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Accueil du site > Actualités > Société > Les faces du capitalisme

Les faces du capitalisme

Le système dans lequel nous vivons est le capitalisme.

Aujourd’hui, en Europe, il paraît démocratique, quoiqu’avec une tendance régressive.

Il n’en a pas toujours été ainsi.

Le système capitaliste a depuis ses origines, connu de nombreuses phases, voire a eu, et a encore, dans le même temps, différentes versions parallèles

Si les marxistes, et Marx en particuliers, ont su analyser à leur époque le type de capitalisme propre aux régions européennes de l’époque, il n’est pas certain qu’ils aient su analyser les faces les plus sombres du système, celles qui concernent directement le pillage des territoires, la destructions de êtres humains pour prise du foncier, la mise sous tutelle des peuples, et l’esclavage proprement dit.

Au fond, le projet marxiste était un projet centré d’abord sur l’Europe, avec comme analyse l’exploitation massive du prolétariat européen du dix-neuvième siècle.

La partie liée à la destruction massive des autochtones des pays colonisés est restée quelque peu en dehors du champs de l’analyse. Au contraire, la libération des peuples vues par les marxistes a consisté à tordre leur histoire dans le corpus théorique marxiste.

D’un part, il n’a pas été possible de prendre en compte les spécificités du colonio-capitalisme, de l’autre, les mouvements de libérations se sont figés dans un discours qui ne collait pas à leur propre réalité

L’une des bases de la richesse des sociétés capitalistes, et cela est très important, a été la spoliation des sols, des matières et des hommes, spoliation quasi-gratuite, sur laquelle pouvait se fonder à la fois la part énergétique et matérielle, ce qui sur un plan strictement capitalistique diminue la part de capital constant et donc, augmente la rentabilité des entreprises industrielles. Quant à l’avantage de disposer d’un sol gratuit par le massacre de ses propriétaires ancestraux n’est pas à démontrer (avantage relatif des USA sur l’Europe qui serait à creuser par ailleurs).

Par ailleurs, si l’exploitation des ouvriers européens, et plus tard étatsuniens, a été basée sur le contrat de travail, librement accepté, et donc impliquait la démocratie, il n’en va pas de même de l’esclavage pur et simple qui a été un des vecteurs de richesse, notamment dans les États américains du sud. Là encore, cela a permis de diminuer la part des matières premières dans la production industrielle et contribue à l’augmentation des taux de profits générés par l’industrie.

On peut donc dire que le capitalisme, sans sa part coloniale, n’aurait pas pu avoir le « succès » économique qu’il a eu. Il a de fait été pour lui nécessaire de distinguer les populations qui avaient droit à l’exploitation via le travail rémunéré, et la transformation de matières premières en produits finis, et celle qui n’avait droit à rien, en étant directement fournisseuse de matière première, d’énergie, voire même de son sol.

Quant à la question démocratique, elle tient de cette distinction. Dans sa période territorialisée, la sphère démocratique ne concernait bien entendu que la partie salariée exploitable, sous certaines conditions néanmoins.

Lorsqu’en Europe, de réels mouvements populaires ont vu le jour, avec arrivée au pouvoir de représentants des classes laborieuses, la réponse a toujours été brutale, que ce soit en France avec les massacres des communards, ou en Allemagne avec l’élimination des spartakistes.

On peut donc dire démocratie sous surveillance, et retour à l’ordre, voire à la dictature, en cas de dérive trop dangereuse pour le système.

La question du nazisme se pose alors : le nazisme est-il une face possible du capitalisme, ou bien est-ce une monstruosité qui lui est essentiellement extérieure ?

En Allemagne, des entreprises capitalistes ont activement collaboré au régime nazi (Krupp par exemple (lien), ou IG Farben). D’autres ont au contraire été liquidées. Le capitalisme n’est pas par essence antisémite, le nazisme n’a donc pas pu être une tentation du système en tant que tel, mais d’éléments de ce système (si nous l’analysons comme système, il a en interne ses contradictions propres). L’attitude des USA est à cet égard un bon critère. À la fois tentation, notamment face à l’URSS montante et inquiétante pour eux, mais aussi écœurement, effarement, et effroi. Il faut dire que la folie nazie est surtout destructrice, et a abouti à la fin à des pays ruinés.

On peut donc y voir un point limite. Des dictatures, oui, le système s’en accommode, mais pas de cet extrême qu’a constitué le nazisme. L’insistance sur la Shoah a peut-être valeur de garde-fou. Il est alors possible d’affirmer que le nazisme n’est ni l’essence, ni même l’avatar du capitalisme. Il est peut-être le point d’effroi.

La période dite des trente glorieuse a été la face démocratique-keynésienne du système.

Face aux pays soviétiques, qui inauguraient uns sorte de capitalisme d’état, il était essentiel que les populations, désemparées suite à la guerre mondiale, soient rassurées sur les capacités des démocraties reconstruites à leur donner un avenir. De plus, il était nécessaire de reconstruire, et les entreprises manufacturières avaient besoin de main d’œuvre abondante. La société de consommation a alors permis d’étendre le domaine de la consommation au couches les plus faibles, entraînant par là une économie manufacturière avec des taux de profits corrects, mais pas considérables, ce que le système acceptait alors.

Par besoins de main d’œuvre qualifiée, la population était éduquée, jusqu’à l’enseignement supérieur idéalement pour tous, soignée, logée. 

La face ultra-libérale du capitalisme est arrivée dans les années 1980 (voir notamment ici).

Celui-ci s’est caractérisé par plusieurs facteurs concomitants.

  • L’apparition, ou la réapparition, de l’idéologie libérale
  • L’élévation des taux de profits via la plus-value issue des hautes technologies, et l’intégration du travail intellectuel dans sa création
  • La fin des socialismes, laissant le champs libre au capitalisme victorieux
  • La dilution des frontières pour le capital et les biens via les mécanismes du GATT, puis de l’OMC

Le résultat de ces modifications fondamentales a été un renforcement du système, tant au niveau politique qu’économique, ainsi qu’une augmentation sans précédent de la productivité du travail.

De façon concomitante, les inégalités ont progressé à la fois via l’augmentation de la productivité, et via l’application des préceptes libéraux.

La productivité du travail augmentée, via l’intégration de la conception et des technologies de l’information, le besoin en éducation, santé, et formation des populations a diminué. Ce qui pourrait paraître paradoxal l’est moins en réalité : l’extension des nouvelles technologies à haute valeur ajoutée ne renforce pas, mais au contraire diminue, les besoins en formation des populations, car seule une faible part de celle-ci est liée à ces nouveaux développements.

Cette nouvelle face du système a pour conséquence une volonté de se débarrasser au niveau de l’Etat de ce qui était nécessaire au temps du keynésianisme. Hôpitaux publics, écoles, universités, se doivent d’être à leur tour rentables, et seront soit privatisés, soit fermés. Les futurs travailleurs doivent compter sur eux-mêmes pour se former, se soigner, se loger.

L’Etat social autrefois indispensable est devenu état providence à supprimer.

La crise, dont les banques sont à l’origine, est aujourd’hui un catalyseur commode pour effectuer cette opération de suppression de l’Etat social.

Et désormais, des mesures de répression se mettent en place contre les protestations prévisibles des peuples (comme actuellement en Espagne (lien)).

Une nouvelle face du capitalisme est en train d’apparaître, avec les caractéristiques suivantes :

  • Mondialisation des échanges financiers
  • Répartition du travail entre la Chine (manufacture, profits dus aux bas salaires) et les USA (conception-information, profits dus à la « qualité d’information)
  • Europe, USA : population HS, une partie des classes moyennes comme composante des profits US (via la capacité de concevoir, traiter l’information), une autre comme consommatrice hauts de gamme
  • Effondrement des États-nations, réduits à leur main droite (police, armée, prisons)
  • Répression massive. Abolition de la démocratie et de l’Etat social, y compris aux États-Unis (même s’il était déjà résiduel)
  • Instauration de théo-dictatures dans les pays fournisseurs d’énergie.

Considérée ainsi, la crise de la dette est à la fois la conséquence de la nouvelle phase du système, et le vecteur des transformations qui se mettent progressivement en place.

Mais elle peut également mettre en évidence des contradictions entre les différents acteurs du système, dont certains pourraient se voir flouer par ces transformations.

Quoiqu’il en soit, la face en train de se mettre en place du système capitaliste risque d’être une phase de régression massive pour la plupart d’entre nous.


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15 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 11 août 2012 08:59

    À l’auteur :
    « La crise, dont les banques sont à l’origine, est aujourd’hui un catalyseur commode pour effectuer cette opération de suppression de l’Etat social. »
    Et n’y aurait-il pas d’autre choix ?

    Bon ou mauvais, le système financier actuel est contrôlé par les actionnaires des banques.
    Les autorités politiques pourraient nationaliser toutes les banques, avec ou sans indemnisation partielle ou totale des actionnaires.
    Mais, la gestion calamiteuse d’entreprises ou/et de banques par des politico-technocrates a déjà été expérimentée dans le passé.
    Pour contrôler et réguler le système financier, il convient d’acquérir, collectivement, des minorités de blocage ou/et la majorité absolue au sein du capital des banques.
    Le financement nécessaire ne saurait être constitué que par l’épargne d’une association des citoyens-électeurs-contribuables.

    En ces temps de crise, on ne cesse de parler de déficits budgétaires, de dette, d’inflation, de réduction des charges, d’augmentation des impôts, et cætera...

    Il n’y a personne pour prononcer ce qui semble être LE gros mot absolu : ÉPARGNE ! ! !
    Pourtant, que ne pourrait-on faire avec de l’ÉPARGNE ? ? ?...

    Lire :
    Refondation du Capitalisme & Dividende Universel

    Le Parti Capitaliste Français ( PCF ) propose une synthèse socio-économique permettant d’instaurer une authentique compatibilité entre compétitivité et cohésion sociale ; entre compétitivité et solidarité.

    Ce projet de « Refondation du Capitalisme et de création d’un Dividende Universel » se compose d’un Objectif Principal et de deux Objectifs Spécifiques qui découlent de l’objectif principal.

    Objectif Principal :
    Acquisition Citoyenne & Collective du Pouvoir Économique

    Objectifs Spécifiques :
    I)
    Transformer le « capitalisme ordinaire » en un véritable 
    Capitalisme Écologique, Anthropocentrique, Philanthropique et Équitable.
    II)
    Faire bénéficier chaque citoyen, même mineur, d’un 
    Dividende Universel évolutif qui, de facto, éradiquera définitivement le concept même de chômage et celui de la lutte des classes.



    • Robert GIL ROBERT GIL 11 août 2012 09:48

      « Le capitalisme, c’est la croyance stupéfiante selon laquelle les pires des hommes vont faire les pires choses pour le plus grand bien de tout le monde »…J.M.KEYNES
      Lire egalement ce petit article :
      http://2ccr.unblog.fr/2012/05/23/illusion-liberale/


      • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 11 août 2012 11:57

        Si c’était peut-être vrai au début, voire jusque dans les années soixante, oú des rentiers finançaient des entreprises globalement socialement utile (on peut enore en discuter), aujourd’hui, ce n’est plus du tout la même démarche.

        Il s’agit de faire de l’argent par tous les moyens, y compris celui de ruiner un État.

        Peut-être ce dernier volet manque-t-il à l’analyse : la plus-value fondée non sur le travail ou l’information, mais directement sur la spoliation financière des États, et par leur intermédiaire (car ce sont les pauvres qui payent le plus), des populations. Mais ce n’est plus vraiment de plus-value, car il n’y a aucune valeur créée. C’est le vieux système de l’usure.

        Le système a plus d’un tour dans son sac, le problème étant que les analystes (sincères), ont toujours une longueur de retard, dans la mesure oú on ne peut qu’analyser le réel, et non des potentialités théoriques a priori.

        NB : les banksters ne sont ni plus ni moins que des usuriers mondialisés.


      • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 11 août 2012 12:11

        Merci pour le lien.

        Dans la citation de Keynes, le mot clef est en effet « croyance stupéfiante ».

        Mais qui réellement y croit encore sincèrement ?


      • anty 11 août 2012 15:52

        Encore une marotte de l’auteur et il n’est pas le seul de faire croire que le capitalisme est lié au nazisme 

        Rien de plus faux
        Le capitalisme peut prospérer sous n’importe quel régime :démocratique, communiste ou tout autre régime autoritaire.


        • anty 11 août 2012 16:36

          Par contre le régime comme le communisme on peut très bien l’associer facilement au totalitarisme 


        • Claudec Claudec 11 août 2012 17:42
          Élucubrations bien naïves !
          Comme si l’esclavagisme, le colionalisme, la spoliation, les abus de pouvoir de toutes sortes avaient attendu le capitalisme pour se manifester parmi les hommes et Marx, le nouveau messie, pour être terrassés.
          Une vision décoiffante des fondamentaux de toute question d’inégalité social


          • Marc Chinal Marc Chinal 11 août 2012 18:14

            Je crois que vous n’avez pas compris que la démographie est une « bombe » à l’échelle de l’humanité, soit, mais qu’elle n’est pas responsable de la misère. La misère ou « inégalité sociale » est due uniquement à l’utilisation de monnaies.
            (car la monnaie doit être rare pour avoir de la valeur, et pour rester rare, tout le monde ne doit pas en avoir).
            Même quand il y avait peu de monde sur terre, la misère existait déjà.
            En Allemagne la population baisse, pas la misère.
            (Mais ne pas oublier qu’à l’échelle de la famille, plus une famille est nombreuse, plus elle a besoin de ressources monétaires, d’où une propension à la misère).
            Bref, comprenez le fonctionnement de la monnaie, ensuite vous ne vous tromperez plus de cible).


          • Marc Chinal Marc Chinal 11 août 2012 18:20

            à Jean-Paul Foscarvel :
            Je ne partage pas votre conclusion (mais partage bien tout le reste de votre article).
            Le capitalisme évolue, (normal), mais il n’est qu’un stade de plus dans l’histoire de l’humanité.
            Inutile d’avoir peur de la disparition du communisme et du capitalisme.
            La suite se fera sans monnaie, où ne se fera plus (pour l’humanité, empêtrée dans le choix imposé par l’utilisation de monnaie : pour que l’un gagne, il faut que l’autre perde. D’où destruction de l’environnement, guerres, chômage, misère, etc).


              • spartacus spartacus 11 août 2012 21:26

                Les bobos anti capitalistes on les reconnait rapidement.

                Un anti américanisme primaire. 
                La négation de l’acte germano-soviétique générateur de la guerre.
                La stigmatisation permanente de la démocratie, sans admettre la puissance de l’alternance et de la remise en cause de cette dernière.
                L’économie de marché pour eux est « ultra libérale » mot bien stigmatisant pour négationner l’émancipation économique des peuples en faisant croire que seule une minorité en profiterai. 
                Chez les bobos ils sont persuadés que l’état peut tout et est le plus a même de régler tout les problèmes sociaux. Vaste fumisterie.

                Bientot il va nous expliquer que Cuba est une démocratie et que le bonheur c’est la collectivisation des ressources.

                Bref il reste encore des enfumés du communisme !
                Triste texte !

                • epicure 12 août 2012 13:46

                  le lucky luke de la lecture, celui qui lit tellement vite, qu’il lit des choses qui ne sont pas dans l’article, et qui vont à l’encontre des propos de l’article.

                  L’article se préoccupe des travailleurs américains donc il n’est pas antiaméricain primaire.
                  ton truc sur al guerre n’a aucun rapport avec al critique du capitalisme, et puis c’est les nazis les seuls générateurs de al guerre avec les cartels capitalistes qui se sont enrichis avec al guerre (là on retombe dans le sens de l’article).
                  l’article critique les reculs de la démocratie, à cause du capitalisme justement, mais stigmatiserait la démocratie, encore un propos absurde, illogique.
                  Les anticapitalistes n’ont jamais crié à l’ultralibéralisme pendant les les 30 glorieuses, mais uniquement depuis l’établissmeent d’un capitalisme dérégulé et financier. c’est à dire à la fin des années 70, et donc ultra-libéral désigne ce type de capitalisme.
                  L’ultralibéralisme amène à la concentration des richesse, l’appauvrissement des classe moyenne, la perte de protection sociale pour les pauvres, la dégradation ou la suppression des services publics qui profitent à tous L’ultralibéralsime amène à une perte de contrôle des états et donc de la volonté démocratique sur l’économie (l’état ne peut rien), et influe les dirigeants économiques pour réduire la souveraineté démocratique. Donc on est loin de l’émancipation économique dont tu parles.

                  Jamais les sociétés où les problèmes sociaux sont laissés au privé, n’ont montré une grande performance dans la résolution des problèmes sociaux des gens. La santé publique est mieux gérée avec des services de santé publics qui ont les moyens de fonctioner , qu’avec uniquement des services de santé privé. Ce qui fait que cuba pourtant très pauvre arrive a avoir de meilleurs scores de santé publique que son très riche voisin les états-unis dans divers domaines, au niveau santé il vaut mieux être pauvre et noir à cuba, qu’aux états-unis, espérance de vie, mortalité infantile plus basse là bas, sans compter la mortalité par arme à feux. Cuba a des défauts et des problèmes, mais il montre que la volonté publique dans certains secteurs est plus efficace qu’un système purement privé, et ce malgré l’embargo.

                  Cuba n’est peut être pas une démocratie, par contre si le bonheur en politique c’est la démocratie, c’est à dire la collectivisation du pouvoir démocratique, alors il est logique que le bonheur soit la collectivisation des ressources au niveau économique, puisque la collectivisation des ressources permet à tout le monde de disposer et d’avoir une influence sur la gestion des ressources, alors que la privatisation, prive une partie, voire une très grande partie, de la populatino d’accèder à des ressources, et laisse le pouvoir a=économique sous le seul arbitraire des possédants, excluant les autres.

                  Enfin bref merci pour cette démonstration de comunisme primaire et mensonger.


                • spartacus spartacus 13 août 2012 01:13

                  encore un fonctionnaire qui souhaite envoyer la facture de ses rémunérations au générations suivantes.


                • epicure 13 août 2012 17:04

                  bravo pour ton art de prêter aux autres des intentions qu’ils n’expriment pas, le tout sans le moindre argument.


                • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 11 août 2012 22:45

                  Il n’y a pas d’évolution, mais une constante répétition.

                  Dès que l’on se penche sur le cœur du système, son fonctionnement profond, les réflexes habituels ressortent.

                  On crie alors au bolchévick.

                  Pourtant, le texte est clair, il s’agit d’analyser les évolutions du système, ni plus, ni moins.

                  Une question se pose alors : pourquoi ceux qui défendent le système, plutôt qu’évoquer des arguments rationnels, en viennent à l’invective ?

                  Il y a d’abord un fond réel, l’échec du soviétisme, c’est-à-dire la victoire du libéralisme dans les années quatre-vingt-dix.

                  Une alternative a échoué, mais cette alternative n’en était pas vraiment, elle consistait à remplacer le capitaliste par l’apparatchik, le Conseil d’Administration par le parti. Il y a eu illusion de socialisme, notamment via l’usage du mot, mais la chose était autre chose.

                  Mais cet échec sert évidemment d’épouvantail à toute réflexion, à toute critique des fondements.

                  Il faut pourtant noter que pour un régime honni, la transition s’est faite en douceur. Mais cela n’est jamais noté.

                  La deuxième raison tient à une sorte de volonté plus ou moins consciente de cacher le but réel du système, qui n’est pas glorieux. Il ne s’agit ni d’instaurer la démocratie, ni encore moins de développer le bien être, ni même d’étendre le domaine de la liberté, mais ni plus ni moins d’enrichir une caste sur le dos de l’ensemble de la population. De faire en sorte que l’ensemble des humains ne travaillent plus pour eux -mêmes, ou leur développement, mais pour créer du profit, c’est-à-dire enrichir des rentiers. Il s’agit en fait d’un vaste système d’usurpation, sur lequel tient tout l’ensemble.

                  Il faut qu’alors un mythe s’installe, qui fasse croire que c’est la seule société possible, qu’il n’y en a pas d’autre, et que toute alternative finit par un échec, un fiasco, ou pire un totalitarisme.

                  Cela permet de tuer la réflexion et de dormir tranquille.

                  Mais je crois que la crise actuelle devrait contribuer à certains d’ouvrir les yeux. Nous sommes probablement en phase de fin des démocraties occidentales telles que nous les avons connues jusqu’ici. Et le spectre du communisme n’y changera rien.

                   

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