contraintes et des normes sociales (autonomie, responsabilité, adaptabilité et flexibilité, etc.), repoussant chacun dans l’asile de son intériorité. Avec cette psychologie utilitariste, l’entrepreneur de soi est « l’instrument de l’instrumentalisme » (G. Canguilhem). Par suite, cette idéologie managériale et le processus d’auto-réification qu’elle engendre transforment les rapports sociaux et le mode de production dans un sens toujours plus favorable au capital. Elle s’inscrit en plein dans la dialectique rapport social/mode de production et renforce la suprématie de la bourgeoisie dans la hiérarchie des rapports de classes.


2-NATURALISATION DE L’ORDRE SOCIAL ET ONTOLOGIE POLITIQUE : UNE PENSEE IDENTITAIRE. LA DIALECTIQUE DE LA RAISON

La construction ex-nihilo de la catégorie formelle des « créatifs culturels » apparaît ainsi comme une tentative de naturalisation de l’ordre social. Ses inventeurs et promoteurs tentent de faire exister ce groupe informel, et cette construction ad-hoc a notamment pour objectif de soutenir la tentative actuelle des thérapeutes et des managers visant à renforcer leurs positions au sein de la dialectique mode de production-rapports sociaux ; ce qui leur permettrait d’obtenir des rémunérations, des positions de prestige et de pouvoir politico-économique. Ce « constructionnisme » social repose ainsi sur des idéologies et sur une ontologie qui mettent en jeux l’effet normatif de la catégorisation formelle « les créatifs culturels ».

De fait, le slogan du « savoir-être », qui est au centre de l’idéologie managériale comme de l’utopie New-Age des « créatifs culturels », montre combien l’imaginaire politique de cette mouvance s’inscrit pleinement dans les catégories mentales de la logique identitaire, de l’ontologie ensembliste-identitaire. Un identitarisme pétri d’hygiénisme psychologique qui exclue ou assimile par dictature-éducatrice interposée (management, développement personnel, coaching, « sensibilisation », « éducation populaire ») le non-identique au nom des nouvelles normes psychologiques du capitalisme cognitif. La métaphore de la « tâche d’huile », métaphore centrale de l’imaginaire politique du New-Age convoquée par les « créatifs culturels », illustre bien cette technique politique d’assimilation et d’arasement des différences, d’élimination du non-identique, typique des dynamiques totalitaires. Mais une logique totalitaire que l’on pourrait peut-être qualifier de « totaliste » car, au lieu d’éliminer purement et simplement le non-identique, elle procède plutôt par dissolution des différences, englobement, assimilation identitaire, inclusion et, enfin, absorption des personnes dans le mouvement totalisant/totalitaire par contamination. Et, de fait, l’éducation New-Age a pour fonction de rendre identique : identité de soi à soi, identité avec les caractères du « créatif culturel » préalablement définis, tels que le questionnaire des « créatifs culturels » les caractérise formellement. Le but étant d’atteindre une « masse critique » - une autre formule stratégique du New-Age politique. C’est ici « la violence du rendre semblable » (Adorno) par l’éducation, c’est-à-dire par le développement personnel, le management, le coaching et la psychothérapie, sous les oripeaux de l’émancipation et de l’accomplissement de soi. Le « créatif culturel » est un sauveur du monde, les individus qui ne se rangent pas dans cette catégorie classificatoire, arbitrairement construite selon une méthodologie et des caractères extrêmement douteux, apparaissent comme étant nuisibles à la survie de l’humanité. Un parasite qu’il faut rééduquer par « développement personnel » interposé - l’usage massif de la psychothérapie étant l’apanage de systèmes totalitaires tels que le national-socialisme et le lénino-stalinisme. Et, de fait, ce psychologisme et cet ontologisme, assortis de la discipline ontologique et de la dictature éducatrice qui en résultent, préfigurent peut-être la formation d’une ontologie politique, prélude au totalitarisme[10].

Cette rationalité instrumentale et managériale, qui transforme chacun en entrepreneur de soi, répond aux réquisits de performance et d’adaptabilité du nouveau mode de production capitaliste par lequel les classes sociales deviennent « société civile » ou encore « multitude »[11] ; toute conscience de classe qui surgirait des relation sociales de production est niée. Le nouveau mode de production capitaliste individualise et massifie simultanément, par management interposé, transformant les producteurs en individus « libres »[12]. Avec cette idéologie managériale, la production n’a plus pour objet la production des valeurs d’usage, mais la production de relations sociales en tant que production de valeur.

Ici, sous le lexique des « ressources humaines », traduction plus acceptable de « gestion du capital humain », se dissimulent les formes les plus perfides de l’idéologie capitaliste. Peut-être pourra-t-on dès-lors parler, selon le langage propre à des mouvances qui se veulent « alternatives », en termes de « tiers-secteur », d’ « économie quaternaire » ou encore d’ « économie solidaire » ?

Ainsi se forme aujourd’hui une idéologie globale à vocation hégémonique qui réconcilie la Droite et la Gauche, le nouveau réalisme et la Troisième-voie. et qui répond aux réquisits du nouveau mode de production capitaliste, aux exigences de la mondialisation de l’économie libérale - sous le verbiage New-Age de la « conscience planétaire » et du « développement durable »[13]. Autant d’oxymores destinées à masquer les apories du système capitaliste, sous un discours qui perpétue la reproduction sociale en véhiculant un psychologisme qui dissimule, sous un glaçage mielleux, les violences économiques et qui conforte l’ordre établi.

Nous avons là l’écueil sur lequel échoue actuellement le mouvement social et les mouvances « alternatives ». L’écueil d’un « capitalisme à visage humain » prôné par des Taleb, Rabhi, Besson-Girard et autres bricoleurs de métaphysiques imbibées de morale religieuse, qui prônent toutes les « réconciliations » en guise d’alternative - réconciliations ontologiques, psycho-religieuses et surtout politico-religieuses - au moyens de croyances théologico-politiques qui ont trop souvent fait le malheur des hommes [14].

Cette utopie de la Troisième-voie et du « réenchantement du monde » (M. Taleb), typique des heideggeriano-marxistes contemporains - qui ontologisent l’aliénation et la réification sociales par un renversement intellectuel censurant toute critique de la métaphysique en faisant une critique métaphysique de toute critique de la métaphysique - peut ainsi apparaître comme une véritable ontologie politique, qui est peut-être comparable à l’ontologie politique des années 30, lors de la révolution conservatrice qui devait engendrer le totalitarisme national-socialiste[15]. Le holisme et le naturalisme typiquement New-Age qui caractérisent cette ontologie politique et qui imprègnent jusqu’à saturation l’air du temps contemporain tend à montrer d’ailleurs leur parenté avec l’ « humeur völkisch » dans l’Allemagne fasciste des années trente[16].


3-DU MANAGEMENT DES ÂMES AU GOUVERNEMENT DES HOMMES : VERS LA DOMINATION TOTALE

Un texte de Pierre Bourdieu extrait de « La distinction » nous permet de mieux caractériser ce mouvement des « créatifs culturels » en quête de légitimité sociale et politique[17]. « La distinction » fut publiée en 1979, tandis que le New-Age californien débutait sa croisade en Europe, en diffusant les idéologies managériales du mouvement dit du Potentiel humain et des ressources humaines [18].

Cet extrait de « La distinction » offre un instantané sur la conjoncture de la fin des années 70, tandis que le New-Age importait en France les idéologies de la révolution-conservatrice anglo-saxonne. Il décrit bien, par anticipation, les caractéristiques de la mouvance des « créatifs culturels », nouveau slogan racoleur de la nouvelle-droite New-Age de l’« Ere du Verseau » : « ... la nouvelle éthique qui trouve son terrain privilégié dans l’avant-garde de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie s’accorde parfaitement avec une forme de conservatisme éclairé. »[19].

Un spiritualiste comme Sarkozy, thuriféraire de l’« économie du bonheur » comme de l’idéologie managériale, et qui naquit « sous le signe du Verseau », est probablement lui aussi un « créatif culturel » [20] .


[1] http://www.creatifsculturels.fr/ Voir les gratuits New-Age Soleil Levant (N° 149, février 2008, dossier « Les créatifs culturels », pp. 12-16) et Biocontact (N° 177, février 2008, pp. 12 à 16).

[2] Exemple de mise au point méthodologique du sociologiste en herbe : « Bien que très intéressée par votre démarche, je reste cependant dubitative sur ce que vous entendez par “valeurs féminines”. En quoi est-ce un concept scientifique ? En quoi peut-on prétendre que les femmes sont plus empathiques, moins dominantes, moins violentes que les hommes ? Cette dualité (H/F) me gêne particulièrement et il m’est pénible d’imaginer que je sois la seule à en avoir fait la remarque. ». Réponse de Yves Michel : « Madame, nous sommes dans les sciences dites “molles”, pas en physique... D’une part nous avons des questions très précises concernant la place des femmes dans notre société (au travail, à la maison, etc.) ; ensuite il est usuel d’associer certaines valeurs comme l’empathie, la coopération, la préoccupation face à la violence, au côté féminin de l’être (en sachant que les hommes ont aussi un côté féminin). Donc, nous ne prétendons nulle part que les femmes sont plus ceci ou cela, il s’agit de valeurs. Vous ai-je répondu ? », 30 octobre 2007, http://www.yvesmichel.org/yves-mich....

[4] « Les créatifs culturels sont très performants dans le management de l’intelligence collective. Ils peuvent donc apporter une grande valeur ajoutée dans la R&D, le marketing, la stratégie, le management d’équipes fonctionnelles ou projets et dans toute la conduite du changement en général. », http://www.ujjef.com/index.php?idRu... .

[5] Voir l’interview de Béatrice Quasnik,
chef de projet de l’enquête sur les « créatifs culturels » en France,
membre de l’association « Interactions Transformation personnelle/transformation sociale »
Transversales Sciences et Culture : « Cela (l’enquête européenne sur les « créatifs culturels ») intéressera les politiques, découvrant qu’une part importante de leur électorat potentiel et de ses attentes leur avait jusque là pratiquement échappé. Cela intéressera les entreprises, dont les enquêtes marketing, aussi sophistiquées soient-elles, étaient probablement passée à côté des motivations profondes d’une partie de leur clients. Une population avec des revenus et un niveau d’éducation plutôt au-dessus de la moyenne, dont le nombre va croissant, pour laquelle une palette d’offres de services est à concevoir dans sa totalité. », http://pagesperso-orange.fr/co-evol... . Quasnik franchit le pas de la gouverrnance d’entreprise à la gouvernance politique et au management des âmes, véritable dictature éthico-cognitive par développement personnel interposé. Extrait de son texte utopique de promotion de la gouvernance managériale, intitulé « Vers la société rêvée. Un projet de recherche/action pour soigner notre société et notre économie malades. » : « Pour trouver son équilibre et entretenir sa santé et sa vitalité, la société moderne doit trouver les moyens de faciliter la tâche des entrepreneurs civiques et d’installer une gouvernance participative qui soit plus thérapeutique que technocratique ou partisane. Une gouvernance qui, notamment, soit capable de détecter précocement les processus destructeurs du bonheur des gens et leur fasse la chasse. Nos observations peuvent aider à préciser les contours et le contenu de telles actions. », http://pagesperso-orange.fr/co-evolution.

[6] La stratégie d’entrisme dans les mouvements sociaux et anti-mondialistes fut définie dès 1997 : « A long terme, je ne crois pas efficace de fonder un parti politique ... . [...] Il me semble plus judicieux de constituer un groupe de pression, source d’idées et de projets concrets, doté d’une forte éthique. [...] Insérons-nous dans des réseaux d’initiatives existantes : par exemple la Fondation pour le Progrès de l’Homme ... . », In. « Le Projet Rhubarbe. », éd. Le Souffle d’Or, 1997, Document en notre possession. La Fondation pour le Progrès de l’Homme, une ONG suisse, jouait un rôle de tout premier plan, en 1997, dans la coordination internationale des mouvements de lutte contre l’OMC.

Voir également, dans le N° 54 de la revue des psychothérapeutes New-Age « Réel », l’entretien avec Bernard Ginisty, co-fondateur d’Attac : « La transformation de soi va de pair avec la transformation de la société. C’est, pour moi, le sens profond du travail « d’éducation populaire » ... . », Article : « Il n’y a d’économie que politique. » (sic), Op. Cit., janvier 2003, p. 4.

[8] Le New Age politique, caractérisé par son élitisme et sa pensée identitaire, n’a d’autre praxis que le coaching politique et le management social, avec toute l’hétéronomie qui en résulte : « Quand les gens prennent conscience et font les premiers pas d’une mise en pratique, il est utile de les guider pour éviter les déconvenues et le renoncement. [...] Enfin, ils (les créatifs culturels-n.d.a) sont dans le peloton de tête des innovations sociales ... . [...] En matière d’éducation et d’hygiène de vie, ils sont également typés ... . », « Les créatifs culturels : un changement de paradigme », extrait d’une conférence de Yves Michel, Biocontact N° 177, février 2008, pp. 12 à 16.

 

Voir aussi, sur le « social business » (M. Yunus, son « nouveau capitalisme » et la Grammen bank) et sur l’« humanisme radical » de ces « nouveaux humanistes » capitalo-compassionnels qui seraient bien inspirés de lire Michel Foucault, notamment « Des mots et des choses » (à propos de l’humanisme) : http://dialoguesenhumanite.free.fr/pmwiki.php5 ?n=2008.Programmation

[9] Voir Supra., note 6, la citation de Ginisty. Sur la morale thérapeutique et les thérapeutes New-Age, petite bourgeoisie nouvelle : « Avec ces marchands de besoins, vendeurs de biens et de services symboliques qui se vendent toujours eux-mêmes en tant que modèles et en tant que garants de la valeur de leurs produits ... . [...] ... la petite bourgeoisie nouvelle est prédisposée à collaborer avec la dernière conviction à l’imposition du style de vie que propose la bourgeoisie nouvelle, aboutissement probable de sa trajectoire et objectif réel de ses aspirations. [...] ... elle se sent légitimée à leur enseigner le style de vie légitime par une action symbolique qui n’a pas seulement pour effet de produire le besoin de son propre produit, donc, à terme, de se légitimer et de légitimer ceux qui l’exercent, mais aussi de légitimer l’art de vivre proposé en modèle, c’est-à-dire celui de la classe dominante ou, plus exactement, des fractions qui en constituent l’avant-garde éthique. [...] Attendant son salut professionnel et personnel de l’imposition des nouvelles doctrines de salut éthique, la petite bourgeoisie nouvelle est prédisposée à jouer le rôle d’avant-garde dans les luttes qui ont pour enjeu tout ce qui touche à l’art de vivre ... . [...] ... un culte de la santé personnelle et une thérapeutique psychologique. Antithèse parfaite de la « politisation » qui dépersonnalise les expériences personnelles en les faisant apparaître comme des cas particuliers d’expériences génériques, communes à une classe, la « moralisation » et la « psychologisation » personnalisent les expériences, s’accordant ainsi parfaitement avec les formes plus ou moins sécularisées de la recherche du salut religieux. Comme le montre l’usage qu’elle fait du jargon psychanalytique, la morale moderniste est une vulgate psychologique qui moralise sous couleur d’analyse ... . [...] ... elle transmue, selon le vieux rêve positiviste, une définition faussement positive du normal en impératif de la normalité ... . [...] Plus proche en cela de la prophétie religieuse que de la science, qui est vouée aux vérités partielles et provisoires, cette morale qui se réclame de la science fournit une réponse systématique aux problèmes de l’existence quotidienne ... . [...] Et le glissement de l’éthique à la thérapeutique produit le besoin du thérapeute dont il est le produit : il ne fait pas de doute en effet que la recherche de la santé psychologique par le recours à des professionnels de la cure rationnelle des âmes (psychanalyste, psychothérapeute, conseiller conjugal, etc.) entretient une relation dialectique avec le développement d’un corps de professionnels capables de produire le besoin de leur propre produit, c’est-à-dire un marché pour les biens et les services qu’ils sont préparés à offrir. [...] Si le prosélytisme éthique de ces prophètes éthiques des sociétés bureaucratiques prend naturellement le contrepied de la morale ascétique de la petite bourgeoisie établie, c’est que, comme le choix, qui les définit, de faire leur profession plutôt que d’épouser des professions déjà faites, leur style de vie et leurs prises de positions éthiques et politiques ont pour principe le rejet de tout ce qu’il y a en eux-mêmes de fini, de défini, de définitif, en un mot, de petit-bourgeois, c’est-à-dire le refus d’être rangés en un lieu déterminé de l’espace social ... . [...] ... et cela, bien que toutes leurs pratiques, culturelles, sportives, éducatives, sexuelles, parlent de classement, mais sur le mode de la dénégation ... . », BOURDIEU Pierre : « La distinction. Critique sociale du jugement. », Paris : Les Editions de Minuit 1979, pp. 422 à 431.

[10] La pensée New-Age radicalise l’épistémé occidentale, tandis qu’elle se présente elle-même, au contraire, comme un « nouveau paradigme ». L’ontologisme logico-formel fondateur de la Théorie de l’Identité est l’opérateur de la « dialectique de la raison » (Adorno, Horkeimer), dont les formes extrêmes identifient le rationnel et le réel, construisant le réel à l’image du rationnel. La rationalité formelle instrumentale - rationalité cognitive instrumentale s’agissant de la psychologie - réifie le sujet et le monde. Le paralogisme de l’identité a mené aux totalitarismes du XXème siècle. Les psychotechniques socratiques du management et du développement personnel procèdent par assimilation identitaire : identité du sujet à « lui-même », identité du soi et du monde et au final « culture d’entreprise » où le sujet s’identifie à son organisation. Tel est le cas par exemple de la « psychologie humaniste » de Maslow, l’un des principaux théoriciens du management contemporain (mouvement du Potentiel humain, pyramide des besoins) et co-fondateur de l’Institut Esalen - qui fut la matrice du New-Age californien : « Ce livre présente une psychologie sociale normative ... [...] Le problème de la gestion (pour toute organisation ou société) peut être désormais abordé d’une manière nouvelle : comment faire que les conditions sociales de toute organisation soient telles que les buts de l’individu se confondent avec les buts de l’organisation ? » (MASLOW Abraham : « Vers une psychologie de l’Être. », 1968, pp.169, 251-252). La psychologisation et la régression subjectiviste signent l’absorption du sujet par l’objet, l’autoréification. Ce processus d’auto-réification est profondément hétéronome, il renforce le système d’aliénation et de domination ; il fabrique un type d’individu caractérisé par « la personnalité autoritaire ». Cette dynamique ensembliste-identitaire procède ensuite par assimilation et absorption des individus dans un vaste mouvement d’ensemble, un mouvement identitaire - les « créatifs culturels » actuellement, après « les enfants du Verseau ». Ce « constructionnisme social » est doublé d’un historicisme, c’est-à-dire d’un évolutionnisme prédictif présentant les « créatifs culturels » comme un produit logique et déterminé de l’ « évolution historique » qui nous mène vers l’ « Ere du Verseau ». En bref, l’utopie politique des « créatifs culturels » peut apparaître comme une ontologie politique qui résulte d’un esprit de système, d’un systémisme et d’un « cybernétisme » radicaux. Cette pensée holiste est hantée par le fantôme de la philosophie hégélienne, qui pose l’identité comme système unitaire du monde et qui fonde ainsi l’exigence de systématicité dans le système achevé de la connaissance de soi : « toute connaissance est connaissance de soi, du sujet identique à lui-même » (voir ASSOUN Paul-Laurent : « L’Ecole de Francfort », PUF, pp. 23, 27). Cette métaphysique du sujet et de la conscience, cette ontologie de la déterminité, aboutissent à la clôture cognitive et au « tautisme » : tautologie, autisme, totalitarisme (SFEZ Lucien : « Critique de la communication », Le Seuil, 1992, pp. 17, 99 Sq.).

[11] Voir l’ouvrage publié aux éditions Yves Michel : « La société civile : le 3e pouvoir. »,
Nicanor Perlas, 2006,
Préface de Bernard Ginisty. http://www.yvesmichel.org/admin/tous-les-livres/la-societe-civile-le-3e-pouvoir. Perlas est l’un des inventeur de la notion de « développement durable » et de l’idée de gouvernance, notions auxquelles il donne un fondement spiritualiste et transcendant inspiré de la philosophie réactionnaire de R. Steiner (« triarticulation de l’organisme social »).

[12] Ce mixe de gouvernance (ou « art de la direction ») - par management directorial interposé -, d’historicisme et de prédictivisme (l’advenu prochaine de l’ « Ere du Verseau » ou encore des « créatifs culturels ») fait penser à l’analyse de Hannah Arendt à propos de la formation des mouvements totalitaires, si on resitue ses écrits dans l’actuelle dérégulation libérale qui organise une régulation sociale au moyen de la gouvernance : « L’atomisation sociale et l’individualisation extrême précédèrent les mouvements de masse qui attirèrent les gens complètement inorganisés ... . [...] Les mouvements totalitaires sont des organisations de masse d’individus atomisés et isolés. [...] Une fois au pouvoir, les leaders totalitaires n’ont qu’un souci, qui passe outre à toutes les considérations utilitaires : réaliser leurs prédictions. [...] Le langage de la scientificité prophétique répondait au besoin des masses qui, ayant perdu leur point d’attache dans le monde, étaient prêtes, dès lors, à être réintégrées au sein de forces éternelles et universellement contraignantes ... . [...] Cela procura aux masses d’individus atomisés, indéfinissables, instables et futiles, un moyen d’autodéfinition et d’identification qui restaurait en partie le respect de soi. », ARENDT Hannah : « Le système totalitaire. », Le Seuil, 2002, pp. 55, 65, 103, 105, 115. Voir : http://www.yvesmichel.org/yves-mich..., http://www.onnouscachetout.com/them... : « Le mouvement féministe impose à chacun de s’interroger sur sa manière de vivre son couple, parce que « le privé est politique ». [...] ... tout est dans tout. » (In. site On nous cache tout  » : « Les militants nouveaux sont arrivés.
Ils sont des millions à vouloir changer le monde. »).

[13] Voir MAZENQ Luc-Michel : « Les nouveaux mouvements religieux et les nouveaux mouvements sociaux dans le procès de mondialisation. », thèse de sociologie, Presse Universitaires du Septentrion, 2002.

[14] MAZENC L-M : « Réponse à Mohammed Taleb . Du religieux et de la nature en politique : Savoir et Pouvoir. », mars 2005, 22 p., auprès de l’auteur.

[15] Voir BOURDIEU Pierre : « L’ontologie politique de Martin Heidegger », Les Editions de Minuit, 1988 (téléchargement gratuit sur http://www.persee.fr/showPage.do?ur...)

[16] Voir le Mouvement pour l’Europe des Consciences de Pierre Rabhi. A ce propos, Cf. Mazenc L.M : « La candidature de Pierre Rabhi : le New-Age en politique. De la révolution conservatrice et de la soumission-volontaire. », 2002, 11 p. ; suivie de « De Denis de Rougemont à Edward Goldsmith : E.C.O.R.O.P. A et le retour de l’Ordre-Nouveau », 2002 . Auprès de l’auteur. Denis de Rougemont fut co-fondateur du mouvement fasciste de l’Ordre-Nouveau dans les années 30. L’expression « Europe des consciences » a été forgée et divulgée par Denis de Rougemont lui-même, lors de la remise du Grand Prix de la Fondation Schiller en 1982 (« L’Europe des consciences. », publié In. revue Entailles, N° 23 Montpellier, prinptemps 1986, pp. 77-83). Les thèses non-conformistes de l’Ordre Nouveau irriguent désormais le mouvement alternatif, avec l’appui d’une Nouvelle Droite drapée dans une rhétorique libertaire. La « Chartre de l’Europe des Consciences », fut rédigée par les chefs du New-Age français — notamment Pierre Rabhi, Alain Chevillat, Lama Denys (directeur de l’Institut bouddhiste Karma-Ling), Yves Michel — mais aussi par Bernard Ginisty, directeur de Témoignage Chrétien et cofondateur d’Attac. Signalons aussi au passage que Agnès Bertrand, cofondatrice de l’Observatoire de la Mondialisation et leader du mouvement « antimondialisation » — occupe la fonction de Secrétaire générale de l’Association ECOROPA France. Selon Jean Jacob, elle serait idéologiquement très proche de Edward Goldsmith (JACOB Jean : « Le retour de l’Ordre Nouveau. Les métamorphoses d’un fédéralisme européen. », Librairie Droz, 2000, pp. 106-108, 257).

[17] BOURDIEU Pierre : « La distinction », Op. Cit., pp. 422 à 431. Voir extraits de ces pages Supra. note 9.

[18] L’ouvrage de la journaliste Marilyn Fergusson « Les enfants du Verseau » peut être considéré comme l’œuvre de propagande la plus influente au sein des mouvances alternatives en cette phase du procès de diffusion du New Age californien en Europe : « La transformation personnelle est une actualisation du rêve originel américain. [...] Si nous voulons que le rêve américain s’élargisse … . […] La Californie est un avant goût de nos futurs changements de paradigme nationaux tout autant que de nos manies et de nos modes. [...] Le Rêve californien de soleil et de liberté économique, comme le rêve expansionniste américain, a toujours eu un second corps, une vision transcendantale ... . [...] ... il faut appliquer les idées de ce nouveau mouvement du potentiel humain à toute la société. [...] Ce que connaît la Californie finira par se produire en Europe. », FERGUSSON Marilyn, « Les enfants du Verseau. Pour un nouveau paradigme. », Calmann-Levy, 1981, p. 93-101.

[19] BOURDIEU Pierre, Op. Cit., p. 431.

[20] Sarkozy a repris le discours spiritualiste de la Nouvelle-Droite américaine et du capitalisme compassionnel. Il déclarait par exemple, le 9 novembre 2006 : « Elle [la France] a vocation à rappeler au monde que le capitalisme a besoin pour être accepté de répondre à une exigence spirituelle et morale » (http://www.u-m-p.org, page consultée le 12/02/2008).

Aux Etats-Unis, la « Coalition conservatrice » qui porta Reagan et Bush au pouvoir — c’est-à-dire la droite religieuse, avec la Christian Coalition et la Moral Majority, la droite nativiste et enfin les néoconservateurs —, agrégea les mouvances allant des tendances New-Age au pentecôtisme protestant et au courant charismatique de l’Eglise catholique. Sarkozy a noué des liens objectifs avec ces courants politico-religieux : « Ce mouvement (Le Renouveau Charismatique-nda) est évidemment positif par son dynamisme et le renouveau dont il est porteur. Ayant trouvé son expression en interne, il ne se construit pas contre un ordre existant mais le renouvelle par l’énergie qu’il dégage. », Sarkozy Nicolas  : « La République, les religions, l’espérance. », Le Cerf, 2004, pp. 143, 142.

Cette psychomystique typique de l’« esprit du capitalisme » est bien celle du mouvement New-Age  : « D’après l’historien W. McLoughlin, on comprend mieux l’histoire américaine si l’on voit celle-ci comme un mouvement millénariste, fondé sur une vision spirituelle du changement. Bien qu’elle s’adapte aux diverses contingences et aux nouvelles expériences, on peut en dégager une constante : la croyance fondamentale que la liberté et la responsabilité méneront non seulement l’individu mais aussi le monde à la perfection. (…) … maintenant les nativistes, aux deux extrêmes du spectre politique, demandent un retour aux lois et à l’ordre de l’univers. » (Fergusson Marilyn : « Les enfants du Verseau. Pour un nouveau paradigme. », Op. Cit., p. 97).

La droite religieuse s’est constituée en réaction aux changements culturels des années 60 et a converti la critique sociale en « nouvel esprit du capitalisme » (Chapellio et Boltanski) grâce aux idéologies managériales qui promettent l’épanouissement personnel et la réalisation de soi dans le cadre du travail aliéné. Le New-Age fabrique cet « individu psychologique » qui, produit par la discipline bourgeoise et la constituant, participe à la constitution d’un système autoritaire de domination totale : « ... l’exténuation des valeurs libérales accouche de leur négation active : le passage de l’Etat libéral à l’Etat autoritaire total s’effectue dans le cadre du même système social (le libéralisme). [...] ... une abstractisation de la notion libérale traditionnelle d’intériorité au sein de laquelle la réduction de la raison à l’exercice privé de la conscience ainsi que la définition négative de la liberté vont engendrer une vision universaliste assujettissant les individus par l’hypostase du tout ... [...] ... en faisant de l’ascétisme, de l’abnégation, de l’obéissance et du don de soi les impératifs catégoriques de l’éthique héroïco-populaire. [...] La célébration mythique de la nature est un élément décisif de la transcroissance dans un régime diurne des valeurs portées par le versant nocturne du libéralisme en cela que l’existence de « lois naturelles » a toujours été un postulat de la théorie économique libérale ... . [...] ... l’ordre totalitaire n’est rien d’autre que le système précédent (le libéralisme) qui a perdu ses freins. », TACUSSEL Patrick : « Mythocritique du totalitarisme contemporain. », 1988, pp. 99 à 103.


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16 réactions à cet article    


  • IMAM ATHEE 19 mai 2008 12:06

    Premmmmm’s !


    • sisyphe sisyphe 19 mai 2008 13:09

      Article très intéressant, et très lucide, sur les nouvelles méthodes d’isolement et de mise aux normes des individus, sous couvert de "développement personnel".

      Managers, coaches, DRH, et autres chantres de l’individualisation : tous oeuvrent pour une uniformisation de l’individu : que plus une tête ne dépasse...

      On n’est pas loin de la machine à décerveler du Père Ubu, le tout sous couvert de nouvelles méthodes "d’épanouissement de soi", en fait d’adaptation aux exigences normatives du rouleau-compresseur de la pensée formatée, et de la nécessaire obéissance aux règles du système.

      Une belle bande de charlatans au service de big brother...

      Merci de cet éclairage salutaire.


      • Abolab 19 mai 2008 13:14

        Un article intéressant, s’attaquant bien aux labels d’une certaine forme de contre-culture, récupérée par une bourgeoisie arriviste et moraliste.


        • Abolab 19 mai 2008 13:18

          Cela dit il serait assez intéressant de connaître le jugement de l’auteur dans son procès (stalinien ?) de la mondialisation...


        • saint_sebastien saint_sebastien 19 mai 2008 13:19

          ça sonne scientologie tout ces termes techno new age.


          • Emmanuel W 19 mai 2008 14:49

            Ouai...d’ac avec saint_sébastien,on dirait que le salmigondi onctueux et anésthésiant des gourous a déteint sur la forme de vos travaux...

            Vous préférez être "entrepreneur de vous" ou rester un salarié/esclave ?

            Quand à Pierre Rabhi, je ne vois pas la place qu’il a dans cet étalage. Comment pourrat-il être néo-capitaliste lui qui prône une rupture avec le marché aveugle et destructeur ? Mais non, tout va bien, seulement 35% des espèces ont disparu ces 30 dernières années.

            Vous ne seriez pas un adepte du "There is no alternative" tatchérien ? 


            • Mauvaisens 19 mai 2008 23:25

              J’ai pas tout lu, , je ne suis pas assez formatée.


              • Mauvaisens 19 mai 2008 23:29

                 bon j’ai lu le premier alinéa du 2 et bien y’a quand même des phrases qui ne veulent rien dire.

                Ce n’est pas avec un texte comme cela, que vous convaicrez, les foules, alors que eux oui.


              • Mauvaisens 19 mai 2008 23:32

                Bon si ça veut dire quelque chose, mais n’êtes vous pas jaloux ?


              • Mauvaisens 19 mai 2008 23:41

                Et j’ai même voté pour moi, ben je suis technicienne , pas analyseuse.

                Et puis ecrire de grand texte comme cela, n’est ce pas vouloir une reconnaissance de style  : " si j’ai plein de bonnes notes c’est qu’on m’aime" donc à travers votre texte vous essayer de vous aimer.

                Cynique je reste je vote négatif pour celui-là.

                 


              • JL ML Mangouste 20 mai 2008 08:05

                @ luc

                Tant de connaissances et d’énergie déployées pour rédiger un pamphlet agressif en lieu et place d’une analyse objective qui aurait été autrement plus intéressante ! En effet, tenter de saisir le pourquoi de ces évolutions est passionnant : je vous sais gré d’avoir chosi un tel le sujet.

                Mais vous utilisez votre formation de sociologue pour clouer au pilori un mouvement que vous avez choisi de dénigrer sans le connaître de l’intérieur : c’est votre droit, mais ce n’est pas un travail scientifique.

                En effet, ni découverte du terrain, ni thèse + antithèse, ni analyse impartiale, mais une mise en coupe réglée d’une tendance qui, de toute évidence, vous gêne personnellement (il serait intéressant de comprendre pourquoi).

                Pourquoi ne pas avoir présenté un article dans un esprit plus serein et plus scientifique ? Vous employez de termes savants ("ontologie ensembliste-identitaire", " processus d’auto-réification", etc.) qui, j’espère, ne feront pas illusion auprès de ceux qui s’efforcent de penser. En tout cas, cela ne suffit pas à crédibiliser votre attitude.

                Votre texte est aussi truffé de procès d’intention, d’affirmations gratuites, de condamnations hautaines, de jugements de valeur subjectifs, méprisants et surtout non démontrés : "occuper la niche du marché de l’âme", "nouveau slogan racoleur", "précédent slogan notoirement discrédité", "mouvement artificiellement construit", "sagesse de boutiquier", "littérature invraisemblable", "idéologie et clientélisme les plus cyniques", "bouillie intellectuelle « psychologisante »", "Pensée insipide et simplificatrice du « nouvel ordre moral »", etc.

                Vous affirmez en outre des vérités qui sont loin d’être démontrées, comme "une méthode de management politique - psychotechniques politiques radicalement antidémocratiques spoliant les individus et la société de leurs pouvoirs possessifs sur eux-mêmes", "les individus doivent se soumettre « volontairement » en renonçant « librement » à leur propre liberté pour s’asservir aux structures du marché", etc.

                En fait, tout se passe comme si vous étiez personnellement attaqué dans votre pensée par cette mouvance que vous ne comprenez pas, et face à laquelle vous dégainez votre arsenal du langage "scientifique" pour tenter de vous en prémunir.

                Connaissez-vous de l’intérieur ce dont vous parlez ? Avez-vous vu vivre et agir ces personnes ? Avez-vous personnellement rencontré Yves Michel ou d’autres "créatifs culturels" ? Les connaissez-vous concrètement ou parlez-vous du haut de votre chaire ? Avez-vous, les yeux dans les yeux, échangé vos arguments avec lui ou avec eux ? Etes-vous bien sûr d’avoir compris leur démarche avant de vouloir publiquement la descendre en flammes ?

                Je suis pour la critique et le débat, mais en connaissance de cause, en accueillant dans un premier temps, avec respect, la parole "autre". Quitte à lui opposer ensuite des arguments mais en étant sûr que la parole "autre" a bien été saisie. Ce qui n’est pas le cas dans votre article.

                Dommage, car, encore une fois, le sujet que vous avez choisi de traiter est passionnant. Mais je reste sur ma faim, et suis déçu par tant de parti pris.


                • sisyphe sisyphe 20 mai 2008 11:40

                  @ Mangouste

                  Votre intervention reproduit, en bien pire, ce que vous reprochez à l’auteur de l’article.

                  Il s’agit d’une critique, sans aucune argumentation, ni élément d’information.

                  Encore l’auteur, lui, prend-il la peine d’étayer son point de vue, de donner des sources, des références, de citer des auteurs ; vous, strictement rien : une simple critique, sans aucun élément contradictoire, sans aucune référence, donc sans utilité pour le débat.

                   

                   


                • MichelS 21 mai 2008 13:28

                  @ mangouste

                  Un grand merci pour ce commentaire. Il explicite les raisons du malaise que j’avais ressenti à la lecture de l’article. J’avais néanmoins "plussé" l’article, car il traitait d’un sujet d’intérêt, et il offrait un point de vue sur un mouvement que j’ai découvert depuis peu, mais dont je m’étais fait une opinion très différente. Il se trouve que j’ai des amis très proches d’Alain Michel ou Pierre Rabhi, et je dois dire que ce qu’en dit le Luc de l’article me semble traduire une très grande méconnaissance des personnes en question et de leurs actions, et même en être aux antipodes.

                  Cependant, le concept (la notion , le mot) de "créatif culturel" me semble très suspect et provoque en moi une réaction de rejet, qui m’a sans doute fait trouver un certain intérêt à l’article, pour sa vision critique de la chose.

                  Mais je m’associe pleinement à votre commentaire, qui traduit le fond de ma pensée.

                  Michel


                • dom0466 20 mai 2008 09:59

                  Je partage totalement le commentaire de Mangouste... Dommage effectivement que l’auteur de cet article aborde ce sujet fort intéressant avec comme seule ambition d’instrumentaliser un mouvement et ses acteurs au service de sa propre thèse exprimée dans une réthorique élitiste... elle.


                  • Forest Ent Forest Ent 20 mai 2008 12:32

                    Finalement, c’est exactement ce que prédisait Alvin Topfler il y a 40 ans avec sa "troisième vague".

                    En résumé, son idée était que l’économie est socialement structurante :

                    les sociétés agricoles ont une vie centrée sur des structures claniques, locales, campagnardes, familiales, indépendantes,

                    les sociétés industrielles ont une vie centrée sur de grandes structures urbaines, organisées, hiérarchisées, synchronisées, collectives, avec une structure familiale réduite et mobile,

                    son pronostic était que les sociétés post-industrielles tertiarisées auraient très peu de structures sociales, presque pas de structures familiales, et que l’individu y serait mobile, sans attaches.


                    • mazenq luc 22 mai 2008 08:36

                       Bonjour,

                      Alain Topfler, en effet, avait été extrêmement lucide et l’on peut considérer incontestablement que l’idéologie "manageriale" contemporaine est le fer de lance de l’idéologie capitaliste dans sa forme actuelle. Pour les ouvrages plus actuels, on pense notamment à : "Le nouvel esprit du capitalisme" de Boltanski, les livres de Jean-Pierre Le Goff et les nombreuses recherches (dont mes propres travaux si je puis me permettre) qui démontrent incontestablement le rôle crucial de l’idéologie manageriale contemporaine dans la diffusion du "nouvel esprit du capitalisme". Cette idéologie, dont l’origine remonte à Saint-Simon et à ses acolytes (présocialismes), a été relayé au XXème siècle par le mouvement New Age — dont l’idéologie profondément antimarxiste prend sa source dans le mouvement dit du "Potentiel humain" (Esalen, 1961). Sur cet aspect historique, je renvoie à mes travaux. Sur les commentaires de mon article, je ne vois guère qu’un étalage d’opinions, non pas des démonstrations argumentés ; une critique idéologique de la critique sociale. Ceci est très net par exemple dans le courriel de la personne qui, si mes souvenirs sont fidèles, me reproche d’écrire sans connaître "le terrain" tandis que lui-même se fait le porte parole d’un mouvement New Age qu’il vient tout juste de découvrir .... . Je connais très bien "le terrain" puisque j’ai été quinze ans en thérapie (j’ai même exercé quelques temps en tant que thérapeute), que j’ai vécu sept ans dans une communauté du New Age californien (Groupe de Lucinge) et que je fréquente toujours ce milieu socio-culturels, au sein duquel j’ai de nombreux amis. Je connais Yves Michel depuis une quinzaine d’année ; Pierre Rabhi depuis une dizaine d’année (j’habite à 15 kilomètre de chez lui) et je soutiens pleinement ses actions en faveur de l’agro-écologie et de l’ "écologie" ; en revanche je m’oppose à ses conceptions politiques nouvelles-droitières. Et je suis loin d’être le seul (voir les nombreux articles critiques qui lui sont consacrés). S’agissant des démonstrations empiriques et des "preuves de terrain", je renvoie donc à mes travaux antérieurs. Ceci dit, j’ai fourni dans l’article d’Agora-vox pas mal d’informations qui devraient déjà permettre de se faire une représentation précise sur les caractéristiques du mouvement New Age. 

                      A votre disposition pour davantage de renseignements.

                      Luc-Michel Mazenc.

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