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Accueil du site > Actualités > Société > Les enfants ont la parole

Les enfants ont la parole

Une publicité sur une voiture Mercedes atteste que la parole est aux enfants. Non pas la parole au sens condescendant, au sens où l'on serait en train d'accepter enfin de les écouter un peu. Non, la parole est à eux au sens où seule la leur a quelque valeur aujiourd'hui.

C'est une pub où l'on voit 3 gamins sur un trottoir en ville. L'un d'eux fait le guet, il voit surgir l'objet du désir et prévient ses potes qui actionnent le feu rouge pour piétons. Tout ça pour immobiliser une voiture. Et les trois gamins de s'extasier en Oh et en Ah.

Ce n'est pas la première fois que les enfants sont placés aux commandes de la morale, de l"éthique ou du fantasme. Dans E.T. les enfants étaient dans le coup pendant que les adultes étaient stupides. Dans toutes les pub du genre Ricorée, les enfants jouaient aussi un rôle de guide considérable.

Mais depuis une poignée d'année, c'est carrément pour l'achat d'une maison ou d'une voiture qu'ils sont référents. Au fond, peut-être sont-ils déjà référents en matière de choix de conjoint. Peut-être choisissent-ils déjà leurs parents.

Il me semble qu'il y a 50 ans, les enfants n'avaient pas une position sociale aussi élevée. Par exemple, dans ''La guerre des boutons" on voit des enfants utiliser un vocabulaire et faire des choses propres à eux mais leur univers s'arrêtait là et ne prenait pas le dessus sur celui des adultes. Les ados de l'époque bavaient au passage d'une jolie femme de 22 ou 32 ans (Cf Malena)

L'enfant était pourtant précieux dans l'immédiat après guerre, mais peut-être ne l'était-il que par rapport aux années antérieures où il était surtout attendu pour aider les parents au travail ou faire le soldat. Il y a 50 ans, il n'avait pas une parole aussi valorisée ; les réflexions des enfants faisaient rire les adultes, suscitaient la pitié, la compassion. la tendresse, pas le respect et encore moins la soumission.

Passons sur le cas spécial de Rimbaud qui avait eu très jeune une parole forte, presque sur le plan politique puisqu'il était très braqué contre les Pussiens. A part lui, aucun enfant ou jeune ado n'avait eu droit, de la part des adultes, à autant de considération.

Puis, il y aurait eu, au cinéma, l'apparition de très jeunes actrices. En tant que personnages, rien de spécial, mais en tant que star, ça a probablement impressionné les adultes. Il y avait eu des rois très jeunes, Baudouin IV de Jérusalem avait ferraillé contre Saladin à 16 ans ou 17 ans. Jeanne d'Arc, idem. Mais là, à partir de la starisation, par le cinéma plus que par n'importe quel autre art, des enfants ordinaires se sont vu offrir le micro.

A partir des Liz Taylor, la place des enfants au cinéma ou dans les arts, dans ce qui est voyant, n'a pas pris tellement plus d'importance. C'est plutôt dans la vie vulgaire et nettement par le biais du consumérisme que l'enfant a gagné des places en matière d'opinion.

Probablement que les avènements de informatique et du téléphone cellulaire auront amplifié la domination des enfants mais elle avait déjà belle bonne allure dès l'époque où les médias les plus puissants sont entrés dans les foyers. Il y a 50 ans, les parents s'informaient hors champ des enfants, par exemple en lisant le journal ou en écoutant la radio dans la voiture. Avec l'arrivée du super média télé, ils se mirent à s'informer et à se divertir à la maison, devant leurs enfants. A force, les adultes ne savent plus rien que les enfants ignorent ; ne jouissent plus de rien dont les enfants ne jouissent pas, parfois même avant.

L'information, qui est en principe autre chose que la culture, est déterminante quand il s'agit de pérorer, de discourir, de mouliner son avis. Parce qu'elle est bien informée, une personne peut aisément en écraser une autre très cultivée dans une discussion ou un débat. Avec les medias rapides et omniprésents, l'information a vraiment pris le dessus sur les autres aspects de la culture et on ne peut plus les séparer, l'information fait désormais grandement partie de la culture. 

Etre informé c'est connaître les toutes dernières tendances, les toutes dernières expressions et positions (éthiques, morales, politiques, sociales, économiques, écologiques...). L'enfant est donc plus dans le coup que ses parents. 

Parallèlement, dès qu'on a viré les rois, qui épousaient souvent de très jeunes femmes, on s'est mis à les imiter. On s'est mis à aimer les femmes très jeunes. Avant l'évènement de la photographie, avant les Lolita on aimait déjà les très jeunes femmes. La photographie, le cinéma, le maquillage sur les très jeunes filles, tout ça nous aura conduit au Botox, au jeunisme et à l'épilation totale où nous sommes.

Sexuellement, politiquement, économiquement, culturellement, techniquement et de plus en plus souvent pécunairement parlant, les adultes sont dépassés par les enfants. Et juridiquement aussi tant qu'à faire.

Je ne sais pas si c'est cela l'enfant roi auquel certains fantasmaient quand ils avaient lancé l'expression mais nous vivons une des formes possibles de domination des enfants. Domination sur quels plans, ça peut faire l'objet de débats, mais domination sur plusieurs plans, certainement.

Les enfants étant de plus en plus souvent des enfants de divorcés, se sont arrangés de ce problème en s'adaptant. Leur famille est désormais composée de leurs géniteurs et de leur réseau social.

Je crois qu'en rapport de leur jeune âge et de leur petit nombre, les jeunes sont probablement ceux qui, dans le Monde, font le plus et le plus rapidement circuler d'informations (importantes ou frivoles). Ce sont probablement des considérations analogues qui conduisent les vendeurs de bagnoles à les faire désirer par des gamins. Si un adulte achète un bidule que la bande des enfants rejette, il est disqualifié, ridiculisé et cramé.

Ce n'est donc surtout pas un enfant isolé qui admire cette voiture. C'est une bande de gosses, c'est le réseau puéril devenu maître du jeu sans l'avoir voulu et peut-être sans le savoir.

Les adultes ne sachant plus à quel saint se vouer deviennent moralement dépendants des enfants.


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11 réactions à cet article    


  • srobyl srobyl 17 février 2011 10:50

    Bonjour,
    Votre article me rappelle les pubs d’une eau minérale, dans laquelle les très jeunes enfants sont mis en vedette...J’avais proposé un article au sujet du phénomène des mini-miss. La connerie des adultes se transfère aisément chez les gosses. Les pauvres...

    Samedi dernier, à l’heure du JT de Laurent Delahousse, ma femme m’appelle pour me signaler qu’on diffuse un reportage réalisé dans une petite ville où nous avons longtemps vécu. Quel que soit le sujet, ça peut être intéressant , ne serait-ce que pour espérer voir des visages connus, des lieux que nous avons fréquentés.

    Le sujet choisi est l’école des mini-miss. Bon. Ca part mal pour ma pomme. De plus, à part une furtive vue d’ensemble du village au démarrage et la hure du maire sur une photo de remise des prix, je ne reconnais rien, ni personne. Et dans le fond tant mieux, ça m’aurait déçu d’apprendre que des gens de connaissance participent à ces mascarades conformistes. Le thème du reportage me donne un peu la nausée, plein d’à priori que je suis...Mais on ne sait jamais, ce surplus d’information va peut-être me faire changer d’opinion. On ne sait jamais... Donc, je regarde et écoute jusqu’au bout...

    La fillette interrogée a dans les 8 ou 9 ans. Elle raconte avec gourmandise les tenues qu’elle peut porter à l’occasion des entraînements et des concours. Apparemment enchantée , dit-elle, d’être maquillée, de mettre des bustiers, des mini-jupettes et des escarpins... j’en oublie sûrement. Là le flacon revêt toute son importance pour ces gamines très nettement pré-pubères au corps tubuliforme. On va leur donner le look adéquat, qu’importe leur âge...Ils ne vont quand même pas jusqu’au silicone pour renforcer l’illusion, mais parions qu’avec un mini-wonderbra, elles seront au top

    Ca me déprime, même s’il semble que la gosse est enchantée et en redemande. C’est ce que disent beaucoup de parents à qui on reproche de prendre leur progéniture pour des bêtes à concours et ainsi de les forcer dans cette voie. C’est une gamine, elle a des rêves comme tous les enfants Et, quels qu’ils soient, c’est assez touchant...Mais ces-rêves-là ne sont-ils pas entièrement fabriqués par les parents. Interrogée, la maman -une ancienne miss locale- explique tout le « travail » qu’exige la préparation de sa miss en herbe de fille. On comprend les parents qui s’émerveillent en la voyant évoluer, danser...Ils en sont fiers, c’est légitime, mais là il faut gagner coûte que coûte, être la meilleure. Ces micropoupées pomponnées entrent dans la compétition. Ca ressemble à un jeu, mais elles ne "jouent pas à la poupée. On les déguise en Barbies. Elles sont des Barbies. Ce sont eux, les parents , qui jouent .La larme à l’oeil comme à la remise des prix ou à la fête de fin d’année, ils filment à tour de bras leur joujou, ou plus exactement leur poulain . 

    Le phénomène n’est pas vraiment nouveau. Dans la même veine, j’ai pu assister un jour malgré moi au cours d’un banquet à l’exhibition de deux enfants d’un même couple. Ils avaient tenu à monter les talents de jeunes danseurs des gamins, qui leur avaient permis de remporter je ne sais combien de concours. Le petit « couple », ( le frère de 11 ans et la soeur de 8 ans) nous avait gratifié d’un tango argentin en bonne et due forme, avec effet de jupe fendue qui s’entr’ouvre et tout le tralala. Choqué ? Non, mais envahi d’ une curieuse impression, un sentiment d’étrangeté, comme si on vivait une scène de Gulliver, comme en face d’une incongruité, d’une image archaïque de l’enfance, un peu comme au Moyen-Age où les enfants étaient représentés en adultes iniatures. Un certain mal à l’aise,donc 

    J’ai eu la même impression avec les mini-miss. 

    Là où ça m’a énervé, c’est la séquence d’entraînement. La « coachette » , une jeune filiforme à la limite de l’anorexie (est-ce un critère exigé des recruteurs ?) était à l’oeuvre pour apprendre aux petites filles à se tenir, à marcher comme des grandes...Enfin, comme les grandes qu’on bizute dans les défilés de modes ou de miss. Un petit arrêt avec déhanché, et l’épaule que la gosse doit dénuder...Fffff.... Interrogée, Mademoiselle l’entraîneur tient à rassurer le spectateur : petite intervention de Mère-la-pudeur qui nous affirme que la tenue ne doit pas être « sxxxss » (elle prononce à peine le mot « sexy » mais c’est de celà qu’il s’agit) On doit rester dans le correct. Ben oui, correct pour une ado ou une femme, mais, là...c’est quand même de gamines qu’il s’agit. Et même s’il n’y a pas de streep-tease, on est dans des mimiques et des tenues qui pourraient bien tenir lieu de « leurre d’appel sexuel » comme dirait Paul Villach. Qu’une gosse de huit ans ne s’en rende pas compte, ça paraît naturel, mais que dire des adultes qui se rendent complices de tout ça ? 

    En tous cas, la relève est assurée ! De beaux jours en perspective pour les Geneviève de Fontenay de demain 

    P.-S.

    Portfolio
    <doc76718>
    <doc76719>








    • easy easy 17 février 2011 12:25

      Merci Strobyl.

      Concernant la pub sur l’eau minérale avec les bébés. Evian avait décidé de se faire passer pour l’Eau de la maternité. De là, montrer un bébé, de l’eau dans lui, de l’eau autour de lui, de la bonne eau propre et bienveillante, dans laquelle on vit et ne se noie pas, c’est dans la logique de son marketing.
      Là où ça commence à être bizarre, c’est quand il y a non pas un bébé mais 30. Pas 30 en bordel, non 30 ORGANISES. C’est dans l’ORGANISATION qu’apparaît une nouvelle entité, une nouvelle personne, une nouvelle transcendance, une société. Cette pub d’Evian nous prédispose à ce concept d’une société puériliste.
      Et ce que je cherche à dire dans mon papier, c’est que si le puérilisme devient éminent, c’est parce que les enfants sont réellement organisés (en plus de l’être artificiellement par des pubs du genre de celle d’Evian)

      Un enfant isolé, à la Rimbaud, ne peut pas constituer une force morale alternative. C’est le jeune Rimbaud qui, très en avance sur son âge, vient vers les adultes, prend déjà le vocabulaire et le verbe des adultes.

      Les enfants organisés sont ceux qui développent un vocabulaire, une gestuelle, une attitude, un regard, différent des adultes et que ces traits sont repris par les feuilletonistes, par les Harry Poteristes, par les publicistes pour faire ressortir un autre monde.

      Quel autre monde est celui des enfants, ou plutôt en quoi serait-il supérieur ou plus valable que celui des adultes, car c’est bien sa prévalence qui est exposée et qui provoque le recul, le retour en enfance, la capitulation et la honte des adultes ?








      Vous soulignez de plusieurs manières que ce spectacle vous déprime. En effet. Ce que vous avez vu ce n’est pas l’affaire d’une fillette mais d’un monde. D’un monde puériliste organisé. Quand je dis organisé, ça donne l’impression qu’il s’organise pour démolir le monde des anciens et le supplanter. Il me semble que non, il n’a pas d’intentionnalité, pas de stratégie à long terme. Forcément.
      C’est la stratégie du présent qui intéresse les jeunes et jeunistes. Ce fameux présent qui nous a été vendu et survendu depuis un siècle par le biais de toutes sortes de katmandouseries.
      Le monde puériliste ne cherche probablement pas à régner à la place du monde des anciens. Il ne cherche qu’à jouir tout de suite de tout ce que les adultes pourraient jouir et du coup, ils pourrissent le sort des adultes et les dépriment.


      Pourquoi cette différence de sort ?
      Pourquoi une gamine qui danse le tango avec une robe fendue blesse l’adulte qui peut en faire autant après tout ?
      C’est certes parce que la gamine vole la vedette à l’adulte qui a ramé pour essayer de l’obtenir, c’est aussi parce que surgit un idéal inaccessible à l’adulte vieillissant mais c’est surtout parce que l’enfant jouit de toutes ces choses sans en avoir la charge, la responsabilité. 

      Alors qu’il peut tout faire, l’enfant surprotégé (je parle de toutes sortes de protections morales et juridiques) n’a pas à rendre de comptes. S’il fait bien ce sera grâce à lui ; s’il fait mal ce sera de la faute d’un adulte.

      En tirant sur la ficelle, j’irais à dire que l’enfant se retrouve dans une situation comparable à celle des survivants de l’holocauste. L’Horreur du siècle dernier a été l’Holocauste (beaucoup d’enfants en ont été les victimes, ça a été souligné). Et il a été démontré que ses victimes étaient innocentes. Alors les survivants sont forcément également innocents.
       
      Qu’une communauté de rescapés puisse profiter de cette innocence ne peut que sembler injuste aux yeux des autres, par exemple Allemands, qui eux, se retrouvent avec la charge de la culpabilité. A moins d’être descendant de Juste, nous sommes tous coupables ou au moins responsables de ce qiui s’est passé contre ces Innocents.

      Bien plus que les rescapés de la Shoah, les enfants bénéficient d’une innocence absolue réelle et non pas implicite comme pour les premiers. Et les adultes trouvent ça injuste. Alors ils dépriment de cette injustice, reculent en arrière en se puérilisant eux-mêmes en s’habillant de grenouillères géantes, en portant des couches géantes ou par procuration, par le biais d’enfants, les leurs ou d’autres, ainsi que votre reporting en atteste.


    • luluitou 7 mai 2011 13:24

      Pa sd’accord avec ça :

      « Pourquoi une gamine qui danse le tango avec une robe fendue blesse l’adulte qui peut en faire autant après tout ? »

      Perso, si je suis heurtée par ce spectacle, c’est que l’enfant se transforme en chose, en objet, en tas de viande.
      Les femmes ont été des objets, puis les hommes ( voir calendrier Stade de France) puis maintenant les enfants.
      En chose qu’on fait naitre par mère porteuse, en objet qu’il nous faut absolument...


    • luluitou 7 mai 2011 13:29

      Pas d’accord avec votre phrase : « Ils en sont fiers, c’est légitime ».
      En quoi est-ce légitime d’être fiers de ses enfants ? On ne peut être fier que de ce dont nous sommes directement responsables, c’est à dire uniquement de nos propres actes.
      Qu’un enfant danse bien, qu’il soit intelligent... c’est juste un effet de la génétique, et de son propre travail...

      Je n’accepterai la fierté parentale que lorsque l’on considérera comme légitime qu’un parent soit fier d’une enfant handicapé... nous n’y sommes pas !!


    • Robert GIL ROBERT GIL 17 février 2011 11:06

      a nos chers petites tetes blondes, qu’en avons nous fait ? voir article ci-dessous

      http://2ccr.unblog.fr/2011/01/28/mes-chers-petits/


      • easy easy 17 février 2011 11:38



        Merci Robert Gil pour ce lien.

        Ce texte étant court, je le C /C pour l’exposer directement ici


        **************************************************************************************
        « Un enfant prodige, est un enfant dont les parents

        ont beaucoup d’imagination »… Jean COCTEAU

        Conscience Citoyenne Responsable

        LIBERTE – EGALITE – FRATERNITE

        http://2ccr.unblog.fr/

        Réfléchir par soi-même et lutter contre la propagande

        MES CHERS PETITS

        Je ferais tout pour mes enfants, pour eux je veux le meilleur. A Noël rien n’est

        trop beau, la fête, les cadeaux. Pour les anniversaires c’est encore plus féerique, je

        les ai déjà emmenés plusieurs fois à Disneyland Paris : c’est Fantastique ! Pour

        leurs 10 ans je les emmène à Disneyword ... aux USA, … aux staites !

        Dans les repas de famille, lorsque mes enfants veulent raconter une histoire,

        chanter ou jouer de la musique, alors je demande le silence, les adultes se taisent

        et écoutent mes enfants : c’est merveilleux. A ce moment ils sont le centre de mon

        monde, tout le monde peut voir qu’ils sont doués et intelligents.

        Par contre à l’école la maîtresse c’est une conne, excusez ma grossièreté, mais

        elle est la seule à ne pas s’être rendue compte que mes enfants sont surdoués ; j’ai

        écrit une lettre à l’inspection académique avec copie au recteur ainsi qu’au

        ministre. Faire perdre du temps à des futurs ingénieurs, chercheurs ou dirigeants

        qui pourront rendre des services à la nation est une honte !

        Evidement, je les ai inscrits au ski, à la musique, au tennis, à la danse, et à

        l’équitation. Ils prennent également des cours particulier d’anglais et ont une

        initiation à l’informatique. L’été ils vont en camp de découvertes scientifiques et

        ne fréquentent jamais les racailles des banlieues. L’année prochaine ils essayeront

        le golf et l’escrime. Ils sont forcément doués pour un sport de haut niveau.

        Pour leurs études, j’ai mis patiemment de l’argent de côté et s’il le faut

        j’emprunterais à la banque et je ferais des heures supplémentaires pour pouvoir

        rembourser. Il faut qu’ils aient une bonne situation, à l’extérieur c’est la jungle, il

        faut que je leur donne le meilleur pour qu’ils se fassent une place dans le monde.

        Je leur apprendrais à admirer les forts et mépriser les faibles, ceux qui ne veulent

        pas s’en sortir. Ils feront parti des winners !

        A 18 ans, ils passeront le permis et auront leur voiture, c’est essentiel pour se

        déplacer et éviter les transports en commun ou l’on risque de se faire agresser.

        Jamais je ne mettrais leur vie en péril et permettrais qu’il se mélange avec des

        gens sans ambition. Chacun doit rester à sa place, les riches seront toujours

        riches, mais rien n’empêche si l’on a du respect et à force de travail, d’espérer

        gravir les échelons et améliorer sa situation.

        Plus tard ils auront une maison individuelle avec une piscine individuelle. Je

        leur dit déjà de se méfier des syndicalistes et des espèces de gauchistes. Il ne faut

        pas se mêler de politique, faire son travail et toujours avoir à l’esprit que rendre

        service à des gens bien placés, c’est un investissement pour l’avenir.

        L’autre jour, mon beau frère, un fainéant de fonctionnaire m’a demandé si pour

        mes enfants j’irais jusqu’à défendre notre système social de retraite, d’éducation et

        de santé pour le léguer à mes enfants. Bien sur, lui il n’aura peut-être pas grand

        chose à laisser à ses enfants, mais moi ... J’ai un appartement, deux livrets A, de la

        vaisselle, des livres, une télé avec écran plasma, et plein, plein d’autre chose.

        Alors perdre du temps à essayer de défendre des choses qui n’existeront plus

        lorsque mes enfants seront adultes ....

        Un autre

        monde est

        possible  !

        ***************************************************************

        J’espère que la mise en forme originale n’aura pas été trop dénaturée par la manip.


        Je trouve ce texte trop caricatural. Il me rappelle certes des choses ou réflexions que j’ai vues et entendues mais si des parents raisonnent effectivement de cette manière, ils sont eux-mêmes des cas. Ils ne représentent pas toutes les sortes de parents.


        Or, toutes les sortes de parents subissent, depuis quelques décennies déjà, la prévalence du jeunisme. La pub que j’ai citée en chapeau, tous les parents la voient et en subissent la loi.



        Mais continuons, ici, la collecte des élements les plus probants de cette évolution des mentalités. Et essayons aussi de comprendre comment et pourquoi on en est arrivé là








        • JL JL 17 février 2011 11:56

          « L’autre jour, mon beau frère, un fainéant de fonctionnaire »

          Beurk !

          Easy , vous dites : « ce texte est trop caricatural » Aviez vous remarqué qu’il est publié dans la catégorie humour et dérision ? Non, hein ?


        • easy easy 17 février 2011 15:02

          Ce texte, publié dans la catégorie humour ?

          Sur un site militant ? Sous forme de tract à reproduire et à diffuser ?

          Ce texte énonce des caricatures, des choses que l’on peut voir ici ou là, de manière marginale et partielle alors que là, c’est concentré en bloc comme si c’était énoncé par un seul couple parental et que ce couple était standart ou au moins très répandu.
          Mais surtout, ce texte ne se contente pas de décire des situations extrêmes, il accorde des pensées à ces parents.
          Alors qu’entre ce que les parents font et qui aboutit à une certaine situation, parfois mauvaise, et ce qu’ils pensent, il peut y avoir une marge, un océan.


        • JL JL 17 février 2011 11:52

          Cet article présente une vision qui ne me plait pas beaucoup, et l’auteur ne se donne pas la peine de parler clair ni d’aller au fond des choses. Quel est son message ?

          Je lis : « Sexuellement, politiquement, économiquement, culturellement, techniquement et de plus en plus souvent pécunairement parlant, les adultes sont dépassés par les enfants. Et juridiquement aussi tant qu’à faire. »

          Dans cette cette phrase les enfants, désignés par opposition aux adultes, sont des ados, pas des enfants donc ! Maintenant, si des ados sont plus riches que des adultes, c’est clair que cela ne concerne pas LES ados, mais certains ados, et qu’il y a un problème de société !- vous voyez ce que je veux dire !

          Il y a donc contradiction dans l’article qui commence par cette phrase : "Mercedes atteste que la parole est aux enfants (...) au sens où seule (leur parole) a quelque valeur aujourd’hui. C’est donc tout et n’importe quoi. La parole des ados n’a rien à voir avec kla parole des enfants.

          La pub qui utilise notre temps de cerveau disponible pour gaver nos imaginaires d’objets à désirer, ne doit pas nous faire prendre ses vessies pour des lanternes. Eteignez la pub !

          Les enfants sont des enfants, ni supérieurs aux adules, ni inférieurs, ni identiques , mais égaux : ce sont des adultes en devenir, c’est tout le bien qu’on leur souhaite.

          Même si certains échouent et deviennent présidents de la République.


            • easy easy 22 juillet 2012 19:13


              Merci pour cette pertinente comparaison d’avis.
               

              Au fond, rédiger un papier ne consisterait qu’à oser expliciter ce que chacun sait d’expérience mais ne veut ou ne peut que laisser implicite et vague.

              Le brouillard, l’incertitude et le non-dit ont d’emblée une énorme place dans la vie et j’envisage que les jeux de précision puissent être dangereux car aveuglants de trop de clarté.
              J’y joue à l’explicitation, ça m’excite, mais je ne suis ni certain ni de ses vertus car nous sommes majoritaires à lui préférer le vague, ni de sa justesse puisqu’il suffit de prétendre toucher la mouche pour la rater ou n’atteindre qu’une vaine construction.


               

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