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Accueil du site > Actualités > Société > Les Écoles de commerce et la tentation de la Fac de luxe

Les Écoles de commerce et la tentation de la Fac de luxe

Pendant longtemps les écoles de commerce à la française se sont contentées de répondre aux besoins des CCI locales. Au cours des années 70/90 elles connurent une véritable révolution qui fit leur succès et leur permit d’attirer les meilleurs élèves. J’ai eu la chance de rencontrer et de travailler avec quelques-uns de ces directeurs visionnaires à l’origine de cette mutation :Aissa DERMOUCHE(Audencia), Gérard MOREL(Rouen), Georges VIALA (Bordeaux), Christian VULLIEZ(HEC).

Le modèle de réussite est aujourd’hui en crise victime de la tyrannie de classements imbéciles et de nouveaux tropismes, ceux de l’école à la fois auberge espagnole (je parle du film) et école sans prof. Certaines rêvent de devenir des clones bas de gamme de Harvard, des facs de luxe sans valeur ajoutée

http://pgibertie.com/2015/10/30/les-ecoles-de-commerce-et-la-tentation-de-devenir-des-facs-de-luxe/

 

                     

LE MODELE des business schools à la française, une véritable réussite

Le modèle réinventé s’est appuyé sur un premier objectif : réconcilier la formation et l’entreprise. Les anciennes ESC n’étaient que des écoles de l’entreprise, considérées avec mépris par le monde universitaire, centré lui sur la recherche. Le nouveau modèle allait habilement combiner enseignement assuré par des professionnels de haut niveau et par des professeurs permanents de qualité. L’essor de formations en alternance, l’apprentissage furent favorisés.

La cohérence du système était assurée par la complémentarité des niveaux de formation :

 Un recrutement à dominante CPGE pour assurer la formation généraliste

Un cursus en école intégrant un passage en entreprise de plus en plus long (année de césure)

 Une période à l’international

 La possibilité de compléter par la suite avec un MS ou un MBA

Le modèle se distinguait à la fois des modèles européens, très proche de notre système universitaire et du modèle américain.

Ce dernier comprend un premier niveau de formation appelé undergraduate , il dure 4 ans débouche sur le BACHELOR . Correspond-il à notre licence ? Difficile à dire, les bachelors sont très hétérogènes bien souvent médiocres et peu attractifs.

Le jeune américain a ensuite une expérience professionnelle puis candidate pour le MBA le plus prestigieux possible. Il peut également préparer un MSC (master of sciences) ou un programme « graduated » dans le cadre d’une entreprise.

La capacité des écoles de commerce française à intégrer leurs étudiants sur le marché du travail, en surprend plus d’uns avec des taux d’emplois dépassant 80% des effectifs trois mois après le diplôme . Les classements du Financial Times contiennent beaucoup de bêtises mais également des enseignements précieux.

 http://pgibertie.com/2015/10/19/classement-des-40-masters-de-management-preparant-le-mieux-lentree-des-diplomes-sur-le-marche-du-travail/

Un classement peut être établi à partir de critères objectif :

  • Les salaires annuels à la sortie
  • Les salaires annuels après trois ans
  • Le % d’emplois trois mois après le diplôme
  • L’évolution de la carrière mesurée par le FT
  • L’efficacité des services de placement mesurée par le FT
  • La capacité à intégrer un nombre important d’étudiants

 

Nous découvrons alors 16 écoles françaises sur les 40 meilleures institutions mondiales. Les Parisiennes bien entendu comme ESSEC, HEC, ESCP mais également les grandes écoles de province comme l’Edhec , Grenoble, Audencia, Neoma, EM LYON et enfin l’IESEG.

A titre personnel j’ai organisé un sondage auprès des diplômés et des étudiants des grandes écoles via mon blog, mes réseaux personnels LINKEDIN et Facebook et avec l’aide de deux forums prépahec.org et ecole2commerce.

Le nombre de participants est suffisant (879) pour que les réponses soient significatives.

Il s’agissait de choisir 5 priorités parmi 15 propositions.

Plus de la moitié des participants (50 à 60%) ont choisi comme priorités la qualité des relations avec le monde professionnel à savoir.

-faire intervenir des professionnels dans l’enseignement

- mettre le réseau des anciens à la disposition des étudiants de l’école

- organiser des rencontres avec les recruteurs

Ces priorités sont au cœur du modèle français : puissance du réseau, liens avec l’entreprise et les recruteurs. Elles sont rarement prises en compte dans les classements de la presse française et pourtant une bonne école reste plus que jamais une école qui place bien ses diplômés sur le marché du travail

Entre 40 et 50% des participants jugent prioritaires la qualité d l’insertion internationale de l’école

-recruter des professeurs docteurs si possible étrangers

-privilégier le partenariat avec des universités et des écoles étrangères

Ne nous y trompons pas, il ne s’agit pas d’ouvrir un campus à l’étranger mais bien de bénéficier de ce que l’étrange a de meilleur.

Entre 35 et 40% des participants s’intéressent prioritairement au contenu de la formation. C’est une bonne surprise, l’école est chère, elle doit apporter des savoirs et pas seulement des codes.

-Proposer des cursus intégralement en Anglais

-ouvrir les MSC aux étudiants du programme grande école

-privilégier des formations diplômantes type CFA DSCG AMF

-rendre obligatoire plus d'un an à l'étranger

-privilégier l’alternance

Le décrochage est net pour les propositions qui suivent, elles sont retenues par moins de 20% des participants.

On sera surpris par certains mauvais scores :

-Organiser un double cursus droit c’est retenu que par 1/6 des participants

- permettre le travail salarié des étudiants avec des cours regroupés sur une 1/2 journée par 15%

Certains scores devraient interpeler les auteurs de classements car les critères souvent privilégiés sont balayés par les pratiquants.

-organiser des cursus culturels (moins de 10%)

-donner la priorité aux outils numériques et aux moocs ne séduit que 8% des participants

De nombreuses écoles font de l’ouverture d’un campus à l’étranger le nec plus ultra de leur programme de séduction et sur le modèle des voyages organisés pour le troisième âge des cohortes de petits français partent tous ensemble faire du tourisme à l’étranger.

Je retiendrai seulement qu’envoyer ses étudiants sur le campus de l’école à l’étranger n’est retenu comme prioritaire que par 18% des participants.

Il n’est finalement pas si difficile de définir ce qu’est une bonne école de commerce mais à titre personnel j’ajouterai deux priorités supplémentaires.

La première serait de donner aux étudiants de première année une vision claire des fonctions, des secteurs et des métiers.

La deuxième serait de relancer le projet ambitieux de mixité sociale lancé par Claude Boichot il y a une dizaine d’années

http://aphec.it-sudparis.eu/spip.php?article455

Serait-il alors facile de s’y retrouver ? Hélas non car il est de bon ton de remettre en question le modèle de réussite des écoles à la française.

 

                        

 

Le diktat des classements et ses conséquences

Philippe Silberzahn est professeur à EMLYON Business School et chercheur associé à l’École Polytechnique, il décrit bien cette évolution :

 http://www.contrepoints.org/2014/09/26/182463-ecoles-de-commerce-la-rupture-qui-les-menace

« Ces classements sont aujourd’hui essentiellement basés sur le nombre et la qualité des publications de la faculté dans les revues scientifiques. Obtenir un bon classement international étant indispensable pour attirer les meilleurs étudiants, les écoles ont dû développer leur activité de recherche et surtout de publication. La publication devient de plus en plus, y compris dans les écoles de second voire troisième rang, le critère essentiel de performance des professeurs. Or ceci ne peut se faire qu’aux dépens de la qualité d’enseignement.. Mais dès lors que le critère principal de progression de carrière devient la publication, l’enseignement nécessairement passe au second plan. » 

« Paradoxalement, le besoin d’attirer les « meilleurs » étudiants (notion qui d’ailleurs reste à définir) se traduit donc, toutes choses égales par ailleurs, par une baisse relative de la qualité de l’enseignement que ces « meilleurs étudiants » reçoivent une fois admis. En outre, la majeure partie de ces publications sont des exercices de style certes intéressantes mais rarement lues, et en particulier pas par les praticiens : seule la production compte ; c’est un peu comme si l’on payait Renault sur les voitures fabriquées, pas sur les voitures vendues, ou l’URSS réinventée. Qu’est-ce qui justifie l’existence d’une école qui ne sert ni son audience (les entreprises), ni ses élèves, mais seulement ses employés et qui ne parle qu’à ses concurrents ? »

 

Recrutez des professeurs étrangers, femmes, publiant beaucoup et vous serez bien classés. On peut être femme étrangère, chercheuse et bonne pédagogue mais ce dernier critère devient marginal. Pour progresser dans les classements pas d’autre solution.

Faites intervenir des professionnels compétents, vous serez massacrés.

Seules les écoles disposant de très gros moyens peuvent se payer l’élite du corps professoral mais au prix d’une flambée des coûts de scolarité…

 http://pgibertie.com/2015/06/18/classement-des-ecoles-de-commerce-la-grande-cuisine/

Répondre à cette explosion budgétaire n’est pas facile.

Les étudiants s’endettent ou peuvent se trouver tentés par les masters universitaires gratuits, également classés sur des critères identiques avec des professeurs identiques

Certaines écoles se déchargent d’une partie des coûts avec la mise en place de « doubles diplômes »qui ne sont qu’une sous- traitance effectuée par une université. C’est un jeu gagnant gagnant ; l’étudiant paie cher pour des cours effectués gratuitement par l’Université, mais ses yeux brillent à l’évocation d’un pseudo double diplôme, l’école en tire de bons classements et l’université bénéficie de l’arrivée de bons étudiants.

Bien entendu il existe aussi de vraies formules permettant une extraordinaire synergie mais elles sont peu nombreuses et sélectives, exigent beaucoup de travail et d’organisation. Les écoles les plus prestigieuses sont souvent les plus raisonnables et les plus sérieuses dans la construction de ces doubles compétences.

Il est facile de distinguer des doubles compétences utiles car complémentaires pour une école de commerce (droit, école d’ingénieur, maths, sciences humaines) ou valorisantes (un master universitaire spécialisé et prestigieux) de la simple sous traitance d’une formation assurée habituellement en école.

 

La réduction des coûts passe également par le syndrome TCHURUK 

 

Serge Tchuruk hérita en conseil des ministres de la direction d’Alcatel Alsthom ; Il incarna longtemps le rêve du nouveau management celui d’une entreprise creuse sans usines et avec très peu de salariés. Aujourd’hui plus personne ne doute de la tragédie industrielle qui en suivit.

Certaines écoles donnent l’impression de se rêver sans professeur. Elles en seront d’autant mieux classées, elles réduiront les coûts et elles feront « modernes ».

Le saut dans les nouvelles technologies est un impératif que nul ne conteste, les écoles ont raison de développer à outrance les formations liées en particulier aux systèmes d’information, les Moocs contribuent au prestige. Les cours en ligne sont intéressants à la condition d’être complétés par du présentiel renforcé.

II y a problème lorsque les écoles remettent en question leur taux d’encadrement professoral, lorsque la préparation est intégralement réalisée en e-learning.

Alors les étudiants ne comprennent plus de payer aussi cher pour une coquille vide sans complément du présentiel avec des td, sachant qu’ils trouveront gratuitement et ailleurs ;

Je cite à nouveau l’article précèdent

 Poussées vers le haut, les écoles laissent donc le marché de masse à d’autres acteurs « low cost », au premier rang desquels se trouvent, et se trouveront de plus en plus, les acteurs d’enseignement à distance. Ce dernier a mis très longtemps à décoller mais les technologies Web permettent désormais de créer des expériences d’enseignement à distance d’une qualité remarquable. C’est ce que les Américains appellent massive open online courses (MOOC), et ce n’est pas de la science-fiction : un professeur de Stanford a récemment donné un cours d’intelligence artificielle suivi par… 160.000 personnes, la session étant réalisée en lien avec Facebook. Il a depuis décidé de quitter son enseignement traditionnel. Harvard et MIT s’y mettent aussi avec leur initiative EdX et la startup Coursera se développe rapidement »

 Pour être bien classée l’école doit également se diluer dans un modèle uniforme où l’enseignement sera le même partout et multi sites au Brésil, en Chine , aux ETATS unis….

Cerises sur le gâteau, les étudiants français partent en cohortes passer six mois ou un an dans le campus étranger, ensemble pour ne pas être dépaysés.

Mais ce que l’ESCP a bien réussi avec professionnalisme, avec le temps, toutes les écoles peuvent-elles le faire sans tomber dans le bas de gamme ?

Toutes les écoles sont-elles les moyens d’envoyer tous leurs étudiants chaque année sur des campus différents et pour quelle valeur ajoutées ?

Mais cela coute cher, très cher il faut donc augmenter les effectifs et surtout démultiplier les programmes : bachelors, MSc, ms… et dans cette affaire il sera difficile de retrouver le programme GRANDE ECOLE.

Pour ses zélateurs l’avènement d’une université privée globale en France bute sur ce qu’ils appellent le conservatisme universitaire et celui des CPGE

La concurrence devenant mondiale les écoles réagissent .Pour certaines le modèle à suivre se trouve dans la grande université à l’américaine et les grenouilles doivent devenir aussi grosse que le bœuf, pour d’autres mieux vaut rester une grenouille agile.

 

Philippe Silberzahn écrit : Seules quelques écoles auront assez de ressources pour être compétitives dans ce jeu et se maintenir au plus haut. Pour les autres, le jeu est absurde. D’autant plus absurde que si tout le monde ne peut pas être Harvard, ce n’est pas grave, ça peut vraiment être très bien d’être une petite grenouille dynamique et performante dans l’univers des écoles de commerce actuelles. Il vaudrait donc beaucoup mieux réfléchir à un positionnement différencié – la base de la stratégie – en faisant jouer ses spécificités – thématiques, régionales, pédagogiques, tant qu’il en reste encore, et que ces écoles ne sont pas devenues des clones bas de gamme de Harvard. 

 

Une école en France affirme haut et fort cette stratégie d’école globale, c’est SKEMA. Le rapport de l’AERES étudie la cohérence d’ensemble de ce modèle global y compris avec sa composante communication qui mérite d’être citée. Il a bien fallu investir dans le lancement de la marque

« La coordination et la mise en œuvre sont assurées par la direction de la communication dans le cadre d’un service professionnel et dynamique, composé de la directrice et de huit collaborateurs, disposant d’un budget de 760 000 €. La presse locale et la presse nationale sont régulièrement sollicitées ; la direction rencontre régulièrement les journalistes du Financial Times pour y présenter l’actualité de l’école. L’école a une politique de communication numérique très complète. Le site Web est accessible en français et en anglais et il existe également un site en chinois. Il est complété par des sites évènementiels. L’école est présente sur 14 réseaux sociaux (y compris chinois) et a mis en place une politique de veille sur sa e-réputation

 SKEMA utilise par ailleurs les services d’un cabinet de relations presse comme prestataire stratégique externe. Celui-ci assure les contenus presse au niveau local, relate les évènements, sollicite les journalistes. Au niveau de la presse nationale, la stratégie de communication est définie avec l’aide de cette agence. Notons enfin que les enseignants sont sollicités par le service communication pour publier des tribunes dans les journaux et mettre ainsi leurs compétences au service du traitement de sujets d’actualité. 13 Les actions de communication sont déterminées en fonction d’objectifs clairs s’adressant à des cibles identifiées (futurs élèves et élèves, familles, anciens, employeurs, décideurs politiques, leaders d’opinion…). Elles font l’objet d’une évaluation systématique, qu’elle soit quantitative (fréquentation des sites, des réseaux sociaux, des présences aux évènements, gala de l’école, cérémonie de remise des

Collectées lors des évènements…). Au total, la politique de communication de SKEMA, de grande qualité, a su affirmer l’identité de l’école et répondre, dans un domaine crucial pour l’établissement, à ses principaux enjeux actuels. »

Chacun peut vérifier la présence très offensive de l’école sur tous les forums de discussion, et cette stratégie se révèle payante sur les classements.

www.aeres-evaluation.fr/content/.../AERES-S1%20-%20SKEMA.pdf

 

Il ne s’agit pas installer seulement un campus à l’étranger pour offrir une alternative aux échanges universitaires, ou de construire un programme international. L’ambition est bien plus importante

Le modèle est très différent de celui des autres écoles françaises, la référence évoquée par la dynamique directrice est celui de l’université américaine de DUKE avec des projets pour le Brésil et l’Afrique

 Duke c’est une université privée sélective avec 15000 étudiants et 5mds de $ de budget

 

Pour comprendre cette rupture portée par SKEMA il faut laisser parler le conseiller stratégique de l’école BERNARD BELLOC

« Un étudiant étranger de bon niveau regarde partout. Que voit-il en France  ? Un système quasi incompréhensible avec des grandes écoles que nous sommes les seuls à dire encore que le monde entier nous les envie, alors que le système n’a nulle part été dupliqué »

 

« Je ne vois pas du tout ce que les chambres de commerce ont à faire dans l’enseignement supérieur de la gestion. Pour recruter un prof, a-t-on besoin de passer par une délibération à la chambre de commerce  ? Quelles sont leurs compétences en matière d’enseignement supérieur et de recherche  ? La France est le seul pays dans lequel les business schools ne sont pas dans les universités. Même en Chine, elles sont intégrées dans les universités. La France n’arrive pas à sortir de ses schémas historiques, c’est terrible. »

 

Qu’importe donc si les chambres de commerce représentent les entreprises et si le lien étroit avec ces dernières fondait l’ADN des écoles…

La base du système traditionnel, les CPGE est elle aussi contestée et il y a quelques années Jean Pierre Raman, un des fondateurs de SKEMA prophétisait la fin du modèle des prépas devant les responsables des CPGE de l’enseignement catholique. Le modèle de substitution ( ESDhEM) est un premier cycle universitaire payant et sélectif préparant aux concours.

Les écoles transformées en facs de luxe auraient-elles encore besoin des Cpge pour recruter ? Pourquoi ne recruteraient elles pas uniquement sur les premiers cycles universitaires quitte même à en mettre en place de payants …

Dès à présent le recrutement en admission sur titre change la donne pour les écoles et il se révèle souvent un piège.

Les écoles les plus réputées peuvent facilement sélectionner mais les autres ? Pourquoi préférer un master grande école payant à un master universitaire réputé et gratuit ?

Alors il faut offrir ce que l’université n’offre pas ; un campus luxueux à l’étranger, une fac de luxe.

Dans cette perspective, pour ses zélateurs l’avènement d’une université privée globale en France bute sur ce qu’ils appellent le conservatisme universitaire et celui des CPGE…

Les écoles transformées en facs de luxe auraient-elles encore besoin des Cpge pour recruter ? Pourquoi ne recruteraient elles pas uniquement sur les premiers cycles universitaires quitte même à en mettre en place de payants ?

Il est assez curieux de retrouver sous un même habillage « moderniste » la dénonciation des prépas jugés élitistes, le souhait de voir les universités devenir plus sélectives, la mise en place d’écoles à l’américaine.

On retrouvera des libéraux souhaitant moderniser, c’est à dire américaniser notre système éducatif : l’institut Montaigne, Benoist Apparu.

On y trouvera tous ceux qui considèrent le système français trop élitiste :des politiques comme Vincent Peillon, Benoit Hamon, des sociologues comme Monique Dagnaud, le Café pédagogique et à peu près tous les journalistes s’intéressant à l’éducation.

Lors d’un débat déjà ancien Claude Boichot rétablissait un certain nombre de vérités et ouvrait des pistes d’évolution.

 http://www.revue-placepublique.fr/Sommaires/Sommaires/Articles/supprimerclassesprepa.html

« Tous les coups qu’on porte au système des classes préparatoires, sans explication, sans mise en contexte, sont ressentis le plus douloureusement par les plus fragiles et ça, c’est inadmissible, parce que ceux qui portent les coups se débrouillent bien pour que leurs enfants s’insèrent dans le système. Vous voulez que je vous donne la liste des gens qui me téléphonent en me disant : « Vous êtes le pape des prépas, vous pouvez faire quelque chose pour ma fille, mon fils ? »

« Le système est vivant, il évolue presque naturellement. Quand vous prenez une première année de mathématiques à l’Université, en moyenne, vous avez six enseignants qui interviennent. En classes préparatoires, vous n’avez qu’un seul intervenant. Pourquoi je dis ça ? Parce que, au fond, la culture universitaire, elle a été bâtie essentiellement sur la recherche dont le spectre est généralement étroit. En prépa, on cultive la culture généraliste, qu’elle soit mathématique, physique, philosophique, historique, etc. Pourquoi un jeune maître de conférences qui a fait une thèse en résistance des matériaux n’accepterait-il pas de traiter tout le champ de la physique généraliste comme en première ou en deuxième année de prépa ? Voilà une des pistes de rapprochement entre les deux systèmes. Pourquoi des professeurs d’université ne viennent-ils pas enseigner en classes préparatoires ? Ça mixerait les méthodes. Mais ils n’ont pas du tout envie de couvrir un champ large autre que celui de leur expertise sur lequel souvent ils ont construit leur thèse et leurs travaux. »

Faut-il jeter les Cpge et avec elles le modèle français de grandes écoles ? Faut-il au contraire partir du meilleur pour s’en inspirer ?


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4 réactions à cet article    


  • leypanou 31 octobre 2015 14:04

    La formation du genre écoles de commerce c’est de l’enseignement privé : s’il faut payer 7000€ chaque année pour pouvoir faire des études supérieures, ce n’est pas à la portée de tout le monde. Conséquence, ceux qui n’ont pas des parents qui ont les moyens sont obligés de s’endetter pour se payer leurs études. L’endettement des étudiants états-uniens risquent d’ailleurs d’être la prochaine crise financière.

    Grâce à la privatisation de l’enseignement supérieur qui est en train de se mettre en place doucement, sous couvert d’autonomie, la France est en train de se rapprocher des pays anglo-saxons : ce jour-là, l’enseignement supérieur sera réservé aux riches.


    • zygzornifle zygzornifle 31 octobre 2015 16:21

      LOL école de commerce pour mettre en rayon les conserves et les bouteilles en hyper , pour s’éreinter a déplacer des tonnes de bouquins a la FNAC (certains ont bac+5 au SMIC ne trouvant pas de boulot ailleurs) .....


      • sleeping-zombie 31 octobre 2015 20:46

        Hello,
        J’aime pas commenter sans tout lire, mais j’ai du m’arrêter à peu près au quart. Trop d’acronymes. J’imagine qu’ils sont très parlants pour ceux qui baignent dans le monde des écoles de commerce, mais pour moi...


        • Osis Oxi gene. 1er novembre 2015 04:40

          Aussi ennuyant à lire que l’annuaire.
          Dommage.

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