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Accueil du site > Actualités > Société > Les enchères inversées d’offres d’emploi arrivent en (...)

Les enchères inversées d’offres d’emploi arrivent en France

Voici donc qu’ après www.jobdumping.de en Allemagne, un système de recherche d’emploi sous la forme d’enchères inversées débarque en France : www.jobdealer.net.

Cela pose beaucoup de questions sur la valeur « travail ».

Est-ce que le travail est une commodité comme une autre ?

Ce type de systèmes introduit un aspect qui fait penser à un "semi esclavagisme", qui touche à la dignité même des populations les plus modestes et les plus précaires, en ne leur donnant pas d’autres options que de rester dans la précarité. Le nivellement par le bas, en quelque sorte.

Au niveau économique, ce n’est pas en faisant du dumping sur l’emploi que les gens vont pouvoir consommer davantage, et donc contribuer à la relance économique. En effet, de l’autre côté, on n’assiste pas à un dumping général des prix des biens et des services. Symétriquement, existe-t-il une place de marché permettant d’acquérir de l’essence moins cher, ou d’obtenir des loyers plus bas, ou un dumping des impôts et des taxes ? Toutefois, il existe des systèmes de comparateurs permettant d’obtenir des crédits moins chers, ainsi que des polices d’assurance. Mais avec l’emploi, on touche à une variable fondamentale, puisque c’est ce paramètre qui permet de faire vivre.

Encore une fois, la coexistence de systèmes asymétriques n’est pas une solution pour relever ni le niveau de bonheur collectif, ni celui de l’individu.

Si vous arrivez à m’éclairer sur les bienfaits de ce genre d’initiatives concernant les emplois, je suis demandeur, car je ne parviens pas vraiment à me faire une opinion définitive pour le moment.


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3 réactions à cet article    


  • argoul (---.---.18.97) 18 novembre 2005 10:54

    Je crains que le travail n’ait aucune « valeur » métaphysique, la conception de Marx, qui venait de Ricardo, je crois, est bien dépassée, quasi biblique même. Mais le travail n’est pas une matière première (que je préfère à l’anglicisme fort obscur que vous utilisez) parce qu’elle concerne des êtres humains. Il peut donc y avoir une « politique » du travail qui se superpose aux relations techniques, « économiques » du marché. Cette politique ne passe pas par un « droit réel » qui consisterait à obliger chacun à travailler dans une case économico-sociale réservée (fantasme soviétique) mais un « droit potentiel » qui permet à chacun d’exercer un travail sans barrières inutiles ou illégales (discriminations diverses, interdits de caste, etc.) Le travail aux enchères est un scandale émotionnel pour les arc boutés sur les Zacquis de l’Etat-Providence. Ce dernier montrant sa faillite chaque jour un peu plus (après la vache folle et le sang contaminé, le Mammouth, la Sécurité Sociale, la canicule, aujourd’hui les banlieues), il nous faut d’urgence penser autrement. Pourquoi pas les enchères - illustration du marché s’il était pur et parfait (ce dont je doute) - si ces enchères prouvent qu’elles sont ineptes ? Il faut bien tenter l’expérience avant de « savoir ». Mais je ne crois nullement que des travailleurs français iront au boulot pour 1 euro par jour, comme le dit la caricature (trop facile). Nous sommes dans un pays où tout coûte une certaine somme pour simplement vivre, nous ne sommes pas en Inde ni en Chine, ni même en Bulgarie. Logiquement, la fourchette de salaires devrait ne pas aller trop bas. Si cela fonctionne comme un marché aux poissons, la qualité se paie toujours, vous savez. Des salaires sous les fourchettes admises par le reste du marché, cela signife deux choses : soit un premier emploi qui veut se placer - il ne restera pas longtemps une fois sa première expérience acquise -, soit un mauvais travailleur pas fait pour ce métier - auquel cas le patron s’apercevra bien vite de sa faible productivité. Si l’on veut entrer dans cette logique d’efficience économique, il faut aller jusqu’au bout du raisonnement. Le drame français est que l’on garde des cadres d’hier pour tester les expériences d’aujourd’hui : il y a une faille logique que notre cartésianisme ne devrait pas accepter, s’il n’était pollué de fantasmes, de slogans, de yakas révolutionnaires, comme s’il suffisait de brandir des pancartes pour que le soleil se lève. Regardez bien : même aux Etats-Unis, ce genre d’enchères n’a guère pris... Mais si on laisse l’économie régir la société, on sort du « politique » pour entrer dans le seul « technique ». Croyez-vous que ce soit cela que l’on attende des hommes politiques ? Le gouvernement des hommes l’emporte sur la gestion des choses, et les humains ne sont pas des matières. L’économie politique le sait qui considère l’expérience et l’énergie humaine comme un « capital » (donc précieux, à entretenir) et non pas comme une viande interchangeable comme dans le porno. La formation, l’aide à l’emploi, les incitations fiscales, les zones franches, les investissements publics, la recherche, sont des éléments de politique économique. La protection sociale aussi, comme les lois qui régissent le travail (pas de travail des enfants, heures de nuit, etc.) L’Etat définit un cadre légal pour le travail. Une fois cela posé, le marché s’en accomode. Alors, les enchères, pourquoi pas ? Il faut sortir de cette conception biblique du travail comme « sanctifié » pour en faire une relation humaine comme une autre (mais je dis bien « humaine » !) Vous verrez que cela n’ira pas loin.


    • Hkac (---.---.242.109) 18 novembre 2005 11:51

      Bonjour, Votre éclairage est tout à fait intéressant et je suis heureux qu’il y’ait un débat sur ce sujet. Ce qui semble évident, c’est que des systèmes économiques basés sur des formes de collectivisme pures de même que d’autres basés sur des formes de capitalisme voire de libéralisme pures, ne sont plus adaptés à notre époque. La vérité est sûrement « ailleurs ». Peut-être s’agit-il d’une « troisième voie », peut être d’une « synthèse » de différents systèmes dont on prendrait le meilleur de chaque ?

      Mon point de vue personnel est le suivant (qui donnera probablement lieu à l’un de mes prochains articles) :

      - Bien que la notion d’égalité entre tous les hommes (au sens large) est tout à fait discutable (culture, histoire personnelle des individus, appartenance à un groupe social, gènes aussi, etc.), mon opinion est que tous les hommes partagent des besoins et des aspirations communes. Une sorte de « plus petit dénominateur commun ». La théorie de la hierarchie des besoins d’Abraham Maslow me séduit assez même s’il on peut l’adapter à chaque contexte civilisationnel. Ce « PPDC » serait que : tous les hommes recherchent un minimum de bonheur notamment de se nourrir, de se vêtir, de vivre en sécurité, d’avoir un toit, d’avoir accès à des soins... Il existe probablement d’autres « PPDC », la liste ici n’est pas exhaustive. Pour statisfaire ces besoins de base, il y a évidemment différentes manières : le travail, vivre de ses rentes, tricher, voler, user de son intelligence individuelle ou de ses talents ou de ses dons.

      Ce que je dis est que ceux qui ne savent pas faire autre chose que de travailler, le travail est leur seule source pour satisfaire leurs besoins minimaux. Et croyez-moi, ils sont nombreux. Ils ne sont pas tous fainéants. Pour certains les différents paramètres de la vie sont plus désavantageux que pour les autres. Je dis donc, qu’un Etat moderne et arrivant au bout de sa logique devrait garantir que chaque individu puisse satisfaire ces besoins primaires. Rien que ceci est très utopique, j’en ai conscience. Evidemment, ce n’est pas le rôle de l’Etat de statisfaire tous les besoins « supérieurs ». Là c’est « à chacun selon ses capacités ! ».

      Donc au final, je pense qu’un idéal de démocratie serait une sorte de synthèse entre les systèmes qui protègent les individus et ceux qui permettent aux plus « doués » de disposer d’assez de liberté pour réaliser leurs besoins « supérieurs ».

      Moin point de vue est en fait assez proche de celui dit des « néocontestataires » (Joseph Stiglitz, par exemple). Je pense que l’économie devrait aussi introduire un peu plus de sociologie, de philospohie et de psychologie.

      Pour en revenir aux systèmes d’enchères inversées d’emplois, je conçois que cela apporterait une réponse à des candidats qui d’une manière ou d’une autre assument déjà leurs besoins primaires autrement que par le travail ou tout simplement pour ceux qui souhaitent ce type de modes opératoires par choix « rationnel ». En revanche, je ne pense pas une seule seconde que ces enchères inversées sont une solution pour des gens qui vivient dans une réelle précarité. Je crois que la réponse à la précarité (besoins de base) doit être apportée par la collectivité. Cela ne fait pas de moi un néo-stalinien. Mais, j’aimerais échanger un peu plus sur ce sujet, car probablement les point de vues opposés trouvent aussi une justification selon les contextes.


      • Sylvio Sylvio 18 novembre 2005 22:09

        « Le travail aux enchères est un scandale émotionnel pour les arc boutés sur les Zacquis de l’Etat-Providence »

        C’est un scandale pour tout le monde, je ne suis pas un fonctionnaire mais dans une PME de 6 employés.

        Tu fais sûrement partie des mêmes personnes qui dénoncent les aides sociales, le smic et le rmi.

        Si tu es contre ces aides sociales, c’est à dire pour toi, ceux qui profitent de l’argent des autres. Alors donne au moins en contre partie de la valeur à ceux qui nous font tous vivre, c’est à dire nous les travailleurs du privés ou du public, grosso-modo c’est kif-kif.

        Pour en revenir à ces enchères, déjà économiquement ce n’est pas une solution car comme le dit HKac, des salaires tirés vers le bas induisent automatiquement une consommation moins forte et donc un déclin économique (vu qu’ensuite les salaires baissent encore et la boucle est bouclée).

        De plus moralement, si tu es moins payé, tu es plus tenté d’aller touché le chomage ou le rmi plutot qu’aller bosser. Et oui, quand même tout travail mérite salaire, et pas 3 copecs. Un actionaire n’a pas plus de mérite de gagner plus de sous qu’un travailleur, il ne travaille pas, il fait travailler son argent, c’est donc la loi de l’argent, qui seule est absurde.

        Bref, l’homme a créer la société pour s’enrichir au sens large du terme (c-a-d pas seulement au niveau pécunier). L’homme aspire à avoir un meilleur niveau de vie, ce niveau de vie étant dans notre monde capitaliste, basé essentielement sur l’argent. Donc l’homme a besoin d’être valorisé, d’avoir l’espoir de gagner plus. Comment est-ce possible avec un tel système.

        Les comparateurs en tout genre ou site d’enchère sont globalement favorable à l’augementation du pouvoir d’achat. Ce système est une absurdité économique et morale et c’est pour ça que ça ne marchera pas.

        Quel entrepreneur serait assez con pour aller chercher quelqu’un en fonction un salaire. Dans notre PME, notre force est justement d’avoir des personnes compétentes (et donc payé correctement) et motivé (bénéfices reversés sous forme de prime, augmentation régulière des salaires).

        L’économie n’a rien de naturelle, elle suit le comportement des hommes et plus particulièrement de ceux qui l’entretienne (dirigeants, actionnaires, politiques...). Sans cadre, l’économie serait un serpent qui se mort la queue car les dirigeants et actionnaire à force d’en vouloir plus négligerait les travailleurs (c’est exactement ce qu’il se passe aujourd’hui) et donc détruirait leur marché. Il faut donc la cadrer la règlementer, le libéralisme est comme le communisme, il est utopique car l’homme n’est pas assez « bon » pour de tel système, l’homme a toujours besoin d’avoir un cadre pour que la société n’ai pas de dérive.

        Doit-on interdire quelquechose qui est mauvais pour (la prospérité économique d’une) la société ?

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